Bonsoir tout le monde! J'espère que vous allez tous bien...
Disclaimer : tous les personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya.
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J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les précédents! Bonne lecture!
PS : la playlist Being a Dad est disponible sur YouTube et je la mets à jour régulièrement.
Chapitre VI : Daddy's Demons
Mai 1999.
C'est une des dernières journées de cours de Francis et Gilbert. Antonio, quant à lui, a travaillé toute la matinée à la librairie, et Roderich lui a donné son après-midi.
En deux temps trois mouvements, l'infernal trio a arrangé un pique-nique dans le jardin du Luxembourg, histoire de fêter dignement le retour de l'été et le soleil radieux qui illumine aujourd'hui la capitale française.
Ils se sont répartis les tâches: Antonio emmène Lovino, des assiettes et de la nourriture, Francis une couverture, des couverts et encore un peu de nourriture, et Gilbert se charge du dessert et des boissons –nul doute qu'il apportera de la bière.
Le jeune papa et son petit bout italien franchissent les grilles du parc main dans la main, Lovino ayant progressé de façon fulgurante dans la maîtrise de la marche au point de suivre Antonio avec plus ou moins d'assurance.
Ils s'installent sur un banc en face de l'entrée pour guetter les deux étudiants qui doivent arriver sous peu.
Lovino a encore bien grandi. Ses cheveux poussent, et des mèches auburn encadrent maintenant un visage aux traits fins et au sourire ravageur –et réservé à d'exclusifs spectateurs. Assis sur le banc, il balance ses petites et fines jambes dans le vide, et tient dans ses bras son dragon Smaug. Antonio lui a mis une chemise blanche sous une salopette en jean, et il porte des petites chaussures en toile adaptées à une belle journée de printemps.
Antonio a pris l'habitude de parler à son fils de toute ce qu'il entoure. Il lui raconte le monde, lui montre les étrangetés de leur environnement, lui donne quantité de détails en apparence insignifiants sur toutes sortes de choses qu'ils rencontrent. Il espère ainsi lui ouvrir les yeux et l'esprit sur le monde dans lequel il évolue. Intéresser les enfants à de multiples domaines est une tâche perpétuelle qui se doit d'être entreprise le plus tôt possible. C'est pourquoi, de temps en temps, il lui parle en espagnol également.
A l'ombre des arbres, il se met à les nommer, à lui montrer les fleurs dans les parterres avoisinants, les petites pâquerettes dans l'herbe, sous leurs pieds.
Lovino, tout à ses découvertes, écoute attentivement son père et se tient tranquille.
Bientôt arrivent les deux étudiants.
Francis a fourré ses encombrants syllabus de droit dans le panier qu'il porte au bras, parmi les salades de pâtes et les baguettes, tandis que Gilbert, une casquette de marin sur la tête pour protéger son majestueux chef d'agressifs rayons de soleil, porte un sac en bandoulière sur son épaule et dans les mains, une boîte de carton blanc provenant à l'évidence d'une boulangerie.
L'albinos leur adresse un grand signe de la main, Francis un sourire rayonnant, et Lovino s'empresse de courir vers eux et de s'empêtrer dans les jambes de son oncle aux boucles blondes. Gilbert lui ébouriffe les cheveux tandis qu'Antonio les salue d'une accolade et d'une tape sur l'épaule accompagnées d'éclats de rire.
Dans la joie des conversations et des boutades, ils marchent à la recherche de l'endroit parfait pour s'installer. Francis hisse le petit garçon sur son bras libre et le promène ainsi jusqu'à ce qu'ils arrivent sur une pelouse ombragée, que personne n'occupe encore, et qui ne présente aucun danger apparent comme des points d'eau. Francis dépose Lovino à terre avec délicatesse, puis étale une grande couverture sur l'herbe, avant de s'asseoir en tailleur dessus. Gilbert et Antonio l'imitent, et l'Espagnol installe son fils contre lui, face à ses oncles.
-Babaaa! proteste Lovino avec mécontentement.
Il se défait prestement de l'étreinte de son père et trottine sur le tissu pour s'installer sur Gilbert, qui l'accueille avec un grand sourire. Le garçon se tient ensuite tranquille.
-Alors, alors… Qu'avons-nous là? demande Francis avec malice en sortant quelques paquets du panier.
Il dépose ainsi deux baguettes de pain, du fromage, une salade de pâtes et du jambon fumé devant lui. Antonio complète par du riz cantonnais, une salade de tomates et mozzarelle, le petit plat de Lovino, et des pommes de terre froides cuites au four.
-Vous ne m'arrivez pas à la cheville! décrète Gilbert avec un grand sourire en sortant trois bouteilles de bière de sa sacoche.
-Le dessert, c'est une surprise! précise-t-il avec un clin d'œil.
Ils commencent à manger. Gilbert se charge de nourrir Lovino, qui semble un peu insatisfait de sa purée de carottes lorsqu'il pose les yeux sur les alléchantes rondelles de tomates relevées d'huile d'olive et de basilic.
-Comment ça se passe, la fac?
-Ah, toutes les filles de mon cours de droit romain me courent après, c'est d'un ennui! se lamente Francis.
-La petite Marianne n'a pas l'air de te déplaire… grince l'albinos avec un coup de coude à Antonio.
Francis lève les yeux au ciel.
-Elle, c'est en droit pénal.
-Oh, pardonne l'outrage! ironise Antonio, qui enfourne une rondelle de tomate sous le regard envieux de Lovino qui arbore une moue déçue. Et toi, Gil, quelqu'un en vue?
-Non, personne. Et je maintiens que c'est moins drôle sans toi! rétorque Gilbert. Les cours d'histoire médiévale à 8h le lundi matin me manquent! Y a plus personne pour me tenir éveillé!
-Ah, j'imagine! Mais je n'ai pas perdu au change…
L'Espagnol pose un regard rempli de tendresse sur le petit bonhomme qui s'est résigné à avaler la mixture orange qu'on lui a assigné pour repas.
-A ce propos, comment ça se passe à la librairie? demande Gilbert. Ca fait un moment que je n'y suis pas allé… Plus le temps de lire, avec ces foutus examens qui approchent…
-Oh, mes pauvres chéris. les plaint Antonio avec une intonation qui fait étrangement penser à celle de Francis. Pour ma part, plus je travaille là-bas, plus je découvre, et plus j'adore. C'est un endroit tellement magique!
-Et Monsieur Edelstein?
-Il se porte comme un charme! Il me demande de temps en temps de vos nouvelles… Et leur dossier pour l'adoption suit son cours.
-Hum hum… fait pensivement Gilbert.
Antonio reprend une rondelle de tomate et la mastique avec satisfaction. Cette fois, Lovino ne peut laisser passer une telle provocation et grogne:
-Baba…
-C'est mignon cette façon qu'il a de dire "papa"… remarque Francis.
-Oh, c'est ça que tu veux? demande Antonio en transférant un morceau de tomate sur l'assiette de Lovino.
Le garçon ne répond pas, mais sourit, et exhorte Gilbert à lui donner l'aliment pour sa prochaine bouchée.
L'albinos se fait une joie d'exécuter les volontés de son petit neveu, et avec un sourire moqueur et une pointe d'ironie, il commente:
-Ah, il va falloir te surveiller, jeune homme! Si tu continues à te gaver de tomates, tu vas avoir de la bolognaise à la place du cerveau, comme ton papa!
-Ahah, grince Antonio avec un sourire en coin, bastardo!
Eclat de rire général. Les petites piques de Gilbert lui manquent, maintenant qu'il n'a plus le privilège de les entendre à chaque heure de cours.
-Bastardo! répète une voix satisfaite.
Les rires cessent. Antonio écarquille les yeux. Francis et Gilbert baissent le regard vers le petit italien qui frappe dans ses mains avec un grand sourire, très fier de lui.
Le Français éclate de rire.
-C'est bien le fils de son père!
Gilbert semble amusé, quoiqu'un peu surpris.
Antonio quant à lui ne rit pas du tout.
-Mais… Non, Lovi, ça ne se dit pas, ça…
-Bastardo! répète le garçon avec conviction.
-Non, non, tu ne peux pas dire ça!
-Ah! Tonio, ne te voile pas la face, s'il connaît ce mot au point d'en faire le premier qu'il sache dire, c'est qu'il l'entend souvent! assène Francis.
Cette fois, un sourire se dessine sur les lèvres de l'Espagnol.
-Je plaide coupable, monsieur le futur avocat, je le dis souvent. Seulement parce que j'ai constamment deux idiots à insulter sous la main.
-Très juste! réplique Gilbert. N'empêche que tu devrais faire gaffe à ce que tu dis. Il y a des oreilles innocentes parmi nous.
-Fais gaffe à ce que tu amènes, la prochaine fois. lui conseille Francis. Pas sûr que la bière soit un bon exemple à lui donner.
-Pas faux. concède Antonio.
-Oh, la ramène pas, Tonio! ricane Gilbert. En somme, le seul père responsable ici, c'est toi, Frannie?
-Tu serais surpris!
Antonio se laisse emporter par la conversation, sur un petit nuage. Bon, d'accord, il attendait mieux qu'un juron pour le premier mot de Lovino. Mais c'est un progrès énorme!
-Dis "papa Frannie", Lovi! demande le Français.
-'Annie!
-Hum. Je sais bien que j'ai les cheveux longs, mais tout de même, Lovi. Allez, essaie encore. Pa-pa.
-Baba!
Francis roule des yeux et abandonne.
Le pique-nique se déroule sans nouveau mot et dans la même bonne humeur.
oOo
Antonio et Lovino marchent tranquillement dans la rue. Ils ont passé un après-midi merveilleux en compagnie des deux étudiants, hélas désormais rendus à leurs syllabus.
Le soleil commence à décliner sur les toits de Paris, et Antonio se sent rempli d'allégresse, à simplement arpenter les rues avec la petite main de Lovino dans la sienne.
Une fois devant la porte de leur appartement, Antonio hisse Lovino dans ses bras pour avoir les mains libres pour ouvrir la porte.
Le petit garçon dépose un baiser sur sa joue.
-Papa! dit-il avec contentement.
C'est trop. C'est absolument trop mignon. Antonio en pleurerait presque. Au lieu de ça, il enfouit son visage illuminé d'un sourire dans la tignasse de son fils et murmure:
-Aw, je t'aime, Loviii!
Voilà, un peu de lumière et de joie de vivre dans ce monde impitoyable... J'espère que ça vous a plu.
Notes
Le titre du chapitre est inspiré de la série Da Vinci's Demons. Avec Lara Pulver, qui joue Irene Adler dans Sherlock BBC. Encore une fois, je n'ai pas vu la série !
Si vous avez des séries à me suggérer, ne fut-ce que pour que je puisse utiliser le titre, je suis preneuse :D
Ca se passe au jardin du Luxembourg, parce que... Voilà, comme tout artiste je m'inspire de ce que je lis, et comme je suis en plein dans Les Misérables (quand je ne pleure pas toute les larmes de mon corps sur les fics inachevées de George DeValier...) et que ce cher Marius Pontmercy arpente actuellement les allées du jardin du Luxembourg... Ca s'est imposé à moi.
Je vous avoue que je patauge un peu dans le système scolaire français, et si je commence à intégrer collège et lycée, le système universitaire reste une énigme! C'est fou comme ça change par rapport à la Belgique! Du coup, je n'ai pas trouvé les contenus des cours de la Sorbonne, et j'ai repris les intitulés de cours des facs de droit belges. Pour l'histoire, je n'en sais absolument rien.
Introduire le fameux "bastardo" m'a donné du fil à retordre... Mais bon, je ne pouvais pas passer à côté. Comme l'insulte est identique en espagnol et en italien, j'ai ce petit headcanon personnel que c'est Lovi qui l'a ramené d'Espagne après son séjour chez Antonio. Voilà. Ca vaut ce que ça vaut.
Le prochain chapitre sera pour le 1er janvier 2016, oh my! (A voir mon état de fatigue le jour de l'an, ahem...) Du coup, je vous souhaite de passer d'excellentes fêtes de fin d'année, de bonnes vacances, et une réussite de feu si vous avez des examens! (Souhaitez-moi bonne chance aussi xD)
Sur ce, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre, et j'espère recevoir vos avis dans vos reviews! Je compte sur vous~
A bientôt!
