Titre : Tu ne peux pas t'échapper
Disclaimer : Jeff Davis
Rating : M
Genre : Mystère/Angoisse/Romance
Note : JE N'AI JAMAIS VU UN SEUL EPISODE DE TEEN WOLF EN ENTIER, j'ai arrêté après la moitié du premier épisode, donc tout ce que je sais, je l'ai appris via les autres fanfictions ou les sites comme wikipédia ou assimilés. Je tiens également à préciser que je ne suis pas médecin et que même si j'ai fait des recherches sur les troubles/médicaments/maladies des personnages -et que j'ai modifié certains éléments en adéquation avec ce que j'ai tiré de mes recherches (cf : taille de Stiles, par exemple)- il se peut, et c'est même très probable que des erreurs se soient glissées dans le texte ou que des incohérences surgissent, je compte donc sur votre clémence.
Chapitre 5
Stiles flottait. Il était comme enveloppé dans du coton. Son esprit dérivait comme une méduse, et son corps était aussi flasque que ces mêmes animaux. C'était une sensation extrêmement désagréable, mais il ne parvenait pas à s'en défaire. Il avait beau lutter, le courant l'emportait toujours, inlassablement, sans répit. Jusqu'à ce que son esprit atone ne lui envoie des signaux de danger. Un grognement, à la fois familier et nouveau, résonna dans son monde duveteux, perçant difficilement. Mais ses yeux, qui se contentaient jusqu'alors de voir sans regarder, commencèrent à enregistrer à nouveau. Il distingua tout d'abord une forme devant lui, au sol. Un homme. Puis il aperçut les spasmes qui agitaient l'homme, et la déformation horrible que subissait son corps. Et la bulle fut percée. L'homme était comme l'autre ! Il se mit à paniquer, et se leva d'un bond pour courir, mais se retrouva coincé par des barreaux. Il était enfermé ! Il tenta de secouer les barreaux en hurlant comme un forcené, mais le métal ne bougea ni ne trembla. Il se retourna vers la chose qui convulsait toujours en poussant des plaintes et des grognements plus effrayants les uns que les autres. Stiles se plaqua du mieux qu'il put aux barreaux de la cage, tétanisé par la peur, sans quitter un seul instant des yeux la forme en face. Soudain, elle se releva. Elle huma dans sa direction, et laissa échapper un grognement menaçant, crocs découverts, penché vers lui. La bête bondit, s'approchant, et Stiles ferma les yeux, paralysé par la peur. Puis il entendit le grondement de la bête. Et il ouvrit les yeux. Il croisa le regard de son vis-à-vis. Un regard jaune luisant dans l'obscurité. Et il n'eut plus peur. Comment osait-il, ce bêta misérable, pour tenter de le soumettre ? Ne voyait-il pas qu'il devait lui se mettre sur le dos et découvrir son ventre et sa gorge ? Ne voyait-il pas qu'il n'était rien face à son Alpha, face à celui-même qui l'avait transformé, et qui l'avait revendiqué lui, même si pas encore marqué ? Et, en tant que revendiqué de l'Alpha, il était son supérieur. Stiles rugit. Sans qu'il sache comment, il fit reculer le loup devant lui. Le loup grogna, et Stiles découvrit ses dents, laissant sortir de sa gorge un grondement bas et continu. Le loup se tassa un peu sur lui-même puis tenta une approche, et fit deux pas dans sa direction. Stiles lui sauta dessus et lui envoya son pied dans le nez. Le loup glapit et se recula brusquement, ventre à terre, cou allongé et yeux baissés, gémissant. Stiles, au contraire, se tenait droit et raide, le regard fixe, le corps légèrement incliné vers l'avant. Un coup de feu retentit, brisant le silence presque religieux mais tellement tendu qui s'était installé. Les deux adversaires eurent un sursaut, et amorcèrent tous deux un mouvement de recul, tournés vers la source de cette menace. Tant le loup avait senti l'aconit qui imprégnait la balle, Stiles, lui, n'avait pas reconnu la plante, mais avait senti sa toxicité, un instinct qu'il s'ignorait posséder lui hurlant de se tenir à l'écart. Le loup fut brutalement tiré en arrière, les chaînes à ses poignets et ses chevilles raccourcies par des treuils puissants. Il eut beau lutter, il se retrouva bientôt compressé contre les parois de la cage, hurlant de douleur à cause de la brûlure de sa peau par l'argent. On ouvrit la porte, et Chris rentra dans la cage. Il s'approcha de Stiles et le détailla minutieusement d'un air suspicieux pendant quelques instants, avant de l'attraper par le bras et de le tirer hors de la pièce. Ils étaient précédés de Michael et Joshua qui se retournaient fréquemment vers eux. Les encadrant, Kate et Beverly les regardaient en coin, et suivant, Jeff, Emily et Gérard. L'atmosphère était tendue, lourde de soupçons, et Stiles se sentait mal. Il n'avait pas vraiment compris ce qui venait de se passer, mais ça lui avait permis de survivre, alors c'était plutôt une bonne chose, non ? Il fut amené dans un bureau, qui lui dit vaguement quelque chose. On l'assit dans un des fauteuils, et l'homme semblant le plus âgé prit place de l'autre côté du secrétaire. L'homme qui le tenait et l'une des femmes qui l'encadraient prirent place à ses côtés, debout, bras croisés sur le torse ou mains posées sur les hanches, dans une attitude clairement agressive. Le reste du groupe prit place derrière lui, et Stiles se sentit pris au piège. Le vieil homme prit le temps de bien l'observer sous toutes les coutures, avant de commencer.
« Je suis Gérard Argent. A ma droite, tu peux voir ma fille Kate, et à ma gauche mon fils Chris. Derrière toi se trouvent Michael, Joshua, son fils Jeff, Beverly et Emily. Considère qu'ils sont eux aussi des Argent. C'est notre famille qui t'a sauvé la nuit dernière, lorsque tu t'es fait courser par le monstre. C'est notre famille qui t'a mis en sécurité, qui a chassé la bête.
-Ah ? Euh… Merci, merci beaucoup…
-C'est pourquoi, en échange, nous voudr…
-Des loups-garous ! »
Stiles s'était levé d'un bond, et sentit très clairement ce qu'il supposait très fortement être le canon d'un revolver, tout comme il vit très -trop- bien celui que pointait Kate sur lui. Il leva doucement les mains, et se rassit sans faire de gestes brusques, une coulée de sueur froide glissant le long de son épine dorsale. Il déglutit difficilement, mais s'autorisa à respirer à nouveau quand il vit l'arme être baissée. Il reprit, d'une voix tremblante, presque en murmurant :
« Donc, des loups-garous ?
-Donc, des loups-garous, oui, Stiles.
-Ah. D'accord. C'était juste pour être sûr.
-Maintenant, vous l'êtes. Mais reprenons. Nous avons remarqué, lors de votre sauvetage, que le loup qui vous poursuivait avait l'air assez acharné à essayer de vous reprendre. Nous aimerions que vous nous racontiez ce qu'il s'est passé, exactement. »
Malgré la formule de politesse qui indiquait qu'il pouvait accepter ou refuser de s'exécuter, Stiles sentit parfaitement que la seconde option n'était aucunement valable. Il commença donc, d'une voix blanche :
« Je… J-J'étais sorti à la pause de midi parce que… parce que je n'avais pas faim, et je suis allé au fond des terrains de Lacrosse, là où commence la forêt. J-Je ne suis pas allé loin, juste quelques mètres… Et puis, je me suis endormi, et quand je me suis réveillé, j'étais d-dans… dans l-les bras de- d-d'un homme. »
Stiles était à présent cramoisi et affreusement gêné, et les regards inquisiteurs et de plus en plus intrigués qu'il ressentait n'arrangeaient en rien son état.
« Continue.
-J-Je J'ai essayé de fuir, mais il me tenait trop fort, et il m'a empêché de crier. I-Il m'a dit que j'aurai un peu peur au début, mais que ça irait mieux quand je serais comme eux… Et il s'est transformé. J-J'ai réussi à m'échapper, et j'ai couru, et puis… plus rien jusqu'à dans la cage…
-Parlons-en. Que s'est-il passé, dans la cage ?
-Je ne sais pas ! I-Il m'a grogné dessus, et c'était tellement… minable ! Comment il osait, lui, un bêta, ma grogner dessus, alors que l'Alpha m'avait revendiqué. »
Stiles avait haussé la voix. Il était révolté, et si une partie de lui ne comprenait pas pourquoi il agissait comme ça, la plus grande part de son esprit hurlait de colère.
« L'Alpha… Vous a-t-il mordu ?
-… Non, il n'a pas eu le temps. Il ne m'a pas marqué.
-Stiles. Sais-tu ce que tout cela implique ?
-Qu-Quoi, tout cela ?
-Le fait que l'Alpha t'ait apparemment revendiqué. Cela implique qu'il va vouloir te récupérer à tout prix, et qu'il va tout mettre en œuvre pour. Il va venir te chercher.
-J-Je ne veux pas.
-Bien, tu es un garçon raisonnable, et malgré tes instincts, tu comprends ce qui est bien. Nous sommes là pour te protéger. Pour tuer l'Alpha.
-Non ! »
Stiles se mortifia. Il ne comprenait plus. Il ne voulait pas rejoindre l'Alpha. Mais pourquoi l'idée même qu'il meure lui était insoutenable ?
« Ce sont tes instincts qui parlent, mon garçon. Lorsque tout ça sera finit, tout rentrera dans l'ordre, tu verras. En attendant, nous allons te passer de quoi te protéger. Suis Jeff, il t'expliquera tout. »
Stiles se leva en tremblant, et suivit le jeune homme qui le prit par le bras. Ils sortirent.
« Papa… Ses yeux…
-Oui. Comme dans la cage. Ils étaient presque totalement rouges. Et ils brillent dans la pénombre. Nous allons devoir le surveiller de très près. »
Un silence pesant tomba sur le petit comité.
« Tiens, prends ça.
-De la lessive ?
-De la lessive faîte à partir d'aconit.
-Ca sent bon ?
-Pas spécialement, c'est pour ça que je te conseille de mettre de la lavande ou des agrumes séchés dans ton placard, parmi les vêtements.
-Et, si j'ai bien compris, l'aconit repousse les loups-garous ?
-C'est ça, enfin, dans une certaine mesure. Un loup va éviter de s'approcher de toi si tu portes des vêtements parfumés à l'aconit. Il sentirait la plante, même à travers l'odeur de lavande. De même, si tu blesses un loup-garou avec de l'aconit, il mettra plus de temps à cicatriser. Enfin, on te prêtera sûrement des trucs sur tout ça. Tiens, prends ça.
- Un-Un flingue ?
-Ouais. Avec des balles trempées dans l'aconit. C'est plus discret qu'une arbalète.
-De toute façon, autant j'arrive plus ou moins à tirer au pistolet, autant avec une arbalète… »
Jeff lui tendit une boîte en fer blanc. Les balles. Stiles sentit qu'il n'apprécierait pas le contact sur sa peau. Tout comme il sentait qu'il n'apprécierait pas du tout l'odeur de la lessive qu'on venait de lui passer. Mais si ça lui permettait de rester en vie, et d'éloigner l'Alpha… A cette pensée, son cœur se serra un instant, mais il tenta de l'ignorer. Il ne s'agissait que d'instincts, qui disparaîtraient bien vite, essaya-t-il de se convaincre.
Jeff le conduisit ensuite dans une chambre, et le laissa seul. Il entendit parfaitement la serrure lorsqu'il ferma la porte à clefs.
Il posa les affaires qu'on venait de lui passer sur le lit, et s'approcha de la fenêtre. Entre les interstices des volets clos, il distinguait la lune, ronde et pleine comme si elle portait la vie, et il se sentit étrangement ému. Il eut soudainement envie de hurler, mais il se retint, pris d'une gêne inexplicable. Ce ne fut pas le cas du loup qui hurla à l'extérieur. Pas n'importe lequel. Son Alpha. Le loup-garou enfermé dans la cave lui répondit. Le cœur de Stiles battait la chamade, et il devait lutter pour ne pas participer à ce cœur, lui aussi. La sensation s'intensifiait d'instant en instant, et redoubla lorsqu'un troisième hurlement accompagna les deux premiers. Il se jeta sous la couette du lit, les mains crispées sur son crâne, les dents serrées à s'en faire mal. Il ne se rendit pas compte que les deux hurlements venaient de plus de huit kilomètres, et qu'il aurait été impossible pour un humain normal de les percevoir. Il ne dormit pas cette nuit-là, et au matin, il était si tendu qu'il en avait des courbatures.
