Auteur
:
Sayuri Nobara
Base
:
Nightmare x Merry x Vidoll x the GazettE
Pairing
: Sakito
x Gara ; Sakito x Ni-Ya ; Hitsugi x Nori ; Tero x Uruha
Genre
:
AU / Adolescence / Amitié / Romance / Yaoi…
Titre
:
Dear Close Friends
Chapitre
6 :Deep
affection
Son estomac l'avait cruellement arraché à un sommeil réparateur dont il avait bien besoin, lui rappelant cependant qu'il était trop faible pour se lever. Il s'essuya le front avec l'intérieur de son poignet et reposa un moment la tête sur l'oreiller avant de réfléchir à une solution. Ce n'était pas qu'il avait très faim, mais simplement que l'absorption d'un peu de nourriture suffirait à lui redonner un peu de force. Sans grand enthousiasme, il tâtonna à l'intérieur du premier tiroir de son meuble de chevet, et ne trouva rien de conséquent à se mettre sous la dent. Dans le deuxième en revanche, il fut soulagé de trouver une poignée de barres chocolatées qu'il réservait à ses soirées solitaires de jeux vidéo… Cela semblait lui suffire amplement. Il mordit sans conviction dans la nourriture, mais avala bien vite le reste de la barre, galvanisé par un sentiment de nécessité de ne rien laisser de sa ration. Il s'attaqua à une deuxième, puis se sentit rassasié et le malaise quitta un peu son corps pour le laisser souffler. Au dehors, les gouttes continuaient de s'écraser sur la surface de verre de la vitre, émettant un son mat et familier qui apaisait le tambourinement de la douleur dans sa tête. Il avait ôté quelques uns de ses vêtements, et n'était plus que vêtu de son tee-shirt et de son caleçon, enveloppé dans ses couvertures et callé entre les grands coussins.
Un peu plus tôt, en fin d'après-midi, Hitsugi lui avait téléphoné pour s'enquérir de son état et lui assurait qu'il prendrait les cours. Comme ça au moins, c'était dit Sakito, je suis sûr qu'il sera obligé de suivre. En effet, Hitsugi faisait bien trop attention à la réussite de son ami pour risquer lui faire perdre un tant soit peu de ses possibilités de succès. Et tout en prenant consciencieusement les leçons, il les apprendrait par la même occasion.
Un peu plus tard, c'était au tour de Ni-Ya de prendre de ses nouvelles. Averti par Tero, celui-ci avait tenté plusieurs fois de le joindre, mais était chaque fois tombé sur la ligne occupée. Visiblement, entendre sa voix avait été pour lui plus que nécessaire pour qu'il puisse être rassuré. Sakito se sentait toujours troublé de l'affection que lui portait Ni-Ya, d'autant plus qu'au fond de lui, il ne pouvait pas se départir de l'idée que si Gara n'était pas entré dans sa vie, les choses aurait sûrement pu tourner différemment entre eux. Mais cela, il ne pouvait le lui dire. S'aurait été trop cruel, et Ni-Ya aurait fini par détester Gara plus que de raison.
Alors qu'il pensait à tout ça, la tête un tant soit peu reposée, son portable, qu'il avait mis en silencieux, émit une petite lumière clignotante l'informant d'un appel. Il fronça les sourcils, le numéro qui s'affichait lui était totalement inconnu…
- Eto… Môshi môshi ?
- Sakito…
Le cœur du jeune garçon fit un violent bond dans sa poitrine. Cette voix qui murmurait son prénom…
- Gara ! Mais…
- Moi aussi je suis heureux d'entendre ta voix, fit-il en émettant un petit rire amusé.
- Oh… Désolé… Je… je ne m'attendais pas... à… vous entendre…
- Ce n'est rien, je disais ça pour te taquiner. J'ai appris que tu étais malade.
- Comment ?...
- Tu serais surpris du nombre d'informations que Kanagure sait extorquer aux gens…
- Je n'en doute pas…
- Ne, Sakito… Tu es sûr que ça va ? Ta voix tremble…
- C'est… C'est rien… Je suis… un peu fatigué…
- Oh je suis désolé, je t'ai dérangé ? Tu dormais ?
- Non, j'étais déjà réveillé. Je dors par intermittences…
- Oh… Et… Il y a quelqu'un pour te faire à manger ?
- Non… Je suis tout seul…
- Quoi ?! Mais si tu es malade il faut quelqu'un pour s'occuper de toi ! Ah ! Pourquoi suis-je invalide ? J'aimerai vraiment faire quelque chose pour toi !
- Je voudrais… tes bras autour de moi… murmura Sakito, le regard perdu dans les ombres des meubles de sa chambre.
- Mmh ? Tu parles trop doucement, je n'entends pas…
- Non non, rien, répondit rapidement l'adolescent, le rouge aux joues du à tout autre chose qu'à la fièvre.
- Bon, si tu le dis… Ne, tu es sûr de pouvoir te lever demain pour… ?
- Bien entendu… Je viendrai quoi qu'il m'en coûte.
- Tu sais, Kanagure ne part en voyage que jeudi soir, mais je serai d'avis que tu restes au manoir à partir de demain. On pourra s'occuper de toi, et te tenir compagnie au moins… Et puis je n'aime pas te savoir seul et malade… Je me sens… impuissant !
Il se mit à rire, et Sakito ne put s'empêcher de sourire malgré lui à l'allusion quelque peu déplacée qu'il avait trouvé à sa phrase.
- C'est bientôt les vacances, non ? reprit Gara en retrouvant son sérieux.
- Oui, à la fin de la semaine en fait…
- Hm… Alors ça veut dire que t'avoir avec moi ne dérangera en rien tes habitudes. Ça me soulage un peu, je ne voudrai pas être un fardeau pour toi… Tu ne seras pas obligé de rester en permanence auprès de moi, ne ? Tu pourras très bien aller voir tes amis, et j'espère bien que tu le feras !
- C'est gentil… Mais je veux aussi passer du temps avec vous…
- Je serai à ta disposition de toute façon. Et puis… Même si elle est gentille et que je lui dois beaucoup, Kanagure est parfois un peu trop collante, non ?
Sakito acquiesça, le souvenir de leur baiser encore bien vivace dans son esprit. Voulait-il sous entendre que le fait que la vieille dame soit absente leur laisse le champs libre pour des choses… beaucoup plus intimes ?... Non, il se faisait des films… Mais il n'en était pas entièrement convaincu.
- Et… Où est-ce que je dormirais ?...
Gara laissa passer un silence avant de répondre, probablement pour volontairement laisser le temps à son interlocuteur de s'imaginer ce qu'il voulait.
- Nous avons des chambres à l'étage. Bien que nous ne nous en servions jamais, les précédents propriétaires avaient vraisemblablement du monde à recevoir. Kanagure te donnera sûrement celle qui est juste à côté de la mienne.
- D'accord…
Bien qu'il avait plus qu'envie de lui dire qu'il voulait partager son lit, il se garda de mentionner tout haut ses idées, préférant que peut-être, plus tard, la chose vienne de Gara même.
- Le soir, on pourra regarder la télévision ensemble, il y en a une dans le salon.
- La salon ? En bas ?
- Et oui, tu ne l'as pas encore vu, on y accède par la porte qui se trouve au fond de la cuisine, derrière le grand rideau rouge.
- Mais vous… Comment faites-vous pour… ?
- Ah ! Tu n'as pas du voir l'escalier au bout du couloir !
- Un escalier ?
- Oui, au fond du long couloir qu'il y a à l'étage, il y a un escalier qui débouche sur un petit couloir, et l'unique porte mène au salon. Cet escalier est pourvu d'un siège qui peut m'amener à l'étage au rez-de-chaussée.
- Un… Un genre d'ascenseur pour les handicapés ?
- Voilà. Ça ne me pose aucun problème de me déplacer dans la maison, en réalité.
- Mais… Pourquoi ne descendez-vous jamais lorsque je suis présent ?
- Parce que cet appareil a été installé à l'autre bout exprès, de manière à ce que personne ne puisse me découvrir par inadvertance. Tu pourrais bien me rejoindre dans le salon mais… Je doute que Kanagure veuille bien nous laisser seul… Je préfère que tu viennes dans ma chambre… C'est mieux pour nous deux, non ?
- Vu sous cet angle, c'est vrai…
- Mais ne t'en fais pas, une fois qu'elle sera partie, on ira dans ce salon. J'aime beaucoup cette pièce. Elle est chaleureuse, assez grande, et c'est en quelque sorte ma deuxième chambre. J'y passe beaucoup de temps quand je ne suis pas dans mon atelier. Les murs sont recouverts de livres, il y a même un lit, que l'on a installé là pour que je puisse bénéficier de tout le confort.
- Un lit ?
- Oui ! Tu vois, si on décide de passer la soirée au salon, nous n'aurons même pas besoin de remonter pour aller nous coucher !
- Mais… Nous… dormirions dans le même lit ?...
- Sauf si… ça te dérange…
- Non ! Pas du tout ! Aucunement ! Jamais !
- J'ai compris, Sakito, fit Gara en riant. Tu sais… C'est étrange mais… Depuis que je te connais, j'ai en quelque sorte trouvé un but à mon existence, qui jusque là me paraissait totalement inutile et sans but. Quand je me réveille chaque matin, c'est une journée de moins qui me sépare de toi. Je vois les choses avec plus de positivisme qu'avant. On dirait que tu m'as redonné une sorte d'espoir !
- Moi aussi… Je… Je sais que ma rencontre avec vous a changé beaucoup de choses dans ma vie…
- Vraiment ? Dis m'en plus ! Je suis de nature curieuse !
- C'est que… C'est gênant… Et je ne sais pas si… Je préférerais que ce soit dit autrement que par téléphone…
- Tu m'intrigues tu sais ! Tu me le diras quand tu viendras alors ?
- Peut-être…
- Sakito ! Tu me tortures !
- Ce… Ce n'est pas volontaire ! C'est juste que… S'il vous plaît, ne me posez plus de questions !
- Je dois capituler, fit Gara en soupirant à s'en fendre l'âme.
Je t'aime, j'ai presque envie de te le crier tellement ça brûle… Mais ce que je veux, c'est te le dire en face… Voir l'expression de ton visage… Que tu m'embrasses encore et encore et que tu me gardes près de toi… Kami no, j'ai tellement envie de te dire que je t'aime…
- Sakito ? Tu es toujours là ?
- Nani ? Ah oui…
- Tu sembles perdu dans tes pensées…
- Oui, je… je suis un peu tête en l'air.
- J'aime bien te voir rêver… Ton visage a l'air si innocent… Je me demande quel genre de garçon tu es vraiment… Tu sembles être si secret parfois… que j'ai presque l'impression que je ne saurai pas t'atteindre… Oh ! Excuse-moi, c'est à mon tour de me perdre !
- Ce n'est rien, répondit Sakito au petit rire nerveux de son interlocuteur. Vous savez, ce n'est… qu'une façade… J'ai besoin qu'on me protège… Il suffirait… d'une simple étreinte pour que je me sente en sécurité… En vérité, j'ai vraiment besoin… que quelqu'un m'aime de la même manière que je l'aime…
- Et… Tu… Je ne t'ai jamais posé la question, et tu n'es pas obligé de répondre, après tout ça ne me regarde pas… Mais… Tu as quelqu'un ?
- Je… Votre question est perturbante… Comment dois-je y répondre ?
Ils semblaient tous les deux brutalement se laisser aller aux confidences, la conversation avait dérivé de manière très simple vers des sentiments beaucoup plus étourdissants que ceux de l'amitié. Sakito avait roulé en boule une partie de sa couverture et la tenait contre son torse, la volonté bercée par la voix douce et chaude du peintre venant du téléphone. Il avait de plus en plus envie de lui dire de suite ce qu'il projetait de lui dire en face à face, mais il pouvait toujours insinuer que son cœur était pris…
- Et bien… Veux-tu que je reformule ? Hm… Y a-t-il quelqu'un… que tu aimes ?...
- Oui…
- Sors-tu avec cette personne ?
- On ne peut pas vraiment dire ça… Non.
- Sait-elle que tu l'aimes ?...
- Je… Elle ne le sait pas. Je ne lui ai pas dit…
- Projettes-tu de le faire ?
- Il viendra un moment où je le lui dirai… Au moment où je le jugerai opportun.
- Penses-tu qu'elle répondra à tes sentiments ?
- Je ne peux que l'espérer…
- En as-tu envie ?
- Plus que tout au monde…
Sakito ferma doucement les yeux, laissant les battements de son cœur revenir peu à peu à la normale. Cette série de questions l'avaient, sans qu'il sache trop pourquoi, bouleversée. Peut-être réalisait-il qu'un simple petit nombre de kilomètres le séparait vraiment de lui… Il n'aurait pas tenu ce discours si ses sentiments pour l'adolescent étaient fictifs…
- Sakito ? Il se fait tard… Je ne voudrai pas te fatiguer davantage… Repose-toi bien, ne ?
- Vous aussi…
- Oui… A demain !
- A demain soir…
- Oh ! Attends !
- Mmh ?
- Embrasse-moi…
- Pa… Pardon ?
Devant le silence qui suivit sa question, Sakito se sentit désarçonné. Ne sachant trop que faire, il finit par avancer les lèvres vers le micro du portable et l'embrassa du plus tendrement qu'il put.
- Tu es adorable…
Le jeune garçon rougit, serrant un peu plus ses draps contre lui.
- Fais de beaux rêves…
- V… Vous aussi…
- Penser à toi m'a toujours fait faire de beaux rêves…
OoO
En se réveillant, tard dans la matinée, Sakito constata que son mal de tête s'était un peu estompé, qu'il n'était plus aussi insupportable qu'avant. Il n'avait pas eu la force de fermer ses volets, de ce fait le soleil inondait la chambre de ses rayons chauds. Il resta un moment à regarder par la fenêtre l'extérieur laissé humide par la pluie nocturne, des gouttes d'eau tombant par temps réguliers du bas de caisse des voitures stationnées dans la rue et des feuilles d'arbres au bout des branches.
Il repoussa ses couvertures du pied, s'étira brièvement et se redressa lentement avant de poser le pied à terre. Les traces de thé avaient séché au fond du bol, il ne restait plus aucune barre chocolatée et il n'avait d'autre choix que celui de se lever pour se mettre en quête de nourriture. Il marcha sans se forcer jusqu'à son armoire, se tenant au mur pour avancer, puis passa la porte de sa chambre. Il frissonna, s'aperçut qu'il était très peu habillé et attrapa la couverture qui trainait sur son canapé avant de se diriger vers la cuisine. Il n'avait pas vraiment faim, mais il savait que cela viendrait après. Comme il était déjà réveillé, ce n'était pas la peine d'attendre plus longtemps. L'horloge murale indiquait midi moins le quart, heure à laquelle il était bien rare qu'il se réveille. Il n'était pas du genre à aimer traîner au lit. Mais il avait eu des circonstances atténuantes, en particulier sa maladie, et… que Gara l'ait appelé. Mine de rien, il n'avait pas cessé d'y penser, un sourire plein d'espoir s'étirant malgré lui sur ses lèvres en repensant à ses derniers mots.Penser à toi m'a toujours fait faire de beaux rêves… Il rêvait de lui… Que faisaient-ils dans ses rêves ? Etaient-ils… comme dans les siens ? Depuis que je connais Gara, mes rêves avec lui sont constamment érotiques… Je pourrais rêver que je me promène avec lui dans un parc… Ce ne serait pas si idiot… Mais non, dans mes rêves, il faut que je le désire, qu'il me touche, qu'on…
- Aaah !
Sans qu'il ne s'en rendre compte, l'eau qu'il versait dans son bol avait déjà gagné le haut du récipient, et coulait maintenant en un flot continu sur la table, qui goutait ensuite à ses pieds nus. Pestant contre son manque d'attention, il reposa le pichet d'eau, et repartit vers sa chambre chercher une serviette pour éponger ce qu'il avait fait tomber. Mais de nouveau, les pensées fuyantes, il ne prit pas gare à ce qu'il faisait et revint éponger l'eau avec son tee-shirt.
- Mais… Qu'est-ce qu'il m'arrive à moi ! Je suis branque aujourd'hui !...
Non, c'est lui qui me perturbe… Il finit par réussir à faire correctement chauffer son thé, et trempa sa langue desséchée dans le liquide chaud après quelques minutes d'infusion du sachet. Il se sentait un peu mieux que le jour précédent, et se dit qu'il était en mesure de prendre le bus seul. A l'instant où il se faisait cette réflexion, la télécommande de la télévision en main, il eut un étourdissement et se retrouva sans bien comprendre l'instant de transition entre les deux positions, se retrouvant assis sur les fesses par terre. Hum… Mauvaise idée… Je ferai mieux de demander à Tero… Ah oui mais il doit être auprès d'Uruha… Cependant, il consentit à éventuellement téléphoner au roux un peu plus tard pour lui demander s'il était possible qu'il le dépose au manoir en fin d'après-midi.
OoO
Le nez dans un livre qui ne l'intéressait pas le moindre du monde, Ni-Ya bailla bruyamment en s'affalant un peu plus sur le canapé de cuir qu'il avait décidé d'occuper, laissant tomber l'ouvrage sur son visage. Il entendait Tero répondre au téléphone dans la pièce d'à côté tandis qu'Uruha se gavait de ramen, l'attention absorbée par la télévision. Le cadet se redressa lorsque son frère rentra au salon en sifflotant, passant volontairement devant Uruha pour venir s'asseoir à ses côtés et l'embrasser plusieurs fois sur la joue.
- C'était qui ? demanda ouvertement Ni-Ya alors que l'autre blond répétait peu après sa question.
- Oui, c'était qui ?
- Mais c'est pas vrai ça ! J'ai une femme et une nounou à ma disposition !
- Qui c'est la nounou ? demanda Ni-Ya d'un air hébété.
- Ben c'est toi, idiot ! T'es pas sa femme que je sache ! répliqua Uruha en lui balançant le premier coussin sur lequel il mit la main.
- Parce que toi tu l'es, peut-être ? Jusqu'à preuve du contraire tu es un mâle normalement constitué, quoi qu'avec toi on puisse avoir des doutes…
Le journaliste émit un bruit offusqué et allait pour répondre lorsque Tero mit fermement fin à leur petite joute verbale.
- Oh ! ça suffit vous deux ! Revenons-en au sujet initial, je vous prie. Bien. C'était Sakito.
- Saki ? Pourquoi ? Il se sent mal ? La fièvre n'est pas tombée ? Il a besoin de quelque chose ? s'écria Ni-Ya en s'alarmant tandis qu'Uruha ricanait dans son coin.
- Mais non, rien de tout ça, fit le roux en donnant une petite tape sur la cuisse de son amant. Il voulait que je vienne le chercher pour l'emmener au manoir.
- Quoi ?! Il va quand même y aller dans cet état ?!
Tero haussa mollement les épaules en détournant le regard.
- Il risque rien, il doit y passer quelques jours apparemment… Je préfère ça plutôt que de le savoir tout seul sans personne pour l'aider à aller mieux et lui tenir compagnie. Et puis il sera avec Gara. Ça peut être un remède efficace.
- J'en doute pas, murmura Ni-Ya d'une voix atone en se renfrognant.
Savoir que Sakita dormirait près de cet homme lui donnait la chair de poule. Quelque part à l'intérieur de sa poitrine, ça pleurait. Mais il se contenta de fermer les yeux un moment et de respirer avec calme pour chasser la douleur de la nouvelle. Mais il ne pouvait pas l'éradiquer. Oublier un amour aussi fort était chose impossible, comme tout ce qui allait avec. Il ne pouvait que le mettre de côté et faire bonne figure. Faire semblant. Semblant qu'il arrivait à vivre avec… et sans lui.
OoO
Son sac était prêt. Toutes ses affaires, il les avait soigneusement pliées, ordonnées, bien que la fièvre qui se rappelait sournoisement à lui parfois lui donne le tournis. Il s'essuyait le front d'une main tremblante et s'épuisait peut-être à refaire trois fois son sac, se balbutier à lui-même ce qu'il ne devait pas oublier et fronçait les sourcils en découvrant qu'il lui manquait telle ou telle chose. Ses pensées s'entremêlaient de confuse façon, de sorte à passer de sa préoccupation première, à savoir celle de son paquetage, à se demander ce que pouvait bien faire Hitsugi à cette heure, si Uruha allait mieux, si Ni-Ya n'avait pas été trop blessé de savoir qu'il se rendait au manoir pour une durée plus longue qu'à l'accoutumée… Si Gara pensait à lui à cet instant où lui-même ressentait cette chaleur au cœur nommée amour… La fièvre me fait délirer, pensa-t-il. Sa vision se troublait par moment, mais il secouait la tête et soupirait en reprenant ce qu'il était en train de faire.
Epuisé et jugeant enfin son devoir achevé, Sakito décida de faire une pause jusqu'à l'arrivée de Tero. Un peu avant quatre heures, il s'endormit une nouvelle fois, entortillé dans ses draps et dormit une bonne heure avant que la sonnette de la porte d'entrée ne le sorte du sommeil. Il mit quelques minutes à réaliser où il était et quel était ce bruit horripilant, puis, tout engourdi de sommeil, il parvint à se traîner jusqu'à la porte.
- Quelle mine ! T'es pas encore habillé ?
- Hein ?...
L'air complètement hagard de l'adolescent fit soupirer l'aîné, qui le prit en pitié et le soutint pour le raccompagner jusqu'à sa chambre.
- Au moins ton sac est déjà fait… Tu veux que je t'aide à t'habiller ?
- Nan… Je veux dire… Je pense pouvoir le faire…
- Bien… Je t'attends dans la cuisine, si ça te dérange pas.
- Fais comme chez toi.
Pendant que Sakito empoignait des vêtements propres dans son armoire, Tero s'éloigna pour atteindre le réfrigérateur et trouver quelque chose pour se désaltérer.
Après bien des mouvements gauches et de courts moments de pause nécessaire pour aller au bout de l'effort, Sakito finit par ressortir de la salle de bain alors que le roux avait terminé la canette de coca sur laquelle il avait mis la main.
- Prêt ?
- Oui…
- T'es bien pâle… Tu veux pas que je t'accompagne au moins jusqu'à la porte du manoir ?
- Non, je… Kanagure risque de s'en offusquer…
- C'est bizarre quand même sa façon de réagir…
- Mmh… C'est juste que c'est une vieille femme et qu'elle n'aime pas les étrangers… T'en fais pas, ça ira.
Tero haussa les épaules et partit chercher le sac de l'adolescent avant de revenir entourer sa taille de son bras.
- Allez go, Roméo, t'as Juliette à aller admirer au balcon !
Malgré lui, le cadet ne put que sourire à la gentille comparaison alors qu'il s'accrochait à son épaule.
OoOoO
Note de fin : La production est ralentie, je n'ai pas la tête à écrire ces temps-ci...
A SUIVRE...
