On dirait que j'ai sans le vouloir adopté le rythme du chapitre par mois...
Merci pour vos reviews invisibles et autres commentaires muets, ils me vont toujours droit au coeur !
:p
6.
Je crois que j'ai eu une absence, un instant, parce que quand je rouvre les yeux je me sens un peu perdu. C'est sûrement ma manière à moi de dire que je viens de faire une syncope.
Un ange a passé, puis elle s'est approchée d'un placard sous clef près de mon lit.
« Je vais vous donner de quoi vous détendre un peu, d'accord ? Histoire que vous puissiez vous reposer et...
- Non. Ca va, je... J'ai pas besoin de ça. »
Elle fait une grimace et vient vers moi.
« Ecoutez, Major... Votre corps a subit tout un tas de chocs, physiques et, émotionnels. Alors un petit coup de main pour qu'il se repose n'est pas de trop.
- Dites-moi... Dites-moi d'abord le truc que vous me cachez.
- Comment ça ?
- Ca serait plus logique de me shooter une fois toutes les mauvaises nouvelles annoncées, non ? »
Elle a l'air surprise le temps d'une seconde, elle me fixe, et se résigne en un maigre sourire. Elle reprend sa place à côté de moi, et cette fois j'ai l'impression que c'est elle qui a une absence.
°0°
Elle pénètre dans le bureau qu'on lui avait indiqué plus tôt, et observe chaque recoin de la pièce. Elle est plutôt sommaire, pas vraiment décorée, un simple cadre sur le bureau, une autre table où s'entassent de vieilles revues médicales, et un ordinateur portable qui n'attend que d'être activé.
« Vous êtes sûrement le Docteur O'Cland ? »
Elle se retourne, surprise, et voit devant elle un brun aux yeux bleus, dont le regard n'inspire que sympathie, et qui au passage, lui semble plutôt séduisant.
« Oui, exact.
- Carson Beckett.
- Oui, on entend beaucoup parler de vous dans le coin.
- Pas en mal j'espère ? Demande-t-il d'un air suspect.
- ...Non, non bien sûr que non ! Ce que je voulais dire, c'est que...
- C'est bon, je plaisantais. Je sais qu'un premier jour c'est stressant, mais croyez-moi, sur Atlantis, on apprend très vite à cesser d'être nerveux. Je crois que sinon on serait tous bons pour se terrer sous nos lits !
- Oui, il paraît, sourit-elle.
- Je vous fais visiter l'endroit qui comblera 85% de votre temps ?
- Avec plaisir ! »
Ils sortent du bureau, et il la laisse observer de loin les appareils anciens devenus des outils à part entière de leur job de tous les jours.
« Ca a l'air plutôt calme.
- Oh, ne vous fiez pas aux apparences. Parce que quand le mécanisme s'enclenche... On comprend vite qu'il fait mieux vivre en enfer. »
°0°
« Doc ? »
Elle me regarde à nouveau en sortant de sa rêverie, sourit à nouveau, et se reprend.
« Je vous ai dit que j'avais plusieurs choses difficiles à vous dire. Je crois que celle ci est la plus dure des parties. »
Je fronce les sourcils, je me demande bien quoi de plus difficile à entendre que la disparition de deux tiers de mes coéquipiers elle va bien pouvoir me dire. Je hoche la tête pour l'encourager à poursuivre, cette fois j'aimerais bien qu'elle finisse de tout me raconter avant de tomber à nouveau dans les vapes.
« A votre retour sur Atlantis, c'est moi qui vous ai pris en charge. Votre état était plutôt inquiétant, sur de nombreux plans. Il a fallu essayer de parer à tous les problèmes en même temps. »
Une douleur se réveille dans mon épaule, comme une piqûre lancinante.
Je sens le picotement puis la peau qui se plie, qui se coupe, comme si une lame, une lance pénétrait dans mon être, déchirant les muscles, brisant les vaisseaux, réduisant à néant tout mouvement, répandant la douleur dans chacune de ses cellules, la souffrance navigant par les nerfs dans tout mon corps, rendant chaque parcelle de celui-ci comme une terre aride où le soleil enflamme les brindilles, faisant courir le feu sans aucune échappatoire, jusqu'à toucher l'os et briser la moelle, couper la respiration, annihiler toute réaction, toute idée, toute réflexion, réduisant l'existence à un cri inhumain de douleur, de trahison.
Mes doigts sont engourdis, je passe nerveusement une main sur ma nuque. Mon épaule me tiraille, c'est peu de le dire, mais elle ne remarque rien.
« Votre coeur... Votre coeur a lâché, alors que vous étiez sur la table d'opération. On a persévéré, et on a mis un certain temps avant de le relancer. Un temps pendant lequel votre cerveau n'était plus irrigué. »
Cette femme, ce médecin, que je ne connais d'aucun horizon à part cet angle concave qu'offre mon lit, m'a opéré, elle m'a sauvé la vie. Et tout ce que je parviens à me dire c'est qu'elle doit avoir de sacrées qualifications pour que Beckett lui ai fait autant confiance. Il n'a jamais été pas du genre à passer le relai facilement... J'essaie d'assimiler les informations une à une tout en regardant devant moi. Je fixe la couverture bleue, qui se trouve au bout du lit, un tissu que je connais pas, sûrement quelque chose d'Athosien, et qui recouvre mes jambes... Au bout de celles-ci, je me contente de la sensation rassurante de voir mes orteils en mouvement, ignorant la douleur que ce simple effort déclenche.
« Evan... »
Elle pause sa main sur mon bras pour attirer à nouveau mon attention. Il faut que je me concentre, j'ai l'impression que je laisse mon esprit se détourner sur tout et n'importe quoi très facilement. Une fois qu'elle s'est assurée que je la regardais et qu'elle avait toute mon attention, elle m'a dit d'une voix à la fois solide et fragile, sincère, franche, et compatissante, quelque chose que je n'avais jamais entendu ailleurs que dans les films, et qui manqua de faire se déconnecter mon cerveau :
« Evan, vous êtes tombé dans le coma. »
Mon regard se portait toujours sur elle, sur son visage, ses traits, son expression, pendant que dans ma tête ce qu'elle venait de dire cherchait à être traduit pour donner du sens. Sans que je lui en donne l'ordre, ma mâchoire s'est mise à bouger légèrement, comme un tremblement qui préparait la question que mes cordes vocales s'apprêtaient à formuler, ma salive a glissé au fond de ma gorge, et après un soupir entre mes dents, mes lèvres ont demandé :
« Combien... Combien de temps ? »
Elle inspire profondément, et me regarde dans les yeux.
Puis enfin elle me l'avoue.
« Onze semaines. »
Nota : J'espère que vous avez apprécié ce chapitre, n'hésitez pas à me donner votre avis sur les points positifs comme négatifs, sur vos ressentis par rapport à cette histoire, à mon style, etc. Merci de votre lecture, et à bientôt j'espère ! ;)
