Chapitre 6 : Le jour où je me suis rendu compte que tout ce que je voulais, c'était passer l'éternité à ses cotés.

01.04.1998

Cher Evan,

J'ai cru que j'avais échoué, que je ne l'avais pas sauvé, et puis j'ai compris que je n'avais fait que jouer le rôle du messager, et en fin de compte, peu m'importait bien tant que Georges ne choisissait pas de me quitter pour rejoindre Fred. J'ai eu tellement peur sur le toît de cet immeuble. Mais tout va bien maintenant, tout ira bien, j'en suis certaine.

E.

Fred.

Le tatouage était finalement apparu sur la peau de Georges. Maman me disait que selon la légende ce type de tatouage naissait d'un processus complexe de deuil qui faisait sortir toute l'encre que l'on avait dans le coeur pour l'attirer jusqu'à la surface. J'avais trouvé l'idée très poétique et décidé de la garder comme explication.

Georges n'en revenait pas, il continuait de regarder ce tatouage dans le miroir, à moitié perplexe, à moitié satisfait. J'entourais mes bras autour de son torse nu. Il murmura en caressant mes mains.

" Tout va bien maintenant. "

J'émis un petit sourire. Après l'avoir forcé à faire son deuil, il ne m'avait pas dit que tout allait bien, il ne me l'avait pas dit concrètement, et le tatouage n'était pas apparu. Je ne voulais pas admettre que je n'avais pas totalement réussi. Mais je l'avais en quelque sorte sauvé, je lui avais imposé le choix alors qu'il était déjà décidé. Maintenant, tout irait bien.

Il se retourna et m'embrassa longtemps. Je sentis la chaleur traverser son corps pour se loger dans le mien, et les frissons me parcoururent. Il passa sa main dans mon dos en tira sur mon t-shirt pour l'enlever. Puis, il me repoussa sur le lit et m'assura dans un sourire, que maintenant qu'il était vivant, j'allais savoir ce que ça faisait d'être vivante avec lui.

Il m'embrassa comme si c'était la première fois que ses lèvres rencontraient les miennes, il caressa ma peau comme si c'était la première fois qu'il me touchait. Il me regarda dans les yeux comme si c'était la première fois qu'il me voyait et me fit l'amour comme si c'était la première fois qu'on le faisait.

Les papillons que les autres filles prétendaient avoir dans le ventre, moi, je les avais partout. A chaque endroit où sa bouche touchait ma peau, je me sentais comme brulée, marqué au fer blanc. Je le sentis mordre ma lèvre inférieure avec passion. J'étais en feu.

Il me consummait complètement, je perdis même la notion de l'espace et du temps. Seulement comptais son corps posé sur le mien et ses yeux qui se noyaient dans les miens. Tout était décuplé, la violence, la tendresse, l'amour, la chaleur, le bonheur, rien n'y échappait, c'était comme si nous avions besoin de tous ces ingrédients réunis en parts égales pour nous sentir comblés.

Je réalisais que je n'étais qu'une moitié de moi même. Une moitié que Georges venait compléter. Nous ne formions qu'un, nous étions deux moitiés de puzzle qui étaient restées séparées trop longtemps, deux moitiés d'ames égarées qui venaient enfin de se retrouver.

Je griffais son dos avec violence, incapable de me contenter de l'effleurer, et il chuchota d'une voix sauvage et sensuelle contre ma bouche :

" Epouse moi..."

Il répéta cette phrase plusieurs fois, de façon parfois impérative, comme s'il se fut agit d'un ordre, parfois d'une voix désespérée, comme s'il s'agissait d'une faveur.

Je voulais le faire languir, alors je ne lui répondit pas de suite. Je mordis son cou jusqu'au sang et laissais échapper un petit "oui " dans un dernier soupir.

Puis, il vint se blottir dans mes bras, et je le serrais fort contre moi. La machine était lancée, j'allais devenir une nouvelle madame Weasley. Je sentis la joie enfler dans mon coeur qui doubla de volume. Tout allait bien maintenant, nous avions fini par trouver le bon chemin pour arriver au bonheur. Mais, avant que je puisse l'intercepter, un rire sortit de ma gorge. Georges me regarda en haussant un sourcil.

" C'était comique à ce point ?!"

Mon hilarité redoubla et je tentais de la maitriser tant bien que mal.

" Non...Non, c'est pas ça, c'est juste que...ta demande en mariage, elle est bidon sans bague."

Il éclata de rire avec moi. Puis, il s'arrêta et sembla réfléchir un instant. Il attrappa sa baguette sur la table de nuit et m'intima de lui tourner le dos.

Je sentis ma peau brûler entre les omoplates. Ce n'était pas une douleur cuisante, c'était juste un peu de chaleur à laquelle je n'étais pas habituée. Il me fallut quelques instants pour comprendre ce qu'il faisait. Quand il eut fini, il embrassa la chair où il avait gravé son nom, et je fis de même dans son dos.

Les alliances sont un symbole magnifique et traditionnel, mais elles ne sont pas éternelles. On peut perdre une bague de la façon la plus stupide possible, on peut aussi la donner, la vendre ou s'en débarasser d'une façon quelconque. La preuve d'engagement qu'avait trouvé Georges, en revanche, était indélibile, même avec toute la volonté du monde, nous étions marqués à l'encre noire et rien ni personne ne pourrait y changer quoi que ce soit. C'était une promesse, une promesse d'éternité et d'un amour qui jamais ne s'effriterait.

J'aurais pu être effrayée, mais je ne l'étais pas. Je savais à l'heure actuelle que j'étais partie pour toujours, que je resterais amoureuse de Georges toute ma vie, et même au delà. Je savais qu'il était fait pour moi et moi pour lui. Je n'avais pas peur, je savais que nous ne pouvions vivre à moins d'être ensembles. Nous nous étions réciproquement sauvés. Et ça, je m'étais promis de ne jamais l'oublier, ne jamais y renoncer. Advienne que pourra, l'éternité ne suffira pas. Nous étions définitivement...

Georges & Esther.

...Liés pour toujours et à jamais.