Note de l'auteur : Salut salut ! Merci de lire le chapitre 6 de ma fic ! L'œuvre original et tous les personnages y étant lié appartiennent à leurs propriétaire légaux, après les autres, c'est à moi !
Bon ! Ce fut long ! Pardon pour le retard encore une fois, j'ai eu des empêchements, dont un qui m'a fait ressembler à une vieille carpette moisie pendant deux jours… Mais maintenant c'est bon ! Le chapitre 7 est déjà en route, je ferai vite la prochaine fois, promis ! (Faites au moins semblant d'y croire avec moi ^^') Ce chapitre est assez important, y'a pas mal de mise en place, mais vous verrez ! D'ici le prochain chapitre, pas mal d'évènement important vont avoir lieux.
Yuuki ! Merci beaucoup ! L'histoire est assez complexe, ça me rassure qu'on ne s'y perde pas ^^' la partie en Russie est la seule à se dérouler hors du Japon cependant, sauf deux-trois futur flash-back. Merci encore, c'est trop chou.
Shady : Yay ! Heureuse d'avoir ton avis ! J'essaye d'éviter les fautes de frappes et les fautes d'ortho', mais tu me connais, plus tête en l'air, tu meurs… Je fais attention promis ! Ça me fait plaisir que les combats trouvent grâce à tes yeux aussi ! Y'en aura beaucoup donc c'est cool qu'ils soient biens dès le départ ^^'
Ouai, je t'ai peut-être un peu trop spoilé… Mais je peux jamais m'arrêter lorsque je parle personnage TT c'est plus fort que moi.
J'ai rectifié le problème de genre de cette partie au fait, merci de me prévenir !
Claraserah C'est très gentil de ta part de me proposer de faire ça, mais j'avais proposé à ma revieuse inconnue… Parce qu'elle était la première à m'avoir reviewer. Je n'ai pas le temps de faire de la correction (pour preuve, je ne l'ai toujours pas fait pour Anonyme, elle doit trop me haïr TT). En tout cas, si je peux te donner un conseil, continue d'écrire et accroche toi. Je ne peux pas te faire de critique, mais écoute celle qui te seront faite si elles sont honnêtes et si on descend ta fic sans arguments, ne te laisse pas faire !
Fd139 BOUUUUUUUMMMM ! Moi aussi, après huit ans de retard.
Yay ! J'ai l'identité d'un de mes lecteurs venus du nord ! Mouhahaha ! Domination du monde !
Ecrire cette partie était super drôle je t'avoue. Itou a pas mal d'importance dans l'histoire (je me demande encore comment j'ai pu décider ça d'ailleurs '-') mais Harada aussi, donc bon XD Il a un joli passage dans ce chapitre aussi ! (tout comme Okita) enfin j'essaye de respecter la balance entre les capitaines (Heisuke et Sannan aussi auront des rôles plutôt badass dans le futur.) Kazama aussi va apparaitre (et pas qu'un peu !) mais je ne dis rien pour Chizuru, c'est important pour plus tard )
Haha, la différence entre les œuvres XD La seule chose que je sais sur Kenshin, c'est que Saito (le personnage historique) est aussi dedans. Enfin, je compte plus le nombre d'œuvre où ce type apparait uu Pourtant, je peux pas m'empêcher de penser à celui d'Hakuouki. Pour moi, c'est celui-là Saito, pas un autre XD
Yep, Joi there will be. Je ne sais pas encore pour Katsura cependant, il est chuper cool… Mais j'ai pas du tout potassé son sujet. A voir.
Voilà, fini pour les réponses, avant de lire, je tiens à vous prévenir (puisqu'on me l'a fait remarquer) Gabriel sera écrite au masculin lorsqu'elle porte son masque, mais si elle l'enlève ou qu'elle est seule avec une personne au courant, elle sera écrite au féminin. Merci à Shadow pour la question ! (j'ai aussi corrigé l'erreur dont tu m'as parlé !)
Et coucou à mes lecteurs de République tchèque, de l'île Maurice et du Canada !
Bonne lecture à tous !
Chapitre VI : Le chemin des braves.
Nishinomiya, 18 Février 1865.
« C'est… Le Shinsengumi ? »
« C'est pas vrai… Ils travaillent pour des étrangers maintenant ? »
« Certain sont blessés, regarde… »
« Ils auraient dû se faire tuer… »
Sur le passage du convoi, les volets se fermaient, les gens reculaient et les regards se durcissaient. Pas un seul combattant ne semblait pourtant être atteint, ni même avoir entendu les remarque qui émaillaient leur chemin. Leur pas était calé sur celui des chevaux, et leurs regards fixés droit devant eux.
En tête, en selle sur un petit cheval noir, Gabriel marchait côté à côte avec le vice-capitaine du Shinsengumi et son propre vice-commandant. Derrière eux venait une troupe d'une dizaine d'homme mélangeant ronin du Shinsengumi et soldat italien, mené par Saito et Ambrose.
Les suivant de quelques pas, entouré par des cavaliers et tiré par deux chevaux bais, venait le fiacre d'Angélique. Dans la pénombre de ses rideaux tirés, l'aristocrate caressait pensivement les cheveux de son chaperon, qui s'était endormi sur ses genoux. Le visage de la diplomate était devenu aussi inexpressif que le masque de son protecteur. À leurs pieds, roulé en boule, Cerbère dormait paisiblement, ses rêves agitant parfois le bout de ses pattes.
À l'extérieur, entre les chariots de matériels, une légion bâtarde constituée de japonais et d'Italien marchait au pas.
Il ne fallut que quelques minutes à la délégation pour traverser le petit village de Nishinomiya, pourtant, elles semblèrent s'étirer sur des heures.
** « Nous allons partir demain.»
La voix d'Angélique était à peine audible dans la petite clairière enneigée. Assise face à six de ses compagnons, l'aristocrate regardait le sol, honteuse. Le petit groupe était isolé du camp par un rideau d'arbre rendu noirs par la nuit.
« J'aimerai que vous rentriez à Rome pour prévenir les autres que nous avons réussi. Ils seront heureux de le savoir. » Murmura la jeune femme.
Les larmes débordèrent de ses yeux pourpres. Elle les essuya d'un revers de main.
« Je sais que c'est un peu brutal comme séparation, mais… Je suis désolée… »
Elle se serra dans ses propres bras et renonça à retenir ses pleurs. Ses cheveux étaient lâchés sur ses épaules et sa robe s'épanouissait autour d'elle comme une fleur noire.
« Je suis tellement fière de vous. » Souffla-t-elle d'une voix enrouée. « Vous êtes mes héros.»
Face à elle, aucune des tombes ne répondit.
Adossé à un arbre, à quelque mètre de là, Harada ferma les yeux avant de reprendre sa ronde. **
« Qu'est-ce qu'il y a, Sano-san ? »
Sortant de sa rêverie, Harada sursauta légèrement et se tourna vers Okita. Les deux hommes marchaient côte à côté, derrière le fiacre et le compagnon du samouraï semblait l'observer depuis plusieurs secondes.
Le lancier secoua légèrement la tête et se força à sourire.
« Hein ? Ah, rien. J'étais perdu dans mes pensées. » Expliqua-t-il hâtivement.
Son compagnon haussa un sourcil.
« Hm… Comme c'est inhabituel… À quoi est-ce que tu pensais ? »
« Rien d'important. J'ai déjà oublié. » Répondit Harada.
Okita le dévisagea, dubitatif, avant de soupirer. Sa main se posa sur le manche de son katana alors qu'il regardait autour de lui. La neige avait tout recouvert, rendant le paysage totalement uniforme. Décrypter les pensées de son ami lui avait un instant fait pensé qu'il avait trouvé un moyen de tromper l'ennui, mais le résultat s'était montré
« C'est ennuyant… » Murmura-t-il. « À croire que je suis condamné à éviter les évènements intéressants… »
« Oy Soji ! » Gronda son voisin.
Le jeune samouraï sursauta à son tour. Depuis leur arrivée, Harada s'était révélé particulièrement sensible au sort des Italiens. La moindre remarque déplacée se voyait gratifié d'un regard noir qui suffisait amplement à remettre n'importe qui en place. Okita comprit.
Réalisant son erreur, ce dernier baissa les yeux.
L'homme avançait tranquillement dans la rue principale du petit village. Sa silhouette sombre, courbée par l'âge, se devinait à peine entre les flocons. Chacun de ses pas était accompagné par le son clair des anneaux accrochés à son bâton. Habillé comme un moine, sa tête était protégée du temps par un large chapeau en paille, masquant en même temps la moitié de son visage.
Finalement las, il alla s'adosser à un mur, au coin d'une boutique fermée. Malgré la protection de l'auvent, le voyageur ne retira pas son chapeau, et se contenta d'appuyer son bâton contre son épaule.
« Vous avez finalement réussi à venir jusqu'ici… » Déclara une voix, dans la ruelle adjacente.
« Oh vous êtes déjà là… Aussi efficace que ce qui m'a été raconté. » Apprécia le moine avec un léger rire.
Dans le petit passage, une ombre drapée de noir était apparue, elle aussi adossée au mur. À cause de la chute de neige, il était impossible de la voir de la rue.
« Juste ponctuel. » Corrigea Gabriel.
« Je suppose que vous avez obtenu les informations ? » Demanda l'ecclésiaste.
« En effet. Pourquoi voulez-vous me voir, mon père ? » Répliqua l'ombre.
« Vous semblez pressé. » Fit remarquer ce dernier.
« Je le suis. Ma couverture m'empêche de m'éloigner trop longtemps sans éveiller de soupçons. »
Un soupir las fit s'abaisser les épaules du moine. L'impétuosité de Gabriel Solento était un trait connu de tous au Vatican, cependant, même en ayant été prévenu, l'homme ne put s'empêcher de sentir l'exaspération le gagner. Son sourire paisible refusa pourtant de disparaitre.
« Je voulais voir votre visage, mon enfant. » S'expliqua-t-il calmement. « Ou tout du moins ce que vous en laissez voir. Je n'ai pas pour habitude de travailler avec de simples ombres, voyez-vous. Votre collègue a été très compréhensif à ce sujet. »
« M'appeler pour quelque chose d'aussi futile est loin d'être intelligent. » Déclara le traqueur d'une voix blanche. « De plus, si je puis me permettre, je ne suis pas mon collègue, Père Lucius »
Un petit rire échappa au concerné. S'accaparant tranquillement le silence, il leva les yeux au ciel et contempla les flocons.
« Cela fait bien longtemps que personne ne m'a appelé par ce nom… » Murmura-t-il. « Je ne cherche pas la guerre, Signore Solento, seulement à vous aider. Si vous poursuivez dans cette voie, vous risquez de graves ennuis et ce n'est pas ce que nous voulons. Avez-vous pu apprendre quelque chose sur cette pauvre âme qu'ils retiennent captive ? »
Gabriel ne répondit pas. Lorsque Lucius se retourna et releva légèrement son chapeau, il ne découvrit rien de plus qu'une ruelle vide. Clignant lentement des yeux, il finit par lâcher un nouveau soupir.
« Bonum te scire… Venator daemonem… »*
19 Février 1865
Les pas des soldats faisaient ronronner la neige fraîche. Les regards étaient fixes, les épaules tendues. Les chevaux tiraient sur leurs mors, impatients. Au bout des champs drapés de soie blanche, la silhouette inégale de Kyoto était un croquis au fusain sur le ciel gris.
En tête, le cheval de Gabriel piaffait nerveusement, irrité par la tension ambiante. Sa crinière noire ondulait au rythme de ses pas, tandis qu'une écume blanche commençait à mousser au coin de ses lèvres. Ses harnais tintaient régulièrement, alors que son maître le contrôlait d'une main ferme.
À ses côtés, Flavio lança un regard au cavalier avant de pincer les lèvres.
« Ce sont des étrangers… »
« Kami-sama… Qu'est-ce qu'ils font ici ? »
« Le Shogun est devenu si faible que ça ? Il parait que le dignitaire est une femme en plus ! »
« J'espère qu'ils ne vont pas rester trop longtemps… Tch ! Même le Shinsengumi est à leur botte… Ce sont vraiment des chiens… »
« Il parait qu'ils se sont fait attaquer à Akashi… J'espère que la prochaine fois sera la bonne ! »
La foule s'était massée d'une bien étrange manière ce jour-là. La route empruntée par le convoi était déserte, mais pas une seule ruelle, pas une seule fenêtre, n'était pas occupée par plusieurs paires d'yeux.
La chute de neige donnait une allure surréaliste à la scène, aspirant toute couleur n'ayant pas assez de force et vivifiant les autres.
« Déjà vu… » Murmura Gabriel, passant une main dans la crinière de sa monture.
L'animal secoua la tête en faisant claquer son harnais.
« Les terres que vous ont légué le clan Aizu sont en dehors de la ville. » Expliqua calmement Hijikata, sans prêter attention au cheval. « Ça devrait limiter les problèmes. »
Gabriel hocha lentement la tête.
« C'est une bonne chose. » Souligna Flavio. « Je suppose que l'envoyé des Aizu nous y attendra ? »
Avant leur entrée à Kyoto, le convoi avait obtenu de nouvelles informations du clan dominant la ville. Dès leur arrivée, l'un des leurs attendait les Italiens sur les lieux mêmes de leur nouvelle résidence. Le messager qui les en avait informé, un petit homme d'un certain âge, marchait à présent derrière les trois officiers. Gabriel n'avait émis aucune remarque, mais n'avait pu empêcher les grondements de son instinct en l'entendant parler. Effectuer la première rencontre à peine Nina sortie du fiacre ne pouvait avoir qu'un seul sens : voir de quoi elle était capable.
Le piège n'avait pas échappé à Hijikata, mais tout comme le capitaine italien lui non plus n'avait pas fait de commentaire. Il avait seulement observé la réaction de la diplomate, lorsque Gabriel lui avait annoncé la nouvelle. Une fois encore, la jeune femme avait brillé par l'imprévisibilité de ses réactions.
Elle avait souri.
Trois coups cadencés retentirent à la porte du fiacre dès qu'il fut immobile. Deux coups secs suivis d'un autre. Les yeux d'Angéliques se fermèrent quelques instants en entendant ce signal avant de se rouvrir, animés d'une lueur déterminée.
« Olympe. »
« Oui Mademoiselle ? »
« Reste dans le fiacre. Ambrose viendra te chercher. J'ai quelque chose d'important à faire. »
Le chaperon baissa la tête et regarda ses petites mains.
« Bien Mademoiselle. Que Dieu soit vous garde. »
Le clan des Aizu avait su se montrer généreux. L'une de leurs propriétés, située à la lisière de la ville, était devenue le refuge des Italiens. Ceint par un mur, l'endroit avait des airs de château abandonné. Plus aucune famille ne vivait dedans depuis plusieurs mois, mais l'ensemble était en assez bon état pour accueillir la trentaine d'hommes. En quelques minutes, la demeure avait retrouvé son animation. Les soldats allaient et venaient sans cesse, transportant leur matériel d'une pièce à l'autre.
Une salle cependant restait calme, bien que trois personnes s'y tiennent. Éclairés par quelques bougies, ils s'étaient isolés depuis l'arrivée du convoi italien.
« Vous êtes une personne surprenante, Garibaldi-dono… » Déclara l'homme assis en face d'elle. « Je ne m'attendais pas à recevoir quelqu'un comme vous, je vous avouerai… »
Ses cheveux noirs étaient rassemblés sur sa nuque et rasés sur les côtés. Son kimono laissait apparaitre quelques cicatrices et son visage gardait en permanence une expression sévère. Il était très grand et très large. Derrière lui, le messager des Aizu observait attentivement la diplomate, à la fois attentif et intrigué par Angélique.
Dans une robe bleu ciel, à mi-chemin entre le kimono et la robe occidentale, elle était agenouillé très droite, face à l'autre homme. Depuis plus d'une heure, alors que le soleil s'était déjà couché, elle s'était montrée imperturbable.
« Pour ne pas vous mentir. » Poursuivit l'homme. « Les autres étrangers que j'ai rencontré jusqu'alors étaient loin d'être comme vous. »
« C'est trop d'honneur, Kazuki-san. » Répondit-elle courtoisement. « Je ne fais que représenter une mission diplomatique alors qu'ils défendaient des intérêts économiques. Je vous aurais peut-être semblé tout aussi insupportable si cela avait été mon cas. »
Le regard de l'homme se durcit.
« Jusqu'où seriez-vous allée pour le commerce ? » Demanda-t-il froidement.
Angélique soutint son regard sans sourciller.
« Jusqu'au bout. »
Kazuki la fixa une poignée de seconde. Ses yeux gris fouillèrent le visage de l'Italienne à la recherche de la moindre prise, du moindre défaut dans sa détermination.
« Vous réalisez que ce que vous venez de dire est loin de nous plaire. »
« Je le sais. Mais je sais également que ma mission est toute autre et que vous êtes assez sage pour ne pas me juger pour quelque chose que je ne ferai pas. »
L'impassibilité de Kazuki se fendilla.
« Vous n'êtes pas une personne ordinaire, Garibaldi-dono. » Souffla-t-il avant de reprendre plus froidement. « Si vous voulez un bon conseil ne vous mettez pas au commerce. Vous vous attireriez de graves ennuis. »
« Ça n'entre pas dans la liste de mes projets. » Répondit Angélique, imperturbable. « Ma mission est de faire reconnaitre mon pays. Si j'avais été en charge d'un accord économique, vous l'auriez appris. »
Un reniflement amusé échappa à l'envoyé des Aizu la frêle dignitaire n'avait pas sourcillé à sa remarque. Sa voix n'avait pas perdu une once de sa courtoisie habituelle.
« Certes, mais voyez-vous, nous sommes des plus prudents avec les étrangers. » Déclara-t-il avec un léger rictus.
« Seriez-vous en train de mettre ma parole en doute ? » Releva la diplomate. « Je n'aurai aucun problème à jurer ma sincérité sur mon honneur. »
Kazuki sentit la surprise le frapper à l'arrière de la tête. Ses sourcils broussailleux se froncèrent.
« Sauf votre respect, Garibaldi-dono, vous êtes une femme. »
« Je sais la place qu'ont les femmes dans votre société, mais cette place ne me revient pas. Je suis messager de la couronne italienne avant d'être une femme et dois donc être traitée en tant que tel. »
L'envoyé des Aizu resta coi, abasourdi par la répartie de l'aristocrate. Lorsqu'il se reprit, la colère le gagna l'Italienne avait raison, mais il ne put supporter son impertinance.
« Comment osez-vous !? » Gronda-t-il en posant sa main sur le manche de son katana.
Angélique fronça soudainement les sourcils et Kazuki ne put s'empêcher de sentir la satisfaction le gagner il avait enfin réussi à la faire vaciller. L'instant suivant, il le regretta amèrement.
« Souhaitez-vous donc tant que cela briser une alliance vieille de trois siècles ? » Demanda-t-elle d'une voix dure.
Le samouraï hésita, mais finit par dégainer son arme. Une autre voix retentit alors.
« Kazuki-kun. Il suffit. »
Le messager se leva, soudainement plus assuré, plus autoritaire. Son regard pourtant, n'avait rien de belliqueux.
« Garibaldi-dono sera un adversaire bien trop puissant pour vous. » Ajouta-t-il en venant se placer entre eux.
La jeune femme le dévisagea avec surprise avant de retenir un rire. Ses yeux pourpres se fermèrent doucement, puis elle s'inclina.
« Vous êtes donc l'envoyé des Aizu que je devais rencontrer… » Elle se releva. « Toutes mes excuses, on ne m'a pas dit votre nom lorsque le message m'a été délivré. »
L'homme sourit et s'inclina à son tour.
« Je suis Aruhi Sakamoto. » Déclara-t-il avant de se redresser. « Vous êtes une personne fort intéressante, Garibaldi-dono, vraiment. Kazuki-kun ne mentait pas en disant que vous n'aviez rien de comparable aux autres étrangers. Cependant, sachez que vous aurez bien du mal à gagner sympathie avec un caractère comme le vôtre… »
« Sans vouloir vous offenser, Sakamoto-dono, la sympathie n'est pas ce que je recherche, mais le respect. »
Le silence tomba sur la pièce tandis que Sakamoto la dévisageait à son tour. Un sourire se traça sur ses lèvres, puis il s'inclina.
« Katamori-sama vous rencontrera d'ici deux jours. Votre requête ne peut pas attendre, je crois ? »
Le pistolet d'Ambrose retourna dans son fourreau dès que les trois dignitaires sortirent. Assis dans la pièce adjacente, lumière éteinte, le lieutenant avait patiemment écouté chaque mot prononcé durant la rencontre, prêt à intervenir
« Cet idiot a failli signer son arrêt de mort. » Murmura-t-il une fois que tout fut de nouveau calme.
Il se tourna ensuite vers Flavio avec un sourire.
« Je ne me ferai jamais à la façon dont Mademoiselle Garibaldi règle ses problèmes. »
« Impressionnant n'est-ce pas ? » Répondit ce dernier en se relevant.
À l'autre bout de la petite pièce, dans la flaque de lumière laissée par l'unique fenêtre, le vétéran examinait sa rapière.
« C'est cette ténacité qui lui permet de survivre dans un monde d'hommes. » Ajouta-t-il.
Ambrose secoua la tête, retenant un rire. Il s'appuya au mur et croisa les bras, son sourire brillant dans la pénombre.
« Hm… Elle se débrouille incroyablement bien, c'est vrai. Mais ça ne change rien au fait qu'elle n'a pas sa place dans ce monde. Elle finira par se faire écraser. »
« Je ne pense pas que ça l'arrêtera. » Répondit tranquillement l'officier.
« Hm ? »
« As-tu remarqué ? Depuis le départ, il y a toujours une personne pour se mettre en travers de sa route. Pourtant, Mademoiselle Garibaldi n'a jamais abandonné. »
Le visage d'Ambrose se vida de toute expression, à peine une seconde, avant de retrouver son étrange sourire.
« Vous lui portez beaucoup d'admiration, Vice-capitano. » Ironisa-t-il en insistant sur le grade.
Flavio sourit à son tour, sans quitter son arme des yeux.
« Elle est l'une des deux personnes que j'admire le plus au monde. » Expliqua-t-il « D'ailleurs, chose amusante… Ce sont toutes deux des femmes. »
Ambrose haussa les sourcils, sincèrement surpris, avant de renifler avec dédain. Quittant le soutien du mur, il sortit de la pièce.
« Je vais faire mon rapport au capitaine. » Lança-t-il par-dessus son épaule. « Passe une bonne nuit. »
« Tu es plutôt courageux de vouloir entrer ici…»
L'ombre s'immobilisa brusquement avant de se retourner vivement, dégainant le poignard accroché à sa jambe. La cape noire qui l'avait drapé en Russie avait disparu, dévoilant des habits noirs, ajustés sur un corps nerveux et agile. Okita se tenait face à elle, nonchalamment appuyé contre mur d'enceinte, ses bras croisés sur sa poitrine. Il semblait l'attendre depuis le début.
Constatant qu'il avait son attention, le samouraï se redressa et quitta l'ombre du mur. Avec un bruit doux, son katana quitta son fourreau.
« Quel dommage… Tu avais presque réussi. » Déclara-t-il. « Mais tu vois… Cet endroit est protégé par le Shinsengumi, et les étrangers sont plutôt à cran en ce qui concerne les intrusions en ce moment… »
Le chant du métal résonna dans l'air du soir. Leurs ombres fondues en une seule, leurs lames croisées, les deux combattants luttaient ardemment pour repousser l'autre
Les dents serrées de l'ombre se reflétaient en un sourire carnassier sur les lèvres du samouraï. Il avait l'avantage.
Se séparant avec un claquement sec, ils se rejoignirent de nouveau, encore et encore, dans un concert d'acier. Cherchant désespérément une faille chez l'autre, les deux amants de guerre bataillèrent de vives secondes avant de se figer de nouveau, piégés dans un équilibre létal.
Okita ne put retenir un sourire face au talent de son adversaire. Malgré l'écart de force, ce dernier avait réussi à bloquer le tranchant de son katana avec une simple dague. Tremblante, faiblissant de seconde en seconde, la petite lame avait cependant évité une mort certaine à son propriétaire. Souriant un peu plus, le samouraï appuya cruellement, cherchant à le faire rompre. Un arc brillant se traça alors, dessiné par un second poignard qu'il évita de justesse.
La surprise se dissipa rapidement et, avec un rire sec, il chargea, droit devant, transperçant tout sur son passage.
« Tu es plutôt impressionnant. » Déclara l'ombre, quelque part.
Les yeux de Soji s'écarquillèrent. Sa lame avait embroché le vide. Sa cible avait disparu.
« Mais trop lent. » Acheva-t-elle.
Il ne fallut qu'une seconde à Soji pour la retrouver, perchée en haut du mur d'enceinte. L'instant suivant, elle avait disparu. Un sourire échappa alors au combattant, tandis qu'il rengainait son katana.
« Pense à soigner tes blessures… Noraneko… » Murmura-t-il avant de siffler, sonnant l'alerte.
« Vous êtes en retard, Capitano. C'est inhabituel. »
Adossé au mur de la chambre de son supérieur, Ambrose dévisageait ce dernier avec une expression indéchiffrable. Gabriel était en train de ranger ses vêtements d'opération dans un petit coffre, sans le regarder.
« J'ai croisé un loup sur le retour. » Expliqua brièvement l'officier avant de souffler la bougie sur son bureau. « J'ai du m'y reprendre à deux fois pour revenir dans la résidence, je n'avais pas prévu que le Shinsengumi soit encore là. Quelque chose est arrivé ?»
« Mademoiselle Garibaldi à fait des étincelles, une fois encore. Katamori nous rencontrera d'ici quelques jours. Ensuite ce sera le tour du Shogun. Ça ferait désordre s'il nous arrivait quelque chose entre temps, alors ils nous ont laissé une division de plus. »
Gabriel fixa la fumée qui s'échappait de la mèche à peine éteinte avant de répondre.
« Parfait... De mon côté, j'ai pu mettre le père Lucius au courant. Ses hommes surveilleront Yukimura Chizuru nuit et jour. »
« Hm… Il n'empêche qu'ils ne sont pas très fins… Ils auraient pu confirmer sa survie par eux-mêmes. Enfin… » Soupira son partenaire.
Un rictus courba les lèvres d'Ambrose, lui redonnant son expression habituelle. Sans un mot de plus, il sortit de la chambre. Gabriel attendit plusieurs minutes encore avant de retirer son masque. Attrapant un miroir posé sur son bureau, elle examina son visage à la lumière de la lune.
Une fine blessure saignait encore légèrement, juste sous son œil.
Bonum te scire. Venator daemonem : Heureux de te connaître. Chasseur de démon.
Noraneko : chat errant
