Chemistry

6.

Coucou ! Bon, encore désolée de mon retard… Ne m'en voulez pas trop ! Je ne compte pas abandonner cette fiction en cours de route, ne vous inquiétez pas de ça, mais il me faut toujours un certain temps. J'espère que tout le monde a passé de bonnes vacances !

Reviews :

Caliste : qui ne serait pas coquin en face de Sherlock en même temps ) merci pour ta review !

Amista : :D ) :D

Nekonya-Myu : Le prochain chapitre est là, malgré un peu de retard ! Je ne pense pas que vous saurez ce qui est arrivé à John suite à son « menu larcin »… Ca fait partie du mystère du personnage ! Merci beaucoup pour ta review, j'attends ton avis sur ce chapitre !

Elie Bluebell : Contente qu'il t'ait plu ! Oui j'ai essayé de construire un peu plus le caractère de John… Merci beaucoup de lire ce teen!lock alors, ça me touche, merci pour le compliment ! (Yaas) Le prochain chapitre est là !

Clelia Karlais : Désoléeeee ! La suite est là ! Merci beaucoup pour ta review, bisous

Shinobu24 : je sais, je sais… Je vous ai fait attendre, désolée ! Mais le chapitre est là

J'aioubliémonmotdepasse : (pas douée d'ailleurs) yo merci bro ! chap 5 : ahaha baby jawn doit être protégé. Sherlock est charismatique ? j'essaye de le rendre un peu charismatique mais j'ai l'impression d'échouer lmao + John ne trompe que lui oué + hahaha c'est ça John est weak face aux pretty boys comme Sherlock + merciii la suite est la bro

Dark-schiffer : merci beaucoup pour ta review ! j'attends ta prochaine review avec impatience )

Tayuya3 : Eh si j'ai le droit [insérer un rire diabolique] Oui, il a Sherlock au moins !

Zoline : Merci beaucoup ! Pour moi ils sont en fin de lycée (bien que le système anglais soit différent), donc ils ont entre 16 et 18 ans. La suite est là, j'attends ta review !

Juste De Moi : Je sais, je sais… Mais la suite est là ! Oui, la relation évolue, et elle va continuer à évoluer ) La suite dans ce chapitre ( non mais oh tu ne me piques pas mes répliques #IlsNousVolentNotreTravail ) !

Wonderpillow : Hey ! Merci beaucoup pour ta review, elle me touche ! Je suis très contente que tu vois la fic comme ça et que ça te plaise. J'ai un rythme de parution assez irrégulier, désolée ! Mais j'y met du mien, la suite est là ! Bisous

NuwieNew : Merciii ! Désolée, ne m'en veux pas trop, et dis moi si tu aimes cette suite :D

The Monkey's Head : Hey merci beaucoup, c'est très gentil ! J'attends ta review )


La musique les entourait d'une bulle, les suspendait hors du temps et leur donnait un moment privilégié. Sans même le réaliser, ils se rapprochèrent doucement l'un de l'autre. John expira lentement, baissant les yeux vers la bouche de Sherlock, et sentit son cœur s'accélérer alors qu'il se penchait vers le brun.


Le blond releva les yeux, croisant le regard hypnotisant de Sherlock, mais le moment fut brisé brutalement par l'interruption d'un jeune homme dans la chambre du brun.

- Sherlock, Maman a reçu un message du lycée, ils ont dit que tu avais séché une partie d'un cours, et que tu avais gravement manqué de respect à un professeur. C'est inadmissible !

Comme électrocuté, John s'éloigna de Sherlock, mettant une distance assez importante entre eux. Les écouteurs tombèrent sur le matelas, diffusant toujours la chanson, faiblement. Son regard se fixa obstinément sur ses mains, alors qu'un silence gêné s'installait.

- Et alors, Mycroft ? Répliqua finalement Sherlock d'une voix acerbe et désagréable. Je pensais tout ce que j'ai dit. Ses cours ne me servent à rien.

« Mycroft » semblait étonné de ce qu'il venait d'interrompre, mais se reprit très vite. Il jeta un coup d'œil au blond quasiment recroquevillé à l'autre bout du lit de Sherlock, les yeux rivés sur ses mains, semblant se questionner sérieusement sur ce qu'il avait été sur le point de faire.

- Je vois que tu t'es trouvé… Un ami, se moqua Mycroft, un petit sourire aux lèvres. Je croyais que tu « ne voulais pas d'ami », Sherlock ? Parce que tous les autres étaient « trop stupides pour toi »…

- Ferme-là, Mycroft, rétorqua amèrement le plus jeune, humilié.

- Mmh. Au fait, John Watson ? Appela le grand frère.

Surpris qu'il connaisse son nom, John releva la tête de ses mains pour croiser le regard du grand frère de Sherlock.

Ne t'attends à rien avec Sherlock. C'est un « sociopathe », il n'a pas d'amis... Ni quoi que ce soit d'autre.

Sherlock cligna imperceptiblement des yeux, prenant une inspiration tremblante. John ne sut pas comment réagir, se contentant de fixer Mycroft sans rien dire.

- Je vous laisse à vos occupations, sourit gentiment Mycroft.

Le plus vieux sortit de la chambre, fermant derrière lui, laissant les deux garçons humiliés et mal à l'aise. John avait recommencé à fixer ses mains, semblant se renfermer sur lui-même. Sherlock, lui, avait les yeux fermés, se sentant encore une fois humilié et rabaissé par Mycroft, le maudissant. Cette bataille pour pourrir la vie de l'autre était devenue incontrôlable et ridicule.

- Je… Hésita finalement John, brisant le silence. Devrais partir.

- Non !

Sherlock se mordit aussitôt la lèvre après avoir dit ça, mais continua malgré tout.

- Je veux dire… Tu es de toute évidence épuisé, et… Et tu ne dormiras pas chez toi. Tu devrais dormir un petit peu.

Le blond l'observa, puis l'épuisement sembla finalement avoir raison de lui. Il hocha la tête. Sherlock se leva, essayant de dissiper cette gêne que Mycroft avait installée entre eux, agissant comme si rien ne s'était passé. Il partit vers son bureau, s'attelant à l'affaire de l'avocat, laissant John sur son lit. Le brun releva la tête de son microscope quelques minutes plus tard, son regard cherchant John. Il trouva le blond profondément endormi, même pas sous la couette, ses chaussures au pied du lit, un bras cachant ses yeux. Etendu sur le dos, sa chemise était sortie de son pantalon, remontant jusqu'à son ventre, et sa veste traînait au bas du lit. Les yeux rapides de Sherlock analysèrent chaque centimètre du corps de John, et soudain, ils se plissèrent sur un détail. Le brun s'éloigna de son bureau et s'approcha de John, fronçant les sourcils en soulevant le plus délicatement possible sa chemise. Un énorme bleu, ou même un hématome, s'étendait sur le ventre musclé du blond. Il s'éloigna de quelques pas pour ne pas réveiller John, plongeant sa main dans ses boucles. Merde. C'était quoi ça ?


- Décrivez-le-moi.

- Roh eh bien je ne sais pas quoi vous dire moi, il était jeune, trop jeune pour s'intéresser à ce genre d'affaires, peut-être 16, 17 ans... Des cheveux noirs, bouclés… Oh des yeux, des yeux merveilleusement bleus, et… Assez grand, pâle, accompagné d'un jeune homme blond, plus petit et plus poli que lui. Je ne peux pas vous en dire plus !

- C'est lui, c'est certain… Merci.

- Qu'est-ce que vous allez lui faire ?

- M'amuser un peu.

La vieille femme recula de quelques pas en entendant le ton inquiétant de la réponse, et d'une voix blanche, demanda s'il voulait autre chose.

- J'ai tout ce qu'il me faut. S'il revient vous voir… Acceptez-le.

- Mais… Pourquoi prendre le risque de se faire découvrir ?

Un sourire se dessina sur le visage de l'interlocuteur de la vieille femme, qui ne put détacher son regard de ses yeux brillants d'une folie enthousiaste.

- S'il n'y avait pas de risques, la vie serait terriblement ennuyeuse, ne pensez-vous pas ?


- John, appela une voix grave. Réveille-toi.

L'interpellé s'étira, ouvrit un œil, le ferma, puis rouvrit les deux, se redressant difficilement. Il marmonna comme toute réponse, sur une intonation interrogative.

- Il est bientôt 19 heures, expliqua Sherlock, mes parents vont rentrer, et préparer à manger. S'ils te voient, ils voudront savoir qui tu es, si tu manges là…

L'estomac de John se tordit douloureusement à l'évocation de la nourriture, et le blond se souvint de son frigo vide. Il avait hâte que la paie de sa mère arrive... Il leva les yeux vers Sherlock, tombant dans les deux galaxies bleues qui l'observaient. Il ne voulait vraiment pas gêner, et de toute façon il devait s'occuper de sa famille. Sa gorge se noua face à ce qui l'attendait, puis il déglutit.

- Je… Dois y aller, de toute façon, marmonna John. Je ne veux pas déranger.

- Si Mycroft t'a gêné tout à l'heure, sache que ce n'est qu'un idiot, mon ennemi à vrai dire, fit rapidement Sherlock. Il ment excellemment. Il est jaloux, car je suis le plus intelligent des deux.

Les yeux de John s'écarquillèrent. Il ne s'attendait pas à ce que Sherlock ramène le sujet maintenant.

- Sherlock, le réprimanda-t-il.

- Pardon. Je voulais juste le préciser.

Le brun se frotta la nuque, les yeux s'égarant sur le sol. Il était loin de son attitude fière et provocatrice habituelle. John le regarda avec un petit sourire, et se leva finalement.

- Je vais y aller, dit-t-il finalement en prenant sa veste et son sac. On se voit demain.

Sherlock releva les yeux vers John, sourit et hocha la tête. John enfila sa veste, adressa un sourire au brun, et sortit en mettant son sac sur une épaule. Sherlock alla manger quelques minutes plus tard, évitant soigneusement le regard de Mycroft et soupirant aux remontrances peu convaincues de ses parents.

De retour dans sa chambre, Sherlock se laissa tomber sur son lit. L'odeur de John l'enveloppa, l'envahit, et il papillonna des yeux, interloqué. Il les ferma finalement, réfléchissant. Dossier [John Watson]. Des centaines d'images, de faits et de sensations le submergèrent, et il fronça les sourcils. Avait-il stocké autant de choses ? Il ne l'avait même pas remarqué. Sherlock enfouit ses doigts dans ses boucles, appuyant les paumes contre ses yeux fermés. Qu'est-ce qu'il se passait ? Qu'est-ce qu'il s'était passé, quelques heures plus tôt ? Cet abruti de Mycroft avait interrompu quelque chose mais… Est-ce que John avait vraiment voulu… L'embrasser ?

Il choisit un moment, celui de John croisant son regard, à quelques millimètres de ses lèvres, juste avant que Mycroft n'entre. Toutes les sensations qu'il avait ressenties à ce moment le submergèrent, et il frissonna puissamment. Tout était nouveau, aucune information n'était stockée dans son cerveau pour le préparer à ça ? Il n'avait que quelques données concernant le flirt, et ça s'arrêtait là. Le bouclé s'étira, passant une main distraite sur son ventre. Celui de John apparut dans son esprit, et le bleu qui s'y étendait le fit froncer les sourcils. Il n'était pas supposé ressentir autant de colère et d'inquiétude à cette image. Il n'était pas supposé ressentir du tout, il était sociopathe de toute façon-

- Sherlock.

Le bouclé ouvrit les yeux, surpris. Pourquoi n'avait-il rien entendu ?! Mycroft était debout à côté de son lit, les bras croisés. Sherlock déglutit, et bougea, se reculant contre le mur.

- Qu'est-ce que tu veux ? Répliqua-t-il, sur la défensive.

Mycroft le surplombait, un sourire moqueur jouant sur ses lèvres, amusé de la réaction du plus jeune.

- Sherlock, Sherlock, Sherlock… Qu'est-ce que je t'ai dit… Ne jamais s'attacher. Surtout pas aux gens ordinaires.

- Je ne m'attache pas.

- Est-ce que tu as besoin de revoir la définition du verbe « s'attacher » ? Se moqua Mycroft. John Watson, par contre, est la définition même du mot « ordinaire ».

- Laisse-moi tranquille, Mycroft…

- Sherlock, le voyou, le rebelle de la famille… L'ignora Mycroft. Le génie incompris et incompréhensible… Qui perd finalement toute sa fierté en batifolant avec un garçon de sa classe.

Des yeux bleus se levèrent vers Mycroft, humiliés et énervés.

- Je te déteste, articula finalement Sherlock.

- Ne m'en veux donc pas, Sherlock, soupira Mycroft avec condescendance. Je fais ça pour ton bien. Les gens ne veulent pas être tes amis, ton caractère ne s'y prête pas. John Watson, un joueur de rugby blond et apprécié, est justement tout ce que tu détestes d'habitude. Tout ça pour te rebeller et montrer que tu es spécial, c'est un peu excessif.

- Tu n'es jamais d'accord avec ce que je fais ! Tu méprises mes enquêtes, mes fréquentations, mes occupations... Tu te moquais même de Barberousse. Je n'ai pas envie de t'écouter me rabaisser, Mycroft. Sors de ma chambre.

Voyant que le plus vieux ne bougeait pas, un sourcil haussé et un sourire en coin sur le visage, le bouclé se leva et le poussa hors de la chambre, avant de retourner s'enfouir dans son lit, fermant les yeux. Mycroft avait raison, au fond. Il était trop différent. Il n'avait pas d'amis, personne ne voulait de lui, et son cerveau allait toujours, toujours, toujours trop vite. Il y avait tellement d'éléments à traiter, tellement de choses à assimiler. Il sortit une cigarette pour ralentir un peu tout ça, mais au bout de quelques bouffées, le brun réalisa que ça ne l'aidait pas. Il était encore perturbé du moment qu'il avait partagé avec John, qu'il veuille l'admettre ou non, et son cerveau mélangeait toute notion d'information ou de sensation. Il chercha sous son lit, et sortit deux sachets de plastique. Il sortit un peu de cannabis du premier, et attrapa le second pour prendre une feuille et du tabac. Une fois roulé, il alluma et porta à ses lèvres le joint. Même si Mycroft serait hors de lui s'il le savait, c'était loin d'être nouveau. Seulement, depuis quelques temps, il avait arrêté, se limitant aux cigarettes. Il avait testé beaucoup de choses qui feraient pâlir Mycroft, bien plus stimulantes que de pauvres cigarettes… La plus incroyable de toutes, la cocaïne, ferait se hérisser les cheveux gominés de Mycroft, et lui faisait découvrir tout ce dont son cerveau était capable. Sherlock secoua la tête en laissant la fumée s'échapper de ses lèvres, fermant les yeux pour réfléchir enfin clairement. Il allait se concentrer sur son affaire, et la résoudre. L'image de John tout près de lui apparut sans qu'il s'en aperçoive, et il eut un petit sourire, son cœur s'accélérant un peu.

- N'importe quoi, Sherlock… Soupira-t-il pour lui-même.

Malgré ses tentatives, il n'arriva pas à dégager les images, et les sensations que John avait provoquées. Il n'avait jamais embrassé quelqu'un. C'était frivole et inutile de toute façon, surtout pour un sociopathe, pas vrai ?

Après avoir jeté le mégot par la fenêtre ouverte, il regarda son jardin, pensif. Le vent jouait sur son visage. Il ferma les yeux, et le souvenir du corps de John pressé contre le sien dans le petit placard, lors de leur enquête ensemble, se joignit aux sensations de tout à l'heure, de ses yeux qui exploraient les siens. John. John qui était toujours plus fatigué, John dont la peau était tuméfiée, John dont il ignorait encore trop de choses. Il n'avait qu'à aller enquêter !

Il se leva hâtivement, prit ses clés et de l'argent, puis marqua une pause. Il n'allait pas rester en uniforme. Il sortit un jean noir déchiré de part et d'autre, un tee-shirt blanc et sa veste en cuir. Le brun ébouriffa un peu ses boucles, enfila ses chaussures, et sortit par la fenêtre de sa chambre.

- Taxi ! Appela-t-il, quelques rues plus loin pour ne pas être entendu par sa famille.

Il donna l'adresse, qu'il avait gardée dans son palais mental. Son cœur battait à toute allure, et ce n'était pas à cause de l'adrénaline d'une enquête. Une fois devant l'immeuble, il déglutit, puis poussa la porte. Le bâtiment était bruyant : de la musique forte et lourde en basses sortait de quelques appartements, des rires dans certains autres, des cris dans quelques derniers. Il arriva devant l'appartement de John. Les cris passaient au travers de la porte. Essayant de se convaincre qu'il n'était pas intimidé, il frappa, fort. Les voix ne cessèrent pas, mais il entendit des pas s'approcher de la porte. Ce fut John qui lui ouvrit, l'air fatigué et désabusé. Il ouvrit grand les yeux en voyant Sherlock, puis fronça les sourcils.

- Sherlock, qu'est-ce que tu fais là ?

Le brun ouvrit la bouche, puis la referma. Il n'avait pas réfléchi à comment répondre à cette question. John soupira, et jeta un œil derrière lui. Les disputes continuaient malgré tout.

- Ecoute, je… C'est pas vraiment le moment, ok ?

Il fronça les sourcils, semblant réfléchir.

- Tu es tout seul ? Tu sais à quel point cet endroit est dangereux ?

Sherlock eut un petit sourire, s'appuyant contre l'entrebâillement.

- C'est pour ça que tu me laisses dehors ? répliqua-t-il.

John leva les yeux au ciel, soupira, et l'invita à entrer d'un coup de tête. Il enfouit les mains dans ses poches, et Sherlock remarqua qu'il portait sa veste, toujours trop grande pour lui malgré des ourlets. Cette vision accéléra bizarrement son cœur, et il observa silencieusement le blond, les yeux baissés alors qu'il passait devant sa mère et sa sœur. Les deux femmes ne les regardèrent même pas, trop occupées à se crier des insultes. La plus jeune était clairement éméchée. Sherlock tourna de nouveau les yeux vers John. Le blond s'était retourné, demandant du regard ce qu'il faisait. Il semblait effrayé, nerveux et fatigué à la fois. La veste trop grande le rajeunissait, et Sherlock savait qu'il essayait de tout gérer, mais que la situation lui échappait quoi qu'il fasse. Le bouclé tourna la tête vers la famille de John, qui ne prêtait aucune attention à John, ni à lui.

- Bonsoir, tenta-t-il.

Il fut ignoré. La plus jeune des femmes s'empara d'un verre, menaçant de le briser si l'autre ne la laissait pas tranquille. Le regard bleu alla vers John, ses cernes et sa nervosité, et Sherlock serra le poing. C'était injuste. John méritait mieux que ça. Sherlock sentit la colère monter dans son ventre, et, pour la première fois depuis des années, son cœur prit le contrôle sur son esprit.

De la vaisselle se fracassa par terre, vola en mille éclats autour d'eux. Les cris s'intensifièrent, Sherlock fit trois pas vers John, prit son visage entre ses mains, et plaqua ses lèvres contre les siennes. Les cris stoppèrent net.

John, les yeux écarquillés, bougea inutilement ses mains quelques microsecondes, puis alla les enfouir dans les boucles de Sherlock, avant de répondre au baiser, fermant les yeux. Sherlock, qui n'avait aucune idée de comment embrasser, se laissa entraîner par le blond, son cœur tambourinant dans sa poitrine. Ils se séparèrent finalement, un peu haletants. Sherlock se tourna vers leur public, avec un sourire en coin provocateur. Les deux femmes étaient bouches bée. Un silence inhabituel résonnait dans l'appartement, presque assourdissant. Sherlock garda son sourire insolent, et accrocha le regard de John, lui proposant sans un mot de venir avec lui. John hocha la tête, plus qu'heureux de s'échapper un peu d'ici. Sherlock lança un dernier regard vers la mère et la fille, l'air narquois, puis sortit, John devant lui.


- Il ne faut pas que Mycroft nous entende, murmura Sherlock d'une voix grave, ouvrant la porte de derrière le plus silencieusement possible.

John hocha la tête, et cette fois ci, s'appliqua à rester discret. Ils arrivèrent dans la chambre de Sherlock, la seule chambre dans l'aile droite de la maison. Le brun ferma la porte, et la verrouilla. John s'étira, regardant rapidement sa montre. Bientôt vingt-deux heures trente. Il retira ses chaussures, et alla se mettre sur le lit de Sherlock, les mains derrière la nuque. Ses yeux se posèrent sur le plus jeune, qui était devant son placard, cherchant visiblement quelque chose. La lampe de chevet était la seule source de lumière, et installait une ambiance douce dans la chambre.

- Tiens, interpella Sherlock en lançant un jogging à John. Ca devrait bien t'aller.

Agile, le blond le rattrapa au vol. Il hésita un peu, puis se déshabilla, enfilant le jogging. Il passa une main sur son ventre douloureux, se demandant ce qu'il devait faire. Il retira finalement sa chemise, posant tout au pied du lit. Il se redressa, et son regard tomba de nouveau sur Sherlock, qui se déshabillait lui aussi. John observa la lumière cuivrée jouer sur le corps du brun. Il retira son tee-shirt, et les ombres épousèrent les muscles de son dos. John remarqua enfin qu'il était habillé différemment que d'habitude, ne le connaissant qu'avec son uniforme. Ses yeux descendirent sur ses fesses, et il prit une inspiration lorsque Sherlock retira son jean. Le blond sentit une chaleur partir de son ventre pour s'étendre dans le reste de son corps, et déglutit silencieusement. Le plus jeune se retourna finalement, ses yeux bleus s'accrochant directement à ceux, bruns, de John, et il le rejoignit sur le lit, en boxer.

Sherlock était perdu, trop d'informations se mélangeaient dans son esprit, l'embrouillaient. Il n'avait jamais ressenti quoique ça soit de ce genre, il s'était très tôt considéré comme sociopathe et incapable de toute attirance sexuelle ou romantique, mais… John était en face de lui, avec ses cheveux décoiffés, ses lèvres attirantes et son torse nu... Il n'était plus sûr de rien.

Le blond eut un sourire en coin en voyant Sherlock le détailler, et se rapprocha de lui, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre. Sa main passa sur sa nuque, ils échangèrent un rapide regard, puis John se pencha pour l'embrasser lentement. Sherlock sentit son cœur s'accélérer déraisonnablement, puis il ferma les yeux avant de répondre, pas très sûr de lui. John eut un petit sourire, et il bougea légèrement, s'asseyant sur le lit et entraînant Sherlock sur ses cuisses. Plus à l'aise, les deux approfondirent peu à peu le baiser, l'autre main de John allant s'égarer dans le dos de Sherlock. Le brun se rapprocha instinctivement de John, attrapant son visage à deux mains pour mieux l'embrasser. John eut un infime soubresaut et ses deux mains descendirent sur les hanches étroites du plus jeune, qui soupira contre ses lèvres en s'arquant vers lui.

Les mains de Sherlock allèrent s'enfouir dans les cheveux blonds, brouillonnes. Les deux amants se séparèrent un instant pour reprendre leur respiration, mais Sherlock fit une pression à l'arrière de la tête de John pour qu'il continue à l'embrasser. Le blond haleta légèrement et obéit à la demande sans attendre, ses mains rapprochant un peu plus Sherlock de lui, tenant plus fermement ses hanches. Le plus jeune laissa échapper un gémissement grave, ses mains se crispant dans les cheveux blonds. Il sentait la chaleur et l'envie envahir délicieusement tout son corps, qui brûlait de se rapprocher de celui de John. Encouragé par les mains fermes sur ses hanches, il bougea sur les cuisses de John pour se presser contre lui, sentant le plaisir envahir sa poitrine et chauffer dans son ventre. Les mains de John descendirent contre ses fesses et Sherlock sentit un frisson l'agiter. Il eut un soupir chaud, et, l'esprit absent, commença à bouger contre John, ses lèvres partant explorer son cou. Le blond bascula la tête en arrière pour lui laisser plus de place, une de ses mains allant empoigner les boucles brunes. Leurs hanches bougeaient ensembles, instinctivement. John guida les mouvements du plus jeune pour qu'il aille plus vite, et il l'entendit gémir gravement dans son cou.

- Merde, Sherlock, grogna John en sortant sa tête de son cou pour l'embrasser, sentant le brun excité contre lui.

Un gémissement se perdit entre eux, et les mains agitées de John cherchèrent à retirer le boxer de Sherlock. Le plus jeune se tendit instinctivement, ses lèvres se figeant légèrement contre celles du blond. John le sentit directement, et brisa le baiser pour croiser le regard plus foncé de Sherlock.

- Tu veux qu'on arrête là ? Demanda-t-il d'une voix rauque, le souffle court et les pupilles dilatées.

Sherlock se mordit légèrement la lèvre, et détourna les yeux. Tout ce qu'il savait lui était inutile pour comprendre ce qu'ils venaient de vivre. La seule chose sûre était qu'il avait ressenti de l'appréhension quand John avait voulu retirer ses sous-vêtements. Il releva les yeux vers le blond, qui semblait avoir compris qu'il ne se passerait pas plus aujourd'hui.

- OK, je dois juste... Je reviens, fit John en se raclant la gorge, remettant son jogging en place. Où sont tes toilettes ?

Sherlock répondit sans réfléchir, semblant essayer de comprendre ce qu'il venait d'arriver. John acquiesça, souleva Sherlock pour le faire retomber à coté de lui sur le lit, et se leva. Commençant à partir, il jeta un dernier regard hésitant à Sherlock, puis retourna rapidement vers lui. Il attrapa son visage et se pencha pour l'embrasser de nouveau, devant le lit. Sherlock répondit directement, passant sa main dans les cheveux ébouriffés, se redressant légèrement. Ils se séparèrent finalement, et John le regarda, l'air un peu perdu et hésitant, pas trop sûr de ce qu'il passait entre eux. Sherlock eut un simple sourire, et retomba tranquillement sur le lit. John le regarda quelques instants, puis partit, essayant de ne pas faire de bruit.

Sherlock s'enfouit sous la couette, réfléchissant. Lui qui considérait tout rapprochement physique comme inutile et ridicule, devait à présent reconsidérer tout ce qu'il pensait jusqu'ici. Il ressentait bel et bien des attirances, et ce qu'il avait ressenti avec John, il était prêt à le sentir de nouveau. Bougeant inconfortablement, Sherlock fronça les sourcils à la sensation désagréable de frustration qui le tenaillait depuis que John et lui avaient arrêté leur activité. Il plongea dans son palais mental, essayant de supprimer cette impression, mais rien à faire. C'était comme un bug. Est-ce que c'était le prix à payer pour le plaisir de tout à l'heure ?


John fixait le sol depuis quelques temps, essayant de faire le clair. Même soulagé, il n'arrivait pas à penser distinctement. Sherlock l'avait embrassé devant sa mère et Harry, et ils avaient... dérapé, quelques minutes plus tôt. Il ne connaissait pas cet aspect de lui-même, donc toute cette histoire l'embrouillait pas mal. Il avait eu quelques copines, trouvait les filles jolies en général : rien de très compliqué. Mais Sherlock Holmes commençait à draguer des gars de la classe et d'un coup, il était gay ?

John soupira, se levant. Il avait des problèmes plus importants que ça, et il n'était pas gay puisqu'il était aussi attiré par les filles, donc ce n'était pas un trop gros changement. Il passa une main dans ses cheveux, sortit de la pièce, et revint le plus silencieusement possible dans la chambre de Sherlock. Le brun était allongé sur son lit, les mains jointes sous son menton, les yeux fermés.

- Qu'est-ce que tu fais ? Hésita John.
- Palais mental, marmonna le bouclé.

John haussa les sourcils en venant le rejoindre sur le lit, et baissa les yeux pour observer Sherlock qui était toujours en boxer. A sa surprise, le plus jeune était toujours clairement excité, contrairement à John qui s'était occupé de ça.

- Tu... T'es toujours... Balbutia John.
- Je subis une réaction à l'excitation, qui s'exprime par la frustration et cet état indélicat. J'essaye de l'éliminer dans mon palais mental.

John écarquilla les yeux, fixant le visage concentré de Sherlock, puis éclata de rire. Le brun ouvrit un œil mécontent, semblant lui demander pourquoi il riait.

- T'as juste à te... enfin, tu vois quoi ! Rit-il.
- À me quoi ? Demanda curieusement Sherlock.

John rigola un peu plus, puis se calma en voyant qu'il vexait le plus jeune.

- Oh mon dieu, OK... Te masturber, Sherlock.
- Je n'ai pas besoin de ce genre de choses frivoles, marmonna dédaigneusement le bouclé.

Le blond le regarda d'un air bizarre, puis recommença à rire sans pouvoir se contrôler. Sherlock, vexé, se retourna, lui tournant le dos.

- Eh, eh, attends, attends, rigola John, essuyant ses yeux humides à force de rire. Désolé. Oh dieu. Évidemment que tu en as besoin Sherlock, tu as vu ton état ? Tu es humain comme tout le monde.

John, se faisant la réflexion que c'était une des conversations les plus gênantes et bizarres qu'il avait eues, secoua doucement l'épaule du plus jeune, qui s'était roulé en boule dos à lui.

- Hey... Tu as jamais... ? Hésita-t-il finalement.

Sherlock secoua silencieusement la tête.

- Normalement mon palais mental suffit à éliminer cette réaction en cas d'érection matinale... Mais pas là...
- Tu n'avais jamais été excité ? S'étonna le blond.
- Je pensais que je ne ressentais pas ça, je ne m'étais jamais intéressé à qui que ce soit avant, grogna Sherlock, clairement mal à l'aise.

Assez flatté, John eut un sourire qu'il voulait réconfortant. Qu'est-ce qu'il pouvait bien lui dire ? Sherlock le regardait, attendant visiblement sa réponse.

- Tu ne veux pas... le faire ?
- Je ne sais pas comment on fait, marmonna-t-il. Enfin, j'ai une vague idée, mais je n'ai pas envie. Pas ce soir.

John fit une moue, comprenant que Sherlock, tout novice qu'il était dans le domaine, avait eu énormément de premières expériences ce soir. Décidant de s'appuyer sur quelque chose que le brun maitrisait, il ouvrit la bouche.

- OK, on va tenter autre chose. On va te trouver un coupe-envie.
- Pardon ?
- Quelque chose qui te calme, si tu veux. Par exemple, qu'est-ce qui t'excite ?

Sherlock le regarda, s'étant retourné vers lui, et releva un peu le menton, essayant de se donner un air fier malgré sa gêne.

- Toi, marmonna-t-il.
- OK, répondit John avec un petit sourire et une chaleur sur le visage. Et maintenant, qu'est-ce qui couperait ton envie ?

Sherlock réfléchit un certain temps, puis ses yeux retournèrent dans ceux de John.

- McDuffy, décida-t-il.
- Le gars de la classe qui fait du rugby avec moi ? Rigola John. Le roux ?

Sherlock hocha la tête avec une grimace, et John rigola un peu plus, avant de se reprendre.

- OK. Eh bien au lieu de penser à... Moi et... A ce qu'il s'est passé tout à l'heure, tu penses à McDuffy.
- Pourquoi je m'infligerais ça ? Grogna Sherlock.
- Pour arrêter d'être excité, génie, rétorqua John.

Sherlock haussa un sourcil curieux, et obéit finalement, fermant les yeux. John l'observa : il s'était redressé en position assise, et avait glissé la couverture jusqu'à sa taille. Il attendit un certain temps, et croisa le regard de Sherlock quand celui-ci rouvrit ses yeux clairs. Le plus jeune eut un sourire satisfait en vérifiant sous la couette, et releva la tête vers John.

- Merci, sourit-t-il.
- Hrmmm... De rien ? Rigola John.

Le brun s'allongea sur le ventre, observant le blond de ses yeux vifs.

- Tu es fatigué, John Watson, déclara-t-il finalement.
- De plus en plus doué en déduction, dis donc, railla John.

Sherlock grogna, et laissa tomber son visage dans les draps, près des jambes de John. Le blond bailla, et s'allongea en face du bouclé.

- Raconte des choses, murmura finalement John après un silence confortable.
- Pourquoi ? S'étonna Sherlock.
- Ta voix est grave. J'aime bien, chuchota-t-il, les yeux presque fermés.

Sherlock eut un sourire en coin, son ego flatté, et commença à parler. Il aimait parler, et John aimait l'écouter. Ils s'endormirent sans le réaliser, fatigués.


John, réveillé par la douleur dans son ventre, avait profité de l'heure matinale pour pouvoir prendre une douche, le plus rapidement possible. Il revint sans croiser personne, et rentra dans la chambre de Sherlock pour le trouver éveillé sur le lit, ses yeux clairs perdus dans le vide.

- Sherlock ? Appela John.
- Mmh ?
- Ça va ?

Sherlock hocha vaguement la tête, et John ne se posa pas plus de questions. Une fois habillé, il enfila ses chaussures, attrapa son sac, et se dirigea vers la porte avant qu'une voix rauque ne le stoppe.

- Tu fais quoi ?
- Eh bien... Je m'en vais ? Hésita John. Je dois repasser chez moi et la distance est grande, je vais essayer de choper un métro.

Le brun l'observa silencieusement, regarda l'heure, et soupira.

- Tu ne seras jamais à l'heure en cours si tu passes chez toi, il reste une vingtaine de minutes avant le début des cours et tu habites à l'autre bout de Londres.
- Eh bien je serais en retard en cours, marmonna John.
- Tu n'as pas mangé, non plus, fit remarquer Sherlock.
- Je croyais que je n'avais pas le temps ? Répliqua John.
- Pourquoi tu ne manges pas plutôt ? Tu as de toute évidence faim, puisque c'est la faim qui t'a réveillé.
- Hein ? Comment est-ce que tu pourrais possiblement sav-
- Tu es épuisé, comme le montrent tes cernes et tes mains faibles, et malgré le fait d'être dans un endroit silencieux et sécurisé, tu te réveilles tôt, sans réveil : la faim. Au lieu de te préoccuper de choses frivoles tu devrais remédier à ce problème rapidement.

John, de mauvaise humeur, ne répondit pas et sortit, laissant Sherlock tout seul sur son lit. Le brun fixa la porte fermée quelques secondes, grogna, hésita, puis secoua finalement la tête, se levant pour s'habiller.


Après plusieurs minutes de métro, John sortit à sa station, toujours de mauvaise humeur. Il ne savait pas ce qu'il l'attendait une fois chez lui, après le baiser d'hier. Il monta les marches sans réfléchir, et poussa la porte sans rien dire, passant une main fatiguée sur son visage.

Sa mère était endormie sur le canapé, dos à lui. Harry était probablement dans sa chambre, parce qu'il ne l'entendait pas vomir. Lâchant son sac à l'entrée, il alla prendre un uniforme propre dans sa chambre, et se changea. Il attrapa sa tenue de rugby, et la balança dans son sac de sport.

Après une rapide vérification, il trouva le frigo vide, mises à part les bouteilles d'Harry. Il soupira en se passant une main sur le visage, et cherchant dans les placards. Rien de très concluant, le plus intéressant étant un fond de pâtes. Pas très utile pour le matin. John sentit son ventre se tordre, et se dirigea vers le sac de sa mère : peut-être qu'elle avait eu sa paye et qu'il pouvait aller faire un peu de courses avant d'attraper un métro pour aller au lycée.
Il fouilla dans le sac à main, sans résultats. Tout devait être parti dans les bouteilles dans le frigo et les sorties d'Harry. La fin du mois arrivait, la paye devrait venir bientôt, ils n'avaient plus que quelques jours à tenir. John allait devoir trouver quelque chose, mais il n'avait pas le temps d'y réfléchir ce matin.

Abandonnant le petit-déjeuner, il partit jeter un œil dans la chambre d'Harry. Il n'entendait pas un bruit, et les lumières étaient éteintes. John soupira, refermant discrètement la porte, et sortit de chez lui en attrapant son sac au passage.


- Watson ?

Silence.

- Watson ? Watsoon ? Insista d'un ton monocorde le professeur, l'air d'être mort à l'intérieur.
- Il est pas là, abrégea un élève, agacé.
- Watson : absent, nota-t-il. Toujours le même... Commenta-t-il d'un air méprisant.

Sherlock, au fond de la classe, le foudroya du regard, mais se retint de dire quoi que ce soit, pour une fois. Il ne pouvait pas signaler que ce n'était qu'un retard, pour passer chez lui... si les autres comprenaient qu'ils avaient passé la nuit ensembles, les rumeurs et l'homophobie exploseraient et John n'avait vraiment pas besoin de ça.

Sherlock ne s'intéressa pas du tout au cours, perdu dans ses pensées. Hier avait été riche en émotions et sensations nouvelles, et il n'arrivait pas vraiment à les ranger dans son palais mental. Ce n'étaient ni des idées, ni des informations. Tout ce qu'il ressentait en pensant à hier était brouillon, indescriptible.

- Holmes ? Hoolmes ?

- Si vous êtes incapable de me voir, songez à prendre des lunettes plus puissantes, répliqua Sherlock avec ennui, plongé dans ses pensées.

- Holmes, votre intelligence ne vous donne pas tous les droits, soyez respectueux. Ne partez pas sur la même pente que Watson.

Le brun releva la tête, ses yeux clairs se dardant sur le professeur, et toute la salle fut persuadée qu'il allait réussir en quelques secondes à déduire que le prof trompait sa femme avec le directeur. Cependant, il n'en fit rien. Il serra la mâchoire, et se recula sur sa chaise, se renfermant un peu plus.

- Eh, le bizarre, appela son voisin une fois le cours commencé.

Sherlock cligna imperceptiblement les yeux, prit une inspiration, puis tourna la tête vers le gars qui avait dit ça, un joueur de rugby au dernier rang comme lui.

- T'as pas d'émotions, tu fais chier tout le monde avec tes déductions, t'as pas d'amis, je t'ai jamais vu avec une fille... C'est quoi ton problème au juste ?

Sherlock sentit sa poitrine se serrer douloureusement, mais garda un visage neutre.

- Je suis sociopathe, répliqua-t-il avec dédain.

Le sportif le regarda avec les sourcils haussés, puis ricana avant de se tourner vers son autre voisin pour lui murmurer des choses de toute évidence à propos de Sherlock. Les deux rirent, et Sherlock inspira en se laissant retomber sur le dossier de sa chaise.

- De quoi vous parlez ? Demanda une blonde en se retournant, les entendant rire.

Le rugbyman ne répondit pas, mais, un sourire aux lèvres, fit un petit mouvement de tête pour désigner Sherlock.

- Pourquoi vous parlez du bizarre ? Rigola-t-elle, baissant à peine sa voix.

- Il s'invente des mots pour justifier le fait que personne ne veuille être ami avec lui, répondit le voisin du rugbyman.

Les trois s'esclaffèrent, et la fille jeta un coup d'œil à Sherlock qui fixait le tableau d'un air ennuyé, avant de rire un peu plus.

- Attention, sinon il va nous analyser, ricana le rugbyman.

- Et se la péter parce qu'il a deviné que t'as fait la fête Samedi dernier, rigola l'autre. Sans vouloir te vexer, Holmes, continua-t-il à l'attention de Sherlock avec un sourire moqueur.

Le brun ne prit pas la peine de le regarder. Ca ne l'atteignait pas, ce genre de personnes ne pouvait pas l'atteindre. Du moins c'est ce qu'il se répétait, se sentant humilié et seul. « Personne ne veut être ami avec toi »… même son frère le disait, et il avait peut-être raison au fond. Même John était énervé par ce qu'il disait. Il crispa légèrement sa main sur le stylo, inspira profondément, et commença à prendre des notes du cours pour penser à autre chose. Sociopathe. Il était sociopathe.


- Watson ! Interpella une voix.

John sursauta légèrement dans le hall du lycée, puis tourna la tête vers la voix. Le principal, un grand homme intimidant, était sorti de son bureau et venait apparemment de l'appeler. Il fit un signe de tête pour l'inviter à le suivre, et John obéit sans protester. Ils traversèrent un petit couloir vide et sombre, pour arriver finalement au bureau.

- Fermez la porte derrière vous, ordonna l'homme en entrant. Asseyez-vous, ajouta-t-il une fois la porte fermée.

Le blond posa son sac à ses pieds et s'assit. Le principal, assis derrière son un lourd bureau, semblait agacé, méprisant.

- Cela vous amuse-t-il de ne pas venir en cours ? Commença-t-il, les sourcils froncés.

- Je…

- Ne me coupez pas la parole, coupa l'homme. Votre comportement est devenu inacceptable. Tant que vous fournissiez de bons résultats sans faire trop d'histoires, il n'y avait pas trop de problèmes. Mais à présent, vous manquez des heures, n'êtes plus attentif à aucun cours, faites l'affront de dormir à chaque heure à laquelle vous assistez. Vos résultats ont baissé. Vous entrainez même un élève brillant sur une mauvaise pente. Watson, vous êtes un très mauvais élément, et je n'accepte plus ce comportement. Est-ce bien clair ?!

Les yeux fixés sur ses mains, John hocha la tête, essayant de se concentrer. Il avait tellement faim.

- Cessez d'être insolent, et regardez-moi quand je vous parle ! S'agaça le proviseur, tapant une main sur le bureau. Vous savez bien que vous n'êtes pas un élève très précieux à cette école, et que la bourse qui vous permet de toujours étudier ici peut vous être enlevée pour mauvais comportement. Je pourrais vous virer pour absences répétées et insolence dans vos cours. C'est ce que vous voulez, Watson ?

- Non, répondit John entre ses dents en le regardant, le ventre noué de faim et de stress.

- Alors vous avez intérêt à vous tenir à carreaux. Je ne tolérerais plus d'absence, ni de siestes en cours. Pas une seule, vous avez bien compris ? Notre école à une réputation à tenir, et ne peut se laisser affaiblir par des éléments feignants et indisciplinés.

John hocha la tête une nouvelle fois. Comment est-ce qu'il allait faire pour ne pas dormir en cours ?

- Très bien. Sortez.

Le lycéen marmonna un « Au revoir », attrapa son sac, et ferma la porte derrière lui. Une fois dehors, il s'appuya contre le mur, passant une main fatiguée sur son visage. Il n'allait jamais y arriver.

- John ? Appela doucement une voix grave.

Le blond laissa tomber sa main pour voir Sherlock en face de lui. Le bouclé le regardait avec ses grands yeux bleus vifs, qui semblaient en permanence l'analyser. Il leva une main pâle vers lui, hésita, puis la remit dans sa poche de pantalon. Le génie prit une grande inspiration.

- J'ai deviné que tu serais là, ajouta-t-il finalement, à voix basse.

John le fixa, essayant de tout remettre en ordre dans sa tête. La faim lui faisait tourner la tête, et ramenait la fatigue qu'il avait accumulée malgré les quelques nuits éparses chez Sherlock. Le plus jeune le sortit de ses pensées en prenant un sandwich dans son sac, lui tendant.

- Je t'ai apporté ça, hésita-t-il un peu. Je ne voulais pas te vexer ce matin. Je voulais juste que tu manges.

Le blond regarda le sandwich, puis releva la tête vers Sherlock. Il était le seul à penser à lui, et à le considérer comme autre chose qu'un feignant, un bon-à-rien, ou un voleur.

- John ? Tenta-t-il. Tu m'en veux toujours ? Je suis désolé, mais même si tu m'en veux, tu dois manger quelque chose, tes yeux sont vitreux et-

Le blond l'interrompit en l'attirant contre lui, plaquant leurs lèvres ensembles. Sherlock haleta, surpris, ne sachant pas quoi faire de ses mains, mais se calma instantanément quand John passa une main douce dans ses boucles, commençant à l'embrasser. Le plus jeune ferma finalement les yeux, passant sa main libre autour de la taille de John, répondant au baiser en se pressant contre lui. Un bruit de chaise dans le bureau du principal à côté d'eux les fit sursauter, et John se sépara de Sherlock, une main s'égarant dans le bas de son dos.

- Apparemment je te pousse vers « une mauvaise pente », murmura John, un sourire au coin des lèvres.

- Ce n'est pas toi qui m'emmène sur des scènes de crime, répliqua malicieusement Sherlock.

Ils rirent ensembles, et se turent directement en entendant le principal se lever dans son bureau, probablement alerté par les bruits. La porte s'ouvrit, cachant les deux garçons collés contre le mur juste à côté. L'homme jeta un coup d'œil dans le couloir, puis referma la porte en marmonnant. Les yeux écarquillés, John et Sherlock sortirent le plus silencieusement possible du petit couloir sombre, avant d'éclater de rire, une fois éloignés.

- Mange ce fichu sandwich, insista Sherlock, une fois calmé.

John eut un sourire, et s'empara du sandwich après avoir remercié le brun. Ils passèrent la pause sur un banc de la cour, pour que John mange tranquillement.

- La prof de maths est absente, avertit soudainement Sherlock.

- Hein ? Comment est-ce que-

- Eh Watson, t'as vu ? Johnson est absente ! Intervint un camarade de rugby de John, passant devant eux avant d'aller avertir le reste de la classe.

- Comment est-ce que tu as pu prédire ça ? Demanda finalement John en se tournant vers Sherlock.

- Joshua semblait heureux et excité, et ce niveau de contentement au lycée ne peut provenir que de l'absence d'un professeur. J'ai su la nature de la matière, car nous avons mathématiques en dernière heure et que ça implique terminer plus tôt. Enfin, il comptait clairement te dire l'information qui le rendait joyeux, et étant donné qu'il n'est qu'une connaissance pour toi, cela ne pouvait être qu'une nouvelle concernant le domaine scolaire et étant capable de réjouir toute la classe.

John cligna des yeux, assimilant toutes les informations que le cerveau de Sherlock avait réussi à détecter en quelques secondes, puis mordit dans son sandwich avec un petit sourire amusé.

- Pourquoi ce sourire ? S'étonna Sherlock. Mon raisonnement était bon, Joshua nous l'a confirmé.

- Oh oui, parfait. Sauf qu'il s'appelle Oliver.

Sherlock haussa les sourcils, surpris, alors que John commençait à rire. Le brun marmonna « ne te moque pas » en poussant légèrement son épaule, faisant rire John un peu plus.


- Qu'est-ce que tu vas faire de ton heure de libre ? Demanda Sherlock alors qu'ils sortaient tous de cours.

- Je vais rester travailler ici, je devais manger là de toute façon, répondit le blond. Et toi ?

- Je vais retourner voir la vieille dame.

- Quoi, tout seul ? Pas question, répliqua John, regardant l'heure à son poignet. Je serais disponible à 15:30, on ira ensembles si tu veux vraiment y aller.

- Pourquoi pas avant 15:30 ?

- J'ai rugby le mercredi.

Sherlock leva les yeux au ciel.

- Quelle perte de temps ! Tu devrais venir interroger la vieille dame avec moi au lieu de faire ça, tes aptitudes sociales aideraient. Je n'ai rien à faire chez moi en plus.

- Tu n'as qu'à attendre dans les gradins, comme ça tu pourras voir l'entraînement, suggéra John.

- Ok, soupira Sherlock d'un air ennuyé.


John essuya son front de sa manche, avant de remettre ses cheveux en place, essayant de reprendre sa respiration. L'entraînement était particulièrement difficile aujourd'hui, l'entraîneur ne les laissait pas s'arrêter pour une pause. John intercepta le ballon, et courut à toute vitesse pour s'approcher le plus possible de la ligne. En un regard, il repéra Tennant qui courait derrière lui, comptant le plaquer, et bougea, le laissant s'étaler.

Bien Watson ! Cria l'entraîneur.

John accéléra un peu plus, et atteignit finalement la ligne, marquant. L'entraîneur siffla, et le blond se releva, haletant. Quelques gars de l'équipe avec qui il s'entendait bien lui tapèrent gentiment l'épaule pour le féliciter alors qu'ils rejoignaient tous le vestiaire. John se déshabilla rapidement pour aller se doucher, essayant de camoufler un peu l'hématome sur son ventre, qui avait pris une teinte violacée, presque noire. Une fois lavé, séché et habillé, il passa une main dans ses cheveux encore humides, se dépêchant pour sortir avant les autres.

- Hey, fit-il en rejoignant Sherlock à l'entrée du lycée, comme convenu.

Sherlock ne répondit pas, jeta un coup d'œil à l'entrée du lycée déserte, et l'attira contre lui pour l'embrasser passionnément. Surpris, John lâcha ses sacs, avant d'enfouir ses mains dans les boucles de Sherlock, répondant au baiser. Ils se séparèrent finalement, John fixant Sherlock. C'était la première fois que c'était le brun qui initiait un baiser entre eux sans intention de provoquer ou de se faire remarquer.

- Je ne comprends pas mais… Te voir faire du rugby ça a… Enfin ça m'a donné envie de t'embrasser et même de faire d'autres trucs que je ne pensais pas avoir envie de faire avant, s'embrouilla Sherlock, perdant son habituelle arrogance.

John rigola légèrement, puis s'éloigna tranquillement du bâtiment, commençant à marcher. Sherlock, après un petit temps, le suivit, puis intercepta un taxi pour eux deux.


Après avoir frappé à la porte, Sherlock et John entendirent des pas s'approcher, puis la porte s'ouvrit sur la vieille dame. Elle sembla les reconnaître tout de suite, et déglutit.

- Entrez.