Chapitre 5
Les créatures hors des valises
- Madame la Fée ! Il y a un Monstre !
C'était de véritables hurlements qui sortaient des lèvres de Croyance alors qu'il agitait sa main valide vers la fenêtre.
Et on voyait en effet une masse noire d'ébène qui n'annonçait rien de bon. Surtout que les cris de Croyance ne faisaient qu'attirer l'attention de la créature et un énorme œil marron-orange apparaissait. Et que dire du bec qu'il portait. De ses énormes griffes qui avaient l'air acérées…
L'adolescent se laissa tomber sur le sol, tant il était choqué, et il ne put que crier lorsque sa jambe se tordit.
- Oh non. Souffla Newt en venant auprès de lui.
Il lui passa le bras autour des épaules et accompagne son mouvement pour le redresser.
- Calme-toi. Ne t'inquiète pas comme ça. Tu ne vas que te faire plus de mal. Je dis que s'inquiéter, c'est se faire mal deux fois.
- Ce monstre !
Il écarquilla les yeux.
- Vous pouvez le faire disparaître avec votre baguette, c'est ça, belle Fée ?
Newt fut un peu surpris du qualificatif mais il lui donna un sourire serein.
- Je le pourrais sans doute mais il s'agit de Clay.
Le Monstre s'était abaissé et partait maintenant. Il ignorait exactement vers où.
Mais, attendez… Clay, ça lui disait quelque chose…
Croyance sursauta et s'accrocha de plus belle à Newt en entendant les portes s'ouvrirent.
- C'est chez lui qu'on vit. Tu vas sans doute être un peu surpris d'abord mais ne t'inquiètes pas. Clay est vraiment très gentil. Et compréhensif !
Il lui prit gentiment la main et l'emmena avec lui, faisant attention qu'il ne se blesse pas avec sa jambe. Il le soutint dans les escaliers. Ceux-ci donnaient sur l'immense salon et voir ce qui venait du vestibule était plus qu'aisé d'ici. C'est alors qu'il vit la gigantesque créature, s'étant introduite dans le manoir. Si gigantesque qu'elle prenait presque toute la place. Ses pattes foulaient les tas d'or et les faisaient glissés.
Les yeux de l'adolescent s'écarquillèrent encore plus en voyant que la créature se dressait. Elle donna l'impression qu'elle éternuait puis une pluie d'argent, bijou et trésors jaillirent de sa poche ventrale.
- Je dois m'asseoir. Gémit Croyance.
Newt l'aida immédiatement à s'installer dans les marches.
- Ça va aller ?
Il hoqueta. Non. Jamais…
- O… Oui…
- Je reviens.
Le jeune Sorcier descendit rapidement le reste des escaliers et il lança ses bras autour de la créature. Croyance aurait pu s'évanouir en voyant l'immense patte caresser les cheveux de son sauveur.
- Tu as fait beaucoup de trouvailles. Tu n'as rien volé aux moldus ?
- Non !
- Ni aux Sorciers ?
Les yeux de la créature pétillèrent.
- Clay !
- Je ne l'ai pas fait !
- Cette fois-ci ?
L'immense créature se dégagea et commença à ranger les pièces avec les pièces, les bijoux avec les bijoux et ainsi de suite…
- Ça ne devrait pas être toi qui fais la loi ! Gronda-t-il.
- Et avec un caractère aussi affreux, tu ne vas pas t'attirer beaucoup de sympathie.
La bête marmonna ce qui semblait être des insultes à Croyance.
- Ça suffit avec ce caractère de cochon !
Newt se déplaça et se mit face à ce Clay, les mains sur les hanches.
- Et tu vis chez moi.
- Et tu serais de la pâtée pour Fléreur si je ne t'avais pas défendu !
- Parlons du fait que tu sois si magnifiquement arrivé dans ma vie !
- Parlons-en ! Parlons aussi de ton caractère épouvantable.
- Ou tu fais que tu es mon esclave ! Répliqua Clay en brandissant une patte griffue vers lui.
Newt leva les yeux vers lui.
- Tu m'adores. Fit la Bête avec un ronronnement adorable.
La Sorcière sourit et posa sa main sur sa patte, la serrant.
- Nous avons invité quelqu'un. C'est un moldu, je pense. Il est blessé et il a besoin de repos.
Bon, il était vrai que le garçon ne tenait pas en place mais il le comprenait. Il y avait tant de choses à voir et tant d'autres à s'adapter. Outre que le fait que sa sœur n'était pas à son côté…
- Tant qu'il ne touche pas à mes trésors. Dit la créature avant d'élancer ses pattes pour les aplatir sur un tas de pièces.
Certaines roulèrent au sol.
- Pas de soucis pour ça.
- D'ailleurs…
Clay se déplaça vers le vase de tout à l'heure et le renifla avant de le déplacer de quelques centimètres.
- C'est moi. J'en ai besoin.
Newt se tourna pour partir auprès de Croyance qui avait toujours les yeux écarquillés.
- Je te présente Clay. C'est un Niffler géant. Et Clay, je te présente Croyance.
- Oui, oui. Dit le Niffler.
- Il n'a pas l'air comme ça, mais il est très gentil. Assura Newt.
Le sourire qu'il affichait donnait envie de le croire aveuglément. Croyance ne put donc s'empêcher de se détendre un petit peu.
- Tu veux venir le caresser ?
- N… Non merci. Il ne vient pas dans les chambres le soir, n'est-ce pas ?
- Non. Tu veux qu'on s'occuper de la tienne ?
- Je veux bien, belle Fée.
Le jeune Sorcier lui tendit la main et l'aida à se redresser. Il l'emmena alors dans une chambre qu'il pourrait utiliser.
µµµ
Dans sa propre chambre, le Niffler dormait parmi de l'ouate, des plumes d'oie et des montagnes de choses brillantes. Dans la sienne, qui était à peine personnalisée mais qu'il prétendait aimer, Croyance cherchait le sommeil bien qu'il était rempli de doutes en tout genre. Enfin, Newt revint dans sa propre chambre, les cheveux encore humides et le corps enfermer dans une nuisette blanche un peu transparente à partir des chevilles. Selon Queenie, c'était la nuisette sexy par excellence pour son petit frère adoré.
- Tu es là ! Sourit Newt.
Percival, qui avait fini de prendre son bain dans l'autre salle d'eau, baissa son parchemin.
- Tu sais bien que des instants loin de toi sont des in…
Il voyait le visage de son compagnon se décomposer un peu et il baissa les yeux vers Milly qui baillait et s'étirait sur le bord du lit.
- Je vais trouver une vilaine Sorcière et devenir un animal. Dit-il en revenant à son parchemin.
- Tu sais que je t'aime. Protesta Newt en fermant la porte.
Il vint jusqu'au lit et y grimpa pour poser un baiser sur la joue de son partenaire. Lequel rabaissa à nouveau le texte qu'il lisait et glissait sa main sur sa nuque pour l'attirer à lui et dérober ses lèvres avec douceur.
- Tu es très bien sans être un animal !
Newt tendit la main pour permettre à Pickett de revenir y grimper.
- Merci. Je ne sais pas si tu le penses vraiment…
- Bien sûr que je le pense ! Protesta le jeune Sorcier.
Percival appuya son front contre le sien et lui caressa la joue avec une tendresse infinie. Il lui ravit à nouveau les lèvres et se pencha fit glisser son autre main le long des chevilles de Newt avant de la remonter, s'infiltrant sous la tenue.
Il était un peu enfiévré parce qu'ils ne s'étaient pas vu depuis deux jours et aussi parce qu'il se sentait un peu en danger ? Ce nouveau venu, Croyance, ça ne lui plaisait pas autant qu'il semblait le montrer.
- Percival…
La main de Newt se mit sur son poignet.
L'homme appuya son visage dans le cou de son compagnon, cachant sa déception et sa tension. Depuis qu'il l'avait touché pour la première fois, un peu plus de trois mois plus tôt, les moments où il avait pu le retrouver avaient été rares. Et s'il s'empressait comme ça, il était presque toujours sûr de faire face à un refus.
- Croyance n'est pas loin. Et puis Clay, Milly et Pickett sont là !
Newt désigna le Botruc comme pour attester de sa présence. Et la petite créature fixa Percival en retour.
- On ne va pas aller se perdre dans la forêt à chaque fois qu'on a envie…
Il remarqua l'air de son compagnon et se reprit.
- Que j'ai envie ?
- J'en ai envie aussi des fois. Certifia-t-il.
Il passa ses bras autour de ses épaules et vint se blottir contre lui.
- J'aime quand tu me serres dans tes bras. Mais j'aime moins l'idée qu'on puisse…
Il baissa les yeux et n'arriva pas à finir sa phrase.
- Si ça peut te rassurer, tu n'es pas bruyant. Mais je ne te forcerais jamais. Qu'est-ce que tu as fait des Limaces de Feu alors ?
Newt vint prendre la main de son compagnon pour la serrer dans la sienne.
- Oui, j'ai fait un sort pour qu'elles ne brûlent rien dans la valise et je leur ai trouvé un petit coin agréable. Demain je vais les étudier. Je vais proposer à Croyance de m'accompagner. Il est très intéressé par tout ça.
- Tu ne devrais pas faire ça.
- Étudier les Limaces de Feu ? S'étonna le jeune Sorcier.
- Montrez tout ça à ce garçon. On devra lui effacer la mémoire, tu sais ?
- Oui. Tu as peur des souvenirs qu'il pourrait toujours avoir ?
- Oui.
Le magizoologiste fronça un peu les sourcils.
- Ce garçon a des blessures sur tout le corps. Pas que des accidents arrivés hier ou aujourd'hui. Et la fugue qu'ils ont fait, sa sœur et lui… Ils viennent de Londres.
- Tu les connais peut-être. Fit Percival en récupérant le papier.
- Peut-être.
Il appuya sa joue contre son épaule, jetant un œil aux lettres bien écrites.
- Mais si on se rappelle de bribes. Rien qu'un peu, des impressions, s'ils doivent retourner subir Merlin sait quoi, il peut garder des bribes.
- Et s'il posait des problèmes. Qui est sa mère ? Comment est-ce qu'il s'appelle, tu m'as dit ?
- Croyance Bellebosse. Ils ont été adoptés par « Mary-Lou Bellebosse ».
Il plissa un œil pour essayer de se rappeler.
- Oui, c'est ça. Mary-Lou Bellebosse. Je ne connais pas. Mais, tu sais, lorsque je vivais à Londres, je ne sortais pas beaucoup.
Le parchemin tomba et la main de Percival effleura sa joue avec délicatesse.
- Pas que ça ait beaucoup changé à présent.
- En effet. Rit Newt, appuyant son front contre son épaule.
- Mais ça ne me déplaît pas non plus.
- Pour que personne d'autres ne me remarque ?
- Oui. Je n'aime pas l'idée que… quelqu'un puisse se rendre compte d'à quel point tu es magnifique.
- Ils peuvent. Répondit le magizoologiste.
Il se redressa pour embrasser sa joue. Lentement et tendrement. Puis il rapprocha ses lèvres de celles de son compagnon et l'embrassa, le corps tremblant d'une myriade de frison. Percival lui caressa la joue en y répondant.
- Celui que j'aime, c'est toi. Termina-t-il.
- Je t'aime aussi. Et je ne veux te laisser à personne. Pas même à Pickett.
Le Botruc s'accrocha à son ami qu'il considérait comme un arbre, son arbre, en plantant ses petits yeux noirs sur Graves qui se tournait pour allonger prudemment Newt sur le matelas.
- Peut-être avec Pickett.
- Et Milly ?
Le Fléreur ronronna au bout du lit.
- Et Milly.
Le Maire l'embrassa.
- Et Clay ?
- Va pour Clay. Lâcha-t-il avant de l'embrasser à nouveau.
- Et Dougal ?
- Dougal aussi.
Il effleura sa mâchoire cette fois-ci.
- Et tes sœurs. Reprit-il en embrassant son cou.
Newt enroula un bras autour de ses épaules.
- Mais je t'aime plus que tout.
Il appuya sa joue contre la sienne, frottant un peu dans une infinie tendresse.
- Je t'aime.
Percival sourit et l'embrassa avec passion, entremêlant leurs doigts.
