Il ne l'avait jamais vraiment entendu parler encore moins hurler… Le jeune Malefoy poussa d'une main froide le corps de Scabior de son chemin pour voir l'état de la jeune fille. La jolie blondinette avait la bouche en sang et avait du mal à reprendre son souffle après le coup de pied qu'on lui avait infligé dans les flancs. Elle avait tout de même les yeux grands ouverts et observait tous les visages autour d'elle. Elle tomba sur les yeux gris acier de Draco et les fixa avec une intensité peu commune. Celui-ci déglutit difficilement, tentant de rester de marbre face à ce regard prenant.
« Cessez de la faire beugler ! Cracha-t-il aux Raffleurs présents. Vous êtes ici chez moi et vous souillez mon nom avec vos conneries ! J'ai été nommé votre chef par le Seigneur des Ténèbres lui-même. Avant de faire quoi que ce soit, je veux d'abord que ça passe par moi !
Sa voix claqua dans la grande pièce éclairée uniquement par le feu de la grande cheminée de marbre. Scabior claqua sa langue derrière ses dents, l'air dédaigneux.
« Un morveux incapable, souffla-t-il vilement. Je te signale que la place à laquelle tu trouves est un siège éjectable.
Il s'appuya contre le linteau, le feu crépitait avec ferveur, tout près de lui. Le blond s'approcha tel un félin en chasse. Le feu se reflétait dans ses yeux emplis de haine. Il plaqua son avant-bras contre le cou de Scabior, pris de court. Sa respiration commençait à saccader.
« Tu as plus de chance de te faire éjecter que moi ! Le nouveau bras droit du Lord n'a qu'à lever le pied pour écraser le cafard que tu es.
Il ôta son bras avant de l'attraper par les épaules et de le jeter au sol. Scabior toussait pour reprendre son souffle mais celui-ci fut à nouveau coupé par le coup de pied que le maître des lieux lui balança en plein visage. Du sang coula sur le parquet en teck sombre. Le rouge de celui-ci brillait à la lueur des flammes.
« Nettoies-moi ça et dégage de chez moi !
Draco fit signe aux autres de s'en aller, ce qu'ils firent dans la seconde sans se faire prier. Il sortit de la pièce à grandes enjambées, son ami Blaise l'attendait dans la pièce à côté. La jolie Serdaigle blessée était toujours allongée au sol, silencieuse.
Scabior se releva vivement. Ses mains tremblaient de rage. Il épousseta son manteau plein de cendre et toisa la prisonnière du regard. Un sourire machiavélique inattendu s'étendit sur ses lèvres.
« Bébé Malefoy ne veut pas qu'on touche à SA prisonnière ? C'est ce qu'on va voir ! Il avait bondit sur elle en une fraction de secondes, la souleva et du revers de la main, la gifla.
La blondinette s'effondra à nouveau sur le bois dur, laissant échapper de sa gorge sèche un râle de douleur. Elle entreprit de reculer, toujours au sol. Les yeux apeurés, elle ne savait plus comment faire face. Scabior s'esclaffa tout en laissant tomber son manteau de ses épaules. Il ôta presque en même temps sa chemise jaunie par l'usure et le temps de sorte de se trouver torse nu. Il portait plusieurs chaînes en or autour du cou et avait l'allure d'un pirate sanguinaire. Il s'avança de façon nonchalante vers Luna, de plus en plus effrayée. Saisissant son col il la souleva sans grande difficulté et la plaqua contre lui, ses lèvres viles attrapant les siennes, forcées. La tentative que Luna entreprit pour se débattre de son emprise n'eut aucun effet tant elle était menue et affaiblie. La main remplaça les lèvres, empêchant n'importe quel son de sortir. Il l'emmena, comme dans une valse funèbre, contre l'un des murs nus de la pièce. Le choc de laRENCONTRE ENTRE sa tête et la pierre fit couler des gouttelettes rouges vives sur ses épaules nues. Cela n'empêcha pas l'agresseur de continuer son entreprise. Il lui arracha le corset de sa robe, dévoilant ainsi sa petite poitrine, blanche comme neige. Tout l'univers de la jeune fille se brisait. Jamais elle n'aurait pu imaginer se retrouver dans une telle situation. La plaie infligée à son crâne lui donnait le vertige. Elle sombrait, de plus en plus inconsciente. Les gestes rugueux du Raffleur, elle ne les sentait presque plus. Qu'allait-il faire ? Survivrait-elle à ça ?
On ne s'habitue pas à la mort d'un être aimé.
Harry Potter était le premier à le savoir. Ses parents, son parrain, son mentor,… STOP !
Ça devait cesser !
Il ouvrit ses yeux émeraude dans un cri de stupeur. Le sommeil qui l'avait pris quelques minutes auparavant, l'avait déjà quitté. Il se redressa et observa ses mains posées sur ses cuisses. Les paumes étaient en sueur, ses doigts gelés par la fraîcheur de la nuit. Il se sentait fondre, comme si toute l'eau de son être s'échappait par chacun de ses pores. Ses beaux cheveux roux… Ses yeux doux et clairs… Il secoua la tête avant de la prendre dans ses mains toujours humides. Celles-ci se crispèrent soudain prises de tremblement. Une aura noire l'entourait, s'emparant de sa chair, la transperçant de part en part. Ses yeux devenus noirs réapparurent dans la nuit, emplis d'une haine meurtrière.
La vengeance, la mort de cet être abominable,…
« Voldemort, souffla-t-il, la mâchoire crispée, je vais te détruire, anéantir chacune de tes vies. »
Comme un engagement qu'il se faisait à lui-même, ses mots se perdirent dans les ténèbres, laissant derrière eux un écho macabre.
Hermione arrangeait ses cheveux, du moins elle essayait. Elle abandonna vite, trop stressée. Ron la regardait s'agiter sans trop réagir. C'est seulement lorsqu'une chaussure lui atterri sur la tête qu'il se leva pour aider. Ils avaient loué une chambre à Withechapel, grâce au rouquin qui connaissait le gérant et les lieux par-cœur. Hermione n'avait même pas pris la peine de refuser cet endroit, trop angoissée par les Mangemorts qui rôdaient partout. Ron n'avait pas été véritablement enchanté de revenir sur le lieu de ses déboires mais avaient-ils eu le choix ?
« On s'en va, lança la brunette d'un ton ferme.
« Pour aller où ? demanda le rouquin, agacé par le dégoût que le visage de son amie affiché en observant la chambre.
« J'ai dans l'idée d'aller au Square. Il y a là-bas un objet dont j'ai besoin et…
« C'est un H. ? Coupa Harry tout en soulevant légèrement le rideau pour regarder au dehors.
La fenêtre donnait sur une grande ruelle passante. Des commerçants s'affairaient, plaçant leurs étales devant la devanture de leur boutique. L'un était chargé de chaussures, un autre de peluches souvenirs, un troisième de vêtements. Harry observait le spectacle tandis qu'Hermione s'expliquait.
« Il s'agit en réalité d'une personne, une personne qui pourrait, j'en suis sûre, la belle cherchait ses mots avec attention, nous donner de bons renseignements et…
« Vas s'y seule dans ce cas, trancha le jeune homme, toujours absorbé par les mouvements au dehors.
« Quoi ?
La belle se laissa tomber sur un fauteuil à moitié rongé par les souris et autres bestioles, l'air apeuré.
« Ça pose un problème Hermione ? Renchérit Harry en la regardant enfin.
« Non, mais je pensais qu'on resterait soudé tous les trois… Qu'on avancerait ensemble comme toujours. Sa voix était de plus en plus chevrotante et aiguë. Elle renifla pour empêcher les sanglots de lui monter aux yeux.
« Les temps ont changés. Il n'y a plus de « toujours ». Nous n'avons pas toute l'année pour trouver les objets. Si tu crois qu'il ou elle a de bons renseignements, vas les récolter. Ron et moi continuerons de chercher sans toi. Je te laisse deux jours. Au bout du deuxième, à six heures précises, tu nous retrouveras.
« Il faudrait mettre au point un mode de communication, tenta Ron, qui jusque-là n'avait rien dit.
La belle se mit alors à cogiter. Comme à son habitude, elle avait froncé les sourcils, en proie à une grande réflexion.
« Passes-moi ton Déluminateur s'il te plait. Elle avait tendu sa main vers le rouquin.
Celui-ci le chercha dans une poche intérieure de son manteau et le lui donna. Elle l'empoigna fermement et le déclencha. La seule petite lumière allumée dans la pièce était celle de la flamme d'une petite bougie posée sur la commode. Celle-ci voleta vers la belle avant de s'engouffrer dans l'objet métallique. Quand elle le réenclencha, les yeux crispés, la lumière ne retourna pas sur sa mèche mais resta dans les airs, à hauteur de ses yeux marron. Elle déglutit difficilement avant de détourner le regard, étrangement humide à présent.
« Ça va marcher, dit-elle, la gorge serrée. Je le garde pendant ces deux jours. Grâce à lui, je saurais vous retrouver. « La lumière guide les voyageurs perdus », ajouta-t-elle avant de quitter la pièce, ses larmes l'ayants submergées.
Ses deux amis étaient restés tout penaud face à ce qui venait de se dérouler devant leurs yeux. Mais sans plus de questions, ils savaient qu'elle était intelligente et sûre d'elle. Même si rien n'était comme avant, une confiance d'acier demeurait entre eux.
La terre était encore enflammée par le combat. La chaumière n'était plus qu'un tas de ruines et le paysage ne ressemblait plus vraiment au tableau paradisiaque qu'il avait pu être quelques heures auparavant. Les assaillants avaient laissé derrière eux une épaisse fumée noire. Les survivants réunissaient leurs dernières forces pour aider les blessés. L'heure était à la reconstruction.
Ses cheveux roux flottaient sur le sol poussé par le vent glacial de la nuit. Elle ne pu direCOMBIEN DE TEMPS elle était restée dans cette position. Elle n'aurait su déterminer à qui avait appartenu les cris qu'elle avait entendu. Chaque cri l'avait pétrifié, comme si chacun d'eux était un poignard s'enfonçant dans sa chair. Elle avait prié pour que les membres de sa famille soient sains et saufs, que sa meilleure amie le soit, et que son âme sœur le soit également.
La belle se releva enfin, les membres engourdis. Ses yeux passèrent en revue tout ce qui l'entourait, analysant les dégâts. Non loin d'elle, plusieurs personnes s'affairaient pour éteindre le feu qui consumait toutes les broussailles alentours et risquait d'alerter le village moldu à quelques miles de là. Son cerveau avait du mal à enregistrer les événements qui se déroulaient devant elle. Elle sentit soudain naître en elle une immense culpabilité, elle n'avait rien fait pour les aider.
Elle reconnu immédiatement son grand frère Bill parce qu'il avait les cheveux plus longs que tous ses autres frères. La rouquine s'élança alors vers lui. Lui attrapant le bras, elle le fit se tourner vers elle. Son regard était vide, empli de dégoût.
« Tu vas bien ? Demanda-t-elle, la voix tremblante.
« Où étais-tu ? Je m'inquiétais pour toi, répondit-il sans vraiment la regarder.
« J'ai été attaqué et repoussé vers les falaises, de l'autre côtéDE LA MAISON. Je..., elle ne pouvait pas lui dire la vérité, je suis resté inconsciente, ils ont du croire que j'étais morte.
« Mais ça va ? Pas de blessures ? Insista-t-il en la regardant attentivement cette fois.
Elle lui fit signe qu'elle n'avait rien mais cela ne suffisait pas à repousser la peur grandissante dans le regard de son aîné. Elle le laissa pour retrouver d'autres membres de sa famille, pour leur montrer qu'elle était là, bien vivante. Elle découvrit avec effroi le corps de Gabrielle, allongé à côté d'une Fleur au visage dénué d'expression. Elle retenu son sanglot lorsque sa mère la rassura d'un hochement de tête. Les deux femmes Weasley s'éloignèrent un peu.
« Que s'est-il passé ? Demanda la fille.
« Un sort, répondit la mère, la voix très basse, comme usée. La signature du Mangemort Dolohov. Il est le seul à faire usage de ce sort antique.
« Elle va s'en sortir ?
« On ne peut le dire pour l'instant, dit Molly, embêtée. Le sort agit à l'intérieur et nous ne pouvons déterminer ce qu'il va endommager le plus. Elle risque énormément de séquelles.
« Je vois, souffla Ginny.
« Les médicomages sont arrivés, lança Mrs Weasley en se redressant vivement. Toi, tu n'as rien ? Ajouta-t-elle en se retournant à nouveau vers sa fille.
Celle-ci lui répondit, comme elle l'avait fait avec son frère. Elle attrapa la main de sa tendre maman dans les siennes et la serra fort comme pour la remercier d'être toujours là. Elle la regarda s'éloigner vers les médecins sorciers venus de Ste Mangouste puis détourna vivement le regard. Si elle n'avait pas fais semblant... Si elle s'était battu comme les autres, peut-être qu'elle aurait pu éviter à l'un des blessés de... La culpabilité la poursuivait de plus en plus profondément et elle voulait à tout prix la laisser derrière elle. Avec tout ces « peut-être » et ces « et si... » elle savait qu'elle ne pouvait rien changer au passé et que ce qui était fait ne pouvait être défait.
Fred et George se chamaillaient bruyamment, installés près de la descente menant à la plage. Leur sœur les repéra et les rejoint. Elle ne fut pas étonnée de voir qu'il concoctaient une mixture étrange. Les jumeaux, trop absorbés dans leur discussion, ne firent pas vraiment attention à Ginny. Elle se laissa tomber sur le sol et les observa, sans dire un mot. Elle aimait les voir travailler, cela la faisait souvent rire. Leur façon de vivre et de voir la vie aurait pu rendre n'importe quel dépressif un temps soit peu souriant.
« Non, attends! lança George. T'es sûr que ce n'est pas l'algue amer avant ?
« Oui, Georgy, j'en suis sûr, répliqua Fred avec un sourire en biais. Laisse-moi m'occuper de la potion.
« Vous faites quoi au juste ? Coupa la rouquine, intriguée. Elle avait laissé sa curiosité prendre le dessus et avait vraiment besoin de se changer les idées.
« Une potion contre les brûlures...
« Mais non! Coupa Fred, les sourcils haussés. Je fais une potion contre les blessures.
« Tu fais? Répéta George, l'air ahuri. Je te signale qu'on la fabrique ensemble! Et c'est une potion pour les brûlures!
Ginny haussa les sourcils, se demandant ce que leur dispute allait donner comme catastrophe. Elle les connaissait par coeur et savait qu'il ne fallait jamais rester dans les parages. Néanmoins, la rouquine ne bougea pas, trop curieuse.
Fred fût bousculé par son frère afin qu'il prenne sa place devant le chaudron et y jeta une algue amer. Le mélange tournoya à une vitesse folleCHANGEANT DE COULEUR au fur et à mesure. George recula un peu, méfiant. D'un coup, la mixture bondit hors du chaudron. Elle était épaisse, comme de la lave ou du goudron. Elle avait pris une teinte bleu violette et bondissait étrangement sur le sable, comme si elle cherchait quelque chose...
« Vous avez terminé? Il ne faut quand même pas dix ans pour faire une potion contre...
Maugrey Fol'oeil n'eut pas le temps de finir sa phrase, la chose ayant bondit sur son visage. Il tomba au sol dans un bruit sourd et se mit à gesticuler dans tous les sens en râlant. Ses cris étaient à moitié étouffés par la potion étrange. Fred avait accouru sur l'Aurore mais trop tard, la chose s'était comme diluée et avait déjà coloré la moitié du visage tailladé de Fol'oeil. Le rouquin revint sur ses pas et ne put retenir son rire, suivit de près par George, plié en deux.
« Ce teint vous va à ravir, s'exclafa Fred avant de rire de plus belles.
L'homme se redressa vivement et sortit d'une poche intérieur un petit miroir. Il n'eut besoin que d'apercevoir son reflet pour exploser de rage.
« Enlevez-moi ça tout de suite ou je vous transforme en pot de chambre! Hurla Maugrey tout en pointant sa baguette sur les jumeaux.
Ginny, seule spectatrice, tentait de garder son sérieux un maximum, en vain. Voir son ancien professeur de Défense contre les forces du mal le visage bleu... Son rire éclata en elle, le brisant presque les côtes. La situation était d'autant plus grotesque car après une telle bataille, le temps n'était pas à la joie et aux rires.
« Maugrey? Avait lancé Kingsley. Que vous est-il arrivé?
« Sales gamins! S'écria-t-il en revenant vers l'Aurore. On leur demande une potion contre les brûlures et...
« Tu vois que j'avais raison! Coupa George.
« Ce qu'on a fabriqué c'est encore mieux! Ca efface les vieilles cicatrices, regarde!
Le visage de Maugrey Fol'oeil était toujours bleu mais les anciennes cicatrices qu'il avait toujours porté, du moins pour les jeunes qui le connaissaient depuis quelques années, avaient disparues. La couleur s'estompa peu à peu et la potion repris sa forme étrange avant de se jeter sur un nouveau visage, celui de Bill, non loin de là. La cicatrice que lui avait infligé le loup garou Greyback, l'an passé, commençait elle aussi à disparaître.
Maugrey n'ajouta rien et repartit vers la chaumière que les nombreux sorciers restés tentaient deRÉPARER.
Ginny, toujours hilare, observa l'étrange mixture créée par ses frères sauter de visage en visage, éffaçant toutes traces d'un malheur passé. L'euphorie que la belle resentait fût mêlée à de la stupéfactiion puis à de l'admiration pour ses grands frères.
« Vous avez vraiment un don, lança-t-elle. De rien vous faites quelque chose de sensationnel, c'est...
« Merveilleux? Coupa Fred.
« Fantastique? Ajouta George.
« Epoustoufflant? Incroyablement extraordinaire? Dirent-ils en choeur.
La rouquine afficha un large sourire en seule réponse à leur éxagération et entreprit de retrouver des amis, lançant ainsi les jumeaux se féliciter eux-même.
Elle ne mit que peu de temps pour retrouvé Neville accompagné de Viktor et de Tonks. Cette dernière lui sauta littéralement dessus en la voyant.
« Oh! On avait peur qu'ils t'aient emmené toi aussi, dit Tonks, en serrant Ginny contre elle.
« Moi aussi? Demanda la rouquine en reculant un peu. Tu veux dire qu'ils...
« Luna, souffla Neville, des larmes sèches sur les joues, la mâchoire étroitement contractée. Les Raffleurs l'ont prise.
« Quoi? Mais pourquoi? Elle... Pourquoi Luna? Le coeur de Ginny avait trésaillit.
« La grand-mère de Neville a tenté de les en empêcher mais ces salauds s'étaient bien assez éloignés pour qu'elle soit seule face à eux, lui souffla Tonks à l'oreille. Greyback l'a littéralement dévoré et Zabini l'a achevé.
La jeune femme déglutit, horrifié par chacun de ces mots. Une larme s'enfuit sur sa joue sans qu'elle puisse la retenir, tout comme le rire qu'elle n'avait pu retenir quelques minutes avant. Son coeur s'embalait de plus en plus dans sa poitrine. Elle prit doucement Neville, son meilleur ami, dans ses bras, lui témoignant tout son soutien. L'heure n'était plus aux "Pourquoi" mais aux "Comment". Comment avaient-ils été capables de tant de brutalité et de haine? C'étaient pourtant de simples hommes, de simples sorciers...
Ses cheveux blancs défaits par le tumulte, avaient tout à coup étaient teintés de rouge. Ses yeux sévères avaient soudain abandonnés la lutte. Son visage à moitié dévoré le hanté encore. Plus de la moitié du Whisky reposant dans la bouteille en crystal avait finie dans son estomac. Ses vapeurs ne parvenaient pourtant pas à éffacer ses visions d'horreur. Blaise se servit un énième verre qu'il porta vivement à sa bouche. Son élan fut stoppé net par la main de son ami.
« Arrête, dit Draco d'un ton ferme. Tu as fais ce qu'il fallait. On a fait du mieux qu'on pouvait. Ne va pas te rendre malade.
« Combien t'en a tué? Demanda Blaise sans même le regarder.
« Quoi? Je...
« Combien? Répéta-t-il plus fort avant de retirer vivement son bras de l'emprise de Draco. Dans ce geste, il renversa la moitié de son verre sur son pantalon mais ne s'en soucia pas. Alors! Insista-t-il en le regardant cette fois.
« Je n'ai tué personne. C'était...
« Moi, j'ai tué! Coupa Blaise à nouveau avant de se lever du fauteuil qu'il avait empreinté. Je l'ai tué, tu l'as bien vu!
« Oui, oui, oui! Je l'ai vu! S'écria le jeune Malefoy, les yeux écarquillés. Jamais il n'aurait cru voir un jour son ami, Blaise Zabini, perdre autant le contrôle. Mais elle était condamnée, ajouta-t-il, plus calmement. C'est lui qu'il l'a tué, toi tu n'as fait que mettre fin à ses souffrances.
Blaise baissa les yeux et s'en alla de la pièce sans rien ajouter à cela. Son ami avait raison et il n'était pas temps à se laisser prendre par de la culpabilité. Tous deux jouer un double jeu réellement dangereux. Ca ne serait pas la dernière fois qu'ils devraient faire face à ce genre de situation. Faire semblant d'attaquer tout en essayant d'aider... La tâche devenait de plus en plus ardue pour eux.
Draco en avait entièrement conscience et voir son ami lâcher prise comme ça ne le réconfortait pas vraiment. Il fallait qu'il tienne bon face à tous ces choses ignobles qu'ils avaient faites et qu'ils devraient sûrement encore faire. Il se dirigea vers le grand escalier de marbre demeurant dans l'entrée du manoir Malefoy, plongé dans ses pensées. Cinq marches plus loin il s'arrêta, un petit cri étouffé l'ayant ramené à la réalité. Il redescendit ces marches un instant et ouvrit à la volée la porte menant à la salle à manger.
Son souffle se coupa face au spectacle qui se déroulait devant ses yeux. S ans attendre une seconde de plus il fendit l'air de sa baguette tirée de sa poche. L'éclair qui en jaillit alla s'abattre sur Scabior à moitié nu. Il s'éleva dans les airs avant de s'écraser sur le parquet foncé. Luna, entièrement nue, se recroquevilla tremblante, toujours auprès du mur contre lequel l'avait plaqué le vil Raffleur. Elle attrapa le jupon de sa robe d'un bras, l'autre plaqué sur sa poitrine pour la cacher, et se couvrit avec.
Draco tremblait aussi, mais lui s'était de rage. Il attrapa Scabior par le col en lui enfonça son poing, lui arrachant ainsi la moitié de l'arcade, alors qu'il était à moitié conscient sous l'effet du sort. Un deuxième poing alla dans ses côtes, un troisième dans son estomac. Le blondinet s'était mit à hurler de furueur et ne se retenait plus.
« Non! Arrête!
La faible voix de la jolie Luna s'était tout de même élevée dans la pièce sombre et le maître des lieux avait soudain cessé son acharnement. Il regarda la blondinette et déglutit difficilement. Ses mains relâchèrent alors le corps quasi inerte du sorcier. Draco les regarda longuement, elles étaient pleines de sang. Prises de tremblements il ressera ses doigts dans ses paumes. Son visage était crispé, dénué d'émotion, comme vidé de tous sentiments. Il n'arrivait plus à la regarder, celle qu'il venait de sauver, celle à qui il avait montré sa faiblesse.
Cette nuit-là, Luna Lovegood avait été desarmée, humiliée, brutalisée,... Elle ne résista pas un seul instant quand Malefoy fils entreprit de la porter. Il l'emmena dans une salle de bain carrelée du sol jusqu'au plafond blanche et argentée. La baignoire brillait tellement que la jeune femme en fut éblouie. Elle ferma étroitement les yeux de plus en plus gênée par Draco. Celui-ci la déposa sur une chaise installée à côté de deux immense lavabos et sortit, toujours aussi silencieux.
Luna rouvrit ses beaux yeux bleus azur, seule dans la pièce beaucoup plus lumineuse que le salle à manger. Elle tentait de remettre ses idées en ordres sans trop y parvenir. Elle se leva lentement de la chaise mais retomba aussitôt sur le sol, ses jambes trop faibles pour la supporter. Pourtant il fallait qu'elle y parvienne, qu'elle arrive jusqu'à la baignoire, qu'elle se lave, qu'elle efface l'horrible touché de cet homme ignoble, qu'elle nettoit l'empreinte laissée par ses mains sales... Elle se mit à ramper puis à se hisser.
Le maître des lieux avait, quant à lui, dévalé à nouveau les marches de l'escalier de marbre mais arrivé dans la sombre pièce, lieu du sinistre, l'homme avait disparu. Il avait laissé derrière lui les traces de son sang mais aussi de sa folie. Draco ramassa vivement la vieille chemise abandonnée et la jeta dans le feu qu'il avait ranimé d'un coup de baguette. Celui-ci éclairait à présent toute la pièce et sa chaleur se propagea doucement. Allait-il réussir à réchauffer le coeur glacé du jeune homme? Il restait statique, comme sans vie, devant ce feu impuissant. Comment pouvait-il réagir face à tant de monstruosité?
La nuit était passée, la matinée également. Hermione était finalement partie seule. Elle avait atterit dans le petit parc silencieux rue Square Grimmaurd. Le temps était à l'orage et le vent soufflaitt fort dans les arbres autour de la jeune femme. Celle-ci s'avança discretement vers l'entrée cachée et souffla le mot de passe après s'être assuré qu'il n'y avait personne alentour. Le vieux batiment de pierre grise glissa de part et d'autre pour laisser apparaître le fameux 12. Elle se précipita alors sur la porte et frappa cinq coups distincts.
« Ja? Hen quoi puis-jeu vous aider?
« Miss Granger! Dit Hermione tout en se mettant sur la pointe des pieds pour que l'homme derrière la porte la voit à travers le judas. J'aimerais voir Remus Lupin.
La porte s'ouvrit presqu'aussitôt et la jeune femme entra sans se faire prier.
« Bonjour... Otto, dit-elle doucement. Comment allez-vous?
« Ebensogut, daß man es kann*, répondit-il l'air attristé.
Les sourcils d'Hermione se froncèrent, elle avait beau être la plus intelligente des sorcières de son niveau, elle n'avait pas eu l'occasion d'apprendre l'allemand. Elle n'insista pas plus, son attention attirée par les mouvements dans la cuisine. Elle s'y engagea et fut heureuse d'y retrouver Viktor Krum et Remus.
« Hermione! Lança Viktor de sa voix grave. Où étais-tu passé? Où sont le champion et Weasley? Que s'est-il passé?
Les mains de la jeune femme se levèrent, lui faisant signe de se calmer un peu. Elle prit volontier la chaise qu'on lui tendit et s'y laissa tomber. Une tasse fumante de thé ne fut pas non plus de refus. Après quelques gorgées, Hermione se décida à s'expliquer. Tous les yeux s'étaient alors braqués sur elle.
« Nous sommes tous trois indemnes. Nous sommes partis pour protéger Harry. Je suis venu ici pour parler au portrait de Phineas Nigellus qui se trouveDANS LA CHAMBRE de Sirius. A ce nom, le visage de Remus s'assombri un peu. Il a surement des informations très importantes pour nous, poursuivit Hermione. Je ne peux pas vous en dire plus. Notre quête doit rester secrète.
« Je vois, dit Remus, la gorge serrée. On ne s'en mêlera pas mais pourquoi es-tu seule?
« Harry pense qu'on ne doit pas perdre de temps et il a raison. Pendant que je récoltes mes infos avec Phineas, Ron et lui continuent leurs recherches.
« Recherches de ..? Viktor s'interrompit, comprenant qu'il ne devait pas poser de questions.
Hermione lui sourit, le remerciant pour sa conpréhension. C'était un jeune homme vraiment gentil sous ses airs de grand baraqué. Il avait toujours était tendre avec elle. Leur brève relation amoureuse avait été courte et platonique mais Hermione en gardait un très bon souvenir. Il l'avait choisit elle, parmis toutes ces filles folles de lui, cette année-là.
Elle était encore fourrée à la bibliothèque, comme à son habitude. On arait dit qu'elle se cachait, qu'elle s'isolait de tout et de tout le monde. Miss Je-sais-tout étudiait, encore et toujours, comme si elle n'en savait pas assez. Hermione n'aimait plus la personne qu'elle paraissait être aux yeux de tous. Pourtant, les yeux doux d'un jeune homme ne la toisaient pas méchament mais la contemplaient avec tendresse. La belle ne les avait pas tout de suite remarqués, concentré sur un vieux grimoire. C'est les chuchottements de deux filles qui la sortirent de son étude.
« Il est là, souffla l'une. Qu'est-ce qu'il est beau!
« Il parraît qu'il n'a toujours pas choisi sa cavalière pour le bal.
« Tu m'étonne! Repris la première. La liste des prétendantes est tellement longue...
Hermione releva la tête et son regard tomba sur celui de Viktor Krum, toujours en train de l'observer. Celle-ci sentit son sang se glacer et les battements de son coeur s'accélérer. Le signe de tête presque imperceptible qu'il lui lança ne fit que les augmenter encore plus. La belle referma le livre et d'un coup de baguette l'envoya à sa place sur l'étagère en face. Elle ramassa le reste de ses affaires et sortit. La neige commençait à tomber doucement sur l'herbe verte du parc. Le lac était gelé. Seul le souffle du vent brisé le silence. La belle s'aventura vers la lisière de la forêt et attendit quelques instants. Viktor arriva enfin, l'air désolé pour avoir fait attendre Hermione.
« Herrrmione Grrrangerr, dit-il avec son fort accent de l'Est. Désolé de vous avoirrr fait attendrrre dans ce frroid. Nous autrres Bulgarrres avons l'habitude.
« Non, ça va, répondit-elle en montrant qu'elle avait tout l'équipement contre le froid, gands, écharpe, bonnet,... tout ça n'avait rien de glamour, pensa-t-elle en rougissant.
Viktor lui afficha un large sourire, amusé par sa pudeur. Il avait tout d'un véritable gentleman. Il lui avait formulé sa demande pour le bal avec beaucoup d'élégance et de cérémonie ce qui avait épaté la jeune demoiselle. Elle avait accepté, gênée.
Hermione avait appris, en discutant avec Remus, que Ginny n'avait rien, qu'elle allait très bien mais que Luna Lovegood avait disparu, enlevée par les Raffleurs. Otto lui avait aussi révélé la mort de madame Londubat. Hermione était passée du soulagement à la tristesse en passant par la peur en l'espace de quelques secondes. Cela l'avait même fatigué. La fin de l'après-midi arriva avec Tonks et Maugrey, mouillés par la pluie qui s'était mise à tomber peu de temps après l'arrivée d'Hermione. Celle-ci remarqua avec surprise que le visage de Maugrey avait changé. Sans ses cicatrices, l'aurore avait l'air plus jeune et en plus grande forme.
« Les jumeaux Weasley, bredouilla-t-il en guise d'explication.
Hermione comprit qu'il s'agissait alors d'une de leur nouvelle invention et elle fut heureuse d'apprendre qu'ils continuaient à faire des merveilles.
Tonks la serra fort dans ses bras et lui annonça avec joie qu'elle attendait un heureux évènement.
« Surprise, lança Remus d'un air joyeux peu convainquant face au regard accusateur d'Hermione. Je préfèrais lui laisser la joie de l'annoncer à tout le monde, ajouta-t-il comme excuse.
« Merci mon amour, souffla Tonks avant de lui déposer un baiser sur la joue.
La soirée se déroula dans un calme assez pesant et Hermione fut contente de se retrouver un peu seule après le repas. Elle était monté à l'étage, dans la chambre de Sirius. Phineas Nigellus était absent mais la belle ne se démonta pas et attendit patiemment devant le tableau vide. C'est seulement vers les onze heures passés que l'homme peint réapparut dans son cadre. Il fut d'abord surpris de se retrouver nez à nez avec la sorcière puis suspicieux en sachant qu'elle attendait forcément quelque chose de lui.
« Je ne comptes pas vous déranger longtemps mais j'ai besoin de quelques informations.
« Je ne divulgue pas d'informations comma ça, miss ...?
« Granger, répondit-elle, un peu précipitament.
« Une née moldue, dit le vieil homme avec dédain. Que voulez-vous savoir? Ajouta-t-il après réflexion.
« Bien, hésita-t-elle, un peu gênée. J'aimerais que vous me parliez de la famille Black si c'est possible.
« C'est-à-dire?
« Sirius était-il enfant unique? Vivait-il ici avec sa famille étant jeune? J'aimerais en savoir plus sur cette maison.
« La jeune demoiselle devrait être moins hative dans ses questions. Sirus avait un frère, Regulus. Il avait un an de moins que Sirius et a étudié dans la maison de Serpentard.
« Regulus...
« Regulus Arcturus Black, reprit Phineas. Vous devriez le savoir, sa chambre est juste au fond du couloir.
« Je n'ai jamais fouillé la maison. Je ne me serais pas permise...
« Vous vous permettez pourtant bien des choses Miss Granger, soupira le vieil homme.
« R.A.B! Oui c'est ça! s'écria la jeune femme sans tenir compte de ce qu'il venait de dire. Avez-vous eu connaissance de ce médaillon? Poursuivit-elle en sortant de sa poche le pendentif en or massif, ouvert le soir où Dumbledore avait chutté. Je crois savoir que vous avez toujours résidé dans cette maison et que vous êtes le seul à pouvoir nous révéler certaines choses.
« Je ne vois pas vraiment où vous voulez en venir mademoiselle et je commence à m'impatienter. Il y a certaines choses, comme vous le dites si bien, qui n'ont pas à être révéler et ne comptez pas sur moi pour aller à l'encontre de ces principes. La noble famille des Black, comme on l'a toujours nommée, n'est surement pas aussi noble qu'on le pense mais je ne crois pas qu'il soit utile d'en ternir le nom.
« Je ne cherche pas à ternir le nom des Black Monsieur, je voudrais simplement en savoir plus sur ce médaillon. Elle l'approcha au plus près du portrait.
« Pas besoin de me le coller en pleine figure, je l'ai reconnu. Néanmoins, il est différent de celui que j'ai pu apercevoir le soir où Kreattur a déboulé dans cette même pièce le tenant serré contre lui. Il cherchait à le cacher mais la maîtresse des lieux avait l'oeil partout. Je n'avais d'ailleurs jamais vu un elf de maison exprimer autant d'émotion que ce soir-là, ajouta-t-il.
« Vous ne l'avez pas revu depuis? Insista la sorcière en essayant de ne pas tenir compte de ses sarcasmes envers les elfs de maison. Quand était-ce arrivé?
« Le soir où Regulus a disparu. Ils ne l'ont jamais retrouvé depuis et l'ont considéré comme mort à cette même date. En ce qui concerne cet objet je vous conseillerez de vous adresser à l'elf. Il en sait plus que moi.
Hermione acquiesça, soudain impatiente d'en finir avec l'homme peint. Elle le remercia et le regarda s'en aller quand tout à coup elle se souvint de l'endroit où son autre portrait demeurait. Elle l'appela mais en vain, il était déjà partit. Même s'il l'avait entendu, il n'aurait surement pas fait demi-tour pour ses beaux yeux pensa-t-elle avant de jeter un drap sur la toile. Elle mit un certain temps avant de s'endormir, pensant à la suite, à ce qu'elle devrait faire le lendemain, à ce qui allait se passer pour elle et ses amis. C'est en se disant qu'Harry serait rassuré et heureux de savoir que sa bien-aimée allait bien qu'elle se laissa prendre par le sommeil.
Cette nuit là, Ron et Harry arrivèrent dans le petit centre ville de Rye, surplombant la rivière Rother dans le comté de Sussex. Le vent se leva doucement emportant sur son passage un bout de papier qui vint mourrir sur les pas d'une moldue. Celle-ci se baissa pour le ramasser devoilant ainsi le haut de ses cuisses. Ce mouvement n'échappa pas au regard du jeune Weasley. Les yeux parcoururent le reste de la silouhète bien faite de la jeune femme. Il n'hésita pas un seul instant pour l'aborder laissant derrière lui son ami, plongé dans ses pensées. Harry n'avait effectivement pas remarqué la scène et le jeu de séduction qu'avait commencé le Gryffondor.
La jeune femme attrapa le bout de papier et se releva, montrant un bref instant sa jolie poitrine enfermé dans un chemisier décolté. Ses cheveux noir encadraient son magnifique visage de porcelaine. Les yeux de Ron se posèrent sur sa bouche pulpeuse et s'imagina la dévorer. La moldue sursauta en le voyant devant elle, les yeux flamboyants.
«Ce papier ne vous a pas trop fait mal j'espère?demanda le rouquin de sa voix suave.
«Heu...Non ca v...
«Ron nous n'avons pas le temps pour ca! coupa Harry sentant la colère venir.
«Je fais simplement connaissance avec la population locale, répondit Ron, ses yeux fixant la jolie brune. Je me présente Ron Weasley, à votre service.
«Enchanté, moi c'est Mélissa Leigthon, ravie de voir de nouvelles têtes surtout si elles sont serviables et charmantes, dit-elle en souriant largement.
«Ravie de faire votre connaissance Mlle Leighton, mais mon ami et moi devons partir, nous av...
«Excusez-nous un instant Mélissa, coupa Ron en tirant le jeune Potter par le bras.
Il emmena son ami à l'angle de la ruelle, l'air agacé. Harry, qui l'était tout autant se débattu et poussa Ron contre le mur d'en face.
«Je n'y crois pas! On vient juste de quitter une bataille où des gens sont MORTS! Et si ma mémoire est bonne Ginny est ta soeur et en faisait partie! Et toi tu ne pense qu'à sauter la première venue, cracha le brun, ses yeux verts envoyant des éclairs.
«Tu n'en sais rien pour Ginny, je suis sur qu'elle va bien. Et de toute façon nous sommes en guerre, des batailles, il y en aura plein. Je ne vais pas gâcher le temps qu'il me reste à pleurer et à chercher tes foutus Horcruxes. Nous avions prévu de nous reposer ce soir, non? Si moi je veux me reposer dans ses bras c'est mon problème pas le tien, trancha-t-il avant de rejoindre la jeune moldue qui l'attendait toujours.
La porte de la luxueuse salle de bain des Malefoy s'ouvrit à la volée, faisant hurler, bien que faiblement, son occupante. Celle-ci attrapa un drap de bain, laissé sur le rebord d'un lavabo et se protégea avec. Le jeune homme ne la regarda pas un seul instant alors qu'elle, ne le lâchait pas de ses yeux effrayés. Elle priait pour que ça ne recommence pas, jamais.
Le jeune homme tremblait de la tête aux pieds. Il entreprit de faire les cents pas dans le petit espace qu'il lui restait. Les minutes défilaient, pesantes. Il releva soudain la tête, jusque là baissée, et se vit dans le grand miroir posé au-dessus des lavabos de marbre. Son reflet le dégoûtait à un tel point qu'il ne put s'empêcher de le briser, frappant son poing contre celui-ci. L'impact créa de grosses fissures, découpant alors son visage rouge de colère.
«Les moldus superstitieux pense qu'un miroir brisé apporte sept ans de malheur, dit doucement la petite blonde, toujours recroquevillée dans la baignoire.
«Quoi?
Draco croisa le regard de Luna à travers la glace craquelée, l'air abasourdi. Comment pouvait-elle encore sortir de telles absurditées après ce qui lui était arrivé?
«Ce ne sont que des superstitions de moldus. S'ils connaissaient notre existence, ils tomberaient des nues.
«Mais arrête! Arrête de dire des conneries! Merde, tu te rends compte de la situation dans laquelle on est? Hurla le beau blond, serrant ses mains sur le bord du lavabo de plus en plus fort.
En voyant le regard interrogatif de la blondinette qui s'était redressée, il se décida à expliquer. Elle était tout bonnement condamnée à mort en ces lieux, parmis les Mangemorts. C'était sa mission, tuer les soit disant traîtres. En réalité, c'était lui le traître, c'était lui qui ne voulait pas en être, lui qui n'avait pas envie de jouer ce rôle. Des larmes vinrent brouiller sa vision et ses paupières s'abbattirent étroitement sur ceux-ci. Le visage crispé, il n'arrivait plus à retenir le flot de paroles qui s'échappaient de ses lèvres.
«Je ne suis pas celui que tout le monde croit. Je n'ai jamais voulu être celui qu'on prédestinait à devenir. Je n'ai jamais voulu devenir quelqu'un de mauvais, qui asservit les autres pour le compte du seigneur des ténèbres. Je ne veux pas de cette vie, de SON monde! Je ne veux pas être comme lui! Je...
«Alors bats-toi avec nous, coupa doucement Luna, voyant que Draco arrivait à bout de souffle. Bats-toi pour le monde et la vie dont tu as envie et à laquelle tu aspires plus que tout. Ne le laisse pas nous réduire à néant.
Un "pop" sonore les fit sursauter et la peur les envahit.
La maison des Black était étroite mais s'étendait sur trois étages et comptait de nombreuses petites pièces. Cela faisait déjà cinq bonnes minutes qu'Hermione explorait les étages à la recherche de l'elf de maison. Elle poussa une énième porte et fut surprise de voir la grande silouhette de Viktor derrière. Il était littéralement en contemplation devant son reflet dans l'énorme miroir, laissé au centre de la minuscule pièce. Il y prenait d'ailleurs la majeure place.
«Viktor? Demanda doucement Hermione.
«Hermione! S'écria-t-il, l'air joyeux. Regardes! Tu es dans le miroir!
«Quoi? La belle s'avança, intriguée et regarda le reflet du miroir sans se mettre devant. Je ne vois rien à part toi, dit-elle avant de se tourner vers le Bulgare.
«C'est bizare, je te vois, tu me souris. Après tu as pris ma main et tu m'as regardé..., sa voix s'éteignit peu à peu comme une allumette entièrement consummée et un silence s'installa entre eux.
Hermione en avait profité pour regarder plus attentivement le cadre de cette immense glace et lorsqu'elle se rendit compte qu'il s'agissait du miroir de Riséd, ses joues s'empourprèrent. Viktor, le remarqua et fronça les sourcils, ne comprenant pas vraiment cette réaction.
«Pourquoi tu es rouge comme ça?
«Il s'agit du miroir de Riséd. C'est un objet magique très puissant qui ne reflète que ce que l'on désire le plus au monde. Il était à Poudlard il y a six ans. Dumbledore l'avait utilisé pour cacher un autre objet tout aussi puissant. C'est Tu-sais-qui lui-même qui cherchait cet objet.
«J'ai entendu parlé de la Pierre Philosophale Hermione mais jamais du miroir, expliqua le grand brun, de plus en plus gêné.
La belle se plaça devant le miroir, poussée par la curiosité. Elle-même ne savait pas ce qu'elle pouvait désirer le plus dans ce monde bientôt en ruines. Elle espérait la paix mais le miroir ne lui montra aucune victoire contre le mage noir. Il se contenta de la refléter accompagné d'un homme sans visage l'elaçant tendrement. Frustrée de ne pas voir de qui il s'agissait et de ne pas comprendre, elle quitta la pièce. Viktor la rejoignit dans le couloir sombre, l'air embêté.
«Je suis désolé Hermione, je ne savais pas que... Je t'ai toujours apprécié et...
«C'est moi qui suis désolé je n'imaginais pas que tu aurais de tels sentiments pour moi. Désolé que tu n'es pas pu les exprimer toi-même. D'ailleurs je croyais que ce miroir avait été détruit, dit-elle comme pour se dérober. Il faut croire que Dumbledore avait énormément de secrets.
Kreattur, qui les avait entendu, bouscula la jeune femme en les rejoignant.
«Vous n'avez rien à faire là, Sang de bourbe et vous, étranger.
«Tu vas apprendre à parler mieux! Lança le jeune Krum en attrapant Kreattur par le col du chiffon qu'il portait.
«Non, laisse-le! Hermione se jeta entre eux et obligea Viktor à le lâcher.
Kreattur retomba lourdement sur le vieux plancher noir qui grinça sous le choc. Hermione se baissa sur lui pour examiner si tout allait bien mais l'elf s'était déjà reculé d'elle. Viktor, toujours énervé dévala l'escalier pour rejoindre les autres Aurores au rez-de-chaussée.
La brunette restée avec Kreattur n'attendit pas plus longtemps pour le questionner à propos du médaillon. Celui-ci se refusa de lui répondre mais la belle avait de bons arguments de persuasion. L'elf raconta alors qu'il aimait Regulus, que c'était un bon maître. Qu'il n'avait pas compris de quoi il s'agissait à part que c'était quelque chose de mauvais. Il expliqua très brièvement que son maître lui avait confié une mission: détruire le médaillon.
«Kreattur a tout essayé mais en vain. Alors Kreattur a osé demander de l'aide et cet imbécil d'elf l'a pris avec lui pour le cacher. Kreattur a échoué et le maître est mort pour rien.
«Vous avez fais ce que vous avez pu, dit Hermione, attristée par son récit. Il faut que je puisse retrouver cette chose pour la détruire et votre maître ne sera pas mort pour rien.
«Kreattur ne sais pas plus! C'est l'autre elf, serviteur de la famille Malefoy, qui sait. Il est venu et l'a caché loin d'ici.
«Le serviteur des..., Dobby? S'exclama Hermione, la voix beaucoup plus aigüe qu'à son habitude. Il sait où il est? Oh, merci Kreattur! Ajouta-t-elle. Vous...
«Kreattur n'a rien fait...Kreattur ne mérites pas de remerciements...
L'elf s'en alla en continuant de bredouiller, l'air sombre. Hermione se redressa vivement et dévala les marches pour rejoindre le deuxième étage auquel se trouvait la chambre dans laquelle elle avait dormis. Elle attrapa le portrait de Phineas Nigellus et le secoua fortement tout en l'appelant. Il devait y avoir plus d'animation de l'autre côté puisqu'il était quasiment toujours absent.
«S'il vous plait! Répondez!
«Hermione?
La belle sursauta en entendant la voix de Rémus derrière elle et lâcha presqu'en même temps le portrait toujours vide du pauvre Phineas. Elle se tourna vers l'aurore, l'air affolé.
«Ca va? Poursuivis l'homme, intrigué. Je t'ai entendu crier en montant... Je...
«C'est rien, coupa la jeune femme en se redressant. Je m'en vais ce soir, retrouver Harry et Ron. J'ai obtenu les informations dont j'avais besoin et...
«J'en suis heureux si cela peut aider mais saches que je n'aime pas vraiment ne pas être au courant de ce qui vous arrive à toi, Ron et Harryet je ne suis pas le seul. On se sent tous responsables de vous parce que vous êtes notre avenir. On ne peut pas simplement vous laisser accomplir votre mission et attendre que ça se passe. Nous avons vécu cette guerre avant vous et la vivons encore une fois aujourd'hui. Nous pouvons vous aider, vous accompagner. Ca ne devr ait pas être votre guerre.
«Mais ça l'est, reprit Hermione. C'est celle d'Harry bien qu'il ne l'ait pas choisi. Fais-nous confiance, tu sauras tout à temps. Faites tout ce que vous pouvez pour maintenir l'ordre et pour qu'on puisse accomplir notre mission secrète.
«Doit-elle rester secrète pour autant?
«Il le faut, c'est impératif! Trancha la née moldue.
«Vous êtes là, dit une voix féminine, arrivant à leur hauteur.
Tonks enlaça Rémus et posa son menton sur son épaule en souriant. Celui-ci posa alors une main sur sa joue et lui lança un regard las. Tous trois descendirent avec le reste du groupe et se mirent à table. Otto, au-delà de ses talents d'aurore expérimenté, était un très bon cuisinier. Tout le monde se régalait et chaque soir il y avait plus de membres qui venaient au Square Grimmaurd.
Le soir était rapidement tombait sur cette journée sombre pour Draco Malefoy. Il arriva rapidement dans ce qui semblait être un petit parc de quartier. La jeune Lovegood était encore blessée mais consciente. Elle n'était jamais venue ici mais connaissait l'endroit pour avoir fait partie de l'A.D en cinquième année. Draco l'attrapa pour la porter et s'avança lentement vers la rue d'en face. Il restait sur ses gardes de peur d'être vu. Il posa doucement la blondinette afin qu'elle se tienne sur ses pieds alors qu'ils se tenaient tous deux devant la grille. L'entrée se dévoila en quelques minutes et ils purent s'avancer jusqu'à la porte. Luna put très vite entrer alors que le jeune Malefoy restait sur le pas. Il échangea de breves paroles avec l'homme à l'intérieur puis rebroussa chemin.
Il s'appraîtait à transplanner quand une main vive lui attrapa le bras pour le tirer dans l'ombre d'un arbre.
«Qu'est-ce que tu fiches ici sale fouine?!
«Oh, tes mots d'amour m'ont manqué, répliqua-t-il avec un sourire en biais. Toujours aussi féroce la petite lionne.
«La ferme Malefoy! Tu vas atterir à Askaban tellement vite que tu n'auras même pas le temps d'appeler ta maman à l'aide!
«Et c'est sûrement toi qui va m'y escorter? Je t'en remercie d'avance! Renchérit-il.
«T'aimerais que je tiennes la main?
«Tu peux me tenir tout ce que tu veux, chérie, il lui fit un cli d'oeil séducteur ce qui révulsa la jeune femme au plus haut point.
«Va te faire...
«Oh oui, avec toi...
«Tu vas me faire vomir, ignoble insecte rampant...
«Je vais ramper sur toi...
«Tu oserais toucher une sang-de-bourbe? Demanda la belle, tentant de ne pas tenir compte de ses paroles.
«Les temps sont durs, je ne vais pas faire le difficil...
A peine le temps de finir sa réplique que la belle brune lui bondit dessus telle une pathère féroce. Le beau blond tomba à la renverse, Hermione en califourchon sur lui. Elle lui mit plusieurs claques avant qu'il n'attrape ses poignets. Le regard flambloyant et plein de malice, il la retourna sous lui plongeant ses yeux dans ceux, noisette, de la jeune femme. Elle se débattait avec vergogne mais s'était sans effet sur la force du jeune homme.
«On a les mots mais pas la force, souffla-t-il auprès de son oreille.
La belle ne répondit rien mais soutint férocement son regard. D'un coup, elle lui infligea un coup de genoux entre les jambes ce qui l'obligea à lâcher prise. Elle se releva, les cheveux ébouriffés et les vétements plein de boue. Le jeune homme reprit son souffle et se releva également, un peu désorienté.
«Je crois que tu peux oublier tes derniers mots, Monsieur le provocateur.
Le jeune homme s'épousta légèrement avant de reprendre son regard hautain contre la belle.
«C'est comme ça qu'on traîte l'homme qui a sauvé ta meilleur amie et la petite blonde? J'ai l'impression qu'au final on est pas si différents tous les deux.
«De quoi tu parles? demanda la brunette, énervée.
«Comment va la fille Weasley? Ah mais oui, je suis bête, j'ai empêché sa mort par la main de ma cinglée de tante et lui ai conseillé de faire la morte. Alors à moins qu'elle est pris son rôle trop à coeur, elle devrait s'en être sortie. Et la petite Lovegood enlevée par les Raffleurs? Oh mais oui! Elle vient d'être ammenée en sécurité au QG de l'ordre du Phoenix. Moi aussi, j'ai toujours jugé les gens sans les connaître, reprit-il plus sombrement, mais les temps ont changés, n'est-ce pas?
«Tu vas me faire croire que tu joues les doubles agents mais qu'en réalité tu es dans notre camp...
«Les Raffleurs ont retrouvés tes petits copains! Coupa-t-il en regardant son tatouage s'animer sous sa peau.
«De...Quoi?! S'écria la belle.
Elle sortit le déluminateur de Ron de sa poche et l'enclancha en fermant étroitement les yeux. Une lumière en jaillie et l'entoura. Elle attendit que cette lueur décline pour ensuite transplanner. Le jeune Malefoy l'observa avant de transplanner à sa suite.
Ron! Harry!
Malefoy!
...
* trad: Aussi bien qu'on le peut. (Otto)
