Encore trois mois de passés. Edward barra une ligne de traits verticaux avec une pierre. Neuf mois qu'il était sur l'île avec Riza. Ca faisait long. Le jeune regarda le mur où était représenté les mois en soupirant. Depuis la venue des pirates ils n'avaient pas vu un seul bateau. Il commençait à se dire que jamais il n'en passerait.
" Allons Ed, ne te décourage pas. Si toi et Riza êtes là, c'est bien qu'un bateau passe de temps à autre." se dit-il.
Le blond se leva et s'étira. Riza dormait encore. Le jeune décida d'aller chercher de quoi se nourrir. Il prit un harpon et s'avança vers la mer. En passant il harponna un crabe, qu'il camoufla sous un rocher. Ensuite il marcha jusqu'à un rocher non loin de la rive, sur lequel il monta. Quand Ed repéra un poisson, il lança son harpon avec précision. Puis il le ramena grâce à la liane accrochée au bout. En revenant il récupéra le crabe.
" Bonjour Ed." dit Riza en l'accueillant.
" Salut. Voilà le petit dèj." annonça l'ado en montrant ses prises.
Riza se mit aussitôt en devoir d'allumer un feu, pendant que son ami préparait les bêtes. Peu après, le tout cuisait au bout de branches. Après le repas, chacun décida de continuer à décorer la grotte avec des portraits. Cela faisait un moment qu'ils n'en avaient pas dessiné. Au départ, seul ceux des personnes leur étant très proches avaient été représentés. Il s'agissait principalement d'Alphonse et de Roy. Puis Edward avait rajouté celui de Winry, et la veille il avait mis mamie Pinako. Riza elle, avait dessiné Havoc et Fuery. Maintenant, elle attaquait celui de Breda.
" On a l'impression qu'ils sont avec nous, tu trouve pas ?" dit-elle à Edwrd.
" Si. Voyons ... qui vais-je mettre ? Oh je sais : je vais dessiner un chat à côté d'Alphonse."
" Moi je dois encore mettre Hayate ... je me demande qui s'en occupe." dit Riza.
Ils s'attelèrent à leur tâche en silence. Dieu que tous ces gens leur manquait ... Ed était sûr que son frère était en vie, mais Riza elle, ignorait totalement si son équipe avait survécu au naufrage. Et elle détestait cette incertitude. Plus tard, ils allèrent s'allonger sur le sable chaud. Puis en fin de matinée, ils partirent à la chasse. Après le déjeuner, Riza monta en haut de la falaise voir si un bateau ne passait pas.
" Oh de l'eau ! Si je m'y attendais ..." dit-elle en arrivant.
Néanmoins elle s'assit sur un tronc, et attendit. Elle scrutait attentivement l'horizon, guettant le moindre signe. Et alors qu'elle regardait sur sa droite, elle distingua des mouvements. La jeune femme descendit un peu, agile comme un chamois pour voir de quoi il retournait.
" Ce sont des pirogues ... sûrement les cannibales qui reviennent de pêche ou je ne sais quoi." pensa-t-elle.
Mais quand les frêles esquifs accostèrent, le lieutenant remarqua qu'il ne s'agissait pas des même indigènes que ceux rencontrés, et qu'ils fuyaient.
" Des étrangers ... mais d'où viennent-ils ?"
La blonde regarda les nouveaux venus marcher d'un bon pas vers la forêt. Elle décida d'aller avertir Edward. Elle bondit d'un rocher à un autre avant d'atterir sur le sable après un salto.
" Edo ! Viens vite !" appela-t-elle.
Son ami ne fut pas long à arriver. Riza lui relata sa découverte.
" Hm, mieux vaut ne pas nous en mêler." dit-il.
" Au contraire. Vu qu'ils sont sur notre île ça nous concerne peut-être. De plus j'ai cru voir qu'ils étaient armés. S'ils viennent pour une baston on risque d'être pris entre deux feux." objecta Riza.
" Vu sous cet angle ... allons-y."
Tous deux se rendirent vite dans la forêt, et retrouvèrent les traces des nouveaux arrivants. Naturellement, ils débouchèrent au village. Nos deux amis grimpèrent à un arbre proche. De là ils purent voir ce qui se passait. Et même entendre, car la discussion entre les indigènes semblait houleuse. A la fin, le chef des nouveaux cassa un bâton qu'il jeta aux pieds de l'autre. Puis ils s'en allèrent d'un pas rageur. Ed et Riza échangèrent un regard, avant de partir.
" Je n'aime pas ça du tout. Ca sent la guerre à plein nez." dit Riza.
" Tâchons de rester en dehors de tout ça. Même si je pense qu'on va être obligés de se battre à un moment ou à un autre." répondit Ed.
" Tu as raison. Quand une guerre éclate tout près de vous, on ne peut pas rester neutre bien longtemps."
Riza acquiesça. Elle attrapa ensuite des flèches qu'elle entreprit d'examiner. Ed passa en revue les haches et les harpons. Ils faisaient ça régulièrement, leur survie dépendant de leur outils.
Dans les jours qui suivirent, chacun monta à tour de rôle sur la falaise guetter à la fois les bateaux, et les pirogues étrangères. Il se passa bien une semaine avant que le FullMetal ne les voit arriver. Il mit deux doigts dans sa bouche et émit un sifflement. En bas, Riza sut aussitôt qu'il y avait des visiteurs. Elle quitta aussitôt la plage. Ed lui retrouva le sol. Cachés par des rochers, ils regardèrent passer une bonne trentaine d'hommes, armés d'arc, de flèches et de lances.
" T'avais raison : c'est bien une guerre." dit Ed à voix basse.
" Ah ces hommes ! Je vous jure !"
" Ehem."
" Quoi ?"
" Vas-y mollo sur la critique. T'as quand même un homme juste à côté." fit Ed les yeux en billes.
Riza sourit, amusée.
" Bah quoi ? C'est vrai."
" Mais oui, petit homme !" dit Riza en lui ébouriffant la tête.
" Chuis pas petit !"
" Si tu le dis."
" Tu va me payer ça." reprit Ed avec un air espiègle.
Riza pirouetta et ficha le camp, un petit homme à ses trousses. Il finit par l'attraper et la balancer à l'eau. Mais la blonde l'attrapa et le fit chuter à son tour. Ils jouèrent un moment, avant de regagner leur grotte pour grignoter quelques fruits et dormir un peu. Ed s'installa contre Riza, adossée à un mur. Au moment où le jeune commençait à sombrer dans le sommeil, ils entendirent des cris. Tous deux sortirent prudemmement la tête de la grotte pour voir ce qui se passait. Ils découvrirent alors une femme poursuivie par trois hommes. Elle tomba sur la plage, et ils se mirent à la frapper.
Le sang des naufragés fit trois tours dans le mauvais sens. En même temps ils saisirent un arc et des flèches, puis vinrent au secours de la malheureuse. Les flèches fusèrent, et atteignirent les trois cibles. Ed et Riza allèrent voir l'indigène. Mais cette dernière prit peur et se sauva.
" Hé non attends !" lança Ed.
" Mais où croit-elle aller ? Si les autres la trouve ils vont la massacrer." ajouta Riza.
" Ca doit saigner grave là-bas." fit Edward en rangeant son arc.
" Oui ... on défendra uniquement la plage. C'est notre territoire ça."
Ils avaient seulement blessés les trois guerriers, qui se relevaient. Ils entendirent ensuite des cris.
" Tu parie qu'on va pas pouvoir faire de sieste aujourd'hui ?" dit Ed en se relevant.
" Non. Ils viennent vers nous."
Ils virent en effet surgir plusieurs hommes, qui les regardèrent un instant, surpris de les trouver là. Puis ils les attaquèrent, pensant sans doute qu'ils appartenaient à la tribu locale. Ed et Riza se défendirent, esquivant souplement les coups. Ils ne voulaient pas les tuer, seulement les indigènes semblaient ne pas leur laisser le choix. Edward claqua des mains, et transmuta un mur entre lui, Riza et les indigènes. Etonnés par ce prodige ils marquèrent un temps d'arrêt. Puis du mur jaillit une tête monstrueuse, qui les terrifia. Les guerriers se sauvèrent en courant et en criant.
" Et voilà ! Suffit de leur flanquer les pétoches." déclara Ed satisfait.
Riza tourna la tête vers ceux qu'ils avaient blessés. L'un d'eux les visait de leur arc. Ou plutôt Edward.
" ATTENTION !" cria-t-elle en se jetant sur lui.
La flèche passa au-dessus d'eux. Ed roula, entraînant son amie avec lui pour éviter qu'une lance ne les transforme en brochette.
" Y sont pas pénibles ceux-là !" s'exclama l'alchimiste en se remettant sur pieds.
A nouveau il exécuta une transmutation de monstre. Leurs ennemis prirent la fuite.
" Quel bazar ! "commenta la blonde.
" Ouais. En tout cas merci, tu m'as sauvé la vie." dit-il.
" Toi aussi en m'évitant de finir épinglée." sourit Riza.
Ils décidèrent de retourner sur la plage. Soudain, ils virent un indigène foncer vers une pirogue et repartir en toute hâte. Nos héros s'entreregardèrent.
" Tu crois qu'il va chercher des renforts ?" demanda Ed.
" C'est bien possible. C'est pas vrai !" soupira Riza.
Lesdits renforts arrivèrent le lendemain. Une vingtaine de pirogues supplémentaires. Ed et Riza assistèrent au débarquement, la mine contrariée. Enfin, tant qu'ils ne se montraient pas, ils seraient relativement tranquilles.
Toutefois, il leur fallut bien aller dans les bois de temps à autre pour rapporter un peu de viande. Au cours d'une chasse, Riza tomba effectivement sur un petit groupe de guerriers. Ils la regardèrent un moment. La blonde recula doucement, guettant leur réaction. Ces derniers palabraient dans leur langue sans la quitter des yeux. Soudain, l'un d'eux brandit un arc. Riza exécuta un bond sur le côté pour éviter le projectile.
Les indigènes se levèrent et se ruèrent vers elle. Riza prit la fuite en jurant. Une lance lui entailla la jambe, mais elle ne s'arrêta pas. La militaire bondit vers un arbre. Balançant tour à tour les jambes puis les bras, elle y grimpa rapidement.
En bas, les indigènes la cherchèrent.
" Que n'ai-je un flingue sur moi ! Ils auraient déjà fichu le camp." pensa-t-elle.
Riza attendit que ses poursuivants s'en aillent. Par chance elle avait conservé la flèche avec un oiseau qu'elle avait chassé. Riza marcha sur une branche, attrapa une liane et s'en fut. En la voyant revenir, Ed fut soulagé.
" Je commençais à m'inquiéter. Tout s'est bien passé ?" demanda-t-il.
" Pas vraiment. Je suis tombée sur un groupe de gens pas très amicaux. Je l'ai échappée belle." répondit-elle.
Ed fit la moue, puis la raccompagna à leur abri. Riza pansa sa plaie pendant que l'oiseau cuisait.
" Tu sais je crois qu'on a pas vraiment le choix. On va devoir aider les cannibales à vaincre leur ennemi." dit Ed avant de mordre dans la viande.
" Che le crois auchi. Tant qu'ils cheront là, on ne chera pas tranquille, miom."
" Dans che cas, cronch, autant ch'y mettre tout de chuite." continua Ed.
" Ouich. Et puis j'ai une idée."
Ils terminèrent leur repas, puis attrapèrent de quoi se défendre, et se rendirent d'un bon pas vers la forêt. En marchant, Riza exposa son idée à Edward.
" Oui, ça peut marcher." dit-il.
" Après tout tu as bien fait fuir les précédents de cette manière." ajouta Riza.
" Ouais. Allez j'y vais. Ca prendra un peu de temps, mais notre tranquillité n'a pas de prix."
Tous deux commencèrent par entasser une grande quantité de bois à l'entrée de la forêt. Edward frappa dans ses mains, et les posa sur le tas. Des éclairs bleus jaillirent, et une masse commença à s'élever du sol. Riza le regarda faire, bras croisés avec un sourire aux lèvres. Ed peaufina son oeuvre pendant un bon moment, pendant que Riza apportait des peaux prélevées sur les animaux chassés. Elle recouvrit la forme créée par Edward. Quatre jours plus tard, ce fut terminé.
" Voilà ! Notre félin monstrueux est terminé. On va pouvoir y aller." déclara Edward.
" Il est plutôt réussi." dit Riza.
" Oui. Allez, allons dedans."
L'ado ouvrit une trappe dans laquelle ils se glissèrent. Puis à l'aide d'un système de lianes, ils actionnèrent le monstre, qui marchait debout. Ils le dirigèrent vers le village où les indigènes s'égorgeaient gentiment.
" Allez Ed, pousse-nous un bon rugissement !" dis Riza qui actionnait les pattes avant.
" Qu'est-ce qui te fait croire que je rugis mieux que toi ?" interrogea le blondinus.
" L'expérience. Dis-toi que ces types te traitent de p-e-t-i-t."
Ed considéra la suggestion, un oeil fermé. Puis :
" GRAAAAOOOOORAAAAARRRR !"
Tout le monde se figea, pour découvrir un énorme félin arriver. Riza balança les pattes à droite et à gauche, balayant ceux qui se trouvaient sur sa route. Notamment les étrangers.
" REEEAAAR ! ROOOOOR ! FSSSHHHHHHT !"
Ce fut la panique la plus complète. A tel point que personne n'osa risposter. La machine chassa les étrangers, les repoussant vers la plage. Tous les étrangers foncèrent dans leur pirogues, et repartirent à fonds les rames. Le félin rugit une dernière fois. Puis Riza éclata de rire, vite rejointe par Edward.
" Tu fais un félin du tonnerre, Ed." dit-elle.
" Merci. On devrait être peinards maintenant. En plus, y'a moins de cannibales."
" Oui. Allez, on garde ce machin au cas où."
Ils se dirigèrent vers la grotte, rangèrent leur machine et sortirent. Ils allaient enfin pouvoir dormir un peu.
