Blue Paralysia
Auteur : Angelscythe
Genre : Mystère
Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Yusei Matsui je ne fais qu'honteusement jouer avec
Chapitre 5 : Déverrouillage
Kayano enfila la tenue qu'elle avait scrupuleusement choisie en regardant la télévision. Elle ne pouvait s'empêcher de guetter les nouvelles sur Nagisa alors qu'elle avait hâte de pouvoir l'aider. L'aider en apprenant à des enfants à l'arrêter…
Elle entendit son téléphone sonner et s'empressa d'aller le décrocher. Elle le cala contre son oreille en se faisant un somptueux chignon.
- Allô ?
- Kayano-san ! C'est moi, Kanzaki.
- Kanzaki-san !
- Sugino-kun m'a annoncé que vous alliez travailler à Kunugigaoka dans la classe E ?
La jeune femme songea que Gakushuu leur avait rappelé qu'ils ne devaient rien dire mais que les choses avaient changées. En effet, il ne s'agissait pas de taire l'existence de Koro-sensei puisque chacun d'entre eux le savait et ne pourrait l'oublier même en y mettant tous les efforts.
- Oui ! Je suis contente, mais surprise, qu'il te parle ! Avoua-t-elle.
- C'est vrai qu'il évite toujours. Même avant-hier ! J'ai été un peu surprise mais…
La voix de la demoiselle s'était attristé ce qui frappa immédiatement Kaede.
- Ça ne va pas ?
- Tu n'as pas remarqué ? Souffla-t-elle. On a tous échoués… Quoiqu'on ait prévu de faire, on n'a pas réussi… Bien sûr Muramatsu-san et Yoshida-san ont repris les entreprises de leurs pères comme ils l'avaient prévus mais ils se promettaient des réussites, des clients, de l'argent et…
- Et rien. Murmura Kaede avec difficulté. Comme pour moi. Je suis actrice mais dans quoi…
- Lorsque nous étions dans la classe E, tout semblait possible. Nous n'aurions jamais cru pouvoir échouer. Nous pensions… que puisque c'était lui qui nous motivait…
La voix de Yukiko Kanzaki avait couaqué. Kayano s'en voulu de ne pas être près d'elle. Elle l'aurait volontiers serré dans ses bras et câliner. Mais elle était loin…
- Il croit possible l'espoir que tout redevienne comme avant. Peut-être que, cette fois-ci, il réussira. Positiva-t-elle. Je lui souhaite du fond du cœur.
- Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir !
- Bonne journée alors ! Rit-elle.
Kayano la laissa raccrocher puis fit de même. Elle observa son téléphone et songea à ce qu'elle venait de dire. Est-ce que Koro-sensei leur offrait la possibilité de réussir ? C'était pourtant eux qui avaient insisté pour rester et parler de Nagisa. Mais leur poulpe préféré n'avait pas eu besoin de les convier à refaire entièrement partie de la classe E. À voir Gakushuu, il se serait volontiers passé d'eux.
Elle sourit et décida de partir au supermarché, elle avait un peu le temps. Il fallait qu'elle remercie Koro-sensei !
Avec Tomohito, ils seraient un exemple et tout s'arrangerait sans doute pour tout le monde !
µµµ
Gakushuu s'éveilla, roula dans son lit et se figea en voyant l'heure sur le radio-réveil. Il se releva dans un sursaut.
- Mon réveil n'a pas sonné !
Il s'extirpa de ses draps et attrapa des vêtements.
- Ne sois pas idiot, pour une fois… Ce n'est pas qu'il n'a pas sonné, c'est que le poulpe l'a coupé.
- Coupé ?!
Le jeune Asano se glissa dans la salle de bain attenante.
- Il sait que je dois travailler ! Je ne vois pas pourquoi cet idiot…
- Tu passes devant chez Kaede. Grogna la forme dans le lit.
- Tu sais, espèce d'imbécile, qu'il sait qu'on est en couple. Nous ne nous affichons pas devant lui mais c'est plutôt clair.
- Je le suspecte de nous avoir poussé l'un vers l'autre. Et même s'il adorerait écrire un roman sur ton adultère, je ne crois pas que ce soit ça. Il veut seulement que vous deveniez amis. Alors, fais-moi plaisir, lorsque tu passeras devant chez elle…
Gakushuu serait les dents en s'habillant, essayant de lisser sa chemise. Non, ça n'irait pas ! Il la retira vivement et la jeta au sol pour fouiller dans la commode.
- Quoi ?
- Ne t'arrête pas.
Le professeur s'arrêta une seconde et sourit. Il saisit le vêtement et s'approcha du lit pour lui ravir un bref baiser en attachant ses boutons.
- Tu dois voir ton père ?
L'intéressé ne répondit pas et partit, attrapant au passage une veste.
- Dis-lui que tu n'es pas son esclave et que tu ne veux pas être professeur.
La porte se ferma un peu rudement.
- Et quand tu reviendras de Kunugigaoka, tu me feras plaisir d'aller au supermarché, j'aimerais que tu t'achètes des couilles !
Gakushuu claqua violemment l'entrée et souffla avant de partir vers sa voiture où il se glissa. Il tourna les clés dans le contact puis se passa la main sur le visage. S'il arrivait à ce point à se dresser contre son père…
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Des friandises serrées contre sa poitrine inexistante, Kayano jetait un coup d'œil à sa montre. Elle serait forcément en retard pour la première heure de cours mais à en croire l'horaire que Gakushuu lui avait envoyé par courrier électronique, elle ne prendrait pas officiellement ses fonctions avant la troisième heure. Néanmoins, si Koro-sensei ne lui en tiendrait probablement pas rigueur par contre, son nouveau collègue…
Elle était plongée dans ses pensées, songeant à la façon la plus rapide de filer à la classe E sans trop s'épuiser lorsqu'elle entendit le klaxon d'une voiture.
Elle remarqua, justement, le visage du jeune Asano et fut gênée lorsque la vitre s'abaissa.
- Tu vas être en retard, Kaede-san.
- Oui. Je vais me dépêcher.
- Monte. Soupira-t-il.
- Oh ?
- Monte tout de suite.
Elle se força à sourire et contourna la voiture pour grimper à la place du mort et s'attacher. Gakushuu fixa la route devant lui. Sa moitié se moquerait forcément de lui en l'apprenant et d'autant plus en découvrant que la demoiselle était surtout un subterfuge pour ne pas passer par le collège, pour ne pas affronter son père.
- Merci beaucoup.
- De rien.
Il vérifia qu'elle était attachée avant de conduire. La demoiselle le regarda de côté. Il ressemblait beaucoup à son père comme ça bien que ses cheveux donnent une impression plus négligée. Mais ce qui la frappait, plus que ça, c'était que Gakushuu avait toujours étonnement ressemblé à Karma. Est-ce qu'il aurait ce physique particulier s'il avait pu grandir ?
Elle regarda par la fenêtre en se retenant d'encore penser à tout cela. Elle avait presque fait plus vite le deuil de sa sœur bien-aimée. Peut-être parce que la mort de Karma, plus qu'une rude perte, demeurerait à jamais un symbole.
- Alors euh… Tu es un assassin aussi ? Demanda Kayano à voix basse pour faire la discussion.
- Non.
Les efforts seraient bien pénibles.
- Tu leurs enseignes les techniques tout de même ou…
- Nous minimisons les techniques d'assassinat. C'est en apprenant ce genre de techniques à des personnes incompétentes et déviantes que le pire est arrivé. Koro-sensei, Karasuma-san et Jelavic-san voulaient absolument éviter qu'une chose pareille se reproduise. Les élèves apprennent davantage à être des policiers spécialisés voire des agents de la défense nationale.
- C'est une bonne chose mais Nagisa n'était ni incompétent, ni déviant. Dit-il avec fermeté.
- En effet… S'il n'était pas incompétent, ça ferait longtemps qu'il aurait été arrêté. Reconnu le jeune Asano.
Kaede le dévisagea. Était-ce des excuses ? Et pourquoi avait-elle la sensation que ses mots n'étaient que des pics acérés qu'il lui jetait froidement au visage ? Finalement, elle aurait largement préféré arriver en retard et passer pour un mauvais professeur que subir ce blizzard.
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- Ça ne se reproduira certainement pas. Dit Gakushuu en ouvrant la portière.
- Je m'en doute. J'essaierai d'être plus tôt à l'avenir. Merci beaucoup.
Le jeune homme sortit du véhicule et fit le tour pour lui ouvrir.
- Je te conseille de t'acheter une voiture à l'avenir. Ou d'en emprunter une.
- Bonne idée ! Mais je n'ai même pas mon permis. Dit-elle nerveusement.
Gakushuu fronça les sourcils et retint péniblement un soupir à en voir son expression. Il verrouilla derrière Kaede et partit vers le bâtiment.
Une fille aux cheveux mauves surgit en souriant. L'actrice se renfrogna immédiatement en voyant qu'elle avait une poitrine très généreuse. Une de ses élèves sans conteste. Heureusement, elle était suffisamment douée pour cacher son ressentiment envers cette plastique parfaite qui éclipsait les boutons et cicatrices d'acné qu'elle portait au visage.
- Bonjour. Tu es…
- Oikawa Natsu. Et j'ai vu Asano-sensei avant vous. Mon plan en quinze étapes pour le draguer est à sa deuxième étape. Annonça-t-elle froidement. Vous avez peut-être fait vos études avec lui mais vous n'avez aucune chance ! Dit l'étudiante en s'avançant.
- Je ne tiens pas à sortir avec Asano-san. Répondit Kaede d'un sourire.
La jeune fille haussa un sourcil.
- Tu vas nous apprendre les arts dramatiques, n'est-ce pas ?
- C'est cela. Sourit Kayano.
- Vous êtes une bonne actrice. Remarqua Oikawa avant de partir.
Kaede serra le poing.
- Je hais les filles à grosses poitrines. Grinça-t-elle.
Le problème n'était pas tant que la demoiselle avait d'importants attributs qu'elle semblait imbuvable mais soit.
Kayano partit à l'arrière du bâtiment et trouva Koro-sensei en train de se prélasser en sirotant une boisson fraîche. Il n'avait pas changé ! Elle pouvait presque si croire. Mais elle étouffa ces pensées dans l'œuf. Elle ne devait pas ! Revenir dans la classe E était la première pierre jetée dans l'eau et les remous qu'elle provoquerait ne pouvaient qu'être salvateurs.
Elle courut alors vers lui comme elle aurait aimé le faire un millier de fois auparavant.
- Koro-sensei !
Il se redressa et lui sourit. Il s'était habitué à ce qu'un de ses précieux enfants court vers lui en rayonnant de joie mais c'était particulier. Elle, elle avait l'habitude de devoir le faire pour le tuer. Il l'accueillit toutefois de tentacules frétillants et joyeux. Elle accepta le câlin avec joie.
- Ça fait tellement de bien de vous revoir, Koro-sensei.
- Moi aussi, Kaede-chan.
- Koro-sensei, ça me ferait très plaisir si vous m'appeliez par mon prénom. Sourit-elle. Mon faux prénom. Ajouta-t-elle en riant.
- C'est un grand plaisir, Kayano-chan !
Elle sourit et se resserra contre lui. Tout tournoyait encore dans son crâne. Koro-sensei dut le sentir car il la resserra en reniflant exagérément vers le sac.
- On dira que tu as ramené quelque chose de bon !
- Oui ! C'est pour vous.
Elle lui tendit le sachet de friandises et il la regarda de ses yeux rayonnant de joie.
- Tu es la meilleure Kayano-chan ! Ça me fait très plaisir. Mais tu n'auras pas dû !
La demoiselle rit. Ça aurait certainement eut plus d'impact si il n'empiffrait pas déjà de ces douceurs.
- Tomohito-kun est déjà arrivé ?
- Oui, il joue avec certains élèves pour nouer des liens ! Tu pourrais les rejoindre ? J'ai une idée ! On pourrait tous les rejoindre ! Je vais chercher Asano-chan !
- Koro-sensei ! Puis-je vous demander pourquoi vous l'appelez ainsi ? Je suis surprise parce qu'il n'a pas l'air…
- Je le connais depuis quatre ans maintenant. Sourit joyeusement le poulpe. Sinon, il m'a simplement demandé de ne pas l'appeler « Asano-kun », c'est ainsi que son père l'appelle.
- Oh… Je ferais attention de ne pas l'appeler de la sorte !
Koro-sensei lui tapota la tête en souriant avant de disparaître. Kayano partit en courant vers la zone de sport et elle ne fut pas surprise de découvrir que Sugino avait lancé une partie de base-ball. Il en profitait pour apprendre les noms, déceler des compétences. Tout le monde ne jouait pas encore mais ils se rassemblaient par ici.
Elle remarqua Oikawa et lui sourit avec innocence.
- Sugino-kun !
C'était la voix de Koro-sensei. Il venait rapidement en entraînant le jeune Asano derrière lui.
- Nous voulons faire une grande partie !
- Les cours sont repoussés ? Questionna un garçon, Tsukigama Ryu.
Koro-sensei regarda vers son collègue de longues dates. Si c'était lui le professeur principal, il était clair que, comme Tadaomi à l'époque, il se posait en dirigeant. Mais il afficha le sourire qu'il donnait à tous les élèves et opina.
- Apprenons à nous connaître et améliorons nos compétences avec ludisme. Encouragea-t-il.
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Nagisa se mordit le pouce avant de secouer la tête. Il tira une capuche sur sa tête et remercia la pluie de s'abattre ce qui faisait qu'il n'avait absolument pas l'air étrange à se balader de la sorte. Il courut vers un grand bâtiment pharmaceutique et tira les informations qu'il avait extirpées à Smith.
Il chercha après le secrétariat et s'y précipita lorsqu'il le trouva. Il se pencha sur le bureau et sourit.
- Vous pouvez dire à Terry Smith que Utada Sora est venue le voir ? Oh… J'ai le droit de lui faire une surprise ? C'est mon petit ami maintenant et j'aimerais lui apporter son bento.
- Très bien. Tenez.
Elle lui donna une carte spéciale.
- Il faut aller au troisième étage et dans les bureaux « C ». Le 111 !
- Merci beaucoup.
Nagisa partit en trottinant vers les ascenseurs qu'on lui avait désignés. Mais, hors de vue, il s'arrêta devant un panneau et observa les différents départant. Il en choisit un et utilisa l'ascenseur pour s'y rendre.
Son cœur battait furieusement dans sa poitrine. Il fallait qu'il se calme. C'était la première mission depuis cinq ans qui le mettait dans un tel émoi… Il pressa ses mains sur sa cuisse où il y avait une série de flèche enduite de curare mais il en avait aussi sur les bras et à la taille.
Il ferma les yeux et s'appuya contre le mur.
Maintenant qu'il était lancé, personne ne pourrait l'arrêter.
Les portes s'ouvrirent.
- Mais…
Le garçon redressa la tête. Ce n'était pas exactement le Kotaro qu'il voulait voir. Il attendait celui dont le nom de famille était Yanagisawa, pas Takebayashi…
Il se saisit d'une fléchette de curare.
