Chapitre 5
Ils retournèrent chez Granny. Emma broyait du noir. Elle avait expliqué à Henry sont entrevue avec Regina. Il était resté silencieux, n'avait fait aucun commentaire. Elle ruminait devant son café face à son fils plongé dans son nouveau livre.
– Salut, beauté.
Elle leva la tête. Un homme habillé de noir portant une veste en cuir lui souriait. Il était beau gosse et semblait le savoir que trop bien. Il avait les yeux maquillés.
« Trop d'eyeliner pas assez de rouge à lèvres » se moqua-t-elle intérieurement.
– Je peux vous aider ?
Il sembla un instant déçu.
– Je vois que tu ne te souviens plus de moi, dit-il avec une petite moue triste. Je suis Killian.
C'est à ce moment là qu'Emma remarqua son crochet.
« Houlà, ça craint » se dit-elle. Elle était désolée pour sa main, mais son crochet la rendait un peu nerveuse, il semblait très affuté, et se trouvait bien trop près de son fils.
– Tu restes longtemps ? Continua-t-il.
– Il ne me semble pas que nous ayons gardé les cochons ensemble ? Je vous prierais d'adopter le vouvoiement et d'arrêter de me tutoyer.
Emma sentait qu'il fallait lui mettre des limites, sinon il allait vite devenir collant.
– Qu'est-ce qu'il vous est arrivé à la main ? Interrompit Henry.
– Je me la suis faite coupée il y a longtemps.
– Et le crochet c'est pour quoi ? Vous voulez faire comme le Capitaine Crochet ? Parce que vous savez il existe de très bonnes prothèses, continua Henry.
Killian sourit.
– Oui ça doit être un hommage de ma part à ce… marin.
Il se tourna vers Emma qui lui lança un regard qui voulait dire « N'insiste pas mon grand ». Il comprit le message. Il ne perdit pas espoir. Il était du genre persévérant et maintenant qu'Emma était revenue ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne tombe dans ses bras.
– Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Nous nous reverrons bientôt dit-il, en leur faisant un petit signe de tête avant de s'éloigner.
Emma regarda son fils.
– Ca n'a pas l'air de te déranger plus que ça qu'on soit prisonniers dans cette ville.
Il haussa les épaules.
– Ah oui, c'est vrai, t'es bien ici t'as l'impression d'être chez toi c'est ça ?
– Oui.
– Henry ! Réfléchis ! On ne peut pas partir y a vraiment un truc louche !
– Peut-être que Regina dit la vérité ?
– Non ! On n'est pas dans le monde d' Harry Potter, à moins que Dumbledore se soit transformé en vieille dame et tienne un snack !
– Je pencherais plutôt pour une autre théorie.
– C'est-à-dire ?
– Le livre que m'a donné Belle…
– Celui avec les images ? Eh Bien ?
– Justement sur les images, les personnes ressemblent beaucoup à certains habitants de cette ville.
– Que veux-tu dire ?
– Euh... Tu te souviens du shérif ?
– Oui.
– Regarde, on dirait grave Le Prince Charmant tu ne trouves pas ?
– M'ouais.
– Si ! Et regarde tu te souviens de Mademoiselle Blanchard de ce matin ? Elle ressemble à Blanche-Neige… Et Regina, on dirait la Méchante Reine.
Emma étudia plus attentivement les illustrations. Henry n'avait pas tord la ressemblance était assez frappante. Des personnages de contes de fées ? C'était impossible, aberrant... « Comme un mur invisible » se dit-elle et pourtant elle l'avait touché.
– Je me demande si Killian qu'on vient de voir n'est pas réellement le Capitaine Crochet, pensa tout haut son fils.
Emma regarda les autres personnes autour d'elle d'un autre œil. Des personnages de contes de fées… vraiment ? Elle écouta les conversations. Certains parlaient d'une drôle de façon, un peu vieillotte. Elle entendit quelqu'un se faire appeler Robin « Robin des bois ? » se demanda-t-elle. « Non, c'est vraiment complètement fou ». Elle préféra suspendre ses réflexions pour l'instant. La nuit été tombée. Elle avait faim et commençait à avoir mal au crâne.
« Il faut vraiment que j'ai une discussion avec cette Regina ».
Elle avait voulu aller la voir directement après l'incident du mur, mais Henry l'en avait dissuadé. Il l'avait convaincu que ce n'était pas une bonne idée. Il fallait d'abord réfléchir, essayer de comprendre. Et surtout se calmer.
– Tu as faim ? Demanda-t-elle à l'adolescent.
– Ouais.
.
Henry était couché dans sa chambre à l'étage. Emma accoudée au bar, jouait avec son verre de whisky.
– Emma t'es revenue ! Beugla un type en lui donnant une grande tape dans le dos.
Elle le regarda d'un œil torve.
– C'est moi ! Leroy ! Quoi ? T'es toujours amnésique ?
– ….
– T'en es déjà au whisky… eh ben ! Ça te de dit un compagnon de beuverie ?
– Pourquoi pas marmonna Emma « Au point où j'en suis… ».
