Yo ! Du coup, encore un petit drabble sur un autre thème de la Nuit du FoF : Vivace.

Bonne lecture !

5 Sens : L'odorat

Fantôme

Deku est tout le temps là.

Katsuki le sent.

Même quand il n'est pas là, il y a le souvenir, vivace, toujours juste sous sa pensée, prêt à revenir à la surface de son esprit.

Parfois, c'est un enfant qui joue avec une figurine d'All Might.

Parfois, c'est juste le panneau qui indique la sortie du métro. (1)

Parfois, c'est une commande de café au lait avec trois sucres.

Parfois, un parfum de cigarettes.

Il coupe alors les pensées à leur tige. Elles repoussent toujours. Deku ne devrait même plus exister. Rien ne lui prouve que tout ceci n'est pas une immense hallucination. Il songe à retourner chez le psychiatre, celle qui était bien, mais renonce. Quoi qu'il se passe, il ne veut pas qu'un inconnu y touche. Quoi que ça puisse être. Une amitié ? Katsuki n'en sait rien. Depuis la fois où il l'a enfermé, Deku n'a même pas semblé une seule fois lui vouloir du mal.

Ils ne parlent pas de leur situation.

À vrai dire, ils ne parlent pas beaucoup.

Simplement parfois, quand Katsuki rentre chez lui, Deku est là.

Parfois, quand Katsuki rentre chez lui, Deku n'est pas là, mais son parfum reste et alors il est un peu là quand même.

Il est tout le temps là.

Tout le temps.

Katsuki n'arrive pas à sincèrement vouloir que ça cesse.

Qu'est-ce que Deku ferait, s'il lui disait d'arrêter de venir ? Est-ce qu'il le tuerait ? Est-ce qu'il obéirait ? Et s'il obéissait, qu'est-ce que ça lui ferait ? Est-ce qu'il aurait l'air triste et blessé ? Faire du mal à Deku, c'est comme de donner un coup de pied à un chiot. Rien que d'y penser, Katsuki se sent l'envie de vomir.

Alors il essaie de couper les pensées, seulement. Pour atténuer le mal. Mais elles repoussent comme de mauvaises herbes. Elles ne le quittent pas.

Et il en arrive à songer que si elles le quittaient à présent il aurait regret à elles.

Alors que Deku a fait de son appartement son domaine depuis plus d'un mois, Katsuki s'étouffe en faisant la lessive. Il s'arrête un instant dans son geste. Deku est là. Il écoute. Pas un bruit dans l'appartement. Deku est là. Pas physiquement. Autrement. Katsuki respire. C'est indéniable. Il trouve à côté de la machine à laver un flacon vide, et il sait sans même le porter à son nez que c'est le parfum que porte Deku.

Il grimace, mais c'est un sourire déguisé.

Le lendemain, quand il enfile sa chemise tout juste lavée, il ne peut pas s'empêcher de la respirer un grand coup. Il devrait peut-être le dire à Deku, qu'il n'a pas besoin de ça pour penser à lui en permanence. Mais il ne le fera pas. Il passe son jour de congé, au supermarché, au café, à enfoncer le nez dans son col.

Katsuki garde le flacon. Il lave ses draps.

Deku n'est pas une pensée qu'il peut déraciner. Mais quand il serre son oreiller contre lui comme une illusion de l'autre, c'est la première fois qu'il l'arrose, lui permet de grandir.

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(1) En Japonais, sortie s'écrit 出口 (prononcer « Deguchi »), et a donc le premier kanji d'Izuku (出久), qui se prononce « De » comme dans « Deku ».

Voilà ! J'espère que vous aurez apprécié ce tout petit drabble.

J'attends vos retours !

À très vite !