Chapitre 6 : Betty déménage.

(A.N : C'est la première partie de l'épisode 20 avec les dialogues originaux en gras comme d'habitude.)

Les deux semaines qui suivirent furent très occupés pour Daniel et Betty. Ils préparaient le numéro des 100 ans de Mode.

Daniel était toujours sous le coup de la réalisation de son amour pour Betty. Il ne savait pas comment faire. Il attendait une occasion de se déclarer sans savoir quels mots utiliser et comment Betty allait réagir. Un soir, il décida d'appeler Betty pour l'aider à boucler sa partie du numéro. Cela lui permettrait de passer de longues heures seul avec elle.

Elle arriva rapidement et encore une fois Daniel fut sous le charme. Même si la nouvelle Betty était plus glamour, elle n'avait rien perdue de son originalité. Sa robe noire simple était ornée d'un papillon. Il se rappelait la fois où elle était arrivée au travail déguisée en papillon.

Ils étaient en train de choisir quelle photo de lui illustrerait le numéro.

«J'aime bien celle là.» dit-il.

«T'es fou? Regarde tu fais ton visage de poisson sur celle là.»

«Pas du tout. C'est juste mon visage.»

«Absolument pas. Et tu te tiens comme un robot.»

Daniel adorait ces conversations à bâtons rompus avec Betty et ces disputes non sérieuses. Tout semblait si simple et paisible avec elle. En plus, elle le faisait rire comme personne d'autre.

«Donc, mes épaules ne tombent pas. Quel est le problème avec ça?»

«Daniel, c'est ton portrait pour le numéro du 100ème anniversaire. Celui là ressemble au type que j'ai rencontré à mon premier jour de travail.» J'étais vraiment un connard à ce moment là. «C'est Daniel, le poseur. Tu n'es plus ce gars désormais.»

«Eh bien merci. Je prendrais ça comme un compliment.»

«Donc, Daniel… Euh… Ecoute. Il y a une chose dont je voulais te parler.»

«Attends. Vite fait. Dans ce numéro, nous faisons le profil de tous ceux qui ont déjà été rédacteur en chef chez Mode et j'espérais que tu puisses écrire le mien.»

«Vraiment?» dit Betty profondément émue. Qui d'autre voudrais je plus que toi? Il hocha la tête. «Oh mon dieu, j'adorerais ça!»

«Bien. Parce que je dois te dire que je ne pourrais pas faire ce travail sans toi. Je crois que nous formons une bonne équipe, toi et moi.» Et j'aimerais tellement qu'on soit une équipe beaucoup plus proche.

«Donc, je t'ai interrompue. Qu'est ce que tu disais ?»

«Euh… Tu sais quoi? J'ai oublié.»

Daniel connaissait Betty et savait qu'elle lui mentait à ce moment là. Mais bon ça ne devait pas être trop grave. Il était sûr qu'elle le lui dirait quand elle le jugerait bon.

Le lendemain, il était déjà à travailler sur son ordinateur quand on lui signala un e mail de Mark. Il l'ouvrit et lût : «Betty part travailler à Londres.» QUOI ? CE N'EST PAS POSSIBLE ! C'EST UNE BLAGUE! JE REFUSE D'Y CROIRE! PAS MA BETTY!

Il décida de faire comme si de rien n'était et déplia le journal. Mais il ne retenait rien de ce qu'il lisait. Tout ce qu'il pensait, c'était à cet e-mail.

Betty arriva en trombe dans son bureau et referma d'un coup sec son ordinateur.

«J'ai quelque chose à te dire et c'est important.» C'était donc ça qu'elle voulait me dire hier soir. Comment a-t-elle pu faire ça?!

«Plus important que de partir travailler à Londres?» Garde ton calme, Daniel. Ne lui montre pas tes sentiments. C'est juste une employée.

Quand il vit l'expression de Betty, il comprit que c'était la réalité. Elle partait vraiment à Londres.

«Je suis désolée que tu l'ai découvert avant que je puisse te l'annoncer. Daniel je suis si reconnaissante pour ces quatre dernières années. Ca a été un plaisir de travailler avec toi. Un honneur, en fait et…» Je t'en supplie, arrête Betty, tu me brises le cœur. Épargne-moi ce discours pré-préparé.

Affectant une nonchalance qu'il était très loin de ressentir, il demanda amicalement: «Tu l'as répété ?»

«Un peu… Daniel, nous resterons amis pour toujours et je…» Comment peut-on rester amis si tu déménages de l'autre côté de l'Atlantique?

«Betty, c'est bon.» Pourquoi? Je ne veux pas qu'elle parte. Il n'en est pas question!

Il rouvrit son portable pour continuer d'affecter le calme et l'indifférence.

«Vraiment?» demanda Betty, interloquée par sa réaction.

«Ouais.» Non!

«D'accord... Super.»

«Autre chose?» Concentre-toi sur ton travail, Daniel! C'est juste une employée, c'est juste une employée. L'email de Mark au milieu de son écran lui déchirait le cœur.

«Oui. J'ai besoin que tu signes ce formulaire pour mettre fin à mon contrat de travail. Ils en ont besoin pour demain.»

Quand Daniel eut en main le papier détesté, il résista avec grande peine de le déchirer en milles morceaux devant Betty. «Ouais. No problemo.»

«OK. Super.»

Elle quitta son bureau et Daniel laissa échapper sa colère par ses yeux jusqu'à ce qu'il voit que Betty avait relancé un coup d'œil et il affecta d'être pris par son travail en travaillant sur son ordinateur.

Une fois Betty partie, Daniel se mit à faire les cents pas dans son bureau. Réfléchis Daniel, comment peux tu la faire rester à Mode et… avec toi? Je ne veux pas être sans elle. Trouve une solution.

Pendant toute la journée, il rumina sa colère et différentes solutions pour garder Betty avec lui. Il ne trouvait rien et cela le rendit d'une humeur massacrante. Le message que Betty lui laissa sur son portable pour lui rappeler de signer le papier avant le lendemain acheva de le mettre en rogne.

Le lendemain, sa colère n'était pas retombée. Quand Betty arriva, elle lui fit un signe de la main et il l'y répondit. Puis il lui montra sa rupture de contrat. Betty sourit et marcha vers lui jusqu'à ce qu'elle s'immobilise quand elle vit ce qu'il avait l'intention de faire. C'était une connerie pas adulte pour deux sous mais c'était la seule façon de montrer sa colère. Il prit un zippo et mit le feu au formulaire. Il le regarda brûler avec satisfaction jusqu'à ce que les flammes atteignent ses doigts. Il lâcha le contrat mais la feuille enflammée atterrit sur son pied.

Betty le regardait avec effarement. Puis elle vint dans son bureau, éteint les flammes et alla chercher la trousse à pharmacie. Elle lui posa une poche de glaçons sur son pied et désinfecta et mit un bandage sur sa main droite.

«Ecoute. Je suis désolé.» dit-il pendant qu'elle le soignait. «Mais à ma décharge, j'imaginais que ça ferait cool.»

«Je ne comprend pas. Je croyais que tu étais d'accord. Tu as dit 'No problemo'.»

«Eh bien, il y a un 'problemo'. Je suis en colère. Je ne comprends pas que tu ait pris une décision aussi importante sans m'en parler du tout.»

«Je suis désolée.» Pourquoi ne veux-tu pas rester Betty? Tu ne vois pas que je ne veux pas t'avoir loin de moi? «Ecoute. Je ne veux pas qu'on reste en mauvais termes.»

«Moi non plus. Je ne suis pas vraiment sûr de vouloir rompre ton contrat.»

«C'est-à-dire?»

«Nous avons beaucoup misé sur toi, Betty. Pour n'importe qui d'autre, je refuserais. Je dois y réfléchir.»

«OK. Eh bien, ils ont besoin du formulaire au plus vite, ou je perds le poste.»

«J'ai dit que j'allais y réfléchir.»

«Très bien. Donc on en parlera plus tard.» Betty sortit à la fois fâchée et triste.

Je t'en supplie, reste. Ne pars pas si loin!

Quelques moments plus tard, Claire entra dans son bureau avec l'air inquiet.

«Tout va bien, mon chéri?»

«Oui.» Pas du tout! «C'est juste Betty. Elle veut partir et…» Je ne veux pas qu'elle le fasse.

«Je sais.»

«Tiens, l'autre soir, on travaillait et discutait ici. Elle écrit ma biographie. Je ne confierais cette tâche à personne d'autre.»

«Tu ne penses pas que ça concerne autre chose que ses qualités rédactionnelles?»

«De quoi tu parles?»

«Je parle du fait que tu pourrais avoir des sentiments pour elle.»

«QUOI?» Comment le sait-elle? Je viens à peine de le découvrir. Mieux vaut jouer la carte du déni.

«Voyons maman, c'est n'importe quoi!»

«Peut être. Ou ça pourrait expliquer ton comportement.»

«Quoi? Non, c'est impossible.»

«Daniel, chéri. Tu étais si bouleversé par le fait qu'elle puisse partir, que tu as presque incendié ton bureau. Si ça t'est si difficile de la voir partir, tu dois lui donner une raison de rester.» Puis Claire l'embrassa sur la joue et partit.

Une raison de rester. Mais laquelle? Puis il trouva et se mit à la recherche de Betty.

Elle faisait la même chose et commença à dire: «Daniel, je…»

«Moi d'abord Betty. Je ne peux pas vivre sans toi!» c'est la stricte vérité.

Betty était silencieuse. Daniel essaya d'améliorer l'ambiance en lui proposant un poste de rédactrice, plus adjointe comme elle l'était auparavant et un salaire plus élevé.

Betty répondit juste qu'elle aurait besoin d'y réfléchir et d'en discuter avec sa famille et qu'elle le verrai le lendemain.

Le lendemain, elle s'assit près de lui dans son bureau. En levant les yeux et en voyant son expression, il comprit.

«Tu pars, n'est ce pas? »

Elle ne dit rien et se contenta de hocher la tête. Il n'y avait plus rien à dire. Il avait fait de son mieux pour la retenir à Mode mais elle voulait vivre son rêve à Londres. Il devait la laisser partir.

«As-tu… une autre copie de… ce papier que tu veux que je signe?» Sa voix était rauque par la douleur qui lui nouait la gorge.

Son cœur se brisait en mille morceaux. Il avait l'impression d'étouffer.

Elle lui tendit le papier et il le prit et le signa à contrecœur avant de le lui rendre.

Elle dit d'une petite voie. «C'est bon ?»

«C'est bon.» il ne pouvait plus la regarder, la peine qu'il éprouvait était incommensurable. On aurait dit qu'il était noyé sous des vagues successives de chagrin, chacune d'entre elles plus fortes que les précédentes.

«Daniel…» commença t'elle.

«Je suis censé être en réunion…» Sa voix se brisa. «Euh, tout de suite. Pourquoi on en parlerait pas… plus tard?» Je dois sortir d'ici! Je n'en peux plus!

Il partit rapidement, laissant Betty seule dans son bureau. Il alla voir sa mère et lui dit qu'il prenait une journée de congé. Claire comprit immédiatement ce qui s'était passé par l'expression sur le visage de son fils.

Daniel rentra à son appartement et se mit à boire. Il espérait que l'alcool l'abrutirait suffisamment pour calmer la souffrance qu'il ressentait dans chaque parcelle de son corps. Mais s'il put sombrer dans un sommeil lourd, la douleur refit son apparition toujours aussi présente, toujours aussi redoutable le lendemain. Il revint à Mode en évitant consciencieusement le bureau de Betty.

Les jours qui suivirent, il suivit le même programme. La fête d'adieux de Betty était prévue pour la fin de la semaine.

Ce jour là, sa souffrance augmenta quand il entendit le message de Betty sur son portable : «Daniel, c'est Betty. C'est ma fête d'adieux et tu n'es pas là.» il entendait la peine dans sa voix et cela lui brisait encore plus le cœur. «Euh. Je me demandais juste si tu viendrais. J'espère te voir avant mon départ. Voilà. Salut.»

Je dois la voir une dernière fois. Mais quand il arriva, il la vit heureuse en train de danser et de s'amuser avec Mark et Amanda. C'est là qu'il comprit qu'il l'avait réellement perdue, qu'elle était heureuse de travailler ailleurs. C'était trop tard.

Il était si occupée par sa contemplation de la femme qu'il aimait et qu'il perdait ce soir qu'il ne sentit la présence de sa mère à ses côtés que quand elle lui posa une main sur l'épaule.

«Tu vas aller lui parler?»

«Je pense que je dois la laisser partir.» Sa voix était rauque et il sentait les larmes lui monter aux yeux. Il s'en fut rapidement ne voulant pas montrer son chagrin à Claire ni à qui que soit d'autre.

Betty partit le samedi, le lendemain de sa fête. Daniel se plongea dans le travail. Mais ce fut dur de ne plus s'attendre à ce que Betty rentre dans son bureau pour discuter de choses et d'autres avec lui.

Deux semaines après le départ de Betty, Daniel feuilletai le livre de la maquette des 100 ans de Mode. Il n'arrêtait pas de relire le portrait que Betty avait écrit pour lui pour «l'ère de Daniel Meade». Elle le décrivait comme un homme bon, honnête, sincère et généreux, le meilleur ami qu'elle avait eu, quelqu'un qui l'avait inspiré et encouragé à suivre ses rêves et qu'elle ne l'oublierait jamais.

Daniel ne pouvait plus supporter de vivre sans elle. Il voulait suivre son exemple et poursuivre ses rêves comme elle l'avait fait. Il réfléchissait et l'idée qui lui avait paru folle au premier abord s'imposait de plus en plus à son esprit. Après qu'il se fut décidé, il alla voir sa mère et lui exposa la décision qu'il avait prise. Claire l'approuva et il partit annoncer la nouvelle à Wilhemina.

Il posa le Livre sur son bureau.

«Quoi ?» demanda t'elle.

«Va aux pages marquées.»

Elle obéit et tourna les pages pour voir la photo et le texte les représentant tout deux comme rédacteurs en chef de Mode avant d'arriver à la page blanche avec seulement le titre : «L'ère de Wilhemina Slater»

«C'est à toi de les remplir maintenant. Tu es maintenant la seule rédactrice en chef de Mode. Je me retire. Il est temps. J'ai eu ce boulot parce qu'on me l'a donné. Mais tu l'as acquis.»

«Eh bien.» répondit-elle. «C'est une sacrée surprise. Et comment… Claire le prend?»

«Elle a donné sa bénédiction. Félicitations Wilhemina.»

«Et que vas-tu faire?»

«Je rebondirai.» Il se sentait plus libre, en paix avec lui-même.

Avec Claire et Wilhemina il fit une conférence de presse pour annoncer sa décision disant qu'il méditait cette décision depuis un certain temps et qu'il avait perdu l'enthousiasme et l'appréciation pour ce travail. Susuki St Pierre était complètement estomaqué et peu de choses le surprenait. Il partit rapidement pendant que la presse pressait de questions sa mère et Wilhemina.

Puis il écrivit sa dernière lettre de rédacteur en chef. Il savait que cette lettre montrait clairement qu'il y avait des raisons personnelles à sa décision, chose qu'il n'avait jamais exprimé dans la conférence de presse. Dans sa lettre, Betty n'était jamais nommé mais tout le monde qui les connaissait pouvait comprendre qu'elle était l'amie dont il parlait. Il proclamait dans cette lettre tout l'amour qu'il avait pour elle en particulier par cette dernière phrase: «Et croyez moi : L'amour est une attitude qui ne se démodera jamais.»

Enfin, il fut fin prêt pour partir à Londres. Il ne savait pas comment Betty allait réagir. Elle lui en voudrait peut être de l'avoir ignoré. Mais il voulait la revoir et peut être, s'il avait de la chance, se faire aimer d'elle.