Merci ! Ca s'arrange pas ...
oOoOo
6 – La jeune femme qui venait de faire irruption dans la pièce ne pouvait guère passer inaperçue. Elle était superbe : de longs cheveux noirs ondulés tombant jusqu'au bas du dos, des yeux noirs eux aussi, une peau blanche, des lèvres rouges carmin … Wow. Elle portait une jupe courte en cuir noir. Un bustier en cuir noir. Des jambières en cuir noir. Et un assortiment d'armes blanches impressionnant. Xéna pouvait aller se rhabiller, ce spécimen la ramenait au rang de pauvre figurante.
La belle inconnue entra sans jeter le moindre regard aux hommes qui se trouvaient là. Sauf les deux pauvres types qui étaient voilés. Ces derniers se jetèrent littéralement à ses pieds. Le tout sans un bruit. D'ailleurs, John était certain de ne pas avoir entendu le moindre son sortir de leurs bouches durant tout le banquet.
La femme ne leur accorda pas la moindre attention, en fait elle n'avait d'yeux que pour John. Ce qui lui vaudrait bien entendu encore quelques remarques Kirkiesques de la part d'un certain scientifique. Le dit scientifique qui salivait carrément à côté de lui, la bouche ouverte en un « O » de surprise et d'admiration. Sacré Rodney, blonde ou brune …
« C'est lui ? »
La voix surprit John qui n'avait pas vu Xéna arriver sur eux, suivie de près par les deux hommes voilés.
« Oui, maîtresse. »
John entendit un soupir derrière lui. Evidemment, Rodney n'allait pas pouvoir s'empêcher de faire une remarque désobligeante sur le fait que Xéna se faisait appeler « maîtresse ». Il faut dire que cela mettait aussi John un peu mal à l'aise. Cela rappelait un peu trop le sado-maso à son goût. Avec le cuir, il ne manquait guère qu'un fouet… Bref, il était temps de prendre les choses en mains. Façon de aprler, bien netendu.
« Bonjour, vous désirez quelque chose ? »
John avait pris le ton le plus charmeur qui soit, le tout agrémenté du sourire spécial «viens par ici que je te croque ma mignonne ». En temps normal, ça marchait à tous les coups. Il entendit un nouveau soupir juste derrière lui suivi d'un murmure contre son oreille.
« Colonel, lorsque vous voulez dire poli, vous pensez à quoi exactement, parce que là franchement … »
Rodney n'eut pas la possibilité de finir sa phrase, ce qu'il voulait dire se termina en un gargouillement incompréhensible. Gargouillement provoqué par la main que Xena avait posé sur lui. En fait, la jeune femme avait attrapé sa mâchoire et la tournait dans tous les sens comme pour jauger la marchandise.
« Hey, bas les pattes ! »
Rodney chercha à se dégager et en fut pour ses frais. La main de Xéna se referma sur sa main droite et il se retrouva à genoux, le bras remonté derrière le dos. Il poussa un cri de douleur. Ronon et John réagirent immédiatement et Xéna se retrouva avec deux calibres posés sur chacune de ses tempes. Elle sourit et relâcha Rodney qui se releva et se positionna immédiatement derrière Ronon.
« Elle … cette …. Cette folle a failli me casser le bras ! »
John lui jeta un regard noir.
« Rodney, po-li-tesse, d'accord ! »
Rodney leva les yeux au ciel, tout en massant son bras endolori.
« Oh bien sûr Colonel, excusez moi, laissez moi rephraser ça : cette charmante psychopathe a failli me casser le bras, ça vous va comme ça ! »
John se reconcentra sur Xéna.
« J'avoue que comme présentation, j'ai connu plus amicale, reprenons, d'accord ? Je suis le Colonel John Sheppard, l'arme posée sur votre temps gauche est entre les mains expertes de Ronon Dex et vous venez effectivement d'essayer de casser le bras du docteur Rodney McKay, nous sommes … »
« Docteur ? Est-ce sa fonction ? Guérisseur. »
Xéna fixait Rodney. Ce dernier poussa un énième soupir.
« Et pourquoi est-ce que tous les gens pensent que le fait de porter le titre de docteur signifie obligatoirement que vous être docteur en médecine ! Non, merci, j'ai choisi d'étudier une vraie science : je suis docteur en astrophysique, mais je doute que vous sachiez ce que cela signifie, non ? »
Xéna ne répondit rien et John commençait à se sentir mal à l'aise. Il n'aimait pas trop la manière dont cette fille regardait Rodney.
Elle se détourna ignorant les deux hommes armés, et s'installa à une des tables. Les hommes assis là se levèrent immédiatement et se regroupèrent le plus loin possible d'elle. John aimait de moins en moins la situation …
Xéna claqua dans ses doigts et un des hommes voilés lui apporta un verre de vin. Elle le sirota ses yeux toujours fixés sur Rodney. Instinctivement, John se rapprocha du scientifique, lui cachant ainsi celui-ci. Le geste ne passa pas inaperçu et la jeune femme sourit.
« Ma mère est en pourparlers avec votre Déya. Un traité commercial est prévu entre nos deux peuples et les termes en seront j'en suis certaine bientôt ratifiés. Tous les termes … »
Alors là c'était clair, John n'aimait pas ça du tout.
Xéna se leva et s'approcha de lui, ses yeux toujours sur Rodney. Cette fois John en avait assez.
« Okay, maintenant ça suffit fillette ... »
Il se planta devant la jeune femme, son visage à quelques centimètres du sien. Elle ne sourcilla pas, maintenant son regard sur Rodney comme si John n'existait même pas.
« Alors écoutez moi et écoutez moi bien. Vous ne touchez pas à un de mes hommes, mieux vous ne les regardez même pas. »
« Ou bien … »
John sourit.
« Ou bien ça ! »
Il exécuta sur elle le même mouvement qu'elle avait testé sur Rodney et elle se retrouva bientôt à genoux devant lui, son bras douloureusement remonté derrière elle. Elle le regardait avec haine.
« Et oui ma jolie, tous les hommes ne sont pas de pauvres petites choses sans défense. Alors comme une amazone avertie en vaut deux : pas touche, okay, ou la prochaine fois … »
Il la relâcha brusquement, l'envoyant à terre. Les deux hommes voilés se précipitèrent pour l'aider mais elle les les repoussa. Elle se releva et s'approcha de John.
« Ma mère m'avait dit que je trouverais peut-être ici ce que j'étais venu chercher … et elle avait raison. Vous l'avez déjà perdu … »
Sur cette phrase cryptique, elle s'éloigna, fit un signe aux deux hommes voilés de la suivre et sortit de la salle de banquet. Un immense soupir collectif de soulagement se fit immédiatement entendre. Ainsi qu'un grognement.
« Bravo Colonel, j'ai trouvé cette démonstration de charme et de politesse très instructive … »
John se retourna vers Rodney qui les bras croisés sur sa poitrine, le regardait un petit sourire moqueur aux lèvres.
« La ferme McKay, Okay. »
« Bravo, les insultes maintenant, franchement … »
John porta la main à sa tête. Il se demandait brusquement, s'il n'aurait pas mieux fait de laisser Xéna s'occuper de McKay.
A suivre … (yep, ça devient sérieux ...)
