Bonjour à tous et toutes ! Revoici Bigoudi, à peine en retard. Va-t-il pouvoir mettre son idée de génie à exécution ? Pourra-t-il identifier ses voleurs ? Va-t-on enfin pouvoir avancer ?!
Vous le saurez en lisant ce nouvel épisode !
Je vous souhaite une bonne lecture ! A très bientôt !
Le lendemain matin, Bigoudi se rendit au bureau de poste, déposer quelques lettres. Le temps était déjà chaud, et les Hobbits s'affairaient tant que la température était encore supportable, avant sans doute, d'aller se cloîtrer dans la fraîcheur de leur smial. Il ne rencontra personne de sa connaissance, ce qui l'arrangea fortement.
Notre Hobbit détestait mentir à son entourage et la plupart des questions qu'on lui posait concernaient son prétendu nouveau travail. Il savait qu'il faudrait bientôt avouer la vérité, au moins à sa mère, et il redoutait cet instant. Perdu dans ses pensées, il fut bousculé par un jeune Hobbit qui tentait tant bien que mal de rattraper le ballon que son comparse avait maladroitement lancé. Le garçon l'aida à se relever et Bigoudi n'eut même pas le temps de le remercier que l'autre était déjà reparti en courant.
En arrivant devant chez lui, Bigoudi fit tout son possible pour rentrer sans être remarqué, étant donné que sa mère le pensait parti travailler. Celle-ci devait se préparer pour aller faire quelques courses et il comptait bien profiter de son absence pour mettre son plan à exécution.
Sitôt que Bigoudi entendit la porte du smial se refermer derrière sa mère, il se précipita dans la chambre maternelle et ouvrit les portes de l'armoire. Il resta quelques minutes à fixer les vêtements sans trop savoir qu'en faire, puis il en sélectionna quelques uns dont sa mère ne remarquerait pas tout de suite la disparition, piochant un peu au hasard. Puis, avant qu'elle ne revienne, il retourna s'enfermer dans sa chambre.
Là, il examina nerveusement ses trouvailles et lorsque, enfin, il se décida à les essayer, il sentit sur sa nuque le regard brûlant et légèrement moqueur de son équipe de consultants. Il opta pour une robe rouge à pois blancs, un grand chapeau de paille qui cacherait son visage et ses bouclettes bien masculines. Dans le grand sac à main, il décida de dissimuler une corde pour ligoter son voleur, une fois qu'il l'aurait pris la main dans le sac, au sens littéral du terme. Et puis, bien en évidence, un affreux porte-monnaie d'une couleur si criarde qu'aucun voleur à la tire ne pourrait l'ignorer. Lorsqu'il sortit de sa chambre d'un pas qui se voulait fier et assuré, Bigoudi remarqua que Détective Lapinou avait l'air particulièrement impressionné.
Il se rendit au marché. Sur le chemin, il s'entraîna à avoir une démarche un peu hésitante, comme celle d'une vieille femme inoffensive, la victime idéale sans doute pour tout voleur à la tire qui se respectait. Il ne pouvait s'empêcher de replacer son chapeau de paille à tous les pas ou presque. Alors qu'il avait presque atteint le marché, Bigoudi vit sa mère venir dans sa direction. Il retint alors son souffle, baissa la tête et attendit que sa mère le reconnaisse. Elle se dirigea vers lui, avec un petit sourire et il sut qu'il était démasqué.
« Vous devriez faire attention avec votre porte-monnaie, Madame, n'importe qui pourrait vous le voler. »
Et elle repartit. Son déguisement avait fonctionné sur la personne qui le connaissait le mieux. Bigoudi reprit alors contenance et eut la certitude qu'il parviendrait enfin à démasquer le criminel qui rodait depuis bien trop longtemps. Il déambula dans le marché, passant d'étal en étal, admirant les tomates de tel commerçant, critiquant le prix des salades de tel autre. Il repéra son ami Robin Petitterrier qui était le shirriff en faction ce jour là mais ce dernier ne fit pas attention à cette vieille Hobbite qui faisait ses courses. Bigoudi était en train de faire la queue chez le boulanger lorsqu'on lui tapota l'épaule. Un Hobbit que Bigoudi était certain d'avoir déjà vu lui demanda poliment l'heure. Alors qu'il lui répondit d'une voix chevrotante - qu'il avait entraînée au préalable - qu'il n'avait pas de montre, Bigoudi se sentit poussé sur le côté. Quelqu'un tenta de s'emparer de son sac à main et lorsque notre valeureux enquêteur voulut l'en empêcher, il prit un coup de pied dans les côtes. Voulant demander de l'aide, le Hobbit à terre leva les yeux vers l'homme qui lui avait demandé l'heure, mais il remarqua que celui-ci s'était évaporé. Et que son agresseur s'enfuyait à toutes jambes.
Bigoudi se releva alors, retroussa sa robe et, son sac toujours à la main, il se jeta à leur poursuite en criant « Aux voleurs, aux voleurs ! ». Son chapeau de paille s'envola et atterrit entre les mains d'un shirriff plus que surpris de voir cette Hobbite enragée poursuivre ses assaillants. Cependant, Robin Petitterrier se ressaisit très vite et reconnut Bigoudi Bouclebrune malgré son déguisement. N'écoutant que son courage et son sens du devoir, le représentant de l'ordre se mit également à courir.
Il passèrent devant des boutiques et bousculèrent de nombreux Hobbits venus faire leurs emplettes. Ceux-ci, outrés d'être ainsi malmenés, essayèrent de les retenir pour les invectiver mais sans succès. Un instant, Bigoudi pensa les avoir perdus de vue, mais Robin, qui l'avait rattrapé, lui montra du doigt un des deux fuyards et leur course reprit de plus belle.
Se voyant bientôt rattrapés, les deux malfrats se séparèrent et sans même se concerter, leurs poursuivants firent de même.
Robin courait après celui qui avait fait diversion auprès de Bigoudi. Pour tenter de reprendre un peu d'avance, le brigand renversa la première chose qu'il put saisir. Sous les cris de l'éleveur furieux, une dizaine de caisses tomba sur le shirriff, libérant des dizaines de poules affolées. Tant bien que mal, Petitterrier parvint à traverser ce nuage de plumes blanches, puis enfin à plaquer au sol son adversaire. Ce dernier tenta bien de se défendre et de lancer un coup de poing vers le shirriff, mais celui-ci l'esquiva sans le moindre souci et il l'arrêta en bonne et due forme.
Bigoudi, lui, n'avait plus qu'une quinzaine de mètres de retard lorsque soudain, une charrette recula, coupant sa route. Ne pouvant attendre que la voie se libère, il entreprit de l'escalader. De là, il vit le Hobbit qu'il poursuivait tourner dans une ruelle. Bigoudi décida alors de profiter de son marche-pied improvisé pour gravir une habitation et reprendre sa poursuite sur le sommet des smials. Le fugitif, croyant l'avoir semé, ralentit pour reprendre son souffle.
C'est ce moment que Bigoudi choisit pour bondir du haut du toit et lui atterrir sur les épaules. Ne s'y attendant clairement pas, le voleur s'effondra de tout son long. Il fut immobilisé par Bigoudi qui s'assit sur son dos et lui attacha calmement les mains, grâce à la corde qu'il avait prévue.
Il gonfla le torse, prit l'air modeste et, tout en vérifiant que sa robe était bien en place, il se dit qu'il était un héros.
