Il était temps qu'ils se réconcilient, n'est ce pas Maia30 ? Ça me fait aussi bizarre que Crystall se soit mariée. Mais elle a beaucoup mûri et à presque 30 ans on dirait qu'elle a (enfin) réussi à surmonter sa peur de l'engagement !
C'est le fait que Dante ait les cheveux longs qui t'a le plus choqué dans le dernier chapitre CélineM ? X) Les cheveux de Dante, c'est une longue histoire ! Il change tout le temps de coupe. Il a déjà eu la boule à zéro après qu'un gamin lui ait mis un paquet de bulles baveuses dans le cheveux (donc oui, il a bien été chauve à un moment), mais il s'est aussi trimbalé avec un mohawk type punk. En général, c'était soit sa mère, soit sa sœur qui s'occupaient de ses cheveux, mais quand il a quitté le domicile familial il n'y avait plus personne alors ils ont poussé, poussé et encore poussé (pendant 5 ans!) et du coup oui il avait les cheveux (beaucoup) trop longs XD Voilà, tu sais tout !
Et je confirme que ça va foutre le bordel quand Sirius va revenir !
Hello AppleCherrypie ! Pour tout dire, Sirius se méfiait d'à peu près tous les hommes qui passaient à proximité de Crystall. Il a même une fois fait une scène parce que Remus et elle étaient trop proche, c'est dire XD Le pire, c'est que Crystall n'a jamais eu le moindre penchant pour Dante quand elle était encore avec Sirius, il se faisait juste des films... Remus a quand même été sacrément vache avec cette remarque, il faut l'avouer !
Bonne lecture à tous :)
La Tue Loup
Dimanche 14 Février 1988 : maison
J'ai eu le droit à un bouquet de dahlia roses, rouges et violets. Ça veut dire quelque chose comme "je ferais tout ce que je peux pour te rendre heureuse" et "je t'aimerais toujours".
Mary était jalouse de ne pas recevoir de fleurs à la Saint-Valentin. Je dois dire que j'aurais éviscéré le premier garçon qui s'y serait risqué en fait... Même si je ne vois pas de candidat potentiel. Dante est allé lui chercher des fleurs dans le jardins et ça a semblé la calmer. Je ne comprends pas pourquoi elle se met dans cet état à propos de quelques fleurs.
Vendredi 18 Mars 1988 : maison
Ça fait dix ans que Gregory est mort cette année. Dix longues années. Et il me manque toujours. Je vais aller déposer des fleurs sur sa tombe avec ses parents aujourd'hui. Je n'y vais jamais d'ordinaire, je préfère aller le saluer à l'endroit que je lui ai choisi. Que je nous ai choisi. Mais pour une fois je ferais une exception parce que malgré tout ses cendres sont au cimetière.
Richard et Elisabeth doivent sans doute m'attendre.
Vendredi 22 Avril 1988 : maison
Je faisais des courses sur le chemin de Traverse aujourd'hui quand je me suis fait aborder par quelqu'un qui me paraissait vaguement familier. Il n'était pas bien grand et une fine barbe soigneusement entretenue mangeait son visage. Je me suis creusée la tête pour essayer de me rappeler de qui il pouvait bien s'agir, mais sans grand succès.
- Tu ne me reconnais vraiment pas Crystall ? a t –il demandé avec un sourire. Je pensais que le fait que j'ai passé tous mes samedis à t'expliquer, en vain, la métamorphose t'aurais au moins laissé un souvenir impérissable.
- Aaron Ells ? ai – je interrogé en ouvrant de grands yeux étonnés.
- En chair et en os.
- Par Merlin ! Mais qu'est ce que tu fais là ? Tu ne vis pas en France ?
- Si. Mais en partant précipitamment d'Angleterre mon père a laissé pas mal de choses derrière lui et j'avais à faire à Gringotts maintenant qu'il est mort et que la guerre est terminée.
- Oh… Mes condoléances.
- Tu n'y peux rien. Et puis, ça me permet de repenser à mes jeunes années.
- Tu es nostalgique ?
- Un peu. L'Angleterre me manque même si ma vie n'est plus ici.
Nous avons un peu parlé. Il a éclaté de rire en apprenant qu'Elena s'est mariée avec Xenophilus et a semblé extrêmement satisfait quand je lui ai dit qu'Andreas est retourné en Russie (il ne m'a d'ailleurs jamais écrit depuis). Il avait eu vent de l'affaire Sirius Black vu qu'il est toujours resté abonné à la Gazette et il a été étonné en apprenant que je suis mariée avec deux enfants. Il a aussi demandé des nouvelles de ma famille et il a paru triste en apprenant leur sort. Il a été 7 ans en cours avec ma sœur après tout. Il est même sorti avec elle si ma mémoire est bonne.
Lui-même vit à Paris à la Cour des Miracles, l'équivalent français du Chemin de Traverse. Il est aussi marié et il a cinq enfants. Cinq. Rien que pour ça il m'impressionne. Il est devenu Maître des Potions et il exerce pour le Ministère de la Magie Français.
Une partie de moi à eu envie de l'inviter à dîner. Mais nous n'avons jamais été amis. Nous n'étions que des connaissances et une autre partie de moi me disait que ce n'était pas une bonne idée. De toute façon, une fois les banalités d'usage échangées nous n'avions plus rien à nous dire. Alors on s'est séparés en se souhaitant bonne continuation et ça en restera là. Peut –être qu'on ne se reverra plus, peut –être qu'on sera amenés à se croiser vu qu'on fait tous les deux plus où moins le même métier. Je ne sais pas. Ça ne me perturbe pas plus que ça.
Mardi 10 Mai 1988 : maison
Aileen a 20 ans aujourd'hui. Elle m'a promis de rester avec nous au moins jusqu'à midi pour qu'on puisse fêter en famille. Depuis qu'elle a son hippogriffe, on ne la voit que rarement. C'est presque à se demander si elle habite ici. Elle part au petit matin et revient tard dans la soirée. Je me demande ce qu'elle peut bien faire toute la journée et si elle est vraiment avec lui durant tout ce temps.
- Elle a peut –être un amant caché et elle ne veut pas que tu le saches, m'a suggéré Dante avec un grand sourire.
- Je ne vois pas pourquoi elle ne voudrait pas que je le connaisse. On peut difficilement faire plus tolérant que moi comme sorcière. Tant que l'amant mystère n'est pas un hippogriffe, je pense que je pourrais y faire face.
- Peut –être que c'est simplement la gêne que ressentirait n'importe quel enfant face à la personne qui l'a élevé. Il y a pleins de choses que je n'avouerais jamais à ma mère sur ce plan là.
- Elle m'a parlé du garçon qu'elle voyait quand elle était au Brésil, lui ai – je rappelé. Non, je ne pense pas que ce soit ça.
- Tu sais, je ne disais pas ça sérieusement au départ, a t -il répliqué.
Je l'ai fusillé du regard. Il n'a rien de mieux que de me mettre ce genre d'idée en tête ? Maintenant une partie de moi n'arrive pas à trouver l'idée de l'amant caché complètement stupide. Parfois je le déteste !
Mardi 14 Juin 1988 : maison
J'ai frôlé l'arrêt cardiaque aujourd'hui. J'ai entendu des sifflements étranges et dérangeants quand je suis ressortie de mon labo. Je n'ai entendu du Fourchelangue qu'une seule fois dans ma vie, mais c'est resté gravé dans ma mémoire. Je l'ai immédiatement reconnu. Et j'ai paniqué. La seule personne qui le parle depuis des siècles, c'est Voldemort ! Je me suis précipitée vers l'origine du bruit, baguette à la main et prête à atomiser la personne en question. Je suis entrée dans la cuisine... et j'ai trouvé Mary avec un petit serpent orangé dans les mains. Elle a violemment sursauté avant de me jeter un regard d'incompréhension. Il m'a fallut une bonne minute avant que je ne réalise qu'il n'y avait personne à part elle. C'était elle qui émettait ces sifflements.
Ça m'a figée. Jamais, au grand jamais, je n'aurais pu envisager qu'elle soit Fourchelangue ! La langue des serpents est associée à la magie noire et Serpentard. A Voldemort ! Et je suis à peu près sûre que personne chez les Potter n'avait cette capacité là. Ça m'inquiète réellement parce que je ne vois qu'une seule façon dont elle a pu acquérir ça. Via Voldemort. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais il n'y a que ça qui puisse l'expliquer. Et c'est inquiétant.
Voyant que je restais silencieuse à la fixer comme s'il venait soudainement de lui pousser une seconde tête, et une moche par dessus le marché, Mary a prudemment demandé :
- J'ai fait quelque chose de mal ?
- Non… non, ai – je lentement répondu en reportant mon attention sur le petit serpent entrelacé dans ses doigts.
- Doo l'avait capturé pour le manger, m'a t – elle expliquée. Tu n'aurais pas quelque chose pour qu'on le soigne avant de le relâcher ?
- Les albinos ne survivent pas dans la nature Mary, ai – je dit. Ils ne peuvent pas se cacher des prédateurs. Doo ou un autre de nos hiboux finira par le manger quoi qu'il arrive. Tu aurais dû le lui laisser !
- Pas question ! s'est – elle indignée. C'est un bébé !
- C'est la loi de la nature, ma chérie. Tu ne peux rien y changer.
- Je vais le garder avec moi alors.
J'ai essayé de la détourner de l'idée, arguant qu'il s'agissait d'un serpent venimeux, mais elle n'a pas obéit. Voilà comment j'ai laissé Mary Potter adopter un bébé vipère aspic. Il faut que je trouve un moyen de lui enlever ce serpent ! Même si avec son entêtement, il y a peu de chance qu'elle se laisse gentiment faire. C'est une enfant calme et sage, mais quand elle veut quelque chose, elle n'en démord pas tant qu'elle ne l'a pas obtenu ! Je ne sais pas duquel de ses parents elle tient cette tendance à me tenir tête au plus mauvais moment, sans doute de James, mais ça ne me facilite pas la vie !
Samedi 18 Juin 1988 : maison
Je viens d'installer un vivarium dans la chambre de Mary. Je suis faible : elle va le garder son serpent. Après 4 jours de combat, j'abandonne. Je me dis qu'elle finira par s'en lasser et j'en profiterai à ce moment là.
Je ne comprends pas comment elle peut apprécier cette chose froide et pleine d'écaille. Elle ne pourrait pas aimer les chats et les chiens comme les enfants normaux ? Je crois que le fait qu'elle puisse communiquer avec lui via le Fourchelangue a été pour beaucoup dans l'affection qu'elle lui porte.
En tout cas, je suis la seule que ça a l'air d'inquiéter. Dante est plus au fait que moi sur ce qu'il se passe chez les moldus. Apparemment les serpents et autres bestioles exotiques commencent à rencontrer un certains succès comme animaux de compagnie. Son meilleur ami, Jared, en possède plusieurs et apparemment, il n'y a jamais eu de problèmes. J'attends de voir.
Lundi 31 Octobre 1988 : maison
Comme tous les ans, j'ai emmené Mary sur la tombe de ses parents aujourd'hui. Mais tandis que je me recueillais, elle a demandé :
- Que s'est -il réellement passé ? Comment sont -ils morts ?
Je suis restée un moment silencieuse avant de lui expliquer le plus honnêtement possible ce qui était arrivé le 31 Octobre 1981. Je ne pouvais pas tout lui raconter dans le détail. La Prophétie et tout ça... C'est bien trop tôt pour qu'elle soit au courant. De même, je ne lui ai pas parlé de la trahison du gardien du secret. D'abord, je préfère qu'elle ne se torture pas la tête tout de suite à ce propos et ensuite parce que c'est ma mission de faire payer ça à ceux qui le méritent.
Je lui ai dit que Voldemort poursuivait ses parents. Que ces derniers avaient refusé de se mettre à son service et qu'il les trouvait trop gênants pour les laisser vivre. Je lui ai parlé de cette fameuse nuit d'Halloween et pendant que je le faisais, je voyais les images défiler dans mon esprit. Le Fidelitas qui se lève lentement, la porte d'entrée ouverte, le corps de James, l'étage défoncé, Lily au sol...
J'y pense encore là, ce soir. Je m'en veux pour tellement de choses ! La dernière fois que nous nous sommes parlés, c'était pour une dispute plutôt violente. Je n'ai jamais pu leur demander pardon pour ça. Et je n'ai rien soupçonné de la trahison de Pettigrow. Si j'avais laissé Sirius me dire qui était le gardien du secret, ça ne se serait pas passé comme ça, j'en suis persuadée. A être trop prudente, je me suis rendue responsable de ce désastre...
Mercredi 30 Août 1989 : maison
J'ai reçu ce matin une lettre de Gringotts. Ce n'est jamais bon signe quand les gobelins vous envoient des lettres sans que vous ne les ayez sollicités. J'ai essayé de réfléchir à une raison qui les pousserait à m'envoyer du courrier puis, ne trouvant rien, je l'ai ouverte.
J'ai donc appris par les gobelins que la mère de Sirius est décédée et que je devais du coup me rendre à la banque puis au Ministère pour toute la paperasse. J'avais complètement oublié que Sirius m'avait transféré tous ses droits. A la mort de Walburga, tous les biens des Black ont été automatiquement donnés au dernier descendant mâle encore vivant de leur famille. Soit, Sirius. Ça se passe souvent comme ça chez les Sang-Pur.
J'aurais préféré qu'il soit là pour le faire. Je n'ai pas tenu la promesse que je me suis faite de le libérer. Je crois toujours à son innocence, même après 7 ans. Mais je n'ai jamais retrouvé Pettigrow. Et disons le, je ne l'ai pas beaucoup cherché ces dernières années. C'est absolument atroce à écrire mais… j'ai eu autre chose à penser avec les enfants, Dante et mes recherches. J'étais trop occupée à vivre pour essayer de redonner à Sirius la vie qu'il méritait loin des Détraqueurs et d'Azkaban. Je suis une horrible personne.
Mardi 14 Février 1989 : maison
Cette fois, j'ai eu le droit à une renoncule blanche qui attendait à la cuisine quand je me suis levée. La Saint-Valentin est sans doute le seul jour de l'année ou Dante est debout avant moi. Et j'apprécie toujours autant de me lever en me demandant ce qu'il a choisi.
Mardi 21 Février 1989 : maison
Ça y est. J'ai réussi. Ça fait maintenant près de 10 ans que j'étais sur cette potion pour les loups-garous. J'ai testé ma dernière cuvée sur moi-même au cours de la semaine dernière. Et cette nuit, le loup dans ma tête est resté endormi. Je le sentais beaucoup plus somnolent durant toute la semaine qu'il ne l'est d'ordinaire. Et hier soir, il n'a pas pris le contrôle de mon corps comme il le fait à toutes les pleines lunes depuis des années.
Je n'arrive pas à y croire !
Il ne reste qu'une étape à faire franchir à cette potion. Je dois la tester sur un vrai loup-garou. Ça me donne un prétexte en béton pour aller jusque chez Remus.
Mercredi 22 Février 1989 : maison
Le studio de Remus se trouve au dernier étage d'un immeuble un peu miteux en périphérie du centre ville de Londres. Il n'est pas bien grand, pas très salubre si on me demande mon avis, et la pente du toit enlève une bonne partie de l'espace. Je ne suis même pas sûre que ce soit légal de louer un endroit pareil. Il a été extrêmement surpris en me voyant sur son seuil et je pense qu'il aurait préféré que je ne me pointe jamais.
- Que fais – tu là ? a t -il demandé l'air assez anxieux.
- Il y a une chose dont je dois absolument te parler et qui ne pouvait pas attendre. Tu me laisse entrer ?
Il a hésité une seconde avant de s'effacer. Je me suis dirigée vers la petite table qui se trouvait là et j'ai posé mon sac dessus avant d'en sortir de quoi festoyer et une bouteille de champagne. J'ai fait apparaître deux coupes avant de nous servir. Il était tellement stupéfait que j'ai dû placer sa main autours du verre que je lui tendais.
- C'est en quel honneur ? s'est -il enquis.
- En l'honneur de ça.
J'ai sortis de mon sac une grande fiole qui contient suffisamment de potion Tue-Loup pour sa prochaine pleine lune. Il l'a fixée, ne comprenant pas de quoi il s'agissait et je ne l'ai pas fait languir plus longtemps :
- J'ai achevé mes recherches. Et j'ai fini par trouver. Je te présente officiellement la potion Tue-Loup.
Il est resté si parfaitement immobile que j'ai eu envie de le secouer pour obtenir une réaction. Je m'attendais à quelque chose de plus bruyant que le silence...
- Impossible, a t -il finalement dit. Tu te rappelles ce qu'il s'est passé la dernière fois que tu m'as dit ça ?
- Parfaitement, ai – je répondu, vexée qu'il me rappelle cet échec. Mais j'étais novice en magie rouge et trop pressée. Là, je suis Maître des Potions et ça fait dix ans que je suis dessus. Je sais ce que je fais. Oh, et ai – je précisé que je l'ai déjà testée sur moi-même ? Elle n'empêchera pas la transformation, mais elle fait disparaître le loup. Avec ça, tu ne pourras plus jamais perdre le contrôle.
Il a continué avec cet immobilisme inquiétant et j'ai reposé ma coupe de champagne pour prendre son visage entre mes mains et le fixer droit dans les yeux.
- Tu auras bientôt la preuve par toi même. Tu en prendras à heure fixe, une fois par jour durant la semaine précédant la prochaine pleine lune. Et alors on fera la fête, d'accord ?
Il a lentement hoché la tête et je l'ai laissé avec le champagne et la bouffe. Je les avais achetés pour lui après tout.
J'avoue, je suis un peu déçue de sa réaction. Mais j'admets que c'est peut -être aussi un peu de ma faute. La dernière fois, il avait espéré et j'ai tout fait louper. Il est plus âgé et beaucoup plus désabusé maintenantnalors j'aurais dû m'en douter. N'empêche que cette fois, ça marche ! Alors on fera la fête le mois prochain. Ça attendra.
Vendredi 24 Mars 1989 : maison
Remus est venu au Phare aujourd'hui. Il avait l'air assez gêné et m'a tendu du champagne et des pâtisseries en demandant si j'étais toujours d'humeur à faire la fête. J'ai senti un grand sourire étirer mes lèvres et j'ai demandé :
- Alors ça marche ?
- Désolé de ne pas t'avoir cru...
Du coup il est entré et on a bu, les enfants se sont jetés sur les pâtisseries profitant du fait que je ne dise rien, pour une fois. Cameron était trop occupé à empiffrer pour se poser des questions, mais pas Mary. Elle a fini par se tourner vers nous pour demander :
- Qu'est ce qu'on fête ?
- J'ai réussi à mettre au point une potion très importante, ai – je expliqué.
- Celle pour les loups-garous ? Tu en parles souvent avec papa, a t -elle rajouté en voyant mon étonnement.
- Hé bien, oui, ai – je acquiescé.
- Pourquoi ça concerne tonton Remus ?
Ah oui, j'avais oublié de préciser qu'à force de le voir, elle s'est mis à l'appeler comme ça. Depuis que j'ai retrouvé Remus, je l'oblige à venir manger à la maison au moins une fois par semaine. Au début, j'ai dû le forcer et le menacer. Mais maintenant il vient de bon cœur. Il s'entend même plutôt bien avec Dante et il fait preuve d'une patience exemplaire avec Cameron. Mais je sais que la personne pour laquelle il vient, ce n'est ni moi ni Cameron ni Dante, mais bel et bien Mary. Il l'adore. Et de toute façon qui pourrait ne pas l'aimer cette petite, hein ?
Remus et moi on a échangé un regard et je voyais de la crainte dans le sien. Personnellement, je me sentais plutôt confiante. J'ai élevé Mary pour qu'elle soit tolérante avec tout et tout le monde. Et elle est au courant que je suis un genre de lycanthrope bizarre. Je savais qu'elle ne dirait rien si on lui disait le secret de Remus. Et je pense même qu'elle est en droit de savoir.
- Maman ? a t -elle demandé en voyant qu'on se fixait sans répondre.
- Ce n'est pas à moi de te le dire, ma chérie. Mais si mon avis compte, je pense que Remus devrait t'en parler.
- Crys... a t -il commencé.
- Pense à James. Il n'était pas beaucoup plus vieux quand il l'a su. Et Lily ? Elle l'avait deviné et ça n'avait rien changé. Ce sera pareil avec elle.
Il m'a regardée et j'ai essayé de mettre dans mes yeux toute la certitude que je ressentais et tous les encouragements que je pouvais. Elle allait le découvrir à un moment où à un autre de toute façon. Toute la question était de savoir s'il voulait lui en parler lui-même ou attendre qu'elle s'occupe toute seule de la chose. Il a choisi la première option. Ils sont allés parler juste tous les deux au salon. Bon, j'avoue avoir espionné. Parfois je suis bien trop curieuse pour mon propre bien.
Et je dois dire que je suis fière de la façon dont Mary a pris la chose. Elle n'a pas fait de grands bonds terrifiés, n'a pas crié ni rien. Elle s'est juste approchée de lui pour lui faire un câlin. Et c'était la réponse la plus équivoque qu'elle pouvait donner. Remus a mis un moment à réagir avant de la serrer aussi contre lui et je suis sûre que ce sont des larmes que j'ai vu que sur son visage. Il lui a dit merci et ça m'a fait mal au cœur qu'il se sente obligé de la remercier de l'accepter comme il est. Personne ne devrait avoir à faire ça.
Maintenant, il ne me reste plus qu'une chose à faire avec cette potion Tue-Loup : obtenir un Brevet et la produire à grande échelle.
Mercredi 7 Juin 1989 : maison
Je viens de recevoir le Brevet pour la potion Tue-Loup. La Commission a quand même délibéré pendant deux mois avant de m'accorder ce brevet. C'est sûr qu'ils ne doivent pas recevoir ce genre de demande tous les jours.
Je dois écrire un article pour le Mensuel International de Potions. Que tout le monde soit au courant et que le maximum de loup-garou puisse en bénéficier.
Mardi 20 Juin 1989 : maison
Je viens d'être invitée à donner une conférence sur la Tue-Loup lors du rassemblement annuel international des potionnistes le 18 Juillet. Le rassemblement a lieu tous les ans dans un pays différent et je n'y ai jamais assisté jusque là. Je vais donc partir pour les trois jours de rassemblement qui ont lieu en Espagne. C'était sans doute un signe. Je n'ai pas remis les pieds au pays d'origine de ma mère depuis que toute ma famille qui vivait là bas est décédée. Soit plus de vingt ans.
Par contre je trouve ça vache qu'ils aient placé la conférence un soir de pleine lune. Mais je soupçonne que ce soit pour s'assurer que je ne suis pas moi-même une lycanthrope (parce que soudainement ça rendrait ma potion beaucoup moins acceptable aux yeux du monde) et pour empêcher les loups-garous de se manifester.
Ça me fait bizarre de me dire que je vais parler devant des dizaines de mes pairs d'une potion que j'ai créée. Je n'avais jamais imaginé aller aussi loin dans mon domaine, même si je l'espérais.
Je me demande si après cette conférence je ne pourrais pas essayer d'obtenir des subventions du Ministère pour la préparation de ma potion. Ça permettrait de financer la préparation de plusieurs chaudrons par mois et la distribution gratuite dans la population de lycanthrope.
Je ne vais pas non plus garder la recette secrète même si sa préparation n'est pas à la portée de n'importe quel Maître des Potions. Cependant, comme j'ai obtenu le Brevet pour cette potion quiconque voudra disposer de la recette devra me verser un paiement. La seule chose que je peux faire, c'est fixer la hauteur de ce paiement. Ça ne sera pas exorbitant, c'est certain. A mon avis il n'y aura déjà que peu de personnes intéressées alors pas la peine de les décourager par un prix trop élevé.
Lundi 17 Juillet 1989 : à l'hôtel
Je viens de déposer mes bagages dans la chambre que je vais occuper pour les trois prochains jours même si je pense que je ne vais pas y passer beaucoup de temps. Les conférences se tiennent jusque tard dans la soirée et commencent relativement tôt. Il y aura aussi toute sorte de commerçant et d'apothicaires qui vont tenter de nous alpaguer pour nous vendre leurs produits rares ou pas chers.
Vu que c'est la première fois depuis l'obtention de mon diplôme que je participe à ce rassemblement, je compte bien en profiter et voir un maximum de choses. Je suis aussi excitée qu'une gamine le matin de Noël, c'est dire.
*De retour à l'hôtel*
Le Congrès se tient au Palais des Communications à Madrid. Je ne sais pas à quoi sert le bâtiment d'ordinaire, mais ça m'étonnerait que les sorciers aient demandé à qui que se soit avant de s'installer là. Vu les portraits dans la galerie, je pense que la famille royale a quelque chose à voir dans l'histoire, mais de là à trouver comment…
Je pense que j'ai passé autant de temps à contempler l'architecture et la décoration qu'à fureter dans les stands où à écouter des conférences. Celle sur ce qu'on appelle les Potions de Lune était fascinante. J'ai pris pas mal de notes et je n'étais pas la seule. J'ai bon espoir que demain ce soient les gens qui prennent des notes en m'écoutant parler.
J'angoisse un peu à ce propos d'ailleurs. Je ne serais pas dans une salle aussi grande que celle où j'ai passé une bonne partie de mon après-midi aujourd'hui, mais quand même. En tout cas, j'ai encore du travail. Je vais revoir les notes que j'avais prévu pour demain et répéter une dernière fois mon texte. Et aussi me préparer pour toutes les questions qu'on pourrait me poser. J'ai l'impression que de retourner à Poudlard quand McGonagall m'interrogeait en métamorphose.
Mardi 18 Juillet 1989 : dans les coulisses
J'entends l'amphithéâtre se remplir petit à petit et les conversations se faire de plus en plus nombreuses. J'ai jeté un coup d'œil tout à l'heure et j'ai senti mon estomac se nouer en voyant qu'il devait déjà y avoir une petite centaine de personne. En fait, je pensais l'endroit plus petit et que les gens seraient moins intéressés par le sujet.
Le loup sent mon agitation. Mais il a l'air d'avoir pigé pourquoi je suis là et il se tient tranquille. Si ça peut aider ses compatriotes lycanthropes, il est prêt à faire une croix sur une partie de sa nuit de liberté. Je lui ai promis de lui laisser la deuxième partie de la nuit de libre quand même. S'il fait des concessions, j'en fait aussi. Tant qu'on s'en tient à ça tout se passe bien. Et je crois qu'il est un peu effrayé maintenant qu'il a compris que j'ai un moyen de le faire disparaître de mon esprit. Tout le monde serait effrayé à l'idée de disparaître. Il n'a peut –être pas une intelligence humaine, mais il l'est suffisamment pour comprendre beaucoup de choses.
Mais malgré cette possibilité, je n'ai pas envie de le faire. Le loup fait partie de moi maintenant et tant qu'il ne posera pas de problèmes, il sera chez lui dans ma tête... Ça fait un peu étrange de dire ça, non ?
*Hôtel*
Ça c'est… plutôt bien passé en définitive. J'étais un peu tétanisée au début, mais à mesure que je débitais mon texte et que je sentais qu'on m'écoutait et qu'on s'intéressait à ce que je racontais mon malaise est passé. Je n'aimerais sans doute jamais être sous le feu des projecteurs, mais si l'occasion se représente je n'hésiterais pas.
J'ai quand même parlé pendant près d'une heure. Il y avait des gens assis et d'autres qui s'agglutinaient dans le fond ou qui se posaient sur les marches entre les rangées de sièges. J'ai été applaudie à la fin. Ça aussi ça m'a surprise alors qu'on le fait toujours, ne serait –ce que par politesse.
Après est venu le temps des questions. Il y en a eu pas mal sur la recette en elle-même et les recherches que j'ai mené. Celle qui était sans doute sur toutes les lèvres avant que quelqu'un ose la poser était "pourquoi vous êtes vous lancée dans la recherche destinée aux loups-garous?". C'est vrai que ce n'est pas un domaine d'avenir comme peuvent l'être les potions d'apprentissage ou de soin.
- J'ai un ami lycanthrope, ai – je avoué. C'est la personne la plus gentille que je connaisse et il souffre de son état. Sans sa participation, je n'aurais jamais pu réunir tous les éléments nécessaires à l'élaboration de la potion. Je ne le citerais pas pour des raisons évidentes. Mais il se reconnaîtra.
- N'avez-vous pas peur ? a lancé quelqu'un.
- Les loups-garous sont des gens comme vous et moi excepté une nuit par mois. Pourquoi aurais – je peur ?
- Parce qu'on risque d'être contaminé !
- La lycanthropie ne s'attrape pas en parlant avec un loup-garou ou en le touchant, lui ai – je rappelé. Si on considérait ces gens comme partie intégrante de notre société au lieu de les mettre à l'écart et qu'on avait pris les dispositions nécessaires comme c'est déjà le cas dans certains pays, la Russie pour ne citer qu'elle, j'estime que la lycanthropie pourrait presque être éradiquée de nos jours.
- Voyez vous la lycanthropie comme une maladie ?
- Non. Les lycanthropes ne sont pas malades. Comme vous avez pu le constater, j'ai mené de longues recherches et je peux vous assurer qu'ils ne véhiculent pas plus de germes qu'un humain lambda. Ils sont juste différents. Et si la différence est condamnable nous devrions tous nous retrouver en prison à l'heure qu'il est.
Sur ces mots, j'ai quitté l'estrade parce que je n'avais pas envie d'entendre tous les vieux sorciers racistes faire leur speech sur la lycanthropie. Pas sûre que ça aurait plus à mon loup qui montrait déjà les crocs à ce moment là.
Quand j'ai quitté les coulisses pour redevenir une Maître des Potions parmi d'autres il y avait plusieurs personnes qui m'attendaient. Quelques journalistes qui voulaient une photo et Aaron Ells que je vois décidément beaucoup plus ces deux dernières années que depuis ma sortie de Poudlard.
- Je n'y croyais pas quand j'ai vu ton nom sur le programme des conférences, m'a t –il dit.
- Hé bien moi non plus si tu veux tout savoir.
- Tu as l'air d'avoir mené de sacrés recherches… Ça doit être gratifiant de te dire que tu as enfin abouti à quelque chose après dix ans.
- Tu n'imagines même pas. Que fais – tu là ? Tu n'as pas juste attendu pour échanger des banalités, n'est ce pas ?
- Non en effet. Je me propose d'être ton contact français pour le réseau de distribution de la potion Tue-Loup. Comme tu le sais, je travaille au Ministère et je pense que la Ministre sera assez intéressée pour m'allouer un budget raisonnable. L'éradication de la lycanthropie est un sacré argument à agiter.
- La potion ne suffira pas. Tant que les gens ne les considéreront pas comme des personnes à part entière et des égaux, la lycanthropie perdurera. Et sans leur aide nous ne trouverons jamais les solutions.
- Certes, mais c'est déjà un bon début et une main tendue.
- Pas si les sorciers persistent à les voir comme des gens malades.
- Tu ne peux pas aller contre des siècles de peur.
- Non, mais il faut bien commencer par quelque part.
Je lui ai dit qu'il sera le premier à être au courant si le réseau de distribution de la Tue-Loup voit le jour. Je ne sais pas ce qu'il en est pour la France, mais en Angleterre je pense que ça va être compliqué. J'ai par la suite rencontré plusieurs autres potionnistes qui se proposaient pour être le premier point de distribution dans leurs pays et j'ai sincèrement apprécié le geste. J'ai noté leurs noms même si à mon avis certains ne conviendront pas : il y en a qui n'étaient pas Maître des Potions.
Les personnes qui feront ça devront être capables de préparer la potion et d'évaluer la meilleure façon d'agir en cas de problèmes. Car il peut toujours y avoir un problème pendant la préparation ou après l'administration. Les Potions sont un art exact qui dépend malheureusement de beaucoup trop de paramètres pour qu'on puisse un jour totalement en sécuriser la pratique.
Maintenant, il est temps que je relâche le loup. Je vais aller courir dans la campagne espagnole. J'espère qu'on ne croisera pas trop de monde.
Mercredi 19 Juillet 1989 : maison
Aujourd'hui s'est terminé le Congrès. Il s'est clôturé en fin d'après –midi et je viens de rentrer. Ça fait quand même du bien d'être à la maison. J'ai ramené des cadeaux à Mary et Cameron et ils sont occupés avec pour le moment. J'ai même acheté pour eux un nécessaire à potion pour enfant. Mary à l'air beaucoup plus intéressée que Cameron par ça. Si ça lui plaît, on pourra essayer ensemble.
Avant de partir, j'ai été abordée par un homme que je n'avais jamais vu mais qui lui semblait savoir qui je suis. Il était grand et massif mais avait un visage aimable avec une épaisse moustache brune.
- Je m'appelle Irvin, m'a t –il dit avant de continuer : je n'ai pas pu assister à votre conférence hier mais j'en ai eu des échos et je dois dire que vous m'intriguez.
Il a fait un pas vers moi et on s'est tous les deux figés en concert. Je ne saurais pas vraiment le décrire. Ce n'est pas que je sentais qu'il était un lycanthrope. C'était juste que soudainement sa nature m'apparaissait clairement et je savais qu'on était de la même espèce. Il a sourcillé avant de me sourire :
- Voilà qui m'arrange plutôt, a t –il commenté. Je n'aurais pas aimé mentir. Comment avez-vous fait pour être sur scène hier alors que la lune était ronde ?
- Parce que je ne suis pas exactement une lycanthrope. Je possède une partie du loup d'un ami mais je ne me transforme pas.
- C'est curieux, je n'avais jamais rien entendu de pareil.
- Vous n'entendrez plus rien de pareil, lui ai – je assuré.
- En tout cas, ça explique votre position sur la lycanthropie.
- Ma position à ce sujet date de bien avant mon loup, ai – je tempéré. Elle s'est juste renforcée une fois que j'ai compris, je dirais.
- J'étais venu vous parler d'une convention sur la lycanthropie.
- Ça existe ? me suis – je étonnée.
- Oui, en Russie, a t – il dit. Vous avez l'air de savoir que nous sommes plutôt bien traités là-bas.
- J'ai une connaissance lycanthrope russe, ai – je expliqué. Qu'y ferais – je ? Si c'est pour hurler à la lune tous ensemble, c'est manqué : je risque de me faire dévorer et je préférerais éviter.
- Ça se comprend. Et non : la Convention se déroule à distance de la pleine lune. C'est l'une des conditions imposée pour que des non-lycanthropes se déplacent parmi nous.
- Et il y en a qui viennent ?
- Oui. Le Ministre Russe vient tous les ans personnellement avec une délégation. Et j'ai bon espoir qu'avec vos idées vous arriviez peut –être à convaincre le Ministre Anglais de se déplacer. Les Royaumes-Unis sont parmi les pays les plus en retard sur la question de la libération des loups-garous.
- J'ai une relation assez houleuse avec mon Ministère, ai – je confessé. Mais la nouvelle Ministre n'a pas encore de griefs personnels à mon encontre. Je pourrais toujours essayer mais à part ma présence, je ne peux rien vous promettre.
- Ce sera déjà bien et pensez à ramener de votre potion. Si vous voulez qu'elle soit utilisée il faut que vous convainquiez les loups. Il y en a qui viennent d'un peu tous les pays et ils vont forcement vouloir faire des tests.
- Je n'en doute pas. Mais je peux vous assurer que ça marche.
- Je peux compter sur vous ?
- Je ferais mon possible pour venir. Quand est –ce ?
- La semaine du 31 Octobre.
- Je suis déjà prise le 31 même, mais je pourrais venir dès le lendemain.
- J'en prend note. Je vous ferais envoyer une invitation.
Je suis assez étonnée, agréablement étonnée, que ce genre de convention existe. C'est la preuve que la cause n'est pas désespérée du point de vue international. Maintenant j'ai quand même pris la responsabilité d'aller parler personnellement à la Ministre de la Magie. Vu qu'elle vient d'une famille de Sang-Pur, je pense que mes chances de la convaincre sont quasi-nulles. Mais qui ne tente rien n'a rien comme on dit.
Ça attendra cependant. Pour le moment, le prochain événement est l'anniversaire de Mary. Elle va avoir 9 ans déjà. Le temps file.
Mardi 25 Juillet 1989 : maison
Jonathan m'a écrit aujourd'hui. Il a enfin reçu sa lettre de Poudlard qu'il attend avec impatience depuis le jour où il a compris de quoi il s'agissait. Il a l'air surexcité. Ses parents l'emmènent au Chemin de Traverse d'ici quelques jours. Je vais voir s'il est possible que je les accompagne. C'est une chose que je ne voudrait pas louper.
Quand je pense que c'est le tour de Mary dans deux ans ! Le temps passe trop vite. Bientôt, elle va être jetée sans filet de sécurité dans le monde. Et j'ai peur de ce que ça pourrait provoquer.
Samedi 29 Juillet 1989 : maison
Je reviens tout juste du chemin de Traverse où j'ai accompagné Jonathan, Elisabeth et Richard. Je suis restée en retrait : je ne voulais pas m'immiscer dans un élément aussi important de sa vie. Ça ne m'a pas dérangée, je voulais juste être là pour le voir s'émerveiller et s'enthousiasmer. Ses parents en revanche étaient beaucoup plus inquiets. Quand on sait comment ça a fini pour leur premier fils, ça se comprend. J'ai essayé de les rassurer en leur disant que le contexte n'est plus du tout le même, mais je ne suis pas sûre que ça serve à grand chose. J'imagine que l'essentiel, c'est qu'ils le laissent aller à Poudlard.
Mardi 8 Août 1989 : maison
Je traînais innocemment devant le bureau de la Ministre aujourd'hui. En bref, je l'attendais sous le couvert de faire quelque chose. Heureusement qu'il y a pas mal de monde qui passe dans le couloir devant son bureau : les gens ne se demandaient pas ce que je faisais là. Mais c'est quand même mal foutu : et si j'avais été un Mangemort ?
La nouvelle Ministre est une grande femme avec des cheveux bruns et deux bagues à chaque doigts. J'ai compté. Comment peut –on porter autant de bagues ? Le seul moment où je porte des bagues c'est quand je suis en sortie "officielle" et je ne porte que mon alliance et ma chevalière. Bref.
- Lady Entwhistle, n'est ce pas ? m'a t –elle demandé d'entré de jeu quand elle m'a repérée en arrivant.
- Heu… Oui, enchantée, ai – je répondue un peu surprise qu'elle sache d'emblée qui je suis.
- Mon prédécesseur m'a laissée une note assez amusante à votre sujet… Voulez vous entrer ?
- Oui, j'aurais à vous parler si vous avez le temps.
J'ai trouvé ça louche comme invitation. Soit c'était la femme la plus sympathique au monde soit elle voulait quelque chose. Et étant celle que je suis, j'ai plutôt penché pour la seconde option.
Je me suis assise en face du bureau et elle m'a imitée après avoir récupéré une tasse de thé et des petits gâteaux. J'ai refusé poliment d'en prendre.
- Alors, qu'est ce qui vous amène ici sans rendez-vous ?
- Je venais vous parler de ma potion Tue-Loup et...
- Oh, oui, une belle réussite que cette potion.
- J'aimerais savoir si le Ministère serait prêt à m'accorder des subventions pour que je la produise à grande échelle et que je puisse mettre en place un réseau de distribution. J'ai déjà des contacts dans quelques pays qui sont prêts à servir de relais pour que nous puissions coopérer et mettre en place une filière internationale. D'ailleurs à ce propos j'ai été chargée de vous inviter à la Convention des Lycanthropes.
Elle est restée silencieuse un moment avant de dire :
- Comment pensez vous que notre société réagirait si je prenais des mesures pour les loups-garous alors qu'il y a des problèmes plus importants à régler ?
- Rien n'empêche de faire les deux. J'ai juste besoin de subventions et d'une personne au Ministère qui suive le projet. Réhabiliter les loups-garous sera un grand pas en avant.
- Les sorciers ne veulent pas qu'on les réhabilites.
- Ils ne voulaient pas non plus des Nés-Moldus et pourtant ils sont intégrés au sein de notre société aujourd'hui, ai – je répondu d'un ton glaciale. Il a juste suffit qu'un Ministre face le premier pas. Même s'il est passé pour un fou et si sa cote à baissé à l'époque, il est aujourd'hui aussi connu voir plus connu que les autres.
- Vous pouvez difficilement faire le parallèle entre les Nés-Moldus et ces monstres.
A partir du moment où elle a utilisé le mot "monstre" pour parler des lycanthropes c'était terminé. Ministre sympathique au premier abord oui, mais avec l'esprit aussi fermé que je le craignais. Bon, au final je vais donc devoir me débrouiller seule. J'espère que je trouverais une solution à la Convention le mois prochain.
Même moi je n'aurais pas assez de gallions pour financer seule la préparation de suffisamment de potion pendant suffisamment d'année pour que ce soit efficace. Les ingrédients coûtent chers.
Samedi 2 Septembre 1989 : maison
Jonathan a été réparti à Poufsouffle. La ressemblance avec Greg ne fait que s'accentuer au fil des années. Et ça m'effraye. J'aurais préféré qu'il aille dans une autre Maison et qu'il ne semble pas marcher pas à pas dans les traces de son frère. C'est injuste mais tellement vrai.
Mardi 31 Octobre 1989 : maison
Mary, Cameron et moi sommes allés nous recueillir sur la tombe des Potter comme d'habitude. Cameron a exprimé le désir de venir cette année. La curiosité des enfants, je pense. Tant qu'il se comporte bien, ça ne me dérange pas.
On a l'habitude d'aller voir Bathilda après. Mais cette fois nous avons fait un détour avant. Mary m'a demandé si on pouvait aller voir son ancienne maison. Là où ses parents ont été tués. J'ai hésité, lui demandant si elle était sûre, et quand elle gravement hoché la tête je les ai entraînés le long d'une rue que j'avais espéré ne plus jamais remonter.
Je me souviens comme si c'était hier du soir où tout est arrivé. Il faisait humide et frais et je venais juste de me disputer avec Lily.
Le Fidelitas est toujours actif malgré les années. Ça me rassure d'un côté : ça veut dire que personne n'a pu entrer pour piller l'endroit. D'un autre côté, ça me rappelle que Peter Pettigrow court encore tandis que Sirius croupit en prison pour un crime qu'il n'a pas commis.
- Je ne vois rien, a t – elle dit.
- C'est parce qu'il y a un sort dessus. Il faut que tu penses à l'adresse.
Je la lui ai chuchoté à l'oreille : elle était trop petite pour s'en rappeler, mais elle faisait partie du Fidelitas et donc je pouvais lui dire l'adresse même si je ne suis pas la Gardienne du Secret.
- Et moi ! Moi aussi ! a exigé Cameron.
- Je ne peux pas, lui ai – je appris.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est un endroit que seuls les gens qui l'ont déjà vu peuvent voir.
Il a froncé les sourcils en essayant de comprendre le sens de la phrase avant de décider que c'était stupide et de s'éloigner pour shooter dans des cailloux qui ne demandaient rien à personne. Je l'ai laissé faire et je me suis concentrée sur Mary, l'attirant contre moi d'une main passée autours de ses épaules.
Le petit cottage des Potter s'est peu à peu révélée. La peinture blanche de la barrière et du portillon était écaillée et la nature avait repris ses droits. L'herbe était haute, les arbres beaucoup plus imposants que dans mon souvenir et il y avait du lierre le long des murs. Certaines fenêtres étaient cassées, ça doit dater de la disparition de Voldemort. J'ai espéré très fort ne pas voir flotter les fantômes de James et Lily. Mais ça n'a heureusement pas été le cas. Revoir cette maison m'a fait penser à la Citadelle des Gryphem.
Mary essayait de paraître inébranlable, mais ses yeux la trahissaient. Elle avait le regard fixé vers la droite de la maison. C'est le côté qui a explosé quand Voldemort s'en est pris à elle.
- C'est là que…
- Oui, ai – je répondu doucement.
Elle a encore contemplé l'endroit quelques minutes avant de se détourner et de prendre une grande inspiration. Elle n'a pas demandé à entrer et j'en suis soulagée. Je n'avais déjà pas envie de voir la maison, alors y entrer n'en parlons même pas. Ça fait des années que c'est arrivé mais la douleur est toujours là.
J'étais soulagée quand nous sommes arrivés dans le petit salon remplit de napperons en dentelles et de livres de Bathilda. Je me suis autorisée à repousser mes pensées les plus sombres loin. On ne peut pas oublier ce genre de chose. Seulement faire en sorte de ne pas trop y penser.
Mercredi 1er Novembre 1989 : hôtel
Me voilà en Russie pour la Convention sur la lycanthropie. Je suis assez curieuse de voir ce que ça va donner.
*De retour*
Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de monde. Vraiment pas. Bon, il y avait beaucoup de loups-garous, ce qui est normal, mais aussi suffisamment de non lycanthrope pour que ce soit notable.
J'ai fait un tour pour visiter. Il y a des réunions sur "comment accepter sa lycanthropie", "les métiers accessibles", "les foyers pour lycanthrope : une prison", "gérer son enfant lycanthrope", "un pas vers son loup". J'ai vite compris que cette convention était plus pour les non lycanthropes et les nouveaux lycanthropes que pour les loups-garous dans leur ensemble.
Et les loups ne semblaient pas miteux. En Angleterre on peut les reconnaître rien qu'à leur visage fatigué et leurs vêtements. Ici, on aurait jamais fait la différence. Bien sûr, il y en avait quelque uns qui correspondaient à l'apparence que je leur connais, mais c'était vraiment une minorité.
J'ai fini par me faire aborder par Irvin qui m'avait vue me balader. Il m'a saluée comme si on se connaissait depuis des années et sa spontanéité m'a fait sourire :
- Je vous attendais, a t –il dit.
- C'est gentil. J'ai essayé de convaincre la Ministre, mais elle n'est pas plus ouverte sur le sujet que les autres. D'ailleurs vous pourriez peut –être m'aider à trouver des gens pour financer la production de la potion : je ne pourrais jamais m'en occuper seule.
- Nous avons jusqu'à la fin de la semaine pour trouver une solution. En attendant, j'aimerais commencer par vous présenter quelques amis.
J'ai donc serré plus de mains d'affilées que je n'en avais jamais serré et entendu plus de nom que je ne saurais en retenir.
- Vous êtes bien organisés, ai – je commenté.
- C'est l'avantage de la Meute. Chacun connaît son rôle et agit en conséquence. Nous sommes imbattables pour l'organisation.
- J'ai du mal à visualiser comment est bâti un groupe de loups-garous. Vous fonctionnez comme des loups même hors de vos transformations ?
- Les liens de Meutes relient nos loups et comme ceux – ci vivent dans nos esprits le reste du mois ils rejaillissent aussi sous notre forme humaine.
- Ce n'est pas le cas tout le temps : il y a des gens qui son totalement séparés de leurs loups.
- Malheureusement oui. Tous les lycanthropes ne s'acceptent pas et ça donne des bêtes incontrôlables.
- Les lycanthropes transformés ne sont pas contrôlables quels que soient les rapports qu'ils entretiennent avec leurs loups, ai – je rappelé.
- C'est vrai ça n'empêche pas la bête de tuer tout humain ou animal s'approchant. Mais disons qu'ils sont moins agressifs s'ils ne sont pas scellés durant tout le mois. Pour en revenir au sujet initial nous fonctionnons sur une hiérarchie pyramidale : l'alpha, puis son bêta puis les autres loups qui établissent leur hiérarchie entre eux. Il y a aussi des omégas.
- N'importe qui peut devenir l'alpha si il ou elle est assez fort ?
- Les femelles ne sont jamais des alphas.
La constatation m'a fait grimacer. On retrouve même le sexisme chez les animaux ! Si c'est pas malheureux.
- Non, j'aurais dû tempérer ma réponse, a t –il repris en voyant mon expression. Il y trois hiérarchies différentes dans une meute. Deux qui sont à sexe séparés et une en commune. Un femelle peut très bien être l'alpha parmi toutes les femelles de la meute, mais elle ne sera jamais au dessus du mâle alpha.
- Pourquoi ?
- Simple question de stature et de nature : les vrais loups fonctionnent comme ça.
- Je n'ai vu que des lycanthropes mâles transformés, je ne savais pas qu'il y avait une différence physique au niveau taille et poids.
- Il y en a une : une femelle ne pourrait pas gagner un combat contre un mâle pour devenir alpha. Et ça ne leur viendrait même pas à l'idée, la nature fait les choses ainsi. Néanmoins il y a des mâles qui sont soumis à des femelles si ça peut satisfaire vos penchants féministes.
- Excusez moi de m'agacer de certaines manies que toutes les sociétés ont vraisemblablement en commun, ai – je sifflé en fermant les yeux pour essayer de conserver mon calme.
Le loup dans ma tête a poussé un grognement. Il était d'accord avec moi. Sans doute parce qu'il est piégé dans le corps d'une femme. Je l'ai apaisé d'une pensée et j'ai eu l'impression qu'il partait bouder. Je l'ai senti se retourner dans sa grotte et sa présence s'est faite un peu moins présente.
- Vous contrôlez remarquablement bien votre loup pour une latente, a commenté Irvin quand j'ai rouvert les yeux.
- Une latente ? ai – je interrogé même si le sens du mot me laissait deviner pourquoi j'étais affublée de ce qualificatif soudainement.
- Une lycanthrope incapable de se transformer, a t –il expliqué.
- C'est parce que je n'ai jamais été mordue.
- Oh non, détrompez vous. La plupart des lycanthropes qui le sont sans avoir été mordus, c'est-à-dire qui naissent comme ça, ont un très mauvais contrôle sur leur loup. Ils ont beaucoup de mal à gérer sa sauvagerie quand ils sont petits et il arrive souvent qu'il faille les tuer avant qu'ils ne deviennent un danger.
- Ça arrive souvent ? ai – je demandé en abandonnant l'idée de lui faire comprendre que mon cas n'avait rien à voir.
- Il n'y a pas de statistiques… Mais pour vous donner une idée : sur dix enfants naissant d'un père lycanthrope -les femelles ne peuvent pas mener de grossesse à terme : la transformation est trop violente -deux ne seront pas atteint, huit seront des lycanthropes et parmi eux un contrôlera parfaitement son loup et vivra en osmose avec lui toute sa vie et sept poseront problèmes. Et la plupart sont des latents. Les loups qui ne peuvent pas sortir deviennent en général complètement fous après quelques années et ça se transmet à l'humain qui n'est généralement pas encore assez fort pour lutter.
Il y avait de la douleur dans son regard quand il a dit ça. Je pense qu'il a dû avoir un enfant dans ce cas là et qu'il a dû le tuer avant qu'il ne pose un problème. Je n'ose imaginer l'horreur que ça a dû être et le mal que ça lui a fait. Je serais incapable de tuer Cameron ou Mary même si on me disait que ça sauvera le monde entier. Je ne pourrais pas.
Néanmoins, je peux comprendre la nécessité du geste. La situation des loups-garous est déjà extrêmement précaire. S'ils laissent des membres de leur espèce, fussent –ils des enfants, être aussi incontrôlables qu'il le sous-entend, c'est la fin assuré pour eux.
- Donc en enfant de lycanthrope lui-même lycanthrope aura plus de chance de survivre s'il n'est pas latent.
- Oui, mais ce n'est pas une règle absolu. Il y a des latents qui s'en sortent très bien comme ça.
- Et pour les enfants qui sont mordus ? Ça arrive aussi ?
- Les mordus ne sont jamais latents. Du moins personne n'en a jamais vu de mémoire d'homme. Merlin merci, il y a peu d'enfants mordus.
J'ai médité l'information, me demandant combien il y a d'enfant qui se font mordre et combien naissent loup-garou. Jusqu'à aujourd'hui, ça ne m'avait même pas effleuré l'idée que ça puisse arriver. Mais ce n'est pas parce qu'ils sont contaminés que les lycanthropes arrêtent de se reproduire même si certains doivent faire ce choix.
J'ai beaucoup appris aujourd'hui. Je pensais bien connaître les loups-garous parce que j'ai moi-même un loup et que j'ai des amis qui sont porteurs de la lycanthropie… Mais non. Ils sont un peuple bien plus complexe que je le pensais. Participer à cette convention est une bonne idée : je comprendrais mieux les loups Anglais à qui je vais proposer la potion Tue-Loup.
Je me suis rendue compte en même temps que tous les lycanthropes n'allaient pas en vouloir. Ceux qui vivent en osmose avec le loup ne prendront pas le risque de peut –être casser l'équilibre fragile entre les deux êtres cohabitant. Ça n'est pas arrivé pour moi, mais rien ne dit que ça ne peut pas arriver chez les autres.
Samedi 4 Novembre 1989 : maison
Je le dis à chaque fois, mais ça fait du bien de rentrer à la maison. Je suis toujours contente de partir pour découvrir de nouvelles choses, mais je suis aussi toujours contente de revenir. Je n'aime pas être trop longtemps loin de mes enfants et de Dante.
Ils m'attendaient d'ailleurs tous les trois et avaient préparé un repas digne d'un roi pour fêter mon retour. Bon, d'accord, ce n'était pas le meilleur repas que j'ai jamais mangé. Je crois que Cameron ou Mary a dû déverser la poivrière dans les plats. Mais ça m'a fait plaisir quand même.
Lundi 18 Décembre 1989 : maison
Jonathan a demandé à venir passer les quelques jours avant Noël avec moi cette année. On ira le 24 au soir chez les Levis pour fêter ensemble. Je pense qu'il a voulu venir ici parce que je suis une sorcière et que j'ai connu Poudlard. Il n'a pas arrêté d'en parler et de me poser des questions depuis qu'il est arrivé.
J'ai ainsi appris qu'il est devenu ami avec Jaimy qui n'est autre qu'une des fillettes de l'orphelinat de Kathie. Je n'y vais plus très souvent et donc il m'a fallu une seconde avant de mettre une image sur ce nom. Je suis assez contente qu'ils s'entendent.
Il m'a fait remarquer que la serre que j'ai installée au troisième étage ressemble à la salle commune de Poufsouffle. Je n'avais même pas réalisé, mais il a raison. Est ce que j'ai inconsciemment essayé de reproduire un petit bout de Poudlard chez moi ? Je ne sais pas, mais quand j'ai envie d'être au calme, c'est toujours là haut que je vais.
Lundi 14 Février 1990 : maison
J'ai eu le droit à des ipomées bleues cette année. Je vais les garder quelques jours dans un vase puis je les sécherais et je les réutiliserais comme ingrédient. On ne peut pas le faire avec toutes les fleurs, mais avec celles-ci, si. Ça leur donnera une seconde vie.
Jeudi 19 Avril 1990 : maison
La nuit dernière, il y a eu la plus grosse tempête que j'ai jamais connue depuis que je vis au Phare. Ça fait pourtant bientôt dix ans. Les vagues se fracassaient si fort sur les côtes qu'elles remontaient jusqu'aux baies vitrées du salon. Autant dire que je n'ai pas dormi cette nuit : j'ai préféré guetter l'évolution des choses.
Et j'ai bien fait. Au alentours d'une heure du matin un bateau s'est échoué sur notre plage. Je l'ai vu arriver de loin, mais je pense que lui n'a pas vu l'île comme le Phare a perdu sa fonction première depuis longtemps. Ça a fait un bruit terrible au beau milieu de la tempête.
J'étais en train de m'habiller pour sortir quand Dante est arrivé dans le hall :
- Qu'est ce que c'était ? m'a t –il demandé.
- Un bateau s'est échoué au niveau de la plage. Si tu pouvais cacher les objets sorciers des pièces communes, ce serait bien. Je vais voir s'il y a des survivants.
- Sois prudente : la plage doit être submergée avec la tempête et tu ne sais toujours pas nager.
- Non, mais je me débrouille en magie élémentaire. Ne t'inquiète pas.
Il ne m'a pas dit de ne pas y aller là où d'autres m'auraient retenue de force. Il me surprend encore après des années.
Dehors, c'était le déluge. Je me suis jetée un Ipervius sur le visage pour avoir une certaine visibilité et j'ai allumé une lampe à huile. Je ne pouvais pas y aller avec ma baguette allumée et il n'y a pas de lampe de poche ici. Je me suis dépêchée de descendre sur la plage et j'ai vite constaté que Dante avait raison : des vagues immenses déferlaient. J'ai donc sortie ma baguette. Je n'aurais pas pu avancer sans ça. Heureusement le bateau avait évité les falaises pour s'échouer aussi loin qu'il le pouvait.
Il a fallu que j'escalade une partie de la coque pour réussir à monter sur l'embarcation. Il y avait 5 personnes à bord dont un qui avait l'air sérieusement blessé au bras. Ils ont semblé extrêmement surpris de me voir mais tout aussi heureux. Je les ai emmenés au Phare et je les ai laissé à Dante. Les enfants étaient réveillés et avaient l'air inquiets alors je me suis chargée de les recoucher et de les rassurer.
J'ai aidé à soigner le blessé. Heureusement que Dante résiste à la magie et qu'on doit le soigner à la moldue, sinon on aurait absolument rien eu pour ce pauvre homme. Ils sont restés dormir dans le salon jusqu'au petit matin.
J'ai personnellement attendu que la tempête se calme avant d'aller voir de plus près leur bateau. Il était dans un mauvais état et je l'ai arrangé avec quelques sorts histoire que ces gens ne restent pas bloqués sur l'île. Allez leur expliquer que vous n'avez aucun moyen de les ramener sur le continent.
Ce qu'ils se sont appliqués à faire dès qu'ils se sont réveillés et ont mangé un bout. Dante et moi les avons raccompagnés jusqu'à la plage où ils ouvert de grands yeux en voyant leur embarcation sagement à flot. Ils nous ont fixé sans comprendre et Dante a demandé :
- Vous croyez à la magie ?
- Non… a répondu le capitaine en fronçant les sourcils.
- Alors vous ne pourriez pas comprendre.
Ils nous ont regardé comme si nous étions des fous avant d'embarquer, mais en nous remerciant quand même abondamment au passage et en nous conseillant de redonner au Phare sa fonction première si on voulait éviter d'autres désagréments. Ce n'est pas idiot. Je vais voir sa magie ne peut pas réparer le système d'optique.
Mardi 31 Juillet 1990 : maison
On fête les dix ans de Mary aujourd'hui. Dix ans par Merlin. Ça fait presque autant que Lily et James sont morts. J'ai un peu du mal à réaliser que ça fait si longtemps. Et je ne peux pas m'empêcher d'être triste alors que ça devrait être un jour de fête.
Jeudi 6 Septembre 1990 : chez les Lovegood
Elena est morte. Un de ses sort a mal tourné. Je n'ai même pas le cœur à dire que je l'avais prévenue... J'ai été appelée en renfort par un Xenophilus paniqué qui ne savait pas quoi faire. La moitié de la maison c'était écroulée. Et Luna était aussi en dessous.
Ça m'a désagréablement rappelé Halloween 1981 quand Voldemort a tué les Potter. Je sentais mon cœur battre à toute allure tandis que je déblayais les décombres à la place de Xeno qui n'avait plus l'air de savoir par quel bout attraper sa baguette tellement il avait peur pour sa famille. Il m'a fallu un moment avant de les retrouver.
Luna est vivante et indemne. Elle était dans les bras d'Elena, protégée par son corps. Je pense que sa mère s'est mis en travers du sort et lui a servi de rempart. La dernière action de sa vie a été de protéger sa fille et je trouve ça admirable. Ça ressemble à ce que Lily a fait pour Mary en se dressant face à Voldemort, même si les deux situations n'ont pas grand chose en commun...
La petite n'a pas eu l'air de très bien comprendre que sa mère ne se réveillera plus jamais. Je laisse Xeno gérer ce genre de chose. Il la connaît mieux que moi et je n'ai jamais été douée pour réconforter les gens.
Cette mort vient de me donner une sacré claque. Ça faisait des années que personne n'était mort autours de moi. J'avais presque oublié à quel point c'était horrible… Elena était bruyante, exaspérante et fatigante. Mais c'était mon amie et si je ne la voyais pas aussi régulièrement que Remus, elle va me manquer. Je n'aurais jamais cru écrire ça un jour.
Vendredi 7 Septembre 1990 : maison
Dante a rajouté le nom d'Elena à la liste dans mon dos. Maintenant qu'il connaît les dessous de l'affaire, il est beaucoup moins désinvolte à ce propos. J'espère que je n'aurais jamais à faire ajouter son nom à lui. Je suis sûre que je pourrais en crever de cette mort là comme ça aurait pu arriver pour Greg s'il n'y avait pas eu Elisabeth.
Dimanche 9 Septembre 1990 : maison
Nous étions tous les cinq à l'enterrement. Même Aileen nous a accompagnée et c'est suffisamment étonnant pour être notable. Cameron s'est agité et à échappé à ma surveillance au beau milieu de la cérémonie. Comme je ne pouvais pas me lever pour l'attraper par la peau du cou et le ramener jusqu'à sa place j'ai prié pour qu'il ne fasse pas trop de bêtise. Mais non. Il est allé s'asseoir près de Luna et l'a prise dans ses bras. Il me surprend. En bien pour une fois. D'ordinaire il me surprend plutôt par son inventivité quand il s'agit de bêtises.
Je l'ai récupéré à la fin de la cérémonie, même si Luna ne voulait plus lâcher sa main. Elle pleurait et ses yeux rougies ressortaient plus que jamais sur sa peau pâle. Je l'ai serrée contre moi. Perdre sa mère si jeune est une expérience terrible. Elle s'est agrippée à moi et Xeno a eu beaucoup de mal à finalement la reprendre. Mais une fois qu'il l'a eu dans les bras c'est à lui qu'elle s'est accrochée. Je pense qu'elle a peur que quelqu'un d'autre disparaisse subitement de sa vie.
- Ne t'inquiète pas, lui ai – je chuchoté en remettant une mèche en place. Nous n'allons nulle part. On va rester avec toi.
- Promis ?
- Oui, promis. Si tu veux me parler, tu m'envoies un hibou et j'arriverais dès que je le reçois, d'accord ?
Elle a hoché la tête et a semblé un peu plus rassurée. C'était tout ce que je voulais. La rejoindre à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit est un maigre sacrifice en comparaison.
Bon, en réalité l'inventeur de la potion Tue-Loup est Damoclès Belby dans le bouquin. Je trouvais le nom moche alors je l'avais renommé dans ma fic en Aaron Ells. Ouais, au départ c'est lui qui devait trouver la potion Tue-loup, mais finalement Crystall avait plus de raison que lui de faire des recherches et de fil en aiguille, elle a réussit ^^
A suivre...
