Bonne et heureuse année 2015 ! Voilà une des mes premières résolutions : vous offrir un nouveau chapitre bien avant la date prévue !
Que 2015 vous apporte le bonheur, la réussite mais surtout la santé !
Merci pour vos reviews. J'ai répondu aux inscrites et je profite de cette nouvelle publication pour remercier les "guests" qui n'hésitent pas à laisser leur avis, à mon plus grand plaisir.
xxx
Vous avez aimé le POV de Jasper pour le précédent chapitre, hé bien, voilà de nouveau un POV Jasper (mais vous vous en doutiez, non?)
Bonne lecture et surtout, n'oubliez pas vos reviews !
Chapitre 5: « Hold your breath and count to ten » (Adele – Skyfall)
(JPOV)
La nuit avait recouvert la propriété une nouvelle fois et nous n'avions toujours aucune nouvelle. Les heures nous semblaient encore plus longues. Jenks n'appellerait que dans la matinée et Alice ne voyait toujours rien.
Les filles étaient en vol, quelque part au dessus de l'Atlantique. Alice m'envoyait un sms toutes les heures. Et à chaque ouverture du message, nous nous figions tous les quatre le temps d'une seconde.
Ne supportant pas cette attente, Esmée et Carlisle sortirent chasser pour quelques heures. Emmett, lui, passait le temps dans le garage, penché sur le moteur de la BMW de Rose. Il savait qu'elle allait le tuer dès son retour mais il n'avait trouvé que cela pour s'occuper.
Aux environs de quatre heures du matin, mon téléphone sonna. Curieux, Emmett rappliqua immédiatement à mes côtés.
-Hé, Whitlock ! me salua celui que je considérais comme mon frère d'une autre vie.
-Salut Peter ! répondis-je, souriant malgré moi à cet appel. Que me vaut le plaisir de t'entendre, frangin ?
-Je ne sais pas ce qu'il se passe pour toi, mais j'ai senti que tu n'allais pas bien, alors...me répondit Peter.
-En effet, Peter. Ce n'est pas la joie. Comment va Charlotte ?
-Tu as prévu une visite dans l'Idaho ? demanda-t-il soudain, ne répondant pas à ma question.
-Non, j'ai de gros problèmes à régler ici mais...
-On va se voir très bientôt, frangin, j'en suis sûr. me coupa-t-il. Je ne sais pas pour quelle raison et je voudrais bien que tu éclaires ma lanterne afin d'affûter un peu mon don si jamais nous en avons besoin. clama-t-il.
-Je...OK Peter, mais çà risque d'être un peu long.
-J'ai toute l'éternité devant moi, frangin ! rit-il, entrainant avec lui Emmett.
Et je repris la conversation, remontant à une époque pas si lointaine pourtant mais qui semblait être d'un autre temps...
Me replonger dans nos premiers souvenirs de rencontre avec Isabella amena immanquablement de la mélancolie mêlée à la nostalgie et, sans vraiment m'en rendre compte, je me mis à marcher en direction de la forêt, ressentant le besoin d'un environnement calme autour de moi. Emmett m'accompagnait, ajoutant quand il le fallait quelques éléments pour étayer l'histoire mais aussi quelques souvenirs qu'il partageait avec Bella. J'eus un pincement au cœur lorsque je l'entendis nous raconter de quelle manière Isabella avait lutté contre la terreur qui l'avait envahi durant notre match de base-ball et comment elle avait tenu tête à mon frère alors qu'ils fonçaient à toute allure au beau milieu des bois juste après notre rencontre avec James et sa bande.
Je n'avais pas de souvenirs personnels avec Isabella, hormis ces deux jours enfermés dans un hotel de Phoenix. Et encore là, je n'avais jamais été seul avec elle. Parce que j'étais le plus faible. Parce que son sang me tentait. Parce que tous craignaient que je ne la blesse. Et c'est ce que j'avais fait. Pas directement puisque mes dents n'avaient jamais effleuré sa peau. Mais à cause de moi, à cause de mon écart de conduite, elle avait souffert et souffrait toujours. Alors, tout faire pour la retrouver et la ramener parmi nous au plus vite était la moindre des choses à faire. Je la retrouverai et cette fois-là, je pourrais la serrer dans mes bras...
Une sonnerie de téléphone coupa notre conversation. Emmett, surpris, sortit son portable de sa poche de jean.
-C'est Alice. m'expliqua-t-il, surpris, tout en prenant l'appel.
-Bougez-vous ! Bella va appeler dans quelques secondes ! cria ma femme à l'autre bout.
Il n'en fallut pas plus pour qu'Emmett ne se mette à galoper, me lançant son téléphone que je rattrapai aisément au vol.
-Putain, Jasper, vous aurez le temps de discuter plus tard ! s'énerva-t-elle.
-Alice, calme-toi. Qu'as-tu vu ? demandai-je doucement, sachant très bien que cela couperait sa colère, alors que je courrais plusieurs centaines de mètres derrière mon frère désormais.
Cinq minutes plus tard, je rejoignis la propriété. J'accélérai encore l'allure lorsque les cris d'Emmett furent à ma portée.
-Ecoute-moi bien, espèce de fils de pute ! Si tu touches à un seul cheveu d'Isabella, tu peux être certain que je te tuerais de mes propres mains. grogna-t-il alors que je posai le pied sur la pelouse. Isabella ! Bella ! continua-t-il, criant de plus en plus fort.
Je fus frappé par une vague de rage mêlée à la peur et je dus mettre un genou à terre durant deux secondes afin de pouvoir prendre le dessus. Je n'avais jamais senti cela de la part d'Emmett. Jamais.
-Bella ! Bella ! Répond-moi ! Bella, je te jure, on va venir te chercher ! Bella ! poursuivit-il alors que je le rejoignais enfin dans l'entrée.
-Emmett ! entendis-je crier une petite voix.
Puis la conversation coupa et le bip lancinant de l fin d'appel résonna dans l'écouteur.
-Putain ! hurla Emmett alors qu'il réduisait en poussière le combiné du téléphone.
J'envoyais une forte vague de calme pendant plusieurs secondes avant de le questionner.
-C'était Laurent ! Laurent ! Elle était chez Victoria. commença-t-il, de l'affolement toujours présent.
-Em', calme-toi et répète-moi tout ce qu'il t'a dit. lui ordonnai-je en utilisant mon pouvoir.
xxx
-Et tu n'as aucune idée du lieu où ils se trouvent ? demanda Carlisle à Emmett.
-Aucune. Je..j'avoue que j'ai perdu mon sang froid quand j'ai entendu Bella hurler...Des os ont craqué et... répondit mon frère
Nous étions assis tous les quatre dans le salon. La communication avec Laurent coupée et les premières explications de mon frère assimilées, j'avais immédiatement appelé Carlisle pour qu'ils regagnent la villa. Le portable d'Emmett en mode haut-parleur, nous tenions notre « réunion de famille » avec Alice et Rose, bloquées dans l'aéroport de Denver.
Au moins, elles étaient de nouveau sur le continent américain. Ma sœur intervenait parfois, demandant des détails à Emmett, participant à nos hypothèses. Ma femme, quant à elle, tentait de se plonger dans des visions concernant Isabella. En vain. Elle n'en avait eu qu'une seule : lorsqu'elle s'était brusquement décidée à téléphoner à la villa. Carlisle, comme moi, n'avions pu que conclure que Bella était dans un tel état psychologique qu'elle n'essayait même plus de prendre une décision.
Comment avait-elle pu être ainsi réduite au silence, même mental ? Tout cela à cause de cette pourriture rousse de Victoria.
J'avais pourtant dit à Edward que nous devions la traquer et l'exterminer. Si la guerre m'avait bien appris une chose, c'était qu'il ne fallait jamais laisser de proches vivants car tôt ou tard, ils réclamaient toujours vengeance. Toujours. Et dans mon for intérieur, j'étais persuadé que c'était la motivation de Victoria. J'avais gardé çà pour moi et tentais de vivre avec cette présomption depuis que nous connaissions l'identité du bourreau de Bella.
Laurent avait discuté quelques secondes avec Emmett, l'informant de la menace rousse mais également posant ses conditions. Car ce salaud voulait négocier Bella. Contre l'assurance que nous le protégerions et l'initierons à notre mode de vie, il nous ramènerait Bella. Mais dans combien de temps ?
Je fus sorti de mes réflexions par la sonnerie de mon téléphone.
-Bonjour Jenks. Quelles sont les nouvelles ? commençai-je, mon moral remontant un peu, tout comme celui de mes compagnons.
-Bonjour Monsieur Cullen. Je pense que vous allez me féliciter. J'ai réussi à remonter le premier appel. Ce n'a pas été facile car...débuta-t-il.
-Jenks, au plus vite s'il vous plait. le coupai-je, envahi par l'excitation des autres.
-Je...oui, pardon. Comme je vous le disais, çà n'a pas été simple car le premier appel a été transféré sur votre numéro par l'intermédiaire du service Yellow Pages...
-Je n'aurais pas pensé à appeler ce service...marmonna Emmett, de l'étonnement émanant de sa part.
-Bella a toujours été très tenace et perspicace quand çà nous touchait. murmura Esmée, nostalgique.
-J'ai dû lancer un traceur dans leur logiciel et il se trouve que le premier appel émanait d'une cabine téléphonique située dans une zone industrielle au nord de Flagstaff. révéla Jenks.
-Flagstaff...en Arizona ? Bella vivait en Arizona ? questionna de notre ton vampirique Emmett.
-Je dirais plutôt Phoenix. le reprit Carlisle. Isabella avait dû rejoindre sa mère...proposa-t-il.
-Non, impossible. répondis-je aussitôt tandis que Jenks donnait des précisions sur ses méthodes de recherches. Isabella est portée disparue depuis notre départ de Forks. Si elle avait retrouvé sa mère, l'avis de recherche aurait été levé. réagis-je. Nous devons tirer cela au clair.
Immédiatement, Emmett saisit l'ordinateur qui n'avait plus quitté la table de la salle à manger pour s'atteler à la tâche.
-Cherche tout ce qui concerne Phil Dwyer et Renée. lui demanda doucement Esmée.
-J'ai pu constater que vous avez eu un appel cette nuit. Cette fois, la recherche a été plus facile. Il provenait d'une station service sur la 491N, aux abords de Tohatchi, en réserve Navajo. annonça-t-il.
-Mais enfin...s'étonna Alice à l'autre bout, qu'est-ce qu'elle faisait par là ?
-Souhaitez-vous que je poursuive la surveillance, monsieur Cullen ? Demanda Jenks après que je l'aie remercié pour ces renseignements.
-Oui, continuez encore quelques jours. Je vous préviendrai lorsque vous pourrez cesser.
-Une dernière chose, monsieur, les papiers que vous m'avez commandés sont prêts.
-Bien, merci Jenks. Je vous recontacte prochainement. terminai-je.
-Nous allons devoir embarquer. nous informa Alice, restée en ligne tout au long de la discussion.
-Aucune nouvelle ? risquai-je.
-Aucune, malheureusement. Mais j'ai réussi à voir Bella quelques instants avant qu'elle n'appelle. Peut-être que cela va redevenir plus facile désormais. On s'appelle lorsque nous ferons escale à Denver. répondit mon épouse avant que la conversation ne coupe.
En moins de trois secondes, Carlisle avait fait un aller-retour dans son bureau et avait étalé sur la grande table de la salle à manger une carte des Etats-Unis. J'attrapai un stylo rouge et entourai aussitôt les deux villes d'origine des appels de Bella. Cette manière de faire, purement humaine, ne nous était vraiment pas nécessaire mais j'avais gardé de nombreuses habitudes de ma vie militaire.
-et merde...souffla Emmett, dépité.
-Emmett ! le morigéna Esmée.
-Pardon maman...je...les Dwyer ont été retrouvés morts dans une ruelle de Douglas à la frontière mexicaine. La police a conclu à un meurtre. Pour eux, les Dwyer se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Ils parlent de passage de drogue et de passages d'immigrés clandestins dans cette zone là...expliqua Emmett.
-Oh non...murmura notre mère, des larmes qui ne couleraient jamais plus dans la voix.
Enveloppé par la tristesse des trois autres membres de ma famille, je sortis quelques minutes pour « prendre l'air ». J'arpentais le jardin à une vitesse humaine, ce qui me permettait de réfléchir un peu à tout çà.
Pourquoi Bella et Laurent, puisque nous savions désormais qu'il accompagnait ma petite sœur, avaient-ils pris cette route ? A en croire ce qu'avait dit Laurent à Emmett, ils avaient fui Victoria qui préparait sa vengeance. Et maintenant, il nous faisait du chantage en utilisant Bella. Il avait conclu la conversation en annonçant qu'il rappellerait dans 24 heures à 48 heures.
Mais je ne pouvais plus supporter de rester là, ainsi, à attendre en vain, complètement aveugle de la situation que vivait Bella. Emmett pensait que Laurent avait blessé Isabella durant l'appel. Le temps pressait donc désormais...
-A quoi penses-tu, Jasper ? Me demanda Carlisle qui vint marcher à mes côtés.
-J'essaye de comprendre le plan de ce Laurent...mais je crois qu'il n'en a aucun...soupirai-je.
-Si, il en a un : il veut nous rejoindre.
-Jamais je ne pourrais tolérer sa présence dans notre clan, Carlisle. grognai-je...ni Emmett!
-Je sais, Jasper. Mais, tant que Bella est entre ses mains et dépend de son bon vouloir, je ne peux qu'accéder à son exigence. Une fois Bella en sécurité avec nous...
-Je m'en chargerai, papa. Sans aucun souci, ni arrière pensée. affirmai-je alors que je sentis l'assentiment paternel, chose plutôt rare pour Carlisle lorsqu'il s'agissait d'ôter la vie à l'un des nôtres.
-Papa, je ne peux plus rester ici à attendre...je...j'ai pensé à quelque chose. Laurent sait désormais que nous sommes en Alaska mais il avait également parlé de Forks...
Le bip de mon téléphone coupa la conversation : Alice.
-Mais vous êtes en plein vol ! l'accueillis-je, étonné.
-Rose a quelque peu charmé le steward, nous avons quelques minutes. répondit-elle aussitôt. Prépare tes affaires , chéri, car Peter va t'appeler dans quelques minutes pour te demander de les rejoindre dans l'Idaho. Au vu de ta décision, je te suggère de passer...
-passer par Forks pour préparer la villa...murmurai-je à sa place.
Carlisle, à mes côtés, approuva aussitôt.
-Bonne idée, Alice. Jasper pourra prévenir les loups de notre arrivée sur leur territoire. Cela serait regrettable s'ils attaquaient Laurent et blessaient Isabella par mégarde. Emmett pourrait te suivre jusqu'à Forks tandis qu'Esmée et moi allons rester ici jusqu'au prochain appel et...poursuivit alors Carlisle.
-Rose et moi allons d'abord passer chez Eleazar. Nous devons les informer de la situation. Et si Victoria représente un réel danger, ils pourront nous aider. compléta ma femme.
La conversation dura encore quelques secondes puis Carlisle et moi regagnâmes la maison pour annoncer le nouveau plan. Je montai ensuite dans ma chambre afin de rassembler quelques affaires pour ce voyage et en profitai pour devancer l'appel de Peter.
Emmett me rejoignit quelques minutes plus tard, un sac de sport à la main:
-Carlisle prépare une trousse de secours pour Bella. m'informa-t-il. Quand veux-tu que nous partions, frangin ?
-Je...Emmett, cela ne va pas te plaire mais je vais partir seul ce soir.
Emmett grogna à mon annonce, tandis qu'il émettait un haut niveau d'incompréhension.
-Ecoute, nous ne savons rien sur l'état de Bella. La villa de Forks est complètement vide. Nous allons peut-être avoir besoin de matériel, de vêtements ou même de meubles. Et il nous faudra également une voiture pour ramener Bella ici depuis Forks. Je ne sais pas pourquoi Peter tient absolument à ce que je les rejoigne le plus rapidement possible. Il ne le sait même pas lui-même mais tu connais son don. Il a un pressentiment important depuis que Bella a repris contact avec nous et il pense que les deux événements sont liés. Donc je veux que tu t'occupes de toute la logistique pour accueillir Bella à Forks dans les meilleures conditions. Je peux compter sur toi, frangin ? lui expliquai-je en le rassurant.
-OK, Jazz. Je prendrai la route dès qu'elle aura appeler demain. Ainsi, nous réussirons peut-être à avoir quelques informations supplémentaires sur son état. accepta-t-il, comprenant ma demande.
-Je pars dans cinq minutes. annonçai-je en refermant la porte de la chambre.
Esmée et Carlisle nous attendaient dans le salon. Esmée me serra dans ses bras quelques secondes puis ce fut le tour de Carlisle. Il me tendit une petite pochette sombre, m'expliquant rapidement ce qu'elle contenait et comment utiliser ces médicaments. Emmett posa sa main sur mon épaule, m'envoyant toute sa confiance et son amour fraternel.
-La prochaine fois que l'on se voit, Bella sera avec nous, frangin. me glissa-t-il à l'oreille.
J'acquiesçai et quittai la maison, filant dans l'aube naissante.
xxx
J'avais sensiblement ralenti l'allure. Le soleil tombait lentement et faisait légèrement briller les sommets enneigés de la chaîne des Rocheuses en cette fin octobre. L'hiver s'installait doucement et serait sans doute rude cette année.
Puis, j'entrai enfin sur la propriété que j'avais acheté voilà trente ans à quelques kilomètres de Pocatello, dans l'Idaho.
Nous y allions parfois avec Alice lorsque nous voulions nous retrouver en tête à tête, mais jamais plus de quelques semaines. Nous avions bien trop pris goût au fait de vivre en famille.
Le ranch s'étendait sur une centaine d'hectares, à plus de vingt kilomètres de Pocatello. J'avais reconstruit la maison principale ainsi que la grange tandis qu'Alice avait redécoré l'intérieur avec Esmée à l'occasion de notre « pendaison de crémaillère ».
Peter et Charlotte étaient plutôt ce que nous tous qualifions de « nomades », mais parfois, ils aspiraient à une vie plus posée, et avaient alors un point de chute dans cette propriété qu'ils pouvaient utiliser comme bon leur semblait. C'était un peu ma manière de me faire pardonner pour les avoir laissés tandis que je rejoignais les Cullen…
Peter et Charlotte étaient un peu comme des frères et sœurs pour moi, mais pas au même rang qu'Emmett, Rose ou Edward. Non, ils étaient ceux de mon autre vie…de mon passé…ma piqûre de rappel qui me permettait de toujours rester attentif à mon mode de vie « végétarien » pour ne pas redevenir le monstre que j'étais…
J'étais arrivé à Forks en tout début de matinée. J'avais aussitôt enclenché l'électricité et le chauffage pour donner à la maison une température acceptable pour une humaine, qui plus est blessée et surement en mauvaise santé.
En reprenant la route, j'en avais profité pour courir tout au long de la frontière avec le territoire Quileute afin de les prévenir de notre présence. Une fois la zone entièrement marquée de l'odeur de vampire, j'avais rebroussé chemin et attendu quelques minutes. Habituellement, un loup se montrait et venait aux nouvelles. Mais ce matin, aucun indien ne s'était montré. J'en avais informé Carlisle qui m'avait promis qu'il ferait ce qu'il fallait pour contacter Sam ou Billy et avais repris ma course. Aux environs de Seattle, j'avais contacté Jenks afin de récupérer les documents que je destinais à Bella et depuis, l'enveloppe brune dormait au fond de la poche intérieur de mon blouson de cuir.
"Bientôt Bella sera réellement ma petite sœur". pensai-je alors que j'engloutissais les kilomètres, courant à vitesse humaine au beau milieu des paturages qui entouraient le ranch, toujours à l'abri d'un regard humain.
Lorsque je m'arrêtai, Peter et Charlotte étaient sortis sous le patio.
-Salut frangin. me lança Peter en descendant les marches pour venir me serrer la main
Je lui lançai une accolade avant de serrer Charlotte dans mes bras.
-Ta chambre est libre. m'annonça-t-elle en me tirant vers le salon.
Je pris quelques secondes pour déposer mes affaires à l'étage et revins m'installer sur le canapé.
-Des nouvelles depuis notre dernier appel ? demanda aussitôt Peter, inquiet.
Peter et Charlotte n'avaient jamais rencontré Isabella. Ils avaient certes pu capter son odeur sur Edward lorsqu'ils étaient venus passer un weekend à Forks, au tout début de la relation entre mon frère et ma sœur. Puis lorsque je m'étais retrouvé à assurer sa protection lors de notre escapade à Phoenix, je n'avais pas pu résister à la tentation d'appeler Peter. Pas pour lui parler de l'humaine que je gardais, mais pour discuter tactique et traque puisque notre objectif était de détruire James et sa bande à l'époque.
Alors que je leur expliquais les différents résultats de l'enquête de Jenks, mon téléphone sonna. A l'autre bout Emmett.
Ils avaient voulu s'écarter un peu pour me laisser une impression d'intimité mais je les avais retenus d'un simple geste de la main.
-Jazz, elle est en danger ! s'écria mon frère sans même me saluer, bouleversé.
-Quand Bella a-t-elle appelé? questionnai-je d'une voix que je voulus calme alors qu'immédiatement mes instincts s'étaient réveillés.
-Il y a quelques minutes. débuta-t-il avant de me raconter en détail, secondé par Carlisle, la discussion téléphonique avec Bella.
Je n'avais pu m'empêcher de grogner tandis qu'Emmett me racontait ce que Laurent avait dit à Carlisle. Cette garce rousse voulait se venger de nous pour la mort de son compagnon. Carlisle avait essayé d'en savoir plus lorsqu'il avait pris le téléphone des mains d'Emmett mais Laurent avait juste de nouveau posé un ultimatum au médecin : il nous ramenait Bella s'il avait la garantie que nous et nos cousins d'Alaska l'aiderions à changer de régime après nous être débarrassés de Victoria. Carlisle n'avait pu se résoudre à dire non, car à cet instant, seule comptait une chose à son esprit : récupérer Bella.
Esmée avait repris la conversation en m'expliquant, des sanglots dans la voix, combien Bella semblait terrorisée ainsi que ses appels au secours à l'adresse de Carlisle qu'elle avait appelé « papa ». J'avais dû énormément me contrôler pour ne pas réduire le téléphone en miette sous la force de la colère qui montait en moi.
Carlisle, Emmett, Peter et moi avions discuté quelques minutes pour élaborer un plan rapide. La conversation à peine terminé, j'avais alors reçu un appel de Jenks me confirmant que Bella avait bien appelé depuis la banlieue de Logan.
Elle était si proche de nous en cet instant ! Et nous n'aurions pas de nouvelles avant 24 heures...
J'attrapai l'ordinateur de Charlotte et affichai sur l'écran une carte de l'ouest américain, cherchant avec Peter les différents chemins que Laurent pourrait emprunter. Mais ils étaient si nombreux !
-Nous devrions peut-être préparer un peu l'arrivée d'Isabella. Nous ne savons pas vraiment ce qu'il s'est passé et comment elle va. Peut-être…proposa Charlotte d'une voix douce
-Tu as raison, Charlotte. Il va surtout lui falloir de quoi se nourrir, quelques vêtements et peut-être des médicaments supplémentaires. lui répondis-je en pensant à la trousse laissée par Carlisle. Je vais aller en ville faire quelques courses « discrètes ». Peter, peux-tu préparer ce qu'il faut pour allumer la cheminée lorsqu'elle sera parmi nous ? Nous ne vous embêterons pas très longtemps, juste le temps pour elle de respirer un peu avant de reprendre la route pour Forks.
Ce dernier acquiesça et je me mis aussitôt en route vers la ville la plus proche, tout en appelant mes parents afin d'avoir quelques indications sur ce que je devais acheter.
Lorsque Bella évoluait parmi nous, je ne me souciais guère de ce côté logistique, pleinement occupé à contrôler ma soif qui se réveillait auprès d'elle. Suivant les conseils d'Esmée et Carlisle, je déambulais dans les rayons de la seule supérette ouverte de nuit, mes pupilles bien à l'abri derrière mes lunettes de soleil et emplissais le panier que j'avais attrapé à l'entrée du magasin. Quelques boites de biscuits, des œufs, du lait, du désinfectant, des pansements et des anti-douleurs.
En me dirigeant vers la caisse pour régler mes achats, je passai à côté d'un portant de vêtements de sport et attrapai un épais sweater portant le logo de l'université de l'Idaho. Je me souvenais du bien-être qu'elle ressentait lorsqu'elle passait l'un des sweaters imprimés « Forks High » de mon frère et j'espérais que cette sensation pourrait la réconforter un peu après tout ce qu'elle avait dû traverser aux mains de Victoria et de Laurent.
A mon retour au ranch moins d'une heure plus tard, tout avait été réaménagé en prévision de l'arrivée d'Isabella. Peter avait rangé un tas de bûches juste sous la pergola et avait allumé l'âtre pour réchauffer l'atmosphère hivernale de la maison. Charlotte, quant à elle, avait réinstallé la chambre d'ami, ôtant les bâches de protection et installant des draps et couvertures sur le lit. Nous avions ensuite rangé les courses dans les meubles de la cuisine et nous étions assis sous le porche, tournés tous les trois vers l'entrée de la propriété.
Peter, en bon soldat, m'avait demandé des précisions sur Victoria, James et Laurent. Je lui avais alors de nouveau raconté, mais dans les moindres détails cette fois, toute l'histoire, depuis le match de base-ball jusqu'à notre voyage à Phoenix. Ils avaient été épatés par le courage de Bella qui n'avait pas hésité à se jeter dans les bras de James pour sauver sa mère et indirectement notre famille. Je leur avais également expliqué combien son sang était puissant, me tentant constamment et m'empêchant ainsi de l'approcher.
A quatre heures du matin, alors que les nuages présents depuis la veille déversaient enfin leur pluie, n'y tenant plus, je me redressai et me mis à arpenter le patio. Je ne pouvais pas attendre leur prochain appel. Je ne voulais pas attendre que ce Laurent daigne donner des nouvelles !
-Major, il faut que l'on aille du côté du Yellowstone. annonça Peter, stoppant mes pas.
-Pourquoi? demandai-je, sondant ses émotions.
-Jasper, tu connais mon don...mes pressentiments. Je ne sais pas d'où ils viennent mais depuis que tu m'as parlé de cette Isabella, mes jambes veulent courir vers cette destination.
-Mais si on se trompait et que...le questionnai-je malgré la certitude que je ressentais de lui.
-Qui ne tente rien n'a rien, Jasper. me coupa Charlotte en se plantant aux côtés de son mari. Et si Peter a raison, nous lui permettrons de retrouver la liberté beaucoup plus tôt...
Un chapitre un peu plus long mais je ne pense pas que vous m'en ferez la critique, si ? Verdict ?
