Bonjour à tous, comme promit, le chapitre 6 est en ligne ce lundi.

J'ai eu beaucoup de reviews ces derniers jours, autant que de followers. Je suis très touchée par ces attentions. Merci à tous.

On m'a aussi dit que certains de mes dialogues étaient lourds. J'ai encore une fois fais des efforts dans ce chapitre mais raaaaah, ce n'est pas simple. Je n'ai pas de bêta pour lire mes brouillons donc malgré mon soin, j'ai parfois du mal à relever toutes mes erreurs et mes maladresses. Je me répète mais n'hésitez pas à me les dire, même si vos remarques sont crues, je saurais faire la part des choses.

Concernant le drarry, vous êtes quelques-uns à m'avoir demandé ce qu'il en était : oui, il aura lieu mais sera amené avec une progression plutôt lente. Ensuite il sera évidemment classé M, j'espère que je serais d'ailleurs capable d'écrire honnêtement des scènes plus complexes.

Dans ce chapitre, Harry va avoir un anniversaire… spécial ! Je vous laisse lire et j'arrête de bavasser.

Rimbem

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« Hein ? » fut la seule réaction d'Harry.

« Tu croyais vraiment que deux pauvres bougies, une paire de tasses de d'eau chaude aromatisée et un gâteau défiant les lois du régime suffiraient à fêter l'anniversaire du Survivant ? » lança Hermione, joyeuse. « En plus, nous ne t'avons rien offert encore ! ». Harry resta silencieux. Ses amis mirent cette attitude sur le compte de la surprise du brun. Mais dans sa tête, les idées tourbillonnaient.

Décidément, ses proches n'avaient en fait rien compris. Harry voulait les retrouver, et ce moment chez lui dans le calme autour d'un thé était sa seule envie… Mais qu'est ce qui pouvait bien les avoir poussés à organiser cette sortie ? Les cadeaux, la fête obligatoire, la bonne humeur feinte… Il n'avait plus envie de tout cela et même s'il était sûr que Ron n'avait pas compris le fond de sa pensée, il avait imaginé qu'Hermione, elle, l'avait bel et bien saisi. Il ne savait plus que faire pour faire comprendre aux autres ses nouveaux désirs. Pas le choix, encore une fois il allait devoir jouer le rôle qu'on lui avait donné depuis un peu moins d'une décennie : celui de l'Elu, toujours présent, toujours prêt à faire plaisir. Il s'était juré qu'il ne le ferait plus mais la peine qu'il allait causer à ses amis, il le savait, ne pouvait être négociable. L'effort n'était pas des moindres mais même dans son envie de reprendre en main sa vie, il ne pouvait se permettre de blesser ainsi Ron et Hermione.

« Oh, euh… genial! Je ne m'y attendais pas ! »

Bon, ça sonnait un peu faux mais ça ferait l'affaire, pensa Harry.

« Prépare-toi alors, qu'est-ce que tu attends ! » Lança Ron.

« Je suis prêt, je veux dire, je ne vais pas à un défilé et ce sont mes habits de tous les jours. »

Ron parut un peu refroidi. « Euh, bon d'accord alors. » souffla-t-il.

« Hé bien allons-y si tu es prêt, tu vas voir ça va être génial ! » ajouta Hermione.

Harry s'avança dans le hall pour attraper ses chaussures laissées devant la porte quand Hermione l'attrapa par le bras pour le stopper.

« Harry, au fait, peux-tu me prêter Hedwige ? J'ai un courrier à envoyer. Cela ne prendra qu'une journée tout au plus. Je te la renverrai dès son retour au Terrier. »

« Elle est déjà en train de livrer quelque chose… » Et Harry pensa à sa douce chouette harfang en route pour le Manoir Malfoy.

« Ah bon ? Tu as reçu une autre lettre de Poudlard ? Je n'ai rien eu pourtant… » fit Hermion, soucieuse. « A moins que ce soit encore le ministre qui te harcèle pour un bal de charité ! Je t'ai dit de leur claquer la porte au nez ! J'espère que tu leur a répondu comme il le fallait, c'est fou qu'ils pensent que tu es utilisable comme un vulgaire objet de promotion ! » s'enflamma la jeune fille.

Harry, au fond de lui, pensa qu'il n'y avait pas que le Ministère qui abusait de lui : Poudlard, l'Ordre et même eux. Mais il se retint :

« Non, c'est un courrier personnel. » Tout simplement… Pourquoi ses amis pensaient-ils toujours qu'ils n'avait qu'eux dans la vie, telle était la question.

« Ah » sécha Hermione, sentant que le terrain n'était pas propice à la discussion. « Bon hé bien j'emprunterai Errol en espérant qu'il survive à un nouveau trajet. »

Les amis se mirent en route après avoir claqué la porte de la vieille demeure. L'ambiance était étrange, un peu électrique. Observant qu'Hermione ne semblait pas avoir pour idée de les faire transplaner, Harry se douta qu'ils se dirigeaient donc du côté du Chemin de Traverse puisqu'ils restaient à Londres. En effet, Ron n'était pas vraiment du genre à survivre plus de quelques minutes dans le monde moldu : y fêter un anniversaire était donc exclu s'ils ne voulaient pas que le monde magique soit immédiatement découvert par l'ensemble du monde. Le soleil frappait fort sur la nuque d'Harry qui regretta encore une fois le calme de la maison des Black. De plus, l'été aidant, la rue était bondée et bruyante. Ils avançaient difficilement en fendant la foule. Enfin, la ruelle miteuse qui conduisait au Chaudron Baveur fut en vue. Plongée dans l'ombre des bâtiments et avec une légère brise, elle offrit au trio un moment de répit à la moiteur de l'été.

Ils poussèrent la porte du lieu, saluèrent le barman et avancèrent pour passer le mur d'entrée vers le monde sorcier. Harry sentait déjà sur son corps quelques regards insistants, malgré le peu de chalands venus braver la canicule aoûtienne. Voilà pourquoi il avait évité tout lieu public sorcier depuis deux mois : cette sensation était des plus désagréable et voilà que pour son anniversaire on lui offrait un aller simple pour la situation qu'il avait évité soigneusement à partir de la fin de la guerre. Ni Ron, ni Hermione ne semblaient s'en soucier et tous les deux étaient tout à leur affaire, promettant à Harry qu'il n'allait pas être déçu et lui adressant moult sourires, persuadés de leur choix.

Enfin, ils pénétrèrent dans la rue la plus magique de Londres. Même si Harry était dans l'expectative de l'évènement promit par ses amis et n'avait qu'une envie : prendre ses jambes à son hippogriffe, il ne put s'empêcher de ressentir l'admiration sans borne qu'il avait toujours vouée à ce chemin pavé. Pour lui, il représentait l'entrée émerveillée qu'il avait fait dans le monde de la magie à 11 ans. N'étant pas venu depuis la fin de la guerre, Harry apprécia la réouverture d'un certain nombre de boutiques et la certaine candeur qui avait réinvesti le lieu. Il nota que malgré la mort de Florian Fortârome, la boutique de glace qu'il appréciait tant était de nouveau sur pied. Les tables étaient d'ailleurs pour la plupart occupées, dont l'une par :

« Ginny ? » lâcha Harry, estomaqué. Les cheveux roux de la jeune fille étincelaient au soleil et elle était vêtue légèrement, une courte robe d'été blanche à motifs floraux qui mettait en valeur ses nouvelles formes de femme. Son décolleté, plongeant, aurait fait se noyer n'importe quel homme tant sa poitrine rebondie était mise en valeur.

Ron et Hermione se regardèrent avec des airs de conspirateurs.

« Et ce n'est pas tout Harry, nous t'attendons tous ! L'Ordre, les Weasley, nous sommes tous là pour fêter ton anniversaire et nous avons réservé toute la terrasse pour toi, nous savons que tu adores ce glacier. Molly voulait un grand restaurant mais nous étions persuadés que tu préfèrerais quelque chose de simple. Mais ce sera après que Ginny et toi ait eu une petite discussion qui nous semble à tous nécessaire… » dit Hermione tout sourire, fière de son plan infaillible. Harry, lui, n'avait pas bougé d'un cil, trop choqué pour envisager quoi que ce soit. Ses amis, prenant cette attitude pour de l'émotion subite, lui firent une rapide accolade et le plantèrent là pour aller rejoindre les autres tandis que Ginny le fixait depuis la table où elle était assise.

De toute façon, il n'avait pas vraiment le choix. Harry devait avancer n'est-ce pas ? Se jeter dans la gueule du loup. Enfin, de la louve. Et c'est ce qu'il fit, pas pour faire ce que tout le monde attendait mais pour faire ce que lui aurait dû faire depuis plusieurs mois. Ce serait la première bonne action pour le nouvel Harry. Se débarrasser de ce premier démon. Celui qui le rongeait et l'empêchait d'être celui qu'il était devant l'Ordre du Phénix, devant les Weasley et devant ses amis. Mais aussi en face de la première concernée. Le moment ne serait pas vraiment bien choisi pour ce type d'annonce aux yeux des autres et pourtant, il sut que de cette façon, tout serait définitivement terminé. Il n'y aurait plus aucun sous-entendu, plus aucune attente de la part de ses proches. Et pour la première fois depuis l'annonce de son anniversaire surprise par Ron et Hermione, il fut soulagé. Soulagé d'avoir l'occasion de montrer que rien ne serait plus jamais pareil. Qu'il n'était plus tout à fait le Harry qu'ils avaient connu et qu'ils devraient l'accepter. Même si c'était difficile à admettre, même si c'était douloureux. Lui aussi avait dû s'accepter, ce qu'il avait commencé à faire en quittant le Terrier, un choix beaucoup plus lourd que certains avaient voulu l'admettre. Non il n'était pas parti pour flamber, ni pour prouver aux autres son existence dans un soubresaut d'orgueil mal placé. Il était parti pour enfin prendre en main sa destinée, qui jusque-là avait été placée sous la coupe du destin du monde sorcier.

Chaque pas le rapprochant de Ginny était un pas lui desserrant le cœur, lui donnant des ailes. Lui donnant la force de devenir lui-même, la personne qu'il avait toujours été au fond de lui. Pourtant, à l'extérieur rien ne pouvait laisser deviner ce tumulte intérieur, cette exaltation. Il était certes un peu plus soigné qu'il ne l'avait été ces dernières années mais il ressemblait toujours à ce jeune homme brun, les cheveux en épis fous, de grands yeux verts et une célèbre cicatrice sur le front. Et il allait leur montrer qu'il était devenu quelqu'un :

« Harry, je suis si heureuse de te voir ! » commença Ginny en se levant pour saluer Harry. Le vent souleva les pans de sa robe qui virevoltèrent contre ses genoux hâlés.

« Moi aussi Ginny. » Et il était sincère, plus qu'il ne l'avait été avec quelqu'un depuis le début de l'été.

« Je sais que c'est un peu ridicule toute cette mise en scène… » s'excusa la rousse. « Mais je pense que nous avons des choses à nous dire et j'avoue que quand Hermione m'a proposé de profiter de l'occasion pour en parler je me suis dit que c'était le moment. »

« Je comprends Ginny. Je sais que nous avons des choses à s'avouer tout le deux mais je pensais que tu me connaissais un peu… mieux. »

« Pardon ? » lâcha la jeune fille.

« Deux mois que je souffre de mon statut de 'Sauveur' plus que de coutume et toi, tu affiches encore une fois ma vie privée, oui, car ce qui s'est passé entre nous est PRIVE, en public. Là, devant tout le monde, sur une terrasse d'un glacier connu par la moitié des sorciers de Grande-Bretagne. » dit Harry. « Mais aussi devant l'Ordre au complet, pressé de voir le Survivant conclure avec sa petite amie. »

« Harry… Je ne te reconnais plus… »

Je ne te reconnais plus, ton attitude a changé, pourquoi fais-tu cela ? Des questions qu'Harry ne supportait plus. Il avait envie de hurler : « MAIS LA GUERRE A TOUT CHANGE. » Mais il se contenta d'un :

« Je suis pourtant toujours le même. Tout le monde semble penser que mon attitude n'est que temporaire mais désolé, je n'ai pas prévu de me trépaner pour tout oublier et comme ça redevenir votre cher Harry, bébé fragile avec sa foutue cicatrice en forme d'éclair. »

La félicité qui l'avait envahi quelques minutes auparavant avait laissé place à une colère qu'il s'était pourtant promis de contrôler. Vivre seul ne l'aidait pas à communiquer avec ses pairs de toute évidence ! Dieu qu'ils savaient être horripilants…

« Ça va, ça va ne t'emballe pas comme ça. Je voulais te parler calmement mais aujourd'hui n'est encore une fois pas le bon jour pour toi. Pour changer… Deux mois que j'essaie de discuter avec toi Harry, mais tu es devenu plus insaisissable qu'un Sombral pour quelqu'un n'ayant jamais vu la mort. »

« Sympa la comparaison. » nota Harry, mesquin.

« Je fais la comparaison qui convient et qui me plaît, si monseigneur me le permet ! Franchement, je suis déçue de ton attitude. Je pensais que notre relation valait quelque chose. Je veux dire, tous ces baisers, ces mots susurrés. Tu t'es bien moqué de moi ! Je ne suis pas née pour t'attendre Harry, je l'ai déjà assez fait » cracha-t-elle.

Si les autres avaient voulu jusque-là rester en dehors de ça, maintenant Ginny et lui parlaient à haute et intelligible voix, la tension montant progressivement. La jeune fille s'était levée et Harry s'attendait à tout moment à recevoir son célèbre maléfice du « Chauve-Furie ». Face à face, ils se toisaient avec hargne. Deux mois de non-dits, ça ne passait pas en trois phrases.

« Alors c'est ça que tu voulais me dire ? Que tu voulais reprendre où nous en étions avant que Voldemort me roule dessus avec toute sa clique ? Désolée de te décevoir mais je pensais que c'était clair pourtant. Ginny, je ne voulais pas en arriver là, mais quand quelqu'un nous fuit pendant plusieurs semaines alors que l'on avait une relation amoureuse, je pense que le message est clair. Je me suis trompé apparemment. »

« Tu romps ? C'est ça ? »

« Oui, Ginny. Il n'y aura jamais plus rien entre nous. Je ne regrette pas les moments passés avec toi et tu me décevrais si tu les interprétais comme de la manipulation de ma part. A l'époque j'étais quelqu'un d'autre. Je t'ai probablement aimée, mais maintenant c'est terminé... »

Harry arborait une attitude implacable, redressé, il regardait la jeune fille droit dans les yeux. Toute vérité n'est pas toujours bonne à entendre…

« Probablement ? Alors tu n'en est même pas sûr. » dit la jeune fille d'une petite voix. « Je t'aimais Harry… Je t'aime toujours… »

« Je ne sais plus rien Ginny. Je t'apprécie comme une sœur actuellement et surtout, je suis triste d'en être venu à ces extrémités : nous afficher devant tout le monde. Je pensais que mon attitude après la guerre te ferait réagir, pas attendre et encore moins me demander de reprendre notre relation là, de but en blanc, comme si tu n'avais rien compris. »

« J'ai été sotte de croire en nous, mais toi, tu as été la pire expérience de ma vie. »

« Dans ce cas-là, m'oublier sera plus facile. »

Ginny avait les yeux remplis de larmes. La tristesse irradiait de son visage régulier. Harry, lui, au contraire ressentit un soulagement mêlé à la peine de voir la jeune fille en difficulté par sa faute. Toutefois, il voulut s'assurer de la clarté de son discours :

« Ginny, je te respecte… » dit le brun avec un peu plus de douceur. « Et je voudrais que tu en fasses de même pour moi. Les sentiments ne se contrôlent pas… L'amour encore moins. M'aimer est ton droit mais je ne veux plus que cela soit un sujet familial ou quoi que ce soit d'autre. Notre relation est terminée et j'espère que tu trouveras la force de ne plus espérer autre chose de ma part qu'une amitié sincère. »

Harry, à ce moment-là, pris conscience du silence pesant sur la place.

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Et voilà ! Le prochaine chapitre sera probablement en ligne mercredi.

Merci de votre lecture à tous ! :- D

R.