Bonjour tout le monde ! Wouah ! Ça fait longtemps il me semble… enfin, moins que la dernière fois mais quand même ! Je suis désolée de cette longue absence. Cette fois ce n'est pas un manque d'inspiration, juste une grande fatigue et surtout, un manque évident de temps !
Ce chapitre n'est pas, comme vous l'espériez peut-être, un pv Edward. En fait, comme je l'ai dit à certaines personnes en réponse aux reviews, j'hésite encore à faire des pv Edward parce que toute l'histoire a été imaginée en pv Bella. Mais j'adore Edward et je n'ai pas envie d'écrire que du côté de Bella… mais pour l'instant, passer du côté de notre adonis préféré est impossible ! Ce que je crois faire, c'est écrire la moitié de la fic d'un côté et l'autre moitié de l'autre côté. Donc ne vous attendez pas au pv d'Edward avant quelques temps encore… ou même pas du tout. Je ne promets rien.
J'espère que vous aimerez quand même ce chapitre. Bella commence à s'affirmer (commence seulement hein !) et le changement se fera de plus en plus prononcé au cours des prochains chapitres… parce qu'on en a assez de la voir s'apitoyer sur elle-même ! lol !
Bonne lecture et n'oubliez pas de me laisser votre avis ! Cette fois, j'espère faire un peu plus vite pour la prochaine publication puisque j'ai déjà la moitié du chapitre d'écrit ! : )
CHAPITRE 5-Pathétique
Je regarde le paysage défiler dehors, ma tête incapable de penser correctement tant elle est concentrée sur la douleur de mon cœur. Edward a agi comme si j'étais une parfaite étrangère, comme s'il ne m'avait jamais vu de sa vie…
Je ne représente plus rien pour lui. Il a déjà mis une croix sur moi et il n'en semble pas affecté le moins du monde !
C'est parce qu'il a un prix de consolation bien plus intéressant…
Je laisse tomber ma tête sur la vitre avec un gémissement de douleur. Edward et Rosalie. Rosalie et Edward. Aussi magnifiques l'un que l'autre, ils semblent faits pour être ensemble.
Et si… et si en fait, il n'avait jamais eu l'intention de me revoir ? S'il n'avait jamais joué sur deux tableaux mais c'était simplement moqué de moi et ce, depuis le début ?
Je repousse cette idée, tant elle m'ait intolérable. Non ! Je veux croire qu'il y avait au moins un peu de vérité dans tout ce qu'il m'a dit…
Tu rêves ma fille ! Tu t'es fait rouler dans la farine par un beau parleur ! Ton si parfait Edward n'est qu'une invention de ton esprit !
-Tu m'énerves, grommelai-je à voix haute.
-Quoi ?
Je sursaute, ayant presque oublié qu'il y avait quelqu'un à mes côtés. J'essuie précipitamment mes larmes et je me tourne vers la bonne âme qui a accepté de me ramener.
-Rien. Je… rien.
Emmet me lance un regard désolé, sûrement accablé par l'idiotie de ma réponse, avant de dire :
-Je ne veux pas te déranger pendant ta méditation, mais… il faudrait que tu me donnes ton adresse si tu veux que je te ramène chez toi !
-Oh ! Oui…
Je renifle sans élégance, tentant de retrouver mes esprits et de trouver une réponse plus intelligente.
Ta voiture, me souffle ma voix intérieure et je l'en remercie.
-Tu connais sûrement le garage des Hale ? Ma voiture est là-bas…
-D'accord. Je t'y amène tout de suite !
Il me fait un sourire auquel je réponds du mieux que je peux, puis il prend une petite rue que je ne connais pas, m'amenant vers ma destination en silence.
Je sens que cela ne lui est pas familier, que le silence le rend mal à l'aise. Il s'agite à côté de moi, me jette des regards en coin, frappe un rythme imaginaire sur le volant… puis un téléphone sonne, cassant l'ambiance lourde qui s'est installé dans l'habitacle.
D'un geste habile dont je serais incapable, il se penche pour chercher son cellulaire dans le fouillis qui règne entre les deux sièges, conduisant du bout des doigts. Je me tends, nerveuse. Il ne regarde même pas où il va : on va faire un accident, c'est certain !
-Attends ! Je vais t'aider !
Je me penche vers lui et dans ma précipitation, ma tête cogne la sienne. Nous nous redressons en même temps en poussant une exclamation de douleur. Puis je le regarde… il fait de même… et nous éclatons de rire.
Il lève alors un bras en triomphe, me montrant l'objet de ses recherches qui sonne toujours. Emmet y lance un coup d'œil, laisse échapper un soupir dépité, puis jette son téléphone sur le siège arrière sans aucune considération.
-Tu ne réponds pas, demandai-je avant d'avoir pu penser que je devrais me mêler de mes affaires.
Mais Emmet ne semble pas s'en formaliser.
-Non. Je n'ai pas envie de parler avec la bête en ce moment.
-La bête ? répétai-je stupidement.
-Rosalie, répond-t-il et je pouffe de rire tant ce surnom me semble incongru…
Quoique, pas tant que ça !
-La bête… oui, ça lui va plutôt bien !
-La belle et la bête, réunis dans une seule et même personne, précise Emmet en souriant.
Puis son visage devient sérieux et je me fais la réflexion que cet air grave ne lui va pas.
-C'est elle qui t'a mise dans cet état, pas vrai ? Elle est chiante quand elle veut… particulièrement avec les gens qu'elle ne connaît pas.
Je baisse la tête, le regard froid et vide d'Edward envahissant de nouveau mes pensées.
-J'avais remarqué, murmurai-je, évitant de le détromper.
Je n'ai pas envie de parler d'Edward et encore moins avec un gars que je connais à peine.
-Tu ne devrais pas t'en faire ! Peu importe ce qu'elle t'a dit, ça n'a aucune importance. Tu sais, ça pris des mois avant qu'elle arrête de m'insulter et accepte de me parler… si tu savais tous les noms et les gros mots qu'elle m'a lancé au visage…
Il rit à ce souvenir.
-Rose n'est gentille avec personne; sauf lorsqu'elle croit qu'elle peut en obtenir quelque chose ! Elle est comme ça !
Il hausse les épaules, comme si cela expliquait tout. Puis une idée plus horrible me traverse l'esprit : Rosalie a été particulièrement gentille avec Edward.
Et tu sais parfaitement ce qu'elle veut de lui…
Je ferme les yeux, serrant les dents pour ne plus y penser. Ça fait trop mal et… ça me donne des envies de meurtre.
Emmet remarque mon changement d'humeur et il siffle :
-Elle s'est montrée vraiment vache avec toi pour que tu prennes cet air furax ! Tu me fais presque peur !
Il éclate de rire, puis lâchant le volant, il me tend une main sans me regarder.
-Emmet, se présente-t-il.
-Je sais.
Il me regarde, étonné.
-Jasper est… enfin, je connais Jasper. Il est dans un de mes cours et il m'a parlé de vous…
Les yeux d'Emmet s'ouvrent plus grands et il secoue la tête, comme s'il n'arrivait pas à y croire.
-Et bien ! La rescapée de madame Hale est une amie de Jasper : le monde est petit !
Je hoche la tête… il l'est encore plus qu'il ne le croit. À mon plus grand malheur.
-Au fait, moi c'est Bella, dis-je, réalisant que je ne me suis pas présentée.
-Je sais, répond-il sur le même ton que moi un peu plus tôt. J'étais là lorsque madame Hale t'a ramené hier soir. Tu étais dans un sale état !
-Hum… ouais. J'ai marché quelques heures sous la pluie. Je n'avais plus de voiture et plus de téléphone…
-La poisse, se moque-t-il. Mais… pourquoi est-ce que tu n'as pas allumé tes clignotants et attendu bien sagement dans ta voiture que quelqu'un vienne t'aider ?
J'ouvre la bouche, sous le choc. Oui, au fait, pourquoi est-ce que je n'ai pas fait ça ?
Parce que tu es une idiote !
-Je… j'en sais rien. Je n'y ai pas pensé sur le coup. Marcher jusque chez moi me semblait la meilleure idée.
Emmet secoue la tête, un sourire aux lèvres.
-C'était une mauvaise idée ! Marcher, au milieu de la nuit, dans un coin isolé de New-York ? Tu aurais pu tomber sur un malade, un psychopathe ou je ne sais quoi d'autre ! Il y a de tout dans cette ville !
Il se gare enfin et se tourne franchement vers moi, m'examinant du regard. Je me sens rougir malgré moi et je détourne la tête.
-Pour avoir fait un truc pareil, tu ne dois pas être d'ici. Je paris que tu viens d'une petite bourgade du sud…
Je croise les bras sur ma poitrine, offusquée.
-J'habitais à Forks, mais avant ça je…
-Forks ? s'écrie-t-il en me coupant la parole.
-Oui, répondis-je, hésitante.
Puis je comprends mon erreur.
-Un de mes ami vient de là aussi ! Tu le connais sûrement : Edward Cullen.
Je crispe les poings, Edward reprenant soudain toute la place dans mon esprit. Sans le réaliser, je l'avais oublié pendant que je discutais avec Emmet dont la bonne humeur est contagieuse. Maintenant que son nom a été prononcé, il envahie mon corps, mon esprit, mon cœur… ne me laissant aucun répit.
Edward. Edward. Edward.
-Hey ! Ça va ? me demande Emmet, d'une voix qui me paraît venir d'une autre galaxie.
Je secoue la tête, cache mon visage entre mes mains et prends quelques grandes inspirations. Je dois me reprendre. Je ne peux pas laisser tout cela m'affecter autant…
Mon histoire avec Edward est terminée. Et alors ? Il en a toujours été ainsi. J'ai toujours su que nous ne serions jamais ensemble… et si pendant un instant j'ai espéré, ce n'était qu'un moment d'égarement, de folie.
Edward et moi nous ne pourrons jamais être ensemble. Nous sommes trop différents. Il ne voudra jamais de moi et maintenant que j'en suis certaine, je dois passer à autre chose.
Point final.
Et tu crois que tu en es capable ? me raille ma conscience, mais je l'ignore.
Je relève bravement la tête pour faire face à Emmet qui me fixe d'un air inquiet.
-J'en déduis que tu le connais, dit-il à voix basse.
Je secoue la tête.
-Non, je ne le connais pas, mentis-je bien misérablement. Enfin, seulement de nom. C'est le fils du docteur Cullen.
Étonnement, Emmet ne semble pas remettre ma parole en doute.
-Ouais, c'est bien lui.
Nous restons en silence un instant, moi plongée dans mes sombres pensées, lui brûlant visiblement de me poser des questions.
-Je… est-ce que ça va ? dit-il finalement. Pourquoi tu as réagi comme ça ?
Je ferme les yeux quelques secondes.
-Je préfère ne pas en parler, dis-je à voix basse.
-D'accord. Comme tu veux.
Puis Emmet retrouve toute sa bonne humeur.
-On est arrivé si tu veux voir ton tas de ferraille !
-Hey ! m'écriai-je, outrée.
Il sort de la voiture en riant et je le rejoints aussitôt.
-Comment as-tu su que c'est un tas de ferraille ? lui demandai-je en souriant.
Il me pointe ma camionnette du doigt, stationné devant le gigantesque garage des Hale.
-Je parie que c'est celle-là ! Ce n'est pas le genre de voiture dont monsieur Hale s'occupe habituellement. Il prend plutôt les BMW, les Mercedes, les voitures de collection même… tu vois le genre ?
-C'est une Ford 1980, répliquai-je. C'EST une voiture de collection.
Emmet me pousse gentiment.
-Ouais dans tes rêves. Tu viens ? Je vais te présenter Jake, c'est sûrement lui qui s'occupe de ta voiture.
Il m'entraîne alors vers un autre géant, presque aussi grand que lui, à la peau mate et aux magnifiques yeux noirs. Jacob Black, de son nom complet, me sourit en faisant ressortir des dents d'un blanc éclatant. Il parle quelques instants avec Emmet, visiblement ils se connaissent assez bien, puis il se tourne vers moi et me promets que ma voiture sera prête dans trois jours. Il doit attendre de recevoir des pièces qu'il ne possède pas, ma voiture étant trop… vieille.
Je récupère mon téléphone, mon sac de voyage, puis nous partons ensuite. Emmet s'offre gentiment de me raccompagner jusque chez moi, mais je refuse, ne voulant le déranger d'avantage. Je peux prendre le métro après tout, mais il insiste. J'accepte finalement, parce qu'avec ma chance aujourd'hui, je me retrouverais sûrement sous les rails.
Le trajet se déroule de la même façon que le premier : nous parlons de tout et de rien et pendant quelques instants, je l'oublie, lui. Jusqu'à ce que je me retrouve de nouveau seule dans mon appartement.
Je reste un long instant immobile, figée devant la porte. Le contraste avec le manoir des Hale que j'ai quitté depuis quelques heures maintenant est presque intolérable.
Ma vie est misérable. Je suis misérable.
Je secoue la tête, chassant ses idées noires. Dans quelques années, quand je travaillerai pour une grande maison d'édition, que j'aurai une jolie maison à moi et un magnifique petit ami, je pourrai alors revenir me pavaner devant cette peste de Rosalie Hale…
Ouais, c'est ça. Rêve ma fille ! Tu n'auras rien de tout ça et puis elle sera toujours mieux que toi!
-Oh ! Ferme-la ! m'écriai-je contre cette maudite voix qui commence à me taper royalement sur les nerfs, consciente que se parler à soi-même est le comble du pathétisme.
Tentant de garder mon esprit occupé, je me fais un sandwich que je n'arrive pas à avaler, puis je me fais couler un bain dans lequel je reste un long moment. Je mets mes vêtements trempés au lavage, je m'habille de mon habituel survêtement et t-shirt, puis je…
Puis je ne sais plus du tout quoi faire.
C'est samedi. Je suis seule chez moi avec aucune chance de me trouver une occupation digne de ce nom. Je n'ai même plus de voiture maintenant ! Je pousse un gémissement et me laisse tomber sur le sofa.
Misérable, oui c'est le mot.
Et tu t'étonnes qu'Edward ne veuille pas de toi ?
-Laisse-moi un peu de répit, s'il-te-plaît, murmurai-je, des larmes coulant sur mon visage.
Dire que je devrais être avec Edward, dans une chambre d'hôtel, à me rassasier de lui de tout mon saoul. Son visage, sa voix, son odeur. Son corps… tout de lui me manque.
Ce qui n'est visiblement pas son cas.
Je reste ainsi pendant un moment; une minute, une heure, dix heures… je n'en sais rien. Je n'ai plus la notion du temps. Je ne peux que rester là, à m'apitoyer sur mon sort. La nouvelle Bella n'aura pas fait long feu ! Elle s'est déjà envolée en fumée.
C'est le téléphone qui me tire finalement de ma léthargie. J'entends la sonnerie lointaine. Je tends l'oreille, puis me relève péniblement. Où est-il donc ?
Je fouille un instant mon appartement, l'esprit embrumé, avant de me rappeler que j'ai mis mon cellulaire sur la charge en arrivant. Je le trouve finalement exactement là où je l'avais laissée, branchée sur le comptoir de la cuisine.
Je réponds sans même jeter un coup d'œil à la personne qui m'appelle. Mon père sûrement… il n'y a que lui qui cherche à me joindre.
-C'est toi Bella ?
-Qui d'autre ? répliquai-je d'un ton mauvais.
C'est Jasper et je n'ai aucune envie de lui parler. Ni à lui ni à personne d'ailleurs… mais surtout pas à lui, ce sale lâcheur !
-J'ai essayé Bella : je l'ai appelé, je te le jure. Il n'a pas répondu. Il n'avait peut-être pas son cellulaire sur lui.
-Hum, hum, répliquai-je, sceptique.
Jasper pousse un soupir.
-Est-ce qu'on pourrait se voir ? Je voudrais te parler face à face…
-Non ! le coupai-je brusquement. Je ne veux voir personne. Personne.
Puis je raccroche sans autre cérémonie, me sentant à peine coupable d'avoir coupé la communication aussi brusquement. Je ne veux pas parler d'Edward ! Je ne veux même pas penser à lui ! Je ne veux pas !
Ce sale traître ! Menteur et hypocrite ! Tous ces beaux mots qu'il m'a dit… cet espoir qu'il m'a donné pour me le retirer aussitôt…
Ma tristesse semble définitivement envolée, remplacée par une fureur incontrôlable.
Edward est un salaud, je ne devrais même pas pleurer pour lui ! Il m'a manipulé, il s'est joué de moi…
Je te l'avais dit : il t'a roulé dans la farine et tu t'es laissée faire, comme une pauvre idiote !
-Non ! protestai-je à voix haute, déterminé. Je ne me suis pas laissée faire… il va savoir comment je m'appelle !
Sans prendre le temps de réfléchir, parce qu'il est évident que je rebrousserais chemin, je compose le numéro du portable d'Edward. Mes poings sont serrés si forts que mes jointures blanchissent.
S'il était devant moi, je crois que je … que je…
Que tu l'embrasserais passionnément !
J'ignore délibérément ma voix, refusant de laisser ma colère retomber. Trois sonneries, puis le répondeur s'enclenche et son horrible voix, trop belle pour être vraie, dit :
-Hey ! C'est moi ! Si vous avez un message, laissez-le après le bip !
Bip…
-Edward Cullen ! m'écriai-je d'une voix un peu trop forte. Tu n'es qu'un… qu'un… ARG ! Je ne trouve même pas de mots pour le dire !
Salaud ? Fils de *&?% ? Encu*&?
-Si tu ne voulais pas me revoir, tu n'avais qu'à le dire tout de suite plutôt que de jouer cette comédie ! C'est abject ! Tu es abject ! Tu n'es pas du tout comme je le pensais. Finalement, je suis heureuse que tu m'aies montré ton véritable visage… et j'espère ne plus jamais entendre parler de toi ou de ta pétasse blonde ! Aurevoir. Ou adieu plutôt !
Puis je raccroche brusquement, le souffle court d'avoir dit tout ça sans respirer.
Je regarde mon téléphone un long moment, attendant de me sentir mieux, ou au moins libéré d'un poids… mais ce n'est pas le cas. Je suis toujours aussi furieuse. Triste aussi, je dois l'avouer. J'ai rêvé sur une chimère pendant six mois, j'ai gâché six longs mois de ma vie à penser à homme qui n'en vaut pas la peine.
À quoi je pensais ? Comment pouvais-je croire que j'avais tout compris de lui en une seule nuit ? Si cela se trouve, rien de ce qu'il m'a dit au téléphone la première fois n'était sincère. Mon amour est peut-être basé sur un mensonge depuis le tout début…
Je sursaute soudain lorsque l'appareil vibre dans ma main. Je le lève devant mon visage et me fige.
Et bien, qu'attends-tu pour répondre ?
Non ! Je ne veux pas ! Je ne me laisserai pas embobiner à nouveau par lui… et je sais que si je lui parle de vive voix, je vais flancher. C'est certain : je suis encore trop faible.
Je laisse donc mon téléphone sonner trois, puis quatre fois et enfin, le répondeur s'enclenche. Je fixe mon écran, attendant je ne sais trop quoi… lorsqu'un message apparaît :
Vous avez sept messages en attente.
Tiens, je n'avais même pas remarqué que j'en avais six avant !
C'est lui. C'est Edward qui te les a laissés. Tous.
Je ne veux pas les écouter. Je ne veux pas entendre sa voix…
Bien sûr que tu le veux. Tu meurs d'envie de les écouter. Surtout le dernier…
J'hésite un instant, puis je succombe. La voix d'Edward se fait aussitôt entendre.
-Je retourne ton appel, mais il semble que tu aies décidé de ne pas répondre : c'est plus facile d'insulter un répondeur que de me faire face, pas vrai ? Vraiment puéril et immature comme comportement miss Swan, mais je ne devrais pas m'étonner après ce que tu as fait !
Il a un petit rire méprisant. Je sers les dents, résistant à l'envie de répliquer.
Il ne pourrait pas t'entendre de toute façon, idiote!
Je le sais ! Et c'est pour cela que je me tais…
-Je ne prendrai pas la peine de répondre à tes insultes. Je suis à l'aise avec ce que j'ai fait, ma conscience est blanche comme neige. Ce qui n'est sûrement pas ton cas ! J'espère que tu as bien ri, que tu t'es amusée… moi je vais retrouver ma pétasse blonde…
J'entends un rire en arrière-plan que je reconnais comme étant celui de Rosalie et cette fois, je ne me contrôle plus.
Je hurle pleins poumons alors qu'Edward lâche un simple « Aurevoir ».
-C'est ça, va donc la retrouver espère de fils de… de…
Je donne un violent coup de poing dans les airs, puis je saute à pieds joints sur le plancher en criant, faisant sortir le trop plein de colère. Je me laisse enfin tomber sur le sol, les larmes roulant de nouveau sur mon visage.
Je le hais. Je le hais. Je le hais.
Tu l'aimes. Tu l'aimes. Tu l'aimes. Mais pourquoi dit-il que tu devrais te sentir mal ?
J'en sais rien et je m'en fiche ! répliquai-je à ma voix, excédée. Ne pourrais-je pas être une personne normale qui ne se parle pas à elle-même ?
Il y a quelque chose de louche Bella. Appelle-le et parlez-en ensemble. Allez.
Hors de question. Tout est fini.
Arrête et bas-toi un peu pour ce que tu veux ! Et si tu avais tout mal interpréter ? Edward a seulement dit une phrase à Rosalie et toi tu en déduis qu'il la drague, qu'il s'est joué de toi ? Tu ne vas pas un peu vite en affaire ?
Je ferme les yeux et grogne, fatiguée de se débat entre ma conscience et moi.
C'est toi qui me l'as suggéré. C'est toi qui m'as mis cette idée dans la tête !
Je me suis peut-être trompée. Appelle-le !
J'obéis, sans trop savoir ce qui me prend, ni ce que je vais bien pouvoir lui dire. La sonnerie retentit.
Une fois. Deux fois. Trois fois. Puis le répondeur s'enclenche. Encore.
-Et c'est moi qui suis puéril et immature ? lançai-je à un interlocuteur invisible sans avoir pu m'en empêcher. J'espérais… je pensais qu'on aurait pu en parler tous les deux. Et pas par répondeur. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression qu'il y eu un malentendu entre nous. J'espère qu'il y a eut un malentendu… Appelle-moi si tout n'est pas perdu. S'il-te-plaît.
Puis je raccroche encore, hésitant entre le sentiment de honte et celui d'espoir. Honte de lui avoir montré à quel point son attitude m'a fait souffrir espoir qu'il va me rappeler, discuter avec moi et que nous réaliserons tous deux que c'était une erreur…
Mais mon téléphone reste obstinément silencieux. J'attends… de longues minutes qui se transforment en heure… avant de finalement abdiquer : Edward ne me rappellera pas.
Le message est plutôt clair : tout est perdu. Je n'ai plus aucune chance.
Un sanglot s'échappe de ma poitrine et je me laisse tomber sur le sol, tenant toujours mon téléphone à la main. Au cas où…
Puis je me rappelle ce que j'ai découvert un peu plus tôt : j'ai six messages en attente. De lui, sûrement…
Sachant très bien que cela me fera encore un peu plus de mal, mais ne pouvant résister à l'envie d'entendre sa voix de nouveau, je les écoute.
-J'ai bien compris le message, dit Edward sans autre cérémonie. Tu n'entendras plus parler de moi...
Son ton est froid, dur, grinçant… comme son regard chez les Hale.
Il pousse un soupir et sa voix devient plus douce.
-J'espère quand même que tout ira bien pour toi. Aurevoir.
Un bip, puis encore un autre message, d'une voix que je connais bien mais qui n'a rien à voir avec celle d'Edward. Charlie.
-Bella. Un jeune homme vient d'appeler ici en me demandant si je sais où tu es. Je n'ai pas très bien compris, il dit que tu devais le rejoindre quelque part mais que tu n'es jamais arrivée. Ce n'était pas très clair et… enfin, c'est peut-être un malade ou une blague, je ne sais pas… mais rappelle-moi.
Bip.
-Salut Bell's ! C'est Tanya. Je voulais juste savoir si tu avais envie de faire le tour des musées dimanche… je ne l'ai pas encore fait. Appelle-moi si ça t'intéresse.
Encore un bip et de nouveau la voix d'Edward dont toute la fureur a disparu. Il semble seulement inquiet.
-Bella, écoute, appelle-moi. Si tu as décidé de ne pas venir, je ne t'en voudrai pas, mais… je veux seulement être certain que tu vas bien. Qu'il ne t'est rien arrivé. Appelle. Je t'en prie.
Je ferme les yeux en entendant sa dernière supplication dite dans un souffle qui semble presque désespéré.
Bip.
-Hey Bella. Je suis arrivé depuis deux heures… j'espère que tu vas bien. J'ai réalisé que tu ne m'as pas dit où tu habites alors j'imagine que le trajet doit être plus long que celui de New-York-Boston. J'ai… j'ai hâte de te voir.
Puis le dernier message. Le premier qu'il m'ait laissé en fait puisque je les entendais à rebours.
-Salut Bella. Je suis arrivé à Boston depuis quelques minutes. Je suis à l'hôtel Palace, comme convenu. Je t'y attends. À tout de suite.
Puis il raccroche et une voix impersonnelle dit :
-Vous n'avez plus de nouveau message. Pour réécouter les messages…
Sa voix était douce et joyeuse. Il semblait… heureux, impatient aussi. Comme lorsque nous nous avions discuté. Comme s'il avait hâte de me voir.
Pouvait-il être habile comédien à ce point ? Et surtout, pouvait-il être assez mesquin pour pousser le jeu jusqu'à m'appeler à répétition, juste pour le plaisir de me faire un peu plus de mal?
Et ce dernier message sur lequel il dit qu'il a compris, que je ne le reverrai plus : croyait-il vraiment que je m'étais moquée de lui ?
Des larmes coulant sur mon visage, j'efface les appels de Tanya et de mon père- je les recontacterai plus tard, et j'écoute en boucle les quatre messages d'Edward.
Ce que j'entends à l'autre bout du fil ne correspond pas à ce que j'ai lu dans ses yeux chez les Hale. Ici, il semble d'abord heureux à l'idée de me voir. Puis inquiet de ne pas me voir arrivé, inquiet au point de joindre mon père pour lui demander s'il savait où j'étais… et finalement, furieux et triste aussi que je ne sois pas là.
Chez les Hale, il s'est montré seulement froid et distant. Comme s'il ne me connaissait pas. Comme s'il n'était même pas surpris de me voir.
Ma main se crispe sur le téléphone que je ferme d'un coup sec, prise par une illumination : Edward n'était pas surpris de me voir.
Il savait que j'étais chez les Hale. Forcément. Il n'aurait pas réussi à contrôler aussi bien ses émotions sinon. Mon père lui a-t-il dit que je vivais à New-York ? Rosalie lui a-t-elle parlé de moi?
Peu importe. Ce qui compte, c'est qu'il savait que je lui avais menti avant même de me voir. Ce qui explique son attitude envers moi…
Il avait bien des raisons d'être furieux ! S'il savait que je vivais à New-York, il est sûrement persuadé que je me suis moquée de lui, l'envoyant à Boston alors que je restais à côté de chez lui !
Je pousse un gémissement et vais me laisser tomber sur mon lit où je me cache sous mes couvertures.
Bella, pathétique : le retour !
J'ai vraiment tout gâché avec Edward. Tout est de ma faute.
Ça tu peux le dire !
Mardi matin. Je suis toujours cachée sous mes draps, refusant d'en sortir. Non bien sûr, je n'y suis pas resté pendant trois jours… je suis sortie de mon lit pour me nourrir, pour me laver et combler d'autre besoin humain. Ah ! Et pour appeler mon cher papa qui commençait à paniquer.
Je crois que c'est à peu près tout. J'ai même manqué mes cours de la veille et je vais les manquer encore aujourd'hui. Je m'en fiche. Je n'ai pas envie d'y aller.
Je veux seulement pouvoir m'insulter, me traiter de tous les noms en paix; penser à Edward et revivre la seule nuit que nous avons vécu; pleurer sur ma triste vie qui aurait été tellement plus belle s'il en avait fait parti.
Pendant quelques heures, j'ai eu l'impression que tout était possible. Que je pouvais vraiment devenir ce que je voulais… parce qu'il était de nouveau dans ma vie. Pour lui, j'étais prête à tout.
Mais il est trop tard maintenant.
Je commence une nouvelle crise de larmes lorsqu'un bruit m'interrompt. Quelqu'un cogne à la porte. Je pousse un grognement et remonte la couverture par-dessus ma tête. Qui que ce soit, qu'il aille au diable !
-Bella ! Bella, je sais que tu es là ! crie une voix masculine derrière la porte.
Pas celle que j'aurais voulu entendre, hélas.
Quoi ? Tu continues à espérer ? Tu es folle ma parole !
-Bella ! Allez ! Viens ouvrir !
-Va-t-en, marmonnai-je en sachant qu'il ne peut m'entendre.
-BELLA ! Je vais défoncer la porte si tu ne viens pas !
Je me lève, exaspérée et je me dirige d'un pas furieux vers la porte. Je ne crois pas que Jasper le ferait vraiment, mais j'en ai assez de l'entendre crier. J'ouvre d'un geste brusque et je lance mon regard le plus meurtrier au blond qui se tient devant moi.
Celui-ci me fixe sans se laisser démonter.
-Bonjour Bella.
Il me pousse sans ménagement et entre dans mon appartement.
-Ne te gêne pas surtout, raillai-je en le suivant à l'intérieur.
Il s'assit sur mon divan, souriant.
-Je n'en avais pas l'intention.
Puis il plonge dans le silence, me regardant comme s'il essayait de lire en moi. Je me tortille sur place, mal à l'aise. Pour échapper à son inspection, je me laisse tomber à ses côtés, gardant mon attention sur mes pieds comme si c'était la chose la plus intéressante que j'ai jamais vu.
-Qu'est-ce qui s'est passé avec Edward ? demande-t-il soudain et je sursaute.
-Je… rien… rien du tout, bafouillai-je. Je ne le connais même pas.
-Tu mens très mal, réplique Jasper.
Je bondis sur mes pieds et me tourne vers lui en position de combat. Toute la fureur que je ressens depuis quelques jours se retourne contre lui et j'explose.
-Et en quoi ça te regarde ? Hein ? Pourquoi tu es ici ? Tu ne me connais pas ! Tu ne sais rien de moi ! Alors n'essaie pas de gérer ma non-vie parce que je n'en ai pas besoin ! Edward est du passé maintenant et je veux seulement l'oublier !
-Ah oui ? me coupe Jasper en souriant. Et c'est pour cela que tu restes enfermée chez toi depuis trois jours ?
Je lui jette un regard mauvais, croisant les bras sur ma poitrine, butée.
-Je suis malade. J'ai attrapé la grippe.
Le sourire de Jasper s'agrandit.
-Tu me sembles en parfaite santé pourtant. Tu n'aurais pas plutôt attrapé une maladie qui s'appelle l'amour ?
Je suis si furieuse à présent que je tape du pied sur le sol.
De quoi est-ce qu'il se mêle ?
-Pas. Du. Tout. Comment oses-tu dire une chose pareille ? Tu ne sais rien de moi, rien de moi et Edward et… et…
Je me tais soudain, figée, puis je pousse un soupir.
-Il t'a tout dit, c'est ça ? demandai-je alors en rougissant.
Jasper hausse les épaules.
-Un gars déprimé, quelques bières, un ami persuasif… bien sûr qu'il m'a tout dit !
-Et qu'est-ce qu'il t'a raconté ? demandai-je, avide de savoir.
-Ah ! Je ne peux rien dire. Secret professionnel.
J'ose un coup d'œil oblique vers lui et vois qu'il sourit toujours.
IL M'ÉNERVE !
Moi aussi, répondis-je à ma conscience.
-Pourquoi est-ce que tu souris comme ça ? Personnellement, je ne vois rien de réjouissant dans ce qui s'est passé !
Jasper se lève et il s'avance vers moi.
-Je souris parce que j'ai la preuve sous les yeux que tu es capable de te battre… et si tu veux Edward, tu vas devoir te battre !
Je croise les bras sur la poitrine en secouant la tête.
-C'est trop tard, dis-je à mi-voix.
-C'est ce que tu crois, mais c'est faux. Edward a perdu confiance en toi; il ne comprend pas pourquoi tu lui as menti et il croit que tu t'es joué de lui…
-Non ! Je n'aurais jamais pu, m'écriai-je, horrifiée qu'Edward puisse penser une chose pareille et que mes doutes soient confirmés.
-C'est ce que j'ai pensé… et j'en ai eu la confirmation en arrivant ici tout à l'heure et en voyant tout état. J'ai essayé de lui faire comprendre que tu avais peut-être d'autres raisons, qu'il devrait te laisser une chance de t'expliquer… mais il ne veut rien entendre. Il est plut têtu qu'une mule ! Tu es la seule qui puisse arranger les choses.
Il dépose une main douce sur mon bras. Pendant un instant, je suis tentée d'accepter. De courir voir Edward et de le supplier de m'écouter… puis je reviens à la raison.
-Non. Peu importe de toute façon : ça n'aurait jamais marché entre nous. Il vit… dans un tout autre univers que moi.
Jasper resserre doucement sa prise sur mon bras. Son sourire disparaît et il fixe un regard grave dans le mien.
-Bella, tu dis que je ne te connais pas… mais tu as tort. Même si on s'est rencontré depuis peu, je te comprends plus que tu ne le penses. Ce n'est pas un hasard si je suis allé m'asseoir à ta table ce soir-là. Je me suis vu en toi.
Je fronce les sourcils, étonnée.
-Quoi ?
-Je me suis vu… tel que j'étais avant. Comme toi, j'avançais dans la vie en trébuchant, me laissant dicter mes actes par les gens qui m'entouraient ou par le destin lui-même. Je ne me sentais bien nulle part, mais je n'essayais même pas de changer les choses. Je regardais la vie passer sans rien faire, en faisant semblant d'être heureux…
-J'ai essayé, le coupai-je brusquement. C'est pour ça que je suis ici… je croyais que je me sentirais mieux dans une grande ville où je pourrais commencer une nouvelle vie.
Jasper hoche la tête, puis il relâche son étreinte sur mon bras et recule d'un pas.
-C'est bien. C'est un bon pas en avant : pour moi, quitter Maria a été le déclencheur de tout. Mais ça ne suffit pas. Tu dois… tu dois te prendre en main. Tu dois apprendre à avoir confiance en toi. C'est primordial.
Je pousse un soupir sceptique, puis croise les bras sur ma poitrine. Jasper lève les yeux au ciel.
-Vous êtes vraiment fait l'un pour l'autre tous les deux : tu es aussi butée que lui.
Je pince les lèvres, retenant une réplique acide. Jasper est l'un des seuls amis que j'ai… et j'aimerais le garder plus de quelques heures. Alors je refrène mon mauvais caractère et je me tais.
Jasper, lui, regarde autour de lui, comme s'il cherchait quelque chose. Lorsqu'il reporte son attention sur moi, ses yeux semblent déterminés. Inflexibles.
-D'accord. J'abdique pour le moment. Je te laisse gagner… mais laisse-moi te poser une question : crois-tu vraiment que de rester enfermer ici, à pleurer dans ton lit, va réellement t'aider ? Et sécher tes cours ? Tu crois que ça va t'apporter quelque chose de bon ?
Je reste dans ma position défensive, un peu moins sûre de moi cependant. Il a raison bien sûr. Mon attitude est pathétique, mais je ne me sentais pas en mesure d'affronter le monde extérieur et encore moins de le voir, lui.
Jasper penche la tête pour capter mon regard.
-Allez Bella ! Tout ce que je te demande, c'est de venir en cours aujourd'hui. Tu ne seras même pas obligé de me parler… juste faire acte de présence me suffira.
Il me fixe d'un regard persuasif qui me fait pousser un soupir.
-Très bien. Tu as raison. Laisse-moi quelques minutes pour me préparer et j'arrive.
Jasper relève la tête et il sourit, visiblement fier de lui.
Tu t'es fait avoir en beauté ma belle !
Je soupire de nouveau alors que je me dirige vers la salle de bain. Je me prépare en vitesse et quelques minutes plus tard, je suis prête à partir pour le campus. Jasper m'accompagne jusqu'à sa voiture, une Mercedes Benz, bien sûr.
-J'ai su que tu étais momentanément sans moyen de transport…
-Oui, je devrais récupérer ma camionnette la semaine prochaine. Je vais prendre le métro pour les prochains jours…
-Pas la peine. Je viendrai te chercher demain matin.
-Quoi ? Non ! Ce n'est pas la peine… ce n'est pas du tout sur ton chemin !
-Je m'en fiche, réplique-t-il, amusé. Je ne te laisserai pas prendre le métro… avec ta chance, tu te retrouverais rapidement sous les rails !
Ah tiens ! Exactement ce que j'ai pensé il y a quelques heures. Visiblement, il a raison : il me connaît mieux qu'il n'y paraît !
Il me conduit donc dans sa voiture, beaucoup plus rapide et confortable que la mienne, et je garde un silence buté, comme convenu. Je veux bien qu'il sente que je suis là totalement contre mon gré…
Même si finalement, je dois avouer que le seul fait de le voir et de sortir de mon appartement me fait du bien.
Et Jasper me lance un sourire, comme s'il pouvait lire dans mes pensées ou sentir ce que je ressens, et il ouvre la radio, mettant une chanson douce et joyeuse.
Je m'installe plus confortablement et je ne peux empêcher un sourire d'étirer mes lèvres. J'adore cette chanson.
Le trajet se déroule dans un silence confortable et lorsque nous arrivons devant le campus de l'Université, Jasper se tourne vers moi.
-Alors ? Est-ce que je n'avais pas raison ?
Je fronce les sourcils et lui envois un regard que je veux furieux. Ce qui ne marche visiblement pas puisque mon ami éclate de rire.
-Tu ne l'admettras jamais, mais je sais que j'ai raison.
Il ignore mon grognement agacé et sort de la voiture. Je le rejoins, courant pitoyablement derrière lui.
-Jasper ! Attend !
Il s'arrête.
-Oh ! Tu as décidé de me parler maintenant ? demande-t-il, amusé.
-Pas le choix, je n'ai personne d'autre avec qui discuter…
Hey ! Je suis là moi !
-…mis à part moi-même ! Quoique, je devrais peut-être essayer de trouver Tanya. Elle, elle me…
-Elle a cours à cette heure. D'ailleurs, elle est furieuse que tu ne répondes pas à ces appels !
Je m'arrête à mon tour, croisant les bras sur ma poitrine.
-Tu connais Tanya ?
C'est impossible ! Il ne peut quand même pas connaître tout le monde sur le campus ! Jasper hausse les épaules en réponse.
-Elle est venue me voir, elle s'inquiétait pour toi ! D'ailleurs, elle m'a appelé… comment déjà ? Ah oui ! Ton mystérieux inconnu !
Je me sens rougir et pour me donner une certaine contenance, je me remets en route.
-Ça vient d'elle ou c'est toi qui m'appelle comme ça ? me demande Jasper, seulement pour me mettre encore plus mal à l'aise.
-C'est moi, grognai-je en réponse. Mais c'était avant que je te connaisse et réalise que tu n'étais qu'un embêtant casse-pieds !
Jasper rit et m'envoie un coup joueur dans les côtes.
-Je ne le suis pas autant que toi !
Tu vas à la cafétéria, me souffle la voix de ma conscience.
Absorbée par la conversation, je ne lui prête pas attention.
Jasper est là, alors je n'ai plus envie d'avoir des conversations avec moi-même. Sa présence me fait du bien, arrêter de m'apitoyer sur mon sort aussi…
Je me sens presque comme une fille normale.
MAIS TU VAS À LA CAFÉTÉRIA !
Je me fige soudain, réalisant la portée de cette information.
Sera-t-il là ? Lui et… elle ?
Non ! Je ne veux plus les revoir ! Plus jamais ! Qu'ils soient heureux ensemble… mais pas sous mes yeux !
Sans tenir compte de mon hésitation, faisant comme si tout allait bien, Jasper m'empoigne fermement par le coude et il m'entraîne vers le lieu maudit sans me laisser le choix.
-Je… je crois que j'ai un cours, Jasper.
-Non. C'est ton heure de pause. J'ai vérifié.
-Mais… mais…
-Allons manger une bouchée.
Il me fait alors entrer dans la cafétéria bondée… où j'aperçois aussitôt une chevelure d'une couleur cuivre inimitable.
Il est là. Et avec elle. La poufiasses…
et parfaite !
….blonde ! Ils discutent tous les deux, penchés l'un vers l'autre, riant aux éclats. Emmet est là aussi, des écouteurs sur les oreilles, totalement indifférent à la présence de ses amis.
-Traître, murmurai-je à mon faux ami lorsque je réalise que Jasper m'entraîne fermement vers leur table.
-Je le fais pour ton bien.
-Je ne suis pas prête, soufflai-je, sentant les larmes perler à mes yeux.
La prise sur mon coude se relâcha et une main se glissa soudain dans la mienne dans une douce étreinte.
-Tu es plus forte que tu ne le crois, murmura Jasper en réponse.
À cet instant, nous arrivons enfin (ou déjà selon mon point de vu) devant la table où se tient Edward et ses amis. Trois paires d'yeux se tournent vers nous, mais je n'en vois qu'une… des yeux insondables et magnifiques qui m'examinent.
Je ne peux plus rebrousser chemin maintenant : il est trop tard.
Je dois affronter Edward.
