Sixième partie
Seamus continua de marcher. L'obscurité l'avait englouti. Elle était apparut si subtilement qu'il n'avait rien vu venir. Seamus n'avait aucune idée de l'endroit précis où se trouvait Hagrid et il ne savait même pas comment il allait sortir de cet enfer. Mais qu'importait, il continuait d'avancer sans se poser de questions.
Autour de lui, tout n'était que ténèbres. Pas un seul éclat ne traversait l'intensité de la nuit noire. Il détestait avancer à l'aveugle. Il craignait presqu'un être maléfique ne surgisse et l'attaque. Il pourrait tout aussi bien se prendre un mur (car il y en avait forcément, pas vrai ?). Tendant les mains devant lui, pour amortir un potentiel choc, Seamus continua d'avancer.
Puis soudain, la lumière revint, l'éblouissant. Seamus cligna douloureusement des yeux, s'étant habitué à l'obscurité. L'irlandais regarda autour de lui, presque paniqué de ce qu'il allait découvrir. Les yeux en alerte, il regarda droit devant lui et croisa un regard chocolat. Sa respiration se bloqua. Dean était devant lui. Mais que faisait-il ici ? N'était-il pas censé être à l'abri au QG ? Seamus s'arrêta et fronça les sourcils, interloqué.
De son côté, Dean lui adressa un sourire éblouissant.
-Je t'aime Seamus, lui dit alors la voix grave de son compère.
Dean se rapprochait, ses deux bras métissés tendus.
Seamus se tendit, quelque chose clochait. À quelques pas se trouvaient son père et sa mère, souriant, main dans la main. Mais c'était impossible. Ses parents étaient morts et Dean avait perdu un bras.
Seamus comprit. Après les détraqueurs, il faisait face à ses rêves. Mais c'était irréel. Seamus sortit sa baguette, la fixa sur Dean, le coeur lourd. Puis il murmura :
-Avada Kedevra.
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Voldemort regarda avec un sourire satisfait les membres de l'Ordre tomber un à un, comme des mouches. Alors c'était ça leur résistance ? Bientôt, plus rien ne se mettrait en travers de sa route.
C'est alors qu'il la vit, la moldue de meilleure amie de Potter. Elle marchait droit vers lui, courageuse et naïve. Elle n'avait aucune chance, aucune.
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Hagrid continua de marcher. Il avait perdu le gamin ainsi que ses amis animaliers. Il détestait la solitude.
Soudain, le demi-géant se sentit mal. Comme si toutes ses pensées positives n'existaient plus. Il se sentit lasse, inutile. Voldemort était trop fort.
-Hagrid !, hurla la voix d'Harry au loin. Hagrid !
De grosses larmes coulèrent sur les joues de l'ancien professeur. Il n'avait pas pu sauver Harry. Ni Dumbledore. Ni Graup. Ni personne.
Hagrid avait froid, c'était si rare… Il remonta la tête et les vit, les détraqueurs.
Il n'avait pas de baguette et ne savait de toute façon pas utiliser le sort adéquate. C'était déjà trop tard. Il avait perdu. Avant de partir, Hagrid pria pour que ses amis réussissent, pour que l'espoir l'emporte sur le reste. Pour la liberté, la justice et le bonheur.
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Harry avait l'impression de devenir fou. Il les entendait. Il avait même senti la main de Ginny dans la sienne ! Il faisait les cents pas, marchant sans fin dans la gare. Remus le suivait, silencieux.
Perdu dans ses pensées, le loup-garou essayait d'assimiler les informations, de les réunir.
-C'est comme si…
Harry se retourna, curieux. Il avait oublié la présence de son ami.
-Oui ?
-Merlin Harry !
-Quoi ?, s'énerva le Survivant. Quoi Remus ?
-Il ne restait qu'un horcruxe. Nous étions en mission pour le détruire !
-Tu veux dire…
Le sourire de Remus s'agrandit. Si ça théorie était bonne, alors Harry sortirait du comas quand la dernière parcelle d'âme de Voldemort serait détruire.
Mais alors… Quel était le lien entre Harry et les horcruxes ? Puis Remus comprit l'évidence : Harry en était un. Il ne savait pas comment ni pourquoi, mais cela lui sembla limpide. Un instant, il lui sembla qu'Hermione l'avait toujours plus au moins su. Sa femme avait toujours un train d'avance.
Mais dans ce cas-là, si Harry avait un moyen de retour, qu'est-ce que lui faisait là ? Il n'avait aucun lien avec les horcruxes et avait reçu de plein fouet un sortilège de mort. Et si tout ça était un tour que lui jouait son cerveau ? Était-ce ça, la vie après la mort ? Des illusions ?
Le pire était de ne pas savoir.
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Seamus regarda les corps sans vie de ses proches avant de les voir se transformer en flammes dangereuses. Sans réfléchir, il fonça dedans, se couvrant le visage de ses bras. Pas question de retourner en arrière !
Il comprit alors que tout ça, c'était une épreuve. Et pour l'instant, il lui semblait l'avoir réussi.
Sans quitter sa direction, Seamus continua d'avancer jusqu'à arriver devant une table. Il soupira. Combien de test allait-il devoir passer ?
Seamus regarda avec intérêt les objets devant lui.
Une épée scintillante. Un vieux chapeau. Une clef rouillée. Un verre rempli d'eau, semblait-il. Une assiette de nourriture appétissante. Un chaudron. Un serpent en cage.
Sa gorge devient sèche et son ventre gronda affreusement. Seamus jura d'une voix rauque. C'était Hermione, la douée en énigmes. Lui, il n'était qu'un foutu Gryffondor sans cervelle. Se forçant à se souvenir, Seamus se rappela de la voix d'Hermione : « C'est simple, si vous êtes face à une énigme de Serpentard, il faut prendre le choix le plus ridicule. ».
Seamus posa la main sur le vieux chapeau et le prit. Rien ne bougea. Un instant, il fut tenté de prendre le verre d'eau mais il se souvint que d'autres se battaient au-dessus. Peut-être était-ce un piège. Peut-être que sa soudaine soif et faim n'étaient pas réelles. En tout cas, les autres croyaient en lui et il devait tout faire pour y arriver. Seamus continua son chemin, le chapeau moisit en main.
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Fleur Weasley pleurait. Elle s'était rendue à l'infirmerie pour prêter main forte. Mais personne n'avait pris le temps de ramener les blessés et l'équipe médicale s'était rendue sur le terrain.
Fleur devait partir là-bas elle aussi. Elle avait, depuis quelques jours, réussis à faire fonctionner sa jambe blessée. C'était une victoire qu'elle aurait dû fêter. Mais devant le corps inanimé de sa belle-mère, elle aurait tout donné contre la vie de Molly Weasley. Elle aurait échangé ses deux jambes et ses deux bras pour un sourire, une étreinte. Fleur était bien inutile maintenant : le coeur en miette, elle était incapable de se guérir qui que ce soit. Elle était inconsolable.
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Le silence se fit. C'était comme si l'espace temps s'était arrêté. Tous les combats regardaient les deux leaders. Hermione Lupin, chef de l'Ordre et Voldemort, Seigneur des Ténèbres.
Du coin de l'oeil, Hermione aperçut Kingsley faire un pas vers elle. Mais celui-ci fut interrompu par Horace Slughorn, ce n'était pas leur combat. Hermione hocha la tête en guise de remerciement. Son ancien professeur lui retourna son geste.
Hermione continua d'avancer. Ce soudain calme était étrange. Elle savait que dès que l'un d'eux attaquerait, le combat reprendrait, que cette brève trêve s'arrêterait.
Hermione regarda lentement la foule. Tous semblaient épuisés, les respirations étaient hachées.
Le regard d'Hermione croisa celui de Tom Jedusor. Il souriait, se voyait déjà vainqueur.
-Hermione Granger…, s'amusa Voldemort d'une ironie qui n'échappa pas à Hermione.
-Lupin, corrigea-t-elle en s'arrêtant face à lui.
-C'est vrai, approuva lentement Voldemort. Une moldue et une abomination.
Hermione ne répondit pas et Voldemort sourit un peu plus.
-Mes amis, reprit le Seigneur des Ténèbres d'une voix forte pour attirer l'attention de tous les combattants. Est-ce vraiment cela que vous voulez ? Des moldus qui nous volent ce qui nous revient de droit ? Des hybrides ? Et qu'ils fassent des enfants ? Souhaitez-vous vivre dans ce monde ? Ceux qui souhaitent me rejoindre peuvent encore…
-Personne ne vous rejoindra Tom, coupa Hermione. Nous nous battons pour des valeurs que vous ne pouvez pas comprendre. Nous nous battrons jusqu'à notre dernier souffle.
-Le tien viendra bientôt, ronronna Voldemort avant de lever sa baguette. Avada Kedevra !
-Expeliarmus !
Les deux sorts s'entrechoquèrent et les combats reprirent.
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La théorie d'Hermione était nulle. Il avait l'air malin maintenant, face à la coupe.
Parce qu'elle était là, brillante, offerte. Et Seamus savait que c'était elle l'horcruxe. Il émanait d'elle une force obscur et dangereuse. Maléfique.
Sauf qu'il n'avait qu'un vieux chapeau.
Seamus posa le vêtement sur le sol et tendit la main vers l'horcruxe. Peut-être que s'il pouvait l'emporter… Mais à peine posa-t-il les doigts dessus qu'il se brûla atrocement. Il regarda sa main et remarqua qu'elle avait été comme creusée à l'acide. Il siffla de mécontentement. Il était là, devant le dernier horcruxe et il était incapable de le détruire.
-Tant pis si ça m'arrache la main, murmura-t-il entre ses dents pour se donner du courage, je le ramènerai au QG.
Seamus prit la coupe et hurla face à la douleur. Mais il ne lâcha pas pour autant. Il fit instinctivement un pas en arrière mais shoota contre quelque chose. De surprise, ses doigts relâchèrent la coupe qui tomba à côté de ses chaussures, les faisant doucement fondre. Il recula encore et glissa sur quelque chose. Il tomba sur les fesses et jura.
Seamus se redressa et vit sur quoi il était tombé : le manche d'une épée. Une foutue épée. Dans le foutu chapeau moisit.
Avec une presque crainte, il approcha sa main droite, celle qui n'était pas mutilée. Il toucha le manche du bout des doigts mais rien ne se produisit. Saisissant sa chance, il sortit l'arme du chapeau d'un geste souple. Il remarqua alors l'inscription « Godric Gryffondor ».
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Hermione déglutit. Le sort de Voldemort prenait de plus en plus de terrain. Mais elle refusait d'abandonner. Elle poussa un gémissement de douleur et renforça la puissance de son sort, en pensant à ceux qu'elle aimait. Elle devait y arriver.
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Le combat était d'une violence rare et Fleur le savait : ils allaient perdre. Elle n'avait pas pu rester inactive, malgré sa peine. Elle avait dû se rendre sur le terrain. C'était leur dernière chance, le dernier combat. Et elle devait participer, pour Victoire, Bill et Molly. Alors elle se battait, comme une vraie Weasley. Elle se rappela du regard de George lorsqu'il l'avait vu dans l'infirmerie, à pleurer pour sa mère. Il l'avait pris dans ses bras avec force, et c'était cela qui avait donné du courage à Fleur. Elle lui avait demandé de prendre soin de sa fille. Il avait dit qu'il comptait aller voir son fils, qu'il irait chercher Victoire en chemin. Puis il avait juré de protéger sur les deux enfants, de veiller Victoire comme si elle était sa fille. Alors Fleur se battait sans regret, prête au sacrifice de sa vie pour la liberté.
Elle était obligée de se protéger beaucoup. Dos contre un mur, Fleur réussissait tout de même à attaquer. Elle ne pouvait pas avoir une démarche fluide à cause de sa jambe, et la douleur de marcher lui faisait perdre sa concentration. Aussi, elle essayait de rester la plus immobile possible, malgré les sorts qui fusaient sur elle.
-Experliarmus !, cria-t-elle au mangemort qui s'approchait.
Mais le sort ricocha sur un bouclier et l'homme continuait d'avancer.
-J'ai toujours rêvé de baiser une française, ria-t-il grassement en la regardant de haut en bas.
Fleur tendit sa baguette vers l'être immonde qui la dévorait du regard. Ce fut son erreur. Car c'était une diversion et elle se fit attaquer sur le côté. Sa baguette quitta violemment sa main.
Cette fois, Fleur eut peur. Elle avait trop de choses à vivre. Elle ne devait pas mourir. Telle une biche effrayée, elle regarda les prédateurs qui avançaient. Elle ne pouvait pas reculer. Devant elle, les combats se multipliaient.
Le premier mangemort approcha, il riait toujours. Il tendit sa main pleine de sang vers elle tandis que les autres la menaçaient avec leur baguette. Elle ne pouvait rien faire.
Je dois vous avouer quelque chose : cette partie ne devait pas finir ainsi. Je comptais arrêter pile quand l'un des deux camps gagnait. Mais par souci d'égalité de chapitre (et par sadisme, je l'avoue) j'ai décidé de couper un peu. Vous ne m'en voulez pas ? Ça me permet de retravailler le dernier chapitre qui n'est pas parfait-parfait. Ça me permet aussi de publier plus vite (je ne veux rien bâcler).
Réponses aux anonymes :
Dodo : Oh merci ! J'étais comme une gamine en te lisant (celle avec le grand sourire qui montre toutes ses dents). Je suis contente de toutes les émotions que j'ai réussi à te faire avoir. C'est toujours la plus grande victoire d'un auteur : faire ressentir des choses à ses lecteurs.
D'ailleurs je suis désolée pour les personnages que j'aie dû sacrifier (crois-moi, j'ai eu du mal à le faire). Au moins je n'ai pas (encore ?) touché aux enfants (j'ai eu un petit doute mais je n'ai pas pu m'y résoudre, je les aime trop).
Pour le patronus de Seamus, je n'ai aucun mérite : j'ai été faire quelques recherches pour savoir celui que lui avait donné notre Reine, JKR.
Tu connais FT ? Je suis une grande fan ahah et j'adore Erza ! (et Loki, et Grey et… bref). J'espère que le passage entre Hermione et Voldemort ne t'a pas trop déçue (j'ai eu du mal à l'écrire)
Niveau fanfiction j'ai publié un OS Remus/Hermione (« Ma malédiction ») mais le genre est différent de cette fiction. Pour l'instant je ne suis pas sûre de réécrire sur eux. Les fictions que j'écris pour le moment sont sur Hermione/Drago, Hermione/Fred, Hermione/Severus, et Hermione/Charlie (oui, j'en ai beaucoup en cours d'écriture) et j'ai quelques OS à finir / améliorer.
Cocolita 1804 : Merci pour tes encouragements, je suis sûre ça va donner du courage à Harry !
