Un petit chapitre à part, mais prenant place dans cette histoire. Juste une parenthèse d'un moment que je n'arrive pas à placer autre part. S'il y en aura d'autre ? Oui. Quelques unes...
Bonne lecture !
Équivalence, l'inédit du dimanche
1 – L'uniforme
Roy avait bien cru ne jamais revoir son uniforme un jour. Ce n'est pas qu'il appréciait cet habit – pas depuis la guerre d'Ishval et encore moins depuis qu'il connaissait la vérité derrière la création d'Amestris. Mais ce vêtement bleu faisait partie de lui, sans oublier que ce tas de tissus bleu à insigne lui rappeler chaque jour son objectif : devenir généralissime (ce qui lui permettrait d'obliger les femmes à porter des mini-jupes, et qui sait ? L'aiderait à changer le design de ces uniformes…)
Depuis son arrivée en Amérique, Roy ne l'avait plus revu, et avait cru, qu'à son retour à Amestris, il devrait en faire une nouvelle commande. Ce qui engendrerait pas mal de paperasse. Et chacun sait à quel point Roy Mustang, Général de Brigade, adooore la paperasse.
Quelle fut sa surprise quand une agente du SHIELD, se présentant sous le nom de Maria Hill (une femme au caractère pouvant être aussi dur que Riza, et aussi tendre que Maria Ross – et dont il ne l'avait pas en cours d'Alchimie), le lui rapporta. Rapiécé proprement, plié correctement, presque flambant neuf. Presque encore plus beau que le jour où il l'avait reçu. En remerciement, il lui a expliqué patiemment le moindre détail de son uniforme. Des épaulettes, aux insignes.
_ Une question, Général.
_ Allez-y.
_ Le Commandant était-il en permission le jour où vous êtes arrivés ?
_ Non.
_ Pourquoi ne portait-il pas d'uniforme ?
Un sourire sournois s'est étiré sur son visage pâle.
_ Parce qu'il était trop petit. Quel couturier accepterait de tailler un uniforme rien que pour lui ? Surtout qu'il grandit toujours millimètre par millimètre, et nos uniformes sont fait sur mesure. Il aurait vite coûté trop cher. Et, j'étais tellement occupé pour envoyer ses mensurations aux couturiers. Sans oublier que voir un gosse en uniforme militaire, ça fait un peu tâche…
_ Vous avez fait en sorte qu'il n'en porte pas.
Ce n'était pas une question, ni même une supposition. Ce n'était qu'une affirmation résumée juste et intransigeante. Et c'était bien vrai. Oh, bien sûr, pour ce faire, il avait eu besoin de l'aide de Riza, en plus du silence de son équipe –comme sur beaucoup d'autres points. Une aide constante et répéter à chaque fois qu'Edward revenait lui transmettre son rapport. Il fallait toujours trouver des excuses, des alibis. Jouer avec la carte des finances ne fonctionnait pas –Edward créant d'innombrable dégâts partout sur son passage. En revanche, tirer sur la corde de l'indignation de la population, fonctionnait toujours.
_ À part les hommes au pouvoir, agent Hill, qui serait fier de présenter à la population l'enrôlement forcé d'un génie de 12 ans ?
_ Personne.
_ Oui, personne.
Maria hocha la tête, avant de se détourner. Sur le pas de la porte, elle posa une autre question :
_ Quittera-t-il l'armée, quand vous rentrerez ?
_ Pas immédiatement. Même à la chute de notre dictateur, un contrat reste un contrat. Il a également émis le souhait de rester pour aider au reconstruction et pour assurer la sécurité lors des futures élections. Si le temps s'écoule pareil qu'ici, alors, il lui restera encore une bonne année dans nos rangs. S'il souhaite prendre sa retraite ou rester, ce sera sur sa décision, et personne ne l'y forcera. J'y veillerai.
_ Assurez-vous qu'on ne le forcera pas.
Roy ne répond que par un hochement de tête entendeur.
Les enfants soldats est un concept inappréciable. Ici comme à Amestris.
Quand Maria disparu au détour du couloir, Roy ne peut que fixer son uniforme, les sourcils froncés.
Un doute le prend, subtil et léger. Pourquoi avoir voulu leur remettre l'uniforme ? Est-ce une volonté de Maria ou une demande de plus haut ? Un témoignage de confiance ou une recherche d'informations ? À moins qu'il ne s'inquiète pour rien et ne voit le mal partout…
_ JARVIS ?
« Oui Général ? »
_ Où se trouve Edward ?
« Dans la salle commune, avec Monsieur Stark. Il lui donne quelques conseils pour améliorer ses performances en Alchimie. »
Cette information n'étonne même pas le général. Cet homme n'était pas un génie pour rien. Tony avait un don depuis qu'il avait compris leur petite devinette. Qu'il s'entende si bien avec Edward n'était pas si surprenant.
_ Merci.
Il regarda l'uniforme toujours correctement plié, une petite idée dans la tête.
C'était stupide. Totalement stupide.
Roy se passa une main dans ses cheveux. C'était stupide mais possible, probable. Une idée qui risquait de lui coûtait cher.
_ Pourrais-tu m'indiquer où je pourrais trouver un mètre ruban ?
N'étant pas suicidaire, et sachant qu'il valait mieux intervenir à un moment où l'ingénieur travaillerait sur des transmutations d'un niveau plus élevé que ses cours, Roy prit son mal en patience, pour le temps d'une après-midi.
Lorsqu'Edward est passionné pour une chose, il est plus que difficile de l'en sortir. C'est un garçon dont la concentration est incassable et infaillible. Il faut être chanceux pour réussir à l'en sortir, et être prêt à subir sa mauvaise humeur s'en suivant… Alphonse représentant l'exception qui confirmait la règle.
_ 軍の犬。(gun no inu)
Il ne s'attarde pas sur le regard surpris d'Edward, et se contente, sans plus de cérémonie, de lui lancer son paquetage de vêtements bleus. Le jeune blond les rattrape sans aucune difficulté. Immédiatement, ses sourcils se froncent encore plus.
_ 何為れぞ ? 着てほしくない ! (nanisurezo ? kitehoshikunai !)
_ 知ってる。着て。命令です。(shitteru. Kite. Meirei desu.)
Edward allait protester avec quelques insultes bien placées et bien senties, tout en soulignant l'impuissance de son supérieur (la pluie newyorkaise lui donnait quelques idées). Mais il s'est retenu. Jusqu'ici, Roy ne l'avait nommé que « soldat » dans leur langue lorsqu'ils se retrouvaient tous deux en présence de leurs « hôtes ». Acte réfléchit et décidé pour faire comprendre à cette organisation qu'Edward n'était qu'un simple soldat sans aucune aptitude exceptionnelle. Or, jamais un simple soldat se ferait nommer « chien de l'armée » à Amestris.
Que Mustang lui ordonne d'enfiler l'uniforme n'est pas un caprice, même s'il tente de le faire passer pour tel. Son supérieur à une idée derrière la tête, le début d'un plan pour rentrer au bercail. Le rictus discret du général lui confirme son intuition. Eh bien. Il en aura mis du temps.
Edward se contrôla pour ravaler ses insultes, et autres joyeusetés nées de sa rage naissante. Il détestait l'idée de devoir porter l'uniforme, alors qu'il en était parvenu à l'éviter jusqu'ici. Même si Bradley n'était plus et qu'Amestris avancé vers le changement, une réputation ne disparait du jour au lendemain.
_ 今、鋼の。(ima, haganeno)
_ はいはい。わかったよ、バカの大佐。(hai, hai. Wakattayo, baka no taisa)
Il pouvait toujours se venger à sa manière, et il ne s'en priverait pas.
Le jeune s'éloigna vers la salle déserte la plus proche, son supérieur sur les talons.
_ Comment vous faites pour porter ce torchon tous les jours ? Il n'est pas pratique, merdique et chiant ! Nous n'allons pas parler des couleurs criardes.
_ L'habitude. Dis-toi que c'est un habit de bureau. Ceux pour le terrain sont plus amples et moins serrés.
_ Pourquoi vous portiez celui-là ?
_ Parce que je sortais d'un dîner d'affaire.
_ On se demande à quoi on vous paye.
_ Grumman veut avancer les élections présidentielles. Il souhaitait un rapprochement entre l'Armée et le Parlement.
_ C'est stupide. On risque une nouvelle guerre civile !
_ Peu avant le Jour Promis, Bradley avait lancé une offensive sur Drachma.
_ Ils demandent vengeance.
_ Et une guerre à nos portes, alors que le pouvoir n'est pas stable, qu'il n'y a aucune confiance dans l'armée…
_ Nous mènerai à une autre guerre plus sanglante. conclu le blond en ajustant le col
_ À laquelle je refuse que tu participes.
_ Alors pourquoi cet uniforme ?
_ Pour tout départ d'un membre haut placé, le port de l'uniforme est obligatoire pour la cérémonie. Autant prendre tes mensurations maintenant. Il pleut, autant que je fasse quelque chose d'utile.
Le commandant se laisse faire, un marmonnement mourant à la barrière de ses lèvres. Bien évidemment que son supérieur ferait ce genre de chose en jour de pluie. Il s'acharna sur les boutons de manchettes il n'aurait jamais que cet uniforme soit si compliqué à enfiler. Pour que rien ne s'emmêle, il devait respecter tout un système à la con (si nous pouvons citer son jugement).
De dos à son supérieur (qui s'occupe de faire tenir le pantalon sur ses hanches), le jeune finit néanmoins par lâcher :
_ Je ne suis plus un enfant.
_ Je le sais. Tu me l'as assez rappelé. Tu n'as fait que nous le prouver.
L'alchimiste de feu ne répond pas, ajustant le tablier à la taille de son subordonné.
_ Mustang.
_ Non, Edward.
_ Vous ne pourrez pas m'empêcher de prolonger mon contrat.
_ Grumman me doit une faveur.
_ Si mon frère est toujours en vie, j'aurai une dette gravé au fer rouge envers vous. J'en ai une depuis que vous m'avez intégré à votre équipe.
_ Si tu me dois une faveur, ce sera celle que tu passes du temps pour toi. À profiter de ce que tu n'as pas pu profiter.
Mustang le retourna, histoire d'ajuster correctement la cordelette. Il ne dit rien pour l'absence de la montre – tout en sachant que lui et Edward devrait récupérer la leur avant leur départ. Que le temps se déroule identiquement aux deux univers, ou que celui d'Amestris soit plus rapide à celui-ci, la montre serait un autre moyen de prouver leur identité.
_ Il aura fallu un de vos coups de tête pour que je me rende compte que je portais bien l'uniforme.
S'offusqua (ou sembla s'offusquer) Edward, mettant immédiatement les mains dans les poches –le pantalon descendant un peu sous l'effet du nouveau poids.
_ Imagine-toi en porter un à ta taille.
_ Vous ne pourriez pas le réduire, que je vois ce que ça donne ?
_ Et le surplus de tissus ?
_ Une cordelette pour m'attacher les cheveux ? Ce sera plus simple pour mesurer après et toujours mieux que tu m'enrouler de mètre rubans.
Mustang roula des yeux, mais s'appliqua à tracer un cercle et quelques motifs à l'intérieur de celui-ci avec un morceau de craie.
_ Lève les mains.
Edward s'y obligea. Un morceau de papier disparu dans son gant. Toutefois, dû aux quelques lumières qui s'échappèrent du cercle, ce tour de passe-passe fut invisible à quiconque pourrait passer par là.
Peut-être en faisaient-ils trop tous les deux.
Enfin bon. C'était toujours plus amusant.
Du point de vue du brun.
Edward ne quitta plus l'uniforme, prenant quelques aires supérieures –possiblement aidés par les différents insignes. Cela pouvait être mal vu de se pavaner en un uniforme étranger. Mais si le plus jeune militaire en avait quelque chose à faire ? Aucunement. Ce n'était pas son problème.
_ Après tout ce mal que le Général s'est donné pour que je le porte, il est hors de question que je le retire ! narguait le blond dès que quelqu'un lui faisait la moindre réflexion.
Le masque dura jusqu'au soir, quand le blond resta debout à côté de son lit.
_ Vous auriez pu me le dire plus tôt que l'ensemble de l'uniforme était trop serré, 武将エルリック (bushô Elric).
En toute réponse, Mustang reçu l'oreiller dans la figure.
Je n'ai aucune excuse. Juste que j'adore les fanarts d'Eward en uniforme militaire.
Et si cela aura une importance pour la suite ? Tout à fait.
Si les alchimistes continuent à jouer au chat et à la souris avec le SHIELD ? Parfaitement.
À bientôt !
Traductions.
M. Chien de l'armée !
E. Pourquoi ? Je ne veux pas le porter.
M. Je sais. Porte-le. C'est un ordre.
M. Maintenant, Fullmetal.
E. Oui, oui. J'l'ai compris, crétin de colonel.
M. Général Elric.
