Chapitre 6 : Les avantages de tourner la page

Avertissements : alcool, abeilles

Notes en fin de chapitre, bonne lecture ;)


Il s'était déjà passé plusieurs jours depuis l'incident, et Oliver ne s'était toujours pas réveillé. Harry s'était arrangé avec l'hôpital pour qu'il puisse transférer Oliver à S. Labs, ce qui n'avait pas été facile étant donné qu'ils étaient un peu sceptiques à l'idée que ce soit seulement la première tentative de suicide d'Oliver. Cependant, Harry était vraiment déterminé à voir son fils quand il le voulait, ce qui serait plus compliqué pour lui si Oliver restait à l'hôpital. Pour une raison inconnue, Harry avait toujours détesté les hôpitaux. L'atmosphère et la tension qu'il ressentait en ces lieux le mettait très mal à l'aise. Il n'arrivait pas à comprendre que des gens puissent aimer les hôpitaux. Même les bébés n'aiment pas ça, c'est pour ça qu'ils pleurent, parce qu'ils se retrouvent dans cet endroit horrible, bien loin du paradis que sont les bras de leur mère. Et en plus, la plupart des gens vont à l'hôpital juste pour faire un bilan de santé au lieu de faire quelque chose d'utile, ce qui était bien pire. Mais Harry n'était pas le seul à penser à Oliver, tout le monde était content qu'il soit avec eux. Même s'ils pouvaient le voir autant qu'ils le voulaient à présent, ce n'était pas si pratique, parce que c'était encore une autre chose qui les empêchait d'avancer sur leur projet. Cependant, à un moment comme celui-ci, personne n'était d'humeur à travailler.

Même si Barry était toujours au chômage, il venait voir Oliver presque tous les soirs, quand le bâtiment était déjà désert, avec de l'espoir et des supplications. Cependant cela ne le menait à rien et le moment où Oliver se réveillerait n'était toujours pas arrivé, peu importe combien tout le monde voulait que ça se produise.

Mais il y avait d'autres choses qui occupait l'esprit de Barry. Il était à nouveau sans emploi et vu comment il avait mal supporté ça la dernière fois, il se dit qu'il devait trouver un nouveau boulot rapidement. Bien sûr, sa première idée fut de redemander son ancien poste au CCPD (Central City Police Departement), mais après avoir travaillé à S.T.A.R Labs, il savait que son ancien boulot ne serait pas assez pour lui. Alors il chercha encore et encore, et il finit par trouver un endroit vraiment semblable à S.T.A.R Labs, qui s'appelait Mercury Labs. Bien que STAR Labs était grandement populaire et encensé dans son domaine, Mercury Labs n'était pas en reste. Et obtenir un travail là-bas était aussi difficile qu'à STAR Lab. La seule raison pour laquelle il avait eu si facilement le poste à STAR Labs était que Harry savait de quoi Barry était capable et qu'il le voulait dans l'équipe. Avec Mercury Labs, c'était complètement différent, et le fait qu'il devrait déménager à Vancouver ne facilitait pas les choses. Mais malheureusement, c'était l'endroit le plus près où Mercury Labs était implanté. Même si Barry n'avait pas beaucoup d'espoir d'être accepté, Iris n'allait pas aimer ça quand elle l'apprendrait.

« Barry, ça ne fait que quelques jours. Pourquoi tu ne va pas voir le Docteur Wells pour lui demander si tu peux reprendre ton ancien poste ? Je suis sûre qu'il te le redonnerait » protesta-t-elle.

« Et puis quoi Iris ? Je recommencerais à travailler là-bas et je serais comme tout le monde, à ne rien faire, à m'inquiéter et à me demander si Oliver se réveillera un jour ? Je ne crois pas, non. »

« Tu dis ça comme si tu ne passais pas le voir » remarqua Iris. « Pas la peine de le cacher, tout le monde le sait. »

« Mais sérieusement, Iris, même s'il se réveille je ne sais comment, tu penses vraiment qu'il changera d'avis et sera d'un coup gentil avec moi ? » demanda Barry en cachant son sourire triste. C'était exactement ce qu'il voulait, qu'Oliver l'accepte enfin, rien de plus. Mais même après avoir sauvé la vie d'Oliver, Barry n'était toujours pas convaincu que cela arriverait. Barry voulait travailler à STAR Labs, mais tant qu'Oliver serait là et se comporterait de la même manière, les journées qu'il passerait là-bas serait juste un cauchemar. Et ce n'était pas ce que Barry voulait.

« Mais il a perdu son travail aussi, tu n'as pas oublié ? » lui rappela Iris.

« Peut-être maintenant, mais ça ne veut pas dire qu'il ne pourrait pas le récupérer. Docteur Wells est son père adoptif et Oliver vient juste de faire une tentative de suicide. Tu penses vraiment qu'il ne lui rendra pas son poste ? »

« Barry, tu as peur d'Oliver ? » demanda Iris d'un ton moqueur, un sourire narquois sur ses lèvres.

« Quoi ? C'est ridicule, je ne veux juste pas travailler avec lui »

« Tu ne veux pas te retrouver face à lui, parce que tu as peur de ce qu'il pourrait te dire après que tu lui aies sauvé la vie, c'est ça ? »

Barry resta silencieux et en voyant combien il était difficile pour le jeune homme de trouver une réponse, Iris n'en avait plus besoin.

« Tu l'as dit toi même, il n'était pas en pleine possession de ses moyens, alors pourquoi tu refuses d'envisager la possibilité qu'il te soit reconnaissant ? »

« Honnêtement, je ne pense pas qu'Oliver sache ce que le mot reconnaissance veut dire » dit Barry en fixant le sol. « Et en plus, Iris, ce n'est pas vraiment important, parce que mes chances d'avoir ce travail à Mercury Labs sont vraiment minces et en plus je ne recevrais sûrement pas la réponse avant un moment. Cela peut prendre plusieurs mois, beaucoup de personnes essayent d'y travailler et examiner toutes ces candidatures prend du temps. Je voulais juste tenter ma chance, d'accord ? » dit Barry avec un regard tendre, même s'il savait que ça ne suffirait pas à la rassurer. Mais après un petit moment, elle hocha la tête avec compréhension. Barry n'était plus lui-même depuis l'incident avec Oliver et Iris le savait. Elle le voyait à peine sourire les rares fois où elle arrivait à le croiser. Elle comprenait que même s'il n'était pas un grand fan d'Oliver, il ne voulait pas qu'une autre personne de son entourage meurt. Et le fait qu'il aurait pu le sauver et qu'il n'avait pas réussi le brisait sûrement d'autant plus. Pour son bien, Iris espérait qu'Oliver se réveillerait un jour, bientôt.

Sans qu'il ne s'en rende compte, les pieds de Barry le menèrent tout droit à STAR Labs pour qu'il puisse voir un Oliver inconscient, sans aucun changement ou indice qui pourrait faire croire à son réveil. Alors qu'il se trouvait à côté du lit d'Oliver, des pas près de lui le firent sortir de ses pensées.

« Je ne l'ai jamais vu aussi tranquille » dit une voix féminine et familière derrière lui. Barry n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qui était la visiteuse, alors il resta dans la même position et sourit doucement.

« Je ne dirais pas que j'en suis heureux vu les circonstances, mais ça me permet de le voir d'un autre regard. »

« Et comment le vois-tu ? » demanda Caitlin en se rapprochant de Barry.

« Il est blessé, profondément, et perdu. Il voudrait vivre une vie normale mais il refuse de penser à l'avenir. Au lieu de ça, il est coincé dans le passé, se rappelant de chaque erreur, chaque douleur. Mais honnêtement, qui peut lui en vouloir ? Je pense que vivre avec un cerveau qui n'oublie jamais rien, ça craint. »

« Sans doute que l'expression ''le temps guérit toutes les blessures » ne s'applique pas vraiment dans son cas. »

« Non, je ne pense qu'il n'y a pas que ça. Il pense qu'il est brisé, mais ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas être réparé. Et je pense que ce qui l'empêche de tourner la page, c'est précisément le fait qu'il est incapable d'arrêter de penser au passé. Tant qu'il continuera de faire ça, il ne pourra jamais trouver le bonheur. »

« Est-ce que tu es heureux ? » demanda soudainement Caitlin.

« Je ne sais pas, probablement pas » répondit Barry en souriant tristement. « Je n'ai jamais dit que tourner la page était facile. »

« Je sais, mais parfois c'est le seul moyen de trouver quelque chose qui nous manquait pendant tout ce temps. Et quand tu l'as trouvé, là tu peut être vraiment heureux. »

« Dis ça à Oliver, de ce que je sais, c'est lui qui en aurait le plus besoin. J'ai entendu dire qu'il s'est presque suicidé. On dirait qu'aucun de nous ne s'en ait bien sorti. » dit Barry d'un ton sarcastique alors qu'il regardait l'homme devant lui, en pensant tout aurait pu être différent s'il ne s'était pas disputé avec Oliver.

« Ça ne veut pas dire que les choses ne peuvent être réparées. » dit Caitlin réutilisant les mots de Barry, avec un sourire doux.

« Tu as raison. Espérons qu'il aura plein d'opportunités de comprendre ça. » répondit Barry.

« Ce qui s'est passé n'était pas de ta faute, Barry » déclara Caitlin comme si elle pouvait lire dans ses pensées. « Oliver est dépressif depuis que je le connais, une tentative de suicide a malheureusement toujours été une possibilité. Ta dispute avec lui n'y a rien changé. »

« Peut-être que tu as raison, mais ça n'a pas d'importance s'il ne se réveille pas. Pour l'instant, c'est comme s'il était mort. Le fait que j'ai essayé de l'aider ne compte pas vraiment. »

« Il va se réveiller Barry. Il n'est pas dans le coma. Et quand il se réveillera, vous allez tous les deux avoir une sérieuse discussion »

« On dirait que je n'ai pas le choix » dit Barry en souriant.

« Je sais que ce n'est sans doute pas le bon moment, mais vu qu'Oliver est dans cet état, qu'il ne sait pas ce qu'il se passe autour de lui, maintenant tu peux lui faire ce que tu veux » remarqua-t-elle.

« Comme quoi ? Le faire paraître débile en prenant des photos avec lui et les poster sur Internet, pour lui montrer plus tard quand il se réveillera et qu'il voudra sans doute me tuer pour avoir fait quelque chose d'aussi stupide ? »

« Quelque chose comme ça » dit Caitlin en lui faisant un clin d'œil. Elle prit ses affaires et quitta la pièce, laissant Barry seul. Il regarda à nouveau Oliver, se sentant toujours vraiment mal à propos de la situation et de tout ce qui s'était passé. Ses yeux était fixés sur les bras blessés du pauvre homme et sans qu'il puisse se l'expliquer, il se retrouva à prendre doucement la main d'Oliver. Elle était chaude, pleine de vie, ce qui rendait le fait qu'il ne se soit pas réveillé encore plus inexplicable. Et alors qu'il était là, à tenir sa main, un étrange sentiment grandissait en lui. Il ne pouvait pas le décrire, parce qu'il le comprenait à peine. Tout ce qu'il savait c'est qu'il se sentait bien et qu'il ne s'était pas senti aussi bien depuis très longtemps. Son corps était rempli de chaleur et de joie, ce qui arrêta le monde autour de lui. Mais il fut soudain rappelé à la réalité quand il sentit la main d'Oliver bouger. Et pas seulement bougé, Oliver avait serré la main de Barry si doucement qu'il l'avait à peine vu, mais il était sûr de l'avoir senti. Et quand il réalisa ce qu'il venait de se passer, ses joues devinrent immédiatement rouges à l'idée qu'Oliver pourrait se réveiller à ce moment précis, alors qu'ils se tenaient la main. Et étant donné que Barry perdrait sûrement sa main si cela arrivait, il la lâcha immédiatement et sortit du labo, en passant furtivement à côté de Felicity. Même s'il l'avait remarqué, il ne pouvait pas se résoudre à la saluer, parce qu'il ne voulait pas risquer qu'elle voit que son visage avait perdu sa couleur naturelle pour un beau rouge tomate. Elle lui aurait posé un nombre incalculable de questions qui aurait mit Barry mal à l'aise et en plus, elle aurait tout raconté à Oliver quand il se serait réveillé. Non, ce n'était pas une bonne idée pour Barry.

Felicity n'eut pas l'occasion de dire quoi que ce soit, Barry semblait ailleurs elle était d'un naturel curieux et voulait savoir ce qui s'était passé quelque chose, mais ces derniers jours avaient été difficiles pour tout le monde, elle ne voulait pas insister. L'incident l'avait beaucoup affecté, elle aussi, et pas dans le bon sens. Dernièrement, rire et sourire n'était plus des choses si fréquentes, même son temps libre avait changé, parce qu'elle le passait auprès d'Oliver. Elle pouvait s'asseoir là pendant des heures et des heures, s'éloignant le moins possible, juste pour être sûr d'être là quand il se réveillerait. Et même après plusieurs jours, elle était toujours convaincue que le moment où il se réveillerait arriverait bientôt. Alors, elle s'assit encore une fois près de lui et pria quiconque voulait bien l'entendre de réveiller Oliver. C'était tout ce qu'elle demandait.


Il faisait glacial, bien plus glacial qu'Oliver n'ait jamais ressenti. Sa tête et surtout ses bras lui faisait atrocement mal. Ce qu'il ressentait ne pouvait être expliqué avec des mots, personne ne pourrait les comprendre. C'était étrange, nouveau, et il n'avait aucune idée de ce qui se passait autour de lui. Et quand il ouvrit finalement ses yeux perçants, ce qu'il vit fut loin de le rassurer. Même si l'endroit au début semblait être plongé dans le noir, maintenant il pouvait voir de la lumière venir de partout, à vrai dire bien plus qu'il ne l'aurait voulu. Il n'y avait pas de bâtiments, pas de gens, pas d'animaux ou de plantes, pas de nuages, pas d'eau, seulement du sable partout. Aucun signe de vie, seulement une solitude entourée par plus de solitude. Qu'est ce qui était en train de lui arriver ? Etait-il déjà mort ? Quand il essaya de se rappeler ce qui lui était arrivé la nuit dernière, son cerveau l'en empêcha en propageant plus de douleur dans son corps. Oliver était un battant, mais même pour lui c'en était trop.

« Oh, ma tête me fait si mal » marmonna-t-il même s'il savait que personne ne pouvait l'entendre. Mais oh combien il se trompait...

« C'est totalement compréhensible au vu des circonstances. Heureusement, je suis ici pour éclaircir certaines choses avec vous. » dit une voix familière à Oliver. Quand il se rendit compte qu'il avait entendu une voix dans ce gigantesque désert, il se retourna pour découvrir son étonnant visiteur. Et en voyant Harry devant lui, il commença vraiment à penser qu'il était soit mort, soit en train de devenir fou. Et à vrai dire, il n'était pas sûr de savoir quelle option il préférait.

« Eh bien, vous avez l'air vraiment ravi de me voir » déclara Harry, mais Oliver était encore si bouleversé par toute cette situation qu'il ne trouva rien à dire. Tout lui semblait étrange et impensable, il n'arrivait pas à y croire. Même s'il le voulait.

« Pas très bavard je suppose ? Ce n'est pas grave, je suis un vrai moulin à paroles » dit Harry en souriant. »

« Où suis-je ? Est-ce que je suis mort ? » demanda finalement Oliver, effrayé d'entendre la réponse, mais il avait besoin de savoir ce qui lui était arrivé la nuit passée.

« Si j'en crois votre dossier, vous n'êtes pas encore mort, même si vous n'étiez pas très loin d'y passer. Et à présent, vous êtes en train de dormir. »

« Et où sommes nous ? »

« Peut-être au Sahara » dit Harry en se grattant la tête alors qu'il observait les alentours.

« Le Sahara, vraiment ? Et je dois croire que tu es aussi ici, Harry ? De toutes les personnes que je connais, pourquoi toi ? Et une minute... Depuis quand tu me vouvoies ?»

« Ne soyez pas ridicule Oliver. Je ne suis pas Harry, je suis quelque chose de complètement différent. Je suis un peu comme votre guide dans ce rêve, parce que nous savons tous deux que si cela ne tenait qu'à vous, vous resteriez bloqué ici pour l'éternité. Donc en fait, vous devriez plutôt me remercier. Et la raison pour laquelle je ressemble à Harry est très simple. J'ai simplement pris son apparence, j'ai pensé que vous vous sentiriez plus à l'aise en voyant un visage familier. Mais je peux changer d'apparence si vous préférez, en fait, je peux être qui vous souhaitez. Par exemple, une informaticienne avec une queue-de-cheval. » dit Harry en souriant. En claquant des doigts, il se changea immédiatement et pris l'apparence de Felicity. Cela laissa Oliver encore plus stupéfait qu'il ne l'était déjà. Et pour la première fois depuis des années, il était vraiment sans voix.

« Je suis une fille ! En fait, c'est la première fois, je me sens si différente » cria-t-elle de joie. « Mais attendez, si ce n'est toujours pas à votre goût, je peux être quelqu'un d'autre. » Alors qu'elle se transformait en Sara, Oliver n'arrivait toujours pas à comprendre ce qui se passait.

« Non, je sais qui vous rendrait le plus heureux » s'exclama Sara en se transformant en Barry. « Je pensais peut-être avoir perdu la main, mais je crois que j'ai finalement réussi, j'ai trouvé la personne que vous aimez le plus au monde. J'ai raison ? » dit Barry avec un sourire sournois. Jusqu'ici, Oliver n'était pas capable de penser clairement, tout était vraiment confus mais quand ses yeux se posèrent sur Barry, il se rappela soudain les événements de cette journée où Barry et lui s'étaient disputés. Quand tout lui est revenu, il fit un regard noir à Barry pour bien lui faire comprendre qu'il n'aimait pas cette apparence et qu'honnêtement, il aurait préféré n'importe quelle autre.

« Ce n'est pas drôle ? Sujet sensible, je suppose ? Mais c'est dommage, je pense que c'est cette apparence que j'aime le plus » dit-il avec un sourire en coin, mais en se changeant à nouveau en Harry. « Mieux ? » Oliver ne répondit pas, toute cette situation commençait à être vraiment fatigante.

« Je vais me réveiller. » déclara Oliver en se pinçant la peau.

« Ah oui ! Très intelligent ! Comme si ça avait déjà marché pour quelqu'un. Avec tous les films que vous avez vu, vous croyez encore que se pincer peut vous réveiller ? » demanda Harry alors qu'il applaudissait avec sarcasme.

« Alors je devrais trouver un moyen de me suicider. Je suis sûr que ça pourrait me réveiller. » déclara Oliver, sans aucune hésitation.

« Oh, du calme Dicaprio. Au vu de ce qui nous a amené ici, je pense que vous avez déjà touché la mort de trop près pour une seule vie. Essayons un autre moyen pour sortir d'ici, voulez-vous ? »

« Alors dites-moi quelque chose que je ne sais pas ! Dites moi comment j'ai atterri ici, ce qui m'est arrivé et comment je peux sortir d'ici ! »

« Bien sûr que je pourrais faire ça, mais ce ne serait pas drôle si je vous disais tout, non ? » dit Harry en souriant avec défi. Oliver commençait à être fatigué de tout ça, mais il gardait toujours son sang-froid et heureusement, il n'avait pas encore craqué, même s'il n'en était pas loin. Et pour calmer son esprit, il essaya de se concentrer sur autre chose.

« Pourquoi sommes-nous au Sahara ? » demanda-t-il.

« Des questions, encore des questions. Votre cerveau parfait n'a pas les réponses ? Ca doit être perturbant. » répondit Harry de manière sarcastique. « C'est votre rêve, Oliver, et même si ça peut sembler étrange, le fait que nous soyons au Sahara ne dépend que de vous. »

« Alors pourquoi j'ai froid ? »

« Qu'est-ce que j'en sais Oliver ? Pourquoi tout doit avoir un sens pour vous ? Vous commencez à être vraiment agaçant. Au moins, quand j'étais Barry, vos pensées semblaient être autrement occupées » remarqua Harry avec un sourire suffisant sur son visage, ce qui énervait de plus en plus Oliver.

« Vous m'avez dit que vous pouviez m'aider à éclaircir certaines choses, alors je vous suggère de commencer maintenant. » déclara Oliver avec une voix quelque peu menaçante.

« Comme c'est demandé si gentiment, je vais vous en dire plus. Par exemple, de quoi vous rappelez-vous à propos d'hier ? »

« Je ne suis pas sûr, c'est un peu flou. » répondit Oliver en regardant le sol.

« Menteur » murmura Harry comme si c'était la chose la plus évidente au monde.

« Pardon ? » s'exclama à nouveau Oliver d'une voix menaçante.

« Je ne fais que pointer l'évidence. S'il vous plaît, Oliver, ne me mentez pas. Cela ne vous aidera pas, je sais toujours quand vous mentez. »

« Oh vraiment ? Si vous ne me dites pas quelque chose d'utile, pour changer, je vous promets de vous faire des choses que vous ne pourrez jamais oublier ! Est-ce que je mens là ? »

« Oui, vous mentez. Et pas besoin de crier. Nous sommes au milieu de nulle part, littéralement, et je peux parfaitement vous entendre. Bien que je préférerais parfois ne plus vous entendre, car la plupart du temps ce ne sont qu'insultes et menaces qui sortent de votre bouche. Et c'est vraiment triste, car on vous a accordé ce remarquable cerveau et un cœur d'or, mais à chaque fois que vous avez la chance de les utiliser comme il le faudrait, vous vous enfuyez. Et pourquoi ? Parce que vous avez tout le temps peur que les choses ne marchent pas pour vous, même maintenant. Peut-être que ça marchera, peut-être ça ne marchera pas. Et alors ? Ce qui est vraiment important, c'est que même si vous échouez de nombreuses fois, vous n'abandonnerez pas. Alors dites-moi, s'il vous plaît, qu'est ce qui s'est passé la nuit dernière ? »

Oliver resta silencieux pendant un moment, n'osant pas regarder Harry même une seconde, car il avait raison. Et pas seulement avec le discours à la con qu'il était en train de lui servir sur le fait de ne pas abandonner, mais aussi parce qu'il se rappelait maintenant de tout ce qui lui était arrivé.

« Je suis allé à STAR Labs et j'étais vraiment au bord du gouffre, parce que Sara m'avait quitté la veille. Et j'avais en quelque sorte besoin de me défouler et Barry semblait être la cible parfaite. Nous nous sommes disputés et il a démissionné par ma faute et vous, enfin Harry, m'a renvoyé. Après tout ça, c'était vraiment difficile de contrôler mes émotions. J'étais furieux contre toi, contre Barry, contre Sara et contre moi, et tous mes souvenirs sont apparus dans mon esprit, comme si j'étais en train de les revivre. J'ai essayé de penser à autre chose, de travailler à mon appartement, mais ça ne m'aidait pas. Du coup, je suis retourné à STAR Labs en pensant que ça m'aiderait à faire disparaître toutes ces pensées de mon esprit, mais encore une fois, j'ai échoué. Et avant que je m'en rende compte, j'avais une bouteille à moitié vide à la main, et toutes mes émotions étaient plus intenses que jamais. Ça me fit même penser qu'en finir pour de bon était une bonne idée. Si j'avais eu l'esprit clair, ça ne serait jamais arrivé. Mais c'est tout ce que je sais, après ça, j'ai perdu connaissance. »

« Je vous crois Oliver mais ça ne peut pas continuer comme ça, sinon ça vous détruira complètement. »

« Pourquoi étiez-vous si sûr que je mentais quand je vous ais menacé ? »

« Car même si je ne suis pas vraiment Harry, je ne pense pas que vous pourriez lever la main sur moi. Comme je le disais, vous avez un cœur en or mais pour l'instant, vous faites croire à tout le monde qu'il est de pierre. Et beaucoup de gens le pense. Il est grand temps de changer ça.

« Qu'est ce que vous suggérez ? »

« Pour l'instant, vous êtes toujours vivant dans le monde réel, mais endormi. Et vous devez faire un choix, si vous voulez vous réveiller ou non. Et je suis là pour vous aider à faire ce choix. Qu'est-ce que vous en dites ? Vous acceptez mon offre ? » demanda Harry en tendant sa main à Oliver, qui était tout d'abord un peu hésitant, mais qui après quelques secondes, accepta sa proposition.

« Par quoi on commence ? » demanda Oliver.

« J'aimerais bien le savoir, mais en vérité, ces rêves sont assez imprévisibles et vu que c'est votre rêve, nous pourrions être bloqué ici pendant des jours. »

« Vous voulez dire que nous devons trouver un moyen de sortir de ce désert ? »

« J'ai bien peur que oui, mais ne vous inquiétez pas. Je crois en vous. Vous pouvez le faire. De plus, ça pourrait être pire.

« Vous avez une façon fort sympathique de réconforter quelqu'un, vous le savez ? » déclara Oliver avec sarcasme.

« C'est mon travail. » répondit Harry avec un grand sourire, et ils commencèrent tous deux leur voyage pour trouver leur chemin jusqu'à la partie suivante du rêve.


Barry se dépêcha de retourner à son appartement, car cette journée devenait de plus en plus étrange et il n'en voyait pas le bout. Mais vu que le soleil venait à peine de se coucher, la chance n'était pas vraiment de son côté... Ou peut-être que si ?

Alors qu'il essayait de rentrer dans son appartement, il fut surpris d'être arrêté par plusieurs hommes en uniforme.

« Nous sommes désolés monsieur, mais vous ne pouvez pas entrer ici » déclara l'un des hommes. Ils ne semblaient pas être des policiers, car même s'il faisait nuit, Barry pouvait clairement voir que leurs uniformes n'étaient pas ceux que portaient la police. En les regardant plus attentivement, il comprit que c'était des exterminateurs.

« Mais je vis ici » protesta Barry, désorienté.

« Nous sommes désolés, mais il semblerait que ce bâtiment soit infesté par un nombre impressionnant de guêpes. Plusieurs nids ont été trouvé jusqu'ici, mais nous n'avons pas encore pu nous en débarrasser. »

« Et combien de temps cela va vous prendre ? » demanda Barry, déjà contrarié par l'issue de cette journée.

« Nous ne sommes pas sûr, mais cela peut prendre plusieurs mois, six mois maximum » répondit le deuxième homme.

« Plusieurs mois ? Où est ce que je suis censé aller ? J'ai toutes mes affaires ici » demanda Barry, terrifié par cette idée.

« Nous sommes vraiment désolé, mais nous ne pouvons pas vous laisser récupérer vos affaires. Le nombre de guêpes vivant ici est vraiment énorme, et cela pourrait être dangereux d'aller à l'intérieur. Nous vous suggérons de trouver un autre endroit où vous réfugier jusqu'à ce le bâtiment soit sûr. Nous vous tiendrons informé. » dit l'un d'eux alors qu'ils retournaient dans le bâtiment derrière eux. Super, comme si cette journée ne pouvait pas être pire, se plaignit Barry tout en se dirigeant vers son futur refuge. Il était sûr que Joe l'accueillerait, au vu des circonstances. Après tout, il était assez triste quand Barry avait déménagé, donc cela ne devrait pas vraiment poser de problèmes, enfin, c'est ce que Barry pensait.


Oliver marchait, marchait et marchait encore, sans doute depuis des heures, mais vu que ce n'était qu'un rêve, cela aurait tout aussi bien pu être seulement quelques minutes. Il était tellement fatigué, mais dans son champ de vision, il ne voyait rien d'autre que du sable, ce qui signifiait qu'il devait continuer. Il n'y avait pas d'alternative.

« Vous savez, je vous admire. Beaucoup de gens aurait sans doute déjà abandonné, mais pas vous » déclara Harry

« Que voulez-vous que je vous dise ? Vous n'êtes pas du genre à abandonner non plus. Sinon vous auriez déjà arrêter d'essayer de m'embêter. »

« Ne soyez pas si naïf Oliver, après tout vous me connaissez. »

« Malheureusement » murmura Oliver de manière sarcastique, mais Harry l'entendit et lui frappa doucement le bras.

« C'est comme ça que vous parlez à votre père adoptif ? » demanda-t-il, offensé. « Vous savez quoi ? Ne me répondez pas, je ne veux pas vraiment savoir. Ça ne ferait que me contrarier encore plus. »

« Comme vous voulez. »

« Mais je pense que vous avez déjà prouvé que vous méritez mieux et vu que ce sable me sort par les trous de nez, je pense que nous devrions passer à la prochaine étape de ce rêve. » déclara Harry en claquant des doigts, et soudain, ils se retrouvèrent dans un endroit complètement différent, et à la place de Harry, c'était maintenant Felicity qui se tenait devant Oliver.

« Et pourquoi vous n'avez pas fait ça plus tôt ? » demanda Oliver, agacé.

« Vous savez, c'est vraiment une histoire très drôle. Honnêtement, je ne pouvais pas le faire tout de suite, parce que ce rêve a des règles vraiment bizarres, ce n'est qu'après un certain temps j'ai pu nous sortir du désert. » se défendit Felicity d'un ton innocent.

« Depuis combien de temps vous pouviez claquer des doigts, exactement ? »

« Ce n'a pas d'importance, nous sommes ici maintenant et nous allons tout faire pour vous sortir de là. »

« Qu'on soit clair, je veux sortir d'ici plus que tout, mais c'est assez difficile quand vous êtes constamment en train de vous moquez de moi en me faisant marcher des kilomètres sans raison » déclara Oliver, plus ennuyé qu'en colère.

« Oui, je l'admets, ce n'était pas très approprié, mais encore un fois, ce ne serait pas drôle sinon » dit-elle en lui offrant un sourire moqueur.

« Qui a dit que les rêves étaient censés être drôle ? »

« Et qui a dit qu'ils ne l'étaient pas ? » lui rétorqua-t-elle et Oliver ne su plus quoi lui répondre, parce qu'il venait de reconnaître l'endroit où ils se trouvaient. Cette pièce était gravée dans sa mémoire, bien plus qu'il ne l'imaginait. Toutes ces nuits sans sommeil où il se levait et passait du temps ici, à lire tous les livres qui attiraient son regard. Mais même à ce temps-là, sa vie n'était pas vraiment facile. Même si les adultes étaient gentils avec lui, il ne pouvait pas en dire de même pour les enfants. Dès qu'il était arrivé, ça avait été l'enfer, certains enfants se défoulaient sur lui, parce qu'il était bizarre et faible, et les autres ne voulaient pas s'embêter à l'aider ou à le défendre. Et quand sa sœur avait été adopté, la situation s'empira, il n'avait plus personne de son côté, plus d'ami à qui raconter ses secrets, plus personne pour le faire rire en toutes circonstances. Tout ça n'existait plus et il s'était encore plus renfermé sur lui-même. Tous ces souvenirs réapparaissaient dans son esprit alors qu'ils se trouvaient dans la bibliothèque de l'orphelinat, l'endroit qu'il considérait alors comme un refuge, mais pour lui c'était pire que l'enfer.

La pièce était déserte. La plupart des enfants ne savaient même pas que cet endroit existait, parce qu'ils n'en avaient pas besoin. Pendant leur temps libre, ils jouaient ou faisaient d'autres choses, ce qui arrangeait bien Oliver, qui considérait la bibliothèque comme son repaire, là où il pouvait venir passer le temps et se changer les idées. Dans cette bibliothèque, il pouvait être qui il voulait. Soudain, Oliver et Felicity s'aperçurent que la pièce n'était pas entièrement déserte. Une âme perdue était là, en train de lire un livre et de vivre une autre vie.

« Haaan, j'ai toujours voulu voir Oliver petit. Tu étais si mignon quand tu étais enfant » s'écria Felicity en s'approchant du petit Oliver, qui continuait de lire son livre. Apparemment, il ne peut pas nous voir ou nous entendre, pensa Oliver.

« Je croyais que, comme vous l'avez si bien dit, prendre l'apparence de Felicity, ce n'était pas vraiment être elle » remarqua Oliver en haussant un sourcil.

« C'est exact, je ne suis pas Felicity, mais quand je prends l'apparence de quelqu'un, je m'adapte à son comportement, donc la plupart du temps je fais ou dis des choses qui aurait pu venir d'eux. Même si je ne suis pas parfait et que j'ai toujours des hauts et des bas, j'essaye de m'améliorer et d'être un meilleur ou une meilleure guide pour vous. Et vous seriez d'accord avec moi si vous pouviez vous rappeler de vos rêves. »

« Vous étiez dans tous mes rêves ? » demanda Oliver, médusé.

« Oui, dans chacun de vos rêves, mais parfois j'étais bien caché, donc vous n'aviez aucune chance de m'apercevoir. Mais même si vous m'aviez vu, cela n'aurait pas eu d'importance, vu que vous m'auriez aussitôt oublié. C'est comme ça que marche les rêves, même si vous vous en souvenez clairement pendant un moment, il ne faut pas longtemps avant que vous vous souveniez seulement de petites parties qui n'ont plus aucun sens quand elles sont séparées. Et alors, ce n'est qu'une question de temps avant que vous ne l'oubliez entièrement. »

Oliver se demandait s'il allait aussi oublier ce rêve, mais pour l'instant, il n'y avait rien d'assez marquant pour qu'il s'en souvienne, alors il décida que cette question pouvait attendre.

« Et vous faites ça pour me détendre et que je sois à l'aise ? Dans ce cas, vous n'êtes pas en train de faire du très bon boulot. Surtout en me vouvoyant. » déclara Oliver de manière sarcastique.

« Tu es horrible et je te déteste. » dit Felicity en fronçant malicieusement les sourcils. Mais avant qu'Oliver ne puisse lui répondre, il se souvint soudainement de ce jour de son passé, et peu après la porte s'ouvrit doucement pour révéler deux personnes, un homme et une femme. Ils portaient tous deux des cartons remplis de livres, et s'apprêtaient à les mettre sur les étagères. Bien que Felicity ne sache pas qui pouvait être la femme, elle reconnut celui qui se tenait à côté d'elle : Harrison Wells. Cela fit sourire grandement la guide et Oliver. Il était si jeune et plein d'espoir, et bien qu'Oliver l'aimait en sachant ce qu'il était, le voir comme ça alors qu'il était adulte rendait tout différent, mais dans le bon sens. Ce Wells semblait si jeune et plein d'espoir, et même si Oliver aimait le Harry du présent, c'était agréable de voir, quelques années en arrière, à quoi ressemblait l'homme qui l'avait élevé. Cela lui permettait de le voir sous un autre angle.

« Nous vous sommes vraiment reconnaissants pour votre aide, Docteur Wells, ça compte vraiment beaucoup pour chacun d'entre nous. » dit la femme en lui souriant chaleureusement.

« Ce n'est pas grand chose, vraiment. Je suis content de vous aider, quand vous voulez » répondit Wells, sincère, et c'est là que ses yeux se posèrent sur le mystérieux lecteur, assis sur le canapé, lisant Oedipe Roi, ce qui laissa Harry sans voix. Selon lui, le garçon ne pouvait qu'avoir environ qu'onze ou douze ans et le fait qu'il soit en train de lire ce livre en particulier n'était pas normal ou habituel d'après Harry. C'est là qu'il se rappela avoir lu un article parlant d'un garçon qui avait perdu ses parents et qui vivait à l'orphelinat. Ce serait vraiment lui ? Se demanda Harry, parce qu'il se souvenait que ce garçon avait une mémoire eidétique et qu'il était très intelligent. Et maintenant que la chance lui souriait, il était prêt à en profiter.

« Hum, ce garçon, qui est-ce ? » demanda Harry, ne quittant pas le petit Oliver des yeux.

« C'est Oliver Queen. Un pauvre gamin qui a perdu ses parents il y a tout juste un an. Son père est mort en mer et sa mère a attenté à ses jours. Il est arrivé ici avec sa sœur mais la chance n'était pas de leur côté et peu après ils furent séparés. » expliqua la femme d'une voix triste.

« Et il n'a pas encore été adopté? »

« Personne ne veut de lui, ils pensent tous qu'il est étrange. C'est vrai qu'il est différent des autres enfants de son âge et que c'est parfois difficile de lui parler, mais rien n'est impossible, même pour lui. Il a seulement besoin de retrouver une vraie famille. »

« Est-ce que je peux lui parler ? » demanda Harry d'un ton hésitant, car s'il n'avait rien n'a perdre, il avait quand même peur de l'issue de cette discussion. La femme, cependant, hocha légèrement la tête en lui faisant un sourire encourageant et chaleureux. Harry prit une grande inspiration et se dirigea vers le garçon.

« L'oubli... Qu'il est doux de perdre la conscience de ses malheurs. » dit Harry en citant les mots exacts du livre alors qu'il s'approchait d'Oliver.

« J'ai raison, pas vrai ? » Le jeune Oliver leva la tête de son livre pour examiner timidement l'inconnu devant lui.

« Vous vous trompez. Certaines personnes ne peuvent pas oublier les choses qui leur sont arrivées, elles ont toujours conscience de leurs malheurs, leur peine reste toujours à leur côté et ne les quittent jamais. » déclara le petit Oliver froidement avant de retourner à son livre.

« Peut-être que tu ne peux pas oublier tes malheurs, mais c'est à toi de choisir si tu veux y penser ou non. C'est toujours toi qui contrôle ton esprit. »

« Vous dites ça comme si c'était la chose la plus facile au monde » dit Oliver d'un ton moqueur.

« Ce n'est pas facile, ça ne le sera jamais, mais c'est mieux que de se noyer dans ses souvenirs et ne pas aller de l'avant. » Oliver releva la tête et regarda l'homme devant lui en pensant aux mots qu'il venait de prononcer. Même s'il les avait compris, ils semblaient étranges pour lui, comme si ces mots provenaient d'une langue qu'il n'avait jamais apprise.

« Tu aurais pu oublier ce qui s'est passé, même si ces souvenirs sont toujours absolument terrifiants, mais tu as choisi de ne pas le faire et c'est pour ça que tu souffres autant. Tu refuses de tourner la page, mais honnêtement, je te comprends. En fait, je pense qu'il est vraiment difficile d'aller de l'avant dans un endroit comme celui-ci. »

« Alors pourquoi vous me dites ça ? Pour que je me sentes encore plus mal d'être bloqué ici ? Que je ne peux pas partir parce que personne ne veut de moi ? » demanda Oliver, bouleversé, mais Harry pouvait voir que ce n'était pas la haine ou la rage qui emplissait ses yeux, mais bien de la peur et du chagrin. Et à ce moment-là, il su ce qu'il allait faire.

« Je te dis tout ça, parce que je veux te donner la chance de vraiment choisir cette fois. Parce que de tous les maux, les plus douloureux sont ceux que l'on s'est infligés à soi-même. » dit Harry avec un grand sourire, en citant à nouveau le livre. « Alors qu'est-ce que tu en dis ? Est-ce que tu viens avec moi, Ollie ? » Harry l'avait appelé par ce surnom seulement quelques fois pendant le temps qu'ils avaient passé ensemble, mais Oliver gardait chacun de ces moments dans son cœur, parce que cela lui rappelait qu'il avait un foyer. Et même s'il avait rarement repensé à ces souvenirs, ces souvenirs heureux, il les avait toujours chéris. Et maintenant qu'il pouvait clairement voir de ses propres yeux toute cette joie et ce bonheur, ces souvenirs parcouraient son corps et éclairaient chaque partie obscure de son esprit.

Le petit Oliver regarda Harry d'un air horrifié, parce que personne ne lui avait jamais parlé comme ça. Même quand des gens avait essayé de le comprendre, personne n'avait vraiment réussi. Et l'idée qu'il ait enfin trouvé une nouveau chez lui était très tentante, plus qu'il ne l'avait imaginé. Et même s'il restait sceptique et avait peur que tout cela ne marche pas, il ne pouvait pas refuser. Alors, il hocha légèrement la tête et pour la première fois, il croisa le regard de Harry. C'était une nouvelle opportunité pour lui et il ne voulait rien d'autre que de la saisir et de s'en servir correctement. Alors Oliver se leva et sortit de la bibliothèque avec Harry, laissant l'Oliver du présent et la guide avec l'apparence de Felicity seuls dans la pièce.

« Il vous a emmené avec lui, juste comme ça ? Il venait juste de vous rencontrer, mais il l'a fait quand même. » s'exclama Felicity.

« Il ne m'a pas seulement emmené. Il a fait de moi un membre de sa famille, il m'a fait comprendre que je pouvais réussir de grandes choses, il m'a donné tout ce que j'avais perdu. Il m'a appris tout ce que je sais et grâce à lui je pouvais à nouveau dire que j'avais un chez-moi. »

« Pour moi, il a l'air d'être un père parfait » dit Felicity avec un grand sourire. Oliver rit doucement, regarda ses pieds et murmura : « Le meilleur »

« Alors pourquoi n'avez vous pas saisi la chance qu'il vous a donné ? » demanda la guide, mais Oliver ne lui répondit pas. Oui, Oliver, pourquoi hein ? Se demanda-t-il intérieurement. Cependant, il n'eut même pas le temps de formuler une réponse, alors que ce qui l'entourait se transformait et se changeait une nouvelle fois, en un autre lieu familier : le bar Saints and Sinners de Central City.


Barry déverrouilla la porte de son ancienne maison. Quand il avait déménagé, il avait gardé sa clé et avait reçu également la permission de passer à chaque fois qu'il le souhaitait, et ce soir, ça l'arrangeait beaucoup. Quand il entra, il n'y avait personne dans le salon, alors il appela Joe et se dirigea vers la cuisine dès qu'il entendit sa réponse. Cependant, quand il entra dans la cuisine, Joe n'était pas le seul à attendre sa venue.

« Bonsoir Barry » dit le Docteur Wells en souriant du bout des lèvres avant de prendre une gorgée de son verre. Barry hocha légèrement la tête, mais cela serait mentir de dire qu'il était ravi de voir le Docteur Wells. Cela faisait un moment qu'il l'évitait, depuis le jour où lui et Oliver s'étaient disputés. Quelque chose lui disait que le Docteur Wells ferait tout son possible pour faire disparaître la tension entre Oliver et lui, mais ce n'était pas vraiment ce dont il avait besoin. Et jusqu'ici, il n'avait pas eu de mal à l'éviter, il l'avait seulement revu une fois, quand Wells s'était précipité à l'hôpital pour voir pauvre fils adoptif. Ce jour-là, Barry reçut toute la gratitude et les remerciements de cet homme et il était sûr de ne l'avoir jamais vu aussi malheureux qu'à ce moment précis. Il était si vulnérable et c'est vraiment à cet instant que Barry pu voir combien Oliver comptait pour lui. Et bien que Barry était vraiment soulagé d'avoir pu sauver la vie d'Oliver, il pouvait voir que cela devenait de plus en plus tendu entre Wells et lui. Est-ce qu'il le tenait responsable de ce qui était arrivé ? Barry n'en avait aucune idée, mais continuer de l'éviter semblait la meilleure option pour tout le monde.

Et Harry le savait. Il était bien conscient que Barry l'évitait et il n'aimait pas ça. Même si au vu des circonstances, il n'avait pas envie de le brusquer, il voulait simplement lui laisser du temps. Il lui était reconnaissant et il l'avait remercié, et à présent la seule chose qui lui importait était qu'Oliver se réveille. Il était au courant que Barry rendait visite à son fils adoptif la nuit tombée. En fait, c'était grâce à lui que Barry pouvait venir le voir. STAR Labs a toujours officiellement fermée ses portes le soir, tout en permettant de laisser entrer les personnes qui y travaillaient. Et étant donné que Barry avait été employé dans ce bâtiment, le système se souvenait de lui. Harry n'avait pas eu le cœur de l'effacer. Après tout, Barry voulait simplement voir Oliver et Harry n'y voyait aucun inconvénient.

« Qu'est-ce qui ne va pas Barr ? » demanda Joe quand il remarqua le regard perdu qu'avait Barry.

« Euh, rien de grave, c'est juste que... il semblerait que mon immeuble soit infesté par des guêpes et que je ne puisse pas y retourner avant que les exterminateurs ne s'en soient débarrassées. Est-ce que je peux rester ici Joe ? J'ai encore quelques vêtements là-haut, donc ça ne devrait pas être un problème. »

Mais dès que Barry finit sa phrase, il vit soudainement l'expression sur le visage des deux hommes changer. On aurait dit que Harry venait juste d'avoir une idée merveilleuse et que Joe était embêté. Barry confus, regardait les deux hommes tour à tour.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il, terrifié de connaître la réponse. Les deux amis échangèrent un long regard, communiquant dans ce langage secret connu d'eux seuls. Quand ils posèrent à nouveau les yeux sur Barry, Joe soupira profondément et Harry posa son verre avant de s'approcher du jeune homme.

« Ce qu'il y a, Barry, c'est que quand Oliver se réveillera, rien ne nous garanti qu'il réagira bien à tout ça. Bien que je pense que ce n'était qu'un accident, et qu'il n'aurait pas fait ça s'il avait eu les idées claires, il est toujours possible qu'il aurait préféré mourir. Par conséquent, on ne peut pas être sûr qu'il ne réessayeras pas. » déclara Harry, essayant de cacher combien il était malheureux et brisé en prononçant ces mots, ces faits.

« Ce que je veux dire, c'est que maintenant, il ne peut plus vivre seul. » dit Harry, laissant Barry comprendre par lui-même, mais on pouvait lire le déni sur le visage du jeune homme, même s'il se doutait de ce que cela impliquait, il refusait de voir ça comme une possibilité.

« Et qu'est ce que j'ai à voir là-dedans ? » demanda Barry, confus.

« Il veut que tu emménages avec Oliver » dit Joe en soupirant à nouveau, ce qui laissa Barry sous le choc.

« Quoi ? » demanda Barry en croisant les bras.

« Ça ne serait pas pour longtemps. Il a seulement besoin de temps, et vous pourriez... tu pourrais vraiment l'aider. Mais dès que son état ce sera amélioré, tu seras libre de partir, si c'est ce que tu souhaites. » supplia Harry d'un regard plein d'espoir.

« Pourquoi il n'emménagerait pas avec vous ? » dit Barry en fronçant les sourcils.

« Tu penses que ce n'est pas ce que je veux ? Ce serait le choix le plus évident, mais en vérité, je le connais, alors crois moi, je t'assure qu'il préférerait vivre avec toi plutôt que moi. J'ai essayé de l'aider, de le convaincre de retourner vivre avec moi, mais il ne voulait pas m'écouter. »

« Mais pourquoi moi ? Il me déteste ! Je suis certainement la dernière personne qu'il voudrait accueillir sous son toit maintenant. » protesta Barry.

« Barry, il y a quelques jours j'ai faillit perdre mon fils. Quand Felicity m'a appelé et m'a résumé la situation, tout autour de moi s'est arrêté. Il n'y avait plus rien, plus de Harrison Wells pensant à toutes les grandes choses qu'il pourrait accomplir. A la seule pensée qu'Oliver était en train de quitter ce monde, si tôt, sans un au revoir, je n'avais jamais été si brisé, bouleversé et effrayé qu'à cet instant là. Et je ne veux pas éprouver une nouvelle fois ces sentiments. Mais tu as dissipé ma peine en le sauvant, et si tu n'étais pas arrivé à temps, Oliver serait mort. C'est pour ça qu'il n'y a qu'à toi que je peux faire confiance pour prendre soin de lui si la même situation se reproduit. S'il te plaît Barry. » le supplia Harry comme si sa vie en dépendait. Mais même en l'implorant, il n'eut pas de réponse de la part de Barry, il pouvait toujours lire le déni imprimé sur son visage, pour Barry, ce n'était pas si simple. Il voulait aider Oliver à récupérer, mais il était terrifié à l'idée de vivre avec lui, sous le même toit, pour sans doute plusieurs mois.

« Harry, tu peux nous laisser une minute ? » interrompit Joe. Harry acquiesça de la tête, peinant à masquer son désespoir et se dirigea vers la porte d'entrée, mais fut stoppé dans son élan par la sonnerie de son téléphone. Il décrocha immédiatement et dès qu'il comprit ce qu'on lui disait à l'autre bout du fil, il répondit, excité : « J'arrive tout de suite ! » et il sortit rapidement de la maison de Joe, se précipitant vers STAR Labs.

Barry regarda Joe, toujours debout dans la cuisine, et il ne pu s'empêcher de voir une pointe de déception dans les yeux de son père.

« Qu'est-ce que tu voulais que je dise Joe ? Je devrais le rattraper et lui dire que j'accepte son offre ? » dit Barry en soupirant.

« Non, en fait, je veux seulement que tu fasses ce qui te semble juste »

« Tu me connais, je fais de mon mieux pour aider les gens auxquels je tiens » dit Barry, et Joe lâcha un petit rire moqueur.

« Essaye simplement de voir ça d'un autre point de vue. Toi, mieux que quiconque, tu sais comment Oliver peut se sentir. Et je pense que c'est pour ça que Harry veut que tu l'aides. Il te voit comme quelqu'un qu'Oliver aurait pu devenir ou pourrait devenir avec de l'aide. Barry, tu peux améliorer la dynamique entière de STAR Labs. Tu apportes avec toi cette lumière, cette énergie. Tu illumines tout ce qui t'entoure, tu sais. Et le plus important, c'est que tu vois le meilleur en nous, en chaque personne que tu croises, y compris en Oliver, et c'est pour ça que je crois que tu peux l'aider. Alors ne perds pas ta lumière maintenant, Barr. » dit Joe avec un grand sourire, et Barry lui rendit le même sourire, appréciant ces mots, car c'était exactement ce qu'il avait besoin d'entendre.


Les traits d'Oliver changeaient et formaient de multiples expressions alors qu'il parcourait son esprit afin de trouver le prochain souvenir qu'ils allaient explorer. Quand il compris enfin quel était ce souvenir, il rougit aussitôt d'embarras. Et alors qu'il se retournait pour regarder la guide, il avait de nouveau l'apparence de Harry, ce qui n'améliora pas son humeur.

« Vous n'en avez pas marre de changer d'apparence ? » dit Oliver en fronçant les sourcils, comme pour essayer de cacher la gêne évidente qu'il éprouvait.

« Si vous étiez moi, vous trouveriez ça aussi existant que moi » gloussa le guide.

« Est-ce que nous pouvons aller dans un autre souvenir, s'il vous plaît ? » supplia Oliver, le désespoir se lisant sur son visage, ce qui convainquit encore plus le guide de rester.

« Est-ce que vous rougissez ? Vous, Oliver Queen, celui qui agit froidement en permanence, est en train de rougir ? » dit Harry d'un ton moqueur. « Je pense que c'est sans doute le meilleur jour de ma vie »

« Ce n'est certainement pas quelque chose que Harry dirait » protesta Oliver, en espérant changer de sujet, mais sans succès.

« Taisez vous et appréciez le spectacle » dit finalement Harry en désignant l'une des tables où Felicity et Oliver étaient assis en train de boire. Cette soirée s'était déroulée il y a environ un an, mais Oliver savait très bien pourquoi ce souvenir était si important.

« C'est à ton tour maintenant » déclara le jeune Oliver en riant, après avoir bu une gorgée de bière.

« Exactement, c'est l'heure de ma revanche ! Et cette fois, je vais te faire payer pour toutes ces actions horribles et embarrassantes que tu m'as fait faire. Cette fois, je vais vraiment t'en faire baver » le menaça d'un ton joueur Felicity, riant alors que l'alcool lui faisait tourner la tête. Elle pensait qu'Oliver et elle devrait sortir plus souvent et sans savoir pourquoi, elle voulait s'amuser plus que de raison. C'est pour ça qu'elle avait choisi de jouer à action ou vérité. Même si Oliver n'aimait pas l'idée, avec un peu de persuasion, il avait cédé.

« Dans tes rêves Felicity. Tu dis ça depuis que nous sommes arrivé, mais pourtant, la seule chose qui peut m'en faire baver, c'est le nombre d'actions que je te prépare. » rétorqua Oliver alors qu'un sourire en coin apparaissait sur ses lèvres. Tout le monde savait que Felicity n'était pas douée à ce jeu. Aucune de ses questions ou de ses actions ne lui faisaient peur, bien qu'il s'inquiétait que cela puisse changer avec la quantité d'alcool qui augmentait dans son organisme. Il devait bien l'admettre, elle semblait plus détendue et prête à le faire souffrir, mais jusqu'ici, elle n'avait pas encore réussi.

« Tu vas regretter d'avoir dis ça. » déclara Felicity en regardant autour d'elle pour trouver quelque chose qu'elle pourrait utiliser. Et il ne lui fallu pas longtemps pour remarquer un groupe de filles de son âge qui buvaient au bar. La façon dont Oliver regardait la blonde du groupe depuis qu'ils étaient là n'avait pas échappé à Felicity. Alors une idée lui traversa l'esprit, et même si c'était une action vraiment horrible, elle en avait plus qu'assez des moqueries d'Oliver. C'était à son tour.

« Tu vois cette fille là-bas ? » dit-elle en désignant la blonde. Quand les yeux d'Oliver se posèrent sur la personne, avec qui était sa prochaine action, le rose de ses joues disparu pour se changer en une teinte bien plus pâle. Maintenant, il était sûr qu'avec cette action, il allait en baver. Mais il n'y avait pas de retour en arrière et en plus, il avait encore une petite chance que cela ne soit pas si terrible.

« Je veux que tu ailles la voir et que tu lui donne une claque sur... »

« S'il te plaît, pas les fesses » l'interrompit Oliver qui rougissait à nouveau.

« J'allais dire son derrière, mais je pense que tu as compris » dit Felicity en gloussant.

« Pas question que je fasses ça. Peut-être que tu es assez bourrée pour ce genre d'action, mais ce n'est pas encore mon cas. Et à vrai dire, je me demande bien comment tu peux encore tenir debout dans ton état. » protesta Oliver.

« Allez, tu dois le faire. C'est le jeu et j'ai du faire d'innombrables actions pour toi, alors c'est ton tour, Casanova » insista Felicity. Oliver poussa un grand soupir, se maudissant d'avoir accepter de jouer à ce jeu stupide. La personne qui avait inventé action ou vérité était sûrement la personne la plus stupide de l'univers. Mais c'était le jeu, et il préférait faire des action que de répondre à des questions inutiles. Et il y avait de grandes chances que Felicity ne se souvienne de rien le lendemain. Alors il se leva, accompagné par les encouragements de Felicity, et se fraya un chemin jusqu'à la fille blonde. Pendant ce temps, l'Oliver du présent était en train de mourir d'embarras et le guide profitait du spectacle en s'exprimant exclusivement en onomatopées.

Le jeune Oliver alla se placer juste derrière la fille blonde, qui était accoudée au bar tout en parlant avec ses amies. S'il n'était pas aussi bourré, il aurait sûrement trouver un moyen d'échapper à ses souffrances. Mais s'il n'était pas aussi bourré, il ne se serait pas mis dans cette situation en premier lieu. Il se retourna à nouveau pour regarder Felicity, dans l'espoir de la supplier d'annuler cette action, mais une grande déception s'empara de lui quand il ne reçut rien d'autres que des regards d'encouragements de la part de la jeune femme. Il ne pouvait plus reculer maintenant. Merde. murmura-t-il dans sa barbe et après un grand soupir, il claqua les fesses de la fille blonde devant lui, et le regretta immédiatement. Les trois filles près d'elle lui lancèrent le regard le plus réprobateur qu'il n'avait jamais reçu, mais le pire était encore à venir. La fille blonde se retourna vers lui, fronça les sourcils, puis se mis à sourire alors qu'elle envoyait son poing sur le nez d'Oliver, encouragée par ses amies. Elles quittèrent ensuite le bar après avoir crié toutes sortes d'insultes au pauvre Oliver, qui n'eut pas d'autre choix que de retourner auprès de Felicity, se frottant le nez pour essayer d'atténuer la douleur.

« Je ne jouerais plus jamais à ce jeu avec toi » dit Oliver alors qu'il s'assit à sa place.

« Je survivrais, vu que je t'ai enfin battu » dit Felicity d'un ton moqueur.

« Va te faire foutre » répondit Oliver en fronçant les sourcils, puis ils éclatèrent tous les deux de rire, parce qu'après avoir assisté à quelque chose d'aussi drôle, il n'y avait rien d'autre à faire. Et Oliver était vraiment ivre, alors ça ne le dérangeait plus tant que ça.

Soudain, le souvenir se dissipa et ce qui l'entourait se changea à nouveau en quelque chose d'autre. Mais Oliver toujours affecté par ce souvenir, ne faisait pas attention à celui qui se formaient autour d'eux.

« Admettez-le, c'était drôle » déclara Harry avec un grand sourire.

« Cette nuit-là, j'espérais avoir bu assez d'alcool pour ne plus me souvenir de rien le lendemain, mais encore une fois, mon cerveau trouve toujours un moyen de se jouer de moi » répondit Oliver avec un faible sourire.

« Que s'est-il passé après ? » demanda Harry d'un ton enthousiaste.

« Eh bien, Felicity se sentait mal de m'avoir fait faire une chose aussi stupide, alors elle partit à la recherche de la fille et lui expliqua tout. La fille blonde m'a ensuite retrouvé et c'est comme ça que j'ai rencontré Sara. » dit Oliver en souriant affectueusement.

« J'aurais vraiment voulu que le vrai Harry voit ça »

« Oh mon dieu non. Juste... Non. » grommela Oliver. L'idée de devoir revivre encore ce moment l'effrayait au plus au point. Comme si le fait de pouvoir s'en souvenir en détails n'était pas assez suffisant.

Alors qu'il essayait de se concentrer à nouveau sur ce qui l'entourait, il fût ébahi de voir où ils avaient atterri. C'était l'une des pièces de son ancienne maison, du Manoir Queen. La pièce était complètement vide, même le guide avait disparu sans qu'Oliver ne s'en rende compte. Soudain, Oliver entendit des bruits de pas, nombreux, au moins deux personnes se rapprochaient. Et il avait raison. Ses parents passèrent la porte, mais cela n'avait pas de sens Oliver ne se rappelait pas de ce moment, d'ailleurs son lui du passé n'était même pas présent. Alors, la chose la plus flippante et ridicule arriva, ses deux parents regardèrent exactement à l'endroit où il se trouvait, comme s'ils pouvaient le voir. Ce rêve était vraiment en train de devenir de plus en plus bizarre et Oliver commençait à être fatigué de tout ça.

« Oliver ? » appela Moira en s'approchant de lui, suivi de Robert. Oliver n'avait aucune idée de ce qui était en train de se passer. Comment pouvaient-ils le voir, cela le dépassait, sans parler du fait qu'ils l'avaient tout de suite reconnu alors qu'il ne l'avait vu qu'enfant.

« Est-ce que tu vas bien, fils ? Tu as l'air plus pâle que d'habitude. » demanda Robert, inquiet. Oliver était toujours sous le choc face à ses mots, mais il commençait à comprendre ce que tout cela voulait dire. Le temps des souvenirs était terminé et maintenant le rêve était arrivé à un tout autre niveau. Cela lui donnait une chance de revoir une dernière fois ses parents, de leur dire vraiment au-revoir cette fois.

« Qu'est ce qui ne va pas Oliver ? » demanda Moira alors Oliver toujours muet, prenant son visage dans ses mains. Oliver ne pouvait plus se retenir. Des larmes noyait sa vision, et même s'il ne voulait pas se laisser aller, les retenir devenait de plus en plus difficile jusqu'à devenir intenable.

« Je vais... Je vais bien. Je pensais aller mal, mais en vérité, je vais bien mieux que je l'imaginais. » répondit-il sincèrement. Un moment de silence s'installa, où Moira et Robert furent confus par le manque de clarté de ses mots.

« La vérité, c'est que ce qui s'est passé m'a changé plus que je ne le voulais et que je déteste la personne que je suis devenu. Et toutes ces années, je me suis senti coupable, même si ce qui est arrivé n'était pas de ma faute. Plus jamais ça. » dit Oliver d'une voix tremblante alors qu'il sentait que des larmes coulaient sur ses joues.

« Ça me fait mal de ne plus pouvoir vous voir, de ne plus pouvoir vous toucher ou entendre vos voix. Mais même si je préférerais que vous restiez ici avec moi, je dois vous laisser partir »

« Oliver, ce que tu dis n'a aucun sens. » déclara Moira, troublée par les mots de son fils. Oliver la prit soudain dans ses bras, des larmes s'échappant de ses yeux les unes après les autres et s'écrasant sur ses lèvres en lui laissant un goût salée dans la bouche.

« Je sais que tu ne comprends peut-être pas. Je ne comprenais pas non plus avant, mais maintenant oui. Et tu me manques tellement » murmura Oliver à son oreille, le répétant aussi à son père alors qu'il le serrait très fort dans ses bras, comme s'il avait peur qu'il ne disparaisse. Puis Il recula doucement et regarda ses parents dans les yeux jusqu'à ce qu'ils aient totalement disparus. Il se retrouva à nouveau au milieu de nulle part, dans le Sahara, mais il n'était plus seul. Le guide était réapparu, cette fois avec l'apparence de Barry.

« Je n'ai pas assez souffert ? Prenez une autre apparence, s'il vous plaît. Peu importe laquelle, s'il vous plaît, mais pas lui. » dit Oliver en essayant de garder son regard froid et dur, mais des larmes coulaient encore sur ses joues, son cœur battait et tout son corps tremblait.

« Je suis désolé, Ollie, mais je pense que c'est le meilleur moyen de vous aider. » répondit le guide, Barry, avec un sourire triste.

« Alors expliquez-moi tout ça ! Depuis que je suis ici, je n'ai rien compris à ce qui se passait. Je ne sais même pas comment j'ai survécu alors que j'ai littéralement tenté de me suicider. »

« Je vous l'ai déjà dis, ce rêve est censé vous proposez un choix. C'est à vous de voir si vous voulez ou non vous réveiller. »

« Mais c'est biologiquement impossible » protesta Oliver.

« Et pourtant nous sommes toujours ici » Barry remarqua en levant l'un de ces sourcils.

« Monsieur-je-sais-tout » marmonna Oliver, mais Barry pu l'entendre clairement.

« Moi ? Et vous alors ? » répondit Barry en ricanant.

« Je suis juste quelqu'un qui veut sortir de cet enfer » répondit Oliver en haussant un sourcil.

« Je suis très content de l'entendre. Mais j'ai besoin d'être sûr que vous ne retenterez pas une nouvelle fois quelque chose d'aussi stupide. Ce rêve a un objectif il est censé vous montrer les souvenirs que vous refusez constamment de voir et que vous ignorez à chaque fois qu'ils pourraient vous aider. Ils sont fortement rattachés à vous et pourtant, vous refusez d'utiliser ce lien pour votre propre bien. Vous essayez en permanence de vous faire croire que rien de bon ne vous attends, que votre vie n'a plus de sens depuis que vous avez perdu votre famille. Mais la vérité est que, même si vous avez perdu vos proches, vous en avez trouvé d'autres, de nouvelles personnes qui vous font rire quand vous en avez besoin. Ces personnes qui vous comprennent le mieux et qui vous font entièrement confiance, parce qu'elles savent que vous valez la peine qu'on se batte pour vous, et que vous pensez qu'ils valent aussi la peine de les défendre. Beaucoup de personnes vous ont laissé tomber, mais pas eux. Vous êtes unique, non pas pour vos compétences ou votre cerveau, mais pour ce que vous êtes, pour la lumière qui brille dans votre cœur, qui illumine tout quand vous souriez, riez et profitez de la vie. Et ces personnes seront toujours à vos côtés, même si vous ne pouvez pas les voir, les toucher ou les entendre. Elles sont toujours avec vous, solidement attachées à votre cœur, le faisant battre chaque jour. Et plus vous trouverez de personnes comme elles, plus votre cœur battra avec facilité. Cisco, Caitlin... Barry. » Le Guide lui fit un grand sourire, mais Oliver ne lui rendit pas et se contenta de regarder désespérément le sol.

« C'est faux. Ils me détestent. » déclara-t-il tristement.

« C'est ce que vous pensez, mais il y a toujours une chance, non ? Enfin, comment est-ce possible que vous n'ayez aucun problème à construire un corps pour une IA, mais que vous repoussez l'idée d'avoir une chance de changer la façon dont ils vous perçoivent ? »

« Généralement, c'est plus facile avec les machines qu'avec les gens »

« Vous avez raison, mais il serait peut-être enfin temps pour vous d'ignorer le chemin le plus facile et d'en emprunter un plus difficile, non ? »

« Vous avez sans doute raison, mais certaines choses ne peuvent pas être réparées, même avec le temps. Je me suis comporté comme un connard avec Barry et je suis sûr qu'il me déteste maintenant. » Le Guide ricana doucement et répondit : «Vous seriez surpris du peu de rancœur que Barry garde envers les autres. Je veux dire, c'est possible qu'il vous déteste, mais juste pour quelques secondes, pas plus, faisons comme si ce n'était pas le cas, d'accord ? Faisons comme s'il était là, en ce moment, à votre chevet , à attendre que vous vous réveilliez. » Barry s'approcha d'Oliver et lui pris la main.

« Et, là, disons qu'il vous tient la main de cette manière. Qu'est-ce que vous feriez si c'était le cas ? Comment réagiriez-vous ? » demanda le Guide en tenant toujours sa main. Cela laissa Oliver sans voix, jamais il n'aurait pensé que Barry puisse faire cela, pourtant c'était bien sa main qui tenait la sienne. Un sentiment grandissait en lui à ce contact. Oui, techniquement, ce n'était pas Barry, mais il lui ressemblait et c'était suffisant. Oliver se sentait mieux, plus qu'il ne l'aurait jamais rêvé. Son corps se remplissait d'une chaleur rassurante qui arrêta instantanément toute autre pensée. Tout autour de lui s'estompait pour ne laisser que cette sensation. Et avant qu'il ne s'en rende compte, il serra doucement la main de Barry, le regrettant immédiatement, mais il était trop tard, c'était arrivé. Le Guide sourit puis lâcha sa main.

« Vous devez admettre que, même si vous ne le voulez pas, vous commencez à vraiment aimer ce garçon » dit le Guide avec un sourire en coin.

« Je l'admets, il est intelligent, il sait ce qu'il fait et il peut se révéler être un vrai atout pour l'équipe. » déclara Oliver froidement en essayant de cacher combien ce qui venait de se passer plus tôt l'avait fortement affecté.

« Vraiment ? Il n'est plus le ''technicien de labo qui ne mérite pas de travailler à STAR Labs'' ? » dit-il avec un sourire narquois.

« J'avais tords » répondit simplement Oliver.

« Alors vous pensez qu'il mérite une seconde chance ? »

« S'il se montre assez sympa » dit Oliver avec un petit sourire en coin.

« Vous êtes horrible Oliver Queen, vous êtes au courant ? » affirma le Guide/Barry en gloussant.

« Moi ? Vous m'avez fait marcher des kilomètres dans ce désert sans raison apparente. Vous êtes bien pire ! » répondit Oliver en riant.

« C'était seulement pour être sûr que vous ne reviendrez pas ici »

« Et maintenant ? Vous voulez toujours que je trouve la sortie par mes propres moyens ? »

« Nan, je pense que vous en avez assez fait. Seulement, n'oubliez pas tout ce qui s'est passé ici. »

« C'était censé être drôle ? » demanda Oliver en haussant un sourcil.

« Allez Oliver, vous avez besoin de rire plus souvent. La vie ce n'est pas qu'être grossier. Alors qu'est-ce que vous en dites, prêt à tourner la page ? » Oliver fixa l'homme devant lui en se posant la question. Il ne voulait pas mourir, pas maintenant, et pas même avant qu'il essaye de se suicider. Mais cette fois, c'était différent, parce qu'il voulait vraiment vivre et ça changeait tout pour lui. Il avait vu qu'il y avait des personnes qui tenaient à lui et c'était tout ce qu'il avait toujours voulu. Et il pouvait avoir bien plus, il devait seulement mieux se comporter pour le mériter. Et il était prêt à essayer.

« Plus que jamais » dit Oliver en hochant la tête en regardant pour la dernière fois le Guide. Il était vraiment content que la dernière apparence qu'avait prise le Guide était Barry. Sans ça, le rêve n'aurait pas eu autant d'effet sur lui. Avant, il ne voulait pas que Barry se rapproche de lui, mais tout avait complètement changé grâce à ce rêve. Peut-être qu'il était encore un peu sceptique à l'idée d'essayer avec Barry, mais le jeune scientifique pourrait sans doute le surprendre. Ou pas. Il ne pouvait pas savoir, pas cette fois. Alors il sourit tendrement, ferma ses yeux et après un moment dans l'obscurité, les rouvrit pour se découvrir allongé sur un lit, à STAR Labs, avec Felicity à ses côtés. Il était en vie.


Notes de l'auteur : Je suis vraiment contente d'avoir posté un autre chapitre, même s'il était très long. Mais honnêtement, ce chapitre n'était même pas prévu, l'idée m'a juste traversé l'esprit alors que je regardais Un Conte de Nöel. Sinon, nous arrivons presque à la fin des chapitres tristes. Peut-être que le prochain le sera encore un peu. Mais j'espère que ce n'est pas si mauvais, je m'excuse que la mise en place de leur relation soit vraiment lente, mais j'avais besoin qu'Oliver laisse son passé derrière lui, même s'il n'en a pas vraiment fini. Mais il y arrivera, ne vous inquiétez pas.

Notes du traducteur : Coucou à vous ! Encore désolé pour le retard que j'ai pris sur ce chapitre, ça fait plusieurs mois déjà, que le temps passe vite ! Mais au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, ce chapitre était plus long que les précédents, donc... Sinon, à partir de maintenant, cette fanfic a une beta-readeuse et correctrice, Circus Doll ! Elle a fait du super travail sur ce chapitre, et grâce à ses conseils, la trad n'en ai que meilleure. C'est possible que le rythme en soi ralenti, mais c'est important pour nous de vous offrir une trad de qualité. Bref, j'espère que ce chapitre vous a plu, parce que de mon côté, c'est un de mes préférés. On voit que les choses commence à se mettre en place, j'ai hâte de m'occuper de la suite. Je trouve le passage avec Sarah vraiment hilarant, même si clairement, on ne donne pas ce genre d'actions... N'hésitez pas à laisser une petite review, je vais essayer d'y répondre en dessous des notes à partir de maintenant !

Réponses aux reviews : FantasyAndMystery : En tant que lecteur, j'ai vraiment eu peur pour Oliver aussi ! Il n'y a pas meilleur trio qu'Oliver/Barry/Felicity dans cette fanfic. C'est vrai que la discussion entre Oliver et Felicity dans le dernier chapitre était chouette. Désolé de répondre un peu tard !