Coucou mes loupiots ! Comment ça va cette semaine ? Racontez tout à tata Crasy ! Petit message pour remercier, comme toujours, ma Dream Team (Eh ouais, Orangette, la dream team, tu peux rire, ça change rien), j'ai nommé Orange Sanguine et Bruniblondi.

Je voudrais aussi remercier Drayy et Alice pour leur review en anonyme !

Rien de plus à dire aujourd'hui, je vous retrouve en bas pour la date du prochain chapitre !

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Après réflexion, Stiles décide qu'il ne veut pas obliger Derek à regarder quelque chose d'horrible. C'est pas pour lui, c'est juste que ce serait une soirée gâchée. À la place, il décide de soumettre Derek à l'un de ses films préférés. Brazil. Il espère que le film va faire exploser la tête de Derek.

Il suppose que ça le classe ennuyeux que le second rendez-vous soit exactement pareil que le premier, mais peu importe, il n'y connaît rien de toute manière en matière de rendez-vous. Au moins, ils avaient bien aimé la première fois. Il n'y a aucune raison que la seconde fois se passe mal. Il envoie un message à Derek pour lui dire que c'est aussi son tour pour la nourriture, puis il commande des pizzas parce que son père n'est pas là et ne pourra donc pas en manger.

Il est presque six heures, et lui et Scott sont toujours en train de travailler sur leur rapport d'expérience pour leur cours de chimie de lundi, mais Stiles s'en fiche. Si Derek n'aime pas le fait que son ami soit là, il peut aller se faire cuire un œuf. Ils auraient pu finir samedi, mais ils en sont presque à la fin et ils veulent le terminer. Il suspecte Scott de faire traîner les choses pour pouvoir rencontrer Derek, ce qui ennuie un peu Stiles. Mais il ne peut pas blâmer Scott. Derek a pratiquement ruiné la vie de Stiles, qu'il le reconnaisse ou non.

Alors quand la sonnette retentit à six heures cinq, Stiles se lève pour aller ouvrir. Derek est là, toujours aussi beau. Stiles pense qu'il pourrait écrire des sonnets sur la barbe de ce type. Et il se déteste pour apprécier Derek, même un tout petit peu. Mais il ne peut pas blâmer le loup-garou pour la réaction des gamins de son école. Même si Derek avait réalisé les conséquences de sa petite plaisanterie, il n'avait aucun moyen de savoir que Stiles était déjà la cible de tous les petits tyrans à quatre-vingt kilomètres à la ronde. Et il apprécie Derek. Il est intelligent, et étonnamment intéressant et complexe, et relativement drôle sans le vouloir. Et puis il est, bien sûr, trop attirant pour que ce soit légal. Stiles essaie de ne pas trop le reluquer. « Hey. » Dit-il. « Je finis juste quelques devoirs, entre donc. »

« Merci. » Dit Derek en haussant les épaules pour faire comprendre que les devoirs ne sont pas un problème. Il transporte un sac réutilisable avec lui, bien qu'il essaie de faire en sorte que ce ne soit pas trop voyant. « Je peux juste attendre dans un coin. » Il renifle rapidement, essayant de capter des odeurs, et il capte l'odeur de quelqu'un. Elle est vaguement familière, mais il n'arrive pas à la replacer. Il n'y prête pas attention. Stiles connaît du monde, c'est évident. Peut-être qu'il reconnaît juste l'odeur de la dernière fois qu'il était là.

« Tu veux un soda, ou quelque chose ? » Demande Stiles en continuant vers la cuisine, où Scott est en train de rédiger leur conclusion. « La pizza devrait arriver dans vingt minutes. »

« Qu'est-ce que tu as ? » S'enquiert Derek en le suivant.

« Pepsi, Mountain Drew, quelque chose à l'orange... C'est Scott. Mon meilleur ami. Scott, voici Derek. »

« Va pour l'orange. » Il se retourne pour regarder Meilleur-Ami 'un peu neuneu' Scott, qui doit être la personne dont il a capté l'odeur. Surpris, il laisse échapper : « T'es l'assistant du Docteur Deaton ! »

Scott cligne des yeux, tout aussi surpris, et dit : « Oh mon dieu ! Le mec aux écureuils ! »

« Quoi... ? » Demande Stiles, les sourcils froncés sous la confusion.

« Oh seigneur ! » Répond Derek en cherchant la sortie la plus proche. Il pourrait peut-être sortir par la fenêtre s'il se transforme. « Je, heu, je dois y aller. »

La main de Stiles jaillit et saisit Derek par le poignet. C'est la première fois qu'il le touche volontairement. « Oh non ! Tu ne vas nulle part tant que je sais pas pourquoi il t'appelle le mec aux écureuils ! »

Derek fait la moue. Il n'y a pas d'autres mots. Il pourrait même être en train de bouder. Il veut profiter du contact avec Stiles à son maximum, mais pas pendant qu'ils parlent de ça. « C'était pas toujours des écureuils. Ça a été des oiseaux. Et au moins un opossum. »

Scott a un sourire aux lèvres maintenant, un grand sourire content. « Il nous apporte des animaux à la clinique. Qui ont été renversés par une voiture, ou blessés par une chouette, ce genre de choses. Il entre juste avec son visage tout grincheux et il fixe Deaton jusqu'à ce que Deaton les soigne. La première fois c'était un écureuil, alors depuis je l'appelle comme ça, parce que Deaton nous a jamais présentés. »

Stiles lance un long regard indéchiffrable à Derek. « Tu. Apportes des rongeurs blessés. À la clinique. »

« Où devrais-je les amener d'autre ? » Demande Derek.

L'expression de Stiles ne change pas. « Tu. Apportes des rongeurs blessés. Pour qu'ils aient des soins médicaux. Toi. Derek Hale. Champion de l'oiseau à l'aile cassée. »

« Quoi ? » Répond Derek, souhaitant que Stiles lâche son poignet pour qu'il puisse croiser les bras sur la poitrine.

Comme s'il avait lu dans ses pensées, Stiles le relâche. Il fixe Derek pendant encore un long instant avant de dire : « Je, heu, je peux pas, ça... Je dois y aller. » Il s'en va et prend les escaliers sans un mot.

Derek lance un regard accusateur à Scott. À sa surprise, les épaules de l'adolescent tressaillent sous un rire à peine réprimé. Derek continue à le fixer. « Moins de rires, plus de réparation. » Dit-il en pointant la direction qu'a prise Stiles.

Scott lève les mains en signe de reddition. « Ooooh non, je ne vais pas aller là-bas maintenant, et toi non plus. Fais-moi confiance, je le connais depuis dix ans. Laisse-lui juste quelques minutes pour procéder à tout ça. »

« Il est parti. »

« Il va revenir. » Dit Scott, sûr de lui. « Il a juste besoin d'une minute pour gérer la plus bizarre des érections maintenant. »

« … Quoi ? » Derek s'assoit brusquement. « Enfin, je ne veux pas dire 'Qu'est-ce que ça signifie', mais comment est-on passé des écureuils aux érections ? »

Scott cache son sourire d'une main avant de se calmer. « Il va me botter le cul pour te dire quoi que ce soit, mais... Tu as un peu l'apparence d'un enfoiré grincheux et hargneux, parfois. Pas le genre de personne qu'on verrait sauver des écureuils. Et maintenant, il sait que tu as un cœur en or sous cette apparence... Extrêmement attirante, et je te dis ça en tant que mec hétéro. »

La moue de Derek s'accentue. « Je ne suis simplement pas bavard. Et je ne peux pas les laisser faire tous ces petits bruits. Enfin, je pourrais, et ils finiraient par se faire manger mais c'est juste... cruel. De les laisser là. À attendre. » Il croise ses bras d'un air maussade.

« Hum. » Dit Scott en mâchouillant le bout de son stylo. « Je viens juste de réaliser quelque chose d'important. »

Un sourcil se lève.

« Tu es un idiot. » L'informe joyeusement l'adolescent.

« Je te déteste. » Marmonne Derek.

« Sérieusement, tu restes assis là à rater complètement le point important dans ce que j'essaie de te dire. Tu pourrais gagner un oscar tellement tu passes à côté. »

« Alors dis-moi. » Il est peut-être grincheux. Mais il a l'impression qu'on se moque de lui pour quelque chose qu'il a fait adolescent. Bon, d'accord, qu'il fait toujours. Les animaux dans la forêt étaient sa seule vraie compagnie après le feu. Ils n'en avaient rien à faire qu'il soit en vrac.

Scott pousse un gros soupir. « Le genre de mec assez gentil pour sauver des petits animaux ne va pas aller se servir d'un adolescent en le proclamant son compagnon même s'il ne le veut pas. » Il fait une pause. « Tu vois ce que je veux dire ? »

« Oh. » Il comprend maintenant, mais il pense qu'il peut être pardonné de ne pas avoir fait la connexion, puisqu'il n'a jamais joué ce tour, ni exploité l'hypothèse de l'avoir fait.

« Je vais être honnête, mon pote. La possibilité que tu l'ais choisi pour de vrai lui fout les miquettes. Il s'est auto-convaincu que c'était une blague comme mécanisme de défense bizarre. » Scott hausse les épaules. « Alors... Ne dis rien. Sois cool. Il va s'y faire si tu lui donnes le temps. » Il se mâchouille la lèvre inférieure. « Tu le pensais vraiment, hein ? »

« Bien évidemment ! » Répond Derek, un peu plus sèchement qu'il l'aurait voulu. « Pourquoi est-ce que ce ne serait pas réel ? La différence d'âge est un peu grande, mais ce n'est pas la première fois que ça arrive. »

Scott hausse les épaules à nouveau. « Je protège juste mon frère. » Dit-il, et il lève le regard en entendant des bruits de pas dans l'escalier. Stiles revient vers eux, la mine aussi composée que jamais. « Hey, je dois y aller. Je dois passer prendre Allison pour la fête à sept heures et demie. On se voit plus tard ? »

« Ouais. » Dit Stiles. « Je finirai les données pour le tableau dimanche. Pas que ça ait de l'importance. » Ajoute-t-il d'un air morose en pensant à la réaction habituelle de Harris face à son travail, ces derniers temps.

« À plus tard ! » Répond Scott en faisant un signe de main quand il quitte la maison.

Derek scrute Stiles du regard, essayant de déterminer s'ils ont fini de parler des écureuils. Puis, il réalise ce que Stiles a dit, et il décide de changer lui-même de sujet. « Tu veux dire quoi par 'ça n'a pas d'importance' ? »

« Comment ? » Demande Stiles en clignant des yeux. « Ah, le projet de chimie. » Son cœur bat rapidement. « On a pas trouvé les bonnes données, alors on sait qu'on va avoir une mauvaise note, peu importe comment on se débrouille avec le rapport d'expérience, c'est tout. »

« Vous devez faire chaque partie à la perfection pour avoir une note correcte ? » Questionne Derek. Il ne se souvient pas de tous les détails de ses années lycée, pour être honnête, il ne se souvient pas de tout après le feu. Mais il n'a jamais entendu Cora se plaindre de ce genre de choses. En un sens, Cora va à l'école du surnaturel, comme lui avant elle. Des professeurs différents, des horaires différentes. Il suppose que leur système de notation peut être différent également.

« Harris est très strict. Enfin, tu l'as rencontré, c'était le coordinateur à – enfin, il va nous sous-noter, donc peu importe. Je m'en fiche un peu de ma note de chimie. Bon sang, je pourrais même laisser tomber complètement l'école, non, maintenant que j'ai un loup-garou ? » Son ton est léger, blagueur, mais cache de l'amertume.

« Oui, je l'ai rencontré. » C'est plutôt évident vu son ton qu'il n'apprécie pas beaucoup l'homme. « Et... Je suppose que tu pourrais laisser tomber. Mais ça n'a pas l'air d'être ton genre et ce n'est pas, heu, encouragé. À moins que tu n'aies des enfants ou que tu sois vraiment content de t'occuper de la meute en continu. Mais il n'y a pas beaucoup de personnes comme ça. L'une des raisons pour lesquelles les meutes sont riches, c'est que tout le monde contribue. »

Stiles le regarde pendant de longues minutes, prenant en considération ce qu'il dit et à quel point cela ne correspond pas avec ce que les gens pensent que faire partie d'une meute signifie. Mais il ne dit rien de ça. À la place, il déclare : « Allez viens, on va mettre le film. »

Derek acquiesce, puis marque une pause. « Va-t-on avoir du pop-corn ? »

« Eh bien, la pizza sera là dans quelques minutes. Je pourrais manger les deux en même temps, je sais pas ce que tu en penses ? »

Derek hausse les épaules. « Les deux options me vont. » Il commence à paraître un peu embarrassé, le regard partant sur le côté. C'est la maison d'un autre, la tanière d'un autre et c'est étrange, presque grossier, de demander au propriétaire de changer les choses alors qu'ils ne font pas partie de la même meute. Surtout si on considère qu'il est dans la société humaine actuellement, et que donc, c'est lui l'étranger. « Mais, heu, peut-on ne pas manger celui qui se fait au micro-ondes ? Il n'a pas bon goût. »

Stiles cille. « Tu... Veux les faire toi-même ? C'est ça qu'il y a dans le sac que tu essaie de faire en sorte que je ne voie pas ? »

« Oui ? » Après une seconde, il acquiesce fermement. « Oui. »

Stiles s'éclaircit la gorge. « Je... ma maman faisait ça tout le temps. Elle non plus n'aimait pas les pop-corn industriels. » Seigneur, pourquoi a-t-il dit ça ? Ça ne regarde pas Derek. « On peut faire ça si tu veux. »

« Merci. » Dit Derek, à la fois pour le pop-corn et pour l'info personnelle que Stiles lui a donnée. Il se penche et ramasse le sac, et le pose sur le comptoir pour en sortir le sachet de maïs, une vieille machine à pop-corn et un Tupperware avec un peu de beurre dedans. « C'est pour ça que les meutes de loups-garous doivent avoir beaucoup d'argent. Du beurre fait avec des fèves de soja et des produits chimiques a le goût de fèves de soja et de produits chimiques. La viande avec des conservateurs dedans n'est pas bonne. Vivre sans ce genre de choses revient cher. »

« Mais tu manges des pizzas et du chinois ? » Demande Stiles, sceptique.

« Certaines choses sont censées avoir un goût chimique. C'est une partie du plaisir. Est-ce que tu ouvres vraiment un soda à l'orange en t'attendant à ce qu'il ait vraiment le goût d'orange ? » Il installe la machine et cherche une prise, mais il ne veut pas utiliser la cuisine comme ça. Maintenant qu'il est plus proche du comptoir et n'a pas les odeurs de nourriture sous le nez, la pièce porte l'odeur de Stiles. La cuisine est son domaine. Derek peut sentir le shérif ici, aussi, mais l'odeur de Stiles s'attarde et s'imprègne, s'accroche aux meubles et se mélange aux odeurs de nourriture et de produits ménagers. De la même manière que la cuisine de l'ancienne maison des Hale sentait comme Olivia, après que Peter l'ait rencontrée et qu'elle ait été acceptée dans la meute.

« Ici. » Indique Stiles en pointant une multiprise, et manquant complètement la raison de l'hésitation de Derek. « Débranche celle du haut. C'est le mixeur, et je l'utilise pratiquement jamais. Et je suppose que tu marques un point. C'est juste un truc auquel nous, simples humains, ne pensons jamais. Je parie que t'es un dégustateur. T'aimes le Kiwano ? »

Derek suit les instructions de Stiles en fronçant les sourcils. « Ça ressemble à une tribu indigène du Moyen-Orient, alors je ne sais pas. »

« Bon sang, ils vous apprennent quoi à l'école des loups-garous ? »

« À peu près la même chose qu'à l'école des humains. » Derek met un peu de pop-corn dans la machine et le surveille, légèrement distrait. « Pour la plupart. Tu as appris des trucs sur le Kiwano à l'école des humains ? » Demande-t-il, moqueur, mais d'une manière amicale.

« Hum, non. Bien joué. » La sonnette retentit. « Ah, la pizza est là ! Je reviens. » Dit-il en allant ouvrir.

Quand il revient, les grains de maïs sont encore en train de tourbillonner. « Okay, alors... C'est quoi, le Kiwano ? »

« C'est un fruit qui contient plein de vitamines. » Répond Stiles et, la bouche pleine, commence à expliquer ce qu'est un dégustateur et dévie sur une longue dissertation sur l'origine des fruits.

À un moment au cours de ce monologue, un petit sourire apparaît sur la bouche de Derek parce que, quelque part, Stiles est dans son élément. Son odeur change légèrement une fois qu'il est bien parti, et se stabilise sur une note de satisfaction plus important que d'habitude. Ce n'est pas que Stiles lui-même s'est calmé, parce que ce n'est pas vrai. Il fait des gestes avec les deux mains, et parfois avec la pizza. Il bouge avec tout son corps. « Je suis sûr maintenant que j'en sais plus sur les fruits que tous les autres membres de ma famille. »

Stiles s'arrête brusquement. « Désolé. Je m'emporte un peu parfois. »

Derek secoue la tête. « C'est bien. En savoir plus que mon oncle Peter sur n'importe quel sujet est un vrai défi. » Puis il devient plus sérieux, mais il ne regarde pas Stiles car il ne veut pas que celui-ci se sente contraint. Il retourne s'occuper du pop-corn et met le beurre à fondre au micro-ondes. « S'il te plaît, n'arrête pas d'être toi-même. »

Stiles émet un bruit de frustration dans le fond de sa gorge. « Je comprends pas. » se plaint-il. « Arrête d'être aussi, aussi gentil avec moi, s'il te plaît. »

« Pourquoi ? » Demande Derek, lui aussi frustré, et confus.

« Parce que tout ça c'est pas pour de vrai, et je suis d'accord que tu m'utilises tant que tu te rappelles de ça. » Claque Stiles, rencontrant son regard d'un air ouvertement défiant.

Derek lui fait face. « Eh bien tu ne devrais pas être d'accord avec ça. » Tranche-t-il. « Parce que tu vaux mieux que ça, bordel. Et je ne suis pas assez mesquin ou cruel pour faire ça à quelqu'un. Même si ma mère a pété les plombs et temporairement oublié qui je suis, je suis capable de partir de ces foutues cérémonies tout seul, parce que c'est ce que j'ai fait pendant des années. Et j'allais le refaire quand je t'ai vu. J'ai mal géré ça, et j'en suis navré, mais ça n'en fait pas un mensonge. » Il prend une profonde inspiration comme s'il allait continuer, mais il se tait.

Stiles se recule comme si Derek l'avait frappé. « Tu as choisi exactement le contraire de ce qu'un loup-garou voudrait pour compagnon, tu m'y as obligé en me demandant devant tout le monde, et tu espères que je vais te croire ? »

Quand Stiles se recule, Derek fait aussi un pas en arrière pour mettre un peu plus de distance entre eux. « Je ne savais pas que tu n'étais pas sur la liste jusqu'à... Jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Tu étais la bonne personne, et je sais que ce n'est pas ce que tu veux entendre. Mais c'est la vérité. Je sais que j'ai mal géré la situation. J'aurais dû te prendre à part et te demander ton numéro de téléphone, j'aurais dû te contacter plus tard, ou faire un million d'autres choses. Mais j'avais un mal de crâne abominable et je ne pensais pas et je sais que ça rend pas la situation meilleure pour toi, mais c'est ce qu'il s'est passé. » Il fronce les sourcils. « Comment ça, le contraire de ce qu'un loup-garou voudrait pour compagnon ? »

« Heu, t'étais où quand ta mère m'a qualifié de candidat totalement non-viable ? » Demande Stiles. « Ou quand ton père a dit que tu avais visiblement ramené quelqu'un avec qui tu n'aurais certainement pas signé le contrat ? » Il est furieux, mais essaie de se calmer un peu. « Je pense que ça rend mon point de vue plutôt clair. Tout ce qu'ils ont eu à faire, c'est me regarder pour voir que je n'étais pas bien pour la meute, que je n'étais pas assez bon. Alors ton 'tu vaux mieux que ça', tu peux te le carrer où le soleil ne brille jamais, parce que t'es bien le seul à le penser. »

« Oui. Parce que c'est évident avec ton odeur et ton apparence que tu es un garçon et que tu es trop jeune pour avoir des enfants. » Il se passe les deux mains sur le visage. « Maman veut reconstruire la meute. Mais que j'ai des enfants ne remplacera pas mes frères, ou Tante Olivia et le bébé, ou n'importe qui d'autre. » Il se laisse tomber contre le plan de travail, le visage sombre. « Je n'ai pas pu les sauver, et je ne peux pas les remplacer maintenant. Je veux pas d'une fille comme maman l'espérait. Je te veux, toi. »

Maintenant, Stiles a l'air immensément mal à l'aise pour plein de raisons. « Whoa, heu... Stoppe le rouleau compresseur, mec. Je peux pas... » Il secoue la tête et détourne le regard. « Laisse-moi penser... Continuons à prétendre que c'est pas réel, d'accord ? Parce que sinon, je... Je vais devoir refuser. Parce que je ne suis pas le bon, je ne suis pas... Je ne suis pas quelqu'un dont une meute a envie. Et je ne sais pas pourquoi tu penses le contraire. Si c'est juste une façade, là... Là je peux gérer. »

Derek peut sentir le besoin désespéré de Stiles qu'il accepte. C'est presque trop sucré, et il n'aime pas ça. L'odeur a aussi une connotation de détermination si particulière à Stiles. Derek sait qu'il mettra sa menace à exécution s'il le doit. « Si j'accepte de prétendre que ce n'est pas réel, je peux te demander pourquoi tu ne penses pas être assez bien en premier ? »

« Non. » Dit Stiles franchement, sans compromis.

Derek retient un grognement. S'il connaît le problème, il peut essayer de le résoudre mais apparemment il va devoir travailler à l'aveugle. « D'accord. J'accepte quand même. »

« Bon, alors. » Stiles se détourne de lui, luttant pour retrouver son sang-froid. « Les pop-corn sont prêts. » Dit-il en destinant ses mots à la fenêtre au-dessus de l'évier.

« Vrai. » répond Derek, et s'occupe les mains avec le beurre et le sel. Quand il a terminé, Stiles s'est calmé et met le film en route. Ils le regardent principalement en silence. Stiles ne peut pas retenir une remarque ici ou là, mais il n'interagit pas énormément avec un film avec lequel il est si familier. La séparation est gênante. Stiles ne croise pas son regard, mais quand Derek lui dit « Je t'appelle plus tard ? » Stiles acquiesce et dit d'accord.

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Quand Derek arrive chez lui, il a eu le temps de se calmer, mais il espère ne pas croiser l'un de ses parents. Il ne peut pas être certain qu'il n'essaiera pas de leur arracher la tête. C'est à Cora qu'il veut parler. Une fois rentré, il pend ses clés sur le crochet et enlève sa veste, puis flaire sa piste, se servant de son nez pour la trouver.

Malheureusement pour lui, Cora est dans le salon pour regarder la télévision. Ses deux parents sont dans la pièce. Aaron regarde la télé avec Cora, et Talia est un peu à l'écart, occupée avec des papiers. Cora lève le regard quand Derek entre et dit « Hey ! Tu rentres tôt ! »

« Oui. » Son ton est plat. Il regarde ses parents, les yeux plissés. Il essaie de ne rien dire et parvient à arracher son regard d'eux pour regarder Cora. « Est-ce que je peux te parler ? Ailleurs ? »

Cora ouvre la bouche pour demander si ça peut attendre la fin de son émission, mais elle intercepte le regard que Derek lance à Talia et renonce. Aaron s'éclaircit la gorge pour demander s'il y a quoi que ce soit qu'il puisse faire, mais renonce également. Talia continue à étudier ses papiers en silence pendant que Cora donne la télécommande à leur père et suit Derek en dehors de la pièce.

Derek grogne sur son père. Ça lui échappe quand l'homme fait du bruit, parce que tout ce que lui a dit Stiles a tourné encore et encore dans sa tête toute la soirée. Il a réussi à se distraire un moment, mais pas bien longtemps. Mais il s'éloigne de son père pour ne pas recommencer et se dirige vers les escaliers. Cora le suit jusque dans sa chambre, et il ferme la porte. Les chambres sont assez insonorisées pour que rien ne soit entendu de l'extérieur s'ils ne parlent pas trop fort. « Qu'est-ce qu'il se passe ? » Demande Cora.

« Ça veut dire quoi, stoppe le rouleau compresseur ? » Demande-t-il en se laissant tomber sur son lit.

Cora cille. « Heu, contexte ? Je veux dire, je suppose que c'est Stiles qui te l'a dit, mais c'était en réponse à quoi ? »

« On s'est disputés. Je lui ai dit que je ne voulais personne d'autre. Tu as besoin de plus de détails ? »

Cora secoue la tête et repousse une mèche de cheveux derrière son oreille. « Ça veut dire que tu y es allé trop fort et que ça le fait flipper. »

« Seigneur ! Eh bien ça ne va pas être un trop gros problème. Il s'est énervé contre moi pour... Pour avoir été trop gentil avec lui, ou quelque chose comme ça. Je ne sais même pas. »

« Commence par le commencement ? » Demande Cora, dubitative, comme si elle préférerait être sur un autre continent que son frère hargneux.

Derek acquiesce et prend quelques profondes inspirations. Il commence au début, avec 'le mec aux écureuils', les conclusions de Scott sur son caractère, puis la discussion sur le pop-corn et les produits chimiques et ce qui en a découlé. Cora remue un peu quand il en arrive au manque flagrant de confiance en lui de Stiles, comme si ça la dérange alors qu'elle ne l'a même pas encore rencontré. Elle hoche un peu la tête quand il en arrive à 'stoppe le rouleau compresseur' comme si elle comprend mieux maintenant, et fronce les sourcils à leur accord.

« Je ne comprends pas pourquoi il est aussi convaincu qu'il n'est pas bien pour toi. » Dit-elle. « D'accord, maman a été une sal... heu, salement désagréable avec lui, mais on aurait pu penser qu'il te croirait plus qu'il ne la croit, elle. »

Derek remarque la façon dont Cora n'arrive pas à insulter leur mère, la manière dont les mots restent coincés dans sa gorge. C'est bien. Elle est toujours leur alpha, et même s'il est furieux contre elle, il ne veut pas que leur meute ou leur famille s'effondre. « Je ne sais pas non plus. » Dit-il. « Il m'a fait promettre de 'prétendre' que c'était réel la première fois que je lui ai parlé après le désastre, et j'ai accepté. Mais peut-être que je n'aurais pas dû. Peut-être que j'ai merdé la dernière fois quand il pensait qu'on allait sortir et que je lui ai dit non, parce que je voulais juste passer du temps avec lui. Tu m'imagine en train d'essayer de sortir quelqu'un ? Je sais pas comment faire. Et aujourd'hui, il s'est mis en colère parce que je lui ai dit d'être lui-même, et il a fait ce commentaire sur comment il est utilisé, et j'ai juste... J'ai craqué. C'est quoi son problème ? »

« On dirait qu'il a la confiance en lui d'une limace des mers morte. » Dit Cora avec franchise. « Mais je peux comprendre pourquoi il est un peu dérangé par toute l'affaire. Je veux dire, comprend bien, Der, il te connaît pas. Tu as passé un total de, quoi, cinq heures avec lui jusqu'à maintenant ? Je peux comprendre que ce soit bizarre pour un humain que tu dises 'Je ne voudrai que toi à jamais'. Je veux dire, stoppe le rouleau compresseur ! » Dit-elle en riant un peu.

« Mais c'est même pas pour ça qu'il était énervé ! Il m'a dit d'arrêter d'être gentil avec lui. Comme si tout ça n'était qu'un mensonge. Et d'accord, je sais que je suis un peu bourru avec les gens et que je suis pas si bavard, mais, allez, je suis gentil. »

« Oui. » Dit Cora d'un ton pensif. « Il doit essayer vraiment fort de ne pas tomber amoureux de toi. »

« Quoi ? » Derek se recule sur le lit si fort qu'il rebondit un peu.

« Essaie de te mettre à sa place, d'accord ? » Explique Cora. « Réfléchissons avec l'hypothèse qu'il ressent le lien de couple, au moins un petit peu. Peter dit qu'il peut, et Peter est plus intelligent que nous tous, et il a courtisé une humaine, ce qu'aucun de nous n'a fait. Alors le voilà, adolescent normal, et il est choisi par ce loup-garou magnifiquement beau – tais-toi, tu es magnifiquement beau, ne me contredis pas – et il a vingt superbes minutes de 'Ouah, quelque chose de magique et d'incroyable vient de m'arriver !' et il est finalement aimé d'une manière que les humains ne peuvent pas envisager. Juste avant d'entendre que tout ça n'est qu'une farce et que personne ne pourrait vouloir de lui. Tu serais pressé de retomber là-dedans tout de suite, toi ? »

« Non. C'est pour ça que j'ai dit d'accord pour son... Son je ne sais pas. Et je m'y suis tenu. Mais après il a commencé à dire toutes ces choses affreuses sur lui-même ce soir. » Dit-il en faisant un geste de la main pour appuyer son propos.

Cora se passe une main dans les cheveux. « Bah alors j'en sais rien. Je ne suis pas thérapeute. J'ai que seize ans. Tu devrais pas demander à quelqu'un qui sait de quoi il parle ? »

« Non, tu n'es pas thérapeute. En général, je peux cogner mon thérapeute. » Derek tend un bras, l'invitant visiblement à un câlin. « Mais je vais arrêter de te demander de m'aider pour ça. »

« C'est pas que je veux pas. » Dit-elle en s'appuyant sur lui. « Je pense juste qu'il doit y avoir quelqu'un de plus qualifié que moi. Je veux dire, j'ai pas vraiment d'expérience sur le sujet, et j'ai même pas encore rencontré Stiles ! »

Derek enroule un bras autour de ses épaules. « Jusqu'à maintenant, tu m'as bien plus aidé que n'importe qui d'autre. Mis à part son père. C'est la seule personne qui m'a aidé, en fait. » Il est silencieux un moment. « Et il a évidemment déjà rencontré Stiles. Peut-être qu'il voudra bien m'aider encore. »

« On dirait que Scott t'a aidé, aussi. Ou en tout cas, il a essayé. Mais, oui, son père. Tu devrais lui parler. Je pense qu'au moins, il doit savoir ce qu'il se passe avec son fils. »

« C'est vrai, Scott a aidé, je pense. Je veux dire, le mec aux écureuils ? Vraiment ? » Il soupire et fixe Cora, qui rigole. « Je verrai si je trouve un moyen d'aller parler au shérif demain. »

« Bien. » Dit-elle en lui donnant une tape affectueuse sur le torse. « Maintenant, viens regarder Cauchemar en cuisine avec moi. Tu as besoin de te détendre. »

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Rendez-vous le 20 janvier pour la suite !