Sensuel
Correctrice : Dalou28
Chapitre 6 : Quand tout se précipite
Cela faisait cinq jours que Harry se terrait plus ou moins dans sa chambre. Ses devoirs de vacances ainsi que ses révisions ne l'avaient pas occupé bien longtemps. Il n'avait pourtant pas osé demander à son professeur de l'accompagner à la bibliothèque, bien que celui-ci le lui ait proposé. Il était sûr de se faire rabrouer pour un motif quelconque ne serait-ce que pour éviter de le satisfaire. Aussi lisait-il sans grande passion les quelques livres présents sur les étagères.
Le jeune homme avait de plus en plus de mal à se concentrer. Pourtant il avait réussi à dénicher tout en haut d'une étagère un ouvrage sur les animagus qui pourrait l'aider dans sa transformation clandestine. Mais son esprit était accaparé par le lent découle du temps qui le rapprochait inexorablement de la finalisation du lien.
Dormant peu à cause des cauchemars qui continuaient à l'assaillir, il avait remarqué le changement progressif de comportement de son professeur de potion. Celui-ci se réveillait de plus en plus tôt, de plus en plus frustré et chaque fois, juste avant de rentrer dans la salle de bain, il lançait des regards, qu'il avait pu apercevoir en entrebâillant celle-ci, de plus en plus chargés de désir en direction de la porte de sa chambre. Bien qu'ils vivent dans le même appartement, ils se côtoyaient peu. Toutefois, à chacune de ces rares occasions, l'homme ne le quittait pas des yeux, le regard assombri… de désir semblait-il.
Bien sûr il ne faisait aucune remarque, il semblait même essayer de se comporter avec un minimum de douceur et d'attention, mais Harry sentait peser ce regard qui l'inquiétait tout comme il l'excitait. Il devait vraiment être un débauché pour s'exciter pour si peu, il espérait que seul le lien en était responsable sans vraiment y croire.
Le moment le plus difficile était l'instant de la morsure. C'était comme si tout son corps réclamait plus et il avait de plus en plus de mal à ne pas gémir ou réagir physiquement au plaisir malsain d'être mordu, même si aucune douleur n'était ressentie. Oui, il devait bien être comme son oncle le lui avait si souvent dit, une petite tapette sans charme, une pute au rabais, un monstre…
Reprenant quelque peu le dessus sur ses noires pensées, Harry s'efforça de faire le vide dans son esprit et d'afficher une expression neutre avant de se diriger vers la chambre de son professeur. Celui-ci l'attendait sur le lit, comme à son habitude, pour la morsure.
S'installant à ses côtés, l'adolescent lui tendit son poignet tatoué sans le regarder dans les yeux. Cependant, Severus repoussa avec douceur le bras tendu, et, à l'aide d'une légère pression, étendit le garçon sur le matelas.
- Nous allons essayer quelque chose de différent ce soir, s'expliqua-t-il. Je vais te mordre au niveau du cou.
- Comme un vampire ? Ne put s'empêcher de demander Harry, tout de même étonné par cette initiative.
- Je te prêterai le livre sur les Sen-su-Ell pour que tu finisses de le lire. Il y est expliqué qu'en fait la race des vampires descend d'un Serpent que son conjoint avait essayé de ressusciter avec le venin mélangé à son sang. Le serpent n'est pas revenu à la vie mais ils sont devenus le premier couple vampire calice de l'histoire.
Severus parlait gentiment, il commençait à vraiment apprécier de prendre soin de son compagnon, d'être doux avec lui. Précautionneusement, pour ne pas l'effrayer, il se pencha lentement sur lui, recouvrant son corps du sien. Harry ne put réprimer un soupir de bonheur de se sentir complètement à l'abri et protégé. Le plus âgé fut heureux de cet encouragement et se permit un petit sourire affectueux.
Il enserra doucement les mains de son compagnon dans les siennes, entrelaçant leurs doigts, puis souffla légèrement sur la nuque pas assez exposée à son goût. Le jeune homme, parcouru d'un frisson d'anticipation, pencha la tête sur le côté, donnant le libre accès à son cou au Serpent. Celui-ci embrassa d'abord avec douceur la peau ainsi dévoilée puis en goûta la saveur à l'aide de sa langue sans se presser. Il pouvait sentir chaque frisson, chaque soupir de son partenaire complètement abandonner à ses attentions.
Ses crocs sortirent lentement pour aller s'enfoncer sans douleur dans ce cou si appétissant. Severus ne savait pas comment donner à son venin des propriétés aphrodisiaques, il se contenta d'en exprimer la volonté. De toute manière aphrodisiaque ou pas, son conjoint avait l'air tout à fait près à aller plus loin. Il voulait juste lui permettre d'être plus serein pour ce qu'il considérait comme sa première fois. L'amour sans artifices viendrait ensuite.
Alors que le doux poison se répandait dans ses veines, Harry put sentir son rythme cardiaque s'accélérer progressivement, sa température corporelle augmentée doucement jusqu'à enflammer sa peau, celle-ci devenu extrêmement sensible, son sexe s'ériger sans pudeur et son intimité se lubrifier sans son accord. Juste avant de s'abandonner aux mains tendres et expertes de son professeur, il eut le temps de comprendre que c'était un des effets du venin qui se faisait ressentir. La suite ne fut qu'un enchaînement de caresses toutes plus douces et plus excitantes les unes que les autres et d'une préparation sans la moindre douleur, aidée par un lubrifiant sorti d'un tiroir. Bientôt son esprit se déconnecta n'étant plus qu'une masse gémissante de plaisir.
Severus put savourer en douceur les moindres délices du corps si parfait de son compagnon. Même s'il n'était pas encore prêt à s'avouer qu'il éprouvait déjà des sentiments très forts envers celui-ci, il avait à cœur de lui montrer par ses gestes qu'il tenait à lui. Aussi l'homme s'évertua à rassembler toute son expérience pour faire vivre un moment de pur bonheur à son conjoint. Il put ensuite savourer son étroitesse tout en sachant qu'il n'y avait aucune douleur pour son partenaire. Les gémissements de celui-ci étaient un vrai régal pour ses oreilles. Pourtant il regretta un court instant qu'il fut le seul à crier le nom de son amant dans la jouissance. Peut-être Harry était-il encore trop timide.
Décidément, cet excès de docilité commençait à déplaire à Severus. Il ne voulait tout de même pas un Poufsoufle comme compagnon. Bien que l'arrogance et l'insolence légendaire des Gryffondors pouvaient être très agaçantes, il les regrettait tout de même amèrement. Il décida d'avoir une mise au point avec son désormais amant demain matin. En attendant il le prit dans ses bras après avoir jeter un rapide sort de nettoyage, constatant que, finalement il appréciait la compagnie du jeune homme dans son lit. Sa présence lui avait manqué ces cinq derniers jours. Les effets de la production importante de venin combinés à l'effort physique eurent raison de lui et il s'endormit paisiblement, entourant possessivement son compagnon déjà dans les bras de Morphée.
HPHP
Harry se réveilla à peine quelques heures après leurs ébats. Ses cauchemars étaient revenus le hanter, ajoutés au dégoût de lui-même qu'il ressentait face à ce qu'il s'était passé. Non seulement il avait été drogué, il avait cru un maigre instant pouvoir faire confiance à Snape, mais en plus il avait adoré ce qu'ils avaient fait et son corps en réclamait encore. Cette fois il était sûr que ce n'était plus les effets du venin. Son oncle avait raison, il était bien un monstre en manque.
Lassé de cette perpétuelle honte de vivre qui lui enserrait la gorge, il décida qu'il était temps d'appliquer le plan. C'était le moment idéal.
Il réussit avec difficulté à s'échapper de la prise tentaculesque de son professeur. Celui-ci, bien que profondément endormi, ne semblait pas vouloir lâcher prise. Aussi Harry replaça rapidement un gros coussin dans les bras de l'homme qui l'enserra immédiatement. Soupirant silencieusement, le jeune sorcier attrapa ses habits et sa baguette puis sortit sans bruit de la chambre. Ce n'était pas le moment de se faire prendre, pas si près du but. Il pressentait que, habitué aux bienfaits du venin, son professeur ne voit plus vraiment d'un bon œil le fait de se débarrasser de lui. De plus, Harry était arrivé aux limites de la comédie qu'il pouvait enduré et cette docilité qu'il pensait pouvoir endosser sans efforts commençait à lui peser.
Une fois dans le salon, il s'habilla rapidement, alla chercher sa cape d'invisibilité dans sa chambre. Il sortit ensuite le plus silencieusement possible des appartements du Maître des Potions, constatant avec un immense soulagement que le lien avait bien été finalisé. C'est d'un pas presque léger qu'il se rendit aux toilettes de Mimi Geignarde, recouvert de sa cape. Il ne remarqua pas dans sa précipitation qu'il avait laissé tomber la carte des Maraudeurs, consultée juste avant de partir pour voir si la voie était libre.
Comme c'étaient les vacances, il y avait peu de gens au château et personne ne se promenait dans les couloirs à cette heure-ci. L'adolescent arriva donc sans encombre à destination. Tremblant un peu mais déterminé, il ouvrit les portes de la chambre des secrets puis se rendit jusqu'au squelette abandonné du Basilic. Comme il l'avait prévu, un des crocs couverts de venin était toujours présent dans la gueule de l'animal. S'aidant de sa baguette il l'arracha puis se rendit dans une des galeries secondaires. Alors qu'il allait entrer, sans guère se baisser, dans l'un des sombres boyaux choisi au hasard, une nuée de chauve-souris en sortie bruyamment, écorchant au passage, à de nombreuses reprises, l'humain qui les avait effrayées.
A quelques centaines de mètres de là, Severus s'éveilla en sursaut, ressentant la brusque peur de son conjoint à travers le lien finalisé, beaucoup plus sensible que le primo-lien. Sa première pensée fut de se demander avec angoisse où était passé celui-ci.
Pendant ce temps, remis de sa soudaine peur surtout due à la surprise, Harry s'engouffra dans le boyau maintenant libéré de ses occupantes. Après avoir parcouru quelques mètres les pieds pataugeant dans l'eau ruisselante sur le fond du canal, il s'assit enfin. Il avait pris ainsi toutes ses précautions, il espérait juste qu'au cas où, le venin de son professeur ne puisse rivalisé avec le venin du Basilic. De toute façon les effets de celui-ci étaient très rapides donc peu de chance qu'on le retrouve à temps. Il était hors de question qu'il se réveille dans quelques jours, des regards de pitié le suivant partout. Il fallait faire les choses bien.
Se recouvrant une dernière fois de sa cape d'invisibilité, il enfonça le croc contenant encore du venin le plus dangereux du monde de la magie. La douleur le surprit, cela lui rappelait qu'il y était habitué, il n'y avait pas si longtemps. Cependant, contrairement à ses souvenirs, le venin du Basilic n'agit pas aussi rapidement que la dernière fois. Peut-être était-il trop ancien, il avait peut être même perdu ses propriété, étant mal conservé, ou alors était-ce le venin de Snape dans ses veines qui en ralentissait ou même annulait ses effets. Harry paniqua un court instant à l'idée que son plan échoue aussi bêtement. Cependant au bout de quelques minutes la sensation familière d'engourdissement l'envahit peu à peu. Les effets étaient plus lents que la dernière fois mais c'étaient bien les mêmes. Alors que le sang de sa blessure s'écoulait, emporté par le petit ruissellement d'eau dans lequel il baignait, Harry se sentit partir doucement vers un monde de paix éternelle qui ne semblait attendre que lui.
Dans les cachots, c'est un Severus échevelé qui surgit dans le salon. Tandis qu'il ramassait l'étrange parchemin abandonné près de la porte, il sentit le lien si fraîchement créé, diminué progressivement après un sursaut de panique de la part de son conjoint. Cela ne pouvait signifié qu'une seule chose, Harry était en danger.
Snape reconnut immédiatement la fameuse carte des Maraudeurs, dont Albus lui avait glissé deux ou trois mots en souriant. Le plan qui s'y étalait n'avait pas été effacé, aussi put-il retrouver rapidement les dernières traces d'Harry dans les toilettes de Mimi Geignarde. Il ne fut pas long à comprendre que son compagnon se trouvait actuellement dans la Chambre des Secrets. Abandonnant toute dignité, le Maître des Potions se mit à courir sans retenue dans les couloirs déserts du château. Les escaliers, miraculeusement dociles, sa course ne lui prit que quelques minutes. Une fois arriver devant le lavabo au serpent, il enragea face à son impuissance.
Bien qu'il fût de courte durée, il avait eu le temps de réfléchir durant le trajet. Harry était sorti volontairement des appartements cela ne faisait aucun doute, il s'était glissé silencieusement du lit pour ne pas le réveiller et était passé prendre la carte. Il avait forcement planifié cela. Mais dans quel but ? Allait-il rejoindre un amant secret ? A cette pensée, Severus sentit sa jalousie s'embrasée. Mais alors pourquoi la Chambre des Secrets ? Et surtout que signifiait cette panique ?
L'homme adressa un regard désespéré au serpent de métal, sachant que chaque seconde était précieuse. Mais alors qu'il allait attaquer le lavabo à coups de poings, il éprouva la sensation à la fois familière et nouvelle d'une transformation corporelle. En quelques secondes, à la place du terrifiant résidant des cachots se tenait à présent un magnifique serpent de taille moyenne, d'un noir aux reflets hypnotisants. Se redressant, le serpent siffla en direction du lavabo qui s'ouvrit, laissant place au trou menant à la chambre.
Sans perdre de temps, Severus toujours dans sa forme de serpent se laissa glisser rapidement dans les galeries de canalisation et rampa avec une certaine aisance à travers les débris de la caverne jusqu'à la seconde porte qui s'ouvrit sans difficulté à son injonction sifflante. Reprenant sa forme humaine, baguette au poing, il s'engouffra promptement à l'intérieur. Toutefois à part un squelette flottant, nulle trace de son compagnon.
Il fit alors appel à son flair et au lien pour se diriger le plus fidèlement possible en direction de l'odeur de sang frais parvenant à ses narines très sensibles. Pourtant, arrivé à ce qu'il était certain d'en être la source, il ne vit rien. Faisant confiance au lien, n'ayant pas d'autres alternatives, il s'avança tout de même dans le boyau sombre et humide. En effet, à peine quelques mètres plus loin il butta dans quelque chose de mou et tiède allongé à même le sol. Retirant vivement la cape qui recouvrait encore entièrement l'adolescent, il se pencha pour découvrir l'étendu des dégâts. Son sang se glaça lorsqu'il reconnut le croc du Basilic figé dans la cuisse de son compagnon qui ne respirait plus que faiblement, son corps se refroidissant.
Priant, suppliant mentalement pour que son venin soit à la hauteur, Severus arracha hâtivement le maudit croc puis attrapa le poignet de son conjoint y plongeant ses propres crocs sans attendre. A sa grande surprise, il eut l'impression que cette fois-ci il lui donnait bien plus que du venin mais aussi une partie de son essence vitale.
Cependant, bien que la vilaine plaie se cicatrisa rapidement, le jeune homme ne fit pas mine de reprendre conscience. Au contraire, son souffle diminua encore un peu plus, jusqu'à s'éteindre. Lorsque Severus le porta jusqu'à la salle où reposait le Basilic, sa poitrine ne se soulevait plus.
Note de l'auteur : Au cas où vous auriez des envies de meurtre, je rappelle que cette fanfiction n'est pas une deathfic. De plus, un auteur mort se retrouve dans l'incapacité d'écrire la suite. Merci de votre compréhension.
J'espère que ces deux chapitres vous ont plût, Bonnes Vacances à tous !
(Pour ceux qui le demande, Raziel, ne vous inquiétez pas je ne pars que pendant deux semaines donc la publication ne sera pas arrêtée bien longtemps ! De plus, avec les huit heures et plus d'avion que je vais devoir supporter je pense que je trouverai le temps de continuer à écrire. )
