Bonjour !

Je suis terriblement désolée pour mon retard monstrueux alors que le précédent chapitre vous avez bien plu... Pour ceux qui seraient tombés sur mon OS "Le Masque" vous savez la raison ; pour les autres sachez que j'ai perdu ce chapitre et que j'ai du le réécrire entièrement. Le prochain chapitre ne mettra pas autant de temps à arriver, je vous le promets.

D'ailleurs je suis ravie de vous annoncer que Westyversionfrench devient ma beta-lectrice, vous en avez de la chance. :D

Bonne lecture !


5eme Année

1er septembre

"Excusez-moi… Vous allez à l'école ?"

Ron et Theodore interrompirent leur discussion alors qu'ils allaient quitter le quai moldu pour passer sur le quai 9 ¾. Ils virent une petite blonde perdue, un billet à la main et une malle qu'elle traînait derrière elle.

"Une école privée ? Le garçon là, a une chouette…

- T'inquiètes, nous sommes sorciers. Pour accéder au quai il faut foncer dans le mur."

L'enfant fut déconcertée, jetant un regard sceptique au mur sous les yeux amusés des deux adolescents. Ron fit un geste vague de la main pour montrer Fred et George heurter successivement le mur puis disparaître.

"Je vois…

- Tu es née-moldue ?" Intervint la voix enjouée de Granger, "Tu vas voir, tu vas adorer Poudlard !"

Comme à son habitude, la Gryffondor débuta une tirade enthousiaste, vantant les nombreux mérites du monde sorcier et tout ce que cela allait lui apporter.

"C'est fou que les nés-moldus soient seuls le jour de la rentrée." Constata Theodore qui observait la jeune fille qui était clairement angoissée.

"Ils devraient les encadrer. Au moins qu'un sorcier les accompagne." Continua Ronald.

Ils ne tardèrent pas à tous accéder au quai déjà grouillant d'élèves. Les Serpentard en profitèrent pour se vêtir de leur robe. Ronald serrait compulsivement son emblème de préfet, le poing enfoui dans sa poche. Il jeta un regard discret à sa mère qui recoiffait Ginny malgré ses protestations de cette dernière, tandis que les jumeaux semblaient préparer un mauvais coup pour fêter leur dernière année. Enfin, sa mère vint vers lui et réajusta sa robe dans un geste nerveux.

"Révise bien pour les BUSES." Emit-elle sans même le regarder dans les yeux.

"Bien sûr…"

L'adolescent allait se détourner au moment où on l'étreignit chaleureusement. Il se crispa par réflexe avant de découvrirla personne accompagnée de son fils.

"Ronald chéri ! Comme je suis contente pour toi. Blaise m'a aussitôt informée, évidemment, quelle expérience…" Déclara chaleureusement Mrs Zabini sous le regard interloqué de Molly qui voyait cette inconnue enlacer son fils, "Mrs Weasley, votre fils sera absolument fa-bu-leux." Reprit-elle en marquant ses mots de petits mouvements saccadés de la main.

"Merci beaucoup Mrs… Mamé." Répondit le préfet mal à l'aise.

"Tu te doutes bien que je n'allais pas laisser passer ça." La femme entreprit de fouiller dans son sac de luxe pour y extirper un plumier en bois ancien et finement taillé, "Félicitations !

- Je… Il ne fallait pas ! Merci.

- Tututu, je ne veux rien savoir. D'ailleurs, Theodore mon chou, c'est bientôt ton anniversaire. J'espère que tu aimeras ce livre…

- Excusez-moi de vous interrompre." Se fit entendre finalement la voix légèrement cassante de Molly. "Je n'apprécie pas votre familiarité. De quel droit vous permettez-vous de venir ici vous accaparer de mon fils en cherchant à l'acheter ou je ne sais quoi."

Theodore ravala aussitôt ses remerciements, gardant le livre de métamorphose entre les mains. Les trois Serpentard, mais aussi le reste de la fratrie Weasley, assistèrent à l'échange entre les deux sorcières. Ron, manqua de tanguer sur ses pieds afin de chasser son stress ; il observa sa mère visiblement contrariée. À cette vision, il ne savait pas s'il devait être satisfait de la brusque jalousie de la matriarche ou en être agacé. Etait-ce seulement maintenant que Molly réalisait qu'il était bien son fils ? L'adolescent se le demandait réellement, trouvant le comportement de sa mère quelque peu immature si elle ne réagissait uniquement lorsqu'elle sentait son rôle menacé.

"Voyons, qu'allez-vous chercher ? Nos fils sont amis, c'est normal que je m'intéresse aux fréquentations de Blaise. Je peux bien le féliciter comme il se doit pour sa nomination.

- Pardon ?

- Tout le monde pensait que cela allait être le jeune Malfoy. Mais si vous voulez mon avis, Ronald est bien plus qualifié pour être préfet." Expliqua Mamé sur le ton de la confidence.

À cet instant précis, Ronald aurait adoré se cacher et fuir le regard interrogateur de sa mère dont le visage était figé dans une incompréhension totale. Il haussa négligemment les épaules comme pour signifier son désintérêt. Finalement, il tira son insigne de sa poche et le montra à la vue de tous. L'adolescent vit seulement l'ahurissement de sa mère, ne prêtant pas attention aux Gryffondor.

"Mais… Voyons Ron, on n'a pas idée de cacher ça ! Pourquoi tu n'as rien dit ?

- C'était si important ?

- Bien sûr !" Répondit Molly abasourdie.

"Vraiment ? Peut-être que tu as raison, être préfet, c'est une histoire de Weasley après tout." Répondit mesquinement l'adolescent qui se rappelait parfaitement de sa joie lorsqu'elle avait découvert la nomination de Percy.

Il alla embrasser sa mère puis se détourna pour monter dans le train avec un sentiment de nausée qui le tiraillait. C'était sans compter l'intervention de ses frères qui manquèrent de le plaquertout en hurlant.

"Notre Ronny-chou préfet, cette blague !

- Notre cher directeur aurait-il perdu la tête ?

- Notre charmant petit-frère aura-t-il les épaules assez solides ?

- Percy va être vert !

- Un comble Forge !

- Z'êtes lourds…" Soupira Ron qui masquait malgré tout un sourire.

Les jumeaux titillèrent jusqu'au wagon leur petit frère, lui promettant de fêter ça dignement avant de retrouver leurs camarades de maison. Accompagné de Theodore et de Blaise, Ron passa la majorité du trajet à discuter des orientations. La cinquième année marquée l'arrivée des BUSES mais aussi celles des orientations professionnelles qui se révélaient être la pire prise de tête. Si Blaise penchait pour des études de médecine et Theodore pour le milieu des finances ; Ronald n'avait encore aucune piste. Son père était bien venu lui faire la promotion du ministère mais le garçon préférait fuir la paperasse et connaître quelque chose de plus dynamique. Il s'était bien retenu de dire qu'il ne voulait pas travailler dans le même secteur que Percy. Il aspirait à un métier plus reconnaissant. Il songea un instant à suivre Blaise en médecine, ou en psychiatrie mais le nombre d'années d'étude le dissuadait quelque peu.

"Tiens donc, Weasel, préfet." Se fit entendre Malfoy, peu avant l'arrivée du train à destination.

"Tiens donc, Malfoy entouré de sa cour." Répondit d'emblée le roux en fixant l'héritier, "Ton père n'a pas réussi à t'acheter le poste cette fois ?

- Hilarant. Ne t'imagine pas qu'un incapable comme toi puisse être préfet. La direction se rendra assez vite compte de son erreur.

- C'est vrai qu'un égocentrique comme toi sait comment s'occuper d'autrui. Vraiment, on se demande comment c'est possible que tu ne sois pas préfet.

- Dis celui qui est détesté par sa propre mère. Les relations avec autrui, ça te va bien."

L'adolescent tiqua mais ne répondit rien, préférant couper court à l'échange en allant récupérer sa malle.

"Vas-y, fuis Weasel. Essaie toujours de te pavaner, tu garderas les pieds dans la bouse de dragon."

X

Comme à chaque fois qu'il était stressé, Ron adopta un teint légèrement verdâtre pour les circonstances. Déjà profondément énervé par l'apparition de Malfoy dans le train, il devait gérer en plus l'angoisse de ses premières responsabilités de préfet aux côtés de Pansy. Cette dernière lui faisait parfaitement sentir qu'elle préféreraitavoir son tendre Malfoy à ses côtés et non lui. La collaboration allait s'avérer difficile. Ses amis, en traîtres, s'étaient allègrement moqués de lui. De plus, depuis qu'il avait accroché son insigne, il avait l'impression d'être au centre des attentions. Les élèves de sa promotion ricanaient de lui, les plus âges le titillaient tandis que les plus jeunes le regardaient avec une once de respect. Serpentard ou non, les jeunes étaient intimidés face à l'autorité.

"Amanda White" appela le professeur McGonagall à la fin de la répartition.

Ronald reconnut la jeune née-moldue du quai. Elle était la dernière des élèves à passer, tête baissée et tremblante, elle semblait sur le point de vomir. La petite blonde lança un regard suppliant à l'enseignante avant de manquer de trébucher contre le tabouret.

"Elle me rappelle quelqu'un." Ricana Theodore.

"Certainement pas." Nia Ron.

"Mon œil, je suis sûr que tu as vomi ton dîner après la répartition.

- Seulement pleuré, nuance." Grommela-t-il avec aigreur.

"SERPENTARD."

Les élèves qui se moquaient de la jeune fille se turent à l'annonce. Les plus mesquins avaient parié sur Poufsouffle. Tous se demandaient à présent comment cette élève pouvait être chez les serpents. Miss White s'avança sans enthousiasme vers la table hostile. Mal à l'aise, Ron se dandina sur le banc, regardant autour de lui les regards railleurs de ses camarades de maison.

"Pauvre gamine." Pensa-t-il.

Prenant son courage à deux mains, il applaudit la nouvelle venue afin de dissiper son malaise. Le roux entendit un "fayot" lancé par Malfoy mais l'ignora parfaitement. Ses applaudissements furent finalement suivis par ses deux amis et quelques discrets nés-moldus et sangs mêlés qui restèrent modérés. L'accueil resta donc froid mais pas totalement glacial. Ron ne pouvait pas faire de miracle, cependant il espérait que la jeune fille réussirait à s'intégrer.

17 octobre

L'adolescent bailla à s'en décrocher la mâchoire, s'attirant le regard dégoûté de Pansy qui grogna des jurons comme à son habitude. L'adolescente lui faisait payer sa nomination et l'absence de Malfoy avec des remarques bien senties, si bien que le roux terminait ses rondes épuisé et migraineux. Si le Weasley avait pris l'habitude au bout de seulement quelques jours, il trouvait que la Serpentard battait tous ses records de pénibilité : insultes, humiliations, parfois même des sortilèges que Ron évitait de justesse. Pansy était devenue absolument tyrannique depuis le début du mois d'octobre.

"Arrête d'agir comme un porc sans éducation Wealsey. Tu es répugnant.

- Tu veux qu'on parle de ton éducation ? Tu jures comme un charretier. Elle est belle l'éducation !

- Et toi tu te fais passer pour quelqu'un que tu n'es pas. C'est tout bonnement ridicule venant d'un traître à son sang.

- C'est fou comme j'ai l'impression que tu te répètes, de vrais perroquets toi et Malfoy. Vous faites la paire. Déjà prête à endosser le rôle de future Mrs Malfoy.

- Ferme là le gueux."

Le roux leva les yeux au ciel et Pansy resta étrangement silencieuse le reste de la soirée à son plus grand soulagement.

24 décembre

La mélancolie des jours de fêtes revint comme chaque année saisir Ron. Il ressentait cruellement le décalage entre lui et sa famille. Perdu, il écoutait Bill et Percy narrer leur quotidien passionnant, seul Charlie manquait à l'appel. "Comme d'habitude.", avait pensé amèrement le Serpentard avant de se reprendre, il savait que son travail de dragonnier était épuisant et prenant. Cependant, le fait de voir ses deux autres frères lui parler comme s'il était un inconnu lui faisait davantage regretter l'absence de Charlie.

"Hé fiston…" Appela doucement le patriarche alors que son fils regardait avec intérêt le fond de son verre.

Celui-ci releva les yeux et sourit légèrement face à l'effort de son père.

"Nous n'avons pas eu le temps de te féliciter pour ta nomination à la rentrée… C'est vraiment génial mon grand, ce sera une expérience très enrichissante. Nous sommes fiers de toi.

- Même maman ?

- Bien sûr, n'en doute pas."

Mais le stress se faisait entendre dans la voix qui voulait se montrer rassurante.

"Nous voulions t'offrir un cadeau de Noël un peu particulier." Reprit-il gêné.

Arthur Weasley se retourna pour poser une cage devant son fils qui fronça les sourcils face à la découverte.

"Vous l'avez drogué, ou ?...

- Il est un peu excité, je te l'accorde…"

Le Serpentard suivait le parcours chaotique du minuscule hibou dans sa cage qui manquait à tout instant de se fracasser le crâne contre les barreaux. Il resta quelques instants interdit face à l'animal, partagé entre la satisfaction et l'étrange impression que sa mère avait voulu le féliciter comme elle l'avait fait pour Percy afin de se déculpabiliser.

"Au moins il sait voler…" Murmura-t-il pour lui-même avant de remercier plus chaleureusement son père.

"Ha ! T'as vu Coquecigrue ? C'est moi qui l'ai choisi !" se fit entendre la voix de sa sœur à l'autre bout du salon.

Ron reporta son attention sur le volatile, puis à nouveau sur sa sœur.

"Tu l'as appelé comment ?!" s'insurgea-t-il alors que le hibou, trop fatigué, arrêta enfin son cirque.

14 février

S'il y avait bien une chose que n'appréciait pas Ron parmi toutes les fantaisies du directeur, c'était bien la Saint-Valentin. L'ambiance guimauve horrifiait Ron avec tous ces ricanements, ces rougissements et ces chocolats. Blaise avait d'ailleurs pris l'habitude au fil des années de le narguer avec ses cartes à l'eau de rose tandis que lui recevait des farces ou des cartes absurdes d'élèves de onze ans. Le Serpentard prenait alors son mal en patience et attendait la fin de la journée. C'était sans compter l'humeur exécrable de Parkinson qu'il retrouva à la sortie de la volière avant le début de leur ronde. Ron était à peu près certain de surprendre des couples fautifs cette nuit-là.

Cela ne manqua pas, seulement un quart d'heure après le début de la ronde, ils renvoyèrent un couple de Serdaigle.

"D'accord, la Saint Valentin est la journée la plus pourrie de l'année, mais tu y es allée un peu fort Parkinson…

- Je ne t'ai rien demandé." Répondit sèchement la jeune fille en reprenant sa respiration après la longue tirade humiliante qu'elle venait de déclarer.

"Quoi ? Malfoy aurait-il oublié de t'envoyer des fleurs ?

- Je t'interdis de parler de lui Weasel.

- Si tu commences toi aussi avec ce surnom…" Abdiqua-t-il.

Ils marchèrent en silence dans les couloirs, rêvant tous deux de s'enrouler dans leur couette. Seuls des reniflements répétés accompagnèrent le bruit de leur pas, si bien que Ronald finit par sortir un mouchoir qu'il tendit de mauvaise grâce à sa coéquipière.

"Pitié mouche-toi et prends une potion anti-rhume. C'est toi la gueuse maintenant."

Le mouchoir lui fut arraché des mains avec seulement un bruit de nez en guise de remerciement. Voyant le corps de Parkinson légèrement tremblant, Ron fut subitement pris d'un doute.

"Attends… T'es en train de pleurer là ?

- Ta gueule.

- T'es fatigante… Sérieusement, tu vas continuer ta ronde dans cet état ? Tu t'es vue ?

- Ho ça te va bien de dire ça avec tes cheveux immondes, tu te prends pour qui pour me rappeler que je suis moche ?

- Pardon ?"

Le préfet s'arrêta brusquement, perdu par le comportement de sa camarade et surtout ne comprenant pas le rapport entre le fait de pleurer et ses cheveux roux. Il attrapa l'adolescente par l'épaule pour la forcer à s'arrêter et il manqua de rire en voyant Parkinson parvenir à lui envoyer un regard assassin tout en ayant le nez bouffi et rougi.

"Alors premièrement sache que je t'emmerde avec mes cheveux, mes tâches ou je ne sais quoi. Puis deuxièmement, je n'ai jamais dit que tu étais moche, tu sais très bien que c'est le contraire alors arrête ton char, soit, tu te reprends, soit, tu me dis ce qu'il se passe.

- Quoi ? Tu vas me dire que je suis mignonne peut-être ?"

Ron crut rêver à la tournure de la discussion. Habitué à une ambiance très masculine au Terrier et n'étant pas proche de Ginny, le roux ne savait jamais très bien comment se comporter avec la gent féminine.

"Ecoute Parkinson, tu es super bien foutue et tu sais très bien que tu es belle. Tu es juste la fille la plus casse-burnes que je connaisse.

- Tu racontes n'importe quoi, tu es gay." Releva-t-elle suspicieusement.

"Merlin, cette discussion n'a aucun sens !" S'emporta Ron à l'allusion de sa sexualité avant de reprendre son chemin d'un pas rageux.

"Si je suis bien foutue pourquoi Draco me laisse pour cette salope de Greengrass ?!"

Pansy força le pas pour rattraper Ron qui marmonnait dans sa barbe jusqu'à qu'il comprenne ce qu'il venait d'entendre.

"Greengrass ? Mais c'est ta meilleure amie.

- L'autre ! La petite sœur en troisième année, Astoria.

- Ha… et quel est le rapport ?" Demanda l'adolescent tout de même curieux.

"Draco m'avait promis qu'on se fiancerait. Maintenant je reçois une putain de lettre de mon père qui m'annonce qu'il va être fiancé à Greengrass. Il m'avait promis !

- Laisse-moi en dehors de vos traditions.

- Tu ne comprends pas.

- Effectivement."

Ron commençait réellement à s'agaçer du comportement de sa camarade. Il n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait se mettre dans un tel état pour un mariage arrangé. Certes, il trouvait le principe abject mais qu'importe son effort, il ne parvenait pas à se mettre à la place de ces sangs-purs.

"Hé Weasley ! Tu n'es vraiment pas gay ?"

Il faillit envoyer chier la jeune femme mais le ton presque suppliant le stoppa.

"En quoi c'est important ?

- Réponds.

- Je suis bi, satisfaite ? Tu vas pouvoir cafter à Malfoy. Fais-toi plaisir et lâche-moi.

- Alors tu peux me comprendre. Maintenant je dois me marier à un inconnu qui me prendra pour son vide-couille attitré alors que ça me dégoûte. Draco m'avait promis de m'éviter ça !"

L'adolescent s'arrêta une nouvelle fois et observa sa camarade qui, malgré ses yeux brillants, lui lançait un regard de défi. Même en dehors de sa zone de confort, Parkinson gardait cet orgueil qui lui était propre, pourtant Ron eut l'impression de la rencontrer pour la première fois. Chaque année, il avait le sentiment de découvrir un peu plus Serpentard et ses secrets.

"Désolé." Dit-il sobrement sans savoir quoi dire à cette confession ; il fut finalement pris d'un rire nerveux.

"Alors là Weasley, je te promets de t'arracher les couilles.

- Désolé." Répéta-t-il, "Je viens de capter qu'on avait ironiquement une sacré diversité sexuelle à défaut du sang dans notre maison… Tu n'es donc pas folle amoureuse de Malfoy ?

- A ton avis ? Si je préfère les chattes ? C'est mon meilleur ami."

Le roux éclata franchement de rire.

"T'es vulgaire à un point… Bon, allons emmerder des couples maintenant."

21 mars

À la plus grande stupeur de Ginny, de ses amis et d'une bonne partie des Serpentard ; Ronald et Pansy devinrent presque amis. Les insultes avaient disparu, la relation était amicale à un point où Blaise se demandait si le roux avait perdu la tête. L'adolescent s'était surpris à apprécier la compagnie de la préfète qui était en réalité moins excessive qu'elle voulait le faire croire. Néanmoins, il soupçonnait la jeune fille de vouloir rendre jaloux son meilleur ami. Ron se retrouvait mal à l'aise en sentant les regards insistants de Malfoy.

20 juin

Ce vendredi soir marquait officiellement la fin des examens tandis que le dimanche marquerait la fin de l'année. Ron était le premier à s'affaler lamentablement sur les fauteuils de la salle commune pour respirer, heureux que cet enfer s'achève. Il allait à présent pouvoir angoisser pendant des semaines et trouver une excuse pour expliquer à sa mère sa future note catastrophique en divination. Il regrettait d'avoir pris cette option, cependant il fallait voir le bon côté des choses : Ron était certain de ne plus la pratiquer les deux prochaines années. Il était déjà préparé à recevoir un T.

Ronald n'était pas le seul à être soulagé, les tensions des derniers jours se dissipaient dans la salle commune et l'ambiance était nettement plus détendue, surtout grâce à la perspective des vacances.

"Hé, Ronald, viens par ici !" Interpella une septième année à l'autre bout de la salle.

"Quoi ?" Demanda-t-il en tournant péniblement la tête vers le groupe d'étudiants.

"On va s'amuser un peu, le préfet doit faire honneur de sa présence. C'est la moindre des choses.

- S'amuser hein… Je sens le coup foireux."

L'adolescent se leva néanmoins et alla rejoindre le groupe composé des septièmes années et des étudiants de sa promo.

"C'est de l'alcool, j'imagine ?" demanda le roux en pointant les bouteilles de jus de citrouille.

"C'est qu'il a l'œil le petit. Viens donc fêter la fin des examens." Commenta un élève qui fouillait dans sa poche pour y sortir un flacon, "Et ça, tu sais ce que c'est ?"

Ron devina aussitôt qu'il s'agissait d'une potion, le contenu était transparent mais légèrement trouble. Comme de l'eau où du sel aurait fondu.

"Ça ressemble à du veritaserum foiré. Montre le à Snape et il te le fout en pleine gueule. Et c'est interdit." Supposa platement le préfet.

"Effectivement, pas mal n'est-ce pas ? C'est une variante assez faible mais combinée à de l'alcool ça devrait suffire à délier les langues. Tu es de la partie ?

- Je suis préfet, non ? Bien sûr."

Ron alla s'installer de bonne grâce sur le canapé entre Pansy et un élève plus âgé, les deux promotions étaient au grand complet tandis que les années non concernées étaient congédiées. Ron, qui s'attendait à bien pire comme soirée, attrapa une bièraubeurre "renforcée". Au mélange s'ajoutait bien évidemment quelques gouttes de veritaserum.

"Chers Serpentard, nous allons tous participer à un charmant jeu sous l'œil bienveillant de nos préfets." L'élève s'interrompit au ricanement de Pansy avant de reprendre, "Il s'agit du jeu "Je n'ai jamais". La première personne annonce un fait qu'il n'a jamais réalisé dans sa vie, par contre si l'un d'entre vous l'a déjà réalisé, il doit boire. Le petit plus étant le veritaserum, plus vous boirez ; plus vous serez enclins à vous dévoiler. Compris ?"

L'assemblée acquiesça bien que certains regardaient suspicieusement le contenu de leur verre. Malfoy, qui était face aux deux préfets, affichait un air de profond ennui alors qu'il jouait compulsivement avec ses doigts.

"Si madame la préfète veut bien lancer les festivités…

- Je n'ai jamais eu d'heure de colle." Emit-elle non sans fierté à l'idée de montrer le bon exemple.

"Studieuse !" s'exclama quelqu'un.

La grande majorité des élèves burent une gorgée sans surprise ; les Serpentard s'attirant régulièrement les foudres des professeurs des autres maisons. HormisRon qui s'était fait incendier par Snape suite à son altercation avec Malfoy.

"Je ne suis jamais sorti avec un Gryfondor." Déclara un élève sous les jurons de trois autres camarades qui burent et qui furent insultés de traîtres.

"Je n'ai jamais eu O en Histoire de la magie."

Seul Theodore porta le verre à ses lèvres sous les rires.

"Il suffit de lire les manuels et non d'écouter le prof." Se justifia-t-il.

La soirée continua de bon train entre les exclamations et les jurons dans une ambiance détendue qui fit plaisir à Ron. Les plus éméchés commençaient à faire de charmantes déclarations à leurs amis, contrastant avec l'habituelle tenue des Serpentard. Ce fut sans surprise que le jeu devint plus osé.

"Je n'ai jamais découché." Déclara Crabbe en se dandinant sur son siège.

"Tu parles d'une révélation." Maugréa Draco, qui contre toutes attentes, ne toucha pas à son verre.

Un court silence suivit néanmoins, si une bonne partie des septièmes années prirent une gorgée sans être gênés ; seuls Blaise, Goyle et Ron parmi les cinquièmes années en firent de même. Les réactions ne se firent pas attendre.

"Vous êtes sérieux les gars !

- Comment t'as fait Weasley ?

- Je n'aurais pas cru ça possible."

Le préfet desserra sa cravate, les joues légèrement rougis, et grimaça. Avec un peu de chance il allait pouvoir se faire oublier même si pour l'instant tous le regardaient.

"Voyons, s'il faut être surpris, c'est bien pour Goyle ! Non ?

- Ouais, qui a bien pu coucher avec toi ?" Demanda Malfoy qui regardait avec dégoût son voisin alors qu'il était en réalité écœuré à l'idée que Goyle et Weasley puissent être plus expérimentés que lui.

"Ben… Elle n'est pas à l'école, c'était pendant les vacances. Mais personne ne demande pour Zabini.

- Car je suis irrésistible." Répliqua le concerné en adoptant une posture de grand seigneur sur son fauteuil, "Allez, à toi Theodore !" reprit-il rapidement pour que son ami ne soit pas questionné.

"Je n'ai jamais lancé de fausse rumeur."

À ses mots, il regarda Malfoy avec provocation qui lui offrit en réponse un sourire moqueur sans boire son verre.

"Quoi, Nott ? Tu pensais me piéger ? Tu fais peut-être référence à l'homosexualité de notre préfet ? C'est la vérité." lança fièrement l'héritier.

Ronald se retrouva à nouveau au centre des attentions.

"Je suis attiré par les femmes." Déclara-t-il sans détour en remerciant l'usage de veritaserum.

Cependant, au lieu de dissiper les doutes, cela plongea davantage les étudiants dans la confusion. Etait-il possible que l'un des deux mente malgré la potion ? Que fallait-il comprendre ?

"Alors réponds un peu à ça Weasley : As-tu embrassé Zabini au bal de Noël ?" s'exclama le blond en pointant Blaise du doigt.

Ronald se figea.

"Quoi ?

- Réponds imbécile !

- Et bien oui, qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Va te faire foutre Malfoy !"

Le roux avait fini par se lever de son siège malgré Parkinson qui l'avait saisi par le bras pour le maintenir. Le jeu maintenant oublié, les élèves assistaient médusés à l'échange. Ce n'était pas sans rappeler l'altercation de l'année passée et ils étaient cette fois prêts à intervenir en cas de dérapage.

"Et bien ça me fait chier Weasley, tu m'emmerdes, tu m'étends ? Toi qui ne fais jamais rien comme les autres ! Toi et ta petite famille aimante, toi à Serpentard et ton foutu badge ! Toi et Pansy ! Tu crois pouvoir empiéter dans ma vie et foutre ta merde ?

- J'hallucine ! Tu es toujours là à fouiner dans les affaires des autres alors que tu mènes la belle vie. Le grand Draco de l'honorable famille Malfoy, toujours irréprochable, toujours magnifique, toujours parfait !

- Si parfait que c'est ce sang-mêlé que tu préfères embrasser ! "

Le blond se tut instantanément, horrifié par ses propres paroles. Son visage s'était figé dans une expression épouvantée alors qu'il regardait les étudiants qui les entouraient. Ronald n'en menait pas plus large, il était absolument rouge de honte.

"Le jeu est fini, allez dans vos dortoirs. Immédiatement." Ordonna finalement Pansy.

Les Serpentard ne se firent pas prier et se dispersèrent sans plus attendre, laissant seuls les préfets et Malfoy dans la salle commune.

"Maintenant, vous arrêtez votre stupide combat de coqs, vous êtes à claquer." Continua l'adolescente avec conviction alors qu'elle ne comprenait absolument pas ce qu'il venait de se passer.

Pas plus que les concernés.

15 juillet

"Les enfants, au salon immédiatement !"

Ronald gémit dans son oreiller, trop épuisé pour quitter son lit malgré l'ordre de sa mère qui s'époumonait à travers la maison. Sa nuit avait été épouvantable, ponctuée par des rêves et une séance de masturbation en compagnie de Brown. Malgré son imagination débordante, l'image de la lionne avait tout juste réussi à effacer son rêve. Depuis le début des vacances, un rêve venait l'obséder, il se revoyait dans sa salle commune le soir de Noël non pas en compagnie de Blaise mais avec celle de Malfoy. Il se revoyait en train d'avoir son premier baiser avec la mauvaise personne. De rage, Ron avait maudit le blond d'avoir tenu des propos ambigus avant les vacances. Et têtu comme il l'était, il refusait de voir le vrai sens des paroles de Malfoy. Mais par-dessus tout, le Serpentard se demandait comment il pouvait rêver de lui alors qu'il n'était pas son style. Avec toute sa mauvaise foi, il refusait d'admettre que Malfoy était, sans conteste, beau. Il mettait un point d'honneur à ne jamais se masturber en pensant au blond.

"Ronald Weasley ! On attend plus que toi !" hurla sa mère.

L'adolescent s'extirpa difficilement de son lit mais resta assis encore quelques secondes pour émerger. Son regard embrumé tomba sur un exemplaire de Sorcière Hebdo qui traînait par terre et dont le titre était : "Les dix joueurs de Quidditch qui vont donneront chaud – découvrez le classement des lectrices (photos à l'appui)".

"Je vais avoir besoin de toi Krum…" Marmonna-t-il en se levant finalement pour rejoindre le salon.

Il déboucha sur le salon où sa mère l'attendait sévèrement, trois lettres à la main. Les jumeaux et Ginny l'attendaient tout autant.

"Quoi ?

- Les résultats sont arrivés."

L'annonce réveilla le Serpentard qui s'approcha de sa mère pour saisir la lettre mais Molly frappa sa main et désigna le canapé. Résigné, l'adolescent s'installa entre Fred et George, patientant comme il le pouvait que leur mère daigne à leur remettre les résultats.

"J'espère que vous avez bien travaillé.

- Bien évidemment petite maman !

- Comment peux-tu en douter ?"

La matriarche leva les yeux au ciel et remit le courrier aux jumeaux.

"Idem pour toi."

Ron hocha simplement la tête et ouvrit sans attendre l'enveloppe, bloquant sa respiration sans s'en rendre compte. À côté, Fred et George hurlèrent de joie et bondirent du canapé.

Matières obligatoires

Métamorphose - E

Sortilèges - E

Potions- O

Histoire de la magie - P

Défense contre les forces du Mal - E

Astronomie - E

Botanique - O

Options

Soins aux créatures magiques - E

Divination - D

Étude des Runes - O

L'adolescent soupira longuement en repliant sa lettre. Il avait réussi en ayant des Optimal par-dessus le marché. Sa mère lui lança un regard interrogateur, il lui tendit simplement son bulletin sans un mot. La matriarche lut avec attention, les sourcils légèrement froncés.

"Comment tu as fait pour avoir Désolant en divination ?

- Pardon ?" demanda son fils qui crut un instant avoir mal entendu, "C'est tout ce que tu as à dire ?"

"Non ! Bien sûr que non, félicitations Ron. Je suis ravie de voir de si bons résultats et je suis agréablement surprise de voir autant de O." Se rattrapa la mère consciente de son erreur alors que l'orgueil de son cadet était déjà piqué.

"Ta première remarque est sur la divination, sérieusement ? Cette matière de merde ?

- Ron !

- J'hallucine. Merde ! Dire que j'ai supporté cette connerie pour te faire plaisir et tu me traites d'idiot en plus !" S'emporta-t-il en quittant tout bonnement la maison pour s'aérer.

Le soir même, il n'avait pas décoléré si bien que l'image de Malfoy par-dessus celle de Krum lui parût être le dernier de ses problèmes.


Au prochain chapitre on va pousser la chansonnette mais aussi découvrir: l'orientation professionnelle de notre cher Ron et une grande décision qui choquera la famille Weasley.

A bientôt !