Epilogue

Antoine a les yeux rivés sur son écran de télévision. Dans le canapé, ils sont un peu serrés. Si bien que Links se lève pour s'asseoir par terre. Sur le fauteuil d'à côté, Samuel et Richard sont tranquillement installés, chacun avec une canette de soda devant lui. De temps en temps, l'une des personnes présentes dans la pièce pouffe ou lâche un commentaire sur le nanar que François a déterré une heure plus tôt. Sur la petite table devant le canapé, les bouteilles de bières côtoient des paquets de chips ouverts et les quelques parts de pizzas placées là qui n'ont pas encore fini dans le ventre de quelqu'un. Posé contre l'un des verres à whisky sur la table, le portable d'Antoine est allumé, tourné vers la télévision afin que Mathieu puisse assister à l'invasion de zombies qui se déroule sous leurs yeux. Cette invasion qui paraît si stupide et peu effrayante à côté de tout ce à quoi ils ont assisté la veille au soir.

- C'est quand même assez fou, ce qu'il nous est arrivé, réalise enfin Alexis.

- Pas plus que ce qui se déroule dans mon monde à moi, lui apprend Mathieu. Chez moi, les Lolcats envahissent chaque jour un peu plus la Toile, les dinosaures dansent, on fait une crise pour une brique de soupe perdue ou pour des aisselles mal épilées, et certains fidèles se font exploser lorsque l'on profane les commandements de leur « Sainte Église du Bon du Bien », comme ils l'appellent. C'est vraiment fou, le monde d'Internet !

- En tout cas, les gars, je vous félicite, déclare le Visiteur du Futur qui s'est installé à côté de Henry, une bouteille de bière à la main. Vous avez tous fait du bon boulot. Surtout toi, Antoine.

L'intéressé sourit, satisfait que son nouvel ami ait enfin réussi à l'appeler par son prénom. Tandis qu'il sirote tranquillement sa bière, il se remémore avec amusement le moment où il s'est efforcé d'expliquer à un dépanneur comment sa voiture s'étaient retrouvée dans un état aussi critique : brûlée à l'arrière, éraflée au niveau des portières, atrocement salie sur le pare-brise et cabossée sur le toit. C'est en s'efforçant de le dire le plus normalement possible qu'il lui avait déclaré qu'elle avait été prise dans un incendie et que des décombres lui étaient tombées dessus. Quant aux éraflures et à l'état du pare-brise, il avait inventé une récente escapade agitée en pleine campagne. Le visage de la femme déguisée en loup-garou à l'origine d'une partie de ce désastre lui revient en mémoire. Après l'explosion de la bombe, c'était celui d'une personne tout à fait normale, totalement perdue, qui ne savait plus comment elle s'était retrouvée là, séparée de ses amis avec lesquels elle était partie fêter Halloween.

Tandis qu'il réfléchit, Alexis s'est levé pour aller chercher quelque chose d'autre à grignoter dans la cuisine.

- Vous imaginez que c'est ce que nous aurions pu avoir à affronter si Antoine avait donné les bonbons à la place du chocolat ? leur rappelle le Visiteur en faisant allusion aux zombies du film qu'ils regardent.

- Ça aurait peut-être été encore plus apocalyptique, imagine François. On se serait cru dans « The Walking Dead ».

- Et ça aurait été plus fun de les découper en morceaux, complète le vidéaste dans le téléphone.

- Au fait, quelqu'un sait-il comment cette bombe étrange s'est retrouvée comme ça, dans un cimetière de Paris, en prévision d'une apocalypse qui n'avait même pas encore eu lieu ? questionne savamment le Fossoyeur.

Les autres haussent les épaules, Henry compris, le regard toujours scotché sur l'écran de la télévision.

- Alexis aurait sûrement affirmé qu'il y a un quelconque rapport avec « Doctor Who », fait Mathieu avec nonchalance.

Et Antoine élucide, toujours souriant :

- Ou bien peut-être parce que tout ça n'est qu'une fanfiction.

Puis il rit. Il n'aura pas été si anodin que ça, cet Halloween !

C'est alors qu'Alexis revient de la cuisine, un paquet de bonbons familier dans les mains.

- Les gars, vous en voulez ? leur demande-t-il en leur présentant l'emballage ouvert.

Tout le monde se tourne vers lui et se fige soudain, une expression horrifiée peinte sur leur visage.

- Alex, rassure-moi, veut savoir le Visiteur du Futur qui a pâli sur le coup. Ne me dis pas que tu as mangé ces bonbons ?!

Décontenancé, l'intéressé avoue alors :

- Euh... Eh bien, si. Pourquoi ? C'est parce qu'ils sont périmés ?

François manque de s'étouffer avec ses popcorns tandis que tous les autres se sont redressés sur leur siège.

Les cheveux dressés et le teint ayant viré au rouge brique, Antoine explose :

- Par la Sainte Patate, Alexis ! QU'EST-CE QUE TU AS FAIT ?!


Et voilà, mes chers enfants, je vous laisse utiliser votre esprit pour imaginer la suite des évènements. ;-)

Je vous remercie de vous être laissés entraîner et d'avoir lu jusqu'ici. J'espère que toutes ces péripéties vous ont plu. De mon côté, j'ai pris un très grand plaisir à écrire cette fanfiction. C'était la première fois que je mettais en scène tous ces personnages, et réunis, qui plus est, et cela m'a bien amusée.

J'espère que vous avez passé un Halloween plein de frissons. Et maintenant, je vous laisse ressortir de mon Saule Cogneur. A présent que vous êtes des habitués, ce dernier devrait vous laisser partir sans vous donner trop de coups de branche dans le derrière. Quant à moi, je n'ai plus qu'à attendre l'an prochain pour fendre à nouveau la nuit sur mon balai et balancer d'ignobles potions à tour de bras sur la tête de tout le monde.

Vous pouvez prendre congé de moi. Et je compte sur vous pour être effroyables, sournois et farceurs, et pour casser les pieds à tout votre entourage.

Ce fut un plaisir de vous raconter cette aventure.

A bientôt !