Auteur : Delicate Doll

Source : Harry Potter

Disclaimer : Les personnages appartiennent à JKR.

Pairing : LVHP

Rating : M

Résumé : UA. Lord Voldemort n'a qu'une devise : Il voit, il veut, il prend. Seulement, il ne suffit pas d'être riche, puissant, ou encore incroyablement séduisant pour obtenir tous ce que l'on désire mais surtout d'être démoniaque !

Buenos tardes !

J'espère que vous allez bien ?

Je suis allée voir il y a quelque jours Harry potter 6 ! Bien sûr, ayant lu le livre j'ai remarqué que bon nombre de scènes avaient été coupées, ce qui est tout à fait normal, mais aussi un peu dommage. Sinon, j'ai beaucoup apprécié l'humour et l'évolution plus ou moins appuyée de chaque personnage. Mais peut-être n'avez-vous pas encore eu l'occasion de le voir, alors je n'en dis pas plus.

Toutefois, pour ceux qui ont eu l'opportunité de voir ce sixième volume, qu'en pensez-vous ? Plutôt satisfaisant ou non ? Avez-vous été déçu ou conquis ? Donnez moi vos avis.

Maintenant, je reviens à l'histoire. J'ai eu le plaisir de lire toutes vos reviews qui d'une part me motivent pour poursuivre cette fic et d'autre part me rendent fière d'offrir aux lecteurs une histoire susceptible de les satisfaire. Je remercie donc toutes les personnes qui me soutiennent et me font part de leurs avis qui est pour moi indispensable.

Voilà, je vous laisse en présence de ce nouveau chapitre avant de vous retrouver plus bas.

Bonne lecture !


L'étreinte du Diable

Chapitre 6 :

Agrémentant son esquisse d'une dernière touche, Harry contempla longuement son dessin y recherchant la moindre imperfection…

Les bouts de ses doigts étaient devenus argentés à force de créer des nuances plus ou moins prononcées. Toutefois, il ne s'en préoccupa pas, préférant reporter toute son attention sur son carnet.

Il avait représenté un paysage. Celui-ci lui semblait différent de ceux qu'il avait précédemment produit, il avait l'air disons, plus pénétrant.

Malgré cette observation, il ne semblait pas comblé.

A dire vrai, Harry n'éprouvait jamais une pleine satisfaction lorsqu'il achevait un croquis. Ce qui était à la fois frustrant et décevant.

Décevant, car il avait le sentiment qu'il n'avait pas atteint la pleine mesure de ces capacités, qu'il n'avait pas atteint le but qu'il s'était fixé. Et plus frustrant encore, c'est il ignorait ce qui devait être perfectionné ou encore ajouté.

Quelque chose manquait dans chacune de ses esquisses, mais quoi ? C'était un mystère.

- « Harry, une personne demande à te voir » le prévint Madame Pomfresh qui était entrée dans le local.

Le jeune homme y avait pris une pause depuis une vingtaine de minutes, chose qu'il faisait fréquemment.

Il releva son regard vers la vieille dame tout en devinant qui était la personne en question.

- « Vous pouvez dire que j'arrive ? Je n'en ai pas pour longtemps »

Madame Pomfresh acquiesça, puis elle sortit aussitôt d'un pas silencieux.

Harry rangea son calepin dans son casier et se dirigea vers les lavabos pour enlever les traces de crayon incrustées sur ses doigts.

Remus avait été quelque peu surpris lorsqu'Harry lui avait parlé de la proposition de Lord Voldemort. Néanmoins il n'avait pu nier que cette opportunité tombait à pique. Par conséquent, il avait volontiers accepté à condition bien sûr, que l'homme n'eut pas changé d'avis.

Cette intimité passée avec son oncle avait en outre permis au garçon de discuter de sa relation avec Théodore. Nombreuses étaient les réactions qu'il s'était alors imaginé.

En premier lieu, il songea à la pire, c'est-à-dire au refus. En second, il pensa que Remus lui demanderait un peu de temps pour se faire à cette idée, ce qui en somme, était tout à fait acceptable. Puis la dernière, que son oncle ne dégagerai aucune réaction, car trop perturbé par cette révélation.

Cependant, aucune de ses hypothèses ne s'étaient vérifiées.

Remus s'était tout simplement tourné vers son neveu en lui proférant ses paroles :

- « Tout ce que je veux Harry, c'est ton bonheur. Peu importe la personne que tu aimes, si elle peut te rendre heureux, alors je le serais tout autant. »

Il y avait eu à cet instant un sentiment que le jeune homme n'avait pu expliquer. Un mélange de reconnaissance et de soulagement baignés dans son regard vert étincelant où les larmes étaient montées. Un instant, il avait même cru rêver ses paroles, lui semblant pour le moins, irréelles. Pourtant, un seul regard vers son oncle lui certifia l'authenticité de ses dires, et libéra son cœur d'un poids qu'il portait depuis bientôt six mois.

Dès lors, il s'était de nouveau rapproché de Remus. La frontière les séparant était littéralement tombée pour laisser place à des liens plus forts, tels ceux que partage une famille unie.

Un sourire heureux vint border les lèvres d'Harry tandis qu'il s'essuyait les mains à l'aide d'une serviette usée.

D'un bon pas, il passa la porte du local, la faisant doucement claquer au passage pour se diriger vers l'accueil.

Lord Voldemort tourna immédiatement son regard dans sa direction, comme s'il avait pu sentir sa présence. Il arbora un sourire s'accommodant parfaitement avec son visage angélique.

- « Ah, Monsieur Potter, je suis ravi de vous revoir » amorça-t-il d'un ton léger. « J'espère que vous avez une bonne nouvelle pour moi ? »

Le garçon imita à merveille son sourire avant de déclarer :

- « J'en ai une très bonne pour nous deux, mon oncle a accepté votre offre. Il s'engage donc à vous confectionner vos costumes »

- « Je suis ravi de l'apprendre. Comme convenu, je vous ai amené les mesures »

Il tendit au jeune homme une simple pochette ou divers critères apparaissaient à l'intérieur.

- « J'ai également indiqué les caractéristiques du costume que je voudrais que vous me conceviez » ajouta-t-il.

- « Très bien, vous avez également inscrit vos mesures ? » demanda Harry en parcourant les différentes références des employés.

- « Malheureusement, non. Le temps m'a manqué ces derniers jours et le tailleur qui s'est occupé de mes employés n'est pas toujours disponible »

- « Si vous voulez, moi je peux le faire » proposa le garçon. « Cela ne prendra qu'une quinzaine de minutes »

- « Dans ce cas, c'est parfait » articula Voldemort.

Harry rangea le dossier derrière le bureau d'accueil, Madame Pomfresh s'en occuperait sûrement sous peu.

- « Voulez-vous que je vous présente les différents modèles pour vos employés ? » interrogea-t-il en se tournant à nouveau vers le Lord.

- « Naturellement »

Harry amena le Lord vers l'un des angles du magasin où reposaient tous les prototypes de costumes.

Il lui en présenta une multitude, chacune pouvant correspondre aux attentes de l'homme. Les tenues étaient en soie simple, mais raffinées. La matière avait été conçue de façon à rendre l'habit confortable et maniable. De cette façon, on pouvait aisément esquisser des mouvements sans que la veste ou la chemise ne gênent.

Sans une once d'hésitation, Voldemort désigna deux modèles à sa convenance. Une pour la section masculine et l'autre mettant en valeur les caractéristiques féminines. Il voulait quelque chose d'à la fois simple, mais élégant. Et comme à son habitude, il avait obtenu ce qu'il désirait.

- « Dans combien de temps vous faudra-t-il les tenues ? » questionna Harry.

- « J'organise le Bal le trente et un Décembre, donc vous avez jusqu'à la fin du mois » précisa l'homme.

Le jeune homme prit note de ce renseignement à la suite des tenues que le Lord avait choisi. Ainsi, les délais seraient respectés évitant tout malentendu.

- « A présent, si vous voulez bien me suivre… »

Harry entraîna l'homme dans une petite pièce affublée d'une moquette couleur beige. Au centre du lieu, trôner un socle ainsi qu'un tabouret placé à disposition. Un mètre plus loin à peine, situé en arc de cercle, un paravent en miroir s'accommodait avec le modeste mobilier en bois.

Le garçon demanda à l'homme de retirer son manteau ainsi que sa veste pour se placer sur le socle. Pendant ce temps, il prit son mètre, un bloc note et un crayon enfouis dans une boîte.

Il s'approcha lentement de la silhouette et déroula son mètre afin de commencer l'une des choses qu'il savait le mieux faire au monde, c'est-à-dire son travail.

A vrai dire, le jeune homme pouvait aisément affirmer que son métier était à la portée de n'importe qui. Ce qui, quelque part, n'était pas chose flatteuse. D'autre part, il devait avouer qu'exécuter inlassablement les mêmes mouvements, devenait lassant et routinier au fils des mois qui s'écoulaient.

Néanmoins, Harry savait qu'il n'avait aucun droit de se plaindre. Après tout, il y avait des emplois bien plus pénibles et dégradants que le sien, comme il y en avait aussi des meilleurs…

Reportant chaque mesure sur son petit carnet d'une écriture fine et légère, tout en essayant d'être le plus efficace possible, le garçon ne remarqua pas le regard du Lord posé sur lui.

Ce dernier observa à quel point Harry était professionnel dans cette tâche au travers de son dynamisme ainsi que son sérieux.

Bien qu'anodins, les différents gestes qu'il effectuait, le captivèrent. Une étrange douceur ressortait de ses mouvements mêlant fragilité et tendresse, deux choses que d'ailleurs, il ne connaissait que fort peu.

- « Vous savez que vous possédez à peu près les mensurations d'un mannequin ? » décréta Harry tout en évaluant à présent le tour de poignet.

Bizarrement, Voldemort ne réagit pas immédiatement aux paroles du garçon qui semblèrent se perdre dans le silence.

- « Au moins si un jour vous décidez de changer de métier, vous pouvez toujours essayer de vous reconvertir dans ce domaine » lui dit-il tout en essayant d'entretenir une conversation.

En effet, Harry n'aimait pas travailler dans le silence. Il préférait que les gens lui parlent même si c'était pour ne rien dire, il avait besoin de les entendre.

Car, pour une raison inconnue, on se confiait facilement à lui.

Les filles aimaient lui communiquer leurs malheurs, leurs déceptions ou encore leurs peines amoureuses. Tandis, que les garçons confiaient leurs craintes, leurs espoirs et quelques uns de leurs rares secrets. Harry était une sorte de confident, il mettait les gens à l'aise et sans savoir comment, il gagnait facilement leur confiance.

À l'opposé, le jeune homme avait beaucoup de mal à parler de lui, à exprimer ses sentiments, son bonheur ou son chagrin. Mais, peut-être était-ce parce qu'il n'y avait pas été habitué plus jeune.

- « Je m'imagine mal aller sur un podium tout en me pavanant d'habits ridicules qui ne seront, de toute évidence, portés que par des gens qui ont très peu de goût dans l'art vestimentaire » répondit le Lord au bout d'un moment.

Harry ne put réprimer un rictus, pensant que la plupart des hommes se seraient contentés du compliment.

- « Cela vous plait-il de travailler comme tailleur dans cette boutique ? » questionna Lord Voldemort en essayant d'en savoir un peu plus sur le garçon.

- « Oui, c'est très plaisant » fit ce dernier d'un ton bref tout en s'attaquant à la mesure des épaules.

Voldemort dissimula un sourire tout en perçant du regard le jeune homme.

- « Vous mentez » énonça-t-il d'un air amusé.

D'abord surpris, le garçon esquissa ensuite un bref sourire.

- « Oui, et apparemment pas très bien » avoua-t-il, mal à l'aise.

- « Un jeune homme tel que vous devrait avoir une plus grande ambition plutôt que de s'accorder à travailler dans un domaine qui, manifestement, ne lui correspond pas »

- « Oh, de l'ambition j'en ai, seulement il faut parfois plus que ça. De nos jours, on ne se contente plus de petit diplôme. Il faut également être disponible, c'est-à-dire mobile, or je n'ai même pas de voiture et par-dessus tout pas beaucoup d'argent. Dans mon cas je ne dirais pas que je manque d'ambition, mais que je suis réaliste à ma condition » nuança le jeune homme tout en reportant sur le carnet sa dernière mesure.

- « Bien, j'ai fini ! » déclara-t-il en se relevant pour en même temps clôturer le sujet.

Seulement, Voldemort avait une idée dans la tête et il ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin.

Harry rangea son matériel dans la petite boite en bois tandis que le Lord enfilait presque à regret sa veste et son manteau. Chose faite, il s'approcha doucement du garçon tout en arborant un regard calculateur et insondable qui capta l'attention du jeune homme.

- « Et si moi je vous proposais un travail, Monsieur Potter. Est-ce que vous accepteriez ? »

Le jeune homme haussa les épaules.

- « Pourquoi feriez-vous cela ? »

- « Je sais que de nos jours, la vie n'est pas toujours facile, surtout pour un jeune homme tel que vous. Je vous propose donc d'intégrer ma société, mon empire, comme je me plais à l'appeler. Avec moi vous gagnerez de l'expérience, vous accéderez à un statut qui vous sera bénéfique durant toute votre carrière. Vous aurez également des responsabilités afin de devenir complètement autonome. Oh, et bien sûr vous serez correctement rémunéré, à condition naturellement d'en avoir le mérite » sourit-il.

Harry prit un moment pour réfléchir.

L'homme se moquait-il de lui ? Il n'en n'avait pas l'impression. Lord Voldemort dégageait une expression beaucoup trop sérieuse pour qu'il s'agisse d'une banale plaisanterie.

Poussé par la curiosité il demanda :

- « De quel emploi s'agirait-il exactement ? »

Voldemort se félicita intérieurement, il savait dès lors que le jeune homme n'était pas indifférent à son offre.

- « J'aimerais vous engager en tant qu'assistant personnel. Une place des plus prometteuses. »

- « Mais je n'ai aucune expérience dans le domaine des affaires »

- « L'expérience s'acquière, Monsieur Potter. N'ayez crainte, je vous formerais. De plus, je vous laisserais une période d'essai si cela peut vous rassurer »

- « C'est très aimable de votre part, mais comme je vous l'ai dit tout à l'heure je n'ai pas de moyen de transport »

- « Sachez que vous n'en aurez aucunement besoin »

Harry fronça les sourcils. Comment pouvait-il se rendre sur son lieu de travail sans véhicule ?

Voyants l'incohérence s'inscrire sur le visage du jeune homme, Voldemort approfondit :

- Vous ne le savez sûrement pas mais j'habite un manoir à Plymouth, une charmante ville. Il faut environ deux heure et demies pour y aller et parfois plus quand le trafic est dense. Toujours est-il que la plupart de mes assistants vivent au sein de ma demeure, je trouve cela plus pratique et bien sûr cette condition arrange bon nombre d'entre eux. Donc, c'est simple je vous convie également à venir habiter chez moi, et ce durant toute votre période de travail.

- « Alors, je ne verrais plus ma famille » souffla immédiatement le garçon.

Le Lord sembla hésiter avant de répondre :

- « C'est en effet un des inconvénients que vous vous devez d'envisager. Cependant, il ne faut pas non plus négliger les nombreux avantages que ce poste vous procurerait également »

- « Oui je sais mais... »

La voix du garçon était pleine d'incertitude. Cette proposition était beaucoup trop soudaine et il ne savait pas le choix qu'il devait faire.

Il devait avouer que cette place était tout à fait attirante, d'ailleurs n'était-ce pas ce qu'il avait toujours plus ou moins convoité ? Devenir autonome, avoir des responsabilités, acquérir de nouvelles connaissances…

Certes, mais pas au détriment de ses proches.

Il aurait l'impression de les abandonner pour un boulot dont la perspective était indéniablement plus favorable que celui qu'il occupait actuellement. Il ne voulait pas paraître ingrat envers son oncle, ni même donner l'image d'un jeune homme que seul le profit intéresse.

Cependant était-ce mal de vouloir changer ? N'y avait-il que les individus ayant réalisé d'impressionnantes études qui étaient en droit de mener une brillante carrière ? Ou ceux issus d'une famille bourgeoise qui n'auraient alors aucun problème à se frayer une place dans la haute société ?

Il fut évident pour Voldemort que le garçon était quelque peu perdu. Mais, si la seule chose qui le contrariait était son entourage, alors il pouvait aisément y remédier.

- « Écoutez » commença-t-il d'un ton apaisant. « Je comprends qu'il est difficile de quitter son foyer pour s'installer dans un lieu qui vous est complètement inconnu. Voici donc ce que je vous propose : étant donné que vous ne travaillerez pas les week-ends je laisserais un véhicule à votre disposition, de cette façon le chauffeur vous conduira ici lorsque vous éprouverez le besoin de voir vos proches. Qu'en dites-vous ? »

- « Eh bien, je trouve ce geste très délicat de votre part. Seulement, faut-il que je vous donne une réponse sur l'heure ? »

Voldemort ne put s'empêcher d'exprimer un sourire discret.

- « Vous êtes vraiment un garçon étrange » fit-il remarquer.

- « Pourquoi cela ? » ne put s'empêcher de demander Harry.

- « Si j'avais fait cette proposition à n'importe quelle autre personne de cette boutique, je suis certain qu'on n'aurait pas tardé pour me donner une réponse »

- « Je n'aime pas la précipitation. Je ne veux pas regretter ma décision par la suite »

- « C'est évident, mais n'oubliez pas qu'une chance comme celle-ci ne se représentera peut-être plus. De quoi avez-vous peur ? »

- « Je n'ai pas peur » répondit instantanément le garçon.

Il y eut un court silence. Voldemort contempla l'éclat vert dans les prunelles de son vis-à-vis alors qu'il tentait d'y déceler quelque chose.

- « Finalement, vous n'êtes peut-être pas prêt. Ce n'est pas grave, c'est juste dommage… »

A ces paroles, le cœur d'Harry se contracta dans sa poitrine. Sans savoir pourquoi il se sentit quelque peu vexé.

Il se voyait décerner une image très peu glorieuse de lui-même, voire méprisable. D'ordinaire, il ne manquait pas de courage, en réalité le garçon était une personne soucieuse de bien faire. L'égocentrisme ne lui correspondait absolument pas, c'était un défaut qu'il détestait particulièrement.

Toutefois, pouvait-on qualifier d'égoïste le désir d'accéder à une meilleure place ? Était-ce incorrect de sa part de ne pas vouloir demeurer toute sa vie dans la boutique de son oncle ? Toutes ces interrogations le frustraient, le culpabilisaient. Alors, il s'efforça de ne pas y songer.

- « Vous avez déjà une idée du temps qu'il vous faudra pour la confection de mes tenues ? » questionna subitement le Lord.

- « Environs deux semaines, je pense » décréta le garçon d'un air évasif.

- « Très bien. J'enverrais certainement un de mes employés pour venir les chercher »

Harry acquiesça, silencieusement.

- « Je suppose que vous avez encore beaucoup de travail, Monsieur Potter. Aussi, je vais vous laisser. Vous remercierez votre oncle de ma part »

- « Je n'y manquerai pas »

L'homme le salua poliment, puis il se tourna vers la porte, marchant lentement jusqu'à elle.

Harry avait l'impression qu'un ultimatum s'était enclenché en lui. Une voix dans sa tête lui répétait « C'était ta chance ». Et si c'était effectivement le cas ?

Si le Lord embauchait une autre personne à sa place parce qu'il n'avait pas été capable de lui dire oui le moment opportun. S'il regrettait son manque d'initiative et que ce poids venait à lui pesait durant plusieurs années ? Le supporterait-il ?

Au moment où Voldemort franchit la porte, un mot tant espéré fit irruption jusqu'à lui.

- « Attendez… »

Le jeune homme s'avança, faisant de nouveau face à l'homme. Ils s'observèrent quelques secondes, les yeux dans les yeux.

Puis, Harry se décida finalement à déclarer :

- « J'accepte votre proposition »

Voldemort leva un sourcil.

- « Vous êtes sur ? »

Hésitant encore un instant, Harry tenta de répondre tant bien que mal d'une éloquence assuré :

- « Certain »

Le sourire qu'eut le Lord à ce moment là était le plus éblouissant des sourires qu'il avait eu depuis qu'il était entré dans le magasin.

- « Dans ce cas, j'en suis ravi. Vous verrez, vous ne le regretterez pas. Je viendrai vous chercher vendredi à quinze heures, cela vous permettra de mieux vous intégrer durant le week-end et de rencontrer certaines personnes avec qui vous travaillerez. Êtes-vous toujours d'accord ? »

Le garçon se mouilla les lèvres avant de répondre par l'affirmative.

- « Bien, alors on se revoit dans quatre jours, Monsieur Potter. N'oubliez pas de donner la confection de mes costumes à quelqu'un avant de partir »

Sur ce, Voldemort quitta définitivement la pièce laissant un jeune homme encore tout chamboulé des récents événements.

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Hermione écoutait attentivement le cours du professeur McGonagall, une femme brillante qui enseignait la biologie depuis de nombreuses années dans cette université.

Elle portait toujours de fines lunettes encadrant un regard d'une teinte bleu pâle. Sa grande taille lui permettait de se vêtir de robes tombant le long de sa silhouette et les quelques rides ornant son front ou ses yeux témoignaient qu'elle n'était plus toute jeune.

Minerva McGonagall aimait particulièrement Hermione. Elle trouvait en cette jeune fille une multitude de qualités et un potentiel qui ne demandait qu'à faire ses preuves.

La sonnerie retentit tout à coup à travers les classes et couloirs. Le son qu'elle provoquait était similaire à une alarme incendie, assourdissant les tympans au fil des jours où elle retentissait.

Les élèves se levèrent dans un même mouvement, entraînant autour d'eux une atmosphère bruyante parsemée de discussions en tout genre. Hermione quitta la salle de cours et elle se sépara de ses quelques amies. Le lundi était la journée la plus courte de son emploi du temps, mais pas forcément la plus plaisante.

Au bureau, c'était la cohue, comme tous les jours. La brunette attendit quelques minutes avant de pouvoir s'entretenir avec la secrétaire. Celle-ci avait l'air débordé à en juger par la tonne de paperasses éparpillée sur son bureau, les coups de téléphones à répétition et les soupirs traduisant son exaspération.

Lorsque son tour fut enfin venu, Hermione demanda d'une voix posée :

- « Bonjour, je viens chercher ma convocation pour les examens du semestre prochain »

- « Votre Nom, prénom et classe » demanda la secrétaire.

- « Lupin, Hermione. Je suis en première année »

La jeune femme tapa rapidement les références de l'étudiante sur son clavier. Il ne fallut que quelque seconde pour que l'ordinateur affiche un résultat.

- « Ah, je suis désolée Mademoiselle mais nous ne l'avons pas encore reçu, je pense qu'il faudra repasser en début de semaine prochaine »

- « Très bien »

- « Par contre, je vois que votre second trimestre n'a toujours pas été réglé. Il faudra le faire rapidement sinon vous ne pourrez pas passer les examens »

- « Vraiment ? » s'inquiéta la jeune fille.

- « Oui, je préfère vous prévenir cela arrive chaque année, et nous n'aimons pas mettre les étudiants dans ce genre de situation »

- « Bien sûr, je comprends. Mais vous êtes sur qu'il n'a pas été payé ? » insista Hermione dont l'étonnement se traduisait sur les traits de son visage.

- « Certaine, Mademoiselle » affirma la jeune femme en regardant l'écran. « Nous avons fait faire une vérification de nos ordinateurs il y a trois jours, les programmes et dossiers de chaque élève ont été remis à jour, il y a donc très peu de chance pour que cela soit une erreur.

- « D'accord, cela doit être un oubli alors. Je viendrais régler la somme en revenant chercher la convocation » assura-t-elle. « Je vous remercie, passez une bonne journée »

- « A vous également Mademoiselle, au revoir »

Hermione était quelque peu inquiète de cet oubli qui, selon elle, n'en était pas un. Elle savait que son père avait quelques problèmes financiers, bien qu'il ne laissait rien transparaître. Elle le connaissait trop pour l'ignorer. Il faudrait sûrement qu'elle lui en parle avec tout le tact et la délicatesse dont elle pouvait faire preuve.

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Severus Rogue attendait patiemment à une petite table, l'air imperturbable.

Il observait les gens aller et venir, parfois il se surprenait à écouter les conversations, aussi banales et ennuyeuses soient-elles.

La plupart des personnes fréquentant ce café étaient des habituées. Certains venaient oublier leurs vies minables autour d'un verre bien serré, puis il y avait ces hommes dont la perspective de rentrer chez eux ne les réjouissait guère, et d'autres cherchant tout simplement du réconfort ou une oreille attentive à leurs problèmes.

Ce qui était avantageux, c'est que l'apparence froide et austère de Severus Rogue n'attirait jamais ce type d'individus. Étant quelqu'un de très peu sociable, l'homme s'en accoutumait parfaitement, surtout dans ce genre de lieu.

Par ailleurs, il savait que dans les affaires, les mots compassion, culpabilité ou charité étaient un frein, voir un échec au bon fonctionnement d'une société.

Ne jamais mêler les sentiments au travail, c'était la règle d'or !

Une sombre silhouette s'avança vers lui, prenant place sur le siège d'en face.

- « Tu es là depuis longtemps ? »

- « Dix minutes. Mais cet endroit me donne l'impression d'en avoir passé vingt » grogna Rogue.

Voldemort esquissa un sourire discret. Il savait que son assistant n'aimait pas tellement les foules, bien qu'à cette heure-ci, il n'y ait pas grand monde.

- « Comment s'est déroulée l'opération ? »

- « Wilkes a signé le contrat sans faire d'histoire. A présent, nous possédons la moitié de sa société »

L'homme retint une exclamation railleuse.

- « Détenir la moitié de cette société ne m'intéresse aucunement, Severus. Mais maintenant que ce contrat est signé, si par le plus grand des hasards il arrive malheur à Wilkes, cette entreprise sera à moi » fit-il d'un air avide.

- « Voulez-vous que je demande à Karkaroff de s'occuper personnellement de son cas ? »

- « Je suis sûr qu'il s'ennuie en ce moment, un peu d'action ne devrait pas lui déplaire. Dis lui seulement de le mettre hors jeu et si Wilkes ne coopère pas alors je devrais être moins indulgent »

- « Je le contacterai demain matin à la première heure, Monsieur »

- « Parfait »

- « A part ça, avez-vous obte… »

Severus se tut, voyant une serveuse s'approcher.

- « Est-ce que vous désirez commander quelque chose ? » demanda cette dernière en souriant avec une amabilité inutile.

- « Un scotch et un café » répondit le Lord sachant que son assistant ne buvait aucun alcool.

La jeune femme repartit aussitôt chercher les commandes, tandis que Severus poursuivit :

- « Avez-vous obtenu ce que vous vouliez à la boutique Lupin ? »

- « A ton avis ? » rétorqua Voldemort comme si cette question était stupide.

- « Alors, Potter a également accepté votre proposition d'embauche ? »

- « J'étais certain qu'il ne refuserait pas une offre pareille ! C'est un garçon sensé, je suis sûr qu'il s'épanouira à Plymouth »

- « Assistant personnel va lui permettre d'accéder à des éléments compromettants. Vous savez notamment lesquels ? »

- « Que crois-tu ? Que je n'y ai pas songé ? Il est évident qu'un accès limité à certaines informations s'imposera. D'ailleurs, c'est toi qui travailleras en partenaire avec lui, ainsi tu pourras le surveiller »

Severus acquiesça silencieusement. Tous ce qu'il espérait, c'est que le jeune homme ne soit pas un de ces idiots d'adolescents dont les capacités mentales étaient plus que douteuses. N'étant pas particulièrement patient, il risquait fort de perdre son sang froid face à un gamin incompétent.

Sur cette pensée, il aperçut la serveuse toujours munie de son sourire enjôleur, déposer leur commande sur la table. Cette dernière signala au Lord qu'il n'aura rien à débourser et que c'était pour la maison.

Voldemort la remercia avec courtoisie. Ayant souvent le droit à ce type d'égard, cela ne le surprit pas.

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Harry se réveilla dans un sursaut, la sueur au front.

Il regarda aux alentours, l'air désemparé. Sa gorge était sèche, les draps humides et sa respiration haletante comme s'il avait couru jusqu'à l'épuisement.

Il prit sa tête entre ses deux mains tout en essayant de se calmer et de reprendre ses esprits.

Les cauchemars ne lui étaient pas inconnus, bien qu'il n'en fasse pas fréquemment. Cependant il devait avouer que lorsque cela lui prenait, il était dans tous ses états.

Au bout de quelques minutes, les battements de son cœur reprirent un rythme régulier. La pièce ne bougeait plus tandis que la douleur au niveau de son crâne semblait s'évaporer.

Dehors, une pluie diluvienne battait contre sa fenêtre. Le ciel était triste, aucune étoile ne semblait étinceler, seul les ténèbres envahissaient les cieux.

Presque qu'inconsciemment, Harry s'approcha de la fenêtre, observant le vent fouetter les feuilles des arbres et l'eau se répandre dans les moindres recoins. Doucement, il posa son front brûlant sur la vitre, absorbant ainsi la fraîcheur qui s'en dégageait. Ce simple contact l'apaisa et il resta immobile durant un long moment, n'écoutant que les claquements distincts que la pluie émettait…

Il vit alors sa journée défiler devant lui.

Il repensa à sa matinée, à une conversation avec son meilleur ami, ainsi que le passage plus que désagréable de Parvati Patil. Mais il songea notamment à l'acquisition de son nouvel emploi et bientôt de son nouveau lieu d'habitation.

Harry n'avait jamais été à Plymouth, il savait néanmoins que cette ville était réputée pour abriter l'un des plus grands ports naturels du monde.

Peut-être pourrait-il prendre le temps de visiter cet endroit durant son temps libre ?

Il n'avait jamais eu l'opportunité de voyager beaucoup. Pourtant, il savait que cette perspective serait loin de lui déplaire. Il y avait tellement de belles choses à voir et découvrir dans le monde que lorsqu'il les entrevoyait à la télé, il éprouvait une irrésistible envie de réaliser ce rêve.

Seulement, le garçon n'était pas dupe. Il savait que les voyages autour du monde coûtaient chers, et de ce fait, qu'il aurait peu de chance de voir ses rêves devenir un jour réalité.

Il songeait souvent à ce dicton : « L'argent ne fait pas le bonheur ». Certes, les hommes riches n'étaient pas forcément plus heureux que les hommes de classe moyenne, loin de là. Cependant, le manque de ressources n'est-il pas un frein au bonheur ? Comment peut-on être heureux lorsqu'on ne parvient pas à se nourrir correctement ou trouver un logement décent ? Comment peut-on s'épanouir dans la pauvreté quand d'autres possèdent des richesses qui vont bien au-delà de leurs besoins ?

L'argent ne fait effectivement pas le bonheur, mais il y contribue quand même, c'est indéniable.

Harry prit une profonde respiration tout en décollant son front de la vitre. Malgré tous ses efforts pour le cacher, il devait avouer qu'il était quelque peu terrifié des futurs événements.

Lesquels exactement ? Il ne savait pas. C'était peut-être le fait de travailler dans un domaine qu'il n'avait encore jamais expérimenté ? De s'intégrer dans un milieu bourgeois et aisé dont-il n'avait jamais fait parti ? Ou encore de rencontrer des individus avec lesquels il redoutait le peu d'affinités qu'ils pourraient avoir en commun.

D'autre part, il y avait aussi cet homme, Lord Voldemort. Une personne que le jeune homme avait beaucoup de mal à cerner.

Parfois, il se sentait très à l'aise à ses côtés, il en oubliait même que c'était quelqu'un d'aussi important dans la société. Discuter avec lui paraissait à la fois simple et agréable. Mais une part de sa personnalité, mettait Harry mal à l'aise. Sans doute se sentait-il insignifiant à côté du pouvoir et de l'influence que l'homme exerçait. Après tout, Lord Voldemort était en soi un individu très impressionnant, que se soit en puissance ou en apparence.

Une fois qu'il eut accepté sa proposition, Harry se demanda comment il allait faire part de cette nouvelle, plus que surprenante, à son oncle. Discuter de cette place avec lui avait fait naître une appréhension aussi grande que lorsqu'il avait révélé sa relation avec Théodore Nott.

Mais, encore une fois, les hypothèses qu'il s'était forgé dans son esprit étaient bien loin de la réalité.

Contre toute attente, Remus s'était empressé de le féliciter, chose que son neveu n'aurait jamais imaginé, sauf dans ses rêves les plus fous. Pour souligner sa réaction, son oncle avait ajouté que des opportunités comme celle-ci ne se présentaient que trop peu. Par conséquent, Harry avait bien fait d'accepter dans l'immédiat même si cela incluait qu'il ne travaillerait plus pour lui.

Seulement, le garçon n'avait pas pu s'empêcher d'être quelque peu troublé par ce regard qui trahissait les paroles de l'homme.

Outre la joie, il y avait également décelé de la tristesse. Remus n'était sûrement pas préparé à un départ aussi soudain de la part de son neveu. Le vide qu'il laisserait derrière lui allait le rendre quelque peu nostalgique, au début.

Il redoutait déjà le jour ou Hermione et Luna quitteraient également sa maison pour s'installer avec leurs fiancés ou tout bonnement pour leur travail.

« Mais, c'était aussi ce qui s'appelait la vie » pensait-il de bonne foi.

Lentement, Harry se dirigea vers son lit. La pluie s'était un peu calmée, mais le vent soufflait toujours avec autant d'ardeur.

Il posa sa tête contre le tissu froid de son oreiller pour tenter de se rendormir.

Après tout, demain était un autre jour.


Alors, petite question habituelle : Que pensez-vous de ce chapitre ?

Il est plus long que les précédents et des événements nouveaux vont enfin faire leurs apparitions !

Avant de vous quitter, je tiens à remercier ma bêta qui, comme d'habitude, a fourni un travail exemplaire. Merci à toi Nini !

Voilà, sur ce je vous laisse.

Gros bisous à vous tous !