Tome II

Chapitre V

La nuit était tombée depuis plus d'une heure. La maison était silencieuse le vieillard dormait à poings fermés en ronflant légèrement, les cauchemars de Laïta avaient cessé. Lusulien n'était pas revenu.

Laïta s 'éveilla en sentant une main sur son bras la secouer doucement. Elle ouvrit les yeux et découvrit Ysan.

« Il faut partir ? demanda-t-elle d'une voix ensommeillée.

-Pas maintenant ! J'ai trouvé le moyen de sauver Lusulien ! Mais j'ai besoin de toi ! »

Laïta se frotta les yeux, s'assit et enfila ses bottes.

« Je sais que c'est risqué, surtout pour toi, mais nous devons y aller. »

L'elfe prit son sac sans réfléchir, puis il l'entraîna dans l'escalier. Au bas de celui-ci, Ysan souleva la lourde et imposante trappe de bois, après avoir demandé à Laïta de prendre la lanterne. Il la fit passer en premier, puis s'introduisit à son tour et referma la trappe.

Les souterrains étaient sombres, humides et fort peu rassurants. Il y faisait très froid. Ysan prit la lanterne des mains de Laïta et passa devant. L'elfe suivit sans un mot.

Le jeune homme hésitait parfois, s'arrêtait, palpait les murs, regardait en arrière. Laïta craignait de se perdre dans ces souterrains hostiles, et redoutait encore plus le lieu où ils se rendaient. Qu'arriverait-il si on les découvrait ?

Soudain la lanterne s'éteignit : il n'y avait pourtant aucun courant d'air.

« Ysan ? appela la jeune fille, inquiète.

-Je suis là. Prends ma main ! »

L'elfe parvint à la trouver elle n'avait aucune envie de la lâcher.

« C'est encore loin ? »

Un instant plus tard, la réponse lui vint.

« C'est ici. Touche : il y a une échelle. Une fois que tu seras en haut, ne dis rien, surtout ! »

Laïta grimpa lentement à chaque barreau, son cœur s'accélérait. Et son anxiété s'intensifiait. Elle pensait à tout ce que le vieil homme lui avait raconté au sujet de Rhald. C'est alors que ses mains rencontrèrent un sol de pierre. Elle se hissa en haut.

Un court instant plus tard, alors qu'elle était restée immobile comme un bloc de glace, elle sentit Ysan derrière elle.

« Avance, fit-il en un murmure tendu. »

Laïta obéit. Elle tendit ses mains devant elle. Jusqu'à ce qu'elles rencontrent de solides barres de fer. Son cœur s'arrêta soudain de battre.

Elle chercha à plusieurs reprises une issue, mais n'en trouva aucune. Elle commençait à avoir chaud, et respirait frénétiquement. Elle avait l'impression que tout en elle s'accélérait, des battements de son cœur jusqu'au temps autour d'elle. Elle avait l'impression que les barreaux se multipliaient sous ses mains. Elle avait deviné.

« Ysan ? appela-t-elle, apeurée. »

Mais ce fut un long rire sardonique, jailli de l'ombre derrière les barreaux devant elle, qui lui répondit.

Une torche s'alluma, et Laïta découvrit un groupe d'homme tous vêtus de noir. La peur qui était en elle fit ressortir du tableau les détails les plus effrayants, notamment qu'ils portaient tous des armes, et que tous la fixaient avec un air dur et étrange. L'homme du milieu s'avança vers elle, une longue et noire épée pendait à son côté, et il la toisait avec un regard méchant et un sourire moqueur. Laïta recula.

« Parfait ! C'est parfait ! s'exclama l'homme. »

L'elfe se heurta à quelque chose derrière elle. Elle se retourna vivement, et découvrit un homme vêtu à la manière d'Ysan, mais au visage tout à fait différent. Et avant qu'elle n'ait pu s'éloigner, il lui asséna deux énormes coups de gourdin sur le crâne. Laïta s'effondra sur le sol de la prison.

Lorsque la conscience lui revint, elle sentit tout d'abord son mal de crâne. Elle aurait juré que des marteaux cognaient à ses tempes. Elle voulut masser la bosse qu'elle sentait à l'arrière de sa tête. Mais on lui avait cruellement serré une grosse corde rêche autour des poignets. Elle baissa le regard ses jambes et ses chevilles étaient elles aussi solidement ligotées. L'elfe remarqua que ses vêtements et son sac avaient disparu – pas pour tout le monde, pensa-t-elle – et on lui avait enfilé un maigre drap blanc mal agrafé.

Des bribes de conversations lui parvirent :

« …une belle capture !

-…il a prévu…pour elle.

-Je trouve ça vraiment dommage ! »

Il y eut un rire. Laïta s'agita un peu. Elle força sur ses poignets pour desserrer la corde, mais rien n'y fit.

« N'essaie même pas, dit une voix derrière elle. »

L'elfe tourna la tête vers l'arrière un grand garde vêtu de noir venait d'ouvrit la porte de la geôle. Il fit un signe, et deux autres vinrent la relever. Elle ne se débattit pas ils étaient bien trop forts pour elle.

« Tu as rendez-vous avec le roi, lui dit le premier garde. Et je te conseille de bien te comporter…sinon, tu risques de le payer fort cher. »

Sur ce, ils l'emmenèrent.

Mais alors qu'ils gravissaient un sombre escalier qui montait toujours plus haut dans une tour, Laïta réagit soudain : ce roi pouvait très bien être ce maudit Maître! Son sac était en sa possession. Et la pierre était à l'intérieur!

Elle remua. Les gardes resserrèrent leur prise. Et lorsqu'ils arrivèrent devant les immenses portes noires sculptées, l'elfe sut que la fin l'attendait derrière.

Les portes s'ouvrirent. La tête lui tournait et elle se sentait essoufflée. Que cet homme ait été le Maître ou tout autre, elle devait lui faire face. Elle rassembla son courage. Ils entrèrent.

La pièce qui s'allongeait, rectangulaire, devant elle, lui fit l'effet d'une boîte. Deux rangées de candélabres et de torches sur pied délimitaient l'allée dans laquelle elle avança lentement, portée par les deux gardes. Un grand trône taillé dans la pierre noire sa dressait à l'extrémité, après trois marches qui s'étiraient sur la largeur. Un homme attendait sur ce trône.

Laïta ne put bien l'apercevoir que lorsque ses yeux se furent habitués à l'ombre qui régnait dans la pièce. Mais on l'obligea tout d'abord à s'agenouiller et à baisser la tête. Elle attendit. L'homme se leva enfin, après de longues minutes de silences, pendant lesquelles Laïta tenta de respirer sans bruit malgré sa peur.

Il s'avança vers elle et se dressa de toute sa hauteur devant elle, après l'avoir contournée pour l'examiner. Il la fixa pendant un moment qui parut fort long à la jeune fille. Enfin, il sortit lentement son épée de son fourreau dans un long bruit d'acier dans le silence. Il vint la placer sous le menton de Laïta et lui fit lever la tête.

Il portait de belles bottes de cuir noir, ainsi qu'une tunique noire et une cape très ample qui descendait jusqu'à ses chevilles, faites de velours noir. Le regard de Laïta remonta le long de son épée noire, et découvrit l'homme qui s'était approchée d'elle la veille. Des cheveux d'ébène ondulés et mi-long encadraient son pâle visage pâle. Un diadème d'argent ceignait son front. Il avait un long nez, un petit triangle de poils sur le menton, et sous d'épais sourcils noirs, des yeux noirs scrutaient sinistrement l'elfe.

« Une belle jeune esclave, fit-il en retirant sa lame et en faisant glisser sa main le long de sa mâchoire. »

Laïta fit un brusque mouvement de tête pour se libérer. Il la gifla, puis lui fit relever la tête et l'examina d'un air sévère.

« Hum…Attachez cette créature à mon trône ! »

Un instant plus tard, Laïta se retrouva à terre, adossée au côté droit du trône, bien trop serrée par d'horribles cordes qui râpaient et brûlaient sa peau douce.

« Laissez-nous seuls à présent, ordonna-t-il, fixant toujours l'elfe. »

Les gardes sortirent. Et Laïta regarda la grande porte se fermer, puis baissa la tête.

L'homme se laissa tomber dans son fauteuil. Il soupira.

« Alors, mon enfant… »

En s'accoudant, il se pencha vers elle.

« Je suppose que le vieillard avec qui le garçon habitait t'a parlé de moi et t'a expliqué de quoi il était question ici…D'ailleurs, je l'enfermerai, lui et l'autre, ou les ferai pendre lorsque j'en aurai le temps. Je préfère m'occuper de toi, pour l'instant. »

Laïta détournait la tête elle donnait l'impression de ne pas écouter, mais en vérité, ces paroles la transperçaient comme une lame acérée jusqu'au cœur.

« Eh bien, ma jolie, tu as peur de moi ? Hum….Je pourrais bien te donner des raisons d'avoir peur. Mais j'aime lorsqu'on me craint. »

Il y eut un instant de silence absolu.

« Que voulez-vous de moi ? demanda Laïta d'une petite voix peu sûre.

-Ce que je veux de toi ? Beaucoup de choses…Mais tout d'abord des réponses à certaines questions…Donne-moi ton nom. »

L'elfe n'avait aucune envie de parler, et encore moins de répondre à ses questions.

« Réponds-moi. Ou tu risques de le regretter. Quels est ton nom ? insista-t-il sévèrement.

-Alveya.

-Vraiment ? fit-il d'une voix douce. Le métier de ton père ?

-Il est forgeron.

-Celui de ta mère ?

-Ma mère est couturière.

-As-tu des frères ? Des sœurs ?

-Je suis fille unique.

-Etais-tu seule dans la forêt ?

-Oui. Pourquoi me posez-vous toutes ces questions ? En quoi cela vous avance-t-il ? demanda-t-elle d'une voix faible.

-A savoir jusqu'où peut aller ton mensonge. »

Laïta ne dit rien.

« J'en sais plus sur toi que tu ne le crois. Je connais les réponses à toutes les questions que je t'ai posées.

-Comment se fait-il…

-N'as-tu jamais regardé plus loin que les apparences ? Mais il est trop tard, tu ne rentreras pas chez toi, maintenant que l'un de nous te tient…

-Que voulez-vous dire ? »

Mais Rhald ne répondit pas.

« Où est Lusulien ? Que lui avez-vous fait ? Ne puis-je le voir ? »

L'homme eut un petit rire.

« Je crains fort, ma chère, que tu ne le reverras plus jamais. Il se repose dans son cachot, et j'ai interdit à tout le monde de le déranger. Je vais le laisser se dessécher là, et lorsqu'il aura appris la leçon…oui, peut-être lui montrerai-je le fruit de ses erreurs, autrement dit…ce que tu seras devenue ! Et ensuite…hum…peut-être le tourmenterai-je encore un peu, avant de l'écarteler ou de le pendre…

-Non !

-Quant à ton très cher frère…

-Ne le touchez pas ! »

Il se rit d'elle. La raillerie dans son ton approchait de son apogée, et il parlait de plus en plus fort.

« Oh ! Quel courage ! Sache que ce n'est pas toi qui m'empêcheras de lui offrir un traitement digne d'un jeune homme de qualité comme lui ! Vous ne vous reverrez jamais ! Ou peut-être dans tes dernières minutes, lorsque tu n'auras plus la force de lui parler ou de lever le regard vers lui ! Lorsque, bardé de chaîne, il te regardera mourir ! »

Il ricana très fort, encore et encore, alors que Laïta remuait, se tortillait comme pour se débattre des cordes qui la serraient de plus en plus fort.

Rhald la laissa là, seule, le restant de la matinée et toute l'après-midi, dans cette pièce obscure et étouffante, attachée et affamée, anxieuse et horriblement tourmentée.

Comment la Communauté pourrait-elle savoir qu'elle était ici ? Et comment entrerait-elle dans la forteresse ?

Si cet homme était au service du Maître, il le préviendrait de sa présence ici, ainsi que de celle de la pierre. Et si elle échouait face au Maître, que penserait-on d'elle ? Laïta craignait le regard des autres. Elle décevrait des peuples entiers en les plongent dans le drame. Les conséquences de ses échecs pourraient être catastrophiques. Mais surtout, elle avait peur de décevoir tous ceux qui l'avaient épaulée, aidée, qui avaient fait tant d'efforts pour qu'elle puisse mener à bien sa quête. Gandalf …Aragorn… Et la Communauté qui avait pris tant de risques !

Elle pensait aussi à Legolas. Si jamais Rhald s'emparait de lui, il mettrait sûrement ses idées démoniaques à exécution. Il se divertirait de la faire souffrir. Même si Legolas était fort, Laïta pensait qu'il ne pourrait tenir tête à Rhald très longtemps, ce qui la noyait davantage dans cet océan de craintes intenses.

Et puis, il y avait Lusulien. Rhald, cet homme infâme, l'avait sûrement torturé pour obtenir quelques informations utiles au piège qu'il lui avait tendu. Et maintenant, il était incarcéré dans une odieuse cellule. Laïta se sentait horriblement coupable de tous les maux qu'elle causait, rien que par sa propre présence. Elle ne pouvait se résoudre à tous les laisser choir dans les abîmes de la souffrance et du désespoir.

Mais elle chutait elle-même dans ces abîmes. Malgré la détermination qu'elle voulait s'imposer, elle voyait davantage de chances que tout ceci se termine tragiquement que d'une manière heureuse.

Rhald revint en fin de soirée, par une discrète petite porte de bois devant elle. Il s'avança d'une démarche assurée et s'assit sur son trône.

« Alors, ma jolie…Tu semble nager dans le bonheur ! »

Il rit.

« Tu n'es pas assez grasse pour que je puisse te donner en amuse-gueule aux orques. Tout d'abord, tu vaux bien moins que cela. Ensuite, je n'ai pas envie de perdre mon temps à t'engraisser comme une oie et à te bourrer jour et nuit de graisse et de sucreries jusqu'à ce que ton mal de ventre te traîne par terre en te faisant gémir. Ce serait très amusant, pourtant. Mais il te faut une fin beaucoup plus abominable. »

Il prit une des longues boucles de la belle chevelure de Laïta qui descendaient, hors des cordes, jusqu'au sol, et joua avec.

« En ce qui concerne ton frère, je ne me suis pas encore tout à fait décidé…mais, pour sûr, je le ferai souffrir jusqu'à ce que sa chevelure d'or soit noire de crasse et qu'il se traîne à mes pieds en me criant d'en finir. Peut-être le rouerai-je de coups et le fouetterai-je tous les jours à l'en couvrir de contusions et de cicatrices - que je rouvrirai avec plaisir ! Il hurlera de douleur, ah ça, oui ! Surtout lorsque j'enfoncerai mon poing dans son ventre ! »

Laïta tourna vivement la tête les larmes ne tarderaient pas à couler.

« «Eh quoi ? Penses-tu que je me briserai le poing sur ses abdominaux si artistiquement bien dessinés ? »

Il ricana.

« Et j'oubliais bien sûr la torture morale, dont je suis un grand spécialiste, comme tu auras l'occasion de le constater durant ton séjour ici. »

Il lâcha la boucle, et ouvrit le petit sac de l'elfe.

« J'ai trouvé dans ton sac des choses fort utiles, ainsi que des choses sans intérêt…comme ceci par exemple. »

Laïta tourna la tête. Rhald souillait de ses mains la petite flûte-qui, comme son sac, la suivait partout- que lui avait offert son frère. A cette pensée, les larmes montèrent, plus nombreuses. Tous ces bons moments passés avec lui, à apprendre à en jouer ! Bientôt, plus personne en ce monde ne s'en souviendrait.

Rhald rangea la flûte, et sortit une petite une petite boule de verre.

« Qu'est-ce que ceci ?

-C'est…c'est une idilla, répondit la jeune fille d'une voix affligée.

-Et alors ? dit-il, voyant qu'elle ne continuait pas. »

Elle n'avait aucune envie de développer, et cet homme la dégoûtait.

« Tu sais ce qu'il se passera si tu ne réponds pas…, intima-t-il en caressant son fouet.

-Elle…elle sert à indiquer le jour, la nuit, et parfois le temps qu'il fait.

-Ah oui ? Eh bien, je me demande où tu as bien pu l'acheter ! Je ne vois rien ! Cet objet est aussi ridicule que toi et sans aucune utilité ! »

Il la jeta à terre avec violence, comme un enfant capricieux rejetant un jouet ne lui convenant pas. L'idilla se brisa en mille morceaux de verre.

« Non ! cria Laïta. Comment avez-vous pu… !

-En le jetant, évidemment ! »

Il rit. Cet objet que Laïta avait fabriqué elle-même et qui lui était si précieux venait d'être brisé par un homme odieux.

« Oh non…se lamentait l'elfe tout bas.

-Qu'avons-nous ensuite…ah, oui ! »

Il sortit une petite enveloppe cachetée, qu'il ouvrit. Il lut à haute voix.

Elessar,

Laïta Vertefeuille, fille de Thranduil d'Eryn Lasgalen, vous portera cette lettre comme preuve de non-imposture. Je l'ai convaincue qu'elle tiendrait une place importante dans cette quête. Mais je n'ai pu lui en dire davantage, une puissance, qui me reste inconnue, a rendu les autres traits de cette prémonition trop vagues. Je mets toute ma confiance en vous pour la garder des dangers, et aussi lui apprendre à se défendre.

Emportez avec vous la bénédiction des elfes et des étoiles, qu'elles vous préservent des malheurs et éclairent les sombres routes que vous emprunterez.

Elrond

La lettre ! Laïta avait complètement oublié de la remettre à Aragorn!

« Ah ! La dernière phrase de cette lettre est aussi jolie et musicale que l'écoulement d'une cascade aux mille gouttes d'or ! Tu as entendu ? En parlant ainsi je passerais inaperçu parmi les elfes ! Bien que je préfèrerais …semblable au doux tintement des chaînes qui enserrent les petits poignets de ma prisonnière ! »

Il fit une pause.

« Hum…Un grand poète, ce roitelet d'Elrond qui se terre dans sa vallée et qui est bien trop vieux pour se battre ! Tous les contes ne sont que des mensonges. C'est un couard ! Comme ton père ! Je leur réserve d'ailleurs un petit quelque chose qui leur fera très plaisir… »

Laïta n'avait jamais senti une colère aussi intense l'emplir. Sa respiration s'accélérait alors que Rhald parlait.

« Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi immonde, irrespectueux, cruel et méprisable ! »

Rhald se leva et vint lentement se placer devant elle avec un air sinistre et menaçant. Laïta passa de la colère à la crainte.

« Si ton père avait eu la moindre trace de courage, il se serait déplacé pour veiller à sa sécurité, et serait en ce moment-même à mes portes à réclamer un duel contre moi. »

Laïta baissa la tête Rhald ne mentait pas tout à fait.

« Gardes ! cria-t-il. »

Les gardes entrèrent.

« Enfermez cette créature aux oreilles difformes dans le plus sombre, le plus humide et le plus nauséabond cachot que vous pourrez trouver ! Et n'oubliez pas les fers ! »

Les gardes vinrent détacher Laïta. Puis ils l'emportèrent, et alors qu'ils s'approchaient de la porte, l'elfe regarda en arrière les morceaux de son idilla étaient répandus, brillants à la lumière du feu, aux pieds de Rhald, et son sac était posé sur le trône. Ses yeux se posèrent en dernier sur l'homme. Il la fixait de son regard noir où dansait la flamme. Il semblait bien décidé à lui faire vivre le plus horrible de ses cauchemars. Ce n'était que trop vrai.