Nouveaux personnages n'appartenant pas à Higuchi Tachibana: (personnages inventés)

Kaoru Kalitori: vendeuse du magasin de vêtements féminins et patronne de Mikan.

Marco: ami et assistant de Kaoru Kalitori. Il conseille Kaoru et coiffe Mikan lors de ses séances de pose.


chapitre 5 : Mikan complète son mi-temps

Quand Natsume arriva au bureau, il fut accueilli par l'interrogatoire de son ami et collègue, Luca. " Que s'est-il passé avec Mikan? C'était quoi cette dispute? demanda-t-il. ― Je ne vois pas en quoi ça te regarde. rétorqua son meilleur ami calmement. ― Mikan est aussi mon amie. Si tu lui as fait de la peine, ça me concerne aussi, répliqua Luca. ― Il y a déjà deux jours de cela. Pourquoi y revenir? Qu'a-t-elle bien pu te raconter? Est-elle encore venue pleurer sur ton épaule comme lorsque nous étions enfants? Bon dieu! Ne grandira-t-elle donc jamais? dit-il énervé.

La colère de Natsume revint aussitôt. Le remords à propos de la blessure de son épouse fondit comme neige au soleil. Pourquoi fallait-il qu'elle raconte leur vie privée à tous ses amis?

" Je suis son ami. Pourquoi ne se confierait-elle pas à moi? argua Luca. Bon Dieu Natsume! Je t'ai laissé le champ libre avec Mikan car je croyais que tu l'aimais et qu'elle serait heureuse avec toi. Si tu ne veux plus d'elle, donne-la moi! implora-t-il. "

Natsume se figea. Mikan aurait-elle dit à Luca qu'elle voulait le quitter? Sa jalousie et sa colère montèrent en lui. Luca fut vraiment inquiet pour Mikan. Surtout après le week-end où Natsume l'avait giflée. Elle ne méritait pas ça. Il savait pertinemment qu'elle n'en aimerait jamais un autre, mais si cela pouvait faire réfléchir son ami, cela valait la peine de lui faire peur.

" C'est ma femme et je ne la laisserai à personne, pas même à toi! rugit-il. Notre intimité ne te regarde pas. Fin de la discussion! ― Elle n'est pas ta propriété! rétorqua Luca.

― Je te préviens, si tu tentes quoi que ce soit pour me prendre Mikan, je te le ferai payer! menaça Natsume farouchement. Maintenant, au travail. Je ne veux pas que tout le bureau soit au courant de ma vie privée. dit-il d'un ton glacial. " Leurs collègues s'étaient tous retourné vers eux lorsqu'ils avaient entendu le ton élevé de leur discussion. Luca baissa la tête et se tut.

Ils se remirent au travail. La journée empira d'heure en heure. Un de leur client s'insurgea d'avoir raté l'acquisition d'une villa qui était partie pour un prix bien supérieur au sien. Natsume essaya de le calmer en lui expliquant que l'acheteur avait décidé d'obtenir la villa quel qu'en soit le montant demandé et qu'il n'aurait pas pu payer le prix pour lequel la maison était partie.

Après son travail, Il fit un tour par la banque pour voir où en étaient leurs économies. Il était déprimé et fatigué. Sa rancœur alla à la personne qui était la plus facile à blâmer: son épouse. Il se souvint de la discussion avec son meilleur ami et la colère refit à nouveau surface.


Mikan demanda à son patron si elle pouvait passer d'un mi-temps à un temps plein, mais il lui répondit que c'était impossible. A la fin de sa matinée, elle regarda les petites annonces à la recherche d'un autre job, mais sa recherche fut infructueuse. Elle soupira. Pour se changer les idées, elle se dirigea vers le parc. Par un heureux hasard, elle rencontra son amie Anna Umenomiya.

" Bonjour Anna, comment vas-tu? Ça fait un moment que l'on ne s'est pas vue. dit-elle, heureuse de pouvoir parler avec une amie. ― Oh, Mikan! Je suis heureuse de te revoir. Comment cela se passe-t-il avec Natsume? demanda-t-elle innocemment.

Mikan se figea un instant, mais se repris. " Tout va bien. Il est adorable avec moi. En ce moment, il travaille beaucoup et revient souvent fatigué. On essaie d'économiser pour acheter notre propre maison. Pour l'instant, on vit dans l'appartement de mon oncle. Et toi, Anna? Comment ça se passe? dit-elle désireuse de changer de sujet.

― J'ai ma propre pâtisserie avec un salon de dégustation. Ça fonctionne bien, mais c'est dur toute seule. dit-elle en souriant. ― Est-ce qu'une aide à mi-temps te conviendrait? Je cherche un second job pour compléter mon mi-temps. J'ai tous mes après-midi de libre. ajouta-t-elle.

― Vraiment? Mais c'est super! Si tu viens travailler avec moi, ton horaire serait de 13 h à 18 h, ça irait pour toi? demanda Anna pleine d'espoir. ― Si tu penses que je n'empoisonnerai pas tes clients avec ma cuisine, c'est bon pour moi. Quand aimerais-tu que je commence? demanda-t-elle en souriant.

― Tu plaisantes! A l'académie, j'ai déjà pu te voir cuisiner et tu t'en sortais très bien. OK, alors c'est décidé. Je t'engage! Pourrais-tu passer samedi pour que je t'explique un peu ton boulot? Tu devras cuisiner bien sûr, mais tu devras également servir aux tables du salon de dégustation. Je te note l'adresse de la pâtisserie sur un papier. Cela t'ennuierait-il de commencer ce lundi, le douze septembre? dit-elle. "

Mikan prit la feuille et regarda l'adresse. Ça ne pouvait pas mieux tomber. La Pâtisserie se situait à peine à quinze minutes de chez elle. " C'est parfait! Je suis heureuse d'avoir trouvé un boulot si vite et en plus avoir une amie comme chef et collègue. J'ai hâte de commencer. dit-elle ravie. Si je passe à 10 h samedi, ça t'arrangerait? demanda-t-elle.

― Oui, ça ira! Moi aussi je suis heureuse de pouvoir travailler avec toi. A samedi alors? confirma Mikan ― A samedi! dit Anna. " Les deux amies s'embrassèrent et partirent chacune de leur côté. Mikan passa devant la boutique où elle avait acheté sa robe. Elle fit un signe amical à la vendeuse qui vint la saluer.


" Bonjour madame Hyuuga, comment votre mari a-t-il trouvé la robe? demanda la vendeuse. ― Eh bien!... pour tout vous dire, il… il ne l'a même pas regardée. On essaie de mettre de l'argent de côté, alors il n'a pas trop apprécié mon achat. dit-elle gênée. Dans d'autres circonstances, il l'aurait sûrement appréciée. En tous cas, elle me plaît beaucoup et elle est très agréable à porter. expliqua-elle "

Mikan fut un peu embarrassée de raconter sa vie devant cette inconnue, mais sa question amicale méritait une réponse. De plus, elle n'était pas douée pour mentir et baratiner les gens. C'était encore une chose qu'elle devrait améliorer chez elle.

" Vous savez, j'ai beaucoup de clientes qui me disent ce genre de choses. Ne soyez pas gênée, je comprends tout à fait. C'est une chance de tomber sur vous car je voulais vous faire une proposition:

J'aimerais que vous soyez un de mes modèles pour la promo de certaines robes. Bien sûr, c'est rémunéré. Ce n'est pas une fortune, mais si vous acceptiez, cela m'aiderait. Lorsque vous avez essayé la robe lors de votre dernière visite, je pensais déjà vous le proposer, mais j'ai oublié. précisa la vendeuse. "

― Je travaille du lundi au vendredi. Je ne pense pas que cela soit possible. C'est dommage! Cela m'aurait plu de porter de jolies robes et en plus d'être payée pour le faire. dit-elle gentiment. " Mikan fut dépitée. Cela aurait fait du bien à ses économies et en plus cela l'aurait beaucoup amusée.

" Mais au contraire, si vous avez quatre heures de libre le dimanche, cela pourrait convenir. La semaine, je tiens mon magasin et il ne me reste que le dimanche pour mettre en place la promotion de mes vêtements. renchérit la vendeuse.

Si cela vous tente, on pourrait convenir pour un horaire de quatre heures chaque dimanche. Qu'en dites-vous? Mikan réfléchit un instant avant de répondre. ― Je pense que pour le dimanche après-midi cela serait possible, dit enfin Mikan.

― Alors c'est parfait! Seriez-vous prêtes à commencer ce week-end de 13 h à 17h? demanda la vendeuse. ― C'est bon pour moi, déclara Mikan. Je suis heureuse que cela s'arrange si bien. ajouta-t-elle souriante. " Mikan sortit son agenda pour noter les horaires de son dimanche. C'était vraiment une journée incroyable, deux jobs trouvés en un jour. C'était un vrai miracle. Et en plus, pour des activités qu'elle aimait beaucoup.

" A dimanche alors. dit la vendeuse. ― Oui, à dimanche. Au revoir. "

Mikan rentra chez elle, consigna ses heures de travail pour Anna et pour la vendeuse de vêtements dans son agenda. Elle fit alors un planning pour sa semaine en notant les heures de ces trois boulots. Elle put ainsi déterminer le temps qui lui restait pour les courses, le ménage et ses moments de liberté. Lorsqu'elle eut fini, elle prépara le repas.


Si la journée de Mikan avait été une réussite, celle de Natsume, en revanche, avait été un désastre. Il ouvrit la porte de l'appartement et vit sa femme pleine d'énergie, le sourire aux lèvres. Ce qui eut pour effet d'accentuer sa mauvaise humeur. Comment faisait-elle pour toujours garder le sourire? Mikan accueilli son mari en l'embrassant sur les lèvres, puis lui parla de sa journée. Mais à peine eut-elle commencé son récit que Natsume l'interrompit.

" J'ai passé une mauvaise journée et ton bavardage me donne la migraine. l'informa-t-il froidement. J'ai eu droit à un interrogatoire de la part de Luca qui semblait au courant de notre dispute. ajouta son mari. " Le ton de Natsume n'échappa pas à Mikan et sentit que sa colère ne ferait qu'empirer si elle osait intervenir. Elle se tut et laissa son époux lui lancer des reproches à la figure. Son sourire disparut de son beau visage.

" Es-tu incapable de tenir ta langue ou cela t'amuse-t-il de raconter les détails de notre vie privée à tout le monde? demanda-t-il furieux. ― Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Je n'en ai pas parlé à Luca. dit-elle franchement. ― Ne me mens pas! Je ne le supporterai pas! cria-t-il. ― Mais je te jure… insista tout de même Mikan. "

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase, qu'une gifle retentissante lui arriva en pleine figure. Elle essuya les larmes qui lui montèrent aux yeux. Natsume l'agrippa par les épaules et la secoua. Il était hors de lui et ne se rendit pas compte de la force avec laquelle il la secouait.

" Cela te plaît-il de me rendre la vie impossible? Ne peux-tu pas te conduire comme une adulte responsable? cria Natsume. "

Il la repoussa loin de lui, ce qui eut pour effet de la faire basculer en arrière comme lors de leur dernière dispute. A l'exception près que, cette fois-ci, c'était sa hanche droite et non la gauche qui heurta la table basse. Il quitta le salon en claquant la porte.

Mikan se releva tant bien que mal et regarda l'état de son corps dans le miroir de la chambre. Sa hanche gauche était toujours marquée d'une couleur violette alors que la droite n'avait pas encore de coloration, mais cela ne tarderait pas à arriver. Sa joue était rouge vif et ses épaules portaient encore la trace des mains de son mari lorsqu'il l'avait malmenée.

Elle retourna au salon avant qu'il ne sorte de la salle de bain. Son corps tremblait de peur et la faisait beaucoup souffrir. Elle essaya d'avaler un peu de nourriture et de se calmer. A son étonnement, Natsume vint manger avant d'aller se coucher. Quand ils eurent fini, Mikan débarrassa la table et s'occupa de la vaisselle avant d'aller s'assoir dans le divan du salon. Son mari, lui, alla se coucher sans un mot. Quand son mari fut endormi, elle essaya de reprendre son calme et appela Luca.


" Luca? C'est Mikan. J'espère que je ne te dérange pas. Je sais que ta journée a dû être épuisante. Je voudrais te demander un service. dit-elle sans détour. ― Tu ne me déranges absolument pas. Comment vas-tu? demanda-t-il. ― Je vais très bien, merci, dit-elle d'un ton qu'elle voulut calme.

― Que puis-je faire pour toi? interrogea Luca ― J'aimerais… que tu ne parles plus de moi à Natsume. dit-elle hésitante. Il a déjà beaucoup à faire au travail. Cela serait gentil si tu pouvais éviter de lui parler de moi. Je crois que cela le perturbe dans son travail et d'après ce que j'ai pu comprendre, vos journées ne sont pas de tout repos. glissa-t-elle. "

― Mais Mikan tu es mon amie. J'aime avoir de tes nouvelles et je… ― Luca, tu es mon ami et je te remercie de te soucier de moi, mais peut-être pourrais-tu m'appeler plutôt que de t'adresser à Natsume. l'interrompit-elle. Il…Il n'aime pas ça. Je... Je t'en prie Luca, fais cela pour moi. dit-elle enfin.

― D'accord Mikan. Je le ferai. Je suis content d'avoir eu de tes nouvelles. affirma Luca. ― Je te remercie. Tu es adorable avec moi. J'espère que je ne t'ai pas dérangé. Bonne soirée! ― Bonne soirée Mikan. A un de ces jours. dit-il ― A bientôt. dit-elle gentiment. " Mikan raccrocha, laissant Luca abasourdi.

Le ton de son amie lui parut bizarre. Elle semblait désespérée. Il s'inquiéta à nouveau pour elle. Il voulut informer Hotaru de son coup de fil, mais ne réussit pas à la joindre. Il soupira et abandonna l'idée de l'informer du comportement de leur amie.

Luca aurait aimé pouvoir la voir et discuter avec elle pour savoir comment elle allait. Malheureusement, ses heures de travail étaient les mêmes que celles de Natsume et il ne pouvait donc pas voir Mikan sans que son meilleur ami soit au courant.

Mikan avait essayé de paraître normal, mais cela avait été dur. Luca n'était pas idiot et elle espérait qu'il ne parlerait de cette conversation à personne. Elle allait devoir mentir souvent à ses amis pour ne pas les inquiéter, or c'était une discipline qu'elle ne maîtrisait pas encore. Elle alla au lit en prenant soin de ne pas réveiller Natsume.


Les jours qui suivirent parurent très long à Mikan. Elle lui préparait ses repas, faisait le ménage et essayait de ne pas rester dans la même pièce que son mari. Elle se dit que moins il la verrait, moins il y aurait de chance pour qu'il trouve quelque chose à lui reprocher. D'un autre côté, garder ses distances avec Natsume la rendait triste. Elle aurait aimé faire quelque chose pour apaiser ses journées difficiles, mais ne savait comment faire.

Si Natsume avait remarqué qu'elle l'évitait, il n'en dit rien et cela ne semblait pas le déranger. La veille du jour où elle devait aller voir Anna pour son nouveau travail, elle prit son courage à deux mains pour parler à son époux. Elle voulait l'aider pour l'argent de la maison, mais ne savait pas quelles mesures il avait prises dans ce sens. On était vendredi, il était 18 h 30 et Natsume déposa sa serviette de travail dans le bureau quand sa femme l'aborda.

" Natsume, je ne te dérange pas? J'ai une question à te poser. demanda doucement Mikan. " Natsume se retourna vers elle avec une expression ennuyée. Mikan déglutit lentement, elle n'avait encore rien dit et déjà, il semblait agacé. " J'aimerais savoir comment tu mets de l'argent de côté pour la maison. J'aimerais participer. As-tu ouvert un compte spécial dans ce but ou autre chose? l'interrogea-t-elle. "

― Je n'ai rien fait de spécial. L'argent que je gagne, je le laisse sur mon compte. Mais ton idée n'est pas mauvaise. On pourrait ouvrir un compte qui servirait uniquement à l'épargne pour la maison. dit-il en réfléchissant à l'idée que lui avait suggéré sa femme.

Cependant, si j'ouvre ce compte, je prendrai mes dispositions pour qu'il te soit impossible de retirer de l'argent. Tu pourras uniquement en déposer. Je n'ai pas envie que mes économies partent en fumée par ta faute. acheva-t-il d'un ton froid. "

Mikan cacha son dépit en voyant à quel point sa confiance envers elle était inexistante. " Fais comme tu veux et dis-moi juste ce que tu as décidé et je ferai comme tu l'auras décidé. dit-elle d'un ton las. Le souper est prêt. " Elle retourna dans le salon et mangea en silence, puis alla dans leur chambre pour lire. Quand Natsume se mit au lit, elle se lava puis se glissa dans son lit.


Samedi 8 h

Comme d'habitude, Mikan prépara le petit déjeuner, prit sa douche et s'habilla pour son rendez-vous avec Anna. Natsume partit travailler comme d'habitude.


Samedi 12 h

Natsume entra dans l'appartement et fut surpris par le silence qui y régnait. Il déposa ses effets de travail sur son bureau, troqua son costume pour une tenue plus décontractée. Sa femme semblait avoir disparu. Il fit le tour de toutes les pièces et ne la trouva nulle part. Après deux heures à passer en revue quelques papiers pour le bureau, il commença à s'inquiéter.

" Mais bon sang où est-elle? dit-il. Il tourna en rond dans l'appartement. Pour la première fois depuis longtemps, il était seul. A l'académie, il en avait pris l'habitude, mais depuis que Mikan était entrée dans sa vie, il ne l'avait plus jamais été et il se sentit étrangement seul.

Il était près de 18 h quand Mikan rentra, un sourire sur les lèvres qui s'évanouit aussitôt lorsqu'elle croisa le regard de son mari. On aurait dit un lion en cage. Elle ne savait pas ce qui se passait, mais elle avait l'intuition qu'il avait encore quelque chose à lui reprocher. Natsume vit son épouse et lui aboya littéralement à la figure. Elle recula instinctivement.

" Où étais-tu? cria-t-il. " Elle avait envie de lui répondre: «Pourquoi? Je t'ai manqué?», mais elle n'était pas sûre de vouloir entendre la réponse qu'il lui donnerait. De plus, son ironie provoquerait certainement la colère de son époux.

Elle lui répondit la vérité. " Avec Anna. dit-elle finalement. ― Tu n'as pas pensé que me prévenir était la moindre des choses! ragea-t-il. ― Je ne pensais pas rentrer si tard. Je vais préparer le souper. dit-elle d'un ton calme qu'elle était loin de ressentir.

Natsume n'eut rien à répondre. Mais il fut frustré de l'expression impassible de son épouse. Quand il eut fini de manger, elle lui apporta un petit gâteau qu'elle avait préparé elle-même sous la surveillance d'Anna.

C'était un gâteau à la crème fraîche et aux fraises. Les couches de crème dans lesquelles étaient disséminés des petits morceaux de fraise alternaient avec les couches de pâte à gâteau. La seule partie pour laquelle Anna l'avait aidée était la décoration du gâteau. Le dessus de sa réalisation était bordé de crème fraîche et au milieu, trônait un chat noir en sucre entouré de fraises entières. Tout le contour de son gâteau était saupoudré de copeaux de chocolat.

Mikan le déposa devant Natsume. " Je pensais te faire plaisir en te rapportant un dessert, mais vu ton humeur, je suppose que tu n'en veux pas. Je l'emmènerai demain au boulot, je suis sûre que mon boss va l'adorer. déclara-t-elle froidement en reprenant le gâteau. ― Vu que tu as encore dépensé nos économies pour des dépenses inutiles, autant que ce soit moi qui le mange. rétorqua-t-il méchamment. en lui reprenant le plat des mains. "

Mikan reprit son souffle et se retint de lui dire qu'elle ne l'avait pas acheté, mais il ne la croirait sûrement pas et la traiterait encore de menteuse. Ainsi, ce serait encore une chose qu'il lui reprocherait. Elle soupira résignée.

" Les pâtisseries d'Anna coûtent les yeux de la tête, mais elles sont diablement bonnes. dit-il en dégustant une fraise. " Mikan aurait pu se réjouir de voir que son mari avait aimé son œuvre, mais comme son compliment ne lui était pas destiné, cela lui gâcha son plaisir. De plus, elle était certaine que si son époux savait qu'elle l'avait cuisiné elle-même, il ne l'aurait sans doute pas complimentée.

Elle s'occupa de la vaisselle et alla prendre sa douche. Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, elle se retrouva nez à nez avec son mari. Les yeux de Natsume parcoururent son corps à peine recouvert d'une serviette. Elle y lut un désir évident et essaya de s'éloigner, mais il fut le plus rapide. Il retira la serviette de son épouse, la souleva dans ses bras et la jeta sans douceur sur leur lit. Elle fut surprise par sa brusquerie. Elle fit un geste pour récupérer sa chemise de nuit, mais les mots menaçants de son époux la figèrent.

" N'y pense même pas! dit-il. " Elle vit l'expression sauvage dans ses yeux et déglutit. Il se glissa sous les couvertures et se positionna au-dessus de Mikan. Il lui fit alors l'amour.

Une fois encore, il n'eut aucune tendresse pour sa femme, juste du désir et peut-être de la rage. Elle se laissa aller dans ses bras, mais ne partagea pas son désir. Il fut brusque et lui fit mal. Elle pensa qu'au moins, il la laisserait passer la nuit dans ses bras. Mais même cela, il le lui refusa. Il la repoussa sans ménagement. Elle n'avait été qu'un jouet dans ses bras. Elle se sentit triste, seule et dégoutée.


Aujourd'hui, on était dimanche et Natsume ne travaillait pas. Elle se demanda comment elle allait passer son temps avant de se rendre à la boutique de vêtements pour son premier jour en tant que modèle. Elle se raidit imperceptiblement quand son mari lui adressa la parole.

" Pour la maison, j'ai décidé d'ouvrir un compte. Je te donnerai le numéro quand ce sera réglé. Tu ne m'as pas dit bonjour aujourd'hui. N'ai-je pas droit à un baiser ce matin? demanda-t-il. "

Mikan se dit qu'il devait avoir la mémoire sélective. Cela faisait un moment qu'il partait sans même lui dire au revoir. Il voulait son baiser, première nouvelle. pensa-t-elle. Elle soupira. Il semblait qu'elle allait devoir s'adapter aux comportements changeants de son cher mari. Docilement, elle s'approcha de Natsume et l'embrassa sur la joue.

Natsume regarda sa femme droit dans les yeux. Il n'était pas idiot, il avait remarqué son manque d'enthousiasme. Il prit Mikan dans ses bras et la força à l'embrasser sur les lèvres. " J'ai déjà eu droit à mieux. Embrasse-moi comme il faut! lui ordonna-t-il. "

Mikan frissonna en entendant le ton agressif qu'il avait employé. Alors, elle ferma les yeux et l'embrassa en repensant à leur lune de miel quand son mari était l'homme le plus tendre et le plus aimant qu'elle ait jamais connu. Elle l'embrassa avec amour et il répondit à son baiser en la tenant fermement dans ses bras.

Natsume utilisa son dimanche pour se délacer en écoutant de la musique. Mikan, elle, se réfugia momentanément dans leur chambre avant de se changer pour partir. " Je m'en vais, je ne reviendrai pas avant 17 h 30. l'informa Mikan

― Et pourrais-je savoir où tu vas? demanda-t-il soupçonneux. ― Je vais travailler. répondit-elle froidement. ― Ne me prends pas pour un imbécile. Tu travailles du lundi au vendredi. lui dit-il froidement.

Mikan lui répondit d'un ton glaciale. " J'ai voulu t'en parler, mais tu m'as répondu que mon bavardage te donnait mal à la tête. Alors je t'ai obéi et je me suis tue. J'ai trouvé un second travail pour compléter le premier du lundi au vendredi de 13 h à 17 h et un troisième le dimanche de 13 h à 17 h. acheva-t-elle d'un ton cassant. "

Natsume se renfrogna. Il eut l'impression d'être un gosse capricieux à qui l'on venait de faire la leçon. Il sentit la colère le gagner. Mikan partit sans un mot. Elle fit le trajet à pied et lorsqu'elle arriva au magasin, elle se sentit mieux. Elle allait penser à tout autre chose pendant quelques heures et cela lui ferait le plus grand bien.

Natsume n'avait pas aimé le ton de sa femme. Il refusait de reconnaître que Mikan n'avait fait que respecter son souhait et son humeur. Elle n'avait même pas pensé que le seul jour où il était totalement libre, il voulait le partager avec son épouse. pensa-t-il. Il fut irrité contre son épouse et, chose qu'il ne put s'expliquer, c'est que son animosité se manifestait toujours de manière brutale. Il donna un coup de poing dans le mur pour se calmer.

L'ambiance à son travail, même s'il passait le plus clair de son temps avec son meilleur ami, le rendait irritable. Il voulut se convaincre que la faute en revenait à sa femme, mais une partie de lui-même reconnaissait la vérité. L'ambiance à l'agence le minait et la manière la plus simple de faire disparaître son mal être serait de changer de job. Seulement, abandonner n'était pas dans sa nature et il voulait continuer.


dimanche 11 septembre

" Bonjour madame Hyuuga. Vous êtes en avance. remarqua gentiment la vendeuse. ― Je suis désolée, voulez-vous que je revienne un peu plus tard? demanda poliment Mikan. ― Mais non voyons. Je vais vous expliquer comment cela va se passer et ensuite nous commencerons les essayages. lui dit la vendeuse de vêtements.

" Pourrais-je vous demander une faveur? demanda-t-elle. " La vendeuse se raidit, elle avait déjà eu à faire à de nouveaux modèles qu'elle venait d'engager et à leurs caprices; il lui avait été difficile de les refuser sans les froisser.

" Dites toujours et je verrai si je peux accéder à votre requête. dit-elle prudemment. ― Eh bien… Nous allons travailler ensemble pendant un certain temps et j'aimerais que vous m'appeliez Mikan. Madame Hyuuga me semble un peu pompeux et je pense que cela sera plus facile. " La vendeuse se détendit et sourit. Décidément, sa première impression sur cette jeune femme avait été la bonne. Elle était raisonnable, polie et sa gentillesse était désarmante.

" Bien sûr! répondit-elle vivement. En fait, je m'attendais à un autre style de requêtes comme j'en ai déjà eues avec mes autres modèles; comme des réductions sur l'achat d'une robe où l'exclusivité pour choisir les robes qu'elles porteraient et j'en passe. lui confia-t-elle soulagée.

― Je n'ai pas de telles envies. Je voudrais juste porter des robes décentes car je suis mariée et mon mari est d'un tempérament jaloux. expliqua Mikan. Il n'aimerait pas que je pose à moitié nue et à vrai dire, moi non plus. avoua franchement Mikan. Mon second souhait est de gagner un peu d'argent pour mes économies et enfin, j'aimerais prendre plaisir dans ce travail si c'est possible. conclut-elle.

― Tout cela me paraît réalisable. Travailler dans la bonne humeur est un souhait que je partage. Je ne sacrifie pas mes dimanches de gaieté de cœur. déclara-t-elle. ― Pourrais-je savoir comment je dois vous appeler? Je ne connais pas votre nom de famille, mais peut-être préférez-vous que je vous appelle madame. interrogea Mikan.

― Appelez-moi par mon prénom, je pense que cela sera plus facile pour nous deux. Mon nom de famille est Kalitori, mais appelez-moi Kaoru. dit-elle en souriant. Les photos vont servir à plusieurs choses: Au catalogue, à une ou deux affiche(s) grand format et à la décoration de la boutique. expliqua la vendeuse.

Selon le temps qu'il fera, nous irons à l'extérieur ou resterons dans la boutique. Aujourd'hui, il fait un temps splendide, nous irons donc dehors. Vous porterez la même robe d'été verte que vous avez achetée il y a peu de temps. acheva-t-elle. "

Mikan enfila la robe et suivi Kaoru. La vendeuse décida d'aller dans un parc que Mikan n'avait jamais vu. Kaoru choisit un cerisier comme décor pour la première photo. " Mikan, asseyez-vous au bas de cet arbre et repliez vos jambes pour ne laisser que la jupe de la robe en vue. Passez un petit coup de brosse dans vos cheveux. dit-elle en lui présentant une brosse. "

Mikan s'assit comme on le lui avait demandé et étendit le tissu pour donner l'impression d'avoir un cercle autour d'elle. Elle brossa sa chevelure qu'elle avait laissée pendre sur ses épaules. " Prenez ce bouquin, faites semblant de lire et adossez-vous au tronc du cerisier cela paraîtra plus naturel. C'est parfait! Continuez à sourire, je vais prendre une ou deux photos de cette pose.

Maintenant, laissez le livre de côté et relevez-vous. Mettez-vous face au lac et regardez-le. Pourriez-vous prendre une expression pensive et souriante. Comme si vous vous rappeliez un bon souvenir? C'est super! Votre naturel fait merveille. dit Kaoru satisfaite. "

Elles revinrent à la boutique pour que Mikan puisse se changer. La seconde robe que Kaoru lui demanda de porter fut une robe de soirée. Elle était bleue nuit et sa simplicité mettait en valeur la silhouette de la jeune femme. Mikan aimait beaucoup le toucher du tissu. C'était un velours léger et fluide.

La robe était proche du corps. Elle avait une sorte de bustier pour le haut, retenu par deux fines bretelles sur les épaules. La robe laissait entrevoir la naissance de ses seins sans les dévoiler. A partir de la taille le tissu tombait gracieusement le long de ses jambes jusqu'à ses pieds. Le dos était joliment décolleté jusque dans le bas du dos. Pour se déplacer, Mikan dut soulever le bas de la robe.

" C'est incroyable! C'est à croire que cette robe a été créée pour vous. Mettez ce pendentif et enlevez un moment celui que vous portez. " Mikan gardait toujours le collier avec le crystal d'alice de son mari qu'il lui avait offert alors qu'ils étaient encore à l'académie.

" Venez vous asseoir, j'appelle un ami qui va vous coiffer. dit-elle. Marco! Pourrais-tu venir t'occuper de cette jeune femme? demanda Kaoru. ― Sans problème. Que désires-tu comme coiffure? demanda-t-il à la vendeuse.

― J'aimerais une coiffure relevée avec quelques mèches de cheveux qui retombent sur les côtés de son visage. Tu vois ce que je veux dire? l'interrogea-t-elle. ― Oui, que dirais-tu si je torsadais ses cheveux en rouleau avant de les attacher à l'arrière de sa tête. Puis je reprendrais quelques mèches pour les laisser retomber sur ses joues. dit-il. ― Ok, vas-y! approuva-t-elle.

Après vingt minutes où le coiffeur lissa ses cheveux, les torsada et les accrocha à l'arrière de sa tête avec une jolie pince assortie à la robe. Il reprit ensuite quelques mèches qui cascadèrent le long de ses joues.

" Si je peux me permettre, je vous trouve ravissante. dit marco galamment. " Mikan rougit et fut mal à l'aise devant ses deux personnes qui posaient leur regard sur elle. "Merci. répondit-elle timidement.

― Je vais juste vous maquiller un peu pour vous donner un air plus sophistiqué. Un peu de phare à paupière, du mascara, du phare à joues et ce sera terminé. Maintenant, on va aller dans la pièce d'à côté. annonça Kaoru. "

Elle plaça le décor d'un bal derrière Mikan et ajusta les lumières. " Pourriez-vous tenir le bas de la robe comme si vous veniez de descendre l'escalier du décor? lui demanda-t-elle. ― Je vais essayer. Ainsi? interrogea Mikan. ― Oui, c'est ça. Maintenant, relever le menton et regarder droit devant vous. Pour l'expression…je bloque un peu. dit-elle un peu ennuyée avant de se tourner vers Marco.

― Essayer de penser que vous regarder une seule personne au milieu de toutes les autres avec une expression subjuguée. proposa Marco. " Mikan eut du mal à imaginer la scène jusqu'à ce qu'elle repense à son mariage. Elle s'imagina à l'église ne regardant que son mari qui l'attendait devant l'autel avec ce costume noir qui le rendait si attirant.

Kaoru ne fit aucun commentaire et se dépêcha de prendre plusieurs photos sous plusieurs angles différents. " C'est bon Mikan. Votre expression était parfaite. dit-elle enthousiasmée. Merci pour ta suggestion Marco. Sans toi, on aurait perdu du temps. dit-elle reconnaissante. "

Mikan regarda la vendeuse, très surprise. " C'est déjà fini? dit-elle étonnée. ― Oui, je ne sais pas à quoi vous avez pensé, mais c'était parfait. " Mikan sourit, radieuse. Elle redoutait de ne pas la satisfaire, alors que tout se passait très bien. Marco donna un coup de coude à Kaoru. Celle-ci comprit directement. Elle prit une photo de Mikan avec ce sourire que ses proches aimaient tant.

" Ce sourire aussi est dans la boîte. ajouta-t-elle en souriant. ― Mais je… dit Mikan confuse. ― En restant naturelle, ça marche à tous les coups chez vous. expliqua-t-elle. Marco pourrais-tu noter la coiffure de Mikan pour pouvoir refaire la même la prochaine fois. J'aimerais prendre d'autres photos avec cette robe, mais avec un partenaire. "

" Sans problème. dit-il d'un ton enjoué. ― Un partenaire, je ne pensais pas que j'allais poser avec un homme. Je… bafouilla Mikan nerveuse. ― Ça pose un problème? interrogea Kaoru un peu déçue. ― Je ne sais pas trop. Mon mari est si… murmura-t-elle. ― Jaloux? suggéra Kaoru ― Oui, plutôt. admit-elle enfin.

― Je suppose que votre mari ne passe pas son temps à regarder des catalogues de robes. Si je ne mets la photo avec votre partenaire que dans le catalogue, cela irait? proposa-t-elle.

― Sans doute. dit Mikan incertaine. " Elle s'inquiéta. Que dirait Natsume s'il la voyait sourire à un autre homme dans cette si belle robe? Elle pria pour qu'il ne tombe jamais sur cette photo.

Kaoru lui fit porter d'autres robes d'été et retournèrent dans le parc. Elle la fit poser avec des enfants qui jouaient autour d'elle ou encore seule sur un banc.

Tantôt avec une expression triste, tantôt un regard heureux. Ce fut à la fois amusant et épuisant. Elle dut chercher des moments de sa vie qui correspondaient aux expressions que lui demandait la vendeuse. Sans compter les allers-retours à la boutique, les changements de robes, le maquillage et les coiffures.

Elle ne fut pas mécontente quand la vendeuse lui dit que la séance était terminée. " Eh bien! Cela s'est bien passé. Si mes autres modèles se débrouillent comme vous. Le catalogue sera vite fini. déclara-t-elle satisfaite. "

Mikan rentra chez elle lentement. Les émotions qu'elle avait dû simuler l'avaient épuisée. Elle passa la porte de l'appartement et vit son mari se lever. Il s'approcha de sa femme et prit son visage dans sa main.

" Qu'est-ce que c'est que ça? interrogea-t-il durement. ― Oh! J'ai oublié de me démaquiller. dit-elle simplement. ― Et pourquoi diable t'es-tu maquillée? s'impatienta-t-il. ― C'est pour mon travail. dit-elle d'un ton las. ― En quoi consiste ton travail exactement? continua-t-il soupçonneux.

Qu'allait-il encore s'imaginer, pensa Mikan agacée, qu'elle travaillait comme call-girl? Vraiment, si elle n'avait pas été si las, elle aurait sans doute ri des soupçons stupides de son mari.

" Je suis un modèle pour faire la promotion d'une boutique de vêtements féminins. lui répondit-elle. " Natsume commençait à s'énerver. Il agrippa son poignet. " Quels genres de vêtements. Pas des sous-vêtements j'espère? tonna-t-il. " Mikan vit une veine palpiter dangereusement sur son cou. ― Mais non voyons! Juste des robes. le rassura-t-elle. "

Mikan voulu aller dans leur chambre se démaquiller. " Où crois-tu aller? Tu ne m'as même pas demandé mon avis pour ce poste de modèle. dit-il de mauvaise humeur. "

Mikan fut à la fois en colère et désemparée. Elle faisait son possible pour qu'il n'ait rien à lui reprocher. Elle essayait de changer les défauts qu'il détestait le plus chez elle. Elle avait trouvé un deuxième job pour aider à économiser pour l'achat de la maison et il trouvait encore le moyen de se mettre s'emporter contre elle.

" Et toi? Tu m'as demandé mon avis pour ton job? Tu ne m'avais pas prévenue que tu reviendrais chaque jour épuisé et de mauvaise humeur. l'accusa-t-elle sarcastique. ― Je… Ce n'est pas pareil…. balbutia-t-il, pris au dépourvu par la remarque tranchante de sa femme. "

Natsume lâcha son poignet et Mikan lui tourna le dos. " Merci bien. dit-elle froidement. " Elle alla se démaquiller, prépara le souper, mit la table, puis alla s'asseoir dans le divan où elle s'endormit presque aussitôt. Natsume boudait. Sa discussion avec sa femme n'avait mené à rien et en plus c'était elle qui avait eu le dernier mot.

Il mangea seul puis alla s'asseoir près de Mikan. Il caressa distraitement les cheveux de sa femme, puis ne sachant quoi faire, il décida d'aller se coucher. Mikan se réveilla et vit la table avec le souper qui avait refroidi. Elle rangea et fit la vaisselle. Elle mangea juste une ou deux tartines et un fruit, puis s'allongea à nouveau dans le divan et sombra dans le sommeil.

Natsume n'arrivait pas à dormir sans sa femme à ses côtés. Il retourna d'un air grognon dans le salon et la vit endormie. Il la porta dans leur chambre, la déposa sur le lit et la déshabilla. " Natsume… murmura-t-elle ensommeillée. " Il sourit en entendant sa femme prononcer son nom.

" Dieu que tu es belle! souffla-t-il après l'avoir déshabillée. " Il s'allongea sur le lit et remonta la couverture sur lui et sur sa femme. Il voulu s'endormir, mais le corps nu de Mikan le hanta. Il la prit contre lui et s'endormit enfin.


lundi 12 septembre : 1er jour a la pâtisserie

Mikan arriva à la pâtisserie avec une légère appréhension. Serait-elle à la hauteur? se demanda-t-elle nerveuse. " Bonjour Mikan, tu es en avances. J'ai préparé ton uniforme de travail. lui dit Anna en souriant. "

Son uniforme se composait d'une robe à fleurs de style asiatique fermée par un col mao. Elle était légère, de couleur mandarine et descendait jusqu'à ses genoux. Elle était à manche courte et légèrement fendue sur le côté pour se déplacer plus facilement. Comme elle allait devoir passer de la cuisine au salon de dégustation, Anna avait ajouté un tablier à la robe. Un badge avec son nom complétait le tout.

Mikan enfila sa tenue dans une pièce à l'arrière de la pâtisserie puis rejoignit Anna. " Il te va parfaitement. Tu es très séduisante comme ça. Natsume me brûlerait sûrement vive s'il te voyait habillée ainsi. Pourtant cette robe n'est pas indécente. Ça ne donne pas le même effet sur moi. dit-elle un peu envieuse. "

Anna rit de bon cœur et Mikan essaya de rire de façon naturelle avec son amie. " Merci pour le compliment. Tu es aussi jolie que moi, tu sais? Demande à Iinchô, je suis sûr qu'il pense la même chose que moi. lui assura-t-elle. ― Merci Mikan.

Bon! On commence. dit-elle énergiquement. Voici la liste des pâtisseries proposées. Pour l'instant, tu seras uniquement serveuse. Je t'apprendrai à cuisiner chaque pâtisserie au fur et à mesure comme je l'ai fait pour ce gâteau aux fraises qui te tenait tellement à cœur. Ensuite, tu passeras d'une occupation à une autre. On échangera nos postes plusieurs fois pendant la journée. expliqua Anna.

Au fait, comment Natsume a-t-il trouvé le gâteau? demanda Anna curieuse. ― Il l'a trouvé très bon. répondit-elle simplement. " La journée se passait plutôt bien quand un client devint un peu trop collant.

" Bonjour ma belle, que me proposes-tu aujourd'hui? dit un jeune homme élancé aux cheveux blond d'un ton racoleur. ― Vous pouvez choisir tout ce qu'il y a sur la carte monsieur. répondit-elle poliment. ― Et si ce qui m'intéresse n'est pas sur la carte, mais juste sous mes yeux. Aurais-je droit à une petite gâterie? dit-il en lui jetant un regard explicite. " Le client passa sa main sur les fesses de Mikan qui se recula immédiatement pour être hors d'atteinte de ce dernier.

" Je vous prie de garder vos distances, monsieur. dit-elle froidement. Avez-vous choisi ou aimeriez-vous un peu plus de temps? dit-elle poliment. ― Je te le répète mon sucre d'orge, je veux passer un moment avec toi. dit-il sans se laisser démonter par la jeune femme. ― Désolée monsieur, je ne suis pas intéressée. De plus, je suis mariée. ajouta-t-elle, espérant que cela le refroidirait.

― Etes-vous sourd? Cette dame vous dit qu'elle n'est pas intéressée. Si vous n'êtes pas ici pour les pâtisseries, vous feriez mieux de partir. intervint un autre client d'un ton dissuasif. " Ce dernier était d'une bonne taille et semblait plutôt musclé. Le client qui importunait Mikan se leva et s'en alla. Elle regarda son sauveur et le remercia poliment. Les autres personnes dans le salon applaudirent l'intervention du gentil client.

" Merci beaucoup monsieur. dit-elle en s'inclinant poliment. ― Mais je vous en prie. La manière déplacée de cet homme m'irritait. dit-il poliment. "

Son sauveur semblait être du même âge que Mikan. Il était plutôt séduisant, remarqua-t-elle. Il prit doucement sa main et la baisa. Ce qui eut pour effet de faire rougir Mikan. D'autre clients les regardèrent en souriant. Elle s'excusa poliment et retourna à son travail quand Anna vint vers elle.

" Mikan, ça va? Je suis désolée de ne pas t'avoir aidée, mais j'avais des préparations au four. lui dit-elle inquiète. ― Ça va merci. Cela t'arrive-t-il souvent? demanda-t-elle. ― Cela ne m'est arrivé qu'une seule fois. Heureusement, Iinchô est intervenu. "

Le reste de la journée se passa très bien. Les clients furent très gentils avec elle. Le sourire et la gentillesse de Mikan firent des merveilles. Les habitués de la pâtisserie l'adoptèrent aussitôt.

" Tu t'en es très bien sortie Mikan. Même avec cet affreux dragueur. Tu ne t'es pas emportée et tu es restée polie. Si j'avais pu te prévenir pour ce genre de comportement, je ne t'aurais pas demandé de te comporter autrement. dit-elle en souriant.

― Merci. Je commençais sérieusement à paniquer. Si ce jeune homme n'était pas intervenu, je ne sais pas comment je m'en serais sortie. dit Mikan en montrant d'un signe de tête discret son sauveur. "

" C'est un habitué. Il est très gentil et il semble que tu lui aies tapé dans l'œil. Il ne t'a pas quittée des yeux depuis ton arrivée. ajouta-t-elle d'un ton entendu. "

Mikan rougit et fut un peu gênée, ce qui fit rire Anna. Avoir des admirateurs sur son lieu de travail ne l'emballait pas particulièrement. Mikan se changea et revint tranquillement à l'appartement. Elle fut fatiguée, mais satisfaite de sa journée.