Hellooooooooo lecteurs!

Nous revoilà pour un nouveau chapitre dans le rituel du lundi! On vous remercie chaleureusement pour tous vos retours sur cette histoire qui semble vous plaire autant que nous aimons l'écrire. D'ailleurs ce week-end nous nous sommes dits sur les chapitres qu'on écrivait qu'on approchait presque déjà de la fin! Mais voilà peut être que nous aurons une autre idée de fic à quatre mains d'ici là avec la saison 6! En tout cas on vit une superbe aventure avec cette histoire et la partager avec vous est tout simplement génial. Comme toutes les semaines on passe aux remerciements plus personnels et d'ici là bonne lecture!

adrian009 : Merci nous espérons que la suite te plaira autant.

Thigui : Waouh tout ça?! Merci beaucoup pour tout! On y travaille, mais l'écriture à deux est plutôt stimulante et ça nous permet de nous corriger et de nous compléter. A très vite pour lire ton avis!

lille76 : Attila le Hun, une des répliques cultes de Martha! Oui on connaît bien et c'est toujours un plaisir de repasser un morceau d'épisode pour avoir la réplique exacte! On bosse dur^^ Merci pour ton commentaire très appréciateur.

Ewilan : Oui il faut qu'ils la retrouvent! C'est génial que "notre" Johanna te plaise en tout cas. On essaie de continuer sur la même lancée!

NonnaSo : Merci beaucoup pour ton commentaire. Il nous paraissait intéressant de creuser un peu qui était Johanna avant de l'amener dans l'histoire car c'est un personnage intéressant et aussi dans l'optique que ça ne paraisse pas si étrange de la voir vivante. Donc on est super contents que ça semble fluide et que la lecture soit agréable. Voici la suite, en espérant que tu adhères toujours autant.

Pandora60 : Que tu aies été surprise est une bonne chose pour nous! Maintenant on souhaite que l'explication va lever toutes les questions que tu te poses. Oui Castle est en danger, à vrai dire ils le sont tous. Mais on sait comment il agit quand Kate est menacée! C'est aussi ceci qu'on a voulu exploiter dans cette histoire. Pour ce qui est du 6x2 c'est certain qu'il y a moins de moments Caskett comme dans le 6x1, mais on a réellement apprécié tous ses regards qui ne trompent pas. Elle montre son attachement différemment, par exemple lorsque McCord lui demande comment va Castle et qu'elle lui répond "Mieux que moi", c'est tout de même assez fort. Et puis on sent comment Marlowe amène subtilement le retour de Beckett à New-York. Donc tu n'as pas tort mais on a adoré la deuxième partie aussi!

LilyPierce : Chaque semaine c'est un plaisir renouvelé de lire tes pavés. Oula côté impression tu nous mets un peu la pression là! On espère que ce que nous exposons te conviendra alors. C'est pour que tu reprennes ton souffle qu'on ne publie qu'un chapitre par semaine! Mais plaisanterie à part on s'est un peu donné comme ordre qu'il y ait vraiment beaucoup d'action. Après certains chapitres sont et seront plus narratifs mais car c'est nécessaire aussi pour l'histoire. Pour ton instinct tu découvriras s'il a vu juste dans quelques chapitres! Nous avons aussi hâte d'être à lundi pour avoir ta réaction à notre nouveau chapitre. Le meilleur pour toi aussi.

angelye : Ce n'est pas la première mais on est absolument ravis que ça te plaise! Oui c'est un personnage fascinant et c'est assez plaisant de prendre son point de vue à l'écriture car comme pour Bracken vu qu'on ne connaît pas trop d'elle on a une certaine marge de manœuvre sur le personnage. En tout cas tu la reverras!

Sandtoul : Waouh merci tout simplement. Une fois de plus on prend vraiment beaucoup de plaisir à écrire cette histoire et à la partager. De savoir qu'on fait du bon boulot à vos yeux c'est réellement super. Dans ce chapitre on va en savoir un peu plus sur l'intrigue autour de l'affaire Johanna Beckett. Et tu nous laisses des reviews comme ça quand tu veux, ça fait un peu le même effet que les épinards pour Popeye!

Saluki8 : Tant mieux si tu ne t'y attendais pas et on espère te surprendre encore, jusqu'au bout de cette histoire. Pou les retrouivailles ce n'est pas exactement pour tout de suite! Merci en tout cas.

Guest : Trop bien ton enthousiasme!

DrWeaver : On aime le Castle gamin et qui même dans les situations dramatiques arrive à nous faire sourire. C'est une des bonnes recettes de Marlowe et nous sommes contents si on peut lui arriver ne serait-ce qu'à la cheville!

Audrey1986 : Pour Kate il faudra attendre encore un peu! Et pour le débarquement de Johanna on a voulu rester mystérieux et ce n'est pas la dernière surprise que nous avons dans le chapeau. Toujours un plaisir de découvrir ta review chaque semaine.

Solealuna (x2) : Faudrait savoir tu nous hais ou tu nous adores? :p Merci encore pour tes reviews toujours passionnées et tes impressions sur les chapitres. On adore! Bisous.

Sans laisser de traces…

Chapitre 6, Javier Esposito.

- Javier, si tu ne ramènes pas tes fesses ici tout de suite je te promets que je viendrais te chercher !

A cette phrase prononcée sur un ton plus qu'équivoque je ne pus empêcher un sourire taquin de prendre place sur mes lèvres alors que mes doigts se crispaient sur la tasse de thé fumante que je tenais.

- Je t'ai dit que j'arrivais, je ne te savais pas si accro à mon corps, chica ! Lançais-je avant de poser la seconde tasse contenant du café sur le plateau à côté d'une assiette remplie de confiseries en tout genre et de m'en emparer pour le monter à l'étage.

Je grimpais les marches deux à deux, pressé de retrouver celle qui je le savais attendait impatiemment mon retour dans le lit à ses côtés. Arrivant à l'entrée de la chambre en question je poussais la porte du pied pour entrer et la vision me tira un sourire. Ma compagne se trouvait assise dans mon grand lit, enroulée dans la couverture légère qui parait le drap et elle arborait un visage mécontent.

- Tu en as mis du temps, m'accusa-t-elle alors que je déposais le plateau sur la table de nuit.

Lui lançant un regard amusé je m'asseyais à ses côtés, penchant la tête pour poser un baiser dans son cou offert. Elle me présenta ses lèvres sur lesquelles je posais les miennes, avide de ses baisers. Ses lèvres étaient chaudes et douces contre ma bouche et je passais une main à l'arrière de son crane pour presser notre baiser, glissant avec son accord ma langue contre la sienne. Ce baiser nous tira un gémissement commun qui s'étouffa aussitôt dans notre échange et à bout de souffle ma partenaire se détacha de moi, les joues en feu.

- Est-ce un bon rattrapage Mademoiselle Parish ? Demandais-je en enroulant une mèche de ses cheveux autour de mon doigt, observant ses yeux pétillants de malice qui semblaient foncés de désir.

- Ca peut aller.

Sa moue boudeuse me fit sourire, c'était un sacré bout de femme tout de même. Un caractère pimenté, des remarques cinglantes et une passion sans limite c'était ce que j'aimais tout particulièrement chez elle. Outre son incroyable honnêteté qui ne plaisait pas forcément à tous selon les circonstances, bien entendu.

- Remarque que je t'ai apporté le petit déjeuner dis-je en montrant du menton le plateau qui reposait sagement sur la table de nuit.

Elle tourna les yeux vers les mets que j'avais apportés et un sourire se dessina sur ses lèvres gonflées de mes baisers.

- Tu connais vraiment tous mes points faibles !

Elle s'empara d'une confiserie française que j'avais acheté la veille et décongelé ce matin, mordant dedans à pleine dents. Lanie avait un faible pour tout ce qui était français, notamment en matière de gastronomie. C'est d'ailleurs en raison de cet attrait que nous avions dîné dans un restaurant français à l'occasion de la Saint Valentin il y a quelques mois. Je lui tendis ensuite sa tasse de thé dans laquelle elle but à petite gorgées alors que je faisais de même de mon côté, réservant cependant les mets solides à ma compagne qui avait une faim de loup après la nuit aphrodisiaque que nous venions de passer. J'avais eu beaucoup de mal à convaincre Lanie de venir chez moi la veille, je savais qu'elle se faisait énormément de soucis pour Kate depuis sa disparition et avait par conséquent repoussé notre rendez-vous à deux reprises. Cependant je ne supportais pas de la voir se morfondre de la sorte et étant moi-même très affecté, j'avais insisté jusqu'à ce qu'elle cède. Nous étions allés au cinéma voir un thriller plutôt remarquable selon les critiques mais dont je n'avais pas capté une miette, trop obnubilé par la déesse à côté de moi avec laquelle j'avais fait des folies avant de rentrer à mon appartement où j'avais préparé un copieux dîner. J'avais remarqué à plusieurs reprises ses yeux tristes et la culpabilité qu'elle semblait éprouver à prendre du bon temps alors que son amie était porté disparue, cependant nous ne pouvions rien faire de plus si ce n'était laisser nos portables allumés ce que nous avions bien entendu veillé à faire malgré nos activités ludiques au clair de lune.

- J'ai appris à les repérer oui, soufflais-je alors qu'elle entamait une deuxième pâtisserie, heureux de voir que la culpabilité dans ses yeux avait disparue ne serait-ce que pour un petit laps de temps.

Buvant une nouvelle gorgée de sa tasse de thé qu'elle finit par la même occasion elle planta son regard dans le mien, arborant une nouvelle fois ce sujet tant épineux auquel je pensais quelques secondes avant à peine.

- Nos téléphones n'ont pas sonné cette nuit, ils n'ont toujours pas de nouvelles de Kate.

Son ton était redevenu grave et même si notre nudité enlevait quelque peu de sérieux à la scène elle n'en était pas moins dramatique.

- Je sais, Lanie. Crois-moi ils nous appelleront s'ils ont quoi que ce soit…

- Mais ils n'ont rien, fit-elle en secouant la tête, dépitée. Tu as déjà entendu les enquêteurs, ils disent que lorsque l'on ne retrouve pas une personne disparue dans les 72 heures les chances qu'elle soit encore en vie sont minimes.

Ne sachant que répondre j'avalais difficilement la rasade de café que j'avais en bouche et posais ma tasse sur la table de nuit opposée. C'était toujours moins facile d'apporter du réconfort à quelqu'un du métier. Même si elle n'était pas flic, Lanie nous côtoyait assez pour ne pas adhérer au discours rassurant que l'on pouvait servir parfois aux proches d'une personne disparue. Et à vrai dire je ne me sentais pas capable de lui dire ces fausses paroles réconfortantes, nous étions bien trop impliqués avec la victime.

- Tu sais que ça me fait aussi mal qu'à toi bébé. J'aimerais tellement pouvoir faire quelque chose, tu sais que Beckett est comme une sœur pour moi.

J'avais été dans l'armée avant d'intégrer les forces de police, aussi il m'était arrivé de perdre des hommes. Cela avait toujours été une rude épreuve cependant nous étions engagés et nous savions à quoi nous attendre une fois le papier signé. Cependant, en entrant dans la police j'avais bêtement pensé que tout ceci s'arrêterait, que je n'aurais plus à endurer ces vies prises ou même arrachées devant mes yeux mais ce monde restait le même et j'avais déjà perdu des coéquipiers innocents. Nous étions là pour rétablir l'ordre dans une population et nous étions les plus touchés par ces meurtres sous prétexte que nous détenions des armes à feu et arrêtions des petits voyous qui ne comprenaient pas que nous leur rendions service au final. Alors la disparition de ma coéquipière depuis de longues années m'avait fait un choc dont je ne me remettais toujours pas.

Au début de ma collaboration avec Beckett, je n'avais forcément été ravi par ce poste que l'on m'imposait. J'étais précédemment dans l'armée qui était un univers à 95% masculin. Aussi me trouver sous les ordres d'une femme qui à première vue m'avait semblé plus être une gamine capricieuse à la soif de vengeance intarissable qu'autre chose m'avait passablement énervé. A côté d'elle, j'avais combattu au péril de ma vie en Irak. Autant dire que cette affectation m'avait mis de très mauvaise humeur les premières semaines. Puis, petit à petit je m'étais aperçu que cette femme n'était pas forcément ce qu'elle laissait transparaître et j'avais découvert en elle une enquêtrice hors pair, prête à tous les sacrifices pour rendre justice. Il était cependant trop tôt pour que je l'avoue à voix haute et il avait fallu qu'elle me ridiculise en public lors de l'arrestation d'un suspect en le rattrapant sans difficultés alors qu'il m'avait semé quelques secondes auparavant pour que j'admette finalement que ce n'était pas simplement une bonne femme amatrice de sensations fortes. Non, c'était une enquêtrice née et une Lieutenant avisée, qui à partir de ce moment fut un modèle de force et de courage pour moi, devenant comme un membre de ma famille à part entière sous les traits d'une petite sœur que je tenais à protéger malgré les raclées qu'elle pouvait donner aux garçons qui s'approchaient trop près.

- Je sais Javi, soupira ma compagne en posant une main sur la mienne, recouvrant ma peau de ses doigts fins et délicats.

Je baissais les yeux vers cette connexion simple mais pourtant essentielle à cet instant précis et remerciais silencieusement Lanie du regard, qui me rendit la pareille avec un petit sourire sincère. C'était tellement précieux d'avoir quelqu'un sur qui compter dans la vie, avec qui l'on pouvait partager les bons moments mais aussi les plus difficiles, comme à présent. Approchant une nouvelle fois mon visage du sien je m'apprêtais à lui donner un baiser tout en murmurant une phrase qui me trottait dans la tête depuis des semaines déjà.

- Lanie, je t'…

La sonnerie de mon téléphone brisa net ce moment de tendresse qui s'était créé entre nous, faisant voler en éclat la bulle dans laquelle nous étions tous les deux et qui nous coupait totalement du monde.

- Ton téléphone, murmura Lanie en me le tendant.

Son visage était crispé et j'y décelais une frustration peut-être égale à la mienne, ayant sûrement deviné ce que j'allais lui annoncer. Mais aujourd'hui rien n'était plus important qu'un éventuel conflit. Nous aurions tout le temps pour d'autres moments comme celui-ci une fois Beckett retrouvée. Je quittais le visage de ma compagne des yeux pour les poser sur mon écran où l'identité de l'appelant me tira un soupir de rage.

- Ryan, fis-je en décrochant, j'espère que tu as une très bonne raison de m'appeler sinon je te jure que ta fille ne connaîtra son père qu'au travers des albums souvenirs et les récits de tes amis fidèles !

Un petit silence gêné se fit au bout du fil pendant quelques instants mais il fut bien vite remplacé par la voix pressante de mon ami et partenaire qui ne prit pas du tout au sérieux ma menace.

- Castle a appelé, expliqua-t-il rapidement. Il a dit de venir le plus rapidement possible, selon lui c'est très urgent et il y a une vie en jeu.

Aussitôt alerté je me redressais comme un automate. Dans mon crâne un déclic retenit, j'étais quasiment sûr que lorsque Castle parlait de la sorte ce n'était pas pour faire une blague contrairement à d'habitude, la situation grave ne s'y prêtant pas de toute manière. Remerciant mon collègue je raccrochais précipitamment et sortis du lit, informant Lanie.

- Castle semble avoir du nouveau, il nous a demandé de nous rendre au loft le plus rapidement possible.

Bien entendu il n'en fallut pas plus à la jeune femme pour sauter elle aussi hors du lit et se diriger vers le fauteuil situé dans le coin de la pièce pour y récupérer ses vêtements que j'avais soigneusement rassemblés ce matin, de peur d'avoir à les chercher trop longtemps si nous avions à partir vite. Un signe du destin, sans doute.

A peine 10 minutes plus tard nous étions fins prêts, certes pas douchés mais la vie de notre amie était en jeu, il était donc hors de question de gaspiller du temps précieux inutilement. Je n'avais pas demandé à Ryan s'il passait nous prendre mais comme la connexion s'installait entre nous sans paroles, quand nous sortîmes de l'immeuble il attendait déjà, stationné avec sa belle voiture grise et prêt à démarrer. Lorsque nous fûmes assis à ses côtés et qu'il démarra en trombe, je songeais que notre empressement soudain rendait cette scène très « thriller » (peut-être était-ce dans le film de la veille ?) et sur un tout autre registre que les cheveux de Lanie qui n'étaient pas coiffés lui donnaient un air sauvage et sexy ce qui lui allait à merveille. Dans une situation normale je me serais baffé intérieurement de penser de la sorte alors que nous étions en plein moment d'action mais je n'étais qu'un homme, et des bribes de la nuit passée me revenaient en mémoire sans que je puisse les empêcher.

Nous fûmes en bas de l'appartement de Castle en moins de 5 minutes, ceci dit je ne doutais pas de la dizaine de lois que nous venions d'enfreindre avec notre course folle. Heureusement que nous portions un badge, auquel cas la facture aurait été sans doute salée à la fin du mois. Je saluais rapidement le portier qui nous ouvrit, nous reconnaissant sûrement car il ne posa aucune question et appela directement l'ascenseur. Alors que nous étions tous les trois plantés devant les portes en fer de la machine à attendre que celle-ci veuille bien arriver, aucun son ne fut échangé. Je me doutais que toutes les pensées étaient tournées à cet instant vers Kate, chez tous une lueur d'espoir venait de s'allumer de plein feu et pour ma part mon cœur battait la chamade. Pris d'un élan de romantisme, ce qui était plutôt rare chez moi je devais l'avouer, je m'emparais discrètement de la main de Lanie qui me jeta un coup d'œil chaleureux, confirmant ainsi mon intuition. Nous attendions tous beaucoup de cette réunion à l'improviste.

Une fois que la cage de fer nous eut déposés sur le palier du loft de Castle, je m'avançais pour frapper énergiquement à la porte, sachant que mon coéquipier écrivain nous attendait sûrement de pied ferme de l'autre côté et que la sonnette ne serait donc pas nécessaire. Mes pensées furent confirmées lorsque Castle ouvrit la porte, nous accueillant avec un sourire.

- Les gars, Lanie. Je suis heureux de vous voir.

- Rick tu as des nouvelles ? Attaqua aussitôt Lanie qui semblait s'être retenue de tous ses membres dans la voiture pour ne pas laisser son excitation prendre le dessus.

Il lui fit un sourire rassurant mais qui n'avait rien de réconfortant dans la situation actuelle, à part s'il venait d'avoir la confirmation que Kate allait bien et qu'elle était tranquillement en train de boire son café dans le salon, prête à nous sauter au cou sous une banderole avec écrit « SURPRISE ! » en lettre colorées. Malheureusement, je doutais qu'il s'agisse d'une mise en scène comme celle que Kate avait organisée il y a plusieurs mois pour l'anniversaire de Castle, pour le distraire de son fauteuil roulant.

- Entrez, dit-il comme unique réponse.

Il s'effaça pour nous laisser pénétrer dans son appartement et Lanie entra la première, suivie de Ryan avant que je ne m'engage à mon tour. Constatant qu'aucun confetti ne tombait du plafond et que les banderoles étaient absentes j'en déduisis que ma précédente option était erronée. D'ailleurs depuis quand est-ce que je raisonnais comme Castle ?

- Alors avant de vous annoncer ça, fit Rick en tendant les mains devant lui pour nous faire signe de nous arrêter dans l'entrée, vous devez me promettre de ne pas avoir de réactions démesurées.

Intrigués tous les trois de la même manière, nous hochâmes la tête de concert pour qu'il nous dévoile – enfin – ce qui se tramait. Encore une fois ce ne fut pas une réponse orale qu'il nous apporta mais il nous fit signe de le suivre dans le loft, débouchant sur le canapé où à notre grande surprise quelqu'un attendait. Timidement en premier lieu la personne en question qui devait être une femme à la vue de ses longs cheveux se leva et nous découvrîmes son visage.

Mon cœur fit une embardée et je ne pus retenir un hoquet de surprise à la vue de cette femme qui se tenait dans le salon de Castle. Ce n'était pas possible, quelque chose ne tournait pas rond chez moi et s'il s'avérerait que tout ceci était un rêve. Tout s'expliquait, je comprenais mieux pourquoi Lanie avait accepté de faire ma position préférée pendant la nuit. Pourtant même si je ne me pinçais pas le bras tout ceci semblait parfaitement réel et Rick sembla comprendre nos réactions car il vint à l'encontre de Johanna et nous présenta tour à tour, nous désignant de la main joignant geste et parole.

- Madame Beckett...

- Johanna, le reprit-elle amusée.

- Johanna, voici les lieutenants Ryan et Esposito qui sont les collègues de votre fille, et le Docteur Parish notre médecin légiste et aussi la meilleure amie de Kate.

Ce fut cette dernière qui réagit en premier, s'avançant vers la mère de notre collègue disparue pour lui serrer vigoureusement et chaleureusement la main alors que je devinais un sourire ému sur son visage angélique.

- Madame Beckett, c'est vraiment un honneur de vous rencontrer fit Lanie, la voix enrouée d'émotion. Kate m'a tellement parlé de vous.

Johanna sourit à son tour, semblant la détailler avec minutie.

- C'est un plaisir aussi, Mademoiselle Parish.

- Lanie, corrigea ma partenaire. Appelez-moi Lanie s'il vous plaît.

D'un hochement de tête Johanna accepta et je m'avançais à mon tour pour me poster à côté de ma petite amie.

- Ravi de vous rencontrer Madame Beckett, annonçais-je en lui serrant la main. J'admire beaucoup votre fille et comme elle m'a également beaucoup parlé de vous. Elle vous admire énormément.

Johanna semblait à la fois heureuse et gênée de l'attention qu'on lui portait et des informations que nous lui donnions.

- Je vous en prie, se contenta-t-elle de répondre, appelez-moi Johanna, tous autant que vous êtes.

Kevin s'avança à son tour pour les présentations et bien vite Rick nous invita à nous asseoir tous ensemble sur le canapé, nous proposant une boisson que nous déclinâmes de concert, trop avides de savoir ce qui amenait la mère de Kate à revenir – ressusciter ? alors que sa fille disparaissait. Une fois que nous fûmes tous installés autour de la table basse sur le canapé, Johanna prit la parole.

- Je sais que vous devez vous demander pourquoi je suis là aujourd'hui et surtout comment, commença-t-elle.

Elle n'eut pas le temps d'en dire plus que nous hochâmes la tête tous les trois, avides de réponses. Elle eut un sourire amusé en nous regardant tour à tour, se tournant vers Rick qui lui lança un regard entendu.

- Voilà ce que je disais en parlant de réels enfants, l'informa notre collègue et ami en souriant.

Je me retins de faire tout commentaire devant la mère de notre patronne mais je ne m'empêchais cependant pas de lui lancer un regard lourd de sens. S'il avait été tout seul, j'étais sûr que Rick ne se serait pas retenu de me tirer la langue ou autre puérilité du genre qui le caractérisait. Il pouvait parler en nous qualifiant de la sorte devant la mère de notre patronne, mais il ne s'était pas vu. Sans doute voulait-il marquer des points auprès de Johanna, mais sa remarque m'irritait. Il prenait trop son cas pour une généralité. D'ailleurs, je ne savais vraiment pas comment Kate pouvait le supporter au quotidien. Même si j'aimais beaucoup cet homme qui était un ami fidèle et un allié de taille, mais son côté gamin ne semblait jamais s'arrêter. Cependant il était comme une bouffée d'air frais pour Kate et je la voyais de plus en plus rayonnante à chaque journée passée auprès de lui. Par ailleurs, je devais lui reconnaître en étant loyal qu'il avait toujours fait preuve d'un étonnant sérieux lorsque les affaires s'étaient montrées plus délicates et personnelles. Bien évidemment sur celles qui avaient touché de près Kate, mais également lorsqu'il avait été question de Kevin. Ainsi je me contentais de me redresser dans mon siège, plissant le nez face à cette accusation.

- Je vois en effet, fit Johanna en souriant toujours, son visage semblant s'illuminer de plus en plus face à nos échanges qui pour nous étaient routiniers mais qu'elle découvrait.

Je ne pouvais m'empêcher de détailler silencieusement la femme devant moi. A la première vue, sa ressemblance avec sa fille était frappante tant dans le physique que par la couleur de cheveux, la forme du visage ou les yeux, ou encore dans l'attitude. Elle se tenait droite sur le canapé, son visage était légèrement crispé attestant de sa concentration et ses yeux vifs détaillaient chaque parcelle des personnes présentes devant elle. Je devinais les tonnes de questions qui se bousculaient dans sa tête. Après tout elle avait manqué presque 15 ans de la vie de sa fille et se trouvait à présent devant les personnes qui la connaissaient le mieux. Elle devait avoir envie de nous demander des milliers de choses différentes, autant sur sa fille que sur ses habitudes, la façon dont on elle se comportait avec les autres…

- Je sais que vous avez des questions qui vous brûlent les lèvres, intervint Johanna en me regardant, semblant avoir perçu les tréfonds de mes pensées tout comme sa fille l'aurait fait au même moment. Croyez-moi si je n'étais pas obligée de me presser, je prendrais le temps de vous demander chaque infime détail à propos de ma Katie que je n'ai vue qu'à travers des journaux depuis des années. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point elle me manque et à quel point j'ai envie de la serrer de nouveau dans mes bras.

- Je crois que je peux, intervint Ryan d'une voix douce mais posée.

Je tournais les yeux vers mon collègue qui adressa un sourire à Johanna, le regard empli d'étoiles.

- Ma femme va bientôt accoucher continua Ryan, et je sais que même si ma fille n'est pas encore née je ne m'imagine plus à présent vivre sans elle. Je garde sans cesse une échographie dans mon portefeuille et je pense à elle à chaque moment de la journée. J'ai tellement hâte de pouvoir la tenir dans mes bras.

La mère de Kate hocha la tête, une sorte de connexion visuelle s'installant entre les deux interlocuteurs

- Félicitations…

Elle laissa sa phrase en suspens, ne se rappelant sûrement plus du nom de mon collègue qu'elle n'avait entendu qu'une seule fois et trop vite pour qu'elle ne l'imprime suffisamment longtemps.

- Ryan, compléta mon ami en constatant son trouble. Mais vous pouvez m'appeler Kévin.

- Félicitations Kévin. Etre parent, c'est une expérience unique et même si ce n'est pas tout rose tous les jours c'est quelque chose qui change la vision que l'on a du monde.

Rick sourit, les yeux quelque peu dans le vague.

- Je suis d'accord, intervint-il, pensant plus que certainement à Alexis dans sa phrase.

Un moment de plénitude silencieuse s'installa entre nous sans que cela ne soit pesant, chacun pensant à ce que venait de dire cette mère qui avait été séparée de la chair de sa chair durant si longtemps et aux épreuves qu'elle avait enduré.

- Cependant je me dois de ne pas m'égarer, fit Johanna en se redressant, passant une main dans ses cheveux nerveusement avant de la reposer doucement sur ses genoux.

La peine qu'elle éprouvait à renoncer à toutes ces questions me serra le cœur, mais je n'eus pas le temps de partir dans des pensées plus vagues car Johanna reprit la parole.

- Je dois donc vous expliquer pourquoi je suis là aujourd'hui, en vie et face à vous.

Lanie se tortilla sur le canapé à mes côtés, s'installant en une position plus confortable pour le récit qui s'annonçait. Nous étions tous les quatre, Rick compris, pendus aux lèvres de la femme devant nous qui allait enfin éclaircir le brouillard épais qu'étaient ces 15 ans.

- Il y a longtemps comme vous le savez j'ai commencé à enquêter sur un dossier impliquant William Bracken. Lorsque ce dernier s'en est aperçu, il n'a pas réellement apprécié que je cherche à le mettre en cause. Ainsi, il a alors engagé quelqu'un pour me dissuader de poursuivre mes investigations. Mais étant d'un naturel plutôt têtu et obstiné, je n'ai pas écouté ses nombreuses mises en garde, jusqu'à ce que ce dernier engage quelqu'un pour me faire définitivement taire.

Nous nous étions tous regardé lorsqu'elle avait avoué être têtue et obstinée, nous pensions tous à sa fille à ce moment là ; mais personne n'avait interrompu son récit.

- Dick Coonan, compléta Rick d'un visage grave que je ne lui connaissais que lorsqu'il était extrêmement concentré sur une affaire capitale.

Johanna hocha la tête positivement.

- Oui. Seulement, si je ne m'étais pas arrêtée lorsqu'il m'avait mis en garde ou menacé individuellement, il avait fini par annoncer vouloir s'en prendre à ce que j'avais de plus cher, à savoir mon époux Jim et ma fille Katie. Alors j'ai du agir et essayer de trouver une solution. Montgomery qui faisait partie des trois flics corrompus, mais avec qui je m'étais liée d'amitié m'avait informé de l'envoi imminent d'un tueur à gages.

- Montgomery vous a aidé fis-je surpris?

Nous ne savions finalement pas encore tout sur notre feu capitaine. Ma stupeur fut aussi grande que lorsque nous avions découvert avec Kevin qu'il était le troisième flic. Et je devais avouer que j'étais resté un peu sur le fait qu'il nous avait trahi, nous cachant qu'il avait fait partie des policiers pourris. Je savais qu'il n'était pas que ça, "malheureusement malgré tout ce qu'il a fait de bien c'est cet épisode qui restera dans les mémoiresa". Mais apparemment Johanna avait une autre histoire à nous conter.

- Oui Roy a été de mon côté par la suite. En fait, il s'en voulait terriblement de s'être laissé influencer par Raglan et McAllister qui avaient profité de son jeune âge et de son inexpérience pour l'enrôler dans leurs magouilles. Ainsi, dès qu'il a pu il a essayé de se racheter auprès de moi. Et c'est en grande partie grâce à lui que je suis là aujourd'hui devant vous.

- Que s'est-il passé ensuite? demanda Castle qui était comme nous tous captivé par le récit que nous livrait Johanna.

- A partir du moment où Bracken avait menacé Jim et Kate j'ai pris une décision. Je ne pouvais pas prendre le risque qu'il s'en prenne à eux. Ainsi, en discutant avec Roy une solution est apparue et elle semblait la meilleure. J'allais faire croire à Bracken que Dick Coonan m'avait tué, que j'étais morte afin d'épargner ma famille.

Je vis Lanie froncer quelque peu les sourcils semblant perplexe face à ce récit. A ce moment je ne doutais pas que c'était le médecin légiste en elle qui allait parler. Et mon instinct ne s'était pas trompé car elle demanda :

- Pardonnez-moi Johanna mais comment avez-vous réussi à faire illusion? J'ai étudié votre rapport d'autopsie, ai vu des clichés et Coonan vous avait assené de multiples coups de couteaux.

- Oui en effet vous avez raison Lanie. Mais je portais un gilet de protection spécial, me préservant même des coups de couteaux. Roy m'avait obtenu des poches de sang par la morgue et je les avais faites exploser à chaque attaque de Coonan. Et ensuite, nous avons usé d'une bonne diversion pour que l'illusion soit totale. Roy s'est arrangé pour qu'il y ait du passage à ce moment là, ainsi Coonan n'a pas eu le temps de vérifier mon pouls trop pressé de ne pas se faire repérer.

Pendant le récit de Johanna je voyais les yeux de Castle s'agrandir comme des billes, fasciné tel un enfant par ce qu'il entendait.

- Mais pour le rapport comment avez-vous procédé? poursuivit Lanie.

- Roy avait réussi à se procurer un corps à la morgue. Nous avons reproduit des blessures identiques aux coups qui m'avaient été portés par Coonan. Ensuite, il s'est arrangé pour que Raglan soit le premier officier appelé sur les lieux.

- Castle j'espère que tu prends note pour tes bouquins car avec une telle histoire tu ferais la tête des ventes pendant plusieurs mois, plaisanta Lanie.

- Je n'ai pas besoin de ça Lanie! fit l'auteur en souriant.

Nous rîmes tous les cinq à cette touche d'humeur de ma petite amie ainsi qu'à la réponse de l'écrivain, qui était la bienvenue dans un moment aussi sérieux.

- Et ensuite que s'est-il passé? demanda Kevin.

Nous étions tous aussi impatients de connaître la suite de l'histoire et Johanna sous l'invitation de mon partenaire reprit son récit.

- Suite à cela Roy m'a fournit une nouvelle identité et j'ai quitté la ville de New-York sous le nom de Jessica Blanckett.

La fausse identité de Johanna nous arracha à tous un petit rire et elle continua.

- Depuis tout ce temps je me suis installée à Seattle, loin de Bracken et de ma famille. Pendant toutes ces années Roy et moi avons correspondu. Il me donnait des nouvelles de ma fille et de mon mari et par ailleurs je surveillais les activités de Bracken. Je voulais revenir, mais je n'avais pas le droit de mettre ma famille en danger alors j'ai attendu le jour où Bracken ne serait plus sur la scène.

Soudain je remarquais que son visage s'était fait beaucoup plus grave, car le moment tant espéré ne s'était jamais produit.

- Mais cela n'est jamais arrivé dit Castle qui avait compris tout comme moi.

- Non en effet Richard. Non seulement ce que j'attendais ne s'est jamais produit mais il y a eu pire. Roy a trouvé la mort et ma fille s'est faite tirer dessus. Je savais que Bracken était derrière cette tentative d'assassinat. Mais je ne pouvais rien faire. Et depuis ce jour je n'avais plus de moyen d'avoir des nouvelles de ma fille.

- Comment échangiez-vous avec le capitaine? demandais-je. Par lettres?

Elle secoua la tête avant de me répondre :

- Non c'était beaucoup trop risqué d'échanger des courriers. Bracken avait les moyens de faire surveiller Roy donc il nous a fallu monter un stratagème pour pouvoir communiquer sans se faire repérer.

- Quel était-il? questionna Castle.

- Nous échangions au travers d'un blog culinaire. Comme Roy avait peur d'être surveillé par Bracken, il avait demandé à Evelyn, excellente cuisinière, de créer un blog pour y mettre ses recettes, avec des photos. Mais en fait les photos étaient cryptées grâce à un logiciel spécial. Et j'avais l'outil pour pouvoir décrypter les photos que je récupérais sur le blogb.

- Waouh c'est génial, laissa échapper Castle.

Lanie, Johanna, Kevin et moi partîmes dans un fou rire devant l'extase affiché par l'écrivain. Auteur de roman policier et geek avéré cette histoire était faite pour lui.

- Oui c'était assez ingénieux, rétorqua Johanna adressant un sourire chaleureux à Castle.

A ce moment je pensais que c'était une sacré rencontre pour lui. La mère prétendue décédée de sa fiancée était dans son salon. J'ignorais même si Johanna était au courant pour sa fille et lui mais à avoir le contact qu'ils avaient établi je n'en doutais pas.

- Ainsi, Roy me donnait des nouvelles très régulièrement, m'envoyait des photos. Cela m'a permis de garder un peu un contact avec la famille que j'avais été contrainte et forcée d'abandonner.

- Je ne peux même pas imaginer ce que vous avez pu endurer déclara Kevin la voix très émue.

- Vous apprendrez Kevin qu'on est prêt à tout quand il s'agit de nos enfants. Et même à renoncer à eux.

Nous étions tous très admiratifs devant le courage de cette femme qui avait fait un choix douloureux il y a 15 ans. Je commençais à penser que Kate tenait énormément de sa mère, probablement plus qu'elle ne le pensait.

- Voilà maintenant vous savez comment j'ai survécu. Et si je suis aujourd'hui devant vous, si je suis sortie de mon silence c'est pour retrouver ma fille. Pour moi il n'y a pas de doute, c'est bel et bien Bracken qui est derrière cette histoire.

- Nous n'en doutons pas non plus, répondis-je en notre nom à tous les quatre.

- Et si je suis venue ici, c'est pour que nous unissions nos forces pour faire tomber Bracken et retrouver ma Katie.

- Nous allons y arriver et enfin faire payer à cette ordure toutes ses actions.

- Si vous saviez Javier, il ne se passe pas un jour depuis 15 ans sans que je fasse ce souhait.

A cet instant je me demandais presque si je n'avais pas un clone de ma patronne devant moi, tant la détermination de Johanna et la lueur qui avait traversé son regard lorsqu'elle avait prononcé ces mots m'avaient fait penser à Kate.

Références utilisées

a Réplique empruntée à Castle saison 3 épisode 19.

b La paternité de cette idée vient du roman Demain écrit par Guillaume Musso, dans lequel des personnages utilisent un blog pour échanger secrètement.

Et voilà pour ce soir, à lundi prochain pour la suite!

a Réplique empruntée à Castle saison 3 épisode 19.

b La paternité de cette idée vient du roman Demain écrit par Guillaume Musso, dans lequel des personnages utilisent un blog pour échanger secrètement.