-Tu as faim peut-être ? Il est déjà 21 heures !
Sur ce, Lucy partit précipitamment dans la cuisine en nous ordonnant de la suivre. Je la tannai pour essayer de savoir quelle était sa mission. Elle ne cracha pas le morceau. De temps à autre, pendant le repas, Happy me lançait des coups d'œil malicieux. Il se fichait de moi ou quoi ?...
Plus tard, elle me proposa de rester dormir chez elle au cas où. Au cas où quoi ? Lui avais-je demandé sans pour autant obtenir de réponse. Cette ignorance me torturait. Je voulais savoir, j'allais savoir. J'avais pris la décision de ne plus jamais avoir de mensonges dans ma vie et je comptais bien commencer dès maintenant. Néanmoins la fatigue l'emporta sur ma volonté et avant d'avoir pu sauver mon monde, je m'endormis.
A chaque nouvelle journée, un réveil différent. Il change selon les rêves de la nuit, paisibles ou agités, selon ce qui nous réveille, personne, téléphone, radio... Et ce moment de vulnérabilité où l'on sort de nos songes, détermine notre humeur. Pour moi, ce sera massacrante. En effet, lorsque je sentis une présence contre mon torse, cela me rappela mon chat, fidèle ami depuis que j'avais quitté la demeure familiale. Je serrai donc de mes bras cette chaleur rassurante et familière, profitant de cet instant de pure sérénité. Qui ne dura qu'une demi seconde. Je me rappelai trop tard que je n'étais pas chez moi. Ce n'était pas mon chat mais celui de Lucy. Et visiblement, il avait été largement influencé par le caractère pour le moins spécial de la famille.
Dès que le félin eut senti mon bras effleurer ses poils, il me sauta à la figure dans une position d'attaque ridicule. Ridicule mais efficace. Je n'eut le temps que de me protéger les yeux de mes mains. L'animal avait déjà atterri, souple, sur mon visage. Le démon m'avait alors marqué de ses griffes aiguisées. N'allez pas croire que je me laissai faire, loin de là ! Je me secouai, tel une bête enragée, pour essayer de déloger mon bourreau. Ma séance de torture prit fin lorsque Lucy arriva dans ma chambre. La vraie Lucy, celle qui avait 18 ans. Elle prit son chat contre sa poitrine, qui, toute trace de diabolisation envolée, ronronna sous les caresses de sa maîtresse. J'étais maintenant debout, complètement réveillé, en boxer, face à une hôte affichant un sourire moqueur. Encore.
« -Bien dormi ? demanda-elle.
-Comment as-tu su que ton chat me refaisait le portrait ?
-Je dirais que tes cris suraiguës y sont pour quelque chose...
-Je n'ai pas crié ! me défendis-je.
J'avais été tellement affolé que je ne m'étais même pas rendu compte d'avoir crié. Maudit chat !
-Oh que si ! Je les ai enregistré avant que ma sœur vienne récupérer Plume ! déclara, pas peu fière, Happy. »
Je vis dans sa main l'objet de ma honte. Sans réfléchir, je courus vers lui, dans un fol espoir d'effacer toute trace de ce matin de malheur. Happy, agile, esquiva. Je me lançai donc à sa suite à travers l'appartement de mon amie. Celle-ci, habituée aux débuts de journée agité, sourie et partie préparer le petit-déjeuner.
Après avoir conclu une trêve avec le jeune garçon, Lucy me proposa d'aller désinfecter mes plaies. J'acceptai de bon cœur, ravi d'avoir une occasion de lui parler sans son frère. Ce dernier ne nous laissa pas sans un « si vous ne vous dépêchez pas, je mange sans vous! » avertisseur.
La salle de bain était, comme le reste de son logement, très sobre. Pas de produits de beauté par centaines, pas de bijoux, pas de vêtements qui traîne et encore moins de sèche-cheveux ou lisseur. Il y avait seulement un savon sur le lavabo et une petite trousse de toilette sur un meuble. J'étais assis, en face du miroir, mais surtout en face de Lucy. Celle-ci me tournait le dos pour verser du désinfectant sur un coton. Elle fit volte-face, un sourire sincère aux lèvres. Étant sur une chaise, mes yeux étaient à la hauteur de la poitrine de mon amie. Je ne pus m'empêcher de rougir. Comparé à son « enveloppe » de jeune fille juvénile, son vrai corps ne laissait aucun doute quant à sa féminité. Et son pyjama n'arrangeait pas mon malaise. Elle avait dû venir à la hâte lorsqu'elle avait entendu mes cris. Il était constitué en tout et pour tout d'une chemise de nuit extravagante noire. Elle se pencha sur mon visage qui avait subi les foudres du fauve. Concentrée sur son travail, le front plissé, elle nettoyait les griffures, rapide et efficace. J'avais l'impression étrange qu'elle était habituée à le faire. En moins de cinq minutes, c'était fini.
« -Merci ! Je peux te demander quelque chose ? questionnai-je.
-Oui, bien sûr !
-C'est quoi ta mission ?
-Tu sais que tu es très énervant quand tu t'y mets ? soupira-t-elle.
-Allez, s'il te plaît ! suppliai-je.
-N'insiste pas ! Je veux bien répondre aux questions que tu te poses mais la seule à laquelle je ne peux pas, tu insistes ?!
-Très bien, très bien ! Une autre question ! Tu aimes les raviolis ?
Elle ne put se retenir de rire devant mon air sérieux. L'ambiance plus détendue, je me risquai à une question plus personnelle.
-Dis-moi, il est où Sting ?
-Il est retourné dans notre monde après qu'on se soit expliqués au collège...
-Que lui as-tu dit ce jour-là, après que je sois parti ? demandai-je, intrigué de sa réponse.
-A ce propos, tu as cru être discret derrière cette table ?
Non, ce n'est pas possible...Elle savait...
-Je...Enfin, tu...euh...
-Si ça peut te rassurer, je ne t'en veux pas. Après tout, tu es un homme normalement constitué...
-C'est sympa de me dire ça mais je ne suis quand même pas très à l'aise, là...
-On va le manger, ce petit-déjeuner ? Happy va tout dévorer sinon !
Je la remerciai d'un regard pour son tact. C'est soulagé que je rejoignis la cuisine. Vision cauchemardesque que j'eus le malheur de découvrir à mon jeune âge : Happy en train de manger. Ou plutôt d'engloutir. Je restai sur le seuil quelques instants.
-Happy !
Cette voix aiguë qui appartenait à mon amie me ramena de force sur Terre en face d'une scène inédite.
-Tu pourrais manger plus proprement ! s'exclama Lucy.
-Che' penshais que vous en auriez pour un moment, fit son frère d'une voix pataude.
-Ah oui ? Et pourquoi ça ? répliqua-t-elle durement.
-Ba...vous partez tous les deux presque nus dans la salle de bain... marmonna Happy dans sa barbe.
Perturbé, je réalisai qu'effectivement la situation prêtait à confusion.
-Bon, j'espère au moins qu'on est arrivés avant que tu ne dévores tout ! lança mon amie, changeant de sujet, ce qui était devenu une habitude.
-Je vous ai laissé une céréale chacun ! déclara le jeune homme, un immense sourire traversant son visage.
-Oh ! Merci Happy, mon petit frère adoré ! Bravo ! Je suis si fière de toi !
S'en suivit une effusion d'embrassades et de câlins entre le frère et la sœur. C'est à n'y rien comprendre. J'aurais fait la même chose qu'Happy, ils m'auraient regardés, blasés. En quoi nous laisser une SEULE céréale chacun était un exploit et un moment de bonheur intense ?
NDA :
Je ne sais pas Natsu, je ne sais pas ! ;) Bonjour à tous ! Un petit chapitre qui ne sert pas à grand chose, sinon d'avoir quelques explications et un peu de folie ! J'espère quand même qu'il vous a plu !
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