Chapitre 6
Abriel était confortablement installé sur le banc en bois dans la petite clairière qui se trouvait au milieu de la forêt. Il regardait le paysage et tout comme son amant, c'était son endroit favori pour faire le point sur les situations de crise, qui à ce moment-là n'était autre que la menace faite par le vieux conseiller. Il ne savait pas comment annoncer à Eolas qu'il devait mettre un terme à leur relation sans pouvoir lui expliquer la réelle raison et surtout sans lui faire de mal. Lui mentir ? Non, Eolas le connaissait par cœur et devinerait tout de suite qu'il lui cache quelque chose. Tout lui révéler ? Lui expliquer l'ultimatum d'Ohtar ? Connaissant le prince et son caractère, il ne valait mieux pas. Que faire d'autre ? Continuer à l'éviter et à l'ignorer ? Non, il méritait une explication, même si elle était fausse.
Mais avant tout, et surtout, être obligé de se séparer de l'homme qui contait le plus à ses yeux le brisait de l'intérieur, au plus profond de son âme. Juste l'idée de ne plus croisé son regard si doux et sauvage à la fois, de ne plus sentir son parfum si enivrant et surtout de ne plus avoir avec lui ces longues conversations philosophique qui pouvaient durer plusieurs heures sans s'en rendre compte lui suffit pour laisser couler quelques larmes le long de son visage devenu pâle à présent.
Les feuilles des arbres dansaient autour de la plaine et son regard était comme hypnotisé par cette douce valse qui se déroulait tout autour de lui. Le guerrier détacha les yeux de ce merveilleux paysage pour se poser sur le jeune prince qui s'approchait dangereusement vers lui les points fermés et le visage nettement assombrit par la colère :
-C'est quoi ton satané problème à la fin, Abriel ?!
- De quoi parles-tu ?
-Tu te fou de moi ?! Depuis la dernière réunion du conseil tu m'évites ! Tu fais comme si je t'étais complétement indifférent !
Abriel se leva et se dressa devant lui avant de serrer la mâchoire et de lui souffler d'un air franc :
-C'est peut être parce que tu l'es.
Eolas le sonda d'un regard indéchiffrable. Il plongea ses yeux dans les siens avant de poursuivre avec une voix affaiblie par la peur et par la tristesse :
-Tu…Ne m'aimes donc plus ?
-Je ne t'ai jamais aimé Eolas ! Tu ne comprends donc pas ? Tu n'étais qu'une simple distraction, un simple jeu pour moi et rien d'autre. A présent, tu ne m'intéresse plus. Tu ferais bien de te faire une raison, oublie-moi.
A ces mots, Abriel bouscula légèrement le prince qui lui bloquait le passage et se dirigea vers le sentier qui menait hors de la forêt. Dès qu'il fut partit, Eolas s'écroula sur le sol encore humide de la rosé du matin. Il n'arrivait pas à y croire. C'était impossible, cet homme qu'il considérait comme son Unique ne pouvait pas lui avoir dit ça. Apres tout ce qu'ils ont vécu ensemble, il ne pouvait pas être qu'un simple jouet pour lui. Son amour pour Abriel était sincère et pur : il l'aimait depuis toujours, et depuis toujours il n'y avait que lui dans ses pensées, dans son cœur, il n'y avait que lui dans sa vie. Il était pétrifier, son corps ne lui répondait plus. Le prince était comme mort, il avait l'impression que son cœur c'était détacher de sa poitrine et les mots employer par Abriel tournait en boucle dans son esprit au point de le rendre presque fou. L'incompréhension de ces mots le rendait fou et une multitude de questions tourbillonnaient dans sa tête. Disait-il la vérité ? Est-ce qu'il lui a vraiment mentit depuis le début ? Se jouait-il de lui alors que lui il l'aimait vraiment ? Comment savoir ? Comment en être sur ?
Fëor et Mëor se dirigeaient vers la forêt qui séparait le royaume d'Opal et celui du roi Galadriel pour s'assurer qu'il n'y est aucune trace de gobelin comme Thalion le leur avait ordonné quelques jours auparavant. Les deux guerriers avaient été formés au combat dès leur plus jeune âge tout comme les autres membres de la compagnie du roi, mais également le roi lui-même. Ils avaient tous été formés par Finnian et par conséquence ils sont tous devenu rapidement des grands guerriers. Fëor était le plus jeune des deux frères, il avait de court cheveux brun et une barbe naissante. Mëor qui était un peu plus grand que son petit frère avait le crâne rasé et contrairement à l'autre une longue barbe blonde. Malgré les liens du sang, ils avaient chacun un caractère bien différent, le plus jeune était plus doux et plus sensible, alors que le plus vieux avait un caractère plus cru et franc. Lorsqu'ils étaient enfants, il ne s'entendait pas très bien à cause de leur personnalités opposés, mais en grandissants les deux frères sont vite devenu inséparable.
Ils arrivèrent devant le sentier qui menait à la forêt et firent un bref arrêt avant de continuer leur route avant que Mëor ouvre la discussion :
-Alors dit moi, la princesse, tu la trouves comment ? Physiquement j'veux dire. Non parce qu'on va pas s'le caché j'me la ferai bien moi.
-Euh… Ce n'est pas trop mon genre on va dire.
-Ahhhh oui c'est vrai…Toi ton genre à toi c'est plutôt un petit script du nom de Parath. C'est vrai, c'est vrai… J'avais oublié…
Fëor manqua de s'étouffer par la surprise de la dernière phrase qu'avait prononcée son frère.
-Je… Je ne voie pas de quoi tu parles.
-Attends, tu rigoles là ? Si tu vas pas le retrouver dans ses appartements toutes les nuits pour son p'tit cul c'est pour quoi alors ?
-Ça ne te regarde en rien.
Mëor regarda son frère et ricana légèrement avant de continuer d'un air joueur :
-C'est bien ce que je disais : pour son p'tit cul.
Le plus jeune le sonda avant de prendre un air un peu sérieux puis de rire à son tour en secouant la tête de gauche a droite :
-T'es vraiment con.
-Mais, n'empêche, il faut bien reconnaitre que tu as de bon gouts en matière d'hommes… Ton mec est vr-
Mëor s'arrêta subitement et stoppa son frère en lui bloquant le passage à l'aide de son bras. Il le regarda en lui mettant un doigt devant la bouche puis en lui faisant signe de s'approcher doucement d'un des larges arbres qu'offrait la forêt. Ils s'avancèrent lentement vers celui-ci les mains prêtes à dégainer leurs armes. Ils arrivèrent à la hauteur de l'arbre en question et ils n'y trouvèrent qu'un petit animal. Fëor sonda son frère de bas en haut avant d'exploser de rire :
-Alors comme sa Mëor, le grand guerrier sans fois, ni loi, a eu peur d'un petit lapin inoffensif ?
-Tu veux pas la fermer un peu ?
Un rugissement sourd les stoppa et lorsqu'ils se retournèrent brusquement ils virent apparaitre un troll accompagné d'une dizaine de gobelins armés jusqu'aux dents. Le plus vieux donna un coup de coude a l'autre pour attirer son attention :
-Qu'un petit lapin hein… j'prends le troll, occupe-toi des gobelins.
Ils sortirent leurs épées en cœur pour ensuite se diriger chacun vers leurs cibles respectives. Le cadet partit en direction des plus petits comme son frère lui avait ordonné. Son arme à la main il n'eut pas de difficultés à décapités les premiers gobelins qui se jetèrent tête baissé sur lui. Les autres étaient malheureusement mieux entrainer que les premiers et se regroupèrent pour faire un cercle autour de Fëor afin de le bloquer tel un animal en cage. Le guerrier observa chacune des cinq créatures qui l'encerclé afin de trouver leurs point faibles qui étaient plutôt évidents : leurs tailles, leurs agilités, leur rapidités et leurs forces. D'un mouvement de bras il empala deux gobelins qui c'étaient avancer progressivement vers lui, puis continua avec les autres restant sans peine.
De son côté, Mëor utilisait son agilité pour contré son ennemi et le déstabilisé. Après plusieurs minutes, la créature se fatigua et baissa légèrement sa garde alors Mëor avait vu immédiatement, à cet instant-là, une occasion de le désarmé. Il était prêt à le perforer de sa lame mais son rival fut plus rapide et le repoussa brutalement à des centaines de mettre derrière lui. Le guerrier se releva avec du mal et marcha en titubant pour continuer le combat qu'il avait la ferme intention de gagner. Une foi arrivé devant le troll, il leva son arme pour le frapper d'un coup sec mais il la lâcha brutalement, comme si elle l'avait brûlé. Instantanément son regard se porta sur son bras et il se rendit vite compte que la lame de son adversaire lui avait transpercé l'épaule droite. Son sang coulait le long de celui-ci et ses vêtements en étaient déjà imbibés pour la plupart d'entre eux. Il constata rapidement que cette blessure ne lui sera pas fatal, mais malheureusement handicapante pour l'affrontement car c'est avec le côté droit qu'il tenait généralement son épée.
Il se baissa rapidement pour reprendre son arme de la main gauche mais le troll en profita pour lui donner un gros coup sur la tête à l'aide de son poing et Mëor sentit son corps l'abandonner quelques instant avant de reprendre connaissances quelques secondes plus tard et de voir la créature sur lui prête à le tuer avec sa propre épée. Lorsque la bête leva son arme et alla frapper, il croisa son regard qui contrairement à ce que le guerrier attendait, était surpris, horrifié même pétrifié et non pas fière. C'est ensuite qu'il comprit quand il remarqua que le troll avait une épée logé dans son abdomen et que son sang gisais partout sur le sol. La créature tomba en arrière pour donner son dernier souffle et c'est alors que l'ainé vit son frère apparaitre :
-Ça va aller ?
-Oui… Je pense…
-On dirait que je suis arrivé juste à temps.
-Je me débrouillais très bien sans toi, j'te signal.
Fëor soupira tout en roulant des yeux et lui répondit :
-Toi et ton égo surdimensionné…
Il aida son frère à se relever puis il passa son bras autour de sa taille pour l'aider à marcher et ils se dirigèrent ensuite vers le sentier pour faire un saut à l'infirmerie avant d'aller alerter Thalion.
