Bonjour !

Voilà donc la suite de 'Mourir un 9 Janvier'. Le prochain chapitre arrivera samedi normalement et je reprendrais mon rythme de publication habituel.

Rating M

Disclaimer : Je me dois de souligner que malheureusement, les personnages appartiennent toujours à Mrs Rowling :)

Note : Merci à tous pour vos reviews et pour me suivre régulièrement !

Jenna Potter : Merci ! Et oui une mini dispute est prévue pour ce chapitre ;)

Je vous aime !


Je me figeai en entendant cette voix. Ne pas montrer mon trouble. Ne pas montrer ma surprise.

« Mr Potter ?

- Oui. »

Que faisait-il ici ? Severus Prince avait-il dit. Eh merde…

« Entrez. »

J'ouvris la porte en grand et le laissai pénétrer dans ma chambre. Je sentis sa fragrance si particulière en refermant la porte.

Je me dirigeai vers les fauteuils près de la cheminée, tandis que Sam reniflais l'homme qui venait de rentrer dans la pièce. Je désignai le fauteuil en face du mien.

« Asseyez-vous. Du thé ?

- Oui s'il vous plaît.

- Tosty. »

Un craquement sonore annonça la présence de l'elfe de maison dans la chambre.

« Oui Monsieur ?

- Pourriez-vous nous apporter du thé s'il vous plaît ?

- Bien sur Monsieur. Tosty revient tout de suite. »

Elle disparue dans un autre craquement et revint quelques secondes plus tard.

« Voilà Monsieur. Tosty s'est permise de rajouter des gâteaux. Monsieur Tom à dit à Tosty que Monsieur n'avait pas beaucoup mangé ce soir…

- C'est très bien. Merci Tosty, vous pouvez disposer. »

Je servis le thé assez rapidement et tendis une tasse à Harry. Il avait l'air de bouiller intérieurement. La tension qui régnait dans la pièce rendait l'air électrique. J'étais de toute évidence démasqué.

Deux voix s'entrechoquaient dans ma tête.

Celle qui me disait que j'étais dans la bouse de dragon jusqu'au cou et qu'il fallait que je préserve un maximum Helen et Harry. Que je me porte garant de leur bonheur en quelque sorte.

Celle qui était heureuse qu'Harry ai découvert qui j'étais réellement. Une petite voix agaçante qui espérait que peut-être, tout pourrait recommencer comme avant.

Je fis taire cette voix embarrassante pour écouter la première, celle de la raison. En cinq ans les gens changent. Je n'avais pas tellement changé à part mon infirmité. Tom disait que j'étais plus aimable qu'à mon arrivée, il y a un peu moins de deux ans. La présence de Sam devait jouer à son avis. Evidemment je ne parlerais à Harry que des changements négatifs qui s'étaient opérés en moi pendant ces années.

Je ne savais pas quels étaient ses sentiments pour moi. Je ne voulais pas le savoir. Comme un idiot qui vit dans le passé, je préfère maintenir mes souvenirs illusoires de l'époque où nous étions heureux ensemble. De l'époque où il m'aimait encore.

Evidemment, sa vie était désormais différente et je me doutais bien qu'il ne vivait pas qu'avec Helen. Il avait quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui l'aidait à s'occuper de notre fille. Je ne pouvais pas lui en vouloir, je ne lui en voulais pas. Je ne pouvais pas lui reprocher de m'avoir remplacé. J'étais mort après tout.

« Merci de vous être occupé d'Helen.

- De rien. C'est normal.

- Je venais de réaliser quelque chose de choquant et je suis content qu'elle n'ait pas été seule pendant ma…crise. »

J'attendais le moment où il exploserait. Il était beaucoup trop calme et cette chose choquante qu'il avait découverte ne pouvait être qu'en rapport avec moi. C'était d'ailleurs pour ça qu'il était dans ma chambre ce soir… Sa voix était soigneusement contrôlée mais au fond il n'en était rien. Quand il prenait cette voix là auparavant, cela précédait toujours une dispute dont nous seuls avions le secret. D'une voix sèche et cassante il reprit :

« Pardonnez moi de vous demandez ça mais… êtes vous aveugle de naissance ?

- Non.

- Oh.

- …

- Et depuis combien de temps avez-vous perdu la vue ? »

Il était plus que sceptique. Dans quelques instants il allait me sortir qu'il savait qui j'étais, je le sentais venir à plein nez. Malheureusement, la délicatesse n'était pas sa principale qualité…

« Depuis cinq ans n'est-ce pas ? »

Ça y était. Il avait compris. Je ne répondis pas. Pas la peine. Pour dire quoi ? Pour me justifier ? Ridicule. Sa respiration s'était accélérée devant moi et je le savais sous le choc.

« Depuis la bataille de Poudlard, durant laquelle vous avez combattu Voldemort aux côtés de l'Ordre du Phénix. Depuis que vous avez reçu à ma place le Sectumsempra de Bellatrix Lestrange.

- J'étais bel et bien présent lors de la bataille de Poudlard. J'ignore ce que Mark a bien pu vous raconter mais de toute évidence vous êtes arrivé à des conclusions pour le moins…

- Arrête ça tout de suite.

- Je vous demande par…

- Putain de merde Severus ! Tu espère vraiment que je vais croire encore longtemps à Mr Prince ? Après avoir entendu ta voix dans sa bouche ? Après avoir sentis ton odeur sur son mouchoir ? Après avoir appris qu'il était fou de Potions ? Après avoir appris qu'il était enseignant ? Tu ne trouve pas que ça fait beaucoup de coïncidences ? »

Il se leva et je l'entendis faire les cent pas devant la cheminée. Mon poing se referma sur l'accoudoir du fauteuil et j'essayai de calmer ma respiration. Les tremblements qu'avait suscitée l'annonce de ma paternité revinrent en force. Un peu moins nombreux heureusement.

« C'est toi n'est-ce pas ? Severus Snape, c'est bien toi ? »

Mon silence parla pour moi.

« Merlin… »

Ses pas se firent plus rapides devant la cheminée et sa respiration s'accéléra.

« Tu étais vivant. Pendant cinq ans je t'ais cru mort alors que tu vivais ta vie tranquillement !

- Oui. »

Si l'on peut qualifier de vie celle que je mène aujourd'hui, alors effectivement, il avait raison.

Il se rassit face à moi. Je l'imaginais tremblant de colère. Il devait m'en vouloir encore plus que lors de nos précédentes disputes car là je l'ignorais de la manière la plus royale possible.

Je ne le voyais pas. J'étais un putain d'infirme devant lui. Il pouvait me briser s'il le voulait. Sans la moindre difficulté. Comme un idiot j'avais laissé ma baguette sur ma table de chevet.

« Pourquoi tu ne m'a pas contacté après ton…accident ?

- Qui a dit que je voulais te revoir après ça ?

- Pas de ça avec moi Severus.

- Tu aurais pris en charge un infirme ?

- Je n'aurais pas pris en charge un infirme ! Je t'aurais pris toi !

- C'est pour ça que tu n'étais pas à l'hôpital quand je me suis réveillé?

- Je te croyais mort !

- C'est vrai. C'était plus facile de me croire mort que de te renseigner pour savoir si j'étais à Sainte Mangouste…

- Merde Severus ! J'ai cherché Severus Snape à Sainte Mangouste. Pas Severus Prince ! »

Toute ma rancœur ressortait. Toutes les questions que je me suis posées pendant ces années. Pourquoi n'était-il pas là ? Avait-il refait sa vie au bout de deux ans de coma, croyant que je ne me réveillerais pas ? M'avait-il oublié ? J'avais souffert de son absence.

Après je m'en suis voulu d'être si dépendant de lui, alors que je savais pertinemment qu'il pourrait m'abandonner pour repartir vivre sa vie de jeune homme ambitieux et frivole. Je me suis haï pour les espoirs que je continuais à entretenir. Alors j'ai essayé de l'oublier. J'ai essayé de recommencer à vivre. Sans mes yeux. Sans lui. Puis je me suis dit que c'était mieux comme ça. Que j'étais plus heureux sans ce Gryffondor orgueilleux et impossible. Qu'il était plus heureux sans le vieil infirme que j'étais devenu. Et ma vie est devenue tranquille. Jusqu'à aujourd'hui.

« Pourquoi Severus Prince ? Qui savait que tu étais en vie pour t'enregistrer sous ce nom ? Pourquoi lui avais-tu demandé de te nommer Severus Prince ? Suis-je bête… Pour que je ne te retrouve pas. C'est bien ça ? Je n'ai été qu'un jeu pour toi ? Te taper le Survivant c'était bien sympa pendant la guerre mais après… Après on recommence tout ! On repart de zéro ! »

Je levai les yeux au ciel, agacé. Comment son cerveau parvenait-il à des conclusions aussi bizarres ? Il hurlait comme un bébé Mandragore.

« C'était plus facile de fuir et de…

- Rien de cela Potter. Mark a trouvé sur moi ma gourmette. Dessus il est écrit Severus Prince. Il a donc supposé, et avec raison, que c'était mon nom. J'étais dans le coma quand…

- Oui je sais, le Dr Chayton me l'a dit.

- Bien. Alors pourquoi es-tu ici ?

- Tu te moques de moi ? Je viens de me rendre compte que mon amant, officiellement mort en 1998, est en vie et tu me demande pourquoi je suis dans sa chambre à lui poser les questions que je me pose depuis cinq ans ?

- Tu as encore beaucoup de questions ? J'aimerais bien dormir un peu cette nuit. »

Il ne répondit pas. Ma voix s'était faite moqueuse et détachée. Le reste de mon être ne l'était pas. Je devais faire qu'il me déteste. Encore plus que maintenant si possible. Je ne savais pas où il en était dans sa vie sentimentale mais je me doutais qu'il était rendu plus loin que moi…

« Où étais-tu pendant toutes ces années ?

- Je suis resté trois ans à Sainte Mangouste et depuis je vis au Chaudron Baveur.

- Je vois… »

Des coups timides retentirent contre ma porte. Je me levai pour l'ouvrir.

« Monsieur Severus… Je cherche mon papa. Je l'ai entendu crier par là donc je me demandais si…

- Helen chérie… Tu ne devrais pas dormir à cette heure ?

- Papa ! »

La petite couru vers son père et je refermai la porte. Je me rassis dans mon fauteuil et la tête de Sam reprit sa place sur mes genoux en sentant l'atmosphère se détendre avec la présence de l'enfant.

« Bah si mais je me suis réveillée et t'étais pas là, et j'ai eu peur, et je t'ai entendu crier sur Monsieur Severus et puis j'arrivais pas à me rendormir alors…

- Je comprends ma puce… Viens. »

Nous restâmes silencieux et je supposai que la petite se calait plus confortablement sur les genoux de son père. Le feu craquait dans la cheminée et la respiration d'Helen ralentit progressivement. Harry se leva et marcha doucement dans la chambre en berçant sa fille. Il murmura.

« Après avoir tué Voldemort, je t'ai cherché. Je t'ai cru mort. Trois mois plus tard, j'ai appris que j'attendais un enfant. De toi évidemment. Puis Helen est arrivée…

- …

- Je l'ai élevé seul. Enfin au début…

- Comment est-elle ?

- Elle te ressemble. Quelques fois j'ai l'impression de te voir quand elle boude ou lorsqu'elle me prend pour le plus grand abruti que cette Terre ai jamais porté. Physiquement elle a tes cheveux lisses et ta peau. Merlin merci elle a mon nez. Ses yeux sont un mélange de noir et de vert, ils sont magnifiques. Pour le reste tu as sans doute remarqué à quel point elle était joyeuse et dynamique. Et elle adore à peu près tout et tout le monde. »

Mon cœur se serra à ces paroles. Elle me ressemblait… Il ne l'élevait plus seul. J'étais content qu'il n'ait pas à se débrouiller seul avec l'enfant. Elle devait tenir de lui pour ce qui est d'être une tête de mule.

Sam poussa un léger grognement et Helen soupira dans son sommeil.

Nous restâmes un long moment l'un en face de l'autre, sans parler. Que dire de toute manière ? Harry brisa le silence d'un murmure.

« Comment tu vis depuis que tu as… »

Bien sur. Ce moment aussi devait arriver. Le moment où il me poserait des questions sur mes yeux. Questions auxquelles je ne pourrais pas forcément répondre.

« Je vis. Sam s'occupe de moi, Tom aussi. J'ai appris à me débrouiller avec…ça. Alors ça se passe plutôt bien. J'ai eu 3 ans pour m'habituer…

- Tu vois encore un peu ?

- Si tu te mettais devant un faisceau lumineux je verrais ta silhouette. De manière très irrégulière mais je l'apercevrais… »

Il ne répondit pas. Je ne sais pas depuis combien de temps nous étions face à face dans cette chambre. J'étais crispé sur mon fauteuil avec tout le stress qu'engendrait cette rencontre. Ces retrouvailles plutôt…

Il me parlait comme si nous ne nous étions jamais quittés. Comme s'il n'y avait pas eu cinq ans d'absence et de non-dits entre nous.

« Et maintenant ?

- Comment ça 'et maintenant ?' Que veux-tu faire Harry ?

- Je ne sais pas… Tu es son père tu sais…

- Oui mais je ne suis que ça. Tu n'a pas à te sacrifier pour quoi que ce soit Harry.

- … »

Parler du futur était une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Je n'avais rien à faire dans leur futur. Je ne voulais pas m'immiscer dans leur vie et devenir un poids.

« Tu pourrais apprendre à la connaître, faire partie de sa vie.

- Je… Ce n'est pas une bonne idée.

- Ecoute Severus. Que tu le veuille ou non elle est ta fille. C'est sans doute horrible pour toi de penser que tu as pu…

- Arrête. Tu sais parfaitement que c'est faux. Je trouve que ce n'est pas une bonne idée car il vaut mieux qu'elle vive avec toi et…

- Seamus.

- Seamus… Et qu'elle le considère comme son autre père plutôt que moi. Au début peut-être ça ira. En grandissant elle aura honte de moi et je ne lui en voudrais pas. Je ne veux pas que ça arrive. Je peux seulement t'aider financièrement à l'élever.

- Tu as peur. Encore. Tu as peur de souffrir et tu préfère fuir…

- Elle est ma seule famille. Je ne veux pas la décevoir Potter.

- Je comprends… Nous allons rester encore un peu au Chaudron Baveur. Je sais que tu ne souhaites pas te rapprocher d'elle mais juste… essayez de faire connaissance. Ce n'est pas elle qui te repoussera et…même si je t'en veux de t'être caché toutes ces années, je pense que c'est bien qu'elle connaisse son autre père.

- Je ne suis pas d'accord. Mieux vaut lui laisser ses illusions quant à l'identité de son vrai père…

- Putain… Les apparences toujours ? J'avais oublié ce côté de toi… Tu pense qu'elle n'est pas capable de voir au-delà des apparences ? Comme moi je l'ai fait il y a presque 6 ans ?

- Je n'ai pas dis ça Potter. Regarde-moi. Je ne suis plus rien. J'ai tout perdu. C'est le père que tu veux pour ta fille ?

- Tu es encore toi ! C'est toi que je voulais pour elle !

- Mais il y a le beau Seamus n'est-ce pas ?

- Ça n'a rien à voir…

- Si Potter. Crois moi il saura mieux s'occuper d'elle que moi.

- Mais c'est toi que je vois à chaque fois que je la regarde. Ce n'est pas lui. Elle n'a pas ses yeux, son visage, elle a les tiens.

- Je ne suis que son père biologique. Seamus t'a aidé à l'élever.

- Et il continuera. Le fait est que je veux simplement que tu puisses la connaître. Comme tu l'a dis, elle est ta seule famille. Nous restons encore cinq jours au Chaudron Baveur. Une sorte d'excursion entre père et fille comme dit Seamus. On en profite pour acheter ses fournitures scolaires. Tu pourrais apprendre à la connaître pendant ce temps. A la fin des cinq jours on pourrait faire le point pour savoir si oui ou non on lui dit qui tu es. »

C'était ridicule. La pire idée d'Harry depuis qu'il s'était mis en tête de caser mon filleul avec le jeune Weasley.

Comme si Helen pouvait avoir une quelconque affection pour moi. Comme si je pouvais prendre la place de Seamus dans son cœur.

Seamus Finnigan. Il lui tourne autour depuis leur quatrième année. Il a finalement réussi à mettre Harry dans sa poche. Mon Harry.

Arrête ça Severus. Il n'est pas plus mon Harry que je ne suis son Severus. Pas de quoi fouetter un chat en somme. J'avais envie de connaître ma fille bien sur mais à quel prix ? J'aurais un aperçu du bonheur sans jamais l'atteindre et quand ils partiront je serais encore plus seul qu'avant si c'est possible. Eh puis merde.

« D'accord. J'accepte à la condition que tu lui cache mon identité.

- Bien. Merci pour elle.

- Hum. Sonorus Tempus. »

Une petite voix, désormais familière, sortit de ma baguette et déclara :

« Nous sommes le lundi 12 mars 2003 et il est Minuit 18. A mon avis vous devriez allez vous coucher. Comme l'a dit le grand et sage Sramdos en l'an de grâce…

- Silencio. »

La voix cessa dans un bruit d'explosion étouffée.

« Potter je pense qu'elle a raison, vous devriez aller dormir.

- Oui. Je vais y aller. »

Je me levai pour aller lui ouvrir la porte. Il avait Helen dans les bras après tout.

« Bonne nuit Severus. »

La porte claqua doucement derrière lui.

« Bonne nuit Harry »


A suivre...