Chapitre 5
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A LA GUERRE COMME A LA GUERRE
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Oh mon Dieu les filles j'ai genre une semaine de retard !
Je suis archi désolée ! Et en plus vos reviews sont fantastiques !
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« Edward c'est ta faute !
Tu fais n'importe quoi à te battre avec des méchants au lieu d'aller sauter euh sauver Bella et moi je prends du retard !
- Bella est en danger ?
- Non mais elle pourrait d'abord et puis réponds pas et file te mettre à poil y a un chapitre à poster !
- Maieuh.
- Oust Edward vire moi ce jeans ! »
Excusez moi, je reviens tout de suite...
"Allé, la zic et Eddy non tu ne garde pas tes chaussettes non plus !"
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In case of emergency, push to play :
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You don't know my mind – Hugh Laurie
Ugly girl – 100 Monkeys
Vertigo – The Libertines
Childish dreaming – Kid Harpoon
I belong to you – Muse
Drop the Match - Gos
A la guerre comme à la guerre – Sorel
One – U2
Written in the stars – Tinie Tempah, Eric Turner
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Je suis chez moi, c'est le matin. Je dois être encore toute endormie, je vois flou.
Je me frotte les yeux et passe la pièce au scan, je cherche mes lunettes.
Ouhla, que s'est-il passé ici ?
Une montagne de fringues au sol, les chaises déplacées et pas rangées selon mon organisation bien précise mais si jolie,
autour de la table carrée noire et mon canapé perdu sous les couettes et coussins.
Kfc ?
J'ai mangé du poulet, moi ? Etrange, ce matin. Bien étrange...
« C'est marrant de se retrouver tous là hein, Angie ? »
Je suis larguée.
Il y a Ben, en face de moi, assit tranquille tenant dans ses bras Bella.
Et le souffle dans ma nuque est doux mais si frais que j'en sursaute.
Je tourne la tête à gauche et tout contre moi remarque Edward, mort de rire mais surtout totalement collé à moi.
Edward Cullen ?
« Perso je trouve ça ouf ! Je me tape ta meuf et toi la mienne mais c'est trop marrant !
Hey Jake ! Passe moi une bière et arrête de vider le frigo de ma chérie tu seras gentil ».
Oh la la la la la la je me tape l'hallu du siècle !
Les yeux clos, la main sur le front, l'idée première est : Ne pas craquer.
Edward embrasse ma tempe avec une délicatesse folle.
Mon cœur s'emballe et je tremble comme une feuille. Edward Cullen avec moi, je n'ose y croire.
Je me pince le bras, non je ne rêve pas, c'est incroyable !
« Et là, tu n'as rien vu chérie ! »
Ses mots me percutent de plein fouet.
Il me les a murmuré avec une telle sensualité et cette saleté de pointe de cynisme dans sa voix...
Mon Dieu Edward Cullen à moi !
Je déraille. Edward Cullen n'est pas...
J'ouvre à nouveaux les yeux et qui vois-je à quelques centimètres de mon visage ?
« Angela, il faut abSOlument que tu m'aide. Lys ou Œillets ?
- On enterre qui ?
- Ah mince c'est vrai les oeillets c'est pour les morts.
Bon ben alors des Roses blanches, qu'en pense-tu ?
- Roses. Mais euh c'est pour quoi déjà ?
- Mon mariage ma petite tête en l'air ! Que t'arrive t-il ce matin ?
Hein ? Quoi ?
- Tu te marie avec Ben ? Mon BEN ?
- Mais bien sur...Je sais pas à quoi tu marche mais j'en veux !
Ma tête tourne trop vite, je crois que je vais vomir.
Le regard de Bella est angoissant. Tellement heureux et son attitude est si survoltée !
Elle ne tient pas en place et des centaines de robes blanches moches jonchent à ses pieds.
Au fond de la pièce,
une ombre tapis dans le noir mouve en fonction des gesticulations de ma meilleure amie et je me sens soudain oppressée.
Trop oppressée.
- Tu, tu te marie avec... ?
- Edward ! »
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POV ANGELA
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Un cri, le mien.
Je bondis presque hors du lit et me retrouve vacillante, sur mes deux jambes.
Autour de moi, une chambre, sa chambre.
Il y a le bordel made Bell's, des photos de nous éparpillées un peu partout,
d'autres froissées et scotchées datant du lycée ,
sa collection de converses qu'elle ne jettera pas même sous la torture et de vieilles bouteilles vides de Jack's.
Il me faut une bonne minute pour réaliser.
C'était le rêve le plus bizarre que j'ai jamais fait !
Je respire calmement et tente de remettre ma tigniasse en place sans succès.
Je me laisse alors retomber lourdement sur le lit et m'enroule comme je peux sous la couette.
Trop d'émotions si tôt. Dodo !
Quelques minutes plus tard, le sommeil ne revient pas mais je n'abandonne pas.
Je déteste me lever sur une impression de cauchemar.
Alors je vais me rendormir et retourner dans le rêve.
Rembarrer Edward, récupérer Ben, botter le Q de Jake hors de mon frigo et gifler Bella, par principe.
Oui, ça c'est du super plan !
…
Une odeur, un bruit, puis un deuxième et enfin une sensation de fumée.
Je sens que la journée va être rude.
Je soulève légèrement l'oreiller que je calais alors sur ma tête et renifle.
Muffins ?
...
« Bonzour Angie, enfin debout, bien dormi ? Tu as faim , J'ai fait des muffins, tu veux un muffin ?
.
L'odeur de pâtisserie m'a fait quitté le lit de mon amie et sans m'habiller,
j'ai dévalé les marches de l'escalier droit.
Tout en bas, je découvre un tout autre salon, une toute autre cuisine.
Je découvre enfin les meubles et les murs de Bella.
Un endroit propre, rangé, totalement clean et même coquet. J'en perdrais presque la voix.
Mais où donc est passé le carnage ambiant de Bell's ?
Mon premier réflexe est de me pincer le bras, mais vu l'échec dans le cauchemar,
mon deuxième réflexe est de me taper la tête comme l'embrasure de la porte.
Juste à temps, une voix trop normale à mon goût m'en empêche et c'est là que tout dérape.
Devant moi, une jeune fille normale, habillée normalement, dans son environnement bien normal,
s'active en cuisine.
Sur la table, un bouquet de fleurs fraîches et un petit déjeuner pour deux digne d'un 5 étoiles.
La jeune fille me parle et me sourit et Mon Dieu, j'ai peur.
« Be Be Bella ?
- Surprise ! Alors tu aimes ?
- Euh quoi ?
- Ben tout ça ? Tu verrais ta tête Angie, on dirait que tu as vu un fantôme.
- Ah ben pas loin.
- Je comprends. Mais c'est bien moi. Tiens, mets un t shirt.
Me savoir juste vêtue d'une petite culotte là tout de suite, je m'en fous royalement mais j'obéis,
comme hypnotisée par cette apparition d'Isabella juste devant moi.
- Tu es...brune ?
- Oui, fini la décoloration...Retour au naturel ma belle.
- Tu as des vêtements propres, tu as fait le ménage et et la bouffe ?
- Yup ! La class hein ? Bella Swan le come-back ça sonne bien non ?
- Mon Dieu j'ai l'impression de-
- De rêver ?
- Non d'être dans la petite maison dans la prairie. C'est quoi ça ?
- Une jupe Angie. Oui, j'en ai plein tu savais pas ?
- Je veux vomir.
- Oh non, pas avant que tu n'aies goûté à mes muffins magiques !
Je m'assoie à table, devant ce festin et hallucine totale.
Que s'est-il passé cette nuit ?
On ne peut pas changer en si peu de temps !
Non, c'est impossible.
Non, non, et non !
- Tu as mis quoi dans les muffins Bella ?
- Rien d'illégal promis. Que du bon et de l'amour, beaucoup d'amour.
Là, elle me gave.
- BELLA STOP !
- Mais quoi ?
- Mais quoi ? Arrête de te foutre de ma gueule et me la joue pas Laura Ingalls !
What the fuck ? Je veux savoir tout et tout de suite ! »
C'est la première fois que Bella me voit dans cet état et à dire vrai,
c'est la première fois que j'enchaîne quelqu'un de la sorte.
Mais Fuck ! Je pige que dalle ce matin et cela commence légèrement à m'exaspérer.
Le regard de Bella change alors du tout au tout et elle s'approche de moi avec confiance mais prudence.
« Hey Angie, c'est moi. C'est la vraie Bell's crois moi.
- La vraie Bell's est déjantée, sous prozac et dévastée.
- Je sais Angie, je sais.
Et je suis toujours dévastée mais je suis de retour. La vraie Bella.
La Bella de...
- La Bella d'Edward ?
J'ose à peine prononcer ce nom banni mais il le faut et son regard en dit long lorsque ce si lourd mot sort de ma bouche.
- Oui, la Bella de … Forks ..En plus cool, enfin, je crois.
- T'as toujours tes piercings ?
- Oui et les tatouages partent pas à l'eau alors...
- Oh BELLA ! »
Je la prends dans mes bras. Je la serre fort, si fort et les larmes me montent aux yeux.
Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé mais ma Bella est là et c'est tout ce qui compte.
On se fait le méga câlin du siècle, on se balance, on rit et on se fait surtout pleins de bisous sur les joues,
les tempes, le front... Je respire enfin bien mieux. Bella est là !
« Wow cque tu m'as manqué tu sais !
- Moi aussi ma cherry moi aussi. »
J'ouvre les yeux, pour de bon cette fois, j'ai le smile et j'ai faim.
Bella , le retour, c'était l'idée la plus folle jamais imaginée et Elle l'a fait.
Je suis si fière d'elle mais …
« Euh Bella, tu va rire mais je crois que j'hallucine toujours.
- Oh ça va Angie, ce n'est qu'une jupe tu sais.
J'aime toujours les vieux jeans et les converses , faut pas déconner.
- Euh non c'est pas ça, quoi que ces motifs sont très laid mais passons ...
C'est quoi le truc sur le comptoir là-bas ?
Je dois être défoncée parce qu'on dirait un fusil ou un truc du genre...Hihi, c'est pas ça hein ?
Hein, c'est pas ça ?
- Ah le gun? Oui oui c'est bien ça Angie.
Mes rires s'estompent peu à peu.
- Qu'est ce que ça fout là ? C'est à ton père ?
- Ah non non, c'est à moi.
Je ne ris plus du tout.
- Je ne saisis pas Bell's.
- C'est très simple, c'est pour Edward.
- Edward ?
- Je sais que ça ne suffira pas mais c'est déjà un bon début.
Son regard devient tout à coup sombre déterminé et assassin.
Oui, je vais tuer Edward Cullen. »
Et elle me dit cela avec le sourire. Le sourire sadique et le regard dark.
Je recule et la dévisage bouche-bée. C'était trop beau pour être vrai.
Je n'ai pas ma meilleure amie devant moi. Il n'y a pas de Bella, pardon, il n'y a PLUS de Bella !
Veux retourner dans l'AUTRE cauchemar moi !
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POV EDWARD
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Espèce de saleté d'épaule qui veut pas tenir en place !
Allé, fais pas chier et ressoude toi bon sang !
Pas moyen, elle n'obéit pas.
Mon corps tout entier se moque de moi sérieux et ça tombe très très mal.
Dans quelques mètres je dominerais Forks et ses montagnes abruptes.
Dans quelques heures, je serais devant Bella et déjà que la surprise risque de la tuer,
si en plus j'arrive en lambeaux ça va pas le faire du tout !
J'imagine la scène...
Hey chérie c'est moi je suis rentré !
Ah euh ne fais pas attention, ce que tu vois au sol c'est mon bras,
c'est rien, un connard me l'a légèrement arraché mais t'inquiète il m'en reste un autre et il est nickel !
Un câlin ?
Mouais, assez minable comme retrouvailles.
Putain d'os mal fichus, remets ...Toi... En place PUTAIN !
J'ai beau cogné contre la roche et forcer dessus, rien n'y fait, quand ça veut pas, ça veut pas.
Bon ben tan pis, je vais sauter sur le premier grizzli qui passe et patienter,
le temps que mon corps daigne à nouveau ne faire plus qu'un.
Alors, ni une ni deux, j'arrache mon haut et le déchire à l'aide de mes dents,
je tente ensuite un bandage sauvage pour ne pas trop ressembler à un lépreux qui en perdrait son bras et me mets en chasse.
Gâcher plus de temps n'étant pas une option, je dois me réparer au plus vite.
Je scrute l'horizon, perché sur un séquoia bien plus vieux que moi et redécouvre les magnifiques terres de Forks. Tous ces arbres, ces parfums, ces couleurs qui me rappellent tant Bella.
Nos balades, nos discours interminables et elle, toujours accrochée à moi.
Je ne sais encore si je vais la dépouiller ou la supplier mais ces souvenirs là m'apaisent et pendant un instant même court soit-il, j'ai la sensation de respirer à nouveaux.
Alors, j'inspire, je remplis le vide en moi de tout cet air qui ne me sert pas mais que j'aime et je souris.
Et, enfin, j'aperçois une proie.
Le dîner sera prêt dans quelques minutes Edward ! A taaaable !
C'est pas trop tôt, comme dirait Em', j'ai les crocs.
Le combat pour ma bouffe est un peu pénible.
L'ours étant bourré d'énergie et moi étant une loque, il y a cru un bon moment le pauvre mais je gagne et sans avoir utilisé mon bras gauche comme massue.
Je suis fier de moi tiens !
Son sang est chaud et coule à flot dans ma gorge, apaisant au passage la brûlure atroce que je traîne depuis des semaines.
Y a pas à dire, la bouffe est quand même bien meilleure quand on est chez soit.
Après avoir vidé ce gros nounours de tout son sang et m'être essuyé le coin de la bouche d'un revers de la main, je m'installe près de sa fourrure et me repose un moment.
J'appuie sur mon épaule et ferme les yeux.
Les voix dans ma tête que je n'écoutais plus reviennent alors peu à peu.
La civilisation n'est pas loin et je peux déjà sentir l'odeur des humains lorsque la brise se lève.
Forks, ma ville. Celle où ma non vie a trouvé son sens.
Celle où ma morne existence s'est pris une monumentale claque et celle qui m'a perdu.
On m'a arraché à ces lieux que j'aimais tant, on m'a arraché à celle que j'aimerais toujours.
Forks. Me donneras tu une nouvelle chance ?
Conseil l'ami, si la ptite te remballe, crame la ville ! La vengeance, ça n'a pas de prix !
Le monstre en moi ne me laissera donc aucun répit ! Mais c'est une idée à creuser, après tout...
22h23.
La nuit est calme, les feuilles se balancent légèrement, entraînées par le vent doux de cette soirée si particulière et je suis prêt à me remettre en marche.
Le sang et mon venin m'aident à panser ma blessure et bientôt, je retrouverais l'usage complet de mon bras.
Une chance ! Et une chance qui me booste pour avancer vers elle.
Puisse ma bonne étoile me guider cette fois car je ne sais si une nouvelle tragédie m'attends.
Fureur, cris et échec seront peut être les seules choses que je trouverais à mon arrivée mais je me mets en route d'un pas assuré.
Quelque soit ma fin, je l'affronterais. Ce sera MA fin et ça, ça fait toute la différence.
J'avance à grand pas maintenant et me voilà déjà hors de la forêt.
Désormais, je dois ralentir et être très attentif.
Je ne veux pas faire de mauvaises rencontres.
Entre les Quileutes, les humains et peut être même Charlie,
pas question d'être pris au dépourvu et puis je n'oublie pas les traqueurs.
J'espère qu'ils ne sont pas à l'affût de mon retour, ces chiens.
Je me fonds donc dans le décor et me focalise sur la maison de Bell's.
Qui soit dit en passant a intérêt d'être là.
J'ai hâte de voir sa tête quand elle va me voir.
- Hey Bella, c'est moi ton vampire préféré !
Non trop facile.
- Isabella Swan ?
Non elle va me balancer un truc.
- Bella, c'est moi Edward ne hurle pas je vais tout t'expliquer.
Bof pas terrible. Damn ! Qu'est ce que je vais lui dire ?
- Surprise !
Non plus.
- Salut. Alors comme ça tu crame ma photo ?
Tu croyais que j'allais jamais revenir hein ? Hé ben t'as tout faux ma ptite !
On ne se débarrasse pas d'Edward Cullen comme ça muhahaha !
Ridicule !
- Oh mon Dieu Bella enfin je te retrouve !
J'ai été retenu prisonnier c'était horrible mais je me suis échappé et je suis là !
Dans mes bras poussin ?
Putain Cullen t'as rien de mieux ?
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« Bella on y a passé toute la journée ! Lâche ce fusil tout de suite ! »
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Soudain, une voix familière hurle dans ma tête et me tire direct de mes conneries.
Cette voix c'est... ? Celle de la brunette, la copine de...
Oh putain c'est quoi cette histoire de fusil ?
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« Bella tu va nous tuer lâche ce putain de fusil immédiatement ! »
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Non c'est pas vrai ? Je n'y crois pas !
Fini la discrétion, je cavale comme un fou en direction des cris.
Si je ne peux pas lire les pensées de Bella, celles de sa copine me font froid dans le dos.
Bella putain j'arrive !
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« BELLA NON ! »
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POV BELLA
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« Non je ne te le donnerais pas tu peux crever !
- Jamais tu m'entends JAMAIS ! Tu me donne ce fusil tout de suite avant de buter quelqu'un !
- Mais c'est ça le but Angie, lâche moi !
- ISABELLA SWAN !
- Mais laisse moi putain !
- Tu devras me tuer d'abord je lâche rien !
- Il est chargé alors vire de là !
- Aiiiiie mais tu m'a mordu espèce de folle !
- Laisse-moi mon gun !
- NON !
- ANGIE PUTAIN !
- BELLA NOOOOOOON ! »
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Hein quoi ? Le coup est parti tout seul je le jure !
Le fusil est tombé de mes mains et dans un bruit métallique odieux il a percuté le plancher.
J'ai l'impression de vivre le pire des cauchemars.
Je regarde alors mon amie rouge violette et complètement paniquée mais aucune trace de sang.
Elle ne vacille pas, ne tombe pas et n'a pas l'air blessée.
Je me palpe d'un peu partout et je n'ai rien non plus.
Dieu soit loué personne n'a été touché. Sauf que...
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« Mon DIEU ! Mais c'est mais c'est … ! »
Angela est livide. Elle ne bouge plus et ses cris sont de plus en plus aiguës.
Je tourne alors la tête et noooon c'est un cauchemar un véritable cauchemar.
« EDWARD ! MON DIEU EDWARD ! »
Il est là ! Je dois être folle alliée pour le croire ! Il y a Edward au sol dans ma cuisine.
Edward Cullen à quelques pas de moi.
Edward Cullen qui bouge et feule et hurle et gesticule dans tous les sens !
« Edward je t'ai touché ? Edward ? MON DIEU REPONDS !
Qu'est ce qu'on a fait ? Bella réagis je t'en prie ! »
Angie est auprès de lui. Il y a du sang, beaucoup de sang mais c'est bizarre, je ne comprends pas.
Je bugg total. Je …
« BELLA bouge ton cul et viens voir ! »
Angie n'ose pas le toucher et même si je ne comprends rien, j'avance vers lui, tremblante,
en passe de vomir incessamment sous peu et les larmes jaillissent à flot sans que je ne puisse les contrôler.
Je suis juste devant lui et je ne sens plus mes jambes.
Je voudrais le toucher, je voudrais lui parler mais rien, rien ne sort.
Juste des larmes, des larmes de crocodile qui trempent mon visage.
Mon sang bouillonne et ma tête va exploser.
Tout ceci ne peut pas se produire. Après tant de temps, après tout ce temps, il ne peut être là.
Juste comme ça, là et l'air blessé. Non, mon Dieu cela ne se peut pas !
« Edward dis quelque chose je t'en prie ça va ? Tu as mal ? »
Mon amie brave sa peur j'en suis sure et tente de le toucher mais au moment où ses doigts effleurent sa tempe, il réagit et se mouve tout entier un peu plus loin, à une vitesse hallucinante .
Angie en tombe sur le cul.
« Mais qu'est ce que … ?
- Edward c'est Bella, parle nous je t'en prie ! »
J'ai enfin pu aligner deux mots, il fallait vite trouver un truc à dire, vu la gueule d'Angie.
« PUTAIN ça fait un mal de chien ! PUTAIN MON EPAULE ! »
Il a mal ? Mais c'est quoi ce délire ?
Il ne peut pas avoir mal, c'est un Cullen ! Soudain, je réalise.
«N'aie pas peur Angie ça va aller.
Je tente de rassurer mon amie rongée par la peur et la culpabilité.
La pauvre, il ne l'a ménage pas.
- Ca va aller ? Tu te fous de moi ?
Putain j'avais déjà l'épaule à moitié arrachée et toi espèce de conne tu me tires en plein dessus et tu dis que ça va aller ?
Oh putain les nerfs me montent archi vite et là, je pars en vrille
- Espèce de conne ? Tu te tire sans rien dire, tu bousille ma vie et tu oses m'insulter ?
Tiens prends ça CONNARD ! Et ça ! Et encore ça ! »
Le premier truc sous la main : Un tabouret en acier.
Je vais lui péter la gueule à cet enfoiré !
Et je le frappe, le frappe de toutes mes forces !
Je n'entends presque pas les cris d'Angie près de moi qui me supplie d'arrêter.
Edward ne se débat pas vraiment et j'ai l'impression de le frapper pour de bon.
Enfin d'atteindre ce corps de marbre sans vie et sans âme qui me rend folle de rage !
C'est comme s'il était humain et qu'il souffrait de tous mes coups et je suis dans une telle fureur que je ne perçois pas tout de suite son regard fixé sur le mien.
Mais quand je tombe dessus, je vois. Pour de bon.
Un regard remplis de noirceur et de cette mélancolie si mystérieuse, si troublante.
C'est le regard du vrai Edward, mon Edward .
Et c'est pour ce regard là que je laisse tomber le tabouret.
Mes doigts en saigneraient presque et je frissonne.
Aurais-je la force de l'affronter ? Aurais-je seulement la force de bouger ?
« On tire sur lui et toi tu le frappe ? Mais tu as perdu l'esprit ?
Les paroles acerbes d'Angela me tirent de ma torpeur et c'est moi ce soir qui devient venimeuse. - T'inquiète, il ne sent rien, n'est-ce pas ?
Je scrute la moindre de ses réactions et malgré tout ce qui vient de se passer, il ne se trahira pas.
- Pardon Angela, j'ai exagéré, ça va aller, n'aie pas peur. »
Il joue de ses pouvoirs et mon amie ne dit mot.
Je l'emmène alors hors de la cuisine et m'excuse avec la plus grande des sincérités.
Je l'installe sur le canapé loin de lui et tente de couvrir de ma voix, les bruits d'os qui craquent et ses soupirs qui ressemblent à de la douleur.
J'ai envie de craquer, de lâcher prise et de m'effondrer.
Que faire lorsque l'homme qui vous hante jours et nuits depuis quatre ans, l'homme qui est parti,
celui qui a volé tout votre monde, votre joie et votre âme, Que faire lorsque l'amour de votre vie tout entière est enfin là, à quelques mètres de vous ?
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Je me sens si mal.
Mal pour Angela traumatisée, mal pour Edward que j'ai blessé et mal d'être moi, à mi-chemin entre la haine,
la folie et le désir de lui tomber dans les bras.
Je ne sais plus quoi penser ni comment réagir mais comme un aimant, je me tourne vers lui.
Il ne s'est pas vraiment relevé et c'est là que je le vois réellement pour la première fois.
Torse nu, l'air plus blanc qu'il ne l'a jamais été et sale.
Sale de sang, sale de terre et bandé au bras et à l'épaule.
Il ressemble à Edward mais ce n'est pas l'Edward de mes souvenirs.
Ce pourrait-il qu'il ait changé ?
Je ne sais plus où j'en suis mais cette question me pousse à quitter le chevet d'Angie.
J'avance alors à petit pas, indécise mais curieuse et retourne sur les lieux du massacre sans grande conviction mais surtout la peur au ventre.
« Edward ?
- N'approche pas.
- Je je suis désolée.
- Tu veux récupérer ta balle ? Tiens la voilà !
Il me lance ce petit morceau de métal écrabouillé et je ne le regarde même pas dans les yeux mais serre les poings.
Comment ce type peut-il à la fois me bouleverser et me gaver ?
- Tu as mal ?
- Reste où tu es.
Et j'obéis. Mais quel co...
Pardon ?
- J'ai parlé à voix haute ?
- Non mais laisse, vu ta tête, j'ai capté. Je dois y aller.
- Où ? Tu peux pas ! T'as pas le droit !
NON ! Pas encore ! Je ne veux pas qu'il parte putain !
- Je je je dois manger, j'ai besoin de récupérer.
- Oh ».
Mon dieu j'ai tant rêvé de le revoir encore même pour quelques minutes mais pas comme ça, pas de cette façon.
C'est comme si mon cœur se déchirait une seconde fois.
Et il s'en va. Encore une fois.
Sans un mot, sans un regard.
Voilà, j'ai perdu Edward et ce coup-ci sans dec, je ne m'en remettrais pas. Jamais.
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POV EDWARD
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Je l'entends rassurer son amie et sa voix est lourde de tristesse.
Ses larmes coulent, je le sens et je ne peux rien y faire.
Putain elle m'a pas loupé et bon sang si je n'avais pas eu l'épaule en vrac et le venin des chiens qui m'ont attaqué sur la route, je n'aurais pas besoin de repartir encore.
Jamais je n'aurais cru que de revoir Bella m'aurait fait autant souffrir et ce sur tous les tableaux.
Mais le pire, c'est l'odeur.
Son odeur.
Avec tout ce temps loin d'elle, le parfum de mon envie s'était estompé et là tout de suite, je n'ai qu'une obsession, la bouffer.
Je repars donc dans cette putain de forêt pour trouver de quoi me gaver avant d'y retourner.
Ça va commencer sérieusement à me gonfler toute cette bouffe à chasser.
Entre nerfs et peine, j'attrape tout ce qui bouge à l'orée du bois et suce jusqu'à la dernière goutte.
Je reprends peu à peu des forces et l'odeur de Bella commence à devenir supportable.
Je dois me faire violence pour vider un chevreuil mais c'est pour la bonne cause, je veux de nouvelles retrouvailles, des vraies cette fois et je la veux comme avant.
Oui, même si c'est de l'utopie, la revoir m'a enflammé et je la veux, à moi et vivante.
…
Quelques minutes sont passées, peut être une demie heure et je suis resté là bloqué.
Tout ce temps encore perdu et moi je ressasse le passé, n'avance pas et me sens comme paralysé.
Aurais-je peur ?
Me suis-je planté ?
Venir à Forks n'était peut être pas une si bonne idée.
Et ce qui s'est passé chez elle est d'un tel ridicule que j'ai du mal à imaginer comment je pourrais revenir et la regarder en face à nouveau.
Je devrais sans doute m'en fuir, partir et la laisser tranquille.
A près tout, elle voulait m'effacer, brûler mes restes et moi, je lui manque de respect.
Merde, je regrette tellement Bella.
« Tu es là. »
Et voilà, la folie m'a submergé et je sombre tel un dément dans des dialogues qui n'existent même pas.
Pitoyable !
« Edward »
Non, il faut que cette comédie cesse.
Je dois la laisser partir, je dois la laisser vivre.
Non, je ne l'entends pas cette voix qui m'a tant manqué, cette voix qui m'a tant fait frissonner, moi l'insensible et horrible vampire que je suis...Le monstre.
« Edward tu m'entends ? »
Putain, c'est comme si elle était là, juste derrière moi. Alors c'est cela ma vie à présent ?
Des fantômes de Bella partout où je vais aller ?
Je me laisse couler au sol. Les mains sur le visage tel un humain et je voudrais pleurer.
Ah si seulement je pouvais sortir une larme !
« Hey Eddy qu'est ce que tu … ?
- Tu n'existe pas, va t'en !
- Comment ça je n'existe pas ? C'est la meilleure celle-là !
- C'est dans ma tête !
- Edward Anthony Masen Cullen ! C'est quoi ton délire ? Et puis c'est moi la bouleversée !
Edward retourne toi !
- Bella ?
- Hé bien enfin ! Je ne comprends pas Edward. Je ne comprends plus. Je, Je...TU m'a abandonné ! »
Seigneur, elle est là.
Vraiment là. Je perds l'esprit ma parole !
Je ne l'ai ni capté, ni senti et je ne sais comment elle peut être là devant moi mais elle y est et nous y sommes.
Les voilà mes retrouvailles, la voilà l'explication, nous y voilà, Edward et Bella.
Face à face, à nouveau ensemble et malgré la distance de sécurité que nous nous imposons mutuellement,
je me sens déjà plus moi, entier, enfin …
« Je vais t'expliquer.
- Pas la peine, tu l'as déjà fait.
- Excuse moi ?
- Tes lettres.
- Mes lettres ?
Je recule d'un pas.
Si j'étais humain en cet instant, j' halèterais, je deviendrais rouge et moite ou un truc du genre.
Je l'ai vu dans un film...
- Je les ai toutes lu.
- Mais quelles lettres ?
- Celle que je préfère c'est celle où tu pense à notre anniversaire de mariage, le resto, la chambre d'hôtel et nous deux tout simplement.
Tu m'a même donné envie d'être maman dans ce fantasme et...
.
Je ne l'écoute qu'à moitié et tente de saisir le pourquoi du comment.
Elle continue de parler et le fait sans me regarder, probablement gênée ou indisposée par ma vue,
après tout elle me déteste donc...
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- Tu as lu mes lettres mais comment tu … ?
- Je les ai reçu par la poste, un énorme colis et des tonnes de lettres.
J'ai été paumé et j'ai des envies de meurtres envers toi je ne te le cache pas, d'ailleurs bravo pour la scène que tu as joué devant Angie, j'ai-
- Ce n'était pas du cinéma, j'ai eu vraiment mal. J'ai eu un problème en chemin.
- Quoi ?
- On m'a attaqué, je t'expliquerais.
- Mon Dieu tu as mal ?
- N'avance pas !
Elle s'arrête et son visage se ferme.
Je regrette déjà mes réactions mais je suis scotché, je veux comprendre.
Pardon, je.
- Non ne t'excuse pas, c'est normal je dois te donner la nausée ou encore cette connerie de peur de me bouffer.
- No-
- T'es là pourquoi Cullen ? »
Et allé, c'est reparti ! J'ai les nerfs !
.
.
POV BELLA
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.
J'arrive à saturation, craquage total.
Déjà Angela qui plombe mes plans et Edward qui débarque comme ça d'un coup et ce maudit coup de feu et putain il se rebarre ?
Non, pas cette fois ! Pas comme ça !
Je l'ai peut être laissé filer mais je dois le retrouver, je dois lui dire tout ce que j'ai sur le cœur depuis ces putains de quatre années volées.
Et je veux le voir.
A peine quelques minutes à nouveau dans ma vie et cette foutue attraction me retourne l'esprit.
Alors, après avoir calmé mon amie, j'ai filé.
J'ai pris la caisse d'Angie et j'ai roulé jusqu'à la forêt.
Ses lettres, la seule façon que j'ai de le retrouver.
Il a écrit ses endroits préférés, ses lieux de chasse et de repos et je suis cette piste sans me poser de question.
Advienne que pourra...
Je quitte la voiture et pars à pied, comme si je pouvais le sentir, comme si je savais où il était et lorsque je capte les dépouilles d'animaux sur le chemin, mon cœur se serre, il n'est pas loin.
Je trace sans me retourner et ferme presque les yeux sur les cadavres.
Je retiens ma respiration et quelques mètres plus loin, je le retrouve, recroquevillé sur lui même et là débute le plus étrange des échanges.
Il me semble si faible, si fragile ! J'en ai du mal à le reconnaître et pourtant c'est bien lui.
Je voudrais qu'il claque des doigts, qu'il fasse opérer sa magie et que tout devienne rose bonbon et guimauve.
Je voudrais de l'amour de la tendresse et de la passion mais à la place, j'ai sa démence, mon envie de le frapper jusqu'à ce que mort s'en suive et une énorme boule à l'estomac se forme.
Je suis trop loin de lui et trop près à la fois. Merde Edward reviens !
« Je suis là parce que je voulais te dire adieu.
- Je n'en reviens pas ! Tu as quatre ans de retard.
- Je n'ai jamais voulu partir.
- Et là tu reviens parce que tu veux repartir ?
Il a toujours été aussi con ou c'est nouveau ça aussi ?
- Je n'aurais pas dû revenir, je ne devrais même pas être là à te parler mais tu as brûlé la photo et-
- Hein quoi ? Comment tu sais ?
- Alice.
Oh. j'ai lu quelque chose comme ça dans ses lettres. Il a donc tout vu.
- Si j'avais su je l'aurais fait avant.
- Putain. »
Il serre les poings et se fige encore plus.
Il ne comprend rien. Si j'avais su, je l'aurais fait bien avant pour qu'il revienne mais ça, je ne le dirais jamais.
Qu'il réfléchisse un peu tiens, ça lui changera vu qu'apparemment Edward Cullen a perdu en chemin une partie de son cerveau.
« Alors tu va t'en aller pour de bon cette fois ?
- Oui euh oui je crois.
- Tu crois ?
- Oui, je vais te laisser vivre ta vie d'humaine et tu n'entendras plus jamais parler de moi.
Avant toi, Bella, ma vie était une nuit sans lune.
Très noire, même s'il y'avait des étoiles – des points de lumière et de raison …
Et puis, tout à coup, tu as traversé mon ciel comme un météore.
Soudain, tout brûlait, tout brillait, tout était beau.
Quand tu as eu disparu, quand le météore est tombé derrière l'horizon, tout s'est de nouveau assombri.
Rien n'avait changé, sauf que mes yeux avaient été aveuglés par la lumière.
Je ne distinguais plus les étoiles, et la raison ne signifiait plus rien. Mais...
- Mais quoi Edward ? Tu va me dire quoi ? Que je ne suis pas de ton monde ?
- Oui Bella, nous ne sommes pas du même monde.
- Et là je devrais dire que c'est toi mon monde ?
- Tu dis ce que tu veux.
- Non Edward ! Non, je ne te le dirais pas.
Je mérite mieux que cette connerie nian nian sur les étoiles. Je mérite mieux que ces clichés !
- Tu mérite quoi alors ?
- Tu m' as l'air irrité, je t'ai touché Edward ?
- Je croyais que tu avais lu mes lettres, que tu avais lu ma détresse et mon désespoir et mon amour pour toi.
- Pourquoi t'es là CULLEN ? »
Il m'a poussé à bout, je suis sur le cul.
Il ose venir me larguer après quatre ans d'absence et de silence ? Foutaise, je vais le tuer !
Mon sang pulse contre mes tempes tant je suis excédée de ses belles paroles et de son mutisme de vampire stoïque à la con.
« Pourquoi tu reviens me torturer hein ? Elle l'a pas vu ta sœur que j'ai souffert le martyr sans toi ?
Pourquoi tu me fais du mal comme ça Edward ? Qu'est ce que tu veux bordel ?
- TOI !
- Quoi ?
- JE TE VEUX TOI !
- Mais tu viens de dire que-
- Que dalle j'ai dit de la merde. Je te veux à moi.
Je te veux même comme ça, même défaite et souillée par ces chiens qui te sont passés dessus par ma faute.
Je te veux toi vivante ou morte !
Tu ne peux pas m'effacer de ta vie. Je ne t'en donne pas l'autorisation.
Tu crois que ça m'a plu de voir ta vie dans les pensées de ma sœur ?
Tu crois que j'ai aimé être loin et que j'ai eu le choix ? Tu sais ce que ça fait de brûler vif ?
Tu ne brûleras jamais plus une photo de moi. Personne ne me brûlera plus jamais t'entends !
PLUS JAMAIS ! »
Je me casse, il a gagné.
Non mais ça veut dire quoi ? Il me gueule dessus maintenant ? Putain j'hallucine !
Et puis genre je suis à lui et je dois lui obéir ?
Il est pas né le mec vivant ou non-vivant qui me donnera des ordres !
Connard !
Je tourne les talons et me tire.
TMI, trop d'info, trop de tensions, j'ai besoin d'un break ou d'un verre ou les deux.
Je le sens tout prêt, il est derrière moi mais étrangement il ne dit rien ni ne me touche.
Mon Dieu me touchera t-il encore un jour ? Non, Bell's non !
Ne pense pas à lui comme ça, tu le déteste, DETESTE.
Je me sens seule ici dans ma tête, je me sens comme seule sur un trottoir au beau milieu de la nuit et je voudrais savoir pourquoi il met le why dans ma tête comme ça.
A mesure que j'avance et que je trébuche, il se rapproche et j'ai la sensation de sa main qui assure mes pas comme avant, j'en ai les larmes aux yeux, il me fait tant de peine et je repense à ses mots.
Il me trouve souillée, il me trouve horrible et je suis si honteuse, si sale et tellement usée.
Où sont donc passés nos jours heureux ?
Où sont donc passés Edward Et Bella ?
J'avance à grands pas, je laisse la caisse, je la dépasse et me dirige vers le stade.
J'ai besoin d'un nouvel air. J'ai besoin de changement, j'ai besoin d'un bain.
Que dire, que faire lorsque l'autre vous trouve sale ? Comment faire ?
Où acheter de la pureté ? Et pourquoi vouloir lui plaire ?
Il me fait du mal comme du bien et j'espère que ce que je m'apprête à faire cachera ma peine.
« Bella que fais-tu ?
- La pluie ça cache les larmes !
- Mais il ne pleut pas ! Et quelles larmes ?
- Tu verras suis moi ! »
Et il me suit sans broncher.
Nous arrivons au stade derrière l'école, notre ancienne école.
Je suis parcourue de milles frissons mais je continue.
Nos paroles et disputes laissent place à l'adrénaline d'entrer sur ce terrain, si vaste, si sombre mais surtout si humide.
Les arrosages automatiques trempent la pelouse et l'on distingue encore bien les arcs des gouttes d'eau qui se forment dans l'air.
Je n'ai pas peur et je marche encore malgré la flotte.
Je sais où je vais pour une fois et je compte bien y arriver.
Edward est à ma suite et toujours sans mot, il se fraye un chemin entre les jets d'eau.
Moi, je ne cherche pas à les éviter, bien au contraire.
Je me poste au beau milieu du terrain et profite de l'eau tout contre ma peau.
Mes vêtements me collent très vite et mes cheveux dégoulinent déjà.
Je passe une main sur le front et tire sur mon chemisier blanc avec l'autre.
Le tissu est bien imbibé et je me sens bien peu vêtue tout à coup.
Les gouttes d'eau s'écrasent sur mes joues et je le regarde enfin.
Il est là, plus près de moi.
Dégoulinant lui aussi et beau à en mourir.
Son torse ne se soulève pas puisqu'il ne respire pas,
puisque son cœur ne bat pas mais l'eau redessine toutes ses courbes et sublime sa peau et ses muscles déjà bien parfaits pour moi.
Je réalise que c'est peut être la première qu'il est si vulnérable devant moi.
Déjà parce qu'il semble malade et meurtri mais surtout car il est à demi nu.
Je l'observe, la bouche entrouverte et les cheveux en bataille qui retombent peu à peu sur son front.
Les battements de mon cœur s'accélèrent et il me faut une force surhumaine pour ne pas fondre dans ses bras.
Non, je ne peux pas le toucher.
Il y a bien longtemps j'aurais eu peur qu'il s'évapore à mon contact comme s'il était bien plus que surnaturel ou juste le fruit de mon imagination mais ce soir, je ne peux le toucher parce que j'ai un mal de chien de lui.
Parce que je suis trop partagée.
Je voudrais qu'il ne soit mais ne supporterais pas qu'il ne soit plus.
J'en suis malade d'être pénible et compliquée à ce point.
Je soupire alors et respire bien lentement.
Me recadrer, apprécier et juste profiter. Oui, voilà, c'est ça qui est bon !
.
…
.
J'aimerais tant te faire sourire même si c'est dur parfois d'aimer.
Mais à quoi bon perdre l'espoir, jeter les armes, me jeter à tes pieds?
Même si le jeu est truqué, j'aimerais pouvoir au moins y jouer.
Moi je suis là par défaut, là quand il te faut,
quelqu'un pour prendre ta main.
Moi je suis de trop, mais vois ce que j'ai fait, j'ai jeté par la fenêtre toutes mes affaires,
grimpé par la gouttière:
Tout ça pour te plaire.
Même si t'en a rien à foutre, que je n'suis qu'une case à cocher.
Je n'aurai plus l'occasion de me refaire une belle santé.
Moi je suis là par défaut, là quand il te faut,
quelqu'un pour prendre ta main.
Moi je suis de trop, mais vois ce que j'ai fait, j'ai jeté par la fenêtre toutes mes affaires,
grimpé par la gouttière:
tout ça pour te plaire.
Je suis là par défaut,
je me sens idiot,
sans rien et tellement lointain,
moi je suis de trop, mais vois ce que j'ai fait:
j'ai appris le goût amer des soirées solitaires,
j'ai vu les nuits d'enfer des amours intérimaires,
j'attends des nuits entières, tout ça pour te plaire:
"à la guerre comme à la guerre".
…
.
.
POV EDWARD
.
.
Mais que fait-elle au milieu de toute cette eau ?
Je l'ai suivis sans trop savoir quoi faire ni quoi dire.
Après avoir vociféré, j'ai ressenti toute sa tristesse et je le regrette encore.
Je ne suis fait que pour lui faire du mal alors que je ne veux que son bonheur.
Mais quel con !
Elle revient de loin ma Bella et moi aussi.
Je suis un autre et persuadé qu'elle n'en voudra jamais, j'étais prêt à repartir, à la fuir, à me fuir.
Et c'est là qu'elle s'est barrée,elle.
Glissant parfois, percutant les racines des arbres trop souvent, j'ai eu mille envies de la prendre dans mes bras.
Je suis sure qu'elle ne ressent pas les même choses que moi et pourtant mon premier réflexe est encore de la protéger.
Mais revenons au présent.
Là, tout de suite, je l'observe souffler un bon coup, trempée jusqu'aux os.
Elle s'en moque du froid des soirées de Forks, elle s'en moque d'être toute mouillée et de tournoyer au beau milieu de ce stade presque inondé.
Elle me fait sourire et je la trouve dingue ma Bella. Ma...
« Tu es encore là Cullen ?
- Ne m'appelle pas Cullen petite calamité. ».
Mes dernières paroles l'a font rire et c'est le plus beau son qui soit. Voilà Bella.
« Bonsoir, je m'appelle Edward.
Je ne sais pas ce qui m'a pris tout à coup.
La situation, l'eau, son chemisier trop transparent tout à coup et mes cheveux qui eux aussi dégoulinent de flotte.
Mais cette nouvelle entrée en matière l'intrigue et elle me répond le sourire coquin aux lèvres.
- Bonjour moi c'est Bella.
- Vous prenez souvent vos douches dans les stades ?
- Non c'est la première fois et vous ?
Je passe la main dans mes cheveux et ma langue balaye l'eau sur mes lèvres avant de lui répondre mutin.
- Vous savez nous les vampires on ne peut se laver qu'en plein air.
- Ah un peu comme les loups ?
Elle me fait un clin d'oeil et moi je grogne.
- Et comme autre signe distinctif de folie vous avez quoi en réserve ?
- Je mange mes céréales les pieds en l'air la tête à l'envers, ne marche que sur les bandes blanches des passages piétons et parle en dormant.
- Ah ça c'est sur ! »
Elle me tape le bras et devient écarlate.
Mon dieu, deux choses que j'adore plus que tout et qui m'ont tant manqué.
Son touché et ses rougeurs... Je fonds.
« C'est pas vrai, je ne parle pas en dormant !
- Ah, ce n'est pas ce que j'ai entendu tous les soirs lorsque tu étais dans mes bras.
Evoquer le passé me rend maussade et m'électrise à la fois.
Je ne sais plus distinguer ce qui est bien ou mal.
Mais ce qui me fait vaciller c'est surtout ses fringues mouillées qui lui collent à la peau et le blanc mouillé, c'est transparent...
Mon Dieu oui je me répète mais elle ne porte pas de ….
- C'est de la triche, si tu ne me surveillais pas toutes les nuits j'aurais peut être eu une vie normale avec intimité, secrets et tout.
- Te surveiller ?
- Ben oui ce n'est pas ce que tu faisais à me mater comme ça toutes nuits ?
La conversation dérape et je me laisse volontiers embarqué sur ces souvenirs là.
Genre comme si je pouvais m'étouffer avec les plumes d'oie de mon oreiller !
- Euh Bella, je te matais juste point.
- Comment ça ?
- Alors comment te dire...J'étais une sorte ...D'obsédé de toi, désolé, je ne vois pas d'autres mots.
- Un obsédé ? Attends tu veux dire que t'étais un gros pervers qui se touchait devant moi endormie ?
- Alors déjà, non, je ne me touchais pas (enfin pas tout le temps mais doit-elle connaître certains détails ?
Je ne crois pas) et puis surtout, qu'est ce qu'il est vilain ce mot dans une si jolie bouche ?
Mais où est passé ma Bella ?
Je crois y être allé un peu fort, son regard passe de la lumière à la nuit en un quart de seconde.
- Dans le trou dans lequel tu l'a laissé il y a quatre ans espèce de connard c'est mieux là ?
- Tu sais, c'est pas parce que tu as retrouvé ta couleur de cheveux naturelle que tu n'en es pas moins vulgaire.
.
Et merde Edward qu'est ce qui te prends ?
J'étais si bien parti et voilà que je gâche tout à nouveau.
Je suis maudit sans blague !
.
- Tu sais, c'est pas parce que t'arrive en rampant là devant moi et à moitié tout crevé que je n'ai pas envie de voir ta tête au bout d'une pique
- Ok ça suffit, j'ai compris. Tu ne m'aime plus et je ne suis plus rien pour toi.
Et...(elle me regarde quasi apeurée, l'ais-je percée à jour?) Et c'est très bien comme ça, crois moi !
Je vais te laisser ben vivre et moi je continuerais à fuir et tout le monde sera ravi. »
Je suis allé trop loin et nous revoilà prêt à nous bouffer l'un l'autre.
J'en ai mal à mon non-coeur et dans la folie ambiante, je me détache d'elle à vitesse vampirique.
Fuck fuck fuck !
.
« Je n'ai jamais cessé de t'aimer moi »
Hein ? Elle l'a dit ou j'ai rêvé ? Ses mots sont des murmures et pourtant, j'y crois.
J'y crois dur comme fer.
J'aurais tout donné pour ses je t'aime et là, elle m'en offre un sur un plateau d'argent.
Je vais y retourner et l'enlacer tout contre moi.
Je vais la prendre dans mes bras et ne jamais plus la lâcher, jamais.
Et merde c'est quoi cette odeur qui empeste la charogne?
Non pas maintenant !
Merde Bella !
Je la stoppe du doigt et siffle. Ne plus parler, vite.
.
« Non mais j'y crois pas tu me prends pour ton chien ?
- Bella TAIS TOI !
C'est mort, j'hume l'air et soudain, je ne me contrôle plus et feule. Bas instinct.
En un mouvement, je me rue sur Bella et me poste devant elle, comme si je pouvais la cacher dans mon dos
- Qu'est ce que Edward ?
- Chut ! Ne m'appelle pas Edward !
Je sais qu'elle a peur, je lui fais peur et l'énerve, je le ressens et la tension est à son comble...
Quasi palpable.
Mais il est trop tard et déjà un nomade se pointe devant moi.
Putain mais qu'est ce qu'il fout si près de la ville ?
Pardon Bella. Je voudrais le lui dire mais je n'ai pas le choix...Jouer.
Je la saisi par les cheveux et la plie. Bell's hurle, pleurniche et crie très fort !
- Edddddward !
Je lui lance à regret un « ta gueule putain » et m'adresse direct au vampire en face de moi.
- Tu veux quoi toi ?
- Oh pardon je cherchais un mec genre comme toi mais lui joue avec sa bouffe héhé tu l'aurais pas vu ?
- J'ai une gueule à traquer les mecs ? Et oui, tu me dérange en plein repas
- Ok excuse moi
- Passe ton chemin nomade.
- Bon ben bon ap hein. Ah euh excuse moi mais j'ai cru entendre ton plateau repas t'appeler Edward.
- Et alors qu'est ce que ça peut te foutre ?
- Ben le rebelle que je cherche s'appelle Edward aussi et-
- C'est un prénom très commun, casse toi maintenant, la gamine se débat et j'aime pas le sang trop chaud.
- Ok, ok. Salut...En fait, non désolé, je ne peux pas partir.
En fait le Edward que je cherche il te ressemble quand même beaucoup...
Grand, fin, style classieu comme mec et puis surtout Roux.
- Je ne suis pas roux.
- Oui, il est blond vénitien.
- Tiens ta bouffe parle.
Vu les nouvelles lois, je vais peut être rester là et regarder ton dîner. Tu m'en veux pas hein ?
- Bell's à trois tu cours le plus vite possible et sans poser de questions.
Je murmure à peine et supplie le ciel et la terre entière qu'elle m'ait entendu.
Une dernière fois, nos regards se croisent et cette fois, pas de haine, ni de rage.
Aucune animosité.
Je la sens en phase avec moi.
Je la sens de nouveau à moi. Cette connexion est un cadeau, cher à mon cœur mort.
Cette connexion, j'en rêvais mais trop furtive et nous deux en danger, je ne peux en profiter.
Alors je hurle 3 et lâche Bella qui court aussi vite et aussi loin que ses jambes peuvent la porter.
J'entends ses sanglots éclater, j'entends son cœur qui bat comme si elle allait crever de cette poussée d'adré. J'entends mon prénom au loin.
J'entends son « je t'aime ».
Alors, j'ouvre les yeux et en grand.
Et celui là, je vais pas le louper, je te le promets !
.
.
Les retrouvailles partie hot au prochain épisode c'est promis !
En attendant, j'ai puni Eddy et il a juré d'être un peu plus pervers désormais...
Merci encore d'être au rendez-vous et pour celles et ceux qui veulent voir Emmett,
un lapin et Jay avec une vraie coupe de cheveux, cliker plus bas, huuum oui plus bas ;D
Xoxo
Lili
