Titre : Dog Days of Dixon

Auteur : Silver Dog Demon

Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY merci à NameIs, Soso77G, Laura 1907 pour vos commentaires. Ca m'encourage à continuer, car parfois je me demande si ça en vaut la peine.

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Daryl rentrait chez lui par la porte arrière, une série de lapins et d'écureuils par-dessus son épaule, l'arbalète dans sa main. Il avait passé son week-end à chasser juste pour ne pas être chez lui le vieil homme avait assisté à une autre beuverie. Daryl espérait que le monstre était à bout, qu'il dormait, et qu'il ne lui chercherait pas les poux.

Il déposa son butin sur la table dans l'intention de se faire un sandwich, avant de se mettre à dépecer et éviscérer les lapins et les écureuils. Il était en train de chercher dans le frigo quand il se raidit ses oreilles aiguisées détectant son père en provenance du salon. Le vieil homme était debout dans l'entrée de la cuisine et il fixait les cadavres sur la table, puis son regard se tourna sur son jeune fils avec une grimace de dégoût.

« C'est quoi ces saloperies d'animaux ? Tu penses q'tu peux déposer ces cochonneries sur ma table ? Dégage cette merde d'ici, connard. »

Daryl laissa immédiatement tomber l'idée de se faire un sandwich, s'éloignant du frigo en s'approchant de la table pour faire ce qu'il lui avait demandé. Il était perdu – il s'était toujours occupé des animaux sur la table. Peut être que le vieil homme aimait simplement changer les règles sans arrêt. Ou peut-être qu'il voulait juste une excuse pour lui faire des emmerdes. Daryl se pencha sur le butin.

A peine s'était-il approché de la table pour prendre les animaux morts que son père l'attrapait par la peau du cou, pour lui frapper le visage sur la table, et le jeter par terre où Daryl s'arrêta juste derrière la porte. Alors que le monstre se ruait de nouveau sur lui, Daryl réagit rapidement, pour attraper son arbalète au sol et la pointer sur son père. Le sang coulait de son nez et ses mains étaient tremblantes, mais il savait qu'il ne devait pas faiblir car son père ne louperait pas l'occasion.

Il se rendait compte que quelque chose clochait avec le monstre, encore plus que d'habitude. Ce n'était pas simplement l'alcool cette fois ci, il y avait quelque chose d'autre dans ses veines. Daryl pouvait le voir dans ses yeux et à ses mains crispées. En dépit de l'arbalète armée sur sa poitrine, le monstre éclata de rire et s'approcha quand même.

« Tu n'as pas les couilles de tirer sur moi, petit gars, » Le vieil homme avait le sourire d'un fou. Daryl était terrifié.

Cette fois, il savait qu'il devait faire quelque chose – son père avait raison, il était trop effrayé pour tirer sur la gâchette. Et il devinait très bien ce qui allait se passer parcequ'il avait peur, mais Daryl ne savait pas à quel point ça allait dégénérer.

Son père prit l'arbalète pour l'arracher des mains de Daryl, puis la jeter dans la pièce. Ensuite, il saisit Daryl par le col de sa chemise pour le soulever et le claquer sur la table. Il déchira sa chemise, exposant les cicatrices fraîches sur la poitrine et le ventre de Daryl.

« Regarde toi, t'es ignoble fils de pute. Personne ne voudra plus de toi quand j'en aurais fini avec toi, » Le monstre tira sa ceinture puis l'enroula autour de son poing droit, laissant la boucle pendre. « J'vais t'apprendre ce qui arrive quand on pointe une arme sur son père. T'aurais dû tirer, t'es qu'u minable. »

Le monstre se tenait entre ses jambes pour ne pas être expulser par des coups de pieds. Daryl passa ses bras par-dessus son visage pour le protéger des coups de la ceinture. Il ne criait pas, laissant à peine échapper un souffle, mais il ne pouvait pas s'empêcher de tressauter à chaque frappe. Une nouvelle fois, sa peau était ouverte et le sang coulait abondamment. Les coups semblaient s'éterniser et Daryl pensait qu'il n'y avait aucun centimètre d'épargné.

Mais c'était les mots qui blessaient le plus. Le monstre lui disait à quel point il était stupide, un moins que rien et indésirable. Que la mort de sa mère n'était pas un accident – elle s'était suicidée pour s'éloigner de lui. Pourquoi son frère ne se souciait pas de lui – il s'était empressé de partir le plus vite possible, non ? Ils l'avaient laissé avec lui, son père, parcequ'il n'était rien à leurs yeux, ils s'en fichaient. Daryl voulait en débattre mais ce que disait son père sonnait vrai – maman était morte et Merle n'était plus là. Personne ne se souciait de lui, le laissant mourir entre les griffes du monstre. Et il semblait que c'était enfin le moment de grâce.

Le vieil homme cessa de le frapper avec la ceinture pour faire glisser Daryl hors de la table, où il claqua au sol avec force. En gémissant, Daryl essaya de s'éloigner en rampant, une traînée de rouge derrière lui. Il ne réussi pas à aller très loin. Le monstre était de nouveau sur lui, saisissant d'une main ses cheveux et arrachant son dos. Daryl réussit à lui donner un coup de coude dans les côtes mais ça n'eut aucun effet – le bâtard attrapa son bras pour le tordre dans son dos.

« Tu veux t'battre avec moi, hein ? Tu n'as toujours pas compris ? Je peux arranger ça, » et en clin d'œil, le monstre brisa le bras de Daryl qui hurla d'agonie. C'était le premier hurlement qu'il lâchait depuis des années. Son bras fut libéré et il tomba au le sol sans vie, plié dans un angle anormal. Daryl ne pouvait s'empêcher de le regarder en état de choc.

Le monstre l'avait relâché mais Daryl ne pouvait pas bouger, pas même d'un poil. Bientôt, il revint pour frapper Daryl à son épaule blessée, remontant dans son dos. Daryl gardait les yeux fermés de douleur et quand il les ouvrait, il imaginait que rien ne se passait – son arbalète était en face de lui et son père la tenait avec un sourire malsain, une lueur de maniaque dans les yeux.

« Je n'en ai pas fini avec toi mon garçon, je vais faire en sorte que tu n'ailles nulle part. »

Daryl ferma les yeux et il attendit. Au début, il ne remarqua pas la douleur mais il entendit le cran de sécurité s'ouvrir puis la douleur irradia dans son épaule gauche, l'épaule de son bras valide. La flèche le traversait, la tête s'enfonçant dans le plancher sous lui, épinglant Daryl. La douleur était différente de tout ce qu'il avait ressenti jusqu'à présent, et il ne put empêcher un hurlement déchirant de sortir de sa gorge.

« Arrêtes de pleurer comme une gonzesse, sac à merde ! »

Le monstre était de nouveau sur lui, à cheval sur sa taille alors que ses doigts encerclaient sa gorge. Daryl ne pouvait plu respirer et le poids de son père sur les cicatrices de son thorax s'ouvrirent, en brûlant et piquant atrocement. Les mains autour de sa gorge soulevèrent la tête de Daryl qui sentit sa tête se soulever puis être cogné au sol fortement. – il voyait des étoiles à présent.

Il n'y avait plus que la main gauche sur son cou, le poing droit se formant pour frapper le côté de son visage. Daryl sentit que quelque chose se brisait, mais les coups pleuvaient, encore et encore, le monstre matraquait son visage. Daryl s'épuisait peu à peu, à peine conscient de ce qui lui arrivait, il savait, c'était le jour où il allait mourir. Enfin.

Il n'entendit pas une porte s'ouvrir en claquant, ni son père se faisant éjecté de lui. Tout ce que Daryl savait, c'est qu'il sombrait dans une douce noirceur.

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- Un peu plus tôt –

Merle ne pouvait s'empêcher de ressentir un malaise dans ses entrailles. Depuis qu'un pote dealer lui avait appris qu'il avait vendu à son père. Quelque chose ne tournait pas rond – son père se contentait du whisky, il n'avait pas besoin de plus. Merle l'avait déjà vu sous l'effet de la cocaïne et cette seule expérience lui avait suffit pour ne plus jamais avoir envie de revoir ça. Il était devenu un horrible sadique. Pire que d'habitude. La plus horrible de ses cicatrices provenait de cette soirée. Alors il savait que le vieil homme recommencerait ce genre de chose, et ça lui retournait l'estomac sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Merle espérait que son frère avait eu le bon sens de s'éloigner du bâtard. Il était en train de se diriger vers la maison, juste pour avoir l'esprit tranquille, puisqu'il n'y avait aucun autre moyen de se sentir mieux.

Il roula jusque dans l'allée, pour garer la moto, et il marcha jusqu'à la porte arrière. A travers les vitres, il pouvait voir que ses entrailles avait vu juste – il ne pouvait pas voir son frère mais il se doutait que son père ne frappait pas le sol, il pouvait entendre le bruit distinct de son poing qui tapait. La rage afflua en lui et Merle vit rouge, serrant les poings, puis chargeant à travers la porte.

La porte s'ouvrit violement, brisant un cadre, et Merle attrapa le monstre par le dos de sa chemise pour le jeter loin de son frère, dans le salon. Merle ne prit pas la peine d'observer Daryl, trop aveuglé par la rage qu'il ne pouvait focaliser sur personne d'autre que sa cible.

Il ne ressentit aucune satisfaction de battre le monstre. Il était trop enragé, trop en colère contre lui d'avoir laissé tombé son frère une fois de plus. Mais il devait faire en sorte que ça soit la dernière fois, la dernière fois que ce fils de pute poserait les mains sur son petit frère. Il frappa le vieil homme à sang avant de se lever avec un regard de dégoût.

« Si tu t'approches de lui, je te tue, » Merle n'attendit pas de réponse pour se rendre dans la cuisine. Son sang se glaça.

Daryl était en vie. Pas encore mort. Il baignait dans le sang, son bras droit était plié bizarrement, et Merle avait du mal de croire que c'était une flèche qui était planté dans sa poitrine. Puis son visage, ciel, son visage. L'entièreté du côté droit était enflée et violet, Merle n'avait jamais rien vu de pareil. Ce n'était pas bon.

« Non, non, non, non petit frère. Ce n'est pas trop tard. Ca ne l'est pas… » Merle s'était laissé tombé à genoux près de Daryl. Le plus doucement possible, il retira d'un coup sec la flèche pour détacher Daryl du sol. Ensuite, il berça le corps inconscient de son petit frère et pour la première fois depuis des années, Merle pleura.

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- Deux jours plus tard –

Merle s'était précipité avec son frère à l'hôpital où les urgences l'avait directement pris en chirurgie – son orbite et sa pommette étaient brisées, ils avaient dû les reconstruire avec une prothèse en métal et des vis. La flèche avait manqué l'artère qui traverse son épaule mais elle avait fait suffisamment de dommage ce qui rendrait la guérison plus longue. Le bras de Daryl avait été remis en place puis il avait été plâtré. Les lacérations sur sa poitrine avaient été recousues, alors que d'autres devaient seulement cicatriser.

Daryl était inconscient depuis. Les docteurs avaient dit à Merle qu'il n'y avait pas trop d'hématomes au niveau du cerveau, il y avait peu de chance pour qu'il y ait un handicap permanent, mais ils ne pouvaient pas en être sûre avant le réveil de Daryl.

Merle n'avait pas quitté son chevet et il devenait fou. Les regards que tout le monde lui adressait le mettait sur les nerfs. Il s'était déjà défoulé sur deux infirmières et le docteur aujourd'hui. Il avait menti en racontant qu'il avait trouvé son frère dans le parking d'un bar, leurs laissant supposer que c'était une bagarre qui avait causé tout ça. Et ils étaient heureux d'y croire, tous convaincus que la famille Dixon ne savait rien faire d'autres que d'avoir des ennuis.

Merle avait menti pour le bien être de Daryl, et surtout pour éviter des problèmes juridiques avec leur père. Il savait que Daryl avait fourni énormément d'efforts pour cacher ce que le monstre lui avait fait, même à son frère. Et pour Daryl, Merle n'était au courant de rien. Et il allait faire en sorte de continuer ainsi – il raconterait à son frère le même mensonge que celui qu'il avait déjà raconté aux personnels de l'hôpital, qu'il l'avait trouvé dans le parking d'un bar. Et Daryl devrait assumer le fait de laisser tomber le monstre, et fuir d'ici pour éviter les problèmes.

Un gémissement attira son attention et Merle réalisa que son frère se réveillait. Son œil droit était bandé mais son œil gauche papillonnait. Merle n'avait jamais été aussi heureux de voir ces yeux bleus.

Daryl devinait qu'il n'était pas mort pour monter au ciel, il avait trop mal pour y croire. Il ne pouvait voir que d'un œil et ses bras lui faisaient trop mal pour bouger. Puis sa gorge était plus sèche qu'un désert.

« Seigneur, il était temps p'tit frère. J'ai cru que tu dormirais pour toujours. »

Daryl paniqua – son frère savait, Merle savait. Il savait ce que leur père lui avait fait, il savait quel moins que rien il était. Daryl tremblait. Il ne pouvait pas regarder son frère qui devait certainement être dégoûté.

« Ca d'vait être une sacré bagarre p'tit frère, j'peux pas croire que tu traînes ton cul dans ce genre d'histoire. T'as d'la chance, tu étais presque mort quand je t'ai retrouvé, » Merle balaya instantanément la gêne de son frère pendant que le mensonge glissait facilement hors de sa bouche. Il savait que son frère adhérerait à la mauvaise version de l'histoire, aussi longtemps qu'il pensait que son grand frère ne savait rien, ça en valait le coup pour Merle.

Daryl ne disait rien. Son père l'avait laissé pour mort, alors qu'il tentait de sauver ses propres fesses. Il n'était vraiment qu'un bon à rien. Daryl savait qu'il ne retournerait pas dans cet enfer, se faire fracasser le visage était la goutte de trop. Il en avait assez. Il ne savait pas où il irait, ou ce qu'il ferait mais il n'y retournerait pas.

« J'me disais, comme j'ne suis plus à l'armée et tout, que nous pourrions aller à Atlanta, quitter cette ville de cons pour voir ce qui nous attend là bas. Qu'est ce que t'en penses, petit frère ? » Jamais Merle ne laisserait son frère retourner chez leur père.

Daryl hocha seulement la tête, encore incapable de croiser le regard de son frère. Merle sourit et lui fit une tape sur la jambe. Daryl ne pu s'empêcher de tressaillir. Merle fit semblant de ne pas le voir.

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Note de l'auteur : Désolé, je ne pouvais simplement pas résister à la scène où Merle trouve Daryl comme ça. Beaucoup trop d'émotions. Si cette fic fait pleurer Daryl, je peux bien faire pleurer Merle. Ah, les merveilles de la fiction.

Merci d'avoir lu, j'espère que ça vous a plu. Commentaires ?