Bonjour !

Je cours, je cours, mais j'arrive à écrire malgré tout entre deux portes. Là en fait j'ai écrit pendant une surveillance de bac. Ni vu, ni connu lol.

Je pense que vous allez apprécier ce chapitre. Vous allez en apprendre un peu plus sur... Bah vous verrez lol. Soyez bien attention à chaque détail. Je ne laisse rien au hasard dans cette fic.

Merci à Criquette qui m'a corrigée en temps record. C'est grâce à elle que je peux fournir des textes de meilleure qualité.

Bisous à tout le monde !

Lauriane



Chapitre 6. Homme ou adolescent

Alors que Bella Swan courait, maudissant le monde entier, il s'y passait bien des choses.

Ici un bébé naissait. C'était un petit garçon. Le premier cri qu'il poussa fut le plus beau son que ses parents n'avaient jamais entendu. Là, un homme politique inaugurait un musée d'art. Il savait à peine ce qu'il contenait mais, en faisait un discours élogieux écrit par quelqu'un d'autre. A tel endroit un premier baiser se vivait alors qu'à l'autre bout un mariage se brisait.

En Alaska un hurlement retentissait pendant qu'à l'Equateur un rire éclatait.

Jacob n'eut pas de nouvelles de sa meilleure amie pendant une bonne semaine. Il lui avait laissé des messages, il avait même essayé de venir la voir au lycée. Elle l'avait brillamment esquivé. Il fallait avouer également qu'il ne s'était pas attardé. Il ne comprenait pas comment il s'était disputé avec elle à cause d'eux. Il ne saisissait même pas comment ils pouvaient éveiller un quelconque réel intérêt. Il ne souhaitait qu'une chose : c'était qu'ils repartent.

Bella, de son côté, avait décidé qu'il fallait qu'elle continue sa vie, même si cette dernière était vide. Elle s'en voulait un peu de s'être emportée contre son ami, mais elle ne supportait plus ces secrets. Elle avait toujours recherché à les percer, sans succès. Son esprit rationnel n'y arrivait toujours pas. Parfois, elle avait envie d'échapper à ce rationnel, d'ouvrir un comics. Jacob devenait alors un de ces Superman sauvant la planète. Puis, elle redescendait sur Terre, se rappelant que toutes ces choses n'existaient pas, et que son « ami » n'était qu'un homme n'ayant pas assez confiance en elle pour se confier.

Le retour à cette réalité était souvent assez violent. Dans ces moments-là, elle se sentait particulièrement seule. Elle ne pleurait plus. A quoi cela servait-il ? Elle n'en éprouvait plus aucun soulagement. Cela ne faisait pas non plus avancer les choses. Elle s'était alors recréé une carapace. Même la présence d'Edward ne lui faisait plus rien. Même le pétillant d'Alice ne lui réchauffait pas le cœur. Même la lecture de son livre préféré ne lui donnait plus l'espoir.

Quant à ce qu'elle écrivait elle-même, quand elle reprenait son travail, elle ne lisait que les deux dernières phrases. Elle avançait, flottant dans un monde qui n'était pas finalement le sien. Elle ne savait pas très bien ce qu'elle écrivait, mais elle le faisait.

Certains soirs, elle se surprit à être à moitié somnambule. Elle croyait s'endormir assise sur sa chaise, elle se réveillait le lendemain matin allongée dans son lit. Elle comprit qu'elle était tellement devenue amorphe qu'elle ne se souvenait même pas de ce qu'elle faisait. Tout cela à cause d'une question non-résolue.

Une deuxième semaine se passa, similaire à la première. Une infime différence fut à noter cependant. Elle avait accepté les excuses de Jacob, lui avait souri et ne l'avait pas rejeté pour une courte étreinte. Et ce fut tout. Pas de rire, pas de taquinerie, pas de scène, pas d'interrogatoire, rien du tout. Ils auraient été étrangers l'un pour l'autre, cela n'aurait choqué personne.

Les professeurs – collègues de Bella – commencèrent même à douter de la santé mentale de leur ancienne élève. Certains s'inquiétèrent, d'autres cancanèrent. Aucun toutefois n'osa lui poser des questions. Ce n'était pas l'envie qui manquait, mais une aura presque inquiétante se dégageait d'elle.

Tout cela aurait pu durer encore longtemps si Bella n'était pas allée se promener un vendredi soir.

L'air commençait à se radoucir. C'était d'ailleurs assez étonnant pour Forks. Bella avait eu un conseil de discipline quelques minutes plus tôt. En effet, certains élèves trouvaient que brûler les cheveux de leurs camarades était fortement distrayant.

Ne désirant pas s'enfermer immédiatement dans son appartement glacial, elle était allée marcher en forêt, se remémorant quelques bons et mauvais souvenirs.

- Hey…

Elle se tourna légèrement et aperçut une grande silhouette, bien proportionnée. En fait une silhouette qu'elle connaissait plutôt bien et qu'elle côtoyait presque au quotidien.

- Hey.

- Vous allez bien ?

Bella fut étonnée par la question, surtout qu'elle semblait relever un réel intérêt. Elle fut sur le point de répondre quelque chose, une banalité, mais aucun son ne sortit de sa bouche. C'était comme si son corps refusait de mentir à ces prunelles ambrées et désespérément profondes.

Le jeune homme sembla comprendre le silence et hocha la tête. Oui, il comprenait peut-être mieux que quiconque le poids de la solitude. Pourtant, il savait qu'il avait un avantage dont son professeur ne disposait pas : Carlie.

Il se souvenait encore de la première fois où il l'avait tenu dans ses bras pour la première fois. Ce bonheur ressenti, semblable à nul autre. Il était papa. Finalement, son existence avait peut-être un sens pour qu'il ait pu engendrer un être aussi parfait. Carlie.

Il regarda à nouveau son professeur et ne put que constater à quel point elle semblait faible, meurtrie. Beaucoup trop pour son âge. Il savait pourquoi. Il ne l'aborderait pas avec elle, mais il savait pourquoi. Pour une fois depuis deux ans, il eut envie de faire un pas vers quelqu'un d'autre, pour l'aider.

- Je comptais me faire une soirée DVD avec ma fille. Les autres sont partis chez des amis et ne rentreront pas avant demain matin, j'en profite donc. Vous voulez vous joindre à nous ? On a déjà mangé, mais je peux vous commander une pizza…

Bella avait du mal à croire ce qu'elle entendait. Edward Cullen, l'homme de tous les mystères, lui proposait une soirée DVD. Lui qui semblait vouloir la tuer quelques semaines plus tôt et qui lui avait interdit de s'approcher de sa fille semblait vouloir faire la paix.

Elle savait qu'elle devait refuser. L'éthique l'imposait. Pourtant, pour une fois, elle fit ce dont elle avait envie et non ce que l'on attendait d'elle.

- C'est la meilleure proposition que l'on m'ait faite depuis longtemps.

Elle lui adressa alors un sourire sincère, comme elle n'en avait pas fait depuis… elle ne savait plus en fait.

Il ouvrit la marche, elle le suivit silencieusement. Elle n'avait rien à dire de particulier, mais surtout elle ne ressentait pas le besoin de dire quoi que ce soit. Il ne chercha pas non plus à parler. En fait, il se demandait pourquoi il faisait cela alors qu'il s'était promis de ne pas l'approcher.

Ils arrivèrent très vite à la villa. Bella ne s'était pas aperçue qu'elle s'en était tant approchée. Elle comprit qu'Edward l'avait certainement aperçue de là, pour peu qu'il ait une bonne vue.

- Carlie ?, dit-il d'une voix douce et enjouée. Ma chérie ? Viens voir qui nous rend visite !

Des petits pas légers se firent entendre. Carlie surgit du salon et se jeta dans les bras de l'invitée.

- Bella !

La jeune fille fut surprise par autant d'affection. D'abord légèrement immobile – même si elle tenait la petite fille fermement dans ses bras – elle resserra sa prise à mesure que l'amour enfantin l'atteignait. Elle se dit alors que l'amour existait bien sur cette Terre. Cette petite fille en était la preuve vivante. En l'espace de deux minutes elle fut comme vivifiée.

Edward assista silencieusement à la scène. Il savait à quel point sa fille était heureuse de revoir Bella. Combien de fois l'avait-elle réclamée ! Ce à quoi il ne s'attendait vraiment pas, c'était l'expression du visage de la jeune femme. Il ne l'avait jamais vu ainsi et ne le comprit pas. Elle était réellement une énigme pour lui, ce qui ranima sa méfiance. La petite flammèche qui s'était faite discrète jusqu'à maintenant se transforma en incendie. Non, il ne devait pas se laisser attendrir. Finalement, il n'aurait pas dû la ramener à Carlie.

Il faillit retirer son invitation. Au moment d'ouvrir la bouche néanmoins il n'en fit rien. Carlie était beaucoup trop heureuse et il ne pouvait rien refuser ou presque à sa fille. Elle était sa faiblesse, la seule qu'il se permettait. Il choisit juste d'interrompre ce moment.

- Bien, qu'aimez-vous comme pizza ?

Bella redescendit sur Terre et rougit à l'idée que son élève ait pu l'observer alors qu'elle avait baissé momentanément son masque.

- Hawaïenne s'il te plait. Et pour ce soir, ne me vouvoie pas, j'ai vraiment l'impression d'être vieille…

La vieillesse était en effet l'une des préoccupations majeures de la jeune femme. Il acquiesça et partit téléphoner. Bella en attendant posa Carlie qui lui prit la main afin de l'amener au salon. Là, l'invitée découvrit non seulement une pièce décorée avec goût mais aussi une salle de jeux. Comme elle s'en doutait, Carlie était une véritable princesse dans son château. Cette dernière fit visiter à son amie sa caverne aux merveilles. Bella fut émerveillée par tant d'innocence et de bonté. En fait, c'était à mille lieues de leur rencontre où la tristesse et la douleur des blessures dominaient.

Quand elle releva la tête, elle croisa un regard ambré. Il était profond et extrêmement intense. Bella s'y plongea mais ne sut réellement décrire ce qu'elle y trouva. Il y avait beaucoup trop de contradictions. Tendresse ? Enervement ? Fascination ? Frustration ? Bienveillance ? Rage ? Finalement pensa-t-elle, elle n'arriverait jamais à vraiment comprendre la nature humaine.

- Ma Carlie, dit-il, on se le met ce film ?

La petite sauta dans tous les sens en tapant dans ses mains.

- Oui ! Oui ! Oui !

Bella crut voir Alice en l'observant s'agiter ainsi. Elle en rit même avant de froncer les sourcils. Depuis combien de temps n'avait-elle pas ri ? Non, question qui fâche.

Edward lança le film pendant que tout le monde s'installait. Carlie avait choisi La Belle et la Bête en faisant remarquer à Bella qu'elles avaient presque le même nom.

La pizza fut livrée mais Edward insista – en fait il ne laissa pas le choix à Bella – pour la payer. Ce fut d'ailleurs les seuls mots qu'il prononça depuis un énième changement d'humeur incompréhensible.

Même si elle savait qu'elle ne devait pas, Bella ne put s'empêcher d'observer le père et la fille. Ses constatations étaient très troublantes.

Un lien de parenté ne pouvait être nié. Elle avait le nez d'Edward, la forme de ses yeux et ses pommettes. La peau blanche aussi et de belles dents bien alignées. Pourtant, Bella refaisait le calcul dans sa tête et trouvait toujours un problème. Peut-être était-il plus vieux qu'il n'y paraissait finalement. Peut-être avait-il redoublé, d'où ses très bonnes performances scolaires.

Non, cela ne collait pas. Il était beaucoup trop bon et appliqué pour un redoublant. Ou alors, peut-être avait-il pris une ou deux années sabbatiques pour s'occuper de sa fille. Quand bien même, il aurait été beaucoup trop jeune pour avoir un enfant, même en cumulant un maximum de « peut-être ».

Et puis Edward lui-même était un réel mystère. Une apparence d'adolescent, une attitude d'homme sans âge. Les changements d'humeur d'un adolescent. L'amour paternel d'un tout jeune père fou de son enfant. L'attitude blasée d'un quinquagénaire. La tristesse d'un homme en fin de vie qui a trop vécu. Sans parler de ses réflexions qui n'étaient définitivement pas celles d'un jeune de dix-sept ans.

Mais surtout, ce que Bella ne pouvait occulter, c'était cette présence et ce charisme enivrant. Elle était fascinée. Elle ne possédait rien de tout cela selon elle, et le jalousait. Il était plus jeune qu'elle mais il avait bien plus. Tellement plus. Malgré elle, elle se mit à l'envier. Elle ne comprenait pas son attitude, ni ce qu'il était mais elle l'enviait. Il avait une fille parfaite, une famille qui semblait soudée, une prestance qu'elle n'aurait jamais. Son cœur venait de s'alourdir à nouveau.

Carlie commença à s'endormir et Edward décréta qu'il était l'heure d'aller se coucher. Alors que Bella prenait ses affaires, elle fut arrêtée par la petite fille qui voulait être bordée. Son père la gronda un peu mais Bella accepta immédiatement. Pour un sourire de Carlie elle aurait fait n'importe quoi, même affronter son père.

La chambre de la fillette était à son image : pleine de vie, de joie et de tendresse. Seul bémol : beaucoup, mais alors là beaucoup trop de rose. La peinture ? Rose. Les rideaux ? Roses. Les jouets ? Pour la majorité, roses. Le monde de Barbie reconstitué. Elle se demanda si elle devait rappeler que le personnage de Barbie avait été créé à partir d'une prostituée [N/A : Véridique… A méditer] [N/B : le mythe s'effondre]. Elle se ravisa toutefois, pensant à juste titre que le père n'apprécierait pas ce genre d'humour.

Carlie se coucha et Bella vint s'asseoir à ses côtés pour lui faire un bisou.

- Tu reviendras me voir ?, lui demanda-t-elle pleine d'espoir.

- Je ne sais pas si je reviendrai, ça dépendra de ton papa, mais je suis certaine que l'on se reverra ma belle.

La petite fille lui tendit les bras, demandant un câlin. Une fois encore, l'étreinte se fit douce, presque maternelle. Bella déposa un long baiser sur la joue de la petite fille puis se sépara d'elle, presque à contrecœur. Elle se leva alors, laissant la place à Edward qui reproduisit les mêmes gestes. Ils sortirent ensuite, en silence. Cette fois-ci il était beaucoup plus lourd, presque gêné. Finalement Edward prit la parole, presque au moment où Bella s'y attendait le moins.

- Pourquoi tu ne lui as pas tout simplement promis de revenir ?

La jeune femme était étonnée et désarçonnée par la question.

- Ce n'est pas parce qu'elle est une enfant que je dois lui mentir et je n'ai pas pour habitude de m'inviter chez les gens…

- Tout le monde ment.

Ce n'était pas une phrase juste pour la contrer. A la manière dont il l'avait dite, cela sonnait comme une constatation inéluctable.

Bella fronça les sourcils et réfléchit à sa réponse.

- Je n'aime pas ce genre de vérité générale. A t'entendre, on ne peut rien contre et c'est inutile de faire des efforts car ils seraient vains. Tant que je peux ne pas mentir je le fais. Et puis, quel âge a ta fille ? Tu crois vraiment qu'il faut lui montrer quelle dure réalité est la nôtre en la décevant ? Autant la préserver un maximum dans cet univers magique et naïf, elle en sortira bien assez tôt.

C'était le plus long discours qu'ait fait Bella depuis des semaines, cours à part. Elle avait envie de défendre ses propos. C'était comme si elle se raccrochait à cet espoir d'un monde moins sombre qu'il y paraissait.

- C'est étrange mais j'ai du mal à croire que tu penses ce que tu dis.

- Et bien ne me crois pas, monsieur le cynique. Mais c'est quoi ton problème Edward ? Pourquoi vois-tu nécessairement tout en noir alors que tu as la fille la plus adorable que je n'ai jamais vue, une famille qui semble te soutenir et d'après que ce j'observe en cours, vraiment super, une grande maison et tout ce qui va avec ? Tu es entouré, aimé voire adulé par Carlie. Même si ta vie n'est pas rose car tout n'est jamais parfait, tu devrais quand même pouvoir apprécier ce que tu as !

Bella remarqua que les yeux d'Edward avaient viré au noir. Elle venait de retrouver sans le vouloir l'homme qui semblait dangereux, presque meurtrier.

- Mais tu sais quoi de ma vie ? Rien du tout. Tu ne te rends pas compte que c'est toi qui a une vie de rêve à côté de moi. Tu n'arrêtes pas de pleurnicher ton Indien, tout ça pour te donner une raison de pleurer sur ta pauvre misérable vie. C'est toi qui a tout ce dont on peut rêver et tu ne t'en rends pas compte. Tu as peut-être perdu un être qui comptait pour toi mais tu ne connaîtras jamais la douleur de la trahison qui est, crois-moi, bien pire.

- Mais comment as-tu… ?

Personne ne savait pour lui, pourquoi elle avait aussi mal. Comment un élève, Edward qui plus est, pouvait-il être au courant ? Elle ne savait plus ce qu'était le pire. Qu'il sache, qu'il rouvre une fois de plus la blessure, ou qu'il ait raison. Elle savait qu'elle se cachait derrière sa disparition, mais c'était un peu le seul moyen de se préserver.

Elle prit une grande inspiration car elle était sur le point de le gifler, et en tant que professeur c'était fortement déconseillé. Elle tremblait de rage et de douleur. Les larmes commençaient à lui venir aux yeux mais elle s'interdisait de les laisser sortir, et encore moins devant Edward.

- Tu as raison Edward. Je ne veux même pas savoir comment tu as su ça. Je suis presque certaine qu'il y a un rapport avec Jacob, vu comment il parle en termes élogieux de vous ça ne m'étonnerait pas que vous vous connaissiez. Sache juste une chose. Je me cache peut-être derrière ça, mais au moins je sais le reconnaître et je fais tout pour m'en sortir. Toi, tu refuses le monde entier. Tu refuses qu'on te tende la main et dès que quelqu'un s'approche d'un peu trop près de toi tu mords. Ensuite tu méprises tout l'univers car il ne te comprend pas. Evidemment, puisque tu ne laisses aucune chance à personne. Dis-moi, qui est l'hypocrite ici ?

Il s'avança vers Bella, menaçant. Elle eut peur. Sincèrement peur car il ne ressemblait plus beaucoup à un adolescent. Il n'avait en fait plus grand-chose d'humain. Il était juste effrayant.

- Va-t-en. Tout de suite.

Elle aurait voulu bouger, mais elle en était incapable. Quelque chose la faisait rester. Quoi ? Aucune idée. Nul n'aurait pu le dire, pas même elle.

- Va-t-en je t'ai dit.

Elle comprit alors qu'Edward n'était définitivement pas un adolescent. Elle avait un homme à part entière devant elle. Un homme effrayant certes, qui semblait vouloir la tuer, mais un homme.

Il s'était à nouveau approché d'elle quand un « Chuuuuut ! Ne faites pas de bruit Carlie doit dormir ! » se fit entendre. Quelques secondes plus tard toute la fratrie Cullen était réunie.

- Professeur Swan !, s'exclama Alice avec beaucoup de joie.

Aussitôt l'ambiance s'allégea. Bella se détendit et Edward sembla également faire retomber la pression.

- Bonsoir à tous, finit-elle par dire gênée avant de se tourner vers Carlisle Cullen. Veuillez excuser mon intrusion, mais Edward m'avait invité à passer un peu de temps avec Carlie.

- Il n'y a aucun problème, bien au contraire vous êtes la bienvenue quand vous le désirez.

- Merci beaucoup. Bien, je vais vous laisser. Bonne nuit à tous.

Elle salua tout le monde de loin et sortit. Elle prit alors une grande bouffée d'air et se dirigea à pieds vers le lycée où elle avait laissé sa voiture. Celui lui prit un bon moment, surtout dans le noir, mais elle connaissait la forêt parfaitement. Elle ne fut toutefois pas toujours rassurée car elle crut entendre au loin un hurlement de loup.

Elle rentra ensuite en voiture sans encombre. La fatigue commençait vraiment à se faire ressentir. Elle réussit à attendre d'être arrivée chez elle avant de craquer. Sa soirée avec Edward avait une fois de plus été des plus éprouvantes. Son altercation avec lui était une chose, mais c'était surtout ce qu'il avait dit qui lui revenait en mémoire. « Tu n'arrêtes pas de pleurnicher ton Indien, tout ça pour te donner une raison de pleurer sur ta pauvre misérable vie. » Il était vrai que depuis des années elle n'avait cessé de se cacher derrière sa perte. Enchaînant par périodes des conquêtes d'un soir, elle n'avait pu avoir une seule relation stable. Elle se sentait incapable de retomber amoureuse.

Voulait-elle encore vraiment continuer ainsi ? Elle n'était pas certaine de la réponse. Elle y médita une partie de la nuit, seule dans son lit, et tout le week-end. Le lundi matin il lui fallut retourner au lycée tout en sachant qu'elle se retrouverait face à Edward. Elle n'avait pas seulement peur – non en fait la peur n'avait plus sa place – mais elle était gênée et ne savait que dire ou faire. Elle ne savait plus sur quel pied danser avec lui. Il aurait mieux fallu qu'ils ne se rencontrent jamais hors du lycée.

Leur dernier échange ne s'était pas très bien terminé et ils n'avaient pas eu le temps de le conclure. C'était certainement une bonne chose que les membres de la famille soient rentrés providentiellement à ce moment là, mais cela laissait un arrière goût de frustration.

Le problème fut cependant vite résolu. Il ne vint pas en cours.