Bonjour bonjour !
Voici le sixième chapitre et avec lui le retour de Thorin !
Merci Mégara pour ta superbe review ! C'est un magnifique compliment que tu m'as fait là *o*
Très bonne lecture à tous !
Encore un pas.
Marcher devenait presque impossible. Soulever la hache qui lui servait d'appui lui demandait de plus en plus d'efforts, et sa jambe tremblait dès qu'il posait le pied. Il avait entièrement découpé une chemise pour changer son bandage régulièrement, mais il avait utilisé le dernier morceau le matin même et il était déjà imbibé de sang, maculant tout ce qui l'effleurait.
Thorin agita une main devant ses yeux pour disperser les mouches qu'il croyait voir voler, sans effet, et avança en étouffant un grognement de douleur. La petite part de son esprit qui luttait pour rester lucide malgré la fièvre lui soufflait que sa plaie commençait à s'infecter, et son estomac vide protesta lorsque les possibles conséquences dansèrent dans ses pensées.
Le Nain repoussa ses cheveux en arrière d'une main poisseuse de sang et serra les mâchoires. Il n'était plus très loin.
Encore un pas.
La forteresse Naine des Ered Luin se dressait, sombre, taillée à même le flanc de la montagne. Austère et menaçante dans la semi-obscurité de la fin du jour. Thorin soupira de soulagement lorsqu'il l'atteignit, l'épuisement menaçant de le faire s'effondrer. Il avala la dernière gorgée d'eau que contenait son outre – le liquide tiède ne fit rien pour apaiser sa soif, mais les mouches refluèrent légèrement. Le Nain cogna contre le battant de pierre lisse. Encore. Encore. Encore, jusqu'à ce qu'un cri lui fasse lever les yeux vers le tour de ronde.
« Qui va là ? »
Thorin se racla la gorge avant de répondre, la bouche sèche.
« Thorin, d'Erebor ! »
Sa voix se brisa, rauque, et il ne put ajouter qu'il venait pour le conseil. Respirant aussi profondément qu'il le put, il retenta.
« Je suis blessé ! »
Ce n'était pas ce qu'il avait eu l'intention de dire, mais cela sembla faire réagir le garde, qui disparut du créneau. Quelques instants – qui lui semblèrent durer une éternité – plus tard, alors que Thorin s'appuyait de tout son poids sur sa hache et que ses yeux se fermaient d'eux même, les grandes portes s'ouvrirent avec un bruit sourd.
« THORIN ! tonna une voix grave, et l'interpellé sentit la tension baisser d'un cran dans son corps.
- Dain », lâcha-t-il, à bout de force, avant de s'évanouir.
oOo
Thorin reprit péniblement conscience au son d'une discussion houleuse. Il ouvrit lentement les yeux, mais la lumière l'éblouit et il les referma, tentant sans succès de comprendre les mots qui résonnaient à côté de lui.
… être sûr ? Ça peut être n'importe qui !
Le sens des phrases se refusant à lui, il s'efforça de reconnaître les voix, et se sentit soulagé en reconnaissant celle, grave et profonde, de Dain.
C'est lui, Hefor, c'est mon cousin, je suis capable de le reconnaître !
Dain qui avait l'air absolument furieux. Thorin essaya de rassembler ses esprits, mais la douleur irradiant de sa cuisse l'empêchait de retrouver sa lucidité. Il laissa échapper un râle de douleur en tentant de se redresser. Les voix se turent, puis celle du Roi du clan des Monts de Fer reprit, soudain beaucoup moins forte, mais toujours aussi rêche.
« Doucement, Thorin, tu n'es pas en état de bouger. Tu es salement blessé, il faut que tu te reposes.
- D… Dain… » commença-t-il, sa gorge desséchée l'empêcha d'aller plus loin.
Tout était flou. Il n'était même pas sûr que Dain soit vraiment penché au-dessus de lui. Les sons se brouillèrent à nouveau alors que l'inconscience menaçait de le reprendre.
Tu vas même lui refuser de l'eau ? Tu as vu sa blessure ? Tu veux qu'il meure ?
L'autre voix prit une teinte résignée.
Non. Qu'on le soigne. De là à dire que c'est Thorin d'Erebor…
Thorin sombra de nouveau.
oOo
Lorsqu'il émergea, il faisait sombre, et le silence régnait. La seule lueur provenait d'une torchère faiblissante accrochée au mur. Thorin essaya de se remémorer ce qui s'était passé, mais il ne se souvenait de rien après avoir aperçu Dain aux portes de la forteresse. Le reste était noyé de brume, trouble, irréel.
Couché dans un lit, une lourde fourrure le maintenant au chaud, il inspira lentement, expira profondément. La douleur dans sa jambe semblait… lointaine, un peu engourdie. Précautionneusement, il se redressa en position assise, serrant les dents, et repoussa draps et couvertures. A la clarté vacillante de la torche, il constata que sa jambe était étroitement enveloppée dans un bandage immaculé. Mieux encore, il avait été entièrement lavé, s'il en croyait l'humidité de ses cheveux et l'absence de la sensation poisseuse de la sueur et du sang qui lui collait à la peau depuis des jours.
Avisant une carafe et un verre sur la table de chevet installée à côté du lit, Thorin se servit et étancha sa soif. L'eau fraîche finit de le réveiller pleinement, et après avoir hésité une poignée de secondes, il se leva. Sans prendre appui sur sa jambe blessée, il clopina en se tenant au mur jusqu'à une pile bien nette qu'il eut la surprise de reconnaître comme ses affaires. On lui avait visiblement fait la courtoisie de nettoyer ses vêtements.
Lorsqu'il passa à nouveau son haubert d'écailles sur sa chemise noire, il soupira, puis fronça les sourcils, chassant l'abattement qui le guettait. Il enfila sa veste de laine noire, ses bottes, et détacha la chaîne qu'il portait au cou. Il en fit glisser l'anneau de son grand-père, et le contempla à la lueur de la torche. Hochant la tête avec détermination, il passa l'anneau à son doigt. Il était ici en tant que chef du clan d'Erebor, et il avait l'intention s'assumer pleinement son rôle.
Se sentant finalement prêt, il reprit sa hache pour marcher un peu plus dignement, et ouvrit la porte de la chambre d'un geste décidé. Il se trouva nez-à-nez avec un nain à l'expression aussi peu engageante que son armure et son épée dégainée.
« Vous ne pouvez pas sortir, grogna-t-il, et certainement pas armé.
Thorin haussa un sourcil sidéré.
- Serais-je prisonnier ?
- Ce sont les consignes du Roi. Si vous avez faim, je peux vous faire parvenir un repas, mais vous ne pouvez pas sortir.
- Les consignes… répéta faiblement Thorin, sentant l'agacement monter.
- Oui, confirma le garde, imperturbable. Le Roi se penchera sur votre cas plus tard. Le Conseil requiert toute son attention, et il ne peut être dérangé sous aucun prétexte.
Thorin contint de justesse un commentaire cinglant, et répliqua aussi courtoisement qu'il le put.
- Je suis ici pour le Conseil. Je suis Thorin, héritier d'Erebor, je dois assister au Conseil.
Le garde eut l'air peu impressionné.
- Le Roi n'accorde pas de valeur à vos prétentions.
Un léger tic agita le coin de la bouche de Thorin avant que ses lèvres ne s'étirent souplement en un sourire glacial.
- Le Roi va devoir y accorder plus de valeur qu'il ne pense, grinça-t-il, dégoulinant de venin. Et si vous croyez pouvoir m'en empêcher, c'est tout le gantelet que vous vous fourrez dans l'œil.
- Si vous tentez de protester, je peux vous faire enfermer, menaça le garde.
- Je suis déjà enfermé dans cette chambre. Vous croyez qu'un cachot me fait peur ? Qu'a dit Dain de ma situation ?
- Je n'ai pas à vous transmettre ce qui s'est dit entre les chefs de clans. »
Thorin hocha la tête lentement, se laissa envahir par la colère. Il était peut-être blessé à la jambe, mais ses autres membres n'avaient pas perdu de leur vivacité, et il avait dormi suffisamment longtemps pour être pleinement revigoré malgré la faim qui le tenaillait toujours.
Avant que le garde ne puisse réagir, il dégaina le coutelas qui pendait à sa ceinture et le repoussa contre l'encadrement de la porte, la lame plaquée contre sa gorge.
« Je crois que vous ne m'avez pas bien compris. Vous allez me guider jusqu'à la salle du Conseil, déranger les chefs de clans, et je vous laisse la vie sauve. Sinon, je vous égorge tout de suite et j'y vais moi-même, avec ma hache puisque vous n'avez visiblement pas l'amabilité de me fournir un bâton de marche. Alors ?
Incapable de hurler à l'aide, le garde serra les dents, le regard furieux.
- Suivez-moi. Et non seulement vous allez me laisser la vie sauve, mais vous m'en devrez une, et vous allez le regretter.
- Je vous suis, et préparez-vous à être celui qui aura des regrets, répliqua Thorin, avant de le tirer du mur sans relâcher la pression sur sa jugulaire. En avant. »
Le garde le conduisit de mauvaise grâce jusqu'à une lourde double porte de bois sombre renforcé de métal. Les battants épais ne suffisaient pas à étouffer le tintamarre qui régnait à l'intérieur, et Thorin sourit en reconnaissant la voix de Dain surplomber le chaos.
« Merci pour votre escorte », dit-il au garde avec une courtoisie toute sarcastique, avant de faire un geste vers les portes.
Avec un regard meurtrier mais résigné, le nain cogna les portes de son gantelet d'acier. A l'intérieur, le silence se fit.
oOo
Le garde tira la porte, le regard impatient de Thorin lui vrillant les nerfs. A l'intérieur, autour d'une large table ovale couverte de parchemins, victuailles, chopes de bières et divers autres objets, une douzaine de Nains fixaient l'entrebâillement qui s'agrandissait. Les expressions sur leurs visages étaient variées – surprise, colère, ennui, mais pas de satisfaction. Quatre d'entre eux étaient debout, dont Dain qui avait l'air particulièrement ulcéré, et trois autres que Thorin reconnut comme le Roi sous les Ered Luin, le chef du clan des Montagnes Grises, et celui des Monts Brumeux. Le premier avait l'air aussi excédé que Dain, et les deux autres semblaient tenter de calmer la querelle tout en étant agacés eux-mêmes.
Thorin prit une grande inspiration et se redressa en carrant les épaules. Sans plus accorder un regard au garde, il entra dans la pièce sous une attention médusée. Dain fut le premier à réagir.
« THORIN ! explosa-t-il, son visage rougi par la dispute et le souffle court. Il était temps ! Assieds-t –
- Personne ne s'assied, grinça le Roi sous les Ered Luin. Qui êtes-vous et comment osez-vous interrompre un Conseil de chefs de clans ?
Thorin resta de marbre, et s'approcha lentement de Hefor, le manche ferré de sa hache claquant lourdement sur les dalles.
- Je suis Thorin dit Ecu-de-Chêne, fils de Thrain, fils de Thror, Roi sous la Montagne Solitaire, annonça-t-il, glacial.
- Thorin est mort. Il n'a pas donné signe de vie depuis quatre-vingts ans, depuis la chute d'Erebor !
Le Nain eut un sourire méprisant et éleva sa main droite, à l'index de laquelle scintillait l'anneau de son grand-père, et la posa à plat sur la table, devant Hefor qui blêmit.
- Il est devant vous, continua-t-il fermement. Je suis venu assister au conseil en tant que chef du clan d'Erebor. Mais je vois que vous ne m'avez pas attendu pour commencer, lâcha-t-il en jetant un œil à la table encombrée.
Dain intervint à nouveau, posant une lourde main sur l'épaule de son cousin.
- Assieds-toi, Thorin. Je pense que Hefor a compris, maintenant. Tu as meilleure mine qu'il y a deux jours, mais tu as besoin de manger. Une bière et une assiette pleine pour le Roi d'Erebor ! » réclama-t-il à la cantonade, déclenchant une vague de rires et de chopes levées.
Thorin se retint de sourire et de soupirer. Il avait presque oublié à quoi ressemblait une véritable tablée de Nains : bruyante, désordonnée, prompte à la colère comme à l'hilarité générale. Hefor tenta de récupérer l'attention et le silence, mais ce fut peine perdue pendant quelques minutes. Lorsqu'il y parvint, une chope remplie à ras-bord d'un liquide ambré et mousseux avait atterri devant Thorin, accompagnée d'une large planche de bois creusée remplie de viande rôtie dégoulinante de jus et d'un gros morceau de pain.
Hefor cogna sa chope sur la table jusqu'à ce que le calme soit rétabli, et prit la parole.
« Bien. Maintenant que notre prétendu Thorin Ecu-de-Chêne est installé au Conseil, peut-être nous expliquera-t-il la raison de sa présence ici, fit-il, méprisant.
Dain bondit de son siège, tout prêt à reprendre l'altercation là où elle en était avant l'arrivée de Thorin.
- HEFOR ! Combien de preuves te faut-il ? Je me porte garant de son identité. Il porte l'anneau de Thror… !
- N'importe qui peut prendre une bague sur un cadavre, persifla Hefor.
Cette fois-ci, ce fut Thorin qui se releva brutalement. Il étouffa une grimace de douleur et s'appuya sur la table pour soulager sa jambe. Sa voix sonna sourde à ses oreilles, rauque, comme une lame raclant sur la pierre.
- Seriez-vous en train de me traiter de voleur ? Seriez-vous en train d'insinuer que j'ai dépouillé le corps de mon grand-père, le corps d'un Roi ? Quel Nain a assez peu d'honneur pour s'abaisser à une telle infamie ? Je suis déjà venu ici, il y a bien longtemps. Vous avez le droit de ne pas reconnaître mon visage. J'ai subi le Dragon, les Orcs, l'exil et les assauts du temps, et je ne suis plus le jeune Nain que vous avec accueilli aux côtés de Thrain mon père, et de Thror, Roi d'Erebor. Mais je ne vous laisserai pas salir la mémoire de mon grand-père tombé devant les portes de Khazad-Dûm. Croyez-vous donc que je m'adonne à une farce ? Croyez-vous Dain si peu digne de confiance ? martela-t-il lentement.
Un lourd silence suivit sa tirade, et il continua, l'attention de l'assemblée fixée sur lui.
- J'ai été absent longtemps. Je suis de retour pour une raison précise. Si vous m'acceptez au sein de ce Conseil, je vous raconterai toute l'histoire. Si vous choisissez de me rejeter, je m'en irai… mais je n'oublierai pas. Je n'ai pas oublié le Dragon ; ce n'est pas un groupe de Nains obstinés qui me fera reculer. »
La mâchoire de Hefor se contracta visiblement, faisant tressaillir son épaisse barbe noire.
« Parfait, cracha-t-il. Que ceux qui considèrent qu'il s'agit bien de Thorin, fils de Thrain, fils de Thror, lèvent la main. Si la majorité se range à cet avis, il se joindra au Conseil et se verra accorder la parole. »
La mauvaise grâce suintait de ses mots, mais tous les Nains levèrent la main de concert, et il fut obligé de s'incliner.
« Très bien, déclara-t-il, nettement agacé. Je suppose que je suis le seul ici à nier l'évidence. Puisque vous avez été absent aux seize derniers Conseils, vous devez avoir un long récit à faire. Vous parlerez en dernier, lorsque les petites affaires des autres clans auront été réglées.
Thorin hocha la tête et se rassit.
- Merci », grinça-t-il avant de reporter son attention sur son assiette.
Il se doutait que la plupart des Nains avaient voté en sa faveur juste pour entendre quel conte rocambolesque il allait tenter de leur faire avaler, mais peu lui importait. Il restait, et le récit en question lui assurerait de regagner sa crédibilité.
oOo
Les Conseils étaient généralement longs et animés. Les Nains discutaient du fonctionnement de leurs villes, des commerces qu'ils établissaient, des problèmes qu'ils rencontraient. Tout était passé au crible, chaque clan apportant son lot de sujets et de remarques.
Par chance, peut-être, Thorin avait dormi pendant deux jours, et si la question de son identité était ressortie régulièrement et violemment au cours de ces journées, sa convalescence lui avait permis d'éviter une grosse partie des débats, et deux clans seulement devaient encore présenter leur compte-rendu. C'est donc au matin du quatrième jour de Conseil qu'il put enfin prendre la parole pour Erebor. Hefor lui avait présenté des excuses en privé – sa fierté Naine l'avait empêché de le faire en public – et avait peu à peu retrouvé sa dignité. L'ambiance était donc impatiente. Quatre-vingts ans. Pourquoi réapparaître maintenant ?
Thorin avait longuement mûri son discours, et c'est avec assurance et fluidité qu'il rapporta les évènements qui avaient suivi l'attaque d'Erebor par Smaug. Il raconta la bataille de la Moria, la mort de Thror et la façon dont il avait gagné le surnom d'Ecu-de-Chêne. Relatant rapidement son exil, sans s'appesantir sur les difficultés qu'il avait eues à s'implanter, il ralentit pour narrer soigneusement la visite de Gandalf dans son petit village.
A la nouvelle de la mort de Thrain, les verres furent levés à sa mémoire, et Thorin sentit son cœur se réchauffer. Ils avaient fini par accepter qui il était, et ils respectaient sa lignée. Alors que le silence durait, le Nain se prépara à présenter son projet.
Il prit une profonde inspiration, but une gorgée de bière. Sa gorge se desséchait à force de parler ; il n'avait été que peu interrompu. Il se sentait tendu comme un arc. De ses mots dépendrait la réponse de Dain à sa requête. Il reprit une fois de plus la parole, masquant ses espoirs et son cœur battant à tout rompre sous un masque d'impassibilité, ses yeux bleus restant de glace.
« Gandalf ne m'a pas seulement apporté la nouvelle de la mort de mon père. Aussi tragique que ce soit, ce n'est pas la raison de ma présence parmi vous. Je suis ici en tant que chef du clan d'Erebor, car j'ai l'intention de reprendre le Mont Solitaire aux griffes du dragon. »
Cette fois-ci, l'interruption fut chaotique. Des exclamations stupéfaites retentirent, des protestations, des questions lancées à tout-va – Thorin laissa le tintamarre retomber avant de continuer.
« Smaug n'a pas été vu depuis soixante ans. Nul ne sait ce qu'il est devenu. Des corbeaux ont été vus retournant à l'Est, confirmant le présage. Lorsque l'on verra les oiseaux d'antan à Erebor s'en retournant, le règne de la Bête prendra fin, récita-t-il. L'heure est venue de reprendre notre territoire à l'envahisseur. Le clan d'Erebor se reforme.
- Le clan d'Erebor ? Thorin, tu as dit qu'il y avait eu des centaines de morts au Mont Solitaire comme à la Moria. Qui reste-t-il ? demanda un Nain.
- Nous sommes peu nombreux, et c'est en partie ce pourquoi je suis ici. Nous avons besoin de renforts pour combattre le Dragon.
Thorin se tourna vers Dain avant de continuer.
- Dain, tu es mon cousin, et tu connais Erebor aussi bien que moi. Ton armée serait une aide inestimable.
Dain haussa un sourcil broussailleux.
- Tu es venu jusqu'ici me demander d'attaquer le dragon ? Thorin… ce n'est pas une petite requête.
- Je n'ai pas dit qu'il s'agissait d'une petite requête. Je l'admets, je n'en ai pas honte. Il s'agit de l'avenir de mon clan, et il est de mon devoir de tout tenter pour lui rendre ce qui lui appartient.
- Tu n'as pas répondu à Kerm. Combien êtes-vous ? insista son cousin.
Thorin serra les dents. Il savait que la question viendrait, mais il n'avait pas envie d'y répondre pour autant.
- Nous sommes treize. Quatorze avec la personne que nous a promis Gandalf, quinze avec le Gris lui-même. Treize Nains d'Erebor.
Hefor émit un sifflement de surprise.
- Tu as l'intention de vaincre un dragon avec ce groupe ? C'est une grosse proie, même avec un Magicien.
- C'est pour cela que je demande de l'aide, répliqua Thorin aussi patiemment qu'il en était capable.
Dain soupira profondément.
- Thorin… Ecoute, tu es mon cousin, c'est vrai, et je te considère presque comme un frère. Mais ce que tu me demandes est une immense responsabilité, et ta quête tient du suicide. L'armée d'Erebor n'a pas réussi à tenir tête à Smaug, et c'était la plus puissante de toutes. Par ailleurs, notre peuple est en péril. Nous sommes tous en déclin, et chaque guerre apporte son lot de morts, décimant notre race. Tu me demandes de mettre en danger mon clan pour une quête sans espoir. Je ne peux accepter, malgré l'envie de t'aider…
Thorin sentit son cœur tomber comme une pierre. Il avait placé un grand espoir en l'aide de Dain – et si lui refusait, il n'y avait aucune chance pour qu'un autre clan de joigne à eux. Puis son cousin asséna le coup de grâce.
- Les Nains des Monts de Fer ne se rallieront pas à ton groupe. Cette quête est la vôtre, et seulement la vôtre. »
Eeet c'est tout pour cette fois !
La suite lundi, si j'arrive à terminer le chapitre 7... J'essaie, promis !
Des bisous !
