Hellowwwwww les amis ! Puisque vous m'avez couverte de reviews (youhouuuuuuuu) et que j'adore ça, un petit chapitre pour vous remercier !!! Sachez déjà que j'ai bien bavé sur le rendez-vous Bella/Jasper donc n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

Avant toute chose, comme d'hab, petites réponses à vos charmantes reviews :

Ebecquereau : Merci pour ta review !!! J'ai déjà répondu à tes questions en privé donc bah merci de me suivre quoi ^^

Istehar : Tu ne peux pas savoir comme tes reviews me font à chaque fois sourire et plaisir surtout ! J'suis contente que tu aimes mon Jasper, c'est un peu pour lui que j'écris ^^ Bonnes fêtes de fin d'année à toi aussi !!!

Wendy' Stories : Pour Jella et au risque de me répondre pour les autres (sorry !), je veux vraiment pour le moment avoir une belle relation entre Jasper et Bella qui ne dépassent pas les limites qu'un vampire et une humaine peuvent se mettre pour ne pas tenter le diable comme on dit … Ce qui viendra par la suite, je ne peux pas te le dire car je ne l'ai pas décidé moi-même ^^ La plupart du temps, je me laisse porter par mon histoire donc voilà … (mama, no comment  lolllll !) En tout cas, encore quelques chapitres et notre cher Edward sera de retour donc bon …  Wait and see !

Luz' : Wahouuuu merci du compliment !!! Ca, ça fait grave plaisir !!!

^^ : Tiens un accroc au ^^ comme moi ^^ !!! En tout cas, ne compte pas sur moi pour arrêter un jour de couper au meilleur moment, c'est humainement impossible ! J'aime faire souffrir mes lecteurs, suis une sadique moi ^^ ! Merci de me lire en tout cas !

Mmesolomalefoy : Les questions trouveront leurs réponses, je promets ! Tôt ou tard ! Vous avez déjà la réaction d'Emmet dans ce chapitre mais vous aurez aussi celles de Carlisle, Esmé, Rosalie et plus tard des deux principaux intéressés, à savoir Alice et Edward donc ne vous en faites pas ^^ Pour le rendez-vous que tu attends, je t'invite à lire le chapitre et j'espère que tu aimeras comme j'ai aimé l'écrire ^^ Merci pour tes compliments en tout cas !!!

100 % Jasperounet : Toi et moi on est faites pour s'entendre !!! Merci pour les compliments, ça me fait super super super super plaisir, tu peux pas savoir ! J'espère que tu ne te lasseras pas de Jasper, parce que moi, ce n'est pas près d'arriver et donc vous allez encore en souper de mon Jasper ^^ Bref, j'imagine que pour toi, no soucy ;) N'hésite pas à amener les fans de Jasper, j'aime les reviews ^^ Merci de me liiiiiiiire^^

Mama : Aaaaaaah ma mama !!! Réponses pour réponses :

Moi frappadingue ? Je ne vois pas de quoi tu parles, haha !!

Pour le 323, je sais que ça fait pas partie de ta review ici mais je réponds ici parce que j'ai envie, haha ! Je sais qu'elle est un peu moins bonne et ce n'st pas ma fic préférée non plus, mais à ma décharge, c'est ma toute première fic donc je me faisais un peu les dents … Sinon, la OC n'st pas terminée non plus mais j'ai du mal à m'y remettre *Sifflote*

Tu auras quand même du Jacob, rassures-toi mais voilà, il n'aura pas le même rôle « amoureux » que dans les livres … Désolée  mais j'étais pas la plus fan de Jacob … *pas taper*

Pardon de t'avoir induit en erreur pour Emmet mais en fait, j'avais un chapitre et pas deux et j'ai du couper parce que ça faisait 23 pages Word haha ! Donc Emmet sera dans celui-ci et le suivant ^^ Pardoonnnnnnn !!!

Pour le Jella, à nouveau, je ne sais pas trop, même si j'ai déjà une scène que j'aime beaucoup et qui est un peu plus … enfin bref, je ne sais pas si je la garderais au final, on verra où je vais mais voilà je penche de plus en plus … dur dur de résister contre soi-même. LOL !

Sinon, arrête de relire les livres en même temps !!! Sinon c'est clair que tout ce que je fais te paraitra sorti de nulle part !!! Je comble ma frustration des livres par cette fic donc bon … Et peut-être que la relation te semblera plus plausible quand tu auras lu ce chapitre ci, tu me diras … Emmet explique certaines choses à Bella, Jasper également donc voyons si ça t'aide à t'y faire… Sinon, Bella, pareil, elle a l'air d'aller bien mais va-t-elle vraiment si bien ? Et surtout, Jasper peut-il faire quelque chose pour que ça s'améliore comme Jacob l'a fait dans les bouquins ???

My Beautiful Life, j'y pense, promis ;)

Merci en tout cas pour toutes tes reviews que j'adooooooooooore toujours autant !! D'ailleurs, y a qu'à toi que je blablate autant pour répondre, LOL !!!

En espérant que la suite te plaise plus que le chapitre précédent *croise les doigts pour pas que mama la lâche*

Elea Telmar : Merciiiii pour ta review ! Tu es donc fan du Jazz/Bella … Tu ne devrais pas être déçue … Enfin, peut être pour le bisou que tu attends tant … Mais je ne sais pas, peut-être que j'arriverais à me laisser convaincre … Lalalala … Je penche d'un côté puis de l'autre tout le temps … Pour les contrats, ce ne sont pas les derniers qu'ils se passent, je promets ;)))) Pour Angela, je sais qu'elle est un peu vexante alors que c'est pas du tout son genre mais ne serait-on pas verte que Jasper s'intéresse à une de nos amies plutôt qu'à nous ?! Hihihihi !

Pearl : Merciiiiii !

Titi : Merci pour ta review et je suis heureuse de savoir que mes délires te fassent rire !!! J'espère donc que ça va continuer avec ce chapitre !!!

Et maintenant … Place à la suite !!!

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Chapitre 6 : Revivre

On est dans la voiture et je n'ai toujours pas pipé mot. Je sais que je devrais dire quelque chose, mais je me sens plutôt mal à l'aise. Je me demande pourquoi Jasper est si gentil avec moi alors qu'il est sensé n'avoir envie que d'une chose : me bouffer. Il me protège contre Victoria, il fait le guet devant chez moi pour que je ne risque rien. Parce qu'il se sent redevable. Jusque là, je veux encore bien l'admettre. Mais en plus de tout ça, il m'accompagne à l'école parce que je n'ai pas de voiture, il passe ses déjeuners avec moi et il me sauve la face devant mes amies alors qu'il pourrait se saisir de l'occasion pour se foutre ouvertement de moi. C'est vrai, après tout, il devrait m'en vouloir ! C'est tout de même de ma faute si Alice l'a quitté ! Si je n'étais pas entrée dans leurs vies, il serait toujours avec elle à l'heure qu'il est. Il devrait m'en vouloir au point de me tuer et au lieu de ça, il fait l'inverse, il s'occupe de moi et de ma sécurité. Il agit comme … un ami. Bon, un ami un peu bizarre certes, mais un ami quand même. Or, que sait Jasper de l'amitié ? A part ses frères et ses sœurs, il ne fréquente personne. Alors pourquoi fait-il tout ça ?

- Une petite question à me poser, peut-être ? me fait-il rompant enfin le silence de mort qui régnait.

- Que … ?

- Je te sens très interrogative et oui, j'ai cherché à le sentir, donc tu peux me réprimander, lâche-t-il dans un sourire.

- Je ne vais pas t'engueuler, fais-je piteuse

- Quel honneur, fait-il toujours en souriant.

- Ce serait tout de même le bouquet ! Tu me sauves la face devant mes amies et je t'engueulerais ? Je serais bien ingrate.

- Je n'ai rien sauvé du tout, Bella. Je n'aime pas la manière dont cette petite blonde est jalouse de toi.

- Jessica est jalouse de moi ?

- Ah. Oui. J'oubliais. Tu ne peux pas ressentir les émotions.

- Jessica est jalouse de moi, répétais-je pensive.

- Je sens même parfois un peu d'hostilité …

- Mais je ne lui ai rien fait !!! m'écriais-je vexée

- Elle a pourtant certaines raisons de t'en vouloir, fait-il dans un sourire mystérieux.

- Ah oui ?! Et lesquelles, je te prie ? fais-je furax

- Le petit blondinet t'aime un peu trop à son goût.

- Mike ? C'est n'importe quoi, il est sorti avec elle !

- Crois-moi, Bella, ce petit mec est très intéressé par toi, ça se sent à des kilomètres à la ronde.

- Dis donc, toi, t'es une véritable mine à informations sentimentales, fais-je soudain très intéressée.

- Qui veux-tu connaître d'autre ? fait-il visiblement amusé par mon intérêt

- Angela ?

- Mmh. Un peu de jalousie mais surtout beaucoup d'admiration.

- D'admiration ?

- Oui, tu la fascines.

- Oh.

- C'est un de tes pouvoirs, oui.

Je le regarde interrogative mais il n'approfondit pas. Avant que je puisse lui demander ce qu'il entend par là, il ajoute :

- Quelqu'un d'autre ?

- Eric, fais-je, poussée par ma curiosité

- Mmh, le petit noir de cheveux ?

- Oui.

- Désir … sexuel, s'entend.

- Yerk.

- C'est toi qui as demandé.

- Yerk quand même.

- C'est aussi le cas du petit blondinet. En puissance mille.

- Yerk yerk yerk.

- Il faut leur pardonner, ce ne sont que de pauvres adolescents contrôlés par leurs hormones.

- C'est dégueulasse quand même, fais-je dans une grimace tandis qu'il éclate de rire.

- Quelqu'un d'autre ?

- Tyler, c'est le black.

- Tu ne voudrais pas savoir, fait-il, hilare et j'imagine directement de quoi il veut parler.

- Errrrrrrrrrrrrk !

- Adolescents, n'oublie pas.

- Dieu que je déteste les adolescents de mon époque, fais-je en levant les yeux au ciel tandis qu'il se marre de plus belle.

- Quelqu'un d'autre, petite fouine ?

- Je pense que j'ai eu mon compte pour la journée, fais-je dans une moue dégoutée.

- C'est comme tu veux.

- Mais merci, c'était très … éclairant.

- Heureux de t'être utile.

- Tu ne m'es pas utile, Jasper, tu m'es d'une aide précieuse ces derniers temps.

Il se retourne sur moi et me sourit tandis que je me sens rougir de lui avoir balancé ça comme ça. Mais je le pense vraiment alors à quoi bon le cacher ? Il s'arrête et je l'interroge du regard. Il se met alors à se marrer.

- On est arrivés chez toi, petite fouine.

- Oh.

- Oui.

Je regarde à l'extérieur et voit la maison de Charlie, avec sa voiture garée dans l'entrée.

- Bon … euhhh … et bien … bonne soirée alors, fais-je en attrapant mon sac.

- Hep hep hep ! Et notre rendez-vous ?

- Tu n'es pas obligé de le faire, Jasper.

- Oh que si, je t'ai dit que je ne mentais jamais. Et tu as plutôt intérêt à avoir quelque chose à raconter à Angela et la petite blonde, demain matin, fait-il amusé

- Oh, je trouverais toujours bien…

- Alors n'oublie pas d'insister sur ma merveilleuse musculature.

- Elles en seraient vertes de rage.

- Je pense aussi. Autant la jouer sincère. Je passe te prendre vers 20 heures et je t'emmène à mon endroit préféré.

- Jasper, ne te force pas …

- Je ne me force pas, je te dis. Et puis, de toute manière, je reviens d'ici deux heures pour relever Emmet, autant que ça en devienne amusant, qu'en penses-tu ?

- Eh bien … j'avais prévu une soirée avec moi, moi et moi-même donc je ne sais pas si je vais pouvoir annuler.

- Je comprends, ce sont des projets très concrets.

- Je te vois donc à 20 heures, fais-je dans un sourire, en m'extirpant de la voiture.

Pour toute réponse, il me sourit et démarre sans un mot de plus sur des chapeaux de roue. Je regarde la voiture filer au loin et soupire. Il y a vraiment quelque chose que je ne comprends pas dans tout ça, mais je ne vais pas chercher pendant des heures, ça risque de m'épuiser et comprendre un vampire relève plus de l'impossible que d'autre chose. J'hausse les épaules et m'apprête à entrer à la maison quand un souffle de vent soulève mes cheveux. Je souris instantanément quand j'entends la voix dure derrière moi :

- Bouh.

- Tu ne me fais pas peur, Emmet.

- Ahhhh, Bella, tu ne changeras donc jamais ! s'exclame-t-il de sa grosse voix tandis que je me tourne vers lui et lui balance un énorme sourire.

Je me jette alors dans ses bras. Parce que oui, il est imposant ; oui il pourrait me casser en deux d'un seul geste ; oui c'est un vampire mais dieu ce qu'il m'a manqué ! Emmet est peut-être impressionnant, mais c'est aussi celui qui m'apprécie le plus, à part Edward (aie)… enfin avant. Et il n'est même pas étonné par mon geste, il pose juste ses bras autour de moi et je me sens tellement en sécurité. Je pense qu'on reste comme cela plusieurs minutes jusqu'à ce qu'il m'écarte un peu en explosant de rire :

- Je pense qu'il va falloir que tu te recules un peu, Bella, sinon je vais finir par avoir des problèmes avec Rosalie.

- Ooops, pardon, fais-je en me reculant, tracassée pour les problèmes que JE pourrais avoir avec Rosalie.

- Aloooors ? fait-il, visiblement pressé de connaître mon avis

- Alors quoi ? fais-je, perdue

- Que penses-tu de notre duo protecteur de choc ?

- Oh ! J'en suis toute convaincue. Je ne me suis sentie jamais autant en sécurité ! fais-je dans un sourire.

« A part dans les bras d'Edward » pensais-je en moi-même sans lui exprimer pour ne pas le vexer.

- On assure, hein ! fait-il en frappant des poings dans l'air à une vitesse inimaginable.

- C'est le moins que l'on puisse dire. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi vous le faites …

Il s'arrête instantanément et a l'air inquiet. Il se frotte l'arrière du crâne en regardant à droite et à gauche, sur ses gardes.

- Eh bien, je ne pense pas que Jasper soit d'accord pour que je le dise …

- Allons, Emmet, tu n'as tout de même pas peur de Jasper ! Un grand garçon fort et fier comme toi, fais-je pour vanter sa prétention et le faire cracher le morceau.

- Ehhh biennnn … Il se fait que Jasper peut me faire beaucoup plus de mal que moi en lui mettant un coup de poing, lâche-t-il, l'air maintenant apeuré.

- Et comment ? fais-je curieuse

- Il peut me faire me sentir impuissant … et ça pose toujours un problème à Rosalie …

- Oh, répondis-je en rougissant jusqu'à la racine des cheveux

- Relax, Bella ! lâche-t-il dans un grand éclat de rire et en me tapant l'épaule gentiment (c'est-à-dire en manquant de me la déboîter). Je rigolais, il n'est pas capable de ça, tout de même !

- Dommage, fais-je amère. Ca t'aurait donné une bonne leçon !

- Oh, ne te vexe pas, je peux bien blaguer un peu avec toi, tu es tellement naïve !

- Je ne suis PAS naïve.

- Bon d'accord : crédule.

- C'est la même chose, Emmet.

- Ne te vexe pas, voyons ! fait-il en plaçant ses mains devant lui comme si j'allais l'attaquer.

- Je ne me vexe pas si tu réponds à une de mes questions.

- Okay.

- Il m'a dit qu'il faisait ça parce qu'il se sent redevable envers moi …

- Edward ?

- Non, Jasper.

- Oh. Je pensais que tu me poserais une question sur Edward.

J'ouvre la bouche pour répondre mais je la referme instantanément. C'est vrai, j'aurais pu poser mille questions sur Edward (aie) à Emmet et pourtant, je ne l'ai pas fait. J'ai l'impression que ma douleur et mon besoin de comprendre se sont un peu estompés. Est-ce possible ? Je ne me sens toujours pas le courage de vivre sans lui, et pourtant, j'arrive maintenant à penser à autre chose. A autre chose qui est directement en relation avec lui certes, mais à autre chose quand même. Ce serait ça, la voie de la guérison alors ?

- Bella, hey ! me fait Emmet en claquant des doigts devant moi pour me faire sortir de ma torpeur. Tu voulais me demander quelque chose à propos de Jasper ?

- Euh, oui pardon.

- Je t'écoute.

- Donc il dit qu'il fait ça parce qu'il se sent redevable mais …

- Mais ?

- Bah …

- Bah ?

- Il n'agit pas vraiment comme un gars qui est obligé de le faire parce qu'il se sent redevable.

- Oh. Je vois.

- Moi pas, alors éclaire-moi.

- Comme tu veux, ma petite lanterne, fait-il dans un sourire. Jasper est quelqu'un de très … compliqué. Je n'ai pas encore trouvé le mode d'emploi. Je pense que personne ne l'a. Je dirais juste que … au moment où tu penses qu'il n'en a rien à foutre de rien, il se révèle très intéressé par quelque chose et tu es tout étonné.

- Je n'ai rien compris, Emmet.

- HAHAHAHA ! éclate-t-il de rire en levant les yeux au ciel.

- Ce n'est pas drôle et ce n'est pas ma faute non plus si tu t'exprimes mal, fais-je en croisant les bras devant moi, vexée.

- Je tentais juste de te faire comprendre que finalement, Jasper te trouve un aspect intéressant. Rien de sexuel, rassures-toi, précise-t-il en se marrant.

- A nouveau, ce n'est pas drôle.

- Je préférais préciser, on ne sait jamais. Toujours est-il que je pense qu'il se sent seul depuis qu'Alice est partie à la recherche d'Edward. Et abandonné. Et je pense … enfin, je me trompe peut-être … mais je pense qu'il se retrouve un peu en toi. Enfin, sauf que tu es humaine et une vraie catastrophe naturelle, fait-il en se marrant.

- Parce que moi aussi, je suis seule depuis qu'Edward est parti, fais-je plus pour moi-même que pour lui.

- Ce n'est pas une question ça.

- Non, c'est une affirmation.

- Et bien voilà, tu as tes réponses. Je pense que tu lui fais beaucoup de bien parce qu'il sait qu'il n'est pas seul dans le monde à souffrir atrocement de la perte de la personne qu'il aime le plus au monde. Voir même la seule.

- Elle va revenir ?

- Si elle revient, il y a peu de chances pour eux deux, tu sais.

- Pourquoi ça ? Ils sont faits pour être ensemble !!!

- Parce que ça a drôlement explosé entre eux avant le départ d'Alice. Et puis … Bref.

- Continue, Emmet, fais-je ultra intéressée.

- Je ne me mêle pas de ce qui ne me regarde pas. Il t'expliquera si le cœur lui en dit.

- Mais …

- Ecoute Bella, ça a été un vrai plaisir de te revoir mais je pense que tu devrais rentrer, ton père nous épie par la fenêtre et Jasper insiste pour que nous restions discrets alors …

- Il peut attendre …

- Je pense que tu dois aussi lui expliquer que tu ne seras pas là ce soir, me lâche-t-il dans un clin d'œil

- Tu nous as espionnés ?! fais-je faussement vexée

- Bah, faut bien que je m'occupe ! fait-il en haussant les épaules.

- Pas de commentaires graveleux, alors ?

- Non, j'ai confiance en Jasper, fait-il en s'esclaffant. Et puis, ça lui fait du bien de sortir de la maison et de ne pas l'attendre à la porte, comme si elle allait revenir d'un moment à l'autre.

Je baisse les yeux tandis qu'il me prend dans ses bras brièvement.

- C'était si bon de te revoir, Emmet.

- On va se revoir très vite, je te le promets.

- Merci pour tes réponses et puis … pour veiller sur moi.

- C'est toujours un plaisir.

- Je te dirais bien de saluer Rosalie pour moi mais …

- … il vaut mieux éviter, en effet.

Je m'éloigne de lui à contre cœur tandis qu'il continue de me sourire, rassurant. Je rentre à la maison, prête à affronter mon père car maintenant, j'ai une mission : occuper Jasper pour qu'il soit moins seul, et moins malheureux, si je peux y parvenir.

Il est 20 heures moins cinq et je suis fin prête. Il faut dire que j'ai juste préparé le dîner de Charlie et passer une brosse dans mes cheveux pour les dompter quelque peu, mis une petite touche de parfum et tadaaaaa, j'étais prête. Je suis assise au salon, Charlie me dévisageant du coin de l'œil. Il faut dire que le pauvre a emmagasiné un tas d'informations ce soir. D'abord, que le garçon que je serrais dans mes bras n'était pas le remplaçant d'Edward mais son frère, que je n'avais plus vu depuis le départ de mon amoureux et que j'étais heureuse de retrouver. Que faisait-il dehors à cette heure et sans voiture ? Et bien un jogging, pardi ! Je suis une piètre menteuse mais j'ai appris à faire avec et à un peu inventer quand il s'agit des Cullen. Je n'ai pas le choix, il faut bien improviser avec leurs histoires compliquées. Et ensuite, le pauvre Charlie a du comprendre que je sortais ce soir alors qu'on n'était que mardi, tout ça avec un garçon qu'il ne connaît pas mais qui vit chez les Cullen également. Et non, ce n'était pas mon nouveau petit ami. Et oui, je le tiendrais au courant dès que j'aurais trouvé un remplaçant à Edward. Et pourquoi sortais-je alors avec ce garçon ? Et bien parce qu'il venait lui aussi de se faire larguer et qu'on s'était trouvé un chemin commun pour la réadaptation au célibat. Sur le dernier point, je n'ai menti que très peu vu que c'est désormais comme ça que je vois les choses avec Jasper. Malgré mes phrases rassurantes, du moins de mon point de vue, mon père continue de me toiser comme si ma santé mentale était en train de se faire la malle.

- Tu ne rentreras pas tard, hein ? me lance-t-il, toujours aussi inquiet

- Non, c'est promis.

- Et ne fais rien de répréhensible, Bells.

- Papa …

- Je sais que le départ de ce garçon t'a fait de la peine mais il ne faut surtout pas te jeter dans les bras du premier venu…

A ces mots, j'éclate de rire. Tomber dans les bras de Jasper … Ce serait plutôt tomber sous ses crocs oui ! Et pourquoi tout le monde se met dans la tête qu'il y a quelque chose de « sentimental » entre Jasper et moi ? Ne peut-on pas simplement fréquenter quelqu'un pour sa sécurité ou par simple intérêt ? Faut-il toujours que les gens pensent que les hormones dirigent le monde ?

- Ne ris pas, Bella, ces choses là arrivent plus vite qu'on ne le pense.

- Pas avec Jasper, papa. Ni Emmet, d'ailleurs. Je serais bien idiote d'aller me jeter dans les bras du frère de mon ancien petit ami.

- Tu n'as pas tort … Ahhh, Bella, tu es si mature pour ton âge …

Heureusement, un coup de klaxon dans l'allée le coupe dans son élan et je remercie mon vampire blond d'être si ponctuel. Je me lève rapidement, attrape ma veste que j'enfile et embrasse furtivement mon père avant de me lancer dehors. Evidemment, en descendant l'escalier à une vitesse « élevée », je ne manque pas de me retrouver sur le derrière. Jasper sort de sa voiture en se marrant et j'ai le loisir de constater que lui, il s'est changé. Il porte désormais un pantalon noir à poches, un pull bleu et une veste un peu plus chaude que celle de la journée, noire avec le col lui aussi relevé. Et il a des gants. Question rhétorique mais : « Pourquoi un vampire met-il des gants alors que ses mains sont déjà glacées ? ». Le temps que je me pose la question, il est devant moi, me tendant sa main gantée pour m'aider à me relever. Je grommèle un merci tandis qu'on se dirige vers la voiture. Il a au moins eu la décence de ne faire aucune réflexion. J'ai bien mal à un poignet mais je ne dis rien, pour ne pas avoir droit à « Allons voir un médecin ».

- Est-ce que ça va ? me fait-il sans me regarder, concentré sur la route et sa conduite sportive

- Ca va, mentis-je

- Tu as mal.

- Absolument pas.

- Bella, inutile de …

- J'ai un peu mal au poignet mais ça ira, ne te tracasse pas.

- Tu es un vrai danger pour toi-même, c'est impensable, fait-il en riant.

- Je manque de me tuer moi-même inconsciemment 24 fois par jour au moins, concédais-je dans un sourire.

- Heureusement que je suis là pour les 24 autres fois où ce sont d'autres gens qui veulent te massacrer alors, sourit-il à son tour

- Heureusement en effet.

Il continue de rouler un bon moment mais je ne lui demande pas où on va. Je sais juste qu'il va me dévoiler une partie de lui vu qu'il va me montrer son endroit préféré. J'espère juste que ce n'est pas une grotte, parce que je suis claustrophobe. Ni un endroit plein d'araignées, vu que je suis aracnophobe. Ni un endroit avec trop de monde, vu mon agoraphobie … Bref, j'espère que ce sera chouette. Et que ça me foutra pas les jetons. On arrive à un endroit un peu plus boisé et il prend un petit chemin. Mon cœur se met à battre la chamade en pensant qu'il m'emmène peut-être à la clairière d'Edward (aie aie aie). Je ne sais pas si je le supporterais ce soir. Et si cet endroit avait une saveur particulière pour tous les Cullen et que je ne m'en étais jamais rendue compte ? Je ne veux pas aller là. Je vais le lui dire pour ne pas continuer plus loin si c'est cela mais il prend la parole avant que je puisse dire quoi que ce soit :

- Reste calme, Bella, je ne t'emmène pas dans les bois pour te mordre, fait-il en s'arrêtant et se retournant vers moi.

- Je sais ça. On n'est pas …

- Tu connais cet endroit ?

- Je ne sais pas, les bois se ressemblent tous. Mais il y a un endroit où je suis allée avec Edward et …

- Oh, je ne pense pas que ce soit le même, rassures-toi. Personne ne connait cet endroit … enfin, à part …

- Oh. Je … mais … Et tu m'y emmènes ? fais-je incrédule

- En fait, il se trouve que j'ai assez confiance en toi pour partager ça avec toi, me lâche-t-il droit dans les yeux.

Je ne peux rien répondre, je suis clouée sur place. Ce que m'a dit Emmet m'a un peu retournée mais l'entendre de la bouche de Jasper, c'est encore plus marquant. C'est comme si quelque chose de fort était en train de se créer entre nous, quelque chose qui nous échappe mais qui se fait quand même. Un lien, un lien vraiment très fort. Le début de quelque chose …

Il sort de la voiture et je l'imite. Tout est sombre, et je ne distingue pas grand-chose. J'espère qu'il ne va pas me faire marcher des heures dans ces bois parce que je suis une vraie terreur quand il s'agit de mettre un pied devant l'autre dans la pénombre et les hautes herbes. Il s'approche de moi et me prend la main, chose très inhabituelle de sa part :

- Il faut que tu t'accroches, ce n'est pas très loin mais je ne voudrais pas te perdre ici, fait-il dans un sourire.

J'acquiesce simplement et il se met en route. Sa main dans la mienne n'est pas glacée, à cause des gants. Je pourrais presque me dire que je me balade avec une personne tout à fait normale si ce n'est qu'il avance à une vitesse inhumaine et que j'ai toutes les peines du monde à le suivre. On marche quelques minutes, moi me prenant les pieds dans tout ce qui traine partout quand on débouche enfin des bois et que je découvre, grâce à la lueur de la pleine lune de ce soir, un spectacle magnifique. On se trouve au bord d'un grand lac, glacé par le froid qu'il fait pour le moment. J'ouvre la bouche de stupéfaction quand mon vampire blond me murmure gentiment :

- Et ce n'est pas tout …

Il me désigne alors deux paires de patins et je saute de joie :

- Ohhhhhhhh ! On va patineeeeeeeeeeeer ! hurlais-je presque, en montant dans les aigus

- Tu aimes ?

- J'adooooooooooooore !

Il sourit et me tend la paire de patins qui m'est destinée. Je les regarde quelques instants, sans trop de peine pour comprendre qu'il s'agit de ceux d'Alice. D'ailleurs, un grand « A » est gravé sur chacun des patins. Tandis qu'il enfile les siens, je remarque qu'ils sont marqués d'un grand « J ». Wow, étrange. Je me sens comme violant leur intimité. J'ai le cœur au bord des lèvres et des larmes me montent aux yeux quand je me dis qu'il doit faire un effort surhumain pour venir ici et faire ça sans elle. Combat-il le mal par le mal ? Est-cela que je devrais faire pour me guérir de « lui » ? Il m'interroge du regard et comme je ne veux pas qu'il ressente ma peine, je me mets à penser à mes nombreuses heures de patinage avec ma mère, à Phoenix, dans une patinoire « hors du temps » qui avait été ouverte et où tous les gens allaient pour connaître un peu le froid. Et je ressens alors tout l'amour que j'ai pour ma mère, le bien-être que m'apportaient ces moments passés à nous deux et j'espère qu'ainsi, j'arrive à le dérouter de mes vrais sentiments de peine. J'enfile alors rapidement les patins et lui tend la main pour qu'il m'aide à me relever, ce qu'il fait avec bienveillance, évidemment.

- C'est magnifique ici.

- Tu trouves aussi ?

- Je suis éprise de ce lieu …

- C'est ici que je viens quand je me sens un peu … fait-il en baissant les yeux.

- Allez, viens, on va patiner ! fais-je pour l'empêcher de penser à elle.

Mais, au moment où je monte sur la glace, vu ma maladresse naturelle et le fait qu'ici, il n'y a pas de bord ni de maman pour me retenir, je plonge la tête la première et me retrouve couchée de tout mon long, le ventre contre la glace. J'entends Jasper qui éclate de rire derrière moi :

- Tu es une vraie calamité, Bella ! fait-il sans arrêter de rire

- Viens m'aider au lieu de te foutre de moi.

En deux mouvements souples, il est grimpé sur la glace et est à côté de moi, m'aidant à me redresser, toujours hilare. Je frotte mon jeans plein de glace et grelotte. Il enlève alors ses gants et me les tend :

- Tiens, je les avais pris pour toi, fait-il en réponse à ma question de tout à l'heure.

J'enfile les gants, reconnaissante et essaye de me lancer mais je manque à nouveau de me retrouver à terre. Heureusement, Jasper s'est saisi de mon bras et a empêché une nouvelle chute.

- Les patins sont très aiguisés. Quasiment autant que ceux d'une professionnelle. Elle aimait que ça glisse vite et bien, fait-il mélancolique.

- Je préfère quand ça accroche un peu plus, pour la calamité que je suis, fais-je dans un sourire, tentant de l'empêcher de penser à elle encore.

- Je pense donc qu'on va faire comme cela, fait-il en me prenant les deux mains et commençant à patiner en arrière, m'entraînant à sa suite.

Je sens le vent se prendre dans mes cheveux et j'ai l'impression de voler. Je me revois à Phoenix patinant à toute vitesse avec ma mère avant de nous écraser lamentablement sur le côté de la patinoire. Je ressens à nouveau le bonheur, l'insouciance, l'idée que tout ira toujours bien. Et je suis à nouveau entière, debout, prête à affronter le monde. Jasper lâche une de mes mains et se met à mes côtés pour qu'on patine ensemble. Le lac est vaste et bien gelé, nous n'avons donc aucun souci à nous faire. Je me laisse guider, pour ne pas risquer de tomber à nouveau. Après quelques tours de lac à pleine vitesse, Jasper se remet devant moi, un air taquin sur le visage :

- On va tester quelque chose, tu veux bien ?

- Euuhhh …

- Tu me fais confiance ?

- En théorie, oui.

- Alors laisse toi aller, ne pense à rien et vis ça à fond.

Il me tire alors vers lui et je sens mon cœur battre à tout rompre. Il prend de la vitesse tandis que je suis toujours collée à lui. Je sens tous mes sens en alerte mais j'essaie d'appliquer à la lettre ce qu'il dit. Il me serre alors fort, on accélère encore et d'un coup de bras que je ne saisis pas, il m'envoie voler en tournoyant sur la glace. Je fais quelques tours sur moi-même, volant presque, mais libre comme jamais je ne l'ai été. Quand la vitesse se réduit et que je sens mon équilibre m'abandonner, je pense que je vais lamentablement m'écraser au sol une fois de plus, gâchant toute la grâce de cette figure, sauf que Jasper m'a déjà rattrapée en deux coups de patins et qu'il me serre dans ses bras avant même que j'aie l'occasion de trébucher. Je ris aux éclats, ayant vécu une sensation de liberté comme jamais je n'en ai ressentie.

- Alors ? me fait-il, souriant

- L'extase à l'état pur.

- A ce point ? fait-il taquin

- J'ai adoré !

- Tu peux être gracieuse quand tu te le permets.

- N'exagérons rien non plus.

- Crois-moi, c'était incroyable à voir de ta part.

- On recommence ?

- Pas si vite, petite calamité, redescends d'abord sur terre.

- Mais je suis sur terre !

- Ah oui ?! fait-il en regardant vers mes pieds.

Je suis alors son regard et voit qu'en fait, mes pieds ne touchent plus le sol et qu'il est en train de me porter car mes jambes dansent la lambada toutes seules. J'éclate de rire et il me repose doucement, en s'arrêtant enfin. J'ai du mal à tenir debout et il me soutient.

- Je pense qu'on va un peu s'arrêter le temps que tu retrouves tes esprits, conseille-t-il.

- Je pense que c'est effectivement mieux d'éviter une autre catastrophe.

Il nous ramène au bord du lac et on se laisse tous les deux tomber dans l'herbe, heureux de ce petit tour de « patinoire ». Je me couche et regarde le ciel au dessus de moi puis jette un coup d'œil vers lui. Il est les bras croisés autour de ses genoux, regardant dans le vide droit devant lui. J'aimerais pouvoir faire quelque chose pour l'aider, pour l'empêcher de repenser chaque seconde à elle mais je me dis que si je retournais à la clairière d'Edward, j'aurais moi-même beaucoup de mal à penser à autre chose qu'à lui et à notre moment passé là-bas ensemble. Et je voudrais juste avoir son pouvoir une soirée pour pouvoir l'apaiser. Mais je ne suis que Bella, avec mes capacités limitées, et je dois trouver quelque chose pour l'aider :

- Dis donc, Jasp' …

- Ne t'attends pas à ce que je réponde si tu m'appelles comme ça, fait-il les yeux toujours perdus dans le vide

- Jazz' alors ?

- Certainement pas.

- Bon okay, pas de petit surnom pour le petit renfrogné.

- Je ne suis pas renfrogné.

- Oh que si. Et tu as intérêt de te dérider un peu si tu veux continuer de plaire à Angela.

- Je n'ai pas besoin de me dérider pour plaire à Angela, fait-il dans un sourire, un peu détendu

- Oh, c'est vrai aussi. N'empêche que tu ne devrais pas être aussi sûr de toi. Le jour où quelqu'un de moins renfrogné passera, tu seras remisé au placard …

- De toute façon, Angela ne m'intéresse pas.

- Ah oui, c'est vrai, c'est moi la plus belle du lycée, fais-je en papillonnant des cils, ironique.

- Ne sois pas si sarcastique, je pensais ce que je disais.

- Euuhhhh, fais-je un peu abasourdie.

Il se retourne alors sur moi et me sourit. Les choses deviennent bizarres ou je rêve ?!

- Sauf que tu n'es qu'une humaine. Une très jolie humaine, je te l'accorde mais rien qu'une humaine.

- Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens vexée.

- Ne le sois pas. Ton parfum est envoûtant, « il » avait raison. Et tu es belle, vraiment.

Je baisse les yeux et me sent rougir. Je me sens plus qu'insignifiante quand je suis à côté des Cullen et pourtant, c'est le deuxième à me dire que je suis jolie. Alors l'entendre de la part de Mike Newton, ça ne me fait ni chaud ni froid (même si ça me donne un peu envie de vomir) mais l'entendre d'un Cullen dont la beauté est exceptionnelle, ça me touche vraiment. L'entendre d'Edward, c'était la plus belle chose qu'il m'ait été donnée d'entendre avec ses « Je t'aime ». Et l'entendre de Jasper, c'est … marquant. Parce que ça me dit que quelque part, je dois quand même l'être un petit peu, jolie, si il le pense. C'est vrai, il était avec Alice qui est magnifique, et il vit avec Rosalie qui est la plus belle créature qu'il m'ait été donné de voir, alors qu'il me dise ça, ça me fait me sentir un peu mieux avec moi-même.

- Merci.

- Mais tu n'es qu'une humaine pour moi. Ce qui ne te distingue pas vraiment d'Angela à mes yeux.

Je vois où il veut en venir et je ne suis pas vexée. Je sais ce qu'il essaye de m'expliquer. Il est juste en train de me rassurer sur ce qu'il y a entre lui et moi et je lui en suis reconnaissante. Car si pour moi Jasper est magnifique ; et il serait sot de prétendre le contraire, il n'est pas « lui ». Même si son sourire est transportant, même si son regard est fascinant, même si sa manière d'être, de se tenir, de parler est captivante, il n'est pas Edward et ne le sera jamais à mes yeux. Alors je comprends parfaitement où il veut en venir et pour cela, lui adresse un sourire de reconnaissance, que je sais qu'il ressent.

- N'empêche que tu n'aurais pas emmené Angela ici, fais-je faussement mutine.

- En effet, répond-il dans un sourire mystérieux qui attise ma curiosité

- Alors pourquoi moi ? fais-je en me redressant pour être à sa hauteur.

- Parce que tu es spéciale. Je ne sais pas très bien comment cela est possible, mais j'ai envie de te connaître mieux.

- Tu … tu veux dire que je t'intéresse, même dans mon … humanité ? fais-je écarquillant les yeux de surprise.

- Oui. J'ai envie de passer du temps avec toi et de partager des choses avec toi. Amicalement parlant, s'entend. Tu es une personne intéressante et fascinante, Bella. Je n'avais plus dit ça depuis très longtemps.

- Je …, parvins-je à articuler difficilement. Qui était-ce la dernière fois ?

- Edward, quand j'ai fait la connaissance de la famille. Je ne les ai rejoints que pour Alice. Mais Edward était fascinant pour moi. Je n'ai jamais eu l'envie de me frayer avec d'autres gens, ni même d'autres vampires. J'étais plutôt solitaire. Alice mise à part, bien entendu. Mais Edward avait quelque chose que j'avais envie de connaître, une partie que je voulais connaître.

- Et tu l'as connu ? fais-je, d'une voix éteinte puisqu'on parle de mon ancien amoureux qui a déserté

- Pas entièrement mais j'ai appris des morceaux. Edward c'est un peu tout un ensemble très compliqué, très emmêlé et j'en ai connu une partie. C'est un peu pareil dans ton cas. J'ai envie de démêler un peu tout ça. Si tu me le permets bien sûr.

- Je suis d'accord. J'ai moi aussi envie de découvrir qui est vraiment Jasper Hale.

- Alors tu as du travail.

- Je ne rebute pas à la tâche, fais-je dans un sourire.

- On s'y remet ? fait-il après m'avoir fixé longuement dans les yeux.

- Je veux ! fais-je en me relevant avec lui. Mais cette fois, j'y vais seule !

Il arque un sourcil tandis que je grimpe sur la glace, un peu hésitante tout de même. Mais, après ce que je viens d'accomplir, je peux y arriver toute seule, non ? Il n'esquisse pas un geste pour me suivre et me regarde me débrouiller pour ne pas me casser la figure, un léger sourire sur le visage tout de même. J'arrive alors à patiner, sans trébucher, je prends de la vitesse et éclate de rire. Dieu que c'est bon d'être ici, dieu que c'est bon de se sentir si vivante. Ca faisait tellement longtemps que je n'avais plus ressenti ça. Il me rejoint alors et se met à patiner à mes côtés, me contournant avec grâce tandis que je continue à avancer un peu gauche. Je le regarde flâner à droite et à gauche avec précision et agilité et en suis béate d'admiration.

- Tu te débrouilles bien, petite calamité, me balance-t-il dans un sourire

- Si je m'entraîne pendant, disons, mille ans, je pourrais peut-être être aussi gracieuse que toi …

- J'aurais dit un milliard d'années mais si on décide d'être optimiste, mille ans c'est faisable.

- Ne sois pas vilain !

- Je suis réaliste, voilà tout.

Il s'éloigne un peu de moi et se met à patiner à pleine vitesse. Je me demande si ça lui fait autant de bien qu'à moi. Peut-il réellement se sentir mieux ici alors que c'est « leur » endroit ? Quand je le regarde patiner,là, un sourire sincère sur le visage, je me dis qu'il doit ressentir la même chose que moi, cette sensation pour une fois que les choses vont bien aller. J'ai envie de le suivre, je me mets donc à patiner plus rapidement, ne trébuchant pas toute concentrée par mon but : le rejoindre.

- Hey, Jasp', regarde ce que je fais, lui hurlais-je comme il est toujours assez loin de moi

- Bella, ne fais rien de …

Mais, avant qu'il ne finisse sa phrase, grisée par la vitesse et le fait que j'arrive à tenir debout depuis plus de cinq minutes, je lève ma jambe pour faire une jolie figure. Sauf que ça me déstabilise complètement et que je tombe la tête la première contre la glace, lamentablement.

- … stupide, achève-t-il après que je me sois écrasée.

Aie. Je suis couchée sur la glace et j'ai mal à la tête. Jasper me rejoint en quelques coups de patin et s'agenouille sur la glace pour m'aider à me relever. Je sens alors quelque chose de chaud couler sur mon front et le regarde. Il a un air horrifié sur le visage. Et dément. Je mets alors ma main sur mon front et manque de m'évanouir en voyant que je saigne. Jasper s'est déjà reculé de plusieurs mètres, l'air totalement paniqué. Je voudrais reculer moi aussi, mais je suis vacillante à cause de tout ce sang. Et pourtant, je suis clairement en danger. Il n'a plus ce regard bienveillant que je connais de ces derniers jours. Non, il a le regard dément que je lui connais de mon anniversaire. Bon sang, mais comment j'arrive toujours à me mettre dans des situations pareilles ? Jasper se recule encore, et je sais qu'il est en train de se combattre lui-même pour ne pas m'attaquer. Je devrais faire quelque chose, appuyer sur ma blessure pour empêcher le sang de couler, me reculer, fuir le plus loin possible mais je suis comme tétanisée. Et c'est comme si tout mon corps attendait sa réaction. Comme si je le testais, confiante qu'il ne fera rien. Mais sur quoi me basais-je pour croire cela ? J'ai déjà vu ce que mon sang fait comme effet sur lui à mon anniversaire alors pourquoi ne suis-je pas plus alerte et ne m'enfuis-je pas ? Un filet de sang coule sur ma tempe et je me sens plonger dans le brouillard, incapable de me relever, incapable de bouger. Je me sens défaillir lentement et mon seul réconfort est que si il me mord, je ne le verrais pas. Je l'entends alors, au loin, crier :

- Emmet, viens par ici mon vieux ! Bella a encore fait une bêtise !

Les minutes suivantes ne sont qu'une succession d'éléments sans queue ni tête. J'ouvre les yeux et Emmet est penché sur moi, l'air perturbé. J'arrive à articuler :

- Emmet, où est Jasper ?

Mais je n'entends pas sa réponse, j'ai déjà refermé les yeux. Quand je les réouvre, je vois toujours Emmet qui me tamponne le crâne, une main devant la bouche pour s'empêcher de sentir mon sang. Je les referme encore et entends :

- Ca va aller, Bella, on va t'emmener à l'hôpital.

Je ré-ouvre les yeux. Emmet s'est un peu reculé et je peux enfin voir Jasper, plus pâle encore qu'à l'ordinaire, qui me toise d'un air inquiet. Le masque de démence l'a quitté et il a repris son visage habituel. Je tends alors les bras, péniblement. Et je referme les yeux, en les laissant retomber.

- Il faut l'emmener maintenant, entendais-je la voix dure d'Emmet dire à Jasper.

- Emmène-la toi, j'en suis incapable, répond mon vampire blond.

- Okay.

Je ré-ouvre les yeux et voit Emmet qui se penche sur moi pour me prendre dans ses bras.

- Non, murmurais-je péniblement, la voix pâteuse

- Quoi Bella ?

- Jasper …

Emmet regarde Jasper étonné et s'écarte. Celui-ci se tient toujours à bonne distance de moi, l'air inquiet.

- Je ne peux pas, Bella, j'en suis incapable.

- Jasper, supplais-je en tendant les bras vers lui.

- Laisse Emmet s'occuper de toi, petite calamité.

- Jasper … S'il te plait …

Je le vois échanger un regard avec Emmet. Celui-ci n'a pas bougé, attendant la réaction de son frère. Je ne sais pas pourquoi je fais ça, je suis sûre que je serais plus en sécurité avec Emmet, vampiriquement parlant bien entendu. Et pourtant, je veux que ce soit Jasper qui me porte. Je veux qu'il me prouve quelque chose. Je tends à nouveau les bras et je vois Jasper soupirer. Il hoche alors la tête et se penche sur moi. Je m'accroche à son cou tandis qu'il me prend dans ses bras et je souris. Alors que je sens qu'on avance, je referme les yeux, confiante et murmure :

- Je savais que je pouvais te faire confiance.

Je ne capte pas le reste, replongeant dans le brouillard profond qui me happe.