Coucou, me revoilà avec une nouvelle suite!

Merci encore pour vos commentaires.

Précédemment dans "Les deux faces d'une même lune":

Dehors, Alexandra roulait en direction de sa voiture lorsqu'un individu vint la surprendre par derrière, en douce, la menaçant d'un couteau placé sous la gorge et lui susurra ces quelques mots.

« Le Joker te salue ! »

Elle en eut la chair de poule à l'évocation du nom de son tortionnaire et elle déglutit difficilement. Elle s'apprêtait à appeler de l'aide, malheureusement, son agresseur fut plus rapide et plaqua ses doigts sur sa bouche pour la faire taire et enfonça son canif sadiquement un peu plus dans la chair.

- Ne m'oblige pas à te faire du mal, le patron te veut vivante », ajouta-t-il, menaçant.

N'étant pas décidé à suivre bien gentiment ce voyou et surtout ne pas finir dans les filets du psychopathe criminel qui lui servait de chef, l'infirme, poussée par l'adrénaline et l'envie de ne pas mourir, reprit une totale maîtrise d'elle-même et lui asséna un violent coup de coude dans le ventre. Encaissant le choc, son assaillant recula, puis, elle en profita pour agripper ses mains de chaque côté de ses épaules afin de le faire basculer en avant et enfin, attrapa son arme à feu dans l'une de ses pochettes accrochées à son fauteuil et le pointa sur la poitrine de l'homme. Ce dernier portait un masque de clown ridicule.

« Ecoute-moi bien, espèce de crétin ! déclara la jeune femme, sinistre. Si le monstre me veut, bien, qu'il vienne me chercher lui-même.

Le malfrat rit diaboliquement.

- Bien, poupée. Le message sera délivré.

- Va, avant que je ne change d'avis et que je ne te colle une balle entre les deux yeux.

L'individu se releva sous le contrôle vigilant de son antagoniste et disparut dans le lointain, en chantonnant de façon angoissante, ces deux phrases :

- On va bien s'amuser. Papa va retrouver son petit oiseau perdu ! »

La tension et le stress redescendaient à mesure que ses muscles tendus comme des arbalètes se relâchaient petit à petit. On pouvait même voir qu'elle avait eu peur, sa main tenant l'arme était prise de tremblements incontrôlables. Elle la baissa sentant que le danger était écarté et la rangea dans son étui. Elle se permit d'inspirer et d'expirer à fond. Que lui était-il passé par la tête ? A présent, il allait s'empresser de prévenir son maître et ça la mettrait en danger. Sur le coup, elle n'avait pas pensé aux conséquences de ses actes. Quand le faisait-elle, d'ailleurs ? Elle était connue pour son impulsivité et sa ténacité.

Une voix métallique, trafiquée la sortit de ses songes.

« Vous savez que c'est stupide ce que vous venez de faire ?

Le timbre était tellement empreint de colère qu'elle en fut étonnée. Lui avait-elle gâché son passe-temps favori : voler au secours de demoiselles en détresse ? Sa bouche s'était étirée d'un sourire malicieux quand il avait commencé à parler et elle avait, tout de suite, plongé une main dans son sac. Elle allait peut-être enfin avoir l'opportunité de lui parler.

Elle se retourna lentement, le temps de se faire à sa réelle présence, le dévisagea et après de longues minutes, elle s'adressa à lui.

- Arrow ! Vous déniez enfin, vous montrez à moi ? Je suis flattée. Elle croisa les bras. Qu'ai-je fait pour avoir l'attention du célèbre justicier de Starling City ?

- Ne faites pas l'innocente, mademoiselle Quinzel ! fit-il, durement. Il voulait qu'elle arrête ses bêtises, on ne jouait plus. Apparemment, vous avez tendance à vous mettre dans la gueule du loup. Et ce type que vous menaciez d'une arme est visiblement dangereux.

Depuis quand avait-elle un neuf millimètre ? Et quand avait-elle appris à s'en servir ? Et qui lui avait enseignée ces quelques techniques de self-défense ? Il plissa les paupières, il avait sa petite idée.

- Je sais très bien prendre soin de moi. Vous avez dû vous en rendre compte, non ? répliqua la belle rousse, sarcastique. Que me voulez-vous, exactement, monsieur l'archer ?

- Cessez votre enquête sur ce criminel, c'est compris ?

Oliver s'était avancé un peu menaçant, sa silhouette imposante dans son costume, la dominait de toute sa hauteur. Alexandra recula légèrement la tête, incrédule mais sans aucune peur.

- Vous me jouez le rôle du grand méchant ? Ironisa-t-elle. Ça ne marche pas sur moi, j'ai connu pire. Ses iris verts perdirent soudain de leur éclat à cette évocation et le cœur d'Arrow se pinça lui aussi. Puis, semblant réaliser ce qu'il venait juste d'évoquer, elle ouvrit de grands yeux. Aurait-il trouvé la pancarte cachée dans son appartement ? Vous aussi, vous recherchez ce Joker ? S'enquit-elle, intéressée.

- Ca ne vous regarde pas ! S'écria-t-il, avec fermeté.

- Si, figurez-vous ! riposta l'infirme, hargneuse. Je n'arrêterai pas. Et puis, je peux vous être utile.

Il s'était détourné d'elle, près à s'en aller.

- Je travaille seul. Encore une fois, arrêtez vos fouilles, sinon, vous aurez affaire à moi !

Il pointa son arc sur le haut du bâtiment adjacent à la boîte de nuit et décolla du sol. Elle le mira être emporté par les ombres voluptueuses de la nuit.

- Ce n'est pas un problème, je t'aurais autrement », chuchota Quinzel, en se saisissant de son téléphone, un rictus satisfait apparaissant sur son visage.

Avec cet enregistrement, elle allait sans doute pouvoir démasquer le gardien de la ville.

Le lendemain, Oliver Queen était dans son bureau de la tour Queen Consolidated entrain de regarder les informations locales sur son ordinateur lorsque son assistante, Sally fit irruption dans la pièce.

« Monsieur Queen ?

Il stoppa la vidéo et leva les yeux vers elle.

- Oui, Sally ?

- Votre ami, monsieur Merlyn, pour vous, sur la ligne 2, ça a l'air important, l'informa-t-elle.

Il fronça les sourcils. Ça devait être vraiment urgent pour que son meilleur ami l'appelle à son travail.

- Merci, Sally. Je prends. La secrétaire acquiesça avant de refermer la porte derrière elle. Puis, le blond se saisit aussitôt du combiné. Tommy ? Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il, inquiet.

- Lex' est au commissariat, lui apprit son interlocuteur.

La panique avait, tout d'un coup, envahi tout son corps. Mais il fallait qu'il reste maître de lui-même, il clôt ses paupières quelques instants pour évacuer et l'interrogea, de nouveau.

- Pourquoi est-elle là-bas ?

- Je ne sais pas. J'ai juste croisé Laurel, au café, qui se rendait en catastrophe au poste pour Lex'. Comme elle enquête sur toi, je voulais te tenir au courant. Je ne souhaiterais pas qu'elle révèle des choses, dit Tommy, lui aussi semblait soucieux. Je dois te laisser.

- Merci, mec. J'y vais de ce pas.

Ils raccrochèrent. Queen passa nerveusement une main dans ses cheveux courts. Il savait que le cas de Lexie était important, cependant, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander quel rôle jouait son ex petite-amie dans cette histoire. Décidé à avoir des réponses, il se leva de son siège et quitta son office. Sally le mira d'un air interloqué. Son patron se comportait toujours de façon insensée mais il paraissait plus préoccupé que d'habitude, en cet instant.

« J'ai besoin de m'absenter une demi-heure, Sally.

- Pas de soucis, monsieur Queen, je déplace vos rendez-vous, annonça-t-elle, avec un petit sourire.

- Merci, Sally, vous êtes un ange, la complimenta-t-il. J'ai bien de la chance que vous n'ayez pas démissionné à la mort de mon père.

- C'est bien normal, monsieur, je suis là pour servir la famille, fit-elle, modestement. Allez, filer ! Je vous appelle monsieur Diggle. »

Elle attrapa le téléphone et composa un numéro, pendant que le justicier, lui, prenait l'ascenseur.

Alexandra Quinzel avait été embarquée au poste de police de Starling City, une heure auparavant. Alors qu'elle se rendait, comme tous les jours au journal StarPost, une voiture de la brigade s'était garée près d'elle, l'inspecteur Lance en était descendu et lui avait sommée de le suivre gentiment. A partir de ce moment, elle avait atterri dans cette salle d'interrogatoire avec pour seule compagnie, Quentin Lance, qui lui quémandait des explications sur ses intrusions illégales dans le serveur des forces de l'ordre. Bornée et hermétique, elle avait fait appel à ses droits de citoyenne : garder le silence et contacter son avocate.

D'ailleurs, celle-ci entra dans la pièce sans ménagement. C'était Laurel Lance, fille de Quentin, qui représentait la famille Quinzel depuis l'enlèvement des jumelles. Son père souffla, blasé. Il savait d'avance qu'il était foutu. Son enfant était douée, elle ne ferait qu'une bouchée de lui et de plus, son dossier contre la jeune Quinzel était maigre et il n'avait rien de concret, elle serait relâchée dans la seconde. Il détestait se battre contre son propre sang, il voyait trop de lui en elle. Toujours à défendre les causes perdues et les plus démunies. Par exemple, ce play-boy milliardaire de bas étage qu'était Oliver Queen. Cela le faisait tellement enragé que ses deux filles se soient amourachées de lui. Dire qu'à cause de lui, il avait perdu sa cadette à tout jamais, qu'il avait plongé dans l'alcool et que sa famille avait fini par imploser.

La représentante de la Loi s'approcha de la table derrière laquelle se tenait la rousse. Elle posa son attaché-case et fit glisser le dossier tant redouté jusqu'à l'inspecteur.

« Papa, j'ai parcouru le rapport que ton officier m'a confiée, il n'y a rien de probant, donc, je te demande de libérer ma cliente sur le champ ! annonça-t-elle, sans plus de préambule.

- Elle était dans ce café web, Laurel ! tenta-t-il de s'expliquer.

- Ca ne veut absolument pas dire que c'est elle qui était devant cet ordinateur.

- Nous avons des témoins, renchérit l'autre Lance.

- Parlons-en de ces témoins ! Ils étaient plus concentrés à jouer à leur jeu plutôt que de regarder autour d'eux et le gérant ne note pas systématiquement le poste qu'utilisent ses clients, ajouta la blonde, pour clôturer la discussion. Libère-là, maintenant.

Sur ces mots, elle sourit fière, reprit possession de sa mallette et sortit de la salle. Alexandra s'apprêtait aussi à s'en aller quand le policier l'interpella.

- Il faut que vous arrêtiez cet acharnement permanent sur ce Joker, ça pourrait mal finir et ça ne ramènera pas votre sœur, croyez-moi !

- Le justicier m'a dit quelque chose de similaire. Je me demande encore pourquoi vous ne vous entendez pas comme cul et chemise.

Quentin la regarda hébété.

- Qu'est-ce que ce clown en combinaison vert à avoir avec tout ça ? Serait-il aussi sur les traces de ce criminel psychopathe ? »

Il n'eut pas de réponse à ses questions puisque la jeune femme avait déjà pris la porte. Si ce maudit Arrow venait à se mettre en travers de son chemin, il allait voir de quel bois il se chauffait !

Pendant ce temps-là, Oliver entra dans le commissariat, il avançait vers l'accueil d'un pas déterminé, lorsque ses yeux se braquèrent sur Laurel qui s'éloignait du couloir où se trouvait la salle d'interrogatoire. Il se décida à aller à sa rencontre.

« Salut, Laurel !

La jeune avocate grimaça, elle n'avait visiblement pas envie de le voir, ce qui était totalement compréhensible dans son cas.

- Oliver. Que fais-tu ici ? le questionna-t-elle, glaciale.

- Tommy m'a prévenu pour Lexie. Je suis venue voir ce qu'il en était.

Son ex petite amie rit jaune.

- Depuis quand te préoccupes-tu des autres, Oliver ? lança-t-elle, rosse. Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, elle enchaina. Non, attends, c'est parce que tu ne couches pas encore avec elle !

- Tu as raison, nous n'avons pas ce genre de relations. Lexie est mon amie.

- Peut-être bien mais un jour, elle finira dans ton lit, on le sait tous les deux, railla-t-elle.

- Tu te trompes, Laurel.

- Oh, non ! Je sais ce que tu fais aux femmes. Même ma petite sœur a été assez naïve pour tomber dans tes filets et la différence avec nous autres, c'est qu'elle n'en est jamais revenue. »

Son regard s'assombrit et des larmes commencèrent à lui monter aux yeux. Elle avait tellement de colère en elle, n'arrivant pas encore à lui pardonner, pourtant cela faisait cinq longues années. La gorge d'Oliver s'était serrée d'émotions, il n'y avait pas un seul instant où le souvenir du visage de Sara ne le hantait.

Alexandra quittait le lieu de sa comparution quand elle aperçut Laurel discutant avec Oliver. Elle s'étonna de le voir là. Comment avait-il su pour son arrestation ? Elle ne savait pas pourquoi mais les regarder tous les deux comme ça, faisait monter en elle un sentiment de jalousie incontrôlable. Pourtant, elle se l'interdisait. Elle n'avait aucun droit de ressentir ça. Laurel était sa petite-amie avant le naufrage en bateau, c'était à fait normal qu'ils veuillent être intimes, de nouveau, bien que l'avocate y soit quelque peu réticente. Après tout, elle, elle n'était que son amie, il ne fallait pas qu'elle l'oublie ! Comme pour donner du poids à ses paroles, elle secoua la caboche et continua son chemin.

« A propos de Sara, je voulais te présenter mes excuses, fit Oliver, avec sincérité. Tout est de ma faute.

- Présenter tes excuses ? lâcha Laurel, dubitative. Cette île t'a vraiment changé, on dirait.

Queen sourit faiblement.

- Tu n'imagines pas à quel point, dit-il, accablé.

- Ce n'est pour autant que je vais te pardonner. C'est trop dur, Ollie. Elle tourna légèrement son regard et distingua sa cliente venant dans leur direction. Essaie de ne pas la faire souffrir, c'est une fille chouette et elle a déjà beaucoup morflé. Elle mérite mieux que tous tes mensonges. »

Lance tourna les talons et prit la tangente. Elle n'avait plus rien à lui dire. Le blond resta perplexe. Il était tellement absorbé dans ses pensées qu'il n'entendit pas la petite rouquine arrivée à ses côtés.

« Oliver ?

Percevant son prénom dans le lointain, le nuage de ses réflexions se dissipa rapidement et il pivota vers elle.

- Lexie.

- Que fais-tu ici ? s'enquit-elle, surprise.

- Tommy m'a prévenu.

Ah, le traitre ! Il allait le payer, c'était certain !

- C'est gentil. C'est réglé, maintenant, tout va bien.

- Qu'est-ce qu'ils te voulaient, au juste ? l'interrogea-t-il, soupçonneux.

- Rien d'important, mentit son amie.

Elle évita de le regarder dans les yeux et fila vers la sortie. N'étant pas dupe, il lui bloqua le passage.

- Si tu étais au poste, c'est bien pour une raison, non ? Tu sais que tu peux tout me dire, je ne te jugerai pas.

Elle se mordilla la lèvre inférieure, elle était nerveuse à l'idée qu'il apprenne qu'elle enquêtait sur la disparition mystérieuse du corps de sa sœur et que pour cela elle piratait le serveur de la police de la ville et toutes les institutions gouvernementales qui pourraient l'aider à parvenir à ses fins.

- J'ai craqué le système informatique pour avoir des infos sur ce Joker, lui révéla Quinzel, tout bas.

Il n'en croyait pas ses oreilles, elle n'avait pas pris en compte ses menaces. Sa petite entrevue avec elle, hier soir, n'avait servi à rien. Pour ne rien faire transparaitre de son sentiment d'exaspération, il s'agit normalement.

- Lexie, je comprends mais sois prudente. Hacker le service de police peut te mener en prison.

- Ne t'inquiètes pas, ils n'ont rien contre moi, je sais comment couvrir mes traces, lui dit-elle, sûre d'elle, avec un clin d'œil. Et puis, Laurel est mon avocate, elle est d'une aide précieuse.

Et pas que pour te sortir des impasses, j'imagine, pensa-t-il, la mâchoire crispée. Il se revoyait, la veille à l'observer pendant qu'elle se défendait contre son agresseur.

- Je te fais confiance. Attention, tout de même, tu pourrais avoir de gros ennuis, si tu te fais prendre. L'inspecteur Lance ne lâchera pas le morceau si facilement, la prévint-elle. Un jour, faudra que tu me dises à quel moment tu es devenue un petit génie de l'informatique !

Il lui déposa un baiser sur le front et la contourna pour la pousser vers l'extérieur.

- En parlant de gros ennuis, fit-elle, espiègle, en penchant la tête en arrière pour lui jeter un coup d'œil. Tu sais qui va en avoir ?

- Non, mais je sens que cet individu ne va pas spécialement aimer, plaisanta le jeune homme, avec un petit rire.

- Oh, non! C'est Arrow! annonça l'infirme, excitée. Il est venu me trouver dans la rue, hier soir, pour me faire son petit laïus et j'ai enregistré notre conversation avec mon téléphone. Elle rit à son tour. Avec mon logiciel de reconnaissance vocale, je vais pouvoir savoir qui se cache derrière la capuche ! »

Heureusement qu'elle fixait, de nouveau, son regard devant elle parce que la rousse aurait pu sans doute apercevoir les prunelles bleues acier de son ami sortirent de leurs orbites, son cœur manquer un battement et son visage se décomposer, il ne riait plus. L'héritier avait cru défaillir à la minute même où elle avait prononcé sa phrase. Quand il croyait avoir pris toutes les dispositions nécessaires, elle trouvait toujours le moyen de le surprendre par un autre de ses tours. Elle était d'une malignité et d'une ingéniosité sans pareille. Même si ça le mettait dans le plus grand embarras, il ne pouvait s'empêcher d'être admiratif et de se dire que ses contacts et ses talents pourraient bien lui être utile. Seulement, il ne souhaitait en aucun cas qu'elle découvre son identité secrète, cela pourrait la mettre encore plus en danger. D'ailleurs, il ne voulait pas de cette vie faite de mensonges et de tromperies pour elle, il fallait qu'il protège cette lumière d'espoir et de bonté qui émanait encore d'elle, c'était pourquoi il devait absolument récupérer cet enregistrement compromettant.

A suivre...

Bris'.