Chapitre 6 : Où l'on accueille des filles et où l'on s'amuse, mais où l'on se sent étrangement surveiller par quelqu'un derrière les draps, et où l'on fait d'étranges crises de somnambulisme.
Chapitre assez court, même s'il y a pas mal de mot, car finalement personne ne vas bien loin aujourd'hui, on se repose à la maison, enfin façon de parler…
FESTIVITE SURVEILLEE
Alors que le soleil brillait que depuis peu de temps, les trois garçons étaient déjà réunis autour de la table de la cuisine et préparaient leur petit déjeuner avec les baguettes et croissants chauds que James avait ramené du village. Même si cette fois ci, il n'avait pas fait le chemin en courant mais en balai, en longeant précautionneusement la petite route de campagne. De plus un brouillard épais lui avait permis de passer inaperçu. Il avait encore eu affaire à la jeune boulangère qui semblait bien apprécier la facilité de conversation, non sans difficulté, du jeune sorcier.
La discussion était vive ce matin devant le petit déjeuner copieux, Remus et Sirius se disputait sur la répartition des draps dans le lit, quand un hibou vint se poser bruyamment sur le bord de la fenêtre. James se leva précipitamment pour aller chercher la lettre que le volatile tenait entre son bec. Il ouvrit la fenêtre, s'en saisit et le rapace reparti vers la falaise. La lettre lui était adressé, il l'ouvra et la lu silencieusement. Il se retint alors de crier et annonça à ses amis :
- Wouhou ! Lily vient nous rendre visite mercredi prochain, et elle restera avec nous jusqu'à la fin de la semaine.
- Cool ! On ne va plus te voir…
- Mais si les gars, on en a pas finit avec les mystères de cette maison non ? Et puis je suis sur que Lily trouvera tout ça super intéressant.
- Oh James, on n'est pas le Club de Cinq, ce n'est pas une enquête de gamin, il y a de la magie noire puissante, des crimes affreux, des signes supers glauques, ce n'est pas vraiment un jeu.
- Oui oui, je sais Remus, mais elle pourrait quand même nous aider à y voir clair.
- Ouai, bon, ce qui compte c'est qu'elle vienne passer de bonnes vacances avec toi, le reste on s'en fout. Pas question de se prendre la tête, je veux passer du bon temps jusqu'à la fin de la semaine prochaine.
La discussion s'arrêta là, puis reparti sur le futur des trois amis. Remus, Sirius et James gardaient une relation très étroite avec Dumbledore, et espéraient le suivre assez rapidement dans sa lutte contre la montée au pouvoir de Voldemort. En effet, alors qu'ici en France, le problème du sorcier maléfique ne posait pas de problème, en Angleterre le groupe de fanatique qui le suivait et les méfaits qu'ils organisaient ne cessait d'augmenter. Si bien qu'aujourd'hui la communauté des sorciers anglais vivait dans la terreur permanente d'une prise du ministère par le mage noir. Les trois maraudeurs avaient du passer leurs ASPIC, tout en lisant régulièrement dans la Gazette des Sorciers, les horreurs que perpétuaient les hommes de main de Celui-dont-on-ne-prononçait-plus-le-nom. Et même si tout le monde tremblait, les trois amis s'étaient sentis obligé de partir en vacance. Ils le devaient pour eux, il fallait qu'ils prennent de l'air frais. La pression des derniers mois avait été tel que seul un tiers des sorciers de septième année avait eu ses ASPIC. Le directeur avait été clément et avait organisé une session de rattrapage pour ceux qui l'avait loupé de peu.
Quelques heures plus tard, alors que James lavait les couverts et que Remus et Sirius nettoyaient un peu la maison, quelqu'un frappa à la porte. Les trois adolescents furent tous surpris et stoppèrent leur activité. Remus, le plus près de la porte, s'avança et ouvrit. Il se trouva face à une jeune et jolie blonde de leur âge. Tous restèrent perplexes jusqu'à ce que Sirius la reconnaisse.
- Emilie !! Ca alors, comment tu nous as retrouvés ?
Remus et James se creusaient leur cervelle pour retrouver dans leur mémoire où ils avaient pu voir cette jeune fille. Puis le déclic leur vint et ils se souvinrent du village moldu dans la forêt de merlin, et de la jeune fille au scooter. Sirius l'avait en effet invité à venir les voir, mais ce n'était qu'une formule de politesse. Il n'avait pas été vraiment sérieux dans sa demande, comme à chaque fois.
La jeune fille souriante, resta sur le palier, elle s'adressa à eux dans un anglais plus compréhensible que la dernière fois.
- Et bien, tu avais parlé de la demeure des Waltz, j'ai fait des recherches et j'ai trouvé la fameuse maison. J'ai amené des amies, étant donné que j'ai vu que tu avais des copains.
James trouvait ça plutôt étrange qu'elle vienne un matin, alors qu'il l'aurait plus vu venir un soir avec un pack de bière. Il ne fut pas étonné de voir que les deux jeunes filles derrière elle se demandaient ce qu'elles faisaient ici. Coup classique auquel était habitué Remus depuis qu'il fréquentait Sirius. Le jeune homme avait le chic pour rendre les filles folles de lui, elle trouvait toutes les excuses pour le revoir, et même un vendredi matin.
- Je me suis dis, vu qu'il était 11 heures et qu'on passait dans le coin, on pourrait peut-être venir passer dire bonjour, et se faire offrir l'apéro.
Remus rigolait intérieurement, le « on passait dans le coin » sonnait plutôt faux, et manque de chance il n'y avait pas beaucoup d'alcool dans le coin. Heureusement, Remus et sa baguette œuvraient à la perfection, et changer quelques verres d'eau en vodka ne lui était pas impossible. Bien pratique à l'évidence, mais c'était une formule plutôt dur à exercer et très demandé, seuls ses amis savaient qu'il était capable de faire ça, sinon Remus aurait eu vite fait de devenir le revendeur d'alcool de Poudlard.
Les trois jeunes filles, toutes très mignonnes, s'avancèrent dans la maison, et Sirius les invita à s'asseoir sur le canapé. La petite blonde le dévorait des yeux, ce qui énervait Remus qui détestait ce genre de fille trop facilement séduites par le premier beau gosse qui passait. Il détestait ce genre de nana, surtout celles qui tournaient autour de Sirius, toutes des folles écervelées. Les deux amies de la jeune blondinette étaient plutôt mignonnes, et bien qu'une lettre d'amour, qui sentait encore l'odeur de Lily, était écrasée dans la poche arrière de James, celui-ci s'assit à coté d'une petite brune aux cheveux longs, plutôt discrète mais très jolie. Elle semblait plutôt mal à l'aise dans cette étrange demeure, et fixait James en rougissant. Remus, assistant à la scène de loin, compris à ce qu'allait ressembler la journée. Les deux séducteurs étaient de sortie, et l'après midi de charme allait commencer. Il changea discrètement une bouteille d'eau en vodka et s'avança vers la dernière des jeunes filles, et non moins aussi mignonne, et puisque ses deux amis n'allaient pas s'arrêter avant quelque temps, autant jouer le jeu à son tour. Il avait servit 6 verres et entama la discussion avec la dernière.
Les verres se vidèrent rapidement et les trois jeunes filles se mêlèrent joyeusement à la conversation. Il fut décidé par Sirius et James qu'elles allaient rester manger avec eux. La décision, qui n'étonnait pas Remus, plu aux adolescentes, et tous sortirent dehors pour manger au soleil. On décida de faire des grillades, et Remus, comme toujours, s'y colla.
- Alors vous faîtes quoi dans la vie les filles ?
- On est encore au lycée, toutes les trois
- Au lycée ? Ah oui, d'accord, nous, et bien, on a finis, et on va chercher du travail dans pas longtemps.
- Vous étiez à quelle école en Angleterre ?
James et Sirius se regardèrent, puis se lancèrent dans le même baratin qu'ils avaient appris par cœur depuis les nombreuses fois où ils s'étaient retrouvés dans la même situation.
- Bristol, on était à Bristol. C'était plutôt chouette, pas mal de jolies filles là bas aussi, pas aussi mignonnes que vous.
Les deux filles gloussèrent alors que la troisième s'était levé et aidait calmement Remus. Le garçon l'appréciait, elle était sympathique, réservée, moins folle et stupide que ses amies. Plutôt grande, les cheveux noir foncé, et la silhouette très fine, elle était tout à fait dans le genre de Remus, même s'il se méfiait des moldues. A vrai dire, il se méfiait de toutes les filles, à Poudlard, une seule avait réussit à le blesser pour les dix ans à suivre, et depuis il gardait toujours une distance avec les femmes.
Alors que les premières braises crépitaient, Remus laissa au barbecue sa nouvelle amie, et parti à l'intérieur chercher la viande. Il prit la viande dans le frigo en regardant le jardin par la fenêtre. Le soleil tapait dur aujourd'hui, il décida alors de vite passer dans sa chambre pour prendre un béret qu'il avait acheté mercredi. Il laissa la viande dans une assiette et monta à l'étage.
Il passa dans sa chambre et fouilla le tiroir, il ressorti son béret français noir, et l'enfonça sur sa tête. Il entendait les rires qui fusaient dehors et qui rentrait dans la chambre par la fenêtre qu'il avait laissé entre-ouverte, il la ferma et ressorti de la chambre. Il n'entendait plus les rires qui égayaient le jardin, et soudainement une vague glacée le traversa. Le temps semblait s'être arrêté, tout était silencieux alors qu'une minute plus tôt le soleil et les rires envahissaient la maison. Remus s'arrêta quelque temps dans le couloir, perplexe, quand il entendit :
- Tu n'existes pas, Remus, tu n'es pas.
Il se retourna précipitamment, et se trouva face à la porte entre-ouverte, de la chambre abandonnée de l'enfant. Le silence était pesant, il n'entendait plus les rires des adolescents de dehors.
- Tu n'existes pas, Remus, tu n'es pas.
- Sirius c'est toi ? Arrêtes tes conneries ce n'est pas drôle.
La voix s'effaçait doucement à la fin de sa phrase. Une voix étrange, qui n'était pas celle de Sirius, et Remus le savait.
- Putain, Sirius tu n'es pas drôle franchement.
- Viens, viens à moi.
Remus s'approcha doucement de la porte et l'ouvrit en prenant ses distances. Il n'y avait personne, mais la trappe faites par Sirius qui conduisait à la tourelle était ouverte. La voix semblait sortir du trou dans le mur, elle s'évanouissait dans un silence lourd. Quelques goutes perlèrent sur le front de Remus, et n'était dues en aucun cas à la chaleur. Il avala sa salive avec difficulté, et avança vers la chambre en tenant sa baguette dans sa main. La voix était devenue silencieuse, mais Remus sentait que quelque chose d'autre l'appelait.
Malgré le soleil écrasant qui régnait dehors la chambre était sombre et glacée. Remus y pénétra avec prudence et non une certaine angoisse, accumulée par toutes les bizarreries qu'il avait vu ses derniers temps. Il se pencha pour regarder à travers le trou mais ne vit rien, et alors qu'il passa la tête une voix retenti si proche de ses oreilles qu'il en recula de peur.
- Avance Remus, viens à moi. Tu n'existes pas, tu n'es pas sans moi. Viens à moi.
Remus pétrifié, bégaya de stupeur jusqu'à hurler le prénom de Sirius.
- Si... Si… SIRIUS arrête tes conneries putain, t'es con !
Il n'osa pas franchir le trou dans le mur, et recula sur les fesses jusqu'à la porte de la chambre, et s'enfuit en la fermant fortement. Une fois dans la cuisine il reprit des couleurs et souffla quelques temps. Il prit l'assiette de légume et de viande et se précipita dehors où personne n'avait bougé, dont Sirius qui tenait la jolie blonde dans ses bras. Quand il arriva le jeune homme se moqua de son retour.
- Et bien alors Remus, tu la découpais toi même cette vache ? Tout ce temps pour quelques morceaux de viande, on se demande ce que tu faisais.
Remus feignit de rire et retourna vers le barbecue où la jeune fille l'attendait en souriant gentiment. Remus lui rendit son sourire et s'occupa de faire cuire la viande. Il posait machinalement les morceaux de bœufs sur la grille mais pensait à ce qui venait de se passer à l'étage de la maison. Si Sirius et Remus était resté en bas, qui avait parlé ? Est-ce que c'était dans sa tête. Il s'était passé tellement de chose ses temps-ci, qu'il ne savait plus s'il s'était inventé ça ou non. Il préféra oublier ce qui venait de se passer et continua à cuisiner en discutant agréablement avec la jeune fille dont le prénom était Alice. Il observait quelques mètres plus loin Sirius qui tenait sa nouvelle copine de la journée dans ses bras, la pauvre blondinette n'avait pas l'air très intelligente et s'était laissé berner par Sirius, qu'elle ne reverrait pas de si tôt.
La viande fut cuite un peu tard, et la troupe d'adolescent mangea vers les deux heures de l'après midi après que Remus eu miraculeusement trouvé une nouvelle bouteille de vodka dans la cuisine. L'alcool se mariait très bien avec la viande rouge encore saignante, et commençait doucement à monter à la tête des jeunes adolescents. Les trois jeunes filles devenaient de plus en plus bavardes, et Remus se forçait à faire la discussion avec Alice qui avait l'air de l'apprécier.
Alors qu'il l'écoutait parler de son lycée, il jeta un regard plutôt inquiet et mystérieux à la tourelle. Il avait l'étrange impression d'être observé depuis celle-ci… Il voyait qu'il n'était pas le seul à penser ça, bien que Sirius s'amusait et hurlait à tout-va, Remus qui le connaissait mieux que tout le monde, vit qu'il était stressé. Il n'arrêtait pas de jeter des regards curieux vers la tourelle. Remus suivit son regard et vit avec horreur quelque chose qu'il aurait préféré ne pas voir. Un des draps pendu aux fenêtres de la tourelle bougeait de l'intérieur, quelqu'un était en train des les observer, réellement. Remus regarda Sirius avec horreur. Celui-ci n'avait pas changé d'expression, mais était blanc et livide. Bien que James, qui n'avait rien vu, parlait, Sirius ouvrit la bouche et parla sans qu'aucun son ne sorte.
Remus se leva soudainement et vint s'asseoir derrière Sirius et lui demanda :
- J'ai quelque chose à te dire.
- Quoi, comment ça ? En privé ? Ca ne peut pas attendre ?
- Non, et tu le sais.
Sirius souffla de nonchalance et lâcha la jolie blonde qui écoutait James parler d'un des méfaits qu'il avait accomplis avec ses amis sorciers, il occultait évidemment que ceci ce passait dans la plus grande école de magie d'Europe.
- Sirius, tu l'as vu toi aussi ! Qui c'est ? Nous ne sommes pas seul dans cette maison, il y a quelqu'un d'autre et tu le sais.
- De quoi parles-tu Remus ?
- Les draps ont bougés dans la tourelle et tu l'as vu comme moi !
- C'est peut-être un courant d'air, tu ne sais pas…
- Oh Sirius arrête je t'en prie… Tu es le premier à crier qu'il y a quelque chose dans cette maison, et là tu me dis que c'est un courant d'air alors qu'aucune ouverture ne laisse entrer l'air frais ?
- J'en sais rien moi Remus, j'en sais rien…
- Je l'ai entendu, il m'a appelé tout à l'heure, quand j'étais à l'étage. Mais bordel, pourquoi on fait rien ? Il y a quelqu'un qui se planque là haut !
- Tu es rentré dans cette pièce toi aussi, il n'y avait personne, on y était. Il n'y avait pas place pour se cacher, tu dois halluciner.
- Sirius, tu le sais aussi bien que moi, et je ne sais pas pourquoi tu te mets à tout nier ! Il y a quelque chose, et j'en parlerais à James !
- Si tu veux, tu ne feras rien avancer, arrête d'y penser, tout ira bien.
- Comment peux-tu… ?
- Allons Remus, retournons nous amuser, Alice s'intéresse à toi, profites-en.
- J'en ai rien à foutre de cette fille Sirius, est ce que tu vas … ?
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le jeune homme était reparti s'asseoir avec sa jeune blonde. Remus abandonna la partie et reparti s'asseoir en lançant un regard insistant sur les fenêtres de la tourelle. Il n'était pas fou, et Sirius lui aussi le savait. Le jeune loup-garou ne voyait pas pourquoi Sirius se mettait soudainement à fuir la question et à faire comme si rien ne s'était passé. De quoi avait-il peur ? Qu'est ce qui pouvait autant effrayer Sirius dans cette tourelle au point de l'en empêcher d'en parler ? Remus arrêta de se poser des questions et retourna à son assiette. Il sourit poliment à la jeune Alice et entrepris de discuter avec elle. Il apprit ainsi que cette maison avait une sale réputation, et que personne n'y restait plus d'une semaine de suite, on la disait hantée.
- Et bien tu vois, ça fait déjà six jours qu'on est là, et on n'a vu aucun fantôme pour l'instant.
- Oh tu sais les rumeurs ça raconte vraiment n'importe quoi.
'Jamais vu, mais entendu', les pensées de Remus étaient négatives et suintaient de son corps, n'importe quel bon sorcier aurait remarqué que Remus était tellement angoissé qu'il se rentrait les ongles dans la peau sans s'en apercevoir.
Au final les trois jeunes filles partirent en fin d'après-midi. La jeune blonde semblait avoir du mal à se détacher de Sirius mais parti quand même, poussée par ses amies. La brunette, Carole, avait prit un coup de froid en apprenant que James avait une copine, tandis qu'Alice s'ennuyait avec Remus qui mangeait ses ongles. Elles partirent rapidement et les trois garçons se retrouvèrent enfin de nouveau seul.
Après avoir tout rangé, ils s'assirent tous à l'intérieur alors que la fraicheur s'installait autour d'eux. Après cette journée qui paraissait calme, mais qui au fond, avec trois invités, ne l'avait pas été tant que ça, les trois garçons soufflèrent un peu quelque temps. Assis sur le canapé, ils ne savaient plus quoi faire, et décidèrent de veiller un peu en parlant de tout et de rien. Ils discutèrent tranquillement de beaucoup de chose en finissant la dernière bouteille d'alcool de Remus.
Ils se rappelèrent avec nostalgie leurs meilleurs moments à Poudlard, le bon temps où aucune menace ne pesait nulle part, le temps où ils formaient une bande soudée, qui rivalisait de bêtises et de bravades jour après jour. C'était le temps des transformations dans la cabane hurlante, des escapades nocturnes dans la forêt interdite ou dans les couloirs sinueux et ténébreux d'un Poudlard endormis. Mais ce temps là était révolu, il n'était plus. L'âge de l'insouciance avait laissé place à un âge noir et sombre, où le futur n'était pas un projet mais une espérance. Et les trois maraudeurs partageaient cette angoisse du lendemain inconnu. Assis tous les trois dans cette maison étrange, ils ressentaient le poids de la menace qui pesait sur eux.
*
**
Ils décidèrent enfin d'aller se coucher alors qu'un lourd silence avait eu raison de leur discussion, et que l'alcool prenait le dessus sur leur propos. Sirius s'endormis tout de suite, mais Remus resta quelques temps éveillé. La présence de son ami à ses côtés le rassurait, même si ce devait être le contraire à l'origine. Remus pensait à ce qu'il avait vécu l'après-midi, et le comportement de son ami sur le sujet, il était confus, embrouillé, et ne savait plus quoi faire. Finalement il s'endormit de fatigue, son esprit s'éteignit doucement, laissant le jeune homme complètement endormis, loin de ses préoccupations.
De l'autre coté de la pièce, allongé sur son lit dans le noir, James pensait à Lily, tenant sa lettre dans sa main. Encore quelques jours et il pourrait la voir, et la serrer dans ses bras, elle lui manquait tellement dans cette maison effrayante. Sa présence réconfortante aurait été la bienvenue ici, alors que les événements, plus glauques les uns que les autres, s'accumulaient, minant de jours en jours le moral des trois garçons. Du sang neuf, des têtes nouvelles, voilà ce qu'il leur fallait, et voilà ce que les trois filles d'aujourd'hui avaient pu apporter dans leur semaine éprouvante, et ce n'avait pas été de refus que James les avait accueillis pour l'après-midi. Elles lui avaient fait oublier le temps d'un après-midi, que leurs vacances étaient un désastre.
La nuit passa tranquillement sans qu'aucun bruit ne vienne déranger les trois garçons, cependant, à 3 heures du matin, Remus ouvrit les yeux, et attrapa sa baguette. Il chuchota dans le noir :
- Sirius, tu es là ?
Aucune réponse. Il lança alors le sort 'Lumos' et éclaira toute la pièce. Il était seul dans la chambre ténébreuse. Le jeune homme sorti du lit et s'avança vers le couloir, il passa sa tête et sa baguette, il ne vit personne. La baguette de Remus faisait danser les ombres, cachant un moment tel endroit du couloir, et à un autre tel autre. Il traversa le couloir pour aller dans la chambre de James, et réveilla le jeune gryffondor assoupis.
- James, james !! Réveille-toi !
- Quoi, quoi ??
Le jeune homme, soudainement réveillé, plissa les yeux sous la lumière de la baguette de son ami et se réveilla doucement.
- Qu'est ce qu'il se passe Remus ?
- Sirius, il n'est pas là.
- Quoi il n'est pas là ? Comment ça ?
- Il n'est pas dans la chambre.
- Et alors ? Il est peut être aux chiottes… Laisse-moi dormir.
- James, s'il te plait, aide moi à le trouver.
James étonné de voir Remus dans cet état se leva tant bien que mal et prit sa baguette pour jeter le même sort que son ami. Puis les deux adolescents sortirent dans le couloir. James héla après Sirius dans la maison, sans réponse. Remus aperçu alors la porte de la troisième chambre qui était ouverte, et le montra de la main à James. Les deux se dirigèrent vers la pièce mystérieuse. La porte entrouverte laissait entendre un bruit de fouillis dans la tourelle. Les deux entrèrent doucement dans la chambre, sans aucune assurance, la lumière de leur baguette éclairait les jouets poussiéreux et silencieux de la chambre de l'enfant mort ici plusieurs années plus tôt. Remus, dans un pas hésitant, manqua de trébucher sur un jouet et se rattrapa sur les barrières en bois peint du vieux lit. Celui-ci se mit alors à se balancer étrangement sous le choc, laissant tomber dans un nuage ténébreux un filet de poussière accumulé là depuis longtemps. Remus jeta un regard apeuré sur le lit qui se balançait en grinçant. L'enfant était mort ici, dans ce lit. James se retourna, effrayé, et regarda Remus, les deux adolescents, plus blancs que la poussière qui tombait du lit, décidèrent de passer par le trou béant dans le mur pour se rendre à la tourelle.
Ils montèrent péniblement les escaliers, et trouvèrent Sirius assis à une chaise, silencieux et immobile. James l'appela mais le jeune homme ne répondit pas. Ils s'approchèrent de lui et James posa sa main sur l'épaule du garçon. Celui-ci se retourna alors, le regard vide. Remus regarda autour de lui. La tourelle autrefois en bazar total était totalement rangée. Sirius tenait encore un petit paquet de feuille dans sa main. Il semblait revenir à lui. Remus lui demanda :
- Sirius, ça va ? Qu'est ce que tu fais ici ?
- Je… Je ne sais pas…
Le garçon se leva et regarda autour de lui, interloqué. Il se tourna vers ses amis et leur dit :
- Je ne sais pas… J'étais dans mo lit, j'ai rêvé de la tourelle. Pas comme maintenant, mais avant. Elle était propre, tout était rangé. Et j'y étais, je cherchais dans toutes les feuilles un petit paquet, celui là.
Il montra le petit paquet de feuille qu'il tenait dans sa main. Une dizaine de page, manuscrite, presque illisible, qui semblait parler de la vie d'un homme et d'un projet. Sirius décrit alors aux amis, que quelqu'un lui avait dit qu'il devait les garder précieusement. Les deux autres amis étaient effrayés, cependant un calme presque rassurant avait envahi la pièce depuis qu'elle était rangé et que Sirius avait retrouvé sa conscience. L'ambiance lugubre du lieu restait, mais les trois amis se sentaient déjà mieux.
- Aller, viens descendons Sirius, tu n'as plus rien à faire ici.
- J'arrive, mais je tiens à garder ses papiers.
- Sirius, on a dit qu'on ne touchait à rien, tout ceci est trop dangereux pour nous.
- Je sais James, mais ce n'est pas le hasard qui m'a fait prendre ses papiers, et je sais qu'il y a quelque chose d'important dedans, je dois les lire. S'il vous plait.
Remus et James se regardèrent et finalement cédèrent. Les trois garçons descendirent avec les papiers, et fermèrent la trappe derrière eux. Aucun d'eux ne voulait vraiment se poser la question essentielle : Comment Sirius avait-il su que c'était ces papiers, comment s'était t'il trouvé là haut sans se souvenir ? Comment et Qui lui avait parlé, et lui avait montré l'emplacement de ces feuilles ? Et surtout que contenaient-elles ?
Remplis de questions sans réponses pour le moment, les trois garçons n'y voyaient pas plus clair dans cette histoire. Ils décidèrent ce soir là de tous dormir dans la même chambre. James vint poser son matelas au pied du lit de Remus, et tous s'endormirent après quelques minutes de silence gêné.
Sirius cependant fut le dernier à s'endormir. Tenant les feuilles contre lui, il fixait le plafond dans l'obscurité en pensant, il écoutait avec horreur la voix qui lui susurrait dans l'oreille :
- Tu n'existes pas… Tu n'es pas sans moi… Viens à moi…
Les deux autres dormaient et n'entendaient rien, pourtant la voix rauque résonnait dans la tête de Sirius, devenait-il fou ?
Fin de chapitre.
J'espère que vous avez aimé. Encore du mystère, mais ne vous inquiétez pas, les premières explications ne sauraient tarder.
Au prochain chapitre nous rencontrerons Gaël Lemenach' qui pourra peut être nous apprendre des choses, Sirius se verra offrir un curieux livre, et on parlera avec d'étrange vieille femme.
A bientôt donc pour un nouveau chapitre (dans le courant de la semaine).
