Chapitre 6 : Déménagement.

Nous nous étions concertés afin de s'organiser pour partir au plus vite.

Ainsi, Louis m'avait raccompagné à mon appartement pour ensuite aller déposer ma voiture dans un garage qui s'occuperait de la vendre pour moi. Ce n'est pas moi qui avait pris cette décision. Mon auto allait me manquer terrriblement. J'avais l'habitude de la bichonner, elle me ressemblait : coquette, soignée, très féminine...

Louis se chargeait de réserver nos vols tandis que de mon coté, je m'affairais à mettre mes affaires personnelles en carton. Il était prévu que la propriétaire passe demain matin pour récupérer les clefs ainsi que la provision pour les trois prochains mois au cas où elle ne retrouverait pas aussitôt un locataire.

Trois heures après, le téléphone de l'interphone sonna. C'était Louis qui venait m'aider à terminer ma besogne. Il ne me restait qu'à débarrasser la chambre. J'avais rempli une valise, puis une deuxième, j'entamais la troisième.

- Eh, dis moi, tu ne vas pas emmener tous tes vetements ? Me questionna Louis.

- Ben si pardi. Lui répondi-je étonnée par sa remarque.

- La compagnie aérienne ne te laissera pas emporter plus de 23 kg de baggages tu sais.

- Ah, comment vais-je faire alors... tu en as pour 23 kg toi ?

- Je t'arrete tout de suite, je te vois venir... Prend ceux que tu préfères. Nous irons ensuite donner le reste à une oeuvre de charité.

- Ah non ! Sais tu combien coute cet ensemble Channel ? Je l'avais acheté pour le mariage de ma collègue Emilie et tu sais quoi ... j'ai même pas pu le mettre, elle a annulé la cérémonie deux jours avant. Et cette jupe, je la porte tous les 14 juillet depuis 2 ans... Et ce pull, c'est celui que je portais hier à notre premier RDV. Et...

- Ma chérie, je sais que tu tiens beaucoup à tes vetements. Cependant, tu DOIS faire un choix. Je te promet qu'Alice a déjà dû organiser un week end shopping dès notre arrivée. Tu auras ma carte de crédit, je n'ai pas de plafond, tu t'offriras une nouvelle garde robe.

- Waouh ! Je veux que tu me mettes par écrit ce que tu viens de m'annoncer. Un petit conseil quand, même, je suis une boulimique d'achat de fringues. Je ne m'arrete pas tant que la carte n'est pas refusée...

- J'ai confiance en toi ma chérie.

- Tu ne devrais pas... mais bon je ne vais pas t'en dissuader plus longtemps, j'ai toujours révé de jouer le rôle de Vivian dans Pretty Woman quand elle fait les magasins.

J'étais parti dans mon délire à m'imaginer dans telle ou telle boutique, les bras chargés d'habits, de chaussures, de sacs à main et d'accessoires en tout genre quand je mis à repenser à toutes ces questions qui me turlupinaient au sujet de Louis et de sa condition. Mon regard a dû s'assombrir et mon visage devait exprimer la perplexité de mon esprit car Louis soupira et me notifia qu'il était près à répondre mes interrogations même les plus indiscrètes. C'est en lui adressant un sourire d'excuse et de gratitude que je le sollicter à commençais dès le début de son histoire.

- Je suis Louis de Pointe du Lac, né en 1766 au Mississipi.

A l'âge de 24 ans, j'avais déjà vu mourir mon frère lors de l'une de nos disputes ainsi que ma femme et l'enfant qu'elle portait alors qu'elle essayait de le mettre au monde. Autant dire que ma vie n'avait alors aucun sens pour moi, je errais d'un bar à l'autre, je ne sentais même plus l'ivresse. Un soir, un homme a voulu me voler et s'en ai pris à moi violemment. Un autre homme est venu prendre ma défense, il avait une force incroyable. D'une seule main il avait soulevé mon agresseur et l'avait envoyé contre le mur opposé lui fracassant ainsi le crâne. Il revient vers moi puis me dit qu'il pouvait soulager mes souffrances et m'offrir la force, le pouvoir et la richesse bien au delà de mes espérences. J'étais vénal, cupide, interressé par la supériorité. Ainsi j'acceptai sa proposition et il me transforma. Je t'en passe les détails, ce ne fut pas très agréable et j'en garde un souvenir assez flou. J'ai eu beaucoup de mal à accepter ma condition de buveur de sang et je refusai de me nourrir. J'étais dans le même état de létargie qu'avant ma nouvelle naissance. Un jour, je vis une petite fille qui pleurait sur sa défunte mère. Je ne pus résister à l'envie de lui épargner plus de souffrance, j'ai fait d'horribles choses Luna.

... Toujours est il que mon créateur offrit l'éternité à cette petite fille pour qui je ressentai une profonde affection. Nous avons été très proche, je me devais de la protéger, elle non plus n'aimait pas sa condition mais elle était démoniaque. Elle a essayé de tuer notre créateur. J'ai transformé une fille pour qu'elle puisse avoir de la compagnie. Un jour, en Europe, nous avons rencontré les Volturi qui sont en quelque sorte les chefs de notre espèce, accompagnés de leur grand ami Lestac mon créateur. Contrairement à Claudia la petite fille, ils m'épargnièrent grâce à mes facultés et mon ancienne amitié avec Lestac. Je possède essentiellement le don de la lévitation J'ai eu la faculté de lire dans l'esprit des autres mais refusant le sang humain depuis des années, ce don s'est évaporé. Je n'ai pas assez de force. Du moins c'est ce que mon ami, mon père, mon frère Carlisle en a conclu. Je l'ai rencontré en suivant les Volturi. Il était avec eux depuis plusieurs années. Il est différent, ne se nourrissant que de sang animal. Il fait preuve d'un calme olympien face à toute épreuve. Il est très réfléchie, presque un Dieu proche de l'enfer si je puis dire. Il a compris mon mal être et m'a prit sous son aile, m'apprenant à maîtriser mes émotions, canaliser mes forces pour me nourrir le moins souvent possible. Ca va peut être te dégouter mais tuer un cerf ou un lion majestueuex me donner des scrupules. Comme les humains détestent les rats, j'allai dans les égoux et je m'en faisais un copieux repas... Oui tu peux faire une grimace, rien que de ressasser ces souvenirs j'ai les dents du fond qui se baignent. Avec Carlisle nous avons décidé de quitter « nos amis » les Volturis pour rejoindre le nouveau continent. Làs-bas, il commença à travailler comme medecin. Il avait réussit à s'immuniser contre le sang humain. Il ne lui fait plus aucun effet. De mon coté, je travaillais dans la finance, réussissant à flairer les meilleurs investissements. A nous deux, nous avions déjà un bont pécule. Un soir en 1918, il ramena un jeune garçon . Il venait de le mordre et ainsi procéder à sa transformation. Il m'expliqua que sa mère était sur le point de mourir, elle avait dû comprendre ce qu'était réelement Carlisle car elle le supplia de sauver son fils lui aussi atteind par la grippe. Ce petit jeune de 17 ans fut son premier enfant.

- Tu parles d'Edward, celui qui se marie ?

- Oui,en effet, depuis cette date jusqu'à aujourd'hui, il était seul. Enfin, toujours est il que nous dûmes lui apprendre à se soumettre à notre régime alimentaire. Au début de sa vie de vampire, Edward a eu du mal à accepter l'existence que lui proposait Carlisle, d'autant plus qu'il savait parfaitement que celui-ci est sincère dans ses convictions. La vie de « végétarien » ne lui plaisait que moyennement et il a décidé de partir de son côté, chassant les meurtriers pour s'en nourrir.
Il a finit cependant par revenir vers son « père » et vers sa nouvelle mère Esmée. C'est à ce moment que nous avons rencontré des vampires comme nous, le clan de Dénali. Après plusieurs décénie, j'allai les rejoindre puisque j'entretenai une relation intime avec l'une d'entre elles Tania. Je t'en ai déjà parlé, c'est celle qui en fait est amoureuse d'Ed. Ca ne dura qu'une trentaine d'année, je n'arrivait pas à me satisfaire d'une relation purement... comment dire... euh charnelle, sexuelle... enfin tu vois, je n'ai jamais rien ressenti pour elle si ce n'est que de la courtoisie, même pas de l'amitié. Je ne doute pas qu'elle ne ressente pas autre chose pour moi d'ailleurs. Je suis retourné dans ma famille qui s'était considérablement agrandie. Rosalie, Emmett, puis Alice et Jasper avaient rejoint notre petite tribu. Nous sommes extrèmement solidaires les uns envers les autres. Je les aime tellement qu'aucun mot ne peut définir exactement ce qui nous uni. C'est ma famille, la famille que jamais je n'aurais espéré avoir. Aujourd'hui, en ce qui me concerne, tu en fais parti. Pour Alice, je crois aussi, Esmé te prépare une chambre se réjouissant de la venue d'une nouvelle fille dans sa maison. Elle est très maternelle, ne t'en offusques pas, si tu as un soucis, parle moi en, je m'en arrangerai. Bella, très cher enfant, bientôt une véritable Cullen. Elle a 18 ans, je ne l'ai vu que 3 semaines mais c'est comme une petite soeur fragile à protéger. On ne peut que l'aimer, je suis sûre que vous serez de très grandes amies avant de devenir des soeurs. N'ais pas peur, nous ne sommes pas une secte, juste une famille basée sur l'adoption... Enfin bref, revenons à nos moutons, vers le début du siècle, je suis venu m'installer en France. Après avoir aidé les forces de l'ordre à arréter un dangereux criminel, on me proposa d'intégrer leur service pour le bien du pays. Quelle plus belle couverture pour un vampire de partir en chasse contre les criminels et les délinquents !!! Ca faisait 4 ans que j'étais un nouveau normand lorsque lors de l'un de mes services, j'entendis de loin une voie très douce chanter sur des airs disco parlant de démons. Elle grilla un stop et à mon plus grand bonheur, je dû l'arréter. Si mon coeur avait pu battre, il aurait exploser au moment où elle baissa sa fenêtre.

- Te moques pas de moi s'il te plait, sois sérieux.

- Je ne peux l'être plus qu'en ce moment, Lou. Tu ne peux pas imaginer l'emprise que tu as sur moi. Tu as accepté ma condition, renié une seconde fois ta vie pour me suivre vers un bonheur immense pour moi, je ne peux aspirer à un plus grand contentement.

Les étincelles de ses yeux me convinquèrent de ces ennivrantes paroles. Mon coeur battait la chamade. A ce moment là, une seule chose manquait à mon extase. Je désirai ardemment ses lèvres. Cependant, je n'osai pas m'en approcher. C'était à lui de faire ce pas, j'avais bien compris que lui seul pouvait décider de franchir le pas d'un geste si intime. Je le sentais parfois se raidir quand je me glissait dans ses bras. Peut être était ce dû aux femmes de sa vie, notamment celle qui avait attiré le plus mon attention : son épouse. L'image d'une femme enceinte en transe sur un matella essayant de lutter contre les contractions hantait mon esprit. Il dû lire le désorroi sur mon visage car il prit délicatement ma main et me questionna sur mon état.

- Lou, que t'arrive t'il ?

- Je.. je pensai à ta femme... morte en couche... quelle atrocité. J'ai encore du mal aujourd'hui, ça ne m'est arrivé qu'une seule fois durant ma carrière de presque sage femme...

- Oui, en effet, c'est horrible. On est là près d'elle, on ne peut rien faire... Quand je la voyais se tordre de douleur, je ne pouvais m'empécher de me detester de l'avoir mise dans cet état. Pire encore, j'ai haïe notre pauvre enfant, qui devait souffrir autant qu'elle. Sachant qu'on ne pourrait la sauver, on m'avait proposé de lui ouvrir le ventre pour extraire le nourrisson. J'ai refusé, tuant ainsi le femme que j'aimais et l'enfant qu'elle avait tant chéri depuis le jour où elle avait su être enceinte. Oui j'ai aimé cette femme. Je préfere être honnête avec toi, je ne te le cacherai pas. Cependant, il y a encore une semaine, j'étais persuadé d'être incapable d'aimer autant que je l'avais chéri. Pourtant en ce moment très précis, alors que nous nous connaissons à peine, mes sentiments pour toi sont... sont tout au moins aussi fort.

- Je ne t'en voudrais jamais de l'avoir autant aimer. Sache que si tu en éprouves le besoin, je peux te préter attention à tes souvenirs.

- C'est vraiment une délicate attention de ta part. Tu sais, depuis, j'ai eu le temps de faire mon deuil.

- On ne peut pas faire le deuil d'un enfant.

Mes mots étaient sortis de ma bouche dans un murmure, mon corp tremblait et mes yeux remplis de larmes étaient à mille lieu d'ici. Cette histoire me touchait trop...

- Lou, calme toi s'il te plait. Excuse moi, mon histoire est brutale, et j'ai manqué de tact. Il est tard tu sais, tu devrais dormir un peu, je m'occupe du reste de tes affaires. Je vais m'absentais quand tu dormiras pour aller tous déposer dans ma..., non dans notre maison. Je te réveille à 7h30. L'avion décole à 14 heures ma chérie. Il faut que tu te reposes.

Il me souleva du sol où nous étions assis et m'allongea délicatement sur mon lit. Il déposa un baiser sur mon front et me carressa les cheveux. J'avais été incapable de bouger, ni d'emmetre un son. Je l'avais laissé m'apaiser et m'endormir en très peu de temps. Cette journée avait été intense. La journée de demain promettait d'être aussi puissante.