Note de l'auteur:
Pour Amandine 008: Merci beaucoup miss, je suis vraiment contente que ça te plaise , j'espère que la suite ne te décevra pas... Bisous.
Pour Insondable: Alors... Longue review, longue réponse P donc: D'abord un grand merci, elle m'a vraiment fait plaisir!
Oui, la situation est actuellement trèèèèès embrouillée, c'est un détail qui fait plus "vrai" je trouve... c'est rare à l'adolescence d'être sûr de ses sentiments (et de ses préférences aussi d'ailleurs :$...(et puis, j'avoue, je ne peux pas m'empêcher de compliquer les situations xD) Mais là, c'est fini, à partir de ce chapuitre, ça se désembrouille, promis !!
Alors bah.. "Comment ça va évoluer"? Ca dépendra... Il y aura pas mal de surpise (si j'en crois ma bêta en tous cas) et quelques déceptions... Comme dans la vraie vie, quoi. Je préfère ne pas trop en dire, c'est plus fun comme ça, non?
Bisous
A tous (parce que décidément, elle ne peut plus s'en empêcher):
Ce chapitre a été l'un des plus compliqué à écrire pour moi... Et c'est un des plus important de l'histoire...
J'espère simplement qu'il vous plaira et j'attends avec impatience vos impressions xD!!
Petit PS: je pense qu'au lieu de samedi, les MAJ se feront dimanche...
Bonne Lecture,
Chapitre 6: Ma déesse, elle, n'est pas vraiment réelle...
Luna coiffait sa longue chevelure blonde en silence, attendant que ses "chères camardes" daignent évacuer la salle. Luna avait besoin de réfléchir, et pour cela, elle avait l'habitude d'utiliser son miroir, et de se parler, se décryptant ainsi comme elle décryptait les autres. Bientôt, ses voeux furent exaucés et elle se fit fasse.
Etait-ce normal qu'elle ne soit attirée ni par Drago qui était si "divinement beau" ni par Harry "son antithèse tout aussi parfaite" ni même par Ron, le stéréotype de l'athlète stupide.
- Non.
Mais si elle cherchait plus loin... Peut-être Neville? Ernie McMillan? Colin? Ethan…?
- Non.
Non. Et c'était à la limite de l'inquiétant, aucun garçon ne l'attirait assez... pour qu'elle y pense. Elle vieillissait, quand même, c'était plutôt étonnant que jamais elle n'ait même ressenti de désir pour l'un d'eux...
- Mais alors, qu'est-ce que ça fait de moi?
Sa première idée était: quelqu'un qui n'est pas encore près. Mais elle n'y croyait plus, elle allait sur ses 17 ans, et elle était prête. Alors quoi?
Elle se fixait dans les yeux mais ne parvenait pas à comprendre leur message. Qui?
- Je devrais aller dormir, grogna t'elle, exaspérée.
Elle se glissa entre les draps et ferma ses rideaux. Elle mit longtemps à s'endormir.
o°O O°o
- 'lut.
" Bonjour Pansy, je suis contente de parvenir à (enfin!) t'harponner! Je suis désolée pour hier, j'ai été ridicule et te demande pardon... Je suis vraiment désolée. M'excuses-tu ô Reine de Beauté des Serpys?" aurait sûrement fait un meilleur effet... Mais ce n'était pas le style de chose que Luna aurait dit, surtout pas à Pansy.
La brunette lui tournait le dos et ne semblait pas disposée à lui reparler aussi vite. Luna remarqua qu'elle s'était coupée les cheveux, un peu plus court, plus classe... De dos, c'était bien, de face ce serait mieux.
- Pansy..?
Mais la brunette ne bougeait pas. Luna devinait le mouvement lent de ses dents, mastiquant son petit déjeuner et l'air qu'elle affichait, celui qu'elle réservait aux "amis de Potty" le nez froncé, qui lui donnait un air de bébé bouledogue, la bouche pincée les yeux dédaigneusement loin. La jeune fille baissa la tête, déçue.
- Comme tu veux, Pansy.
Elle s'en alla sans un mot de plus, avec un goût amer en bouche, sans plus regarder les Serpentards, qui, selon toutes vraisemblances, allaient se moquer d'elle des jours durant. "Loufoca qui courrait après Pansy", ça les amuserait sûrement... Oui... Sûrement. Ses yeux tombèrent ensuite sur le Survivant, qui faisait son entrée dans la grande salle. "Tous des imbéciles" grogna t'elle mentalement. Elle remarqua son air soucieux et aussi l'absence de Ron, qui était déjà attablé et lui lançait des regards haineux toutes les dix secondes. Visiblement le grand rouquin se méprenait une énième foi sur la nature des sentiments de Harry pour Hermione, à en juger par l'air pincé de celle-ci, qui évitait celui qu'elle aimait. "Tous si prévisibles". Elle remarqua aussi Brown, qui le plus discrètement possible s'approchait de son Ron-Ron... Harry regardait Malefoy, comme toujours et Malefoy... Non, Luna ne voulait pas regarder la table des Serpentards, Luna ne voulait pas devenir comme eux et passer ses jours à dévisager Pansy. Cependant, toute à ses observations, la jeune fille ne vit le sac de Susan qui dépassait de la table et s'étala de tout son long. Elle ne serait jamais comme eux, elle, elle était pire...
Comme tous les autres, Harry s'esclaffa nerveusement lorsque Luna tomba. C'était le genre de choses, excessivement gênante qu'il préférait voir arriver aux autres. Elle se releva presque tout de suite, sous les rires et les sarcasmes des Serpentards et Harry vit ses yeux luire étrangement... Luna s'en fut en courant dans la seconde, vers l'escalier, probablement vers la tour ou, qui sait, les toilettes des filles? Et presque aussitôt, il se sentit honteux d'avoir ri. Il se faisait penser à Drago, et rien qu'à cette idée, n'eut plus faim. Ron, lui, tout à son assiette, ne se préoccupait ni de Luna ni des remords de son meilleur ami. Il était loin dans ses idées de vengeance et étonnement, venait de monter un coup d'enfer, réalisable dès l'heure de sortilèges.
o°O O°o
- Veuillez prendre places, jeune gens.
Ainsi saluait toujours le professeur Filius Flitwick, professeur de Sortilèges depuis... Oh trop longtemps, maintenant. Ses méthodes n'étaient plus à prouver et comme chaque fois, pour son cours pratique, il avait besoin de cobayes. Il désignait ceux-ci par tirage au sort, loin de se douter que celle-ci avait été truquée moins d'une heure auparavant... Pauvre et naïf Filius, qui avant d'atteindre l'âge de la pension souhaitait laisser sa marque à la société sorcière et était bien plus concentré sur ses expériences que sur des choses aussi futiles que les repas ou bien... Sa boîte à victimes. C'est ainsi, que, sûr de lui et du haut de sa pile de grimoires, Filius commença son cours sur les sortilèges siamois, qui consistaient à ne faire d'une personne qu'une, et à pouvoir la séparer. Le premier sort de ce genre était une erreur magique qui avait causé la mort de son créateur... et de sa femme, liée à lui par la fesse gauche.
- Ainsi, Nigellus Flindifer est mort écrasé. La morale, jeune gens, n'épousez pas de femme de plus de cent kilos lorsque vous êtes attaché à elle par le séant...
Mais son erreur avait permis, une fois qu'on lui avait trouvé un antidote, de séparer les siamois sorciers, souvent ultra puissant et de leur permettre de vivre parfaitement, et seul. Ce sortilège était aussi souvent utilisé en cas de surveillance, on se liait dans tous le sens du terme avec l'autre, jusqu'à être sûre de pouvoir le "lâcher".
Il sélectionna deux petits papiers, jubilant à l'avance face à la réaction de ses étudiants... Personne ne savait par où deux personnes seraient liées, ni dans quel sens... Une année, une jeune fille s'était retrouvée accrochée par le sourcil droit à une amie à elle, qui avait les pieds en l'air. La jeune fille avait été déséquilibrée et avait roulé jusqu'aux escaliers où, fort heureusement, le petit professeur avait pu les rattraper.
- Alors pour cette fois, ce sera... Potter. Monsieur Potter, s'il vous, plait, venez sur l'estrade. Et...
Ron se mit à jubiler. Fred et George lui avaient parlé de ce sort lors de leur dernière visite et ensemble, ils avaient beaucoup ri. Qu'est-ce que ça donnerait si on assemblait Harry et...
- ... Monsieur Malefoy, s'il vous plait! Allons, ne faites pas cette tête, tous les deux! Je vais vous demander de prononcer ce sort: Madslnéparél, en accentuant particulièrement le "d" et le second "é". En effectuant ce mouvement de baguette. Allons!
- C'est imprononçable, grogna Drago avec une moue de dédain.
- Et pourtant, monsieur Malefoy, je suis sûr que vous allez le dire à merveille, répondit le quart gobelin avec un grand sourire de scientifique allumé.
Les deux ennemis se firent face, et on pouvait presque sentir la tension qu'il y avait entre eux. Tout dans leur regard signifiait défi et haine, tout.
- Maddslnéparéél crièrent-ils en même temps.
Aussitôt, il y eut une lumière un peu trop intense pour que des yeux normalement constitués puissent la soutenir, ainsi, personne ne vit comment, mais après quelques secondes les élèves retrouvèrent leur faculté visuelle pour découvrir... Un Drago collé à Harry par… Les hanches. Les deux jeunes hommes se retrouvaient collés, ventre contre ventre, torse contre torse et ne pouvaient écarter leurs visages que d'une vingtaine de centimètres.
Pour le Survivant, qui avait à présent des yeux grands comme des soucoupes, comme pour le Prince Blond, qui avait perdu toute sa superbe, la situation était plus horrible et plus humiliante que tout ce qu'ils auraient pu imaginer.
- DÉTACHEZ-NOUS, hurlèrent-il simultanément, horrifiés, en tentant d'hors et déjà de se décoller en se repoussant à l'aide de leurs bras.
Le reste des élèves étaient littéralement bouche bée... Ron jubilait sa vengeance parfaitement exécutée, Hermione priait pour qu'Harry ne tue pas Drago, Pansy s'était mis à hurler à propos de monstruosité et de désinfectants, Crabbe s'était levé, prêt à tuer Potter pour s'être approché aussi près de son mentor. Quant à Seamus, il s'étouffait tout simplement de rire, à cause de l'expression furieusement horrifiée des deux ennemis. Le professeur Flitwick regardait la scène avec attention, évitant de conclure des choses trop activement. Ses deux élèves allaient en venir au scalpel quand il se mit à crier, mettant fin au tohu bohu général.
- CA SUFFIT.
Aussitôt, une trentaine de paires d'yeux se posèrent sur lui. Il ne criait jamais. Même les mouches semblaient avoir stoppé le vol, tant le silence était devenu pesant. Le professeur Flitwick regarda les deux garçons, à nouveau calme. Il déclara d'un ton calme que son cours aurait lieux, et que c'était LUI qui déciderait quand l'enchantement prendrait fin. Il se tourna vers son auditoire et poursuivit son cours, développant les étapes du sortilège, la façon dont ses cobayes s'étaient attachés pour ne former qu'un seul corps, qu'il appelait Hargo. Il parla de leur sang, qui s'adaptait pour devenir un groupe différent et commun, de leurs émotions qui passaient dans leurs deux cerveaux, puisqu'ils n'étaient qu'un et félicita les jeunes hommes, encore choqués, pour leur brillant lancé de sortilège, leur accordant même dix points.
L'entité que formaient Harry et Drago était aux prises avec un tas d'émotions contradictoire, de la haine de l'horreur, du soulagement, du mal-être, du bien-être, le tout de façon indissociable. Ils s'insultaient mentalement de tous les noms, s'infligeaient, par l'esprit, des tortures terribles, se repoussant de temps en temps, presque par reflex.
Finalement, Filius déclara qu'il était temps que Hargo redevienne Harry et Drago, et ceux-ci laissèrent échapper un soupir de soulagement.
"On compte sur moi pour ce mariage" pensa alors Harry avant de se contredire lui-même, "mais je ne me marie pas!"... Puis il sentit quelque chose qui l'horrifia totalement. Il se tu, cherchant à maîtriser la rougeur qui lui montait doucement aux joues.
Ils durent se lancer l'anti-sort, ce qu'ils firent avec plaisir et leur corps se dissocièrent dans un éclair bleuté, les faisant tous deux tomber par terre.
Les autres avaient été éblouis une seconde fois, et pour quelques secondes encore, les deux ennemis étaient les seuls à voir. Drago se redressa, souhaitant faire bonne figure. À Harry, il jeta un regard entre étonné, choqué et amusé... Il s'épousseta, découvrant au hasard un trou au niveau de l'endroit où ils avaient été liés. Rageux, il le dissimula d'une main et attendit s'apprêta à parler au professeur. Harry dissimula lui aussi, le trou de son pantalon mais gardait obstinément une phrase en tête. "On compte sur moi pour ce mariage". Le ton de cette pensée était mélancolique et résigné. Harry était sûre que... ces simples mots appartenaient à l'esprit de Drago. Et lui, lui avait-il donné quelque chose?
- Professeur! Mon pantalon est déchiré, de même que celui de Potter! Je ne sais pas lui, mais moi, je ne tiens pas à être exhibitionniste!
- Oh, répondit le professeur Flitwick, en se frottant encore les yeux. Allez donc vous changer tous les deux! Vous vous mettrez en ordre grâce aux notes de vos camarades! Allez! Filez!
Aussitôt, le blond se dirigea vers la porte, bien vite suivi par un Survivant, à qui il claqua la porte au nez. Harry grogna quelque chose de peu poli et sortit, maudissant Malefoy, Flitwick et sa stupide boite. En arrivant dans son dortoir, il laissa éclater un rire nerveux. Il avait été un avec Malefoy. Il avait été lié à Malefoy par...
Mais encore plus étonnant et flippant, il ou plutôt, ils avaient eu une érection.
Le rire s'arrêta aussitôt, à cette pensée. Il devint rouge, sans comprendre pourquoi. "On compte sur moi pour ce mariage"... Mais l'autre qu'avait-il eu, comme pensée? Est-ce que ça avait un rapport avec... "ce truc" qui s'était passé? Oui ça ne pouvait être que ça, il n'y avait eu aucune autre raison. Aucune. Nada...
Mieux valait peut-être ne pas savoir, songea-t-il en remettant un pantalon "décent"...
o°O O°o
Ron avait l'air content de lui, après ce cours de potion, Hermione, elle, ne pouvait en dire autant. Entre son meilleur ami qui était "ailleurs" et Ron qui ne la supportait plus, on pouvait vraiment dire que la journée se passait magnifiquement. Alors, et comme à chaque fois qu'elle était frustrée elle cherchait à se concentrer sur autre chose, comme le travail, et elle répondait au mieux à toutes les questions imaginables, passant encore une fois pour "miss-je-sais-tout".
Mais que faire d'autre...? En plus, Ron, pour la narguer, elle en était totalement sûre, papotait avec Brown à chaque intercours... Quel crétin, celui-là! Et cette façon qu'il avait de lui jeter des regards dédaigneux, toutes les trente secondes... Peut-être, finalement, qu'il ne valait pas la peine de s'y intéresser, s'il la croyait capable de coucher avec Harry.
Le problème, c'était que se succédaient à une vitesse folle, et que bientôt arriva le moment où les élèves mangeaient leur souper. Dans ces moments-là, elle ne pouvait se concentrer sur un professeur, qui qu'il fut... Alors, histoire d'éviter de penser à "son" roux et ses bêtises, elle laissait son regard planer sur la salle.
Luna Lovegood tournait et retournait sa fourchette, à moitié dissimulée par ses cheveux trop longs. Elle était soit triste, soit honteuse. Hermione penchait plus pour la seconde hypothèse, à cause de l'incident du matin... Luna préférait certainement se faire oublier.
Ensuite, et presque machinalement, ses yeux se posèrent sur la table des tristement célèbres verts et argents. Crabbe ne mangeait rien, ce qui était plus qu'inhabituel! Greg lui donnait sans arrêt des coups de coude, et lui proposait divers mets, toujours sans succès... Visiblement, il était inquiet.
Ensuite... Elle vit Drago Malefoy, Ses yeux suivirent un instant la courbe de son bras, qui entourait la hanche de Pansy. Même de dos, il parvenait à être beau, d'une beauté mélancolique. Elle enviait Pansy, qui pouvait être serrée par des bras aimés... Elle la comprenait si bien... Que ne donnerait-elle, elle, la "Miss-je-sais-tout" pour être serrée et embrassée une seule fois par Ron? Tout. Et encore plus si elle pouvait devenir sa petite amie officielle... Alors que Pansy, qui presque chaque nuit se faisait tromper, restait avec Drago, elle le comprenait tout à fait...
Pourtant, ce n'était pas vers Drago que Pansy regardait, et elle n'avait pas non plus la tête sur son épaule. Peut-être que finalement, elle en avait marre, d'être ainsi traînée dans la boue?
Et puis, qui, à la table des bronzes et bleus ou des jaunes et noirs aurait pu attirer l'attention de cette chère Parkinson? Ernie? Il n'avait pas ce charme, propre à Drago et, avant qu'il ne décède, à Zabini. Pas crédible, donc... Hermione préféra renoncer à trouver, puisqu'elle se moquait bien des goûts de Parkinson.
Harry... était à des milliers de kilomètres de là. Et si... si Drago avait lu son idée de vengeance? Il était fichu. Et sa expliquerait cette main possessive sur la hanche du "bouledogue" qu'il devrait bientôt séduire. Mais si c'était autre chose? Une pensée concernant Ginny? Et si Drago l'utilisait? Si ça concernait Rogue…? Pire: si ça concernait cette histoire tordue avec Rogue?
Rien qu'à l'idée, Harry frissonna. Si Drago savait ce genre de chose... Il le dirait certainement, surtout que ce qu'il avait appris sur lui, à savoir cette phrase idiote sur le mariage, n'était pas utilisable! C'était incroyable, même en pensée Drago Malefoy parvenait à l'emmerder!
o°O O°o
Ce soir là, Harry n'avait pas tardé, d'une part à cause de Ron, d'autre part, simplement parce qu'il était crevé, argument de poids, je vous l'accorde. Il monta et après s'être mis en pyjama, s'allongea sur son lit. Il se redressa après quelques secondes seulement, Quelque chose avait cogné le carreau, avec délicatesse. Il se redressa se dirigea vers la fenêtre et l'ouvrit. Presque aussitôt, une chouette de l'école se posa sur l'appui de fenêtre, et tendit la patte. "Monsieur Potter" indiquait l'enveloppe. Il fronça les sourcils, mais décrocha la lettre, presque aussitôt, la chouette s'envola, silencieuse, vers la volière.
"Lundi, heure des esprits, salle sur demande, viens seul et s'il te plait, sans baguette.
Je t'attendrai,
l'Autre."
C'était impossible!
L'Autre n'était qu'un fantasme, certes, très présent, mais un fantasme quand même! Et il n'en avait parlé à personne!
L'Autre n'existait pas, et ce qui n'était pas réel ne pouvait envoyer de lettres. Conclusions? Quelqu'un savait pour l'Autre et en avait volé l'identité (en tout cas, si on considère qu'un fantasme pu avoir une identité...) Conclusion bis? C'était une catastrophe! Qui avait bien pu savoir? Comment? Qu'est-ce qui s'était passé?
o°O O°o
La journée avait été désastreuse à tous points de vues, pour Luna. Pansy avait été particulièrement immonde, et cette attitude la touchait terriblement. Elle venait de réaliser qu'on ne gagnait jamais la confiance d'un vert et argent, qu'au mieux, il tolérait notre présence, en la ponctuant de sourires faussement amicaux. Au pire, on ne recevait que le dédain le plus total. Á la normale, on était utilisé, sans même en avoir conscience. Luna était totalement furieuse, elle se sentait abusée, et détestait ça. Certes, elle aussi ne s'ouvrait pas facilement, surtout depuis la trahison de Ginny Weasley. Elle contemplait depuis maintenant un bon quart d'heure sa petite fiole. Polynectar, ça sonnait bien, comme nom. Elle l'avait volée, en puisant discrètement dans la potion de Rogue, qui avait vraiment la tête ailleurs, ces jours-ci. De là à l'employer...
Oui, mais Pansy l'avait bien cherché, et il fallait savoir ce qu'elle lui reprochait exactement, pour passer de "tolérable" à "Gryffondor", qui était le titre le plus déshonorant pour tout bon Serpentard. Elle tourna une centième fois la fiole dans ses mains, avant de s'allonger sur le dos. Á qui Pansy se confirait-elle..? Goyle? Crabbe? Non, certainement pas, eux étaient des trolls et elle, une princesse. Drago? Luna frissonna. Non, pas Drago, Drago était bien trop imprévisible pour être joué correctement. Blaise était mort, dommage, elle aurait bien aimé, le jouer. Sa victime lui apparu d'un coup comme la plus belle des évidences. Nott. Face de lapin était discret, et son quotient intellectuel en faisait un génie. Parfait, ils avaient au moins ça de commun! Il était sang pur, et s'il n'avait pas le tiers du charme de Drago, il ne restait pas moins quelqu'un que Parkinson trouverait digne d'elle... Mais il faudrait se procurer des cheveux de Théodore, et ça, ça promettait d'être un peu plus complexe, l'animal avait une fâcheuse tendance à se raser le crâne... Ah! L'imbécile. Qu'avait dit Rogue, déjà..? Cheveux. Oui mais si "pas cheveu"? Bout de peau... Couper Nott... Ma fois, c'était jouable, mais ça demanderait du doigté. Oui...
Au moment des repas, Luna s'étala une fois de plus, et se fit insulter par la table des verts et argents. Elle était parvenue à prélever un demi centimètre carré de peau, juste assez... C'était parfait! Elle remonta, jubilant. Les autres prendraient ça pour une fuite due à la honte. Bien, maintenant, il faudrait oser... Et chopper Nott. Quoique ça, ce n'était pas utile, elle parviendrait à éviter dent-de-lapin sans problèmes.
Donc, la voie était libre... Elle acheva sa potion, puis eut juste le temps de se dissimuler dans l'ombre des cachots. Il lui manquait le "mot de passe". Attendre. C'était ennuyeux, parce que la potion n'avait un effet que très temporaire! Les Serpentards étaient rares... La plupart avaient été décimés ou bien enfermés à Azkaban. Luna savait que "la bande de Drago" n'y avait échappé que de peu. Si le blond ne s'était pas rangé à temps, et surtout, si les autres n'étaient pas de fidèles moutons, Heureusement, il y en avait encore assez, un plus jeune passa, et Luna faillit rire. Du haut de ses treize ans, il semblait déjà plein de suffisance, qu'il affichait, d'ailleurs, le cou tendu. Il glissa le mot de passe, d'une voix snob et dédaigneuse. Frivolité? C'était original... Et classe. La salle commune était agréablement fraîche, le feu qui brûlait dans l'âtre était argenté, les fauteuils en cuirs sombres brillants et les murs, de pierres grises. Elégant. Dans un coin relativement proche, elle aperçut le jeune arrogant qui lui avait permis l'accès à la salle. Il tenait un chicaneur en main. Ça ne pouvait qu'être quelqu'un de bien!
- Où se trouve...
La jeune fille marqua une hésitation. Que disait Nott? Pansy? Parkinson?
- ... la future madame Malefoy? demanda t'elle non sans ironie, en remerciant Théo d'avoir une vois relativement aiguë, pour un garçon.
Le pré ado qui l'instant précédent affichait un mépris et une arrogance sans nom était en train de se replier sur lui-même, Luna remarqua même un frisson le secouer.
- Théo?
Elle sursauta et se retourna, tombant nez à nez avec une fille blonde, probablement en cinquième année dont elle ignorait le nom.
- Lâche-lui un peu la grappe, tu veux? Il t'a déjà payé aujourd'hui... Et puis je suis là, moi.
Effectivement, qu'elle soit là aurait pu être positif, peut-être qu'elle aurait pu lui indiquer où étaient Drago et Pansy. Mais elle venait d'enrouler ses bras autour de son coup, et ses lèvres approchaient dangereusement les siennes. Avec douceur mais fermeté, elle repoussa la jeune fille en lui disant clairement qu'elle cherchait Pansy.
- Mais Théo, tu sais très bien où elle est...
- Non, dis-le moi, s'il te plait, susurra Luna, qui en avait assez de perdre du temps.
- D'abord un baiser.
- Non, je suis pressé, dit-elle en la repoussant une fois de plus, je cherche Pansy, alors s'il te plait, dis-moi où elle se trouve.
- Mais enfin! Salle sur demande, avec Drago, tu m'as dit qu'elle allait probablement se faire...
Arg! Se faire quoi, exactement?!
- C'est urgent, tu sais ce qu'ils souhaitaient?
- Probablement une reproduction du jardin des Parkinson, mais tu le sais mieux que...
- Ok, merci. À... (elle hésita, visiblement cette fille était "sa" petite amie) tout de suite, je t'embrasserai doublement à ce moment-là...
Elle partit ensuite aussi vite que les longues pattes du Serpentard le permettaient, évitant son double de justesse. La merveilleuse salle était donc capable de tout mimer, y compris le somptueux jardin des Parkinson? Impressionnant. Elle le souhaita et, presque aussitôt, y entra. Ce n'était pas vraiment un jardin, plutôt une vaste serre, dont le plafond était probablement un ciel peint. Les plantes qui y poussaient étaient réellement magnifiques, Luna/Théo s'y avança tout en discrétion. Ceux qu'elle cherchait n'étaient pas loin. Tant pis pour les causes de la disputes, elle allait probablement apprendre autre chose.
- ... Arrête ça, je ne me laisserai pas embobiner cette fois!
- Dray, mon chéri, qu'est-ce que tu as?
- Pansy, entre nous ce n'est plus possible, tu le sais comme...
- Je t'interdis, Drago Malefoy, déclara t'elle d'un ton soudain glacial, de terminer cette phrase. Je t'aime, et tu m'aimes aussi, c'est une évidence, et c'est vital pour nos deux familles.
- Pansy, je...
- Tu m'aimes. Tu le sais et je suis parfaite pour toi, à ta somptueuse mesure. Je t'aime et dans moins d'un mois, nos fiançailles seront officielles.
Pansy était glaciale. Luna, dissimulées par un rosier tout en fleur, ne pouvait voir le visage du blond. En revanche, celui de Pansy lui faisait face, et pour la première fois, Luna y décryptait un fleuve d'émotion. Voilà la jeune femme au naturel, une pauvre amoureuse, un coeur de glace qui s'était épris d'un iceberg... Quel défi!
- Ce n'est pas contre toi, je te le jure..., tenta le jeune homme, mais une fois de plus, la brunette l'interrompit.
- Je te lasse? Oui, je te lasse comme toutes les autres, hein? Je me fais trop désirer, tu ne le supporte plus, dit-elle en posant un doigt sur ses lèvres. Et bien soit, tu veux que je me dévoile un peu...?
C'est alors que sous les yeux de Luna, le visage de Pansy se métamorphosa doucement. Elle avait déjà observé ce phénomène, en bien plus discret. Le visage carré de Pansy devenait aussi renfrogné que celui d'un bouledogue quand elle croisait la bande de Potter. Mais là, rien de comparable. Les angles semblaient s'adoucir, ses yeux de braises s'agrandir légèrement, ses lèvres devenir un rien plus pulpeuses, et ses pommettes se hausser. Le tout composait un visage aussi splendide qu'envoûtant. Le corps de Théo se mit à réagir et Luna rougit. En effet, le corps de Pansy était à la mesure de son visage...
L'expression de Drago? Elle l'ignorait, mais se trouver aussi proche d'un être divin à ce point...À sa place, la Serdaigle aurait été rouge tomate et aurait probablement eu l'air d'un enfant à qui on offrait son poids en chocolat...
- Je te plais?, minauda t'elle. Un métamorphomage -dit morphe- toutes les six générations depuis 24 ans, dans ma famille. Voilà mon vrai visage, chéri... Je comptais te l'offrir lors de la nuit de noce, mais si tu t'impatientes...
- Qu'est-ce qui me prouve que ceci est ton vrai visage?
- Mon parfum, chéri! Tu sais comme moi que les morphes dégagent un parfum lorsqu'ils sont eux même, or, le laideron que je suis pour les autres...
- ...n'a pas d'odeur, termina mentalement Luna.
- Mais... Pourquoi?!
- Je ne veux être belle que pour toi, et n'exister que par tes yeux. Je suis à toi, chéri... Ne l'oublie jamais, et tu seras aussi à moi, murmura t'elle à son tour, en joignant leurs lèvres.
Elle se releva ensuite, en tenant Drago par la main. Luna vit que celui-ci était perturbé, mais visiblement résigné... Résigné à quoi? Épouser une Pansy aussi magnifique...
La jeune fille passa juste à côté du buisson de rose, et Luna eut tout le loisir de sentir son parfum. Laurier.
Le laurier était parfait pour Pansy, une odeur suave, sucrée, entêtante, une fleur magnifique et travaillée tout en finesse... Une fleur empoisonnée.
La Serpentarde était une véritable déesse, irréelle, et après qu'elle soit partie, Luna attendit, perplexe. Son corps se retransforma, et elle redevint cette petite blonde aux grands yeux brumeux.
Une seule question persistait dans son esprit, était-ce le corps de Nott qui avait réagi en la voyant ou bien était-ce elle-même?
