Chapitre 6

Tom releva la tête en arrivant près de l'usine et vit Bill qui était déjà là assis au bord d'une des fenêtres du rez-de-chaussée. Il sentit son cœur palpiter plus fort lorsque le brun lui sourit le voyant à son tour, puis il avança un peu plus vite avant de pénétrer à l'intérieur pour rejoindre Bill. Ce dernier se leva du rebord, et fit quelques pas pour se retrouver tout près du dreadé à qui il fit tomber la capuche sur les épaules. Il passa ses bras derrière la nuque de Tom, plongeant son nez dans le cou de celui-ci. Il lui avait manqué aussi.

Tom répondit à l'étreinte se sentant de plus en plus à l'aise avec Bill et le serra très fort contre lui. Chaque contact laissait sa respiration incertaine et il essayait de ne pas s'en formaliser. Seulement, lorsque le brun osa appuyer ses lèvres sur la peau chaude se son cou, Tom frissonna si fort qu'il eu l'impression que la température était descendu de plusieurs dizaines de degrés en moins d'une seconde. Il crispa ses mains dans le dos de Bill qui se mit à caresser sa nuque doucement.

Ils se détachèrent l'un de l'autre et montèrent à l'étage avant de s'asseoir sur le bord de la même fenêtre que d'habitude pour Tom. Ils ne parlaient pas encore, et le blond avait de nouveau laissé la timidité d'emparer de lui plongeant ses mains dans ses larges poches. Bill sourit intérieurement remarquant le trouble du dreadé, et il rougit un peu en pensant qu'il aimerait vraiment plaire à Tom, autant que Tom lui plaisait.

Tom pensait à la même chose, il n'essayait plus de se demander pourquoi son cœur battait furieusement dans sa poitrine à chaque fois que Bill était là. Il savait qu'il s'attachait à lui un peu plus à chaque minute mais il n'essayait pas de freiner cela. Lui aussi avait le droit à ce sentiment, même s'il devait le vivre caché, il voulait le vivre quand même, ça le rendait trop heureux pour qu'il puisse passer à côté.

« Pourquoi tu viens ici toi ? » Demanda Tom timidement.

« Disons que je m'entends pas toujours très bien avec ma famille. Enfin surtout mon frère. »

« Il se passe quoi avec lui ? »

« Il ne se passe plus rien justement. Depuis qu'il sait que je n'aimerai jamais les filles, il m'en veut. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais il a dû mal à s'y faire. On a perdu notre complicité et ça me rend triste. » Expliqua le brun tournant la tête vers Tom.

« Et toute ta famille est pareille ? »

« Non, les autres l'acceptent plus ou moins, mais ils ne se montrent pas distants avec moi. Ils n'ont pas changé de comportement, ils essayent de m'aimer toujours pareil même s'ils sont réticents pour certains. C'est ma grand-mère qui l'a accepté le plus facilement, je me confie à elle parfois. Mais mon frère lui, j'ai l'impression de le perdre alors qu'on était vraiment proche avant. »

« Il a quel âge ? »

« Il a dix huit ans. » Bill soupira. « Ca me manque de plus rire avec lui depuis qu'il sait. Il m'évite et ça me fait mal. Alors je me prends souvent la tête avec lui et je viens par ici. Et toi ? »

« Moi ? Ma famille ne sait rien, je mens à tout le monde, je n'ai pas d'ami à part toi maintenant. Ils croient tous que je suis le parfait garçon hétéro. J'ai terriblement peur qu'ils découvrent tout et je n'ai trouvé que cet endroit pour me ressourcer. »

Tom regarda au loin le ciel déjà noir entrecoupé par de hauts bâtiments, et laissa le silence s'infiltrer dans la conversation, avant que Bill ne reprenne la parole.

« J'ai connu ça aussi. Mais ils s'en doutaient plus ou moins, et finalement un jour ma mère est venu parler avec moi et je lui ai tout dit. »

« Si je le dis, je suis mort, je deviendrai le vilain petit canard du lycée, je me ferais rejeter par tout le monde et je sais pas si je le supporterais. Je suis pas prêt du tout à ce que ça se sache. » Confie le dreadé tournant la tête pour croiser le regard de Bill.

« Moi je t'accepte. Je t'aime beaucoup Tom. » Avoua le brun.

Tom détourna les yeux, son cœur battit encore plus vite et ses mains devinrent moites dans ses poches. Bill l'aimait beaucoup et ça le rendait vraiment timide. Ca sonnait comme une déclaration, le dreadé ne sut pas vraiment quoi répondre au début.

« Je…Merci…Je…Oui mais je veux pas me faire rejeter par ma famille, c'est surtout ça dont j'ai peur. »

« Tu m'aimes pas moi ? » Taquina Bill voyant bien que Tom évitait du mieux qu'il pouvait la déclaration.

« Bill… » Minauda le dreadé. « Si…je…t'aime beaucoup aussi, vraiment beaucoup. »

Les joues de Tom rougirent encore plus si cela était possible et il remit sa capuche pour se cacher faisant rire le brun.

« Te cache pas, t'es mignon quand t'es timide. » Chuchota ce dernier.

« Tu te moooques ! » Dit Tom de façon enfantine.

« Mais non, moi aussi je suis timide, juste un peu moins que toi, mais je fais des efforts pour me confier tu vois. »

« Je suis vraiment trop ridicule, on dirait un coincé du cul là. » Plaisanta le dreadé qui tentait de relâcher la pression.

Un éclat de rire fendit l'air et raisonna dans les entrailles de Tom. Le rire de Bill était vraiment particulier et surtout, communicatif. Il le suivit dans son fou rire rendant l'atmosphère plus légère.

« Tom…Je rêve où tu viens de sourire et même rire ? » S'exclama le brun entre deux rires.

« Non tu rêves pas. C'est grâce à toi ça. »

Ils s'étaient plus ou moins confiés tous les deux et avaient même dérivé sur une sorte de déclaration. Bill semblait montrer à Tom qu'il s'intéressait vraiment à lui mettant celui-ci assez mal à l'aise. Pourtant, ils arrivaient toujours à retrouver un état de décontraction. Ils s'appréciaient beaucoup, plus même, mais y allaient doucement. Ils étaient blessés tous les deux.

Une fois le fou rire dissipé, Bill se décala et posa sa tête sur l'épaule de Tom qui ne put empêcher son estomac de se serrer une fois de plus. Il baissa les yeux sur les mains de Bill serrées l'une entre l'autre sur les genoux de ce dernier. Ses doigts tremblaient nerveusement dans ses poches mais il s'encouragea mentalement avant de passer un de ses bras dans le dos du brun. Il enlaça sa taille et alla poser sa main libre sur les doigts entrelacés de Bill qui baissa la tête rougissant à son tour. Tom déglutit un peu trop bruyamment et remua nerveusement une de ses jambes dans le vide. Bill se colla complètement au dreadé mélangeant leurs chaleurs et délia ses deux mains pour serre celle de Tom dans une seule.

« Tu fréquentes beaucoup de gens ? » Demanda Bill pour casser la tension.

« Une petite bande de mecs. Mais c'est pas des vraiment des amis, ce sont des connaissances. Et toi ? »

« J'ai qu'un seul véritable ami qui m'aime pour ce que je suis, il s'appelle Georg. »

« Hum…Okay. Et tu vas au lycée aussi ? »

« Non, plus maintenant. Je me suis déscolarisé cette année. Je suis les cours par correspondance, j'en avais marre de l'école et mes parents étaient d'accord. » Expliqua le brun caressant timidement les doigts chauds de Tom.

« Moi oui, toujours. Je suis en première et j'ai pris option art plastiques. »

« Etonnant ! » Plaisanta Bill.

Tom laissa un petit rire s'échapper et prit dans un élan, il entrelaça ses doigts à ceux de Bill les faisant rougir tous les deux dans la pénombre. Leurs cœurs étaient bruyants dans leurs têtes raisonnant aux creux de leurs oreilles, et leurs gorges se serraient, une nouvelle fois ne les surprenant plus. Ils avaient compris. Ils se plaisaient beaucoup trop pour rester simplement amis. Il y avait bien trop de contact entre eux pour que cela reste un amour, au mieux, fraternel. Seulement ni l'un, ni l'autre, ne savait comment faire évoluer plus les choses. Il y avait toujours la peur d'être rejeté, la peur de ne pas plaire, de s'être trompé.

« Tu viens demain soir ? » Questionna Bill.

« Sûrement. »

« J'espère. » Souffla le brun serrant plus fort ses doigts entre ceux de Tom. « Enlève ta capuche elle me gêne. » Rouspéta-t-il gentiment.

Tom laissa la capuche tomber dans son dos et Bill remonta son nez froid dans son cou. Un frisson traversa le corps du blond qui serra la hanche de l'androgyne dans sa main.

« Tu sens bon. » Souffla Bill contre la peau de Tom.

« Merci. Toi aussi. »

« J'aime ton odeur, ça m'apaise. »

« Oh… »

Tom ne sut quoi répondre. Bill lui faisait du rentre dedans et il était vraiment intimidé, il n'avait jamais eu de relation amoureuse et avait dû mal à trouver comment réagir aux avance du brun. Bill restait subtil, mignon et n'était pas vraiment plus sûr de lui, mais il essayait. Il ne voulait pas laisser passer sa chance avec Tom, il savait qu'il l'avait, il en était presque sûr. Seulement il y allait doucement, freiné par sa timidité, mais surtout celle du dreadé.

« Je peux pas trop rester tard ce soir. Je vais devoir y aller bientôt. » Expliqua Bill attristé.

« Oh…Déjà… »

« Oui, déjà, je sais c'est nul, mais je serai là demain. »

« J'espère pouvoir venir aussi, je ferai tout pour. » Ajouta Tom.

« T'as intérêt. » Taquina le brun avant de tendre son cou pour embrasser la joue fraîche du dreadé qui tourna la tête au même moment.

Leurs visages étaient proches et leurs respirations devinrent très saccadées. Leurs yeux s'accrochèrent et leurs bouches s'asséchèrent. Tom tourna tout son buste et retira son bras du dos de Bill qui se décolla un peu de lui. Ils se regardaient toujours et le blond recula de quelques centimètres touchant la bordure de la fenêtre avec son dos. Son cœur le faisait souffrir tant il avait envie d'embrasser Bill mais il s'empêchait de le faire. Le brun l'empêcha de détacher sa main de la sienne et saisit l'autre de sa main libre et froide. Il tenait les deux mains tremblantes de Tom dans les siennes et continuait de fixer son visage avec envie. Leurs pupilles brillaient dans le noir et finalement Bill s'approcha. Tom sentit sa respiration se bloquer, il avait l'impression de mourir sur place et fut soulagé lorsque la bouche du brun se posa sur sa joue, longuement et tendrement. C'était juste ce qu'il fallait, de la tendresse plus appuyée que la dernière fois, écrasée doucement sur sa joue témoignant les sentiments de Bill à son égard.

Leurs mains se serrèrent et ils purent sentir à quel point ils tenaient déjà l'un à l'autre. Les lèvres de Bill se détachèrent de la joue de Tom, mais il ne s'écarta pas. Il enfouit son visage dans le cou du dreadé qui l'accueillit aussitôt dans ses bras le serrant si fort qu'il aurait presque pu l'étouffer. C'était la pagaille dans le ventre et dans les pensées du blond mais il était heureux. Juste ce brun magnifique et lui, enlacés, assis et appuyés contre le rebord de la fenêtre d'une usine abandonnée.

« Je t'adore déjà… » Souffla Bill contre le cou de Tom qui caressa doucement le dos de celui qu'il tenait entre ses bras.

Cela sonnait plus comme un « je t'aime » qu'un simple « je t'adore » d'amitié, mais peu importait. Ils se sentaient bien et Bill savait qu'il ne fallait rien précipiter avec Tom. Ils restèrent ainsi pendant quelques minutes échangeant leurs chaleurs corporelles, puis Bill rappela qu'il devait rentrer chez lui. Ils se détachèrent lentement, voulant retarder le plus possible le moment de se séparer complètement. Tom frotta sa nuque nerveusement d'une main, alors que l'autre venait d'être emprisonnée par celle de Bill qui jouait avec ses longs doigts refroidis.

« Bon, et bien je vais y aller. On se voit demain… » Dit encore le brun.

« Oui. Je te raccompagne en bas, je vais y aller aussi de toute façon. »

Bill rendit sa main à Tom et repassa ses jambes à l'intérieur de l'usine. Le dreadé fit de même rejoignant le brun au milieu de la pièce. Ils regardaient le sol tous les deux encore une fois gênés. Ils avaient toujours du mal à savoir comment se dire au revoir alors que les étreintes se faisaient de plus en plus facilement lorsqu'ils étaient tous les deux. Ils avaient peur de faire une erreur, de laisser une mauvaise dernière impression. D'en faire trop, ou pas assez. Tom s'avança voulant faire encore le premier pas, il voulait montrer qu'il pouvait être moins timide. Il regarda Bill dans les yeux un court instant et le prit dans ses bras. Le brun répondit à immédiatement à l'étreinte serrant Tom toujours plus fort. Ils n'avaient de cesse de se coller l'un à l'autre, ils ne voulaient pas que l'autre s'éloigne déjà.

Bill regarda derrière Tom observant quelques tagues. Il ferma les yeux et inspira longuement, imprimant l'odeur du blond dans ses poumons. Ses ongles longs griffèrent le dos de Tom puis sans qu'il ne comprenne rien, il se retrouva projeté à plus d'un mètre. Il se retourna et son regard tomba sur un jeune qui devait avoir à peu près le même âge que Tom et lui.

Le dreadé n'avait pas eu de mal à reconnaître ce garçon qui les avait sans nul doute suivis. Sa respiration se bloquait, il avait peur, il pensait que c'était déjà la fin du rêve. Ce rêve qui commençait à peine mais que l'on venait déjà lui arracher. Il sentit son ventre se tordre, mais pas de la même manière que lorsque Bill le prenait contre lui. Il avait envie de vomir, il venait d'être découvert dans les bras d'un autre garçon et il se doutait qu'il venait de signer la fin de sa petite vie tranquille.

Bill observait la scène qui se déroulait sous ses yeux. Tom était paniqué et ne bougeait plus, il était figé. L'autre garçon ne semblait pas vraiment plus à l'aise, juste surprit et ne dit rien pendant encore quelques secondes. Tom baissa les yeux et frotta son visage d'une main.

« Alors c'est là que tu viens tous les mercredis et le soir ? » Dit gentiment le jeune intrus. « C'est toi qui a tagué tout ça ? Tu es doué. » Ajouta-t-il scrutant les tagues encore un peu visibles malgré la pénombre.

« Léo…S'il te plait. Arrête de faire semblant de t'intéresser aux tagues. Juste…Tais-toi. Pourquoi tu m'as suivit ? » Intervint le dreadé la voix cassée par l'angoisse.

« Je voulais savoir où tu allais. Je me doutais que tu n'avais pas de cousine. Je sais pas, j'ai toujours soupçonné le fait que tu puisses cacher quelque chose. » Expliqua Léo laissant Tom pantois.

« Tu t'en doutais ? Mais et les autres ? Ils s'en doutent aussi ? » Dit le blond précipitamment. « Putain Léo, ne leur dit rien. S'il te plait, tu sais ce qu'ils pensent de tout ça. Putain, si tu parles, je suis foutu. » Déblatéra Tom se laissant gagner par la panique.

Tom se mit à faire les cents pas et Bill l'arrêta rapidement. Léo sourit rapidement au brun lui faisant comprendre qu'ils ne risquaient rien et s'approcha d'eux doucement. Il posa une main sur l'épaule de Tom et tenta de le rassurer.

« Tom…Tu sais que moi aussi je suis pas toujours d'accord avec ce que Etienne et les autres racontent. J'ai bien remarqué que toi aussi, tu ne participes pas aux conversations la plupart du temps. Tu ne parles pas de toi et je suis le seul à m'être un peu intéressé à toi. Je t'ai pas suivit pour te blâmer ensuite, je voulais juste savoir pour mieux comprendre ton enfermement. »

« Ecoute-le Tom. Il ne te ment pas. Il ne dira rien. » Ajouta Bill regardant le dreadé et Léo alternativement.

« Je ne dirai rien Tom. Je te le promets. » Léo regarda l'androgyne. « Tu t'appelles comment ? »

« Bill, il s'appelle Bill. » Répondit Tom à la place de l'intéressé se retournant vers Léo. « Et ne t'avise pas de lui faire du mal, surtout pas. » Se braqua le blond.

« Tu n'as pas écouté ce que je viens de te dire ? Je suis pas là pour t'emmerder, ni pour me foutre de ta gueule. Je sais qu'on n'est pas super proches, mais j'te considère comme un pote. T'es le seul à qui j'peux faire confiance. » Dit encore Léo calmement.

« Ok…Ok…Excuse-moi de m'être emporté mais tu peux comprendre que personne ne sait à part toi maintenant et que j'ai vraiment peur. » Tom soupira.

« Tu as peur de quoi au juste ? Que je dévoile ton endroit secret et que tu tagues ? » Interrogea Léo. « Je vois que ça te tient à cœur, alors je ne dirai rien. »

« Je m'en fous de l'usine et des tagues Léo. Fait pas celui qui comprend pas s'il te plait. »

« Je dirai rien non plus pour ce à quoi je pense. Tu peux me croire. »

« C'est bon tu peux le dire aussi. J'suis homo, je veux juste que personne d'autre ne le sache pour le moment. Je suis pas près pour ça, je suis pas près à m'en prendre plein la gueule. Je m'en mange assez tous les jours avec les propos d'Etienne même si ça ne m'est pas destiné. » Gronda Tom.

« Je suis désolé pour ça. Je vais y aller, je vous laisse. Désolé aussi d'avoir interrompu votre intimité, je voulais pas. A demain Tom. Salut Bill. »

Léo se retourna pour partir mais Tom le rattrapa et lui chuchota une dernière chose à l'oreille.

« Je tiens à Bill plus qu'à n'importe qui. »

« Ne t'en fait pas. Et si tu veux, je suis là. » Répondit Léo avant de continuer son chemin.

Tom resta les bras ballant et le cœur battant pendant quelques secondes. Bill ne dit rien et s'avança. Il se mit devant Tom et se colla à lui doucement enserrant sa taille fine. Le blond ne répondit pas tout de suite à l'étreinte encore trop secoué par l'intervention de Léo. Il avait peur, il ne se sentait même plus en sécurité sans son usine. On lui avait volé son secret, on avait violé sa seule parcelle de bonheur et il en avait la nausée. Il se laissa aller dans les bras de Bill. Quelques larmes coulèrent et le brun le serra plus fort pour lui montrer qu'il était là, qu'il serait toujours là.

« Fais lui confiance. » Souffla Bill.

« J'essayerai. »

Une fois que Tom fut calmé bien que toujours affreusement inquiet, ils sortirent de l'usine et marchèrent jusqu'au bout du chemin ensemble. Avant de se quitter, ils se serrèrent l'un contre l'autre pendant quelques secondes, embrassant chacun la joue de l'autre. Ils prenaient chaque instant à cœur, ils en profitaient et cela se voyait. Le regard bienveillant au loin aurait pu en témoigné. Le regard d'un ami qui n'avait jamais su comment parler à Tom et qui comptait bien garder ce secret enfouit. Le dreadé avait l'air d'être lui-même lorsqu'il était avec Bill et Léo ne ferait rien qui pourrait empêcher cela.