Bonjour!

j'aimerais vraiment pouvoir faire plus court en terme de délai, mais la période ne s'y prête pas vraiment, alors je m'excuse par avance.

Toutefois, j'ai quelques chapitres en réserve, donc je devrais pouvoir publier assez rapidement ceux que j'ai de prêts (après correction)

Je suis ravie de voir, après quelques chapitres, que cette fic a retenu votre attention et vous remercie de votre fidélité.

Après ce petit blabla, je vous laisse avec votre couple préféré!

Auteur : Heavyinfinity

Nb de chap : 34

Univers de SM

Beta: Tracie (love-jella19)


A Moment Changes Everything : Chapitre 6

BPOV

Je rêvais que j'étais sur une balançoire. J'allais de plus en plus haut, jusqu'à ce que mes pieds touchent le ciel bleu. C'était la plus géniale des sensations – en position allongée pour monter, puis sentir mon cœur rebondir en redescendant. Je fermai les yeux et souris dans la lumière du soleil.

« Bella. » Dit doucement quelqu'un. Je me renfrognai, peu disposée à laisser filer cette sensation. « Bella, je suis désolé, mais il faut que tu te réveilles. » La voix douce était plus ferme cette fois.

Je sentis des doigts bouger doucement entre les miens et commençai à dériver vers un état plus alerte. Ouvrant un œil, je regardai par-dessus la couverture, parfaitement calée autour de moi. Jasper était allongé sur le lit à côté de moi, sa main entre nos deux corps. Je fronçai légèrement les sourcils quand je pris conscience que j'étais complètement recroquevillée autour de son bras droit, mes deux mains serrant la sienne.

Je regardai le coin de ses yeux se plisser en même temps qu'il souriait face à mon expression.

« Bonjour, marmotte. » Taquina-t-il gentiment. « Je commençais à croire que tu allais passer ta journée à rêver. J'ai commencé à te "secouer" il y a une heure mais tu étais complètement K.O. » Ricana-t-il en prétendant me pincer le nez.

« Désolée Jasper. » Dis-je penaude, relâchant sa main et m'asseyant lentement.« Quelle heure est-il, d'ailleurs ? » Marmonnai-je en m'étirant. « Il n'est que 7h, Bella. » Répondit Jasper en se levant puis il se tourna vers moi. « Je suis désolé d'avoir dû te réveiller si tôt, mais il va y avoir du soleil cette après-midi. Je dois bouger si je veux aller chasser avant que je ne devienne "visible", » Dit-il, souriant et mimant les guillemets avec ses doigts.

« Pas de problème. Laisse-moi juste m'habiller et je vais déguerpir. » Dis-je en essayant de deviner où se trouvaient mes vêtements. Je regrettais sincèrement d'avoir choisi de rester ici plutôt que de rentrer chez moi hier soir. J'avais super bien dormi, mais maintenant, je me sentais angoissée et gênée.

Jasper secoua la tête. « Doucement, calme-toi. » Reprocha-t-il. « Nous avons un peu de temps avant de devoir courir dehors. Je pensais que tu aimerais prendre une douche pendant que je vais te chercher un café et quelque chose à manger. » Proposa-t-il, hésitant.

Je réalisai qu'il se sentait probablement mal à l'aise, lui aussi. Nous étions tous les deux habitués à être seuls, et les révélations de la nuit dernières pesaient au-dessus de nos têtes.

Prête à tout pour cacher ma nervosité, je forçai un petit sourire. « Une douche paraît bien, merci. » Dis-je à la légère. « Je serai prête quand tu reviendras et je pourrai manger dans la voiture. » Proposai-je, espérant me sortir rapidement de cette situation inconfortable. « Tu sais, vu que tu as une assurance pour l'intérieur. »

Il sourit à ma plaisanterie sur sa voiture. « Tu peux te lâcher sur la pauvre voiture sans problème Bella, mais nous avons bien assez de temps pour que tu manges ici si tu préfères, » Dit-il, se retournant et se baissant pour prendre une paire de chaussures dans son placard. Oh mon dieu, quel cul il a ! Je haletai tendis que l'idée se propageait dans ma tête, mais je toussai rapidement pour couvrir le bruit. Mon visage était en feu, et je savais qu'il pouvait entendre mon cœur taper. Je priai pour qu'il se dise que j'étais simplement gênée de lui avoir tenu la main toute la nuit.

« Ca va, Bella ? » Il se tourna pour voir que je toussotais. « Oh ouais, je me suis juste étranglée. » Réussis-je à marmonner, alors que j'essayais d'effacer de ma mémoire l'image des fesses de Jasper, parfaitement moulées dans son jean.

« C'était plutôt une bonne toux, » Continua-t-il tandis qu'il se relevait pour quitter la chambre.

« Peut-être que tu devrais arrêter de fumer. » Suggéra-t-il, un sourcil arqué. Dieu merci, il me prenait pour celle qui ne pouvait même pas respirer correctement, je m'applaudis mentalement.

« Merci pour le conseil, Monsieur le Ministre de la Santé. » Lui grognai-je, heureuse d'avoir mon armure mentale.

« Allez, pourquoi ne vas-tu pas te rendre utile et me chercher mon petit dèj, pour que je puisse sortir de ce lit sans que tu me vois à poil. » Dis-je sèchement. « Je prendrais un grand café avec beaucoup de lait, sans sucre, et un Bagel avec de la crème de fromage, » Finis-je sur un ton méchant.

Il me sourit juste calmement. « C'est comme si c'était fait, Miss Bella. » Dit-il, la voix traînante. Je commençais à me sentir mal d'avoir été sèche avec lui, mais il avait un air détendu quand il sortit. « Je ne voudrais pas nuire à ta pudeur. » Plaisanta-t-il en partant. « Merci, Jasper. » Dis-je, doucement, à son dos qui s'éloignait, sachant qu'il m'entendrait.

« Pas de problème, ma puce. » Répondit-il sans me regarder. « Tu te sentiras mieux une fois que tu auras bu ton café, j'en suis sûr. » Dit-il quand il fut à la porte d'entrée. Petit rigolo, Répondis-je mentalement, plaçant ma tête entre mes mains.

Quel désastre. Au lieu de garder mes distances, je me suis retrouvée à entendre ses aveux, rester la nuit avec lui, baver sur sa main, et mater son cul ! Reprend-toi Bella, il est temps de se doucher. Il faut que je me bouge et que j'en finisse avec cette matinée pour que Jasper puisse faire ce qu'il veut et que je puisse retrouver mon sens d'auto-préservation.

J'entrai dans la salle de bain et vit que mes vêtements étaient soigneusement pliés sur les meuble. Je regardai la cabine de douche aux multiples jets et soupirai. Trop bête que je n'ai pas assez de temps aujourd'hui pour lui rendre justice. Je me douchai rapidement, empruntant le gel douche musqué qui se trouvait là. L'odeur du savon de Jasper emplit la pièce et je me sentis plus détendue. Je gardai mes cheveux hors du jet d'eau au maximum, n'ayant pas envie de m'embêter à les sécher et à les coiffer. Je ne savais pas si Jasper avait un sèche-cheveux et je n'avais pas envie de fouiller dans sa salle de bain pour en trouver un.

Je remis les vêtements que j'avais hier et passai mes doigts dans mes cheveux emmêlés. Je fis le lit à la hâte, essayant d'éviter de me rappeler que je m'étais désespérément accrochée à la main de Jasper pendant que je dormais. Me souvenant que j'avais un élastique dans la poche de ma veste, j'allais dans la pièce de vie, essayant de me rappeler où Jasper l'avait rangée hier soir. J'étais réticente à ouvrir les portes des placards pour chercher, pendant qu'il n'était pas là, alors je regardai dans les tiroirs de la cuisine pour quelque chose qui pourrait servir à dompter mes cheveux.

Jasper avait sûrement acheté cet endroit meublé, parce qu'il y avait les ustensiles de base dans les tiroirs. Je débattais sur l'utilité d'un couteau à beurre pour tenir mes cheveux quand je tombai sur une paire de baguettes. Je remontai rapidement mes cheveux en une sorte de chignon quand j'entendis la porte s'ouvrir. Je regardai Jasper entrer, poser un café et un sac en papier sur le bar.

Ses longs cheveux blonds tombaient sur son visage, et je me demandais si ça le gênait ou s'il y était habitué. Ça me démangeait les doigts de les repousser sur le côté pour lui, et je me mis, mentalement, une claque pour être à nouveau en train de le mater. Je ne comprenais pas ma soudaine attirance pour lui. Comme tous les vampires, il était magnifique, mais j'étais tout le temps entouré de beaux mecs au boulot, et jamais je n'avais du mal à me concentrer comme ça.

C'était certainement parce que nous passions tout ce temps ensemble, à avoir des cœurs à cœurs, qui faisait que je commençais à prendre conscience de lui, physiquement. Je n'étais simplement pas habituer à passer autant de temps avec quelqu'un, encore moins avec quelqu'un comme Jasper. Quelqu'en soit la cause, je devais rapidement la contenir. Ce n'était pas sain, pour moi, d'être obséder par quelqu'un qui était probablement déjà sur le point de sortir de ma vie, et je serai mortifiée s'il arrivait à percevoir quelques unes de mes émotions.

Je rentrai dans mon personnage de travail et espérai projeter plus d'assurance que je n'en ressentais. « Je me suis permise de me servir de tes baguettes, je me suis dis qu'elles ne te manqueraient pas. » Plaisantai-je, montrant mes cheveux. Il rit et haussa les épaules. « Bella, tu peux te servir de ce que tu veux dans la cuisine. Tout était déjà là, je suppose que les précédents propriétaires aimaient la cuisine chinoise. » Rigola-t-il, m'offrant le café du bar.

Je portai la tasse à mon nez et en savourai l'arôme avant de boire une gorgée. Le bon café méritait d'être savouré et je refusai de me dépêcher malgré mon impatience à partir d'ici. M'asseyant sur un tabouret de bar pour ouvrir le sac qu'il avait ramené, je trouvai le Bagel que j'avais commandé, parfaitement toasté. Je le levai vers Jasper en un signe silencieux de remerciements avant de l'attaquer.

« Alors qu'as-tu prévu aujourd'hui ? » Demanda-t-il pendant que je mangeais. Je finis de mâcher et pris une longue gorgée de café avant de répondre. La vérité était que je détestais mes jours de repos. Il y avait trop d'heures inoccupées, ce qui voulait dire trop de temps pour se souvenir et trop de temps pour s'inquiéter du futur. « Pas grand-chose. J'ai quelques courses à faire cette après-midi, mais le reste de la journée est vide. » Dis-je calmement. « Peut-être que je resterai éveillée pour lire le reste du journal. » Dis-je plus vivement, tandis que le café commençait à faire son effet.

« Où est-ce que tu vas pour ton "casse-croûte" ? » Demandai-je sur un ton léger. Ses yeux brillèrent brièvement d'excitation. « Je vais essayer un nouvel endroit aujourd'hui. Je restais à Long Island, mais j'en ai marre des cerfs, et je suis peut-être en train de faire un trou dans leur population. » Admit-il, penaud. « Je vais essayer d'aller un peu plus au nord pour voir s'il y a une faune plus intéressante. »

« C'est bien Jasper. Tu sais, c'est important d'avoir une alimentation variée. » Dis-je sérieusement. Il éclata de rire face à ma mauvaise blague et je ne pus m'empêcher de lui sourire en retour. Sa joie devenait contagieuse, malgré mes tentatives de distance. Je reportai mon attention sur mon Bagel et finis les dernières bouchées.

Terminant mon café, je soupirai de contentement. « Fini. » Je rassemblai les déchets pour les jeter. « Allons-y, Whitlock. » Dis-je avec humour, alors que je m'éloignais de la poubelle derrière le bar. « D'ailleurs, où est-ce que tu as caché mon manteau hier soir ? »

Je levai les yeux ciel en remarquant ma veste se balancer au bout d'un de ses doigts. Je m'avançai vers lui et pris ma veste, puis continuai mon chemin sans dire un mot. Je sortis par la porte d'entrée. Je sentis l'air bouger autour de moi et hoqueta, surprise, quand il apparut devant moi, arborant un sourire idiot sur la figure. C'était la première fois, depuis que nous nous étions croisés, qu'il se servait de ses véritables capacités, et le rappel de cette vitesse vampirique me coupa le souffle.

Tandis que j'essayais de réguler ma respiration, je notai à quel point il était proche, ce qui ne m'aidait en rien à reprendre mon souffle. Je remarquai la façon dont son t-shirt moulait sa poitrine, là où sa veste était ouverte, et je perçus une petite trace de son gel douche, réalisant que je sentais pareil. Je forçai une grosse bouffée d'air à l'intérieur de mes poumons et fermai les yeux, luttant pour retrouver le contrôle de mon cerveau. Je ne pouvais pas me permettre de pense à Jasper de cette façon.

Un air inquiet traversa son visage quand il vit ma réaction. « Merde, Bella, je n'ai pas réfléchi. Je suis désolé de t'avoir fait peur. » Dit-il en passant distraitement la main dans son cou. Je saisis l'opportunité de sa mauvaise interprétation, contente d'avoir une excuse facile pour mon pathétique comportement humain. « Pas de problème, Jasper. Je n'ai pas vraiment eu peur, juste un peu surprise. »

Son visage se détendit et il se tourna pour fermer la porte. « Tant mieux, mais j'essayerai de faire plus attention. » Promit-il, tandis qu'il me devançait le long du couloir, jusqu'à l'ascenseur. Nous descendîmes au garage en silence, mais heureusement, il n'y eut pas d'inconfort. Il ouvrit la porte de la voiture pour moi, souriant quand je levai les yeux au ciel. Il fut derrière le volant en un clin d'œil.

Il y avait la circulation du matin dans le centre, mais cela devint plus fluide dès que Jasper se dirigea vers mon quartier. Je me rendis compte que je m'habituais à nouveau à circuler en voiture, ne m'accrochant plus à la poignée à chaque fois que Jasper accélérait ou freinait.

Nous ne dîmes rien durant le trajet, mais il ne cessait de jeter des coups d'œil vers moi. On aurait dit qu'il se retenait de dire quelque chose. Me rappelant que j'avais décidé de m'en tenir à des choses superficielles, je me forçai à l'ignorer. Notre silence confortable commençait à devenir tendu, et je fus heureuse que nous soyons presque arrivés à mon immeuble.

Alors que nous tournions dans ma rue, il poussa un petit soupir, et ma détermination à faire comme si de rien n'était commençait à s'effriter. Visiblement, il voulait dire quelque chose et ça me semblait mal de ne pas en tenir compte, surtout après qu'il ait partagé tant de chose avec moi hier soir. Je grognai intérieurement et me mis à parler avant de changer d'avis.

« Crache le morceau, Jasper, »Dis-je sans colère. Il se tourna et me regarda avec surprise. « Il est clair que tu as quelque chose à dire, alors vas-y, » Continuai-je, le regard baissé.

Il arrêta la voiture devant mon immeuble, mais laissa le moteur tourner. Je vis sa main droite se déplacer lentement vers ma main gauche, et je levai les yeux vers lui. « Je peux, Bella ? » Demanda-t-il, montrant la main d'un signe de tête. « J'ai quelque chose à te dire, mais quelques fois, j'ai peur que tu ne t'enfuies si je pousse trop loin, » Avoua-t-il. « Je pense que ce que nous avons quand nous nous touchons aidera. Nous serons plus calme, comme ça, je n'insisterai pas trop et tu ne te refermeras pas sur toi-même. »

Je ne lui répondis pas, mais tendis la main vers lui. Nos doigts entrèrent en contact et le calme nous encercla. Mes doigts se refermèrent autour des siens instinctivement, et je ne pus m'empêcher de soupirer à la sensation de sa peau froide contre la mienne, au milieu de cette atmosphère sereine. Tournant la tête pour le regarder, je fus frappée par l'air détendu qu'il affichait, à ce moment-là. Ses yeux avaient toujours cette couleur ambre, mais ils semblaient plus clairs, comme si une ombre avait disparu.

« Ok, maintenant, parle Jasper. » Répétai-je gentiment avec un petit sourire. Il hocha la tête et serra ma main. « Il y a tant de chose que j'aimerais dire, Bella. » Commença-t-il. « Mais je voudrais d'abord te dire merci pour hier soir. Je n'avais pas parlé de mon passé depuis longtemps, parce qu'en parler amène toujours de la culpabilité, mais avec toi, tout est mieux. Je sais que je suis toujours responsable de mes actes, mais je ne me sens plus bouffé par la honte. J'avais vraiment besoin de ça. »Finit-il avec un sourire crispé.

Ses mots me coupèrent le souffle. Cette exquise et invincible créature, assise à côté de moi, avait eu besoin de quelque chose, et je la lui avais donnée sans même essayer. Je sentis la culpabilité grandir en moi à cause de la façon dont je le repoussai, pour mon propre bien, quand il avait, probablement, besoin d'un ami, autant que moi.

Je secouai légèrement la tête. « Tu peux me remercier si tu veux, mais je ne t'ai rien dit d'autre que la vérité. Maintenant, je suppose que tu n'as pas peur que je me sauve à cause d'un merci, alors quand est-ce qu'on en vient à la partie un peu plus envahissante ? » Demandai-je, regardant nos mains. Passant ma main libre sur ses doigts, j'attendais qu'il parle, appréciant la douceur de sa main froide.

Je levai la tête et vis qu'il regardait nos mains, je stoppai alors mon geste. J'ouvris la bouche pour m'excuser, mais il parla en premier. « Non, ne t'arrête pas, » Dit-il rapidement. « J'ai juste été distrait par la sensation de chaleur de ta main. » Hochant la tête, je repris mes mouvements aléatoires sur nos doigts entremêlés.

« Alors, voilà le moment où je pousse un peu, Bella. » Dit-il à nouveau. « Je te demande juste une chance de finir avant que tu ne partes en courant. » Plaisanta-t-il. Ca tentative d'humour ne me fit pas rire, au lieu de ça, je lui fis signe de poursuivre. « Bella, j'espère que tu me laisseras revenir ce soir, après qu'il n'y ait plus de soleil. Je vais être inquiet pour toi toute l'après-midi, et pour être honnête, si tu ne me laisses pas entrer, je surveillerai ton immeuble de l'extérieur. Je pourrais le faire sans te le dire, mais je n'ai pas envie de te mentir. » Il parla rapidement, comme s'il avait vraiment peur que je me sauve.

« Ca ne me dérange pas de surveiller de dehors, Bella, » Continua-t-il, « mais la vérité, c'est que j'apprécie vraiment ta compagnie, et j'espère que nous pourrons encore passer du temps ensemble. » Je soupirai, partagée entre mon envie de préserver ce cocon durement créé, et l'opportunité de profiter de la compagnie de quelqu'un d'autre. Mon choix changea une centaine de fois durant les secondes qui précédèrent ma réponse.

« Récupère-moi ici quand tu pourras, Jasper. » Marmonnai-je, détournant le regard et retirant doucement ma main de la sienne. La sensation de calme s'évapora dès que le contact fut rompu, et ma décision de passer plus de temps avec Jasper vacilla. Je me forçai à réfréner mon envie de l'éviter et le regardai.

Ses yeux ambrent billaient presque tandis que je notai son sourire soulagé. Ça faisait du bien de savoir que je le rendais heureux, bien que je fus plutôt surprise qu'il aime autant passer du temps avec moi. Il avait toujours eu l'air d'être une personne solitaire, à Forks, mais plus nous passions du temps ensemble, et plus je me demandais à quel point cette solitude était de plein gré.

Je me secouai un peu et bougeai pour ouvrir la porte. « Ok, Glitter Boy, » Le taquinai-je. « Bouge tes fesses avant que le soleil arrive et que tu provoques un incident. » Avant que je ne puisse ouvrir la porte, elle me fut arrachée de la main, et je hoquetai de stupeur quand je le vis pencher vers moi, pour m'aider à sortir.

« J'espère que tu as vérifié que personne ne regardait. » Réussis-je à dire tandis qu'il m'aidait à me mettre debout. Il leva les yeux au ciel. « Je suis juste tes instructions, Bella. Tu m'as dit de me bouger les fesses. » Dit-il impassible, tout en marchant vers l'immeuble.

« Tu n'as pas à me raccompagner, Jasper. Ta voiture va probablement être volée, et tu vas te retrouver coincé à l'intérieur, un jour de soleil, sans casse-croûte. » Le prévins-je quand nous montions les escaliers. Il secoua tristement la tête. « Bella, je vais me faire du souci pour toi, tout le temps que je serai parti. Le moins que je puisse faire, est de m'assurer que tu rentres dans ton appartement sans problème. » Il soupira alors que nous approchions de ma porte.

J'étais touchée par sa préoccupation, mais mon côté indépendant me titilla à ses mots. « Quelle chochotte, » Dis-je sèchement. « C'est un jour à risque minimum, pour moi. Le soleil va bien bientôt sortir, donc même si Victoria est dans le coin, elle sera coincée à l'intérieur. » Je tournai la clé dans la serrure. « Mes chances de survie sont assez bonnes cette après-midi, même sans ta protection. » Dis-je, moqueuse.

Il ne répondit pas, et dans ce silence, j'eus honte des mes mots durs. Je baissai les yeux sur le sol et me forçai à parler, bien que mon réel désir fût de passer cette porte et de fuir loin des complications que causait Jasper. « Je suis désolée. » Murmurai-je. « Tu ne mérites pas ça. C'est dur pour moi. » Je haussai les épaules et me tournai vers lui.

Il tendit la main et repoussa une mèche de cheveux derrière mon oreille. « C'est bon, Bella. » Dit-il doucement. « Je ne me laisse pas effrayer facilement. » Il poussa la porte pour moi. « Il va falloir que tu fasses plus que m'insulter pour que je parte d'ici. » Finit-il avec ironie.

« Je serai de retour après que le soleil soit assez bas pour que je n'attire pas l'attention. » Dit-il, tournant en direction des escaliers. « Je te verrai à ce moment-là, alors. » Répondis-je. « Amuse-toi bien sur ton nouveau terrain de chasse. » Chuchotai-je tout en fermant la porte et en m'appuyant contre, me sentant soudain épuisée.

« Retour honteux ce matin, Bella ? » Je revins à la réalité, surprise par le son de la voix d'Andy. Il se tenait vers le comptoir de la cuisine, fourrant dans une enveloppe, ce qui semblait être une grosse liasse de billets. Il remarqua que je regardais l'argent et se dépêcha de finir. « Bella, il vaut mieux que ce truc là reste dans le dossier "pas de questions, et n'en parle pas". » Dit-il sur un ton qui ne laissait pas de place à la discussion.

J'étais surprise par son attitude ce matin. Nous passions souvent de longues périodes sans trop se parler, mais nous étions toujours aimables, et d'habitude, il était plutôt sympa avec moi. « Ce n'est pas un retour honteux quand le mec te raccompagne à la porte, Andy. De toute façon, ce n'est pas comme ça. Je me suis juste endormie pendant un film, et j'ai préféré dormir là-bas plutôt qu'il me ramène en voiture ici. Je t'ai laissé un mot, papa, alors arrête de faire comme si j'avais loupé le couvre-feu. » Demandai-je en m'approchant de lui.

Je vis ses minuscules pupilles et la façon dont il semblait être à fleur de peau, et soupirai. Il était bien trop tôt pour qu'il soit déjà défoncé. « Tu veux me dire ce qu'il se passe ? » Le demandai-je et avançant dans la cuisine.

Il me regarda un moment avant de se tourner brusquement et prit sa veste. « Stop, Bella. Ce n'est pas un moment facile pour moi. » Marmonna-t-il, allant vers la porte. Il partit sans un autre mot fermant la porte et la verrouillant derrière lui.

Génial, une autre complication, pensai-je en allant dans ma chambre. Je retirai mes vêtements d'hier et enfilai un jogging confortable. Malgré ma bonne nuit et mon inquiétude pour Andy, j'étais épuisée et une sieste me faisait de l'œil. Je m'enveloppai dans mes nombreuses couvertures et fut endormie avant que la tête ne touche l'oreiller.

JPOV

Remontant dans la voiture, je mis le contact avec un petit sourire. Je commençais à m'habituer à sourire plus souvent depuis que j'avais retrouvé Bella, vendredi. Je n'avais pas réalisé à quel point je m'étais senti seul, mais être avec Bella me rappelait combien il était agréable de communiquer avec d'autres personnes régulièrement. Même si ses réactions chaudes et froides m'embrouillaient, j'aimais l'élément de surprise qu'elle apportait dans ma vie.

Je conduisis en direction du pont George Washington, slalomant entre les véhicules plus lents. J'avais hâte d'aller chasser quelques carnivores, et n'avais pas envie d'attendre dans la circulation. Alors que je traversais le pont pour aller vers les Catskills (chaîne de montagnes), je me repassai les événements d'hier soir et de ce matin.

Suivre les émotions de Bella s'avérait difficile sans mes capacités développées, mais j'apprenais petit à petit à lire les expressions de son visage et son langage corporel. J'étais encore surpris par la façon dont elle avait tenu ma main quand nous avions marché vers le restaurant. Elle avait semblé si à l'aise la nuit dernière, que sa mauvaise humeur du matin m'avait interpelé. Elle avait été si calme et tolérante face à mon passé, mais ce matin, elle l'était nettement moins.

J'étais soulagé qu'elle ait accepté de me laisser revenir ce soir. J'avais été inquiet qu'elle s'énerve quand je lui avais dit que je voulais assurer ses arrières, mais ça s'était passé mieux que je ne l'avais espéré. J'étais sûr que le calme, dû à notre contact, avait influencé sa décision. Je n'avais toujours pas d'explication pour ce phénomène, mais j'en étais reconnaissant, d'autant plus qu'elle pouvait me bloquer l'accès à ses émotions.

Sa réaction, face à ma remarque concernant le fait que je la raccompagne jusqu'à sa porte, avait été si volatile que j'avais sentis, un court instant, sa colère se déverser sur moi, avant qu'elle ne reprenne le contrôle. Elle semblait contrer mon don en minimisant ses émotions. J'arrivais à percevoir un bref flash de ce qu'elle ressentait quand elle était contrariée, mais cela disparaissait toujours quand elle se reprenait.

Ses excuses, non attendues, m'avaient plus surpris que son accès de colère. Je ne pouvais qu'imaginer ce que ça avait coûté à sa fierté, de s'éloigner de l'image de la fille forte qu'elle se donnait, autant pour elle que pour les autres. Ses expériences l'avaient endurcie, mais j'apprenais qu'elle était toujours cette personne douce, au plus profond d'elle-même.

Le ciel couvert commençait à se dégager quand je trouvai l'entrée du parc national que je cherchais. Je garai la voiture, puis pris le sentier pour préserver les apparences. Après quelques pas, je déviai du chemin, espérant sentir l'odeur d'un puma. Je n'avais pas beaucoup de temps aujourd'hui, à cause du temps ensoleillé, mais j'avais de la chance.

Repérant l'odeur, je la suivis loin dans la forêt, trouvant la proie dans une petite clairière. C'était un beau mâle, pas encore tout à fait mature. Je l'approchai en silence, vu que je n'avais pas assez de temps pour un combat. Il me sentit à la dernière seconde et essaya de s'échapper, mais je l'attrapai rapidement et le tuai. Je me nourris en vitesse, puis fis en sorte que sa mort paraisse naturelle. Les charognards s'empresseraient de masquer les évidences, mais ça ne faisait pas de mal d'être trop prudent.

Je retournai vers la voiture à vitesse vampirique, remarquant que les nuages commençaient à faiblir. Faisant la route vers Manhattan, je savourai la sensation de conduire une Porsche de la façon dont elle devait être conduite. J'entrai dans mon immeuble juste au moment où quelques rayons de soleil commençaient à filtrer à travers les gratte-ciel qui m'entouraient.

Je secouai la tête, me disant que ça avait été juste. J'allais devoir faire plus attention au temps, maintenant que Bella était là. Je détestais le fait que le soleil m'empêcherait, quelques fois, de la protéger, mais elle avait raison, Victoria en serait réduite au même sort.

Je me connectai pour vérifier mes mails et fut heureux de voir qu'un rapport de Jenks m'attendait. Je savais qu'il m'appellerait plus tard pour voir s'il y avait de nouvelles instructions, mais j'avais aussi hâte de voir ce qu'il avait découvert. Je parcourus rapidement le rapport de Jenks, soulagé de ce que je lisais.

Les enquêtes sur la mort de la famille de Bella et sur sa disparition n'avaient rien donné. La police avait soumis l'hypothèse de quelqu'un, arrêté par Charlie, qui aurait cherché à se venger, mais c'était peu vraisemblable. Un des enquêteurs avait noté de parler avec le petit ami de Bella, vu que sa famille était parti peu de temps avant le meurtre. Toutefois, après avoir interrogé les camarades de classe de Bella, il en était sorti que ça ne valait pas le coup de pousser plus loin. Au dire de tous, Edward et Bella avaient été heureux, et les Cullen étaient bien trop respectés pour être accusés à la légère.

Au final, les enquêteurs en avaient conclu que Bella avait été enlevée et tuée peu de temps après. Il avait été décrété que l'accident de voiture de Renée et Phil était une terrible coïncidence. Rien de plus n'était envisagé sur aucun des cas.

J'étais fier de Bella pour s'être aussi bien cachée. Elle avait si peu de ressources à sa disposition, mais elle avait construit une parfaite disparition. Fermant le document, je souris quand mon téléphone vibra. Je jetai un coup d'œil à l'écran et répondis.

« Timing impeccable, Jenks. Je viens juste de finir de lire le rapport que vous m'avez envoyé. »Dis-je en guise de bonjour. « J'essaye de faire de mon mieux, M. Whitlock. » Répondit-il, mielleux.

« Avez-vous d'autres instructions à ce sujet ? » Demanda-t-il avec espoir. Je souris en l'imaginant voir le signe dollar danser dans sa tête.

« En fait, oui, Jenks. J'ai besoin que vous créiez une identité pour Isabel Sanders. » Lui dis-je, épelant le nom. « Elle aura besoin d'une carte d'identité, bien entendu, mais aussi d'un numéro de sécurité sociale. Elle aura aussi besoin d'un diplôme universitaire et de quelques avis d'imposition, mais ça peut attendre pour le moment. »

Je réalisai que ce serait assez dur de faire accepter, à Bella, mon aide pour la carte d'identité, encore moins pour les diplômes, mais je prévoyais de m'y préparer. Jenks me répéta les instructions et me dit qu'il s'y mettait immédiatement. Je terminai l'appel et allai reposer le téléphone quand il vibra à nouveau.

Je soupirai en voyant le numéro. Je ne répondis pas, renvoyant l'appel sur la messagerie. Dans les secondes qui suivirent, il y eut un bip indiquant l'arrivée d'un texto. Je grognai et ouvris le message. Décroche Whitlock. Le téléphone se remit à vibrer avant même que je n'ai fini de lire. Énervé, je pressai la touche répondre et me préparai à prendre l'appel.

« Où est l'urgence, Peter ? »Dis-je sèchement dans le téléphone. « Holà, soldat. » Répondit-il de sa voix traînante. « Aucune urgence, je perçois juste quelques mauvaises ondes autour de toi, et je me suis dit que j'allais vérifier. »

Je levai les yeux au ciel face à son accent exagéré. Peter pouvait parler aussi normalement que moi, mais il reprenait toujours l'accent dès que lui et Charlotte allaient dans le sud.

« Je vais bien, Peter. Considère que tu as vérifié et laisse-moi poursuivre ma journée. » Grognai-je. « Alors tu ne vas pas me dire qui est la tornade du passé, » Pleurnicha-t-il. Je me passai la main dans les cheveux. Maudit Peter, son sixième sens et son flair pour les ragots.

« Non, Pete, pas encore. »Soupirai-je. « Pas de blague, c'est sérieux. Je t'en dirai plus quand les choses seront un peu plus à plat, mais je ne veux pas que tu t'en mêle, pas encore. » Dis-je vigoureusement, espérant qu'il comprendrait la sincérité de ma demande.

« Ok, Major, » Répondit-il. « Je vais rester en arrière pour le moment, mais j'attends des détails, la prochaine fois qu'on se parlera. » Avertit-il. « Char et moi allons en Russie pour des petites vacances, mais nous espérons avoir des nouvelles quand nous serons de retour, d'ici un mois et quelques. » Finit-il.

« Ouais, Peter, ça me va. D'ici là, je devrais pouvoir t'expliquer. » J'espérai que ma réponse soit la vérité. « Ok, on garde le contact. Reste loin des ennuis, je pense que tu vas voir plus de visages du passé. » Dit-il, évasivement, avant de raccrocher.

Je frottai mon visage, content que Peter n'ait pas trop insisté. Je voulais vraiment une chance d'être dans une meilleure position avec Bella, avant que Peter ne vienne fourrer son nez dans l'histoire. Je souris à l'idée d'une rencontre entre Peter et Bella. Ce devrait être intéressant si jamais ça se produisait. Je n'étais pas sûr de ce qu'elle en penserait, et il n'y avait pas moyen que je le laisse interférer sans la permission de Bella.

Le reflet du soleil sur ma peau de marbre m'attira l'œil. Stupide peau brillante. Pour la millionième fois, je me demandais quel avantage révolutionnaire pouvait avoir ce scintillement. Je décidai de prendre une douche pour me débarrasser de l'odeur du félin, qui persistait après ma chasse.

Quand j'entrai dans la douche, je fus frappé par l'odeur de Bella et de mon gel douche. L'odeur musquée fit apparaître, dans ma tête, des images de Bella en train de se laver, sans que je ne le commande. Je me forçai à penser à autre chose, rapidement. La dernière chose dont j'avais besoin, était de commencer à fantasmer sur Bella. J'étais sûr que si elle pensait que j'avais des vues sur elle, elle partirait en courant sans se retourner.

Après ma douche, j'enfilai un jean et un t-shirt gris à manches longues. Je retournai dans le salon et pris un livre au hasard pour tuer le temps, avant de passer prendre Bella. Je ne lui avais pas menti quand, ce matin, je lui avais dit que j'appréciais sa compagnie.

Elle avait un sens de l'humour bien affûté et je ne savais jamais ce qu'elle allait bien pourvoir dire. Ses réactions me surprenaient sans cesse. Elle riait quand je pensais qu'elle aller crier, et je ne savais jamais ce qui allait l'énerver. Sa personnalité était un mystère, mais j'aimais devoir apprendre à la connaître.

Je m'obligeai à retourner à mon livre, et finalement, le temps commença à défiler. Alors que le soleil faiblissait peu à peu, je souris et posai mon livre. Regardant par la fenêtre, je fus content de voir qu'il était assez tard pour que je puisse récupérer Bella sans causer d'incident. Je pris mes clés de voiture et me rendis au garage, le sourire aux lèvres.

Me garant devant son immeuble, à mon emplacement habituel, je croisai mentalement les doigts pour ma voiture, puis entrai à l'intérieur. Bella répondit rapidement après que j'eus frappé. Je me rendis compte, immédiatement que quelque chose n'allait pas. Son visage était rouge et ses cils étaient humides. Son cœur tapait et elle tremblait presque sous le coup de l'émotion.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »Demandai-je en entrant vite dans l'appartement. Sans réfléchir, je la pris dans mes bras. Elle ne résista pas, en fait, elle posa sa tête contre ma poitrine, un instant. Je fermai les yeux, sentant la chaleur de son corps et inhalant sa douce odeur. Je grimaçai mentalement, notant que son odeur était un peu différente. Ce n'était pas de l'alcool ni des drogues, mais quelque chose avait altéré l'odeur de son sang.

« Ce n'est rien, Jasper. » Soupira-t-elle en relevant la tête pour me regarder. « Il se passe quelque chose avec Andy, et il s'est comporté comme un vrai connard. » Dit-elle tristement, m'entraînant par la main, dans l'appartement.« Quand je suis rentrée ce matin, il a joué au con, et en partant cette après-midi, il a vraiment été dur. » Je fronçai les sourcils en pensant qu'il l'avait blessée.

« Je suis désolé qu'il t'ait contrariée, Bella. » Dis-je en retirant ma main de la sienne pour dégager ses cheveux de son visage. Elle haussa les épaules. « Quel est le programme de ce soir ? » Dit-elle sur ton enjoué qui sonnait faux. « Je pensais te laisser décider, Bella. » Répondis-je, haussant les épaules. « Ici, chez moi, un film…Peu importe ce que tu aies envie de faire. » Ajoutai-je en la regardant.

Elle réfléchit un moment, mordillant sa lèvre. « Il n'y a qu'à retourner chez toi. »Finit-elle par répondre. « J'ai envie de sortir d'ici, mais je ne suis pas d'humeur pour du pop-corn. »

Elle marcha vers sa chambre et parla par-dessus son épaule. « Laisse-moi juste le temps de prendre un ou deux trucs, au cas où je m'endorme à nouveau. »

« Prend ton temps, Bella. » Répondis-je gentiment. Je détestais la voir si contrariée et je me demandais ce qu'avait bien pu lui dire Andy pour la mettre dans cet état. J'allai m'appuyer contre le comptoir de la cuisine en l'attendant.

Je remarquai qu'un gros sachet plastique était sur le point de tomber et je tendis le bras pour le repousser. En le bougeant, je vis qu'il était rempli de seringues neuves. Je supposai qu'elles étaient à Andy et me demandai pourquoi il ne les avait pas rangées.

Bella sortit de sa chambre avec son sac à dos et me vit regarder dans le sachet. Elle me regarda bizarrement, et je réalisai que j'avais l'air de fouiner. « Désolé, Bella. Le sac était en train de tomber alors je l'ai décalé. » Commençai-je à expliquer. Elle secoua la tête et me fit un tout petit sourire.

« Bien sûr, Jasper, » Dit-elle sur un ton sarcastique. « Je suppose que c'est équitable vu que j'ai fouillé dans toute ta cuisine. » Son sourire s'effaça quand elle poursuivit. « J'aurais juste aimé qu'il les prennent avec lui. Je les récupère dans un centre médical pour lui, mais il n'a pas pris ce que je lui avais amené aujourd'hui. »

Elle hésita un court instant puis pris le sac. « Je vais l'accrocher à la poignée de sa porte. » Dit-elle fermement, marchant vers sa chambre. Elle revint rapidement et enfila sa veste. Son geste fit que son odeur flotta jusqu'à moi. Je grimaçai en remarquant à nouveau la différence. Elle vit mon expression et haussa les sourcils.

« Quoi, j'ai quelque chose sur la figure ? » Demanda-t-elle hâtivement. Je lui souris, rassurant.

« Non, c'est juste que tu sens différemment, et je n'arrive pas à trouver pourquoi. » Avouai-je. Elle eut l'air confus et tourna la tête pour sentir ses cheveux. Je ris doucement en la corrigeant. « Non pas ton odeur extérieure, ton odeur naturelle. » Essayai-je d'expliquer.

Elle écarquilla les yeux et se mit à rougir. « Quoi ? » Demandai-je, amusé. « Tu sais ce que c'est ? » Demandai-je et elle rougit d'avantages. Elle hocha la tête et se baissa pour prendre son sac à dos. « Alors, qu'est-ce que c'est Bella, tu dois me le dire, ça me rend dingue de me poser des questions ! »

Elle me regarda et poussa un profond soupir. « Une chance que tu laisses tomber ? »Demanda-t-elle avec espoir. « Pas après que tu en aies fait toute une histoire, ma puce. » Plaisantai-je. Elle souffla de frustration. « J'ai reçu une injection aujourd'hui, Jasper. C'est sûrement ce que tu sens. » Je fronçai les sourcils, surpris.

« Quel genre d'injection Bella ? Tu es malade ? » Demandai-je, inquiet, bien que n'ayant remarqué aucun symptôme de maladie. « Non, je ne suis pas malade. C'est un contraceptif, ok ? Tu sens probablement les hormones. » Avoua-t-elle. « C'est juste au cas où, tu vois ? » Elle parla à voix basse, frottant son épaule droite. Je perçus l'odeur d'un pansement, et réalisai que ce devait l'endroit où elle avait été piquée.

« Au cas où quoi, Bella ? »Demandai-je, doucement. Elle baissa le regard sans répondre, et je réalisai qu'elle voulait dire au cas où elle aurait besoin de coucher, encore une fois, pour avoir un abri ou de l'argent.

Je levai son menton pour regarder son visage. « Bella, j'espère que tu veux dire que c'est au cas où tu rencontrerais quelqu'un. Parce qu'il n'y a aucun autre cas dont tu doives t'inquiéter. » Insistai-je. « Je comprends que tu n'aies pas encore de raison de me faire confiance, Bella. Mais il faut que tu saches que tu ne te retrouveras plus jamais dans une situation qui t'obligerait à faire ce choix. » Dis-je fermement.

Elle s'éloigna de mes mains et secoua la tête. « Tu ne peux pas en être certain. » Murmura-t-elle.

« Des coups durs arrivent. Des gens meurent, partent, » Continua-t-elle avec colère. « Tu ne peux pas contrôler ce qu'il se passe dans ma vie, peu importe à quel point tu le veux. »

Je pris ses mains dans les miennes, sachant que j'aurais besoin d'une dose de calme pour qu'elle écoute. « Je ne veux pas contrôler ta vie, Bella. » Dis-je avec honnêteté. « Mais maintenant que je t'ai trouvée, je vais faire en sorte que tu n'aies plus à faire ce choix. Je serai toujours là si tu as besoin d'aide. » J'espérai qu'elle puisse sentir la sincérité de mes mots.

Elle me regarda, silencieusement, les yeux colériques. « C'est beaucoup de temps, toujours, Jasper. » Finit-elle par sortir, les dents serrées. Je pus dire que la discussion était terminée quand elle s'éloigna de moi et qu'elle mit son sac sur ses épaules. Je décidai de laisser tomber pour le moment. Je finirai par lui prouver qu'elle avait tord, mais je n'avais pas besoin de gagner ce combat ce soir.

« Sortons d'ici, Bella. » Dis-je gentiment. Elle hocha simplement la tête et me suivit jusqu'à la porte. Nous roulâmes jusqu'à mon immeuble sans parler, mais son silence n'avait rien d'hostile. Nous nous rendîmes chez un traiteur où Bella prit un sandwich, elle le mangea rapidement le temps de revenir chez moi.

La guidant dans l'appartement, je pris son sac de ses épaules. « Je vais juste mettre ça dans la chambre, tu peux choisir un film si tu veux. » Lui dis-je, allant vers ma chambre. Elle commença à chercher parmi les films à La Demande, et quand je revins, elle avait chois la version la plus récente d'orgueil et Préjugés.

« J'espère que ça ne te dérange pas. » Dit-elle en entendant mes pas. « Je n'ai pas encore vu cette version, mais j'en ai eu envie dès sa sortie en salle. » Admit-elle doucement. « C'est bon, Bella. Je ne l'ai pas vu non plus. »

Je fus surpris quand je la vis se lever et aller dans la chambre. Je l'entendis se déplacer dans la salle de bain et changer de vêtements. J'étais content qu'elle prévoie de rester ici, cette fois encore. Elle s'assit à côté de moi sur le canapé quand le film commença. Elle prit doucement ma main. Je ne pus m'empêcher de sourire en sentant la chaleur et le calme nous envelopper.

Le film se poursuivait, et Bella se rapprochait de plus en plus de moi. Elle finit par soupirer et se blottit contre moi. Je la relevai, glissai un coussin sur mes genoux et le repositionnai dessus. « Je n'ai pas envie que tu prennes froid. » Murmurai-je quand elle se plaignit en marmonnant. J'imaginai qu'être allongé sur moi devait être semblable à se blottir contre une statue, mais ça avait l'air de lui plaire.

Quand le film fut terminé, Bella m'entraîna par la main, dans la chambre. Elle se tourna pour me regarder, sa question très claire dans ses yeux. « Je vais rester Bella. Va te préparer, je vais chercher un livre. » Elle hocha la tête et j'allai chercher un truc à lire.

Nous passâmes la nuit l'un contre l'autre, comme la nuit précédente, et aucun cauchemar ne vint la perturber. Je terminai mon livre tôt dans la soirée, mais j'aimais écouter sa respiration régulière. Je m'habituais rapidement aux sons et aux odeurs qu'amenait Bella dans ma vie. Je ne pouvais qu'espérer pouvoir la convaincre de me laisser rester de manière plus permanente. Ça allait être difficile, mais ça en vaudrait la peine si elle acceptait.


Moi je dis qu'il y en a une qui a des nuits bien agréables... Veinarde!

A bientôt pour la suite

Bizzzzzzzzzzzzz

Em

PS : pour les lectrices de Saving Bella, je tiens à vous rassurer, je n'a rien abandonné, le prochain chapitre est parti en correction donc vous l'aurez dans le courant de la semaine pro.