Coucou ! Je sais, il est plutôt minuit que vraiment mardi, mais si vous regardez votre calendrier... Je suis toujours impatiente de poster de nouveaux chapitres, de lire vos retours. N'hésitez pas à en poster, même en invité ! Vous ferez une heureuse, et je vous répondrai à coup sûr. D'ailleurs, réponse aux invités :

Lou lovegood : Merci pour tous tes compliments ! Tu vas pouvoir en apprendre plus en lisant ce chapitre. Je pense qu'il en surprendra quelques-uns ! Je dois avouer qu'il m'a moi-même surprise et pourtant, c'est moi qui l'écris ! Bonne lecture :3


Au matin, tous les Uchiha, à l'exception d'Itachi, en fuite, et de Sasuke, traumatisé, étaient morts. Je fus horrifiée en l'apprenant, horrifiée surtout d'avoir un peu oublié que cet évènement viendrait. Je savais que c'était l'un des éléments déclencheurs des évènements du canon, mais j'avais établi très vite que, contre celui-ci en particulier, je ne pouvais rien.

Le clan Yûhi était affilié au clan Uchiha. Mon arrière-grand-mère était une Uchiha – son mariage avec un Yûhi avait marqué l'union de nos clans. Nous assistâmes donc aux funérailles. C'était… Triste. Je repérai très vite Sasuke devant les cercueils de ses parents, une ligne de moines ninjas du Temple du Feu stoïquement dressée derrière lui. Ils mettraient le feu aux cercueils quand l'oraison serait terminée.

L'oraison était un problème, je le savais. Je connaissais assez Sasuke pour savoir qu'il voulait parler mais ne savais pas comment mettre des mots sur ses émotions, sur l'amour, sur le manque. Heureusement, je pouvais faire quelque chose pour ce problème, et cette offre de paix lui ferait sans doute du bien. Obéissant à la douce impulsion donnée par ma mère, je m'avançai discrètement vers lui.

Je ne le touchai pas, ne pris pas la parole. J'attendis juste à côté de lui jusqu'à ce qu'il se tourne vers moi, et à ce moment-là, avec un sourire triste, je lui tendis une feuille pliée en quatre, couverte de mon écriture des deux côtés. Je lui avais écrit l'oraison funèbre que ses parents et les autres méritaient, parce que j'avais été si douée avec les mots lors de ma vie précédente, parce que c'était tout ce que je pouvais lui offrir à cet instant.

Je restai près de lui alors qu'il lisait ce que je lui avais écrire de sa petite voix tremblante d'enfant. Quand des larmes étranglèrent sa gorge, je posai une main douce sur son avant-bras pendant un instant. Je savais qu'il puisait de la force dans ce genre de petits contacts brefs et ténus. Nous nous étions beaucoup rapprochés ces trois dernières années, entre rivalité badine et franche amitié. Je connaissais mieux ses parents que certains Nara, parce que j'avais passé un certain nombre d'après-midis chez Sasuke à travailler ma calligraphie et à réviser l'histoire avec lui. J'avais connu Itachi, aussi, et vu les tourments grandir dans son regard au fil des dernières semaines. J'aurais dû savoir que ce moment était proche. Mais qu'aurais-je pu faire ?

Quand ce fut fini, quand la dernière flamme des bûchers funéraires se fut éteinte, Maman nous rejoignit et nous serra tous les deux brièvement dans ses bras. Sasuke la laissa faire : il l'appréciait plus qu'un simple professeur. Avec grâce, elle s'agenouilla devant nous. Je tenais la main libre de Sasuke dans la mienne, mon pouce traçant des cercles que j'espérais réconfortants sur la peau pâle. Maman le regarda dans les yeux, lui caressant doucement les cheveux.

— J'ai parlé au Hokage. Tu vas venir vivre avec Hitomi et moi désormais, Sasuke. Je sais que cela n'apaisera pas la douleur de ta perte, mais il est hors de question qu'un membre de ma famille vive comme un orphelin si je peux y faire quelque chose.

Sasuke ne protesta pas et ne fit pas le moindre geste de colère. Je me demandai si, dans le canon, Kurenai avait également approché le Hokage. Si oui, comment se pouvait-il qu'elle ait échoué ? Peut-être était-ce le fait d'être, dans cette version de l'univers, elle-même maman qui lui avait donné la force de faire plier le Hokage. Peut-être Itachi avait-il prévu son geste et fait pression sur le Hokage. Je ne saurais sans doute jamais.

Dès lors, Sasuke fut un membre de notre petite famille. Ce n'était plus seulement Maman et moi, et parfois Papi, et parfois Oncle Shikaku et Shikamaru, il y avait Sasuke maintenant. Cela me convenait. La première nuit, il quitta sa chambre une heure à peine après le coucher pour venir se réfugier dans mon lit. Je l'accueillis avec plaisir : il y avait bien assez de place pour nous deux. Je le serrai contre moi jusqu'à ce qu'il s'endorme mais, avant cela, je dus plus d'une fois essuyer ses larmes.

Les premières semaines furent difficiles. Nous ne savions pas comment apaiser la tristesse, la colère et la peur de Sasuke. Ce fut ma mère qui soigna ses blessures. Elle connaissait un peu de ninjutsu médical et s'en servit afin qu'il n'ait pas à passer ne serait-ce qu'une nuit à l'hôpital. Elle veillait sur lui avec la férocité d'une maman chatte qui sait qu'un prédateur plus gros rôde là-dehors. J'aurais pu en être jalouse, mais je trouvais à m'occuper. Il y avait toujours à faire dans le monde des ninjas.

Notre quatrième année venait de commencer. Cela signifiait deux choses : nous commencions à apprendre des techniques de rang E… Et nous nous affrontions en cours de taijutsu. Pour ce qui était du ninjutsu, je surclassais même Sasuke : j'arrivais à comprendre comment fonctionnaient les techniques, ce qu'elle faisait au corps de celui qui les lançait, de celui qui les recevait. Le contrôle pointu que j'avais de mon chakra m'était d'une grande aide. Plus d'une fois, mon grand-père vint me transmettre les félicitations de l'Académie. J'étais si fière…

En taijutsu, les choses se compliquèrent un peu. Sasuke et Kiba était des adversaires complexes pour moi, mais le pire, c'était d'affronter Hinata. Je sentais la manière dont son chakra frappait encore et encore le mien et cela me donnait envie de fuir. C'était stupide. Je ne pouvais pas fuir. Je ne devais mon salut, contre elle, qu'à ma force et ma rapidité. En terme de technique, elle me surpassait. Le canon n'avait cessé de la dépeindre comme faible, mais c'était faux, tellement faux. Les bleus qui fleurissaient là où elle parvenait à me toucher le prouvait.

Souvent, les cours de duel où les forts affrontaient les forts jusqu'à ce que le meilleur gagne se jouaient entre Sasuke et moi. Si j'étais forte, il l'était plus que moi, mais j'étais la plus vive. Cela ne suffisait pas, cependant, pour m'assurer la victoire. Nous devions avoir gagné chacun à peu près une moitié de nos affrontements. Nous n'étions pas aidés par le fait de nous entraîner ensemble une dernière fois avant d'aller nous coucher, tous les soirs : cela nous rendait plus intimes avec la technique de l'autre, sa manière de bouger, à partir de quel moment il flanchait.

Mais j'avais soif de progrès. Si soif, en fait, que je me résignai à faire quelque chose que je n'avais qu'envisagé jusqu'alors, une chose fourbe dont je serais peu fière : un samedi matin, alors que Sasuke et ma mère dormaient encore, je me glissai en silence hors de la maison et, une fois à mi-chemin des terrains d'entraînement, j'utilisai la technique de métamorphose pour devenir une version plus âgée, adulte, de moi-même. Je m'étais entraînée des heures dans la salle de bain à effacer mes traits les plus caractéristiques, altérant le rouge cerclé de mes yeux pour un vert terne et lisse, modifiant ceux de mes traits qui criaient mon affiliation avec le clan Nara ou le clan Yûhi jusqu'à me perdre dans la multitude des ninjas de bas niveau de Konoha.

Satisfaite du reflet que je voyais dans la vitrine d'une boulangerie, je me dirigeai vers le terrain d'entraînement numéro 11 que Gai Maito semblait particulièrement apprécier. Il était venu une ou deux fois rendre visite à ma mère depuis que j'étais enfant, mais ils n'étaient pas vraiment amis, pas comme elle l'était avec Asuma, et elle ne retournerait pas au service actif avant trois ans, alors il y avait peu de chances qu'il reconnaisse ma gestuelle.

Comme je l'avais prévu, il se trouvait là, accroché à une barre suspendue à trois mètres du sol, occupé à faire des tractions. Malgré son goût esthétique plus que discutable, il avait une allure impressionnante, surtout quand ses muscles jouaient sous sa peau de cette façon. Je fis en sorte de m'approcher bien en vue, afin qu'il ne croie pas que je veuille le surprendre.

— Gai-san ?

Je dus m'écarter rapidement quand, entendant son nom, il sauta sur le sol. Il me fallut également effacer un mouvement de recul devant sa position de nice guy, mais je pris mon courage à deux mains pour formuler ma demande.

— Gai-san, j'ai appris que vous n'aviez pas la charge de Genins cette année, et j'aimerais améliorer mon taijutsu. Accepteriez-vous de me former lorsque j'ai du temps libre ?

Je crus pendant un instant qu'il refuserait… Et puis il me fit ce légendaire sourire éblouissant – oui, il était éblouissant, rien de moins ! – et je sus que l'affaire était dans la poche. Ce serait dur, d'autant que je n'approcherais jamais le niveau qu'il attendait de ses élèves, avec Lee comme exemple, mais si cela ne me permettait pas de m'améliorer, je ne savais pas ce qu'il me fallait.

Et vu ce qui m'attendrait quand j'aurais terminé mes recherches sur certaines arcanes des arts ninjas, j'aurais intérêt à savoir taper dur à ce moment-là.

Je passai les trois heures suivantes à courir. Sans arrêt. Dès que je faiblissais, il me forçait à reprendre, et bien vite, l'effort ne fut plus qu'une sensation diffuse de douleur mêlée à la chaleur que je faisais circuler dans mes jambes via mon chakra, jusqu'à ce que je m'écroule en vomissant. Cela ne m'était jamais arrivé dans ma vie d'avant, mais j'avais lu des choses sur ce phénomène. Je n'étais pas inquiète. Cela signifiait seulement que la première limite de mon corps avait été atteinte.

En m'écroulant dans l'herbe rase, je sentis le chakra se retirer peu à peu de mes membres. Je n'avais pas tout dépensé encore, mais j'avais mal, si mal que ma concentration sur la technique de métamorphose faiblit en même temps que mes muscles malmenés se relâchaient. En quelques instants, sous les yeux du professeur, je redevins une petite fille. Une petite fille honteuse que son mensonge soit découvert. N'osant pas redresser la tête, je m'agenouillai péniblement, échine offerte en signe de soumission. Le pire ne serait pas qu'il le dise à ma mère, non. Le pire serait que ma soif de progrès me coûte la chance d'établir une amitié avec un ninja extraordinaire.

— Tu ne croyais pas tromper un Jônin avec une telle supercherie, hm ? Allez, relève-toi.

Les lèvres pincées, je m'exécutai. Tout mon corps était en feu, même les endroits que la course n'avait pas sollicités.

— Je vais te montrer comment t'étirer pour limiter les courbatures. Ensuite je vais te ramener chez toi, et on va parler à ta mère de la ferveur de la jeunesse, hm ?

Je me sentis distinctement pâlir. J'avais laissé un mot sur la table pour dire à ma mère que j'allais m'entraîner, mais je ne lui avais dit ni comment, ni avec qui. J'avais de la chance qu'elle me laisse une grande liberté : je savais que jamais Sakura n'aurait pu partir de la maison un samedi matin sans autorisation. Mais n'en avais-je pas abusé en allant me frotter à un entraînement d'adulte ? Mon ventre se tordit douloureusement, et resta dans cet état jusqu'à la fin de la séance d'étirements, puis jusqu'à ce qu'on atteigne la maison. Il ne servait à rien de fuir.

Je m'attendais à un sermon, mais ma mère se contenta, en voyant mon regard tourmenté, de me prendre dans ses bras sur fond des couinements enthousiasmes de Gai. Elle comprenait mieux que quiconque mon besoin de contact, et le réconfort que j'y trouvais. Je me nichai contre elle du mieux que je le pouvais avec toutes ces douleurs.

— Ma puce, pourquoi es-tu allée demander à Gai-sensei de t'entraîner ? Tu es déjà l'une des meilleures élèves de ta classe, je ne comprends pas que tu aies besoin de plus.

Je me trémoussai nerveusement. Rien que d'y penser, je sentais mon cœur accélérer douloureusement. Je me sentais trembler de manière incontrôlable et je savais que, si je regardais dans un miroir, je verrais les ombres sous mes yeux, dont le contact était douloureux comme celui d'un hématome.

— Je… Je fais des cauchemars.

C'était la vérité, mais ce développement était plutôt récent. Depuis peu, mes connaissances du futur étaient devenues des cauchemars. C'était le prix que j'avais à payer pour mon attachement à ceux qui souffriraient dans les années à venir. Je connaissais chacune des blessures, chacune des pertes, chacun des deuils. Et j'étais impuissante.

— Je vois des choses dans mes cauchemars… J'ai besoin d'être assez forte pour affronter cela si cela devient la réalité, parce que ce que je vois est terrible et que des gens que j'aime vont mourir si cela se produit et que je ne suis pas assez forte pour l'empêcher.

J'étais effrayée par le son de ma voix en cet instant. Elle était frêle, tremblante, suppliante, et je savais qu'elle était à mon image. J'avais l'impression d'étouffer. Je m'accrochai aux vêtements de ma mère, tentant de calmer mes tremblements. Je haïssais la part de moi qui me sifflait que c'était le bon moment pour en parler, que je pouvais avouer avoir une connaissance partielle des évènements à venir et m'en servir pour accéder aux sommets. Je n'avais jamais été une serpentarde et je ne commencerais pas aujourd'hui.

— J'ai peur, Maman, et j'ai besoin de devenir forte pour ne plus avoir peur. Je t'ai entendue parler de Gai-sensei comme du plus grand spécialiste de taijutsu de Konoha, alors j'ai voulu… J'ai voulu…

La prise de ma mère sur moi se renforça. Ses mains frottaient mon dos, réconfortantes, et mon visage était niché dans son cou. Son odeur douce envahit mes sens et, peu à peu, je me sentis m'apaiser. Un peu trop. Mon esprit tenta de lutter quand je sentis un chakra qui n'était pas le mien me caresser la peau. Trop tard… Trop tard…

Je venais de connaître mon premier repos sans cauchemar depuis le massacre des Uchiha. Ce fut d'ailleurs Sasuke que je vis devant moi en me réveillant. Il avait les doigts perdus dans mes cheveux, et le regard pensif. Je me redressai lentement avec un grognement. Si ceci était une idée des courbatures auxquelles j'allais devoir m'attendre demain, il me faudrait beaucoup de coussins et beaucoup de glace. Comme s'il comprenait, Sasuke m'aida à me redresser.

— Pourquoi…

— Pourquoi Kurenai-san a fait ça ? Elle m'a dit que tu étais en train d'hyperventiler, alors j'imagine qu'elle a voulu t'apaiser avant que tu te fasses du mal.

Je laissai échapper un soupir. Je n'aurais pas cru que les crises d'angoisse me suivraient dans ce monde… Je me frottai la poitrine, incapable de réfréner une expression de douleur. J'avais toujours mal après une crise.

— Il se pourrait… Que j'aie un peu paniqué. Maman t'a dit autre chose ?

— Que Gai-san nous invite tous au resto ce soir !

Je soupirai en secouant la tête, mais ne pus m'empêcher de sourire. Ce n'était pas ce que j'avais voulu savoir… Mais pour Sasuke, la nourriture, c'était important. C'était le seul point sur lequel il était d'accord avec Naruto.


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! À la semaine prochaine, et n'oubliez pas que les reviews c'est tout doux !