Disclaimer: Saint Seiya, ses personnages et son univers ne m'appartient pas.
Le cimetière était silencieux, pas même le râle d'un chevalier revenu d'entre les morts pour troubler le silence. Rien, le vent sifflant entre les pierres qui s'effritait et les vagues qui se brisaient sur les rochers en contre bas des falaises, mais rien d'autre. Son souffle muet, soulevant sa poitrine à chaque inspiration, mourait dans les gerbes d'air qui assaillaient le cimetière. La poussières s'animait, s'enroulait dans le vent avant de rejoindre la terre quelques mètres plus loin et de recouvrir pierres et herbes folles. Immobile, vêtu de sa longue cape brune qui s'accrochait presque à sa peau pâle, il avait l'air d'un revenant. D'un esprit endeuillé qui n'avait d'autre choix que d'errer parmi les corps mis en terre.
Il n'avait pas bougé depuis de longues minutes, les mains posées les une sur les autres, ses lèvres se mouvant dans le silence. Milo l'avait aperçu de loin, il s'était approché, curieux, pensant un instant qu'un prêtre venait répéter un quelconque sacrement à des âmes en peine, bien que le nombre d'esprit qui hantaient les lieux ai baissé ces derniers jours. Il ne fut pas particulièrement étonné de trouver le chevalier du verseau vagabondé entre les tombes, après tout le gardien du onzième temple était depuis quelques mois déjà en train de devenir une ombre. Il le vit s'agenouiller lentement, posant la main sur la roche avant de retracer du bout de ses doigts la croix gravée dans la pierre. C'était la troisième tombe sur laquelle il exerçait son étrange rituel, comme si parler aux morts le soulageait et lui, pendant ce temps, l'observait de loin.
Milo s'approcha, bravant les violentes rafales de vent. Par cette journée ensoleillée il venait de se jurer de faire parler celui qu'il considérait comme un ami et qui depuis bien trop longtemps avait privé les vivants de sa voix. Seulement, malgré son assurance et malgré sa confiance, il savait que ses espoirs allaient s'effriter comme la terre sèche sous ses pieds. Camus restait silencieux, quoi qu'il arrive et privait tout ceux autour de lui de ce précieux savoir qu'il avait accumulé au fil du temps. Ce même temps qu'il l'éloignait peu à peu de ses frères d'armes. Le chevalier du scorpion s'arrêta à quelques mètres du gardien du temple du verseau, attendant patiemment qu'il finisse ce qu'il avait commençait. Quoi qu'il fasse dans ce cimetière, les âmes en peine semblaient bien plus apaisées que lorsque que le chevalier du bélier s'en occupait. Il attendit alors une poignée de seconde.
Camus se releva, lentement, jetant un dernier regard à la tombe qui reposait devant lui alors que l'esprit qui la hantait sembla satisfait. Il ignora d'abord celui qui s'était calmement approché de lui, préférant prêter son temps à un mort plutôt qu'à un vivant. Il ne pouvait cependant pas tourner éternellement le dos au chevalier du scorpion, d'autant plus quand ce dernier s'approchait de lui avec tant de questions. Il sentait son doute, ses appréhensions flotter dans ce cosmo qu'il avait du mal à discipliner lorsqu'il était troublé. Ça l'entourait comme un rideau qui masquait sa lumière, ça le plongeait dans de sombres réflexions dont il peinait à sortir. Camus voyait tout ça, il le voyait se battre avec ses démons sans pour autant lui tendre la main. Il restait un simple spectateur.
Camus se tourna vers lui et le regarda avec patience, attendant qu'il énonce les raisons de sa présence. Après tout, le cimetière était un lieu peu fréquenté surtout depuis que moins en moins de chevaliers défunts décidaient de déchirer la terre de leurs doigts osseux. Milo ouvrit la bouche mais ne trouvant rien à dire, il la referma doucement. Le gardien du onzième temple l'observait silencieusement, ses yeux semblaient lui dire qu'il savait déjà tout. Pourtant, le chevalier du scorpion n'avait rien de particulier à lui dire. Il soupira puis pinça l'arête de son nez en fermant les yeux. Il désirait lui parler, plus que tout seulement il n'avait rien à lui dire et s'il ne trouvait pas d'ici quelques secondes, le chevalier du verseau repartirait se perdre parmi les tombes tel un spectre.
Il rouvrit ses paupières, accrochant le regard d'un bleu ennuyeux du chevalier d'or avant que ses propres yeux ne tombe sur la chevelure ternie et assombrit de celui qu'il considérait comme son ami. Il y avait bien quelque, un sujet dont il aimerait parler seulement... perdre son cosmos était l'un des plus grands déshonneur pour les protecteurs des dieux. Camus ne devait pas échapper à la règle et quand bien même il semblait toujours aussi jeune, plus rien ne pouvait cacher ses cheveux devenant peu à peu châtain.
« Camus. »
Le concerné releva légèrement la tête, employant son corps plutôt que sa voix. Il se tenait là, à quelques pas de Milo mais c'était comme s'il n'y avait rien de plus qu'une image face à lui. Le chevalier du scorpion déglutit douloureusement, baissant sa tête vers la terre sèche et stérile sous ses pieds.
« La déesse Athéna est très reconnaissante pour l'apaisement que tu apportes aux âmes défuntes. »
Il mentait. Il mentait et il savait pertinemment que Camus le savait. Leur déesse n'avait aucune idée de se qui se passait hors de son temple. Elle s'était drapée dans son ignorance, préférant la sécurité de sa tour d'ivoire à la cruelle réalité qui s'offrait à elle. Cependant, Camus ne lui fit pas remarquer. Pas un seul mot ne passa le barrage de ses lèvres, à la place il offrit au chevalier un seul signe de la tête. Abaissant lentement son visage et fermant les paupières dans un geste aussi lent que gracieux, Milo put y lire un polie remerciement. Puis, sans attendre plus longtemps, le gardien du temple du verseau se retourna avant de flâner parmi les tombes. Milo ne tenta pas de le retenir, il le regarda juste s'éloigner, silencieusement. Bientôt, il disparaitrait au détours d'une falaise pour ne réapparaitre que le lendemain.
Camus défila entre les pierres tombales, décidé à rejoindre ce lieu perdu qu'il aimait tant visiter seulement quelque chose le retint d'aller plus loin. S'il avait disparut aux yeux du chevalier d'or du scorpion, ce n'était pas le cas pour tout le monde alors qu'il sentit ce cri silencieux résonner en lui. Un appel à l'aide déchiré par la rage et la détresse à quelques pas à peine du chevalier. Camus s'avança vers la tombe qui l'appelait encore et encore.
« Toi ?, fit-il en s'arrêtant face à la pierre si bien entretenue. De tous reposant ici, toi ? »
Il se pencha, brossant de ses doigts l'inscription gravée. Un nom et rien d'autre. Pas l'ombre d'une croix. Camus renifla, un sourire ironique se formant sur ses fines lèvres en sentant la timide énergie qui l'entourait.
« Tu lui es si fidèle. Sais-tu seulement ce que je fais réellement ? Connais-tu mes desseins ? Peut-être cherches-tu as m'arrêter. »
Le cosmo n'était pas agressif, au contraire. Il sentait les suppliques qu'il dégageait et il ignorait pourquoi mais il ressentait une telle délectation. Lui, le saint parmi les hommes, l'implorait. Les morts de ce cimetière bien que muets étaient pourtant étonnamment bavards. Chaque esprit, chaque squelette et chaque carcasse d'arbre brûlé connaissait les raisons de la présence du si sage chevalier du verseau. Chacun savait qu'une fois l'homme arrêté sur leur tombe, il n'y avait aucun moyen de refuser son offre. Il y avait une raison au repos soudain des âmes du Sanctuaire et il en était la raison.
« Comprends-tu les raisons qui me poussent à ainsi à agir ? Après tout, si tu étais l'un des plus fidèles et les plus braves, tu n'étais pas forcement le plus brillant. »
Pas la moindre trace d'agressivité dans ce cosmos qui flottait autour de cette tombe, malgré l'affront de Camus. Non, l'esprit continuait de le supplier. Le chevalier se releva lentement, son masque de glace prenant la place de son sourire.
« Après tout, elle n'a même pas daigné te redonner vie. D'entre nous tous, tu es celui qui méritait le plus de revenir. Toi qui l'a toujours protégé. »
Enfin, il sentit quelque chose de lointain, un léger voile de haine qui s'élevait parmi la détresse et la rage. Il réagissait. Il savait pertinemment qui lui parlait et ce qu'on lui disait.
« Si tu viens avec moi, commença Camus en croisant les mains, tu ne pourras pas revenir en arrière. Le choix te reviens mais sache qu'en me suivant tu n'obtiendras ni gloire ni honneur. Je ne peux pas te promettre que les désires égoïstes en ton cœur seront satisfait, ni que ta rage et ta haine seront rassasiées. Je ne peux rien te promettre sinon que notre mission sera mener à son terme. »
On répondit à ses mots avec bien plus de conviction qu'il ne s'y attendait. L'esprit dont le corps reposait toujours sous ses pieds semblait avoir prit sa décision avant même qu'il ne soit venu le voir. Si même lui était prêt à le suivre...
« Tu n'as connus que la lumière, tu n'as connus que la déesse Athéna. Ton enthousiasme est grand mais n'oublies pas qu'en choisissant mon chemin, tu ne seras plus qu'un traitre. En faisant de moi ton guide, ton existence deviendra synonyme de déshonneur pour tous et ce même pour ton propre frère. »
Il s'attendit à un changement, il s'attendit à sentir le cosmos se rétracter dans les profondeurs de la terre mais l'énergie demeura. L'esprit semblait le défier avec force, cherchant à prouver sa certitude. Les mots prononcé aurait put paraître décourageant seulement Camus ne désirait personne d'indécis à ses côtés. Il devait s'assurer qu'on le servirait avec la même fidélité qu'à leur ancienne déesse sans quoi jamais il ne réussirait à atteindre son but. Face à la détermination du chevalier décédé, Camus hocha la tête.
« Bien, si c'est ce que tu désire alors, il s'agenouilla et dessina une croix des ses doigts sur la pierre, qu'il ainsi soit-il. »
Ses mots à peine prononcés, le cosmos pourtant si présent juste une minute auparavant disparut dans le vent violent. Camus regarda quelques instant la tombe désormais vide de son propriétaire. Lentement, lentement tout se mettait en place.
« Combien aujourd'hui ?
- C'était le onzième, répondit Camus en se relevant. Les derniers du cimetière.
- Ils t'attendent.
- Je sais. »
Le chevalier observa le nom inscrit une dernière fois avant de se retourner et de quitter le cimetière. Il prit ce chemin qu'il connaissait si bien qu'il aurait put le suivre les yeux fermés. Esquivant les herbes rêches et les buissons épineux sans même les regarder, il continua:
« Jamais je n'aurai cru leur fidélité envers la déesse si fragile.
- Ils sont nombreux à connaître les crimes perpétués par les dieux. De plus, ta propre fidélité envers la déesse Athéna n'était pas plus solide que le verre.
- Ce n'était pas une critique, seulement une constatation.
- Les dieux ont toujours sous estimés les hommes, la déesse Athéna croit aveuglement que ses chevaliers ne serait jamais capable de la trahir. Ce n'est pas la première fois qu'elle fait cette erreur. »
Camus se stoppa face à l'entrée de la grotte, prenant le temps de sentir la roche fraiche sous ses mains. Il avait tant de questions qu'il se posait, tant de doutes qui le torturaient et qu'il s'efforçait de repousser tout au fond de son esprit. Jamais il n'avait dirigé, il s'était toujours contenté de suivre les ordres qu'on lui donnait sans jamais oser désobéir. Camus avait toujours apprit à ses élèves à ne jamais briser les règles.
« Tu progresses chaque jour un peu plus.
- Ça ne suffit pas. Eux qui ont ainsi trahit la déesse Athéna avec tant de facilité, qui me dit qu'ils ne me trahiront pas ? Après tout j'ai moi-même fait semblant de suivre vos ordres pour la gloire de la déesse.
- Cela a peu d'importance. S'ils te trahissent, tu as le pouvoir de les conjurer. »
Camus hocha légèrement la tête, sortant de sous sa cape sa sacoche. Il chercha du bout de doigts jusqu'à sentir une surface lisse et glacée.
« Les as-tu trouvé ?
- Pas encore. Certains les cherchent mais j'ai bien peur qu'il me faille encore attendre avant de retrouver la trace de leur cosmos. Ce lieu n'est plus qu'un vulgaire tas de gravas et eux y sont ensevelis.
- Tu trouveras. À ce moment, tu n'auras plus à t'en faire pour les chevaliers. »
Camus tira de son sac un masque blanc. Le lin frotta légèrement sur l'objet mais le bruit, déjà imperceptible, fut aussitôt étouffé par le vent. Combien de temps encore devait-il chercher ? Les jours passaient les uns après les autres et si par miracle des naissances avaient eut lieu, rien ne changeait cet stérilité qui frappait la terre. Lorsque les Enfers s'effondrèrent sous le coup du sceptre de la déesse de la Justice, l'humanité entra dans de bien obscures années. La destruction des Enfers avait déséquilibré ce monde déjà cruellement fragile. À quoi pouvait bien penser la déesse Athéna ? Elle aurait dû savoir pourtant qu'il n'y avait pas d'issue. Camus regarda son masque blanc avec contemplation. Peut être était-elle désespérée. Peut être avait-elle cru un instant pouvoir les sauver tous. Que restait-il désormais sinon les ruines d'une glorieuse civilisation. Il déposa l'objet sur son visage, couvrant sa peau de ce masque qui n'avait pour seul couleur que le rouge sanguin des lèvres et le noir profond qui accentuait les yeux sans pourtant que l'on puisse voir ceux du chevalier.
« Tes cheveux. »
Camus écouta la voix éthérée qui ne parvenait à personne d'autre qu'à lui et concentra son cosmos sur ses longs cheveux ternis. Lentement, comme on lui avait apprit, il s'efforça à les teintés de noir. Mèches par mèches, il sentait presque la couleur changer durant cette délicate opération. Désormais, la totalité de sa chevelure serait du plus profond des noirs, à l'image même de ceux du dieu qui jadis régna sur les Enfers.
« Bien, tu fais des progrès. Bientôt tu n'auras plus aucune difficulté. »
Fatigué par la dose de cosmos que demandait une simple altération de son apparence, le chevalier ne put cependant pas s'empêcher de légèrement sourire sous le masque de porcelaine. Le cosmos avait tant d'utilité autre que le combat, permettant même de plier la réalité dans laquelle vivaient les humains. Jamais il n'aurait cru un instant, lui qui pourtant se vantait avant de tout savoir et tout connaître, tout ce qu'il était possible de faire avec seulement un peu d'énergie.
Il souleva sa sacoche, la passa par dessus sa tête en faisant bien attention de ne pas défaire sa cape brune avant de tenir l'objet entre ses deux. Il inspira profondément, appréhendant ce qu'il allait devoir faire. Le chevalier garda les yeux rivés sur le petit sac, ignorant la sensation de ses cheveux relevés caressant sa nuque. Tout doucement, il fit circuler son cosmos entre ses mains, le voyant briller d'un éclat qui au fil du temps devenait violet profond. La lumière d'Athéna était peu à peu étouffer en lui.
« Concentre-toi », lui souffla-t-on à l'oreille alors que ses cheveux furent partiellement accrochés en un chignon désordonné.
Camus écouta la voix, se concentra d'autant plus sur ses mains. Il laissa les vagues de cosmos le traverser avant de les diriger vers ses doigts et sa sacoche. Il se focalisa sur la sensation de picotement et la chaleur de ses paumes. Doucement, tout doucement il redirigea toute cette énergie sur un légèrement en dessous de la sacoche mais ignorait encore si ça allait suffire.
« Ai confiance en toi. Tu l'as déjà fait plusieurs fois. Attends encore quelques instant et lance-toi. »
Le chevalier suivit les instructions qu'on lui donna, amassant l'énergie qui lui serait nécessaire puis, en sentant un poids léger sur son épaule, il sut que c'était le bon moment. Son cosmo déchira la réalité. Rien de très grand, seulement une écorchure dans le tissue de la réalité à peine suffisante pour faire disparaître la sacoche qu'il tenait. Elle se referma d'elle-même tout de suite l'objet disparut, comme si elle n'avait jamais existé. Camus ressentait toujours la même fierté lorsqu'il réussissait à conjurer ou invoquer le moindre objet. Pouvoir créer ce genre de singularité était après tout réservé généralement aux chevaliers d'or des gémeaux.
« Très bien. Tu devrais y aller maintenant. »
Camus hocha seulement de la tête avant de s'engouffrer dans la bouche béante de la grotte.
La lumière aveuglante le força à plisser les paupières, se forçant à rester de marbre et à garder ses mains croisées plutôt que d'en mettre une devant ses yeux. Après tout, il était observé, il était attendu. Face à lui, une foule. Certains défilaient parmi cet amas de caillou, d'autres les bras passaient les bras remplis de pierre et d'autres encore se tenaient immobile et incertain alors qu'ils attendaient celui leur donnerait désormais les ordres. Silencieusement, Camus s'avança et vit ses soldats se stopper net, tous s'inclinant devant lui. Peu importe la tâche qu'il était en train d'effectuer, peu importe leur rôle, tous montrèrent le même respect à leur chef que s'il s'agissait d'un dieu. Même le petit groupe qui ignorait encore tout du fonctionnement de ce lieu s'inclina.
Gracieusement, Camus tendit et passa son bras devant eux dans un geste aussi lent que délicat. Puis, sans hâte, il laissa reposer sa main dans la même position qu'auparavant tout en observant les hommes sous ses ordres reprendre leurs activités. Seul onze restèrent de pierre face à lui, attendant le moindre ordre de la part de leur chef. Camus s'approcha d'eux, ses nouvelles recrues. Les âmes de chevaliers déçus et furieux, comme la centaine d'autres âmes qui les entouraient. Les serviteurs d'Athéna, déchus sans même qu'elle ne s'en rende compte, aux services d'un être dont ils ignoraient tout, parmi les ruines des Enfers. Des chevaliers de bronze et d'argent dont l'honneur avait était bafoué et puis un chevalier d'or, pourtant l'archétype parfait du protecteur d'Athéna. Bon, juste et empli de courage. Oublié et tombé en Enfers. Aiolos du sagittaire.
Rapidement, il ignora l'ancien chevalier d'or, chuchotant silencieusement à ses dix autres nouveaux serviteurs les ordres qu'ils attendaient tant. Sans perdre un instant, ils hochèrent tous de la tête avant de quitter rapidement les lieux, laissant leur nouveau seigneur seul avec celui qui était encore considéré comme un héro.
« Tu te demandes encore ce qui a bien put le pousser à te rejoindre, n'est-ce pas ? Il est vrai qu'un verseau trahissant sa déesse n'a plus grand chose d'étonnant... cependant un sagittaire... J'ignorais voir ça un jour. »
Camus ne répondit, gardant un silence religieux chaque fois qu'il revêtait son masque. C'était la barrière qui le séparait de son humanité, de qui il était avant et rien ni personne ne pourrait le sortir son mutisme. Pas même le dieu des Enfers en personne.
« Il te sera utile, sa présence permettra de garder les chevaliers sous ton joug. »
Le chevalier en question tomba soudainement à genoux, la tête vers le sol alors que sans que Camus n'ai rien demandé, il proclama :
« Mon seigneur, je vous jure fidélité et loyauté. Moi qui n'ai connu que la déesse Athéna, permettez moi de vous servir et vous trouverez en moi votre plus fidèle serviteur. »
Camus recula d'un pas, déconcerté et ignora le rire sarcastique qui résonnait dans sa tête.
« J'ignore ce que la déesse Athéna a bien put lui faire pour ainsi décider de te servir mais quelle belle déclaration ! Les chevaliers ont tant de fougue et de passion ! »
Il tenta d'étouffer la voix légèrement moqueuse, en vain. Il avait apprit depuis quelque temps déjà qu'il était impossible de faire taire un dieu, particulièrement un dieu qui n'avait personne d'autre à qui parler. Il n'avait rien contre cette présence constante, aussi longtemps qu'il le laissait faire ce qu'il avait à faire.
« Je vous en prie mon seigneur, donnez moi une mission. N'importe laquelle ! Et je l'accomplirai en votre nom ! »
Camus regarda autour de lui, toujours confus. Une mission ? Il pouvait toujours chercher les âmes des spectres et les surplis cependant, c'était déjà ce que faisait pratiquement tous ses soldats.
« En ton nom ? Sait-il seulement qui se cache derrière le masque ? Si c'est la cas, je devrais m'avouer quelque peu déçu. Tu as fais de tel progrès, effacer leur souvenir de ta présence dans le cimetière devrait être un jeu d'enfant. »
Camus fit taire la voix bien trop insistante mais plutôt que de pouvoir se concentrer sans personne pour l'ennuyer, on reprit bien plus fort dans ses pensées :
« Te déranger ? Vraiment ? Alors que j'avais une solution à te proposer ! Réfléchis, réfléchis Camus... »
Lentement, une image se forma dans ses pensées. Une image funeste qui se dessinait tout doucement, laissant entendre une machination tordue mais si parfaite que ce soit pour le chevalier du sagittaire ou lui-même. Cette idée, ce plan tordu ne pouvait provenir que d'un fin stratège, pas de quelqu'un comme lui qui avait encore du mal à donner des ordres. Oui, oui ! C'était exactement ça !
Sentant le cosmos soudainement enthousiaste de son nouveau seigneur, Aiolos releva la tête par curiosité. Il entendit alors dans ses pensées la voix de l'être masqué lui chuchoter sa mission. Ce qui lui demandait de faire, il s'y attendait en partit. Un test, ça devait être une sorte de test dangereux et fou. Pendant un instant, il tenta de discerner les yeux de son seigneur plongés dans l'obscurité, croyant à une mauvaise farce, pourtant tout laissait penser que l'être était des plus sérieux. Aiolos avala sa salive.
« Bien mon seigneur, il en sera ainsi. »
Il se releva, faisant bien attention de garder sa tête basse. L'être n'était pas vraiment grand et ne paraissait pas imposant, cependant il pouvait sentir son cosmos flotter autour de lui et l'oppresser. Il lui devait le respect, lui qui avait été ignoré par sa déesse pendant tant de temps et dont l'âme pourtant si noble avait finit par pourrir. Il ignorait tout de l'être auquel il avait offert son âme mais il avait été le seul à l'entendre plongé dans son abysse et le seul qui l'avait tiré de l'obscurité. Pour cette simple raison, il lui sera fidèle même si cela voulait dire commettre les pires crimes.
« Le chevalier du verseau disparaitra. »
Vous pensiez que cette fanfic était morte ? ET BAH NON ! Par contre je ne vous le cache pas : ça va pas être joyeux.
Earwen de Sirfalas : Merci ! Oui, on se rapproche de la 'fin', mais quelle fin exactement ? Quant à Hadès, sa haine pour Athéna est facilement justifiable. Plus que la haine soudaine que lui vouent ses anciens chevaliers.
Hemere : Merci pour ton commentaire ! Personnellement je plombe moi-même mon programme d'écriture donc bon... Quant à l'espoir... Je pense que ce chapitre vient de répondre à cette question.
