Encore une fois merci à l'honorable Aliena Wyvern et Syrene-t pour leurs reviews et leur conseil.
Bravo à Syrene-t pour avoir trouvé la référence à Galadriel. Je n'en mettrai pas dans ce chapitre.
Ce chapitre sera essentiellement écrit du point de vue de Thorin.
Une dernière information: je pense que je terminerai cette fiction avant Dessine-moi comme une de tes françaises car je ne saurais pas écrire deux fics en même temps.
Et maintenant bonne lecture.
Chapitre 5
L'exigence de liberté est une exigence de pouvoir.
John Dewey
Thorin et Aurore avaient remonté tous les escaliers pour arriver dans la salle du trône. Ce n'était pas une salle à proprement parler, mais une terrasse au sommet d'une immense colonne de jaspe verte lisse et brillante rehaussée de gravure en or. Aurore suivait Thorin comme son ombre, aussi muette et silencieuse, obligée par le bracelet. Le roi s'assit sur le trône de pierre glaciale. Au dessus de lui, une imposante stalactite veinée d'or pendait, tel une épée de Damoclès. Sans plus se préoccuper d'Aurore, il observa la cavité octogonale dans le dossier du trône. Ses bords étaient recouverts de feuilles d'or et gravé de runes naniques. Il en caressa les contours. Il ne ferait pas la même erreur que son grand-père Thor. Sa chasse serait mobile et il s'assurerait qu'elle demeure toujours à ses côtés.
Thorin préférait penser à Aurore en tant qu'objet. Cela lui évitait la souffrance de lutter pour conserver toute sa raison. Il était tellement plus facile de se laisser aller à écouter la berceuse de la folie, comme un petit enfant effrayé qu'on endort. Et Aurore ne pouvait pas le torturer en l'exhortant à se reprendre. Il ne lui avait pas donner de nouvel ordre depuis qu'ils étaient arrivés dans la salle du trésor et elle ne pouvait pas parler sans son autorisation. Elle était juste là, avec lui, sur l'esplanade du trône, comme une servante attendant le bon vouloir de son maître. Il risqua un regard vers elle, non qu'il en avait peur et n'osait pas la regarder dans les yeux, mais il ne voulait pas qu'elle puisse croire qu'elle avait une quelconque importance à ses yeux. Elle se tenait droite, la tête haute mais sans être arrogante. Ses cheveux blonds lui faisaient comme une couronne de lumière qui illuminait tout son visage et qui lui donnait une aura de puissance.
Comment avait-il pu la comparer à une servante? Elle ressemblait bien trop à une reine à son goût. Une partie de lui pensa avec regret que c'était ce qu'elle aurait pu être. Mais le visage amer et sombre de la jeune femme qui exprimait ainsi son ire envers sa personne lui inspirait peine et colère. Il voulait qu'elle cesse de le regarder ainsi, comme s'il se trouvait devant Mahal en personne. Il voulait qu'elle se retrouve dans une position de faiblesse, comme lorsqu'elle lui était apparue. Ainsi, il aurait eu le beau rôle: il serait devenu son protecteur et son champion. mais le léger avantage qu'il avait eu sur elle avait disparu quand le bracelet s'était refermé sur son poignet gracile. Il pensait la contrôler, l'enchaîner et maintenir sa position dominante. Jamais de sa vie, il ne s'était autant trompé. Autant elle s'était retrouvée limitée dans ses mouvements et ses actes, autant son esprit qui se manifestait par son regard et l'expression de son visage semblait avoir gagné en indépendance. Son silence qui était à l'origine une contrainte, était devenue sa meilleure arme car il torturait le Roi sous la Montagne. Aurore ignorait que Thorin portait un bracelet identique au sien. Cela était nécessaire s'il voulait pouvoir la contrôler. Le métal lui permettait de transmettre sa volonté, mais en contrepartie, il ressentait aussi chaque fluctuation de l'esprit de la jeune femme. Et il sentait qu'elle luttait avec une férocité qu'il n'avait pas soupçonné.
"Venez devant moi." ordonna-t-il
Aurore s'avança sans un bruit devant le trône, sa robe étincelant dans la lumière naturelle qui baignait la salle du trône, drapant son corps comme une armure fluide tandis que le collier commandé par Thranduill brillait de milles feux. Avec sa peau pâle, elle donnait l'impression de n'être faite que de lumière, comme si elle était une déesse. Il se souvint qu'elle n'avait plus baissé la tête devant lui depuis qu'il lui avait mis ces bijoux semblable sur elle à des fers de prisonnier. Il avait perdu le respect de la jeune femme après celui de la Montagne Solitaire. Cela provoquait chez lui une honte qui vint alimenter son ressentiment envers Aurore. Elle le regardait sans ciller des yeux. Jamais plus elle ne serait impressionnable. Non, elle serait désormais aussi dure que le minerai qui se cachait sous la peau de pêche qu'elle avait revêtu. Dans son regard, il ne lisait ni haine, ni colère juste de la déception comme s'il n'était qu'un enfant qui n'avait pas voulu saisir la seconde chance qui s'était offerte à lui. C'était plus qu'il ne pouvait en supporter.
"Assise."
L'ordre venait de claquer comme un fouet dans l'air. Il allait lui faire regretter ce regard.
Aurore obéit sans montrer quoi que ce soit. Mais elle s'assit aux pieds de Thorin de manière à donner l'impression non pas qu'elle se pliait à un ordre mais qu'elle suivait son bon vouloir et que dans sa grande mansuétude, elle accordait une faveur au Roi sous la Montagne. Elle ne le laisserait pas devenir un tyran. Et Thorin avait parfaitement conscience du jeu qu'elle jouait. Il ruminait sa rage. Sa colère l'aveuglait et lui faisait désirer les pires sévices à infliger à la jeune femme. Aurore devinait ce qui traversait son esprit et elle souffrait de voir un être aussi noble et valeureux que Thorin s'avilir de cette manière. Mais elle ne céderait pas devant lui, sinon il ne connaitrait plus de limites.
Thorin lui offrit soudain un sourire qui réveilla chez elle un instinct d'alerte. Sans savoir d'où lui venait cette répulsion, elle comprit ses intentions.
"Distrais-moi." susurra-t-il en se penchant sur elle pour caresser la courbe de sa joue.
Il n'avait pas besoin d'en dire plus. Tout était implicite et Aurore était profondément déçue. Elle banda toute sa volonté pour résister à l'ordre. Le métal du bracelet se mit à chauffer de plus en plus contre sa peau. Mais elle préférait cette souffrance au déshonneur qui résulterait si elle lui cédait. Son corps tremblait, déchiré qu'il était entre l'obligation d'obéir et sa volonté de résister. Thorin haussa un sourcil, furieux en sentant le métal qui commençait à brûler sa peau:
"Je t'ai donné un ordre." lui rappela-t-il d'une voix impérieuse.
Quelque chose dans le maléfice du bracelet céda sous sa poussée et celle d'Erebor qui lui venait en aide. Elle se sentit immédiatement plus légère. C'était comme une bouffée d'oxygène quand elle put ouvrir la bouche de son propre gré.
"Cessez cette folie, Thorin." le réprimanda-t-elle
Elle se releva immédiatement tout en continuant de lutter contre la magie du bracelet qui refluait violemment vers elle. Thorin fut cependant plus rapide et lui agrippa les deux poignets pour l'empêcher de se redresser totalement.
"Toi et Erebor m'appartenez! Je suis le Roi sous la Montagne!" cria-t-il en la secouant sans ménagement
L'écho amplifia sa voix déformée par la colère. Mais il en fallait plus que ça pour déstabiliser la jeune femme.
"Vous nous avez trahies. Nous sommes tout à fait en droit de vous chasser d'ici. Ne nous poussez pas à le faire."
Pour l'avertir, Aurore et Erebor firent trembler la montagne. Une fissure apparut sur le trône et des morceaux de pierre tombèrent des hauteurs, certaines aussi grosse que le buste de Thorin. Aurore l'incendiait du regard, sans s'inquiéter de prendre un morceau de roche sur la tête.
"Erebor avait raison. Votre lignée ne sait apporter que tristesse et désolation. C'est de vôtre faute si votre peuple est mort. C'est à cause de vos ancêtres que j'ignore qui je suis, que j'ai été privée de la vie qui devait être la mienne!"
Aurore ne criait pas. Elle parlait avec fermeté et assurance, certes mais sans élever la voix. Et c'était plus terrible encore car elle restait maîtresse d'elle-même. Tout aspect de faiblesse chez elle avait disparu. Rien ne pouvait l'arrêter, rien ne la retiendrait.
"Et vous...je vous avais offert le soutien et le pouvoir d'Erebor sans aucune contrepartie car j'avais foi en vous. Mais vous avez préféré la méfiance une fois de plus. Vous pourriez être un grand roi, mais je ne vois qu'un misérable avare. Vous n'êtes pas Roi sous la Montagne, vous ne pourrez jamais l'être si vous persistez dans votre folie!"
Thorin poussa un rugissement effroyable qui n'avait plus rien d'humain et se jeta sur elle, l'épée au poing. Il tenta de lui trancher la gorge mais Aurore attrapa la lame à pleines mains et sans se soucier du sang qui coulait de ses paumes, elle repoussa l'arme et obligea Thorin à la lâcher pour éviter d'avoir le poignet brisé. Mais il n'abandonna pas la lutte pour autant et voulut l'étrangler. Cependant Aurore avait anticipé son mouvement et s'était reculée. Au dernier moment, elle se mit hors de sa portée. Mais elle n'avait pas vu qu'elle était aussi près du bord.
Thorin eut un regard surpris en tombant dans le vide.
"Non!" cria-t-elle en attrapant in extremis la main du Roi
Cette dernière glissait. Aurore sentit sentit sa prise lui échapper peu à peu.
"Vous n'allez tout de même pas vous laissez mourir pour prouver votre supériorité! Faites un effort!" le conjura-t-elle
Thorin attrapa sa deuxième main. Aurore dut se mettre à plat ventre pour ne pas être emportée par le poids du nain mais inévitablement, elle se sentit attirer peu à peu vers le gouffre. Le nain essaya de remonter et de s'agripper au rebord de pierre mais engoncé dans sa cape de fourrure, il ne parvint qu'à retomber dans le vide et le choc fit glisser avec lui Aurore. Leurs regards se croisèrent tandis qu'ils chutaient dans les profondeurs d'Erebor.
Roulement de tambour...
A bientôt pour la suite. En attendant chères lectrices, j'attends vos avis. Dites vous que j'ai peiné pour vous poster ce chapitre: ma batterie m'a lâchée quand je recopiais ce chapitre et j'ai dû tout refaire.
