Blabla de l'auteur : Hello. Ce soir c'est le réveillon de noël donc je fais rapide (j'ai pas encore terminé de tout préparer) Merci à tous ceux qui lisent cette fiction et à Adelys pour ses nombreuses reviews et azerty (Hello miss. Ouais ayé elle croit enfin en Shane… On pari qu'elle sauve noël ? :p Bisouilles) pour leur reviews.

Disclaimer : Comme d'habitude, l'univers ne m'appartient pas. C'est à Disney. Je ne fais que l'emprunter le temps de cette histoire et promis je remets tout en place à la fin. =)

Partie 06

Lorsque j'ouvris les yeux, le soleil était debout. Je sentis les mains de Shane sur moi, au même endroit que la veille et je tournais la tête pour le regarder. Il me fixait amusé et desserra son étreinte.

« - Tu as bien dormi ?

« - J'en ai l'impression, admis-je avant de bâiller.

« - Je le confirme, rit-il. Tu as passé la nuit à murmurer mon prénom, à soupirer et à sourire.

« - Je vois… Tu as dû recharger tes batteries alors ?

« - J'ai, en effet, assez de force pour me déplacer seul et insuffler un sentiment aux personnes que je désire.

« - Ah oui, demandais-je surprise en me relevant.

Il hocha la tête et me fixa avec beaucoup d'intensité. Au début, je ne ressentis rien de précis puis lentement, une soudaine envie de ses lèvres monta en moi, devenant de plus en plus grande, si bien que je délaissais ses yeux pour observer sa bouche avec envie. Bientôt ce fut un désir puissant qui s'insinua en moi et doucement je me rapprochais de son visage jusqu'à sentir la chaleur de son corps contre le mien. La seconde suivante, je pressais ses lèvres en fermant les yeux. Le désir qui me submergeait depuis le début augmenta à l'instant où il répondit à mon baiser et je me rapprochais de lui jusqu'à m'asseoir à califourchon sur ses genoux, alors que la passion montait lentement. L'air nous sépara une seconde et je revins contre sa bouche dès que je le pus tout en m'accrochant à son cou.

« - Enlace-moi Shane, soupirais-je contre ses lèvres. Colle-moi à toi !

« - D'accord, répondit-il sans cesser de m'embrasser.

Je souris en sentant ses mains se poser sur ma taille pour me rapprocher de lui. Lentement, il fit glisser ses mains dans mon dos alors que la passion nous envahissait. Je respirais difficilement et commençais à me frotter contre lui, espérant qu'il ferait glisser ses mains sous mon débardeur pour me faire vibrer comme j'en avais désespérément envie.

« - Arrête, souffla-t-il en retirant mes mains de son cou que je ne cessais de caresser. Je ressens ce que tu veux de moi, ce dont tu as envie mais…

« - C'est de toi dont j'ai envie, soufflais-je avant de revenir l'embrasser avec passion.

« - Je le sens, répondit-il en s'éloignant de moi après avoir répondu brièvement à mon baiser. Mitchie, souffla-t-il en revenant sur mes lèvres.

Je souris contre sa bouche mais acceptais volontiers ce baiser, alors que ma respiration se saccadait complètement et que j'imaginais bien plus. Je sursautais légèrement quand il nous fit basculer sur mon lit, au moment où la passion augmentait.

« - Arrête, s'il te plait, se reprit-il en quittant mes lèvres pour se rasseoir. Je… Je sens ce que tu veux mais… Je ne peux pas Mitchie, avoua-t-il en me fixant.

« - Je te plais pas ?

« - Oh si, admit-il en soupirant longuement. Tu me plais Mitchie, depuis que je t'ai revu l'autre jour seulement… Ce n'est pas si simple, souffla-t-il.

« - Explique-moi !

« - Je suis supposé être celui qui représente l'enfance, l'innocence, la pureté. Celui par qui passe tous vos rêves, vos désirs secrets… Mais ce n'est pas à moi de les concrétiser.

« - Mais ce n'est pas du père Noël que j'ai envie, sans vouloir le vexer, ne puis-je m'empêcher d'ajouter, c'est de toi.

« - Je le sais. Crois-moi, je l'ai senti quand on s'embrassait seulement… Comment t'expliquer ça ? Je suis un être pur, je ne suis que pureté, je ne peux ressentir rien d'autre que des sentiments originels. Avant qu'ils ne soient perverti par la peur, l'envie, la gourmandise… Par tout ce qui est mal.

« - Mais qui y'a-t-il de plus pure que l'amour ?

« - Rien mais le tien, celui que tu ressens pour moi est perverti par le désir et… Je ne peux pas le satisfaire.

« - Mais il y a toujours du désir dans l'amour. Que ce soit celui d'un homme pour une femme, ou pour un autre homme. Celui d'une mère pour que son enfant ait la plus belle vie possible, ou d'un…

« - Oui mais ce sont des intentions pures et… De toute façon, le problème ne se situe pas dans ce que tu ressens pour moi, ni ce que tu fais naître en moi, mais…

« - Je fais naître quelque chose en toi ?

« - Le même désir que tu ressens pour moi. Le même amour, les mêmes envies mais je ne peux pas les assouvir.

« - Pourquoi ? Je ne comprends pas ce que tu veux dire, avouais-je perdue.

« - Je suis comme un ange, en moins puissant et glorieux, précisa-t-il en fixant mon plafond, je suis asexué.

Je le fixais perplexe et fixais machinalement son entrejambe avant de comprendre. Levant la tête, je notais qu'il me regardait et je rougis franchement gênée de m'être fait prendre en train de fixer son pantalon.

« - Maintenant c'est beaucoup plus clair, admis-je… Bon, je vais aller prendre une douche, contrairement à moi je ne peux pas changer de vêtements et devenir propre juste par la pensée.

Il sourit et me promit de rester dans le salon avant de quitter ma chambre en marchant. Je ne pus m'empêcher de le fixer jusqu'à ce qu'il disparaisse et malgré moi, je me rallongeais sur mon lit en soupirant. Il avait un corps parfait, si ce que dessinaient sous son jeans étaient réels et j'eus brusquement chaud. Bon sang, il me faut une douche… Froide !

Quand je le retrouvais, il était au salon, les chants de noël raisonnaient à nouveau dans l'appartement et je secouais la tête. Si ça peut l'aider à retrouver des forces plus vite, pourquoi pas. Tout en préparant mon petit-déjeuner, je lui demandais combien de temps il aurait besoin pour disparaître à nouveau quand bon lui semblerait.

« - Je le peux déjà, admit-il, mais je préfère rester près de toi.

« - Pourquoi ? Je ne suis pas ce qu'on peut appeler une personne qui sait s'amuser, tu sais ?

« - Naturellement, je sais tout de toi, mais j'ai l'impression que si je pars, tu cesseras de croire en nous et je ne veux pas prendre ce risque.

« - Même si je le voulais, je ne pourrais pas cesser de croire en toi. Tu m'as fait vivre tellement de choses hier que je ne peux pas trouver d'explications rationnelles. A tous ces vœux que j'ai entendus, à ce voyage au Royaume des rêves. Tu peux partir serein, lui avouais-je.

« - J'en prends grande note, mais je vais rester. Je dois t'aider à trouver un sapin, de quoi décorer ton appartement, faire des cadeaux aux enfants de l'orphelinat, préparer le repas que ta maman faisait pour Noël et surtout, ajouta-t-il en s'approchant de moi, je veux rester près de toi. Pouvoir te regarder évoluer dans ton appartement, t'entendre fredonner quand tu connais la chanson, soupirer d'envie en me fixant, t'écouter dormir et m'appeler doucement. Tu n'imagines pas combien ça peut être frustrant de vous voir tous vivre, évoluer, changer, alors que je reste inlassablement le même. Je peux changer d'apparence, mais ce n'est pas aussi réel que toi.

« - Je croyais que c'était un grand honneur d'incarner l'Esprit de Noël.

« - Oh ça l'est, rassure-toi, sourit-il en s'approchant, mais depuis quelques heures, je me demande ce que ça serait de vivre réellement. De n'avoir qu'une petite poignée d'année à vivre, mais de pouvoir ressentir tous ces sentiments que je connais, certes, mais sans les vivre, connaître ce que ça fait d'avoir froid, de manger, de dormir, d'avoir envie de quelque chose, de faire un cadeau, d'aimer… De ressentir du désir pour une fille et de pouvoir le combler. De faire partir cette petite étincelle de frustration au fond de ton regard, souffla-t-il en se collant à moi.

Je voulus lui demander de me prévenir si jamais il devenait humain, mais son corps, irréel, qui se collait à moi m'empêcha de parler. Je ne pus que soupirer d'envie et je cherchais ses lèvres que j'embrassais. Baiser auquel il répondit avec tendresse alors que je m'accrochais à son cou. J'avais conscience que ça n'irait pas plus loin et que s'il répondait à mes baisers ce n'était que l'écho de mes propres sentiments, mais je m'en moquais pour le moment. Je voulais l'embrasser encore et encore jusqu'à l'apoplexie. Une dernière fois, me promis-je après je me comporterais en fille sage. L'air nous sépara et je remplis mes poumons avant de fondre à nouveau sur sa bouche, laissant mes mains glisser sur lui jusqu'à se faufiler sous son pull blanc. Comme je l'avais pensé, il avait un corps parfait, et tachant d'oublier que ce n'était qu'un leurre, je mis fin à notre baiser avant de m'éloigner de lui. Il me regarda faire, sans chercher à me rattraper et je souris légèrement.

« - Je… Je vais prendre mon petit-déjeuner et on ira faire du shopping après, si tu veux bien ?

« - Bien sûr, sourit-il. Tu n'as qu'une semaine pour recréer un magnifique noël après tout.

Je souris lui cachant l'idée que j'avais en tête et lorsqu'on fut dans sa voiture, une heure plus tard, je sourcillais.

« - Attends, si tu n'as aucune existence dans mon monde et que tu n'as pas d'adresse… Où caches-tu tes deux voitures ?

« - En réalité, ce n'est qu'une voiture que je change en fonction du métier que je fais semblant d'exercer en décembre.

« - Et à quoi ressemble-t-elle alors en vrai ?

« - En réalité, ce n'est qu'un nuage, celui sur lequel je me déplace tout au long de l'année pour vous regarder vivre et évoluer. Je cherche également une âme pure mais je ne choisie jamais à laquelle je serai lié.

« - Qui la choisi alors ? Le père Noël ?

« - Une personne plus haut placé, rit-il.

Supposant que c'était Dieu lui-même, même si j'avais encore du mal à croire en son existence, je me tus et songeais à ma mère. J'aurais aimé la revoir, ne serait-ce qu'une fois, avant qu'elle ne meurt. J'aurais voulu lui demander pourquoi elle était partie sans moi. Je n'oubliais pas la version de Shane mais j'aurais voulu qu'elle me le confirme.

Je passais mon dimanche avec Shane à choisir deux sapins, et assez de décoration pour les deux, ce qui le rendait perplexe mais je refusais de lui dire ce que j'avais en tête. On prit également de quoi décorer une très grande table, et des murs puis lundi arriva et je retournais travailler après avoir passé une nouvelle nuit dans les bras de Shane. Comme je me l'étais promis, je ne cherchais plus à l'embrasser, même si j'en avais toujours envie. Je me comportais en fille exemplaire et j'espérais que mes rêves, seul moment de la journée que je ne pouvais contrôler, ne trahissaient pas ma frustration.

« - Dis donc, tu m'as l'air bien heureuse toi, sourit Ella quand j'arrivais. Qu'est-ce que tu as fait ce week-end ?

« - Rien de spécial, décrétais-je en prenant mon poste.

« - Menteuse, intervint Cathy une nouvelle dans l'équipe. Je t'ai vu au bras d'un canon dimanche.

« - Un canon ? Et je ne suis pas au courant ?

« - En effet, ris-je. Ella, ne te vexe pas mais ma meilleure amie n'est pas encore au courant, je ne veux pas en parler à mes collègues.

« - Ce canon… Il ne serait pas chauffeur de taxi à tout hasard, demanda-t-elle ignorant ma dernière remarque.

« - Peut-être, admis-je amusée. Ou peut-être qu'il est camionneur.

Elle me fusilla des yeux avant de rire puis prit son premier appel alors que je soupirais de soulagement. Pour le moment j'étais tranquille… Heureusement je n'avais pas prévu de sortir avant noël. Sauf une fois, mais je croisais les doigts pour ne pas croiser quelqu'un que je connaissais. Après… Après ça ne serait pas grave. Je pourrais toujours dire qu'avec mon canon ça n'avait pas tenu. Je mentirais en disant qu'il a eu une promotion et a été muté dans un autre pays… Ce qui ne serait pas faux, sauf qu'il n'aurait pas de promotion. Juste une mutation. Mon téléphone sonna et je pris l'appel en mettant mes pensées en pause.

La journée s'étira en longueur et je mangeais à l'intérieur. Le temps semblait être détraqué et je n'avais pas envie de manger sous la pluie. Manque ce chance, Ella et Cathy aussi et on passa l'heure à parler de mon canon, dont je refusais de donner le prénom. Ce qui les énervait mais je ne pouvais pas leur dire que c'était Shane, sinon Ella me demanderait pourquoi je lui avais pardonné et je ne me voyais pas lui raconter mon week-end, c'était exclu. Soit elle me croirait et ça serait bizarre, soit elle m'enverrait chez les fous. Je faisais donc mon maximum pour garder le mystère mais lorsqu'il vint me chercher à la fin de ma journée, comme je le lui avais demandé, elles attendirent, histoire de voir à quoi il ressemblait.

« - Mesdames, dit-il en entrant. Salut, tu as passé une bonne journée ?

« - Globalement… C'était une journée de boulot comme une autre. Et toi ?

« - C'était intéressant.

« - J'ai peur, soufflais-je.

Il rit et tandis que je me préparais, il m'assura qu'il avait simplement passé sa journée à s'assurer que tout serait près à temps pour Noël. Il avait retrouvé toute son énergie mais malheureusement tout son stock de bonheur avait été vidé et à présent, il était pressé par le temps. On sortit et je lui assurais que ce que j'avais en tête allait probablement l'aider à emmagasiner assez de bonheur pour être prêt à temps.

« - Tu sembles bien sûr de toi, dit-il en se garant devant l'orphelinat.

« - En effet. Aide-moi à décharger ton coffre.

Il sourcilla mais accepta de m'aider à porter les sacs de décorations alors que je prenais le sapin. On entra sans bruit et je souris en entendant les enfants jouer bruyamment.

« - Bon chut, c'est une surprise, chuchotais-je à Shane qui sourit.

Sans un mot, on retira le triste sapin, pour mettre celui que j'avais acheté et qu'on décora. Caitlyn qui passait dans le couloir nous vit et sourcilla en voyant ce qu'on préparait puis vint nous aider. Sous prétexte qu'il y avait un courant d'air, elle ferma la salle de jeu et on s'occupa du couloir principal ainsi que de la salle à manger. Ça nous prit deux heures et j'étais sur les rotules à la fin mais ça en valait la peine. Les murs n'étaient pas plus clairs mais au moins les décos donnaient un air de fête.

« - Les enfants, cria Caitlyn en faisant semblant d'être surprise. Venez voir ça, dit-elle devant le sapin.

La porte s'ouvrit et on entendit les exclamations de joies et de surprises quand ils virent les grosses guirlandes rouges ou or, les boules brillantes, ainsi les décorations qu'on avait accrochées au plafond. Ils finirent par nous rejoindre et je souris de joie quand ils décrétèrent que le sapin était magnifique. Ce n'était pas un vrai mais il était assez feuillu et réutilisable l'an prochain. Des guirlandes pleines de plumes, de boules pailletées et la grosse étoile qui clignotait au sommet de l'arbre, le rendait superbe. Océane n'était pas là malheureusement et je demandais à Caitlyn où elle était. Celle-ci, peinée, m'annonça qu'elle n'allait pas mieux pour le moment et j'allais la chercher. Il était exclu qu'elle ne voit pas notre superbe arbre. Quand j'entrais dans l'infirmerie, elle me sourit faiblement et je cherchais un fauteuil roulant. L'infirmière m'apprit, qu'ils n'en avaient pas et j'appelais Shane à la rescousse. On s'amusa à faire une chaise avec nos mains afin de la transporter dans l'entrée, alors que l'infirmière tenait sa perfusion.

« - Ohh, il est beau, s'exclama-t-elle en tapant doucement dans ses mains. C'est toi qui l'as fait, me demanda-t-elle.

« - Avec l'aide de Shane et Caitlyn. Je me suis dit que si vous aviez un magnifique sapin, le père noël vous apporterait plus de cadeaux donc… Tadam !

« - Ohh merci, souffla-t-elle en embrassant ma joue.

Les autres enfants, qui avaient entendu notre conversation vinrent nous remercier et tant de gentillesse et de bonheur me touchèrent, si bien que j'en eu les larmes aux yeux.

« - Tu avais raison, admit Shane lorsqu'on regagna sa voiture, ce qu'il vient de se passer a bien rechargé mes réserves.

« - J'en suis ravie. Non parce que je le savais personnellement, lançais-je amusée.

Il sourit et nous ramena chez moi avant de m'aider à monter mon autre sapin et mes décorations. On arriva dans mon appartement et je décidais de commencer par manger avant de faire le sapin. Shane était allé le chercher pendant que je travaillais et je le trouvais magnifique. Vendu dans un pot, je me promis de le ramener chez le commerçant afin qu'il puisse le replanter après noël.

« - Tu me rendrais un service, demandais-je en sortant les décorations que je triais par couleur.

« - Lequel ?

« - Ce n'est pas ton travail, je crois mais je compte acheter des cadeaux pour les enfants de l'orphelinat et je me demandais si tu accepterais de les apporter là-bas le soir de noël.

« - En effet ce n'est pas mon rôle, mais comment pourrais-je refuser une telle bonne action, demanda-t-il en prenant les guirlandes.

« - Tu ne peux pas, me moquais-je. Bon… Maman commençait par mettre les boules, me sembles-t-il, et les petits sujets.

Shane me confirma cette information ayant vu le dernier sapin qu'elle avait fait et on commença à le décorer. Quand tout fut accroché, on plaça les guirlandes puis il m'aida à atteindre le sommet de l'arbre où je mis l'ange en cristal. Je m'éloignais de quelques pas pour observer l'arbre et le trouvais magnifique. Soudain, il se mit à briller de mille feux et c'était magique. Si la lumière pouvait rester jusqu'à la fin de noël, ça serait parfait. Elle cessa doucement et je fixais sa source qui me regardait amusé.

« - Le bonheur te va bien, tu sais ?

« - C'est probable, je ne me suis jamais vu heureuse… Shane ?

« - Oui.

« - Si tu existes, et je dois admettre que je suis convaincue de ton existence, est-ce que… Est-ce que Dieu existe ?

« - En effet. Quelque soit le nom ou le visage qu'on lui donne. Il existe bel et bien un être céleste tout puissant. Pourquoi ?

« - Donc s'il existe, le paradis également ?

« - En effet, demanda-t-il sur ses gardes.

« - Tu sais si ma mère y est ?

« - Je ne peux pas répondre à cette question Mitchie. Ce qui se passe là-haut est tenu secret afin que vos actions restent les vôtres et ne soient plus calculées en fonction de la suite.

« - Je comprends. Ecoute, sans répondre à ma question, pourras-tu, si tu recroises ma mère, lui dire que je l'aime ?

Il sourit mais ne dit rien et je ne me vexais pas. Il venait de dire qu'il n'avait pas le droit de parler de ce qu'il se passait avec notre mort. Pourtant j'imaginais que ma mère était au paradis, et veillait sur moi. A présent, elle devait être fière. J'avais renoncé à vivre seule. Je ne pourrais pas vivre avec Shane, cette idée me brisait le cœur, mais je pourrais trouver un garçon gentil avec qui je ferais ma vie. Je ne serais pas aussi heureuse que lorsqu'il me prenait dans ses bras, qu'il me souriait ou qu'il m'embrassait, mais on serait quand même heureux. « C'est une sage décision, intervint une voix dans ma tête. »

« - Arrête de m'espionner, c'est mal poli.

« - J'ai senti tes doutes et ton amour vaciller. Je voulais comprendre. Excuse-moi.

« - Ce n'est rien. Et puis ce n'est pas un mystère. Tu sais quoi ? Je vais décider qu'il y a un paradis, que ma mère y est et que tu passes la moitié de l'année là-bas. Je viens de décréter également que lorsque je mourrais, je serais avec elle. Tu viendras nous voir de temps à autre et on pourra s'embrasser. Et toc !

« - Tes idées et tes rêves n'appartiennent qu'à toi, sourit-il énigmatique.

Je hochais la tête satisfaite puis bâillais longuement avant de me rendre compte que la soirée était terminée. Si je voulais être en forme demain, je devais aller au lit. Sans un mot, je pris la main de mon esprit de noël et nous conduisis dans ma chambre. Je me dirigeais quand même vers la salle de bain pour me changer, me brosser les dents, puis je revins vers lui. Il n'avait pas bougé et j'entrais dans mon lit avant de lui demander de m'y rejoindre. La seconde suivante, il était allongé sur ma couette, en pyjama ce qui me fit bien rire. Je le traitais d'idiot mais me blottis contre lui, lorsqu'il passa sous ma couette et je fermais les yeux, prête à dormir.

Entre le repas de noël à préparer, la décoration de mon appartement, le shopping pour l'orphelinat et mon travail, les jours qui nous séparaient de noël et du départ de Shane passèrent rapidement. Pourtant ça n'entamait en rien ma joie à l'idée de me réconcilier avec Noël, Dieu et tout ce monde sur lequel j'avais fait une croix des années auparavant. J'écoutais sans cesse des chants de noël que je fredonnais même au travail. J'avais dessiné des bonhommes de neige sur mes carreaux et je m'apercevais que mon humeur était liée à celle des New Yorkais. Je m'en étais aperçue en prenant le métro. Les gens souriaient, et j'avais assisté à de petits miracles. Un jeune punk à l'air revêche avait donné sa place assise à une personne âgée, une autre aida une mère à sortir avec sa poussette. Au travail aussi les gens étaient plus chaleureux. Mes collègues avaient cessé de m'interroger sur mon canon mystère et à la place, ils parlaient de leurs cadeaux. Non ceux qu'elles allaient recevoir mais ceux qu'elles voulaient faire. Ella prêta même cent dollars à Cathy afin qu'elle puisse offrir la croisière qu'elle voulait à ses parents. Ce noël promettait d'être magique et je fus pressée d'y être. Sachant que j'étais seule ce soir-là, Caitlyn m'avait invité à le fêter avec les enfants de l'orphelinat et je voulais voir leurs visages émerveillés lorsqu'ils verraient le pied du sapin couvert de cadeaux.

« - Bon allez les filles, à demain, sourit Ella. Ma journée est terminée et heureusement demain je ne suis pas de repas sinon je ne serais pas venue bosser.

« - A ce point, demandais-je amusée.

« - Sander et moi on accueille nos deux familles cette année. Il a cinq frères, tous mariés, et j'ai deux sœurs dont une qui a deux cavaliers. Plus nos parents. Son père est divorcé et a une nouvelle femme alors que sa mère profite de son célibat. Mes parents sont également divorcés et ont tous deux refait leurs vies. Je te passe le nombre d'enfants par couple mais en gros on ne sera pas loin de quarante.

« - Et dire que je me plains, je passe le mien avec mes deux parents et mon petit frère, soupira Cathy. Et toi Mitchie ?

« - Mes parents sont morts, mentis-je, et mon copain part en Floride dans sa famille…

« - Tu ne l'accompagnes pas ?

« - On sort ensemble depuis deux semaines Ella, c'est trop tôt. Et puis une amie est de garde à l'orphelinat. Je le passe là-bas, entourée d'enfants sans famille.

« - Tu vas en adopter ?

« - Seule ? Non, dis-je cachant la vraie raison. Allez file à demain.

Elle nous salua, enfila son manteau et quitta la boite alors que mon téléphone sonnait. Je pris l'appel et expliquait à une femme comment faire fonctionner son four puis je fermais mon poste. Il était dix-huit heures et j'avais fait mon cota d'heure. Me levant, je pris mon manteau et sortis dans le froid. J'enroulais mon écharpe au moment où Shane me prévint qu'il arrivait. Sa voix dans ma tête me perturbait les rares fois où je l'entendais et j'avais parfois peur qu'il écoute ce qu'il se passait dans ma tête lorsque j'étais loin de lui. Le taxi arriva et j'y montais en souriant. Notant que Cathy nous fixait, je fis semblant de l'embrasser bien décidé à tenir ma résolution jusqu'à son départ. Il partirait demain après que je sois partie au travail. Le temps qu'il nous ramène chez moi, j'évitais de penser à après. Je savais qu'il avait besoin de sentiments joyeux pour que sa jauge de bonheur reste pleine et je décidais de rester heureuse quoiqu'il se passe jusqu'au vingt-cinq, après ça serait à quelqu'un d'autre de sauver noël.

« - Tu vas bien ?

« - Oui, pourquoi ?

« - Il y a tellement de sentiments contradictoires en moi que je suppose que ce sont les tiens. Tu es heureuse et triste, inquiète et sûre, nostalgique et pressée… Que se passe-t-il ?

« - Rien, soupirais-je. Je pensais simplement à après ton départ mais je n'ai pas envie d'en parler ce soir. C'est notre noël, n'est-ce pas ? Bon alors parlons de noël, décidais-je en descendant de la voiture après qu'il se soit garé.

Il hocha la tête et me suivit jusqu'à chez moi. Seulement, lorsque j'entrais, j'écarquillais les yeux. Mon appartement avait été transformé. Des chants de noël tournaient, l'air était parfumé de volaille rôtie à point, de pommes de terre rissolées, mais ce n'était pas ça qui me surprit le plus. C'était le gros bouquet de rose blanche qui était dans l'entrée, le chemin de pétales de rose qui menait au salon, dont la lumière était tamisée, les décorations qui ornaient les murs, les photos dans des cadres que je ne connaissais même pas, et une boite sous le sapin.

« - Tu as fait tout ça pendant que je travaillais ?

« - Comme je te l'ai dit hier, je m'occupe pendant que tu travailles.

« - Je vois ça… Bon je file prendre une douche, dis-je en me reprenant, et après on fait la fête.

Il hocha la tête et je rejoignis la salle de bain avant de m'arrêter. Faisant demi-tour, je vins déposer un baiser sur sa joue, le remerciant pour ce qu'il avait fait, puis je partis me laver.

Quand je sortis de l'eau, je décidais de me faire belle et enfilais une petite robe blanche à fines bretelles que j'adorais puis je relevais mes cheveux avant de le rejoindre dans la cuisine. Le voir devant mon four à piquer le poulet, au lieu de la dinde, me parut bizarre puis l'impression passa et je lui proposais mon aide.

« - Repose-toi, je m'occupe du reste, dit-il avant de me regarder, tu es superbe. Le blanc te va bien.

« - Euh merci… T'es sûr que tu ne veux pas que je t'aide ? Je m'ennuie, soupirais-je une minute plus tard.

« - Non. Tu profites de cette soirée. J'aurais préféré que ce soit réellement noël ce soir mais… Le fêter la veille c'est bien aussi. Comme ça, on peut passer la soirée à discuter sans que je sois obligé de partir.

« - Ce n'est pas faux, admis-je en le rejoignant. Qu'as-tu prévu pour ce soir ?

« - Seulement de dîner et de regarder les films en noir et blanc que tu sembles tant aimer.

J'acquiesçais et embrassais sa joue au moment où il annonça que c'était prêt. Je notais que la table avait été dressée et je le laissais faire le service, puisque selon lui, je serais fatiguée demain soir.

« - Pourquoi ?

« - Tu te souviens ce que je t'ai dit ? Je puise mon énergie en toi.

« - Oui. A chaque fois que j'y pense je me fais l'effet d'une batterie à ce propos.

« - Navré, sourit-il. Ce que je ne t'ai pas dit, c'est que ce processus risque de te fatiguer. Généralement les âmes ne sentent rien mais comme tu es la première qui sait qui je suis, je préfère te prévenir au cas où.

« - Les autres n'ont jamais su qui tu étais ?

« - Exactement.

« - Donc tu changes de ville chaque année ?

« - De pays, nuança-t-il alors qu'on commençait à manger. Parfois même de continent.

« - C'est délicieux… Mais je comprends. Donc je ne te reverrais jamais ?

« - En effet. Tu ne te rappelleras même pas de moi le vingt-cinq.

« - Mais je veux me rappeler de tout ce que j'ai vécu, de ton visage, de ta voix, des choses que tu m'as montré… Attends si la mémoire est effacée, tu pourras revenir. Je ne te reconnaîtrais pas, non ?

« - Je ne sais pas. Habituellement, je reste le voisin de palier qui déménage, le vendeur sympa qui vous aide, le livreur de pizza. Dans ton cas, j'aurais dû rester un chauffeur de taxi parmi tant d'autres.

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Qu'en avez-vous pensé . De leur petit réveillon ? Des résolutions de Mitchie et de ses actions ?

Miss Tagada (L)

J'oubliais, je vous souhaite au nom de toute l'équipe de « Miss Tagada (L) » (Donc Miss Tagada, chris87 et nouna), de passer une très belle soirée de Noël. J'espère que le père Noël vous gâtera et surtout que vous passerez un moment magique. Joyeux noël à tous !