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F.

CHAPITRE 6 : Compliment.

Le lundi suivant, Alec prenait plus de temps pour se préparer. Pour la première fois de sa courte existence, il avait envie d'être un minimum attirant pour se rendre au lycée. Grognant en choisissant ses vêtements sous le regard moqueur de sa soeur, il était perdu. Isabelle leva les yeux au ciel devant l'attitude de son grand frère. Elle lui prit le sweat gris délavé qu'il avait sélectionné en réprimant une remarque cinglante sur la mocheté du vêtement et le poussa d'un coup de hanches pour choisir sa tenue elle même. Alec se laissa faire. Il s'assit, encore vêtu de son pyjama, sur son lit en bougonnant à voix basse. La mode n'était définitivement pas son truc. Habituellement, il prenait les premiers habits qu'il avait sous la main sans se soucier qu'ils soient accordés.

— Mets ça, ordonna sa sœur.

Elle avait prit un pull bleu marine et une ancienne paire de jeans grise qui ne devait plus lui aller.

— Ce truc va me couper la circulation du sang, se plaignit-il.

— Mets ça, répéta Isabelle en se tournant vers lui.

Elle quitta la pièce sous le regard renfrogné d'Alexander. Il s'exécuta, peinant à faire entrer ses fesses dans le vêtement. Il soupira, enfin habillé. C'était... Supportable. Bien qu'un peu serré. Il mit une ceinture pour être sûr que le vêtement n'allait pas glisser et enfila le pull sur un t-shirt blanc. Ensuite, il mit une paire de chaussettes et sa paire de baskets noirs afin de filer jusque la salle de bain pour observer le résultat. Le pull mettait ses yeux en valeur. Et le pantalon. Et bien... ses fesses étaient mille fois plus désirables. Il rougit devant ses pensées et quitta la pièce en ricannant tout seul. Jace le croisa, fronçant les sourcils devant la bonne humeur de brun qui était plutôt maussade habituellement.

Les deux s'ignorèrent. Alec descendit les marches, un sourire en coin toujours présent sur son visage. Sa mère le regarda avec amusement lorsqu'il s'assit avec un bol de lait chaud entre les mains. Elle ne dit rien sur son soudain changement vestimentaire et moral. Il bût son lait avant d'apercevoir son petit frère entrer dans la cuisine. Max avait toujours son pyjama sur lui, le nez rouge. Il éternua en arrivant devant sa mère.

— Je crois que j'suis malade, marmonna la voix enrouée du petit.

Maryse fronça les sourcils. Elle posa sa main sur le front de l'enfant, remarquant une forte différence de température.

— Oh oui, je vois, murmura-t-elle. Tu couvres quelque chose. Retournes te coucher. J'appelle l'école.

Le petit hocha la tête et sortir de la pièce. Alec pinça les lèvres. Lorsque Max était malade, sa mère lui demandait toujours de-

— Tu pourrais le garder pour aujourd'hui ? Demanda justement Maryse en sortant son téléphone de la poche de son peignoir.

— 'Man, souffla Alec. J'ai un devoir important aujourd'hui, il mentit.

Sa mère leva les yeux de son téléphone en hochant la tête.

— Très bien, mais j'avais prévu de faire un tas de choses. Tu pourrais faire les courses en rentrant de cours ? Demanda tout de même Maryse. Tu prends ta voiture pour aller en cours, ce sera plus pratique.

Alec n'eut pas le temps de répondre qu'il reçut une liste de courses froissée.

— Tu les as fait hier, dit-il en fronçant les sourcils.

— J'ai fait la plus grosse part hier, mais il me reste plusieurs choses manquantes et urgentes.

Elle avait le téléphone contre l'oreille, appelant l'école du petit. Alec lût la liste, ronchonnant en remarquant des produits féminins à trouver. Il se leva et mit son bol dans le lave-vaisselle avant de s'enfuir à l'étage. Il se brossa énergiquement les dents, un peu agacé à l'idée de faire les courses en quittant les cours. Son week-end avait paru très court. Il n'avait que très peu dormi et s'était dépensé en faisant un jogging le dimanche matin. Il était courbaturé et fatigué. Izzy vint dans la pièce pour terminer son maquillage comme d'habitude. Alec se rinça la bouche et lui demanda :

— Je prends la voiture ce matin, tu montes avec moi ?

Elle acquiesça avec joie. Elle pouvait mettre une paire de chaussures à talons. Heureuse, elle sautillait jusque la porte mais Alec la retint.

— Par contre tu m'accompagnes au supermarché en revenant, sourit-il, mesquin.

La brune hocha vaguement la tête. Elle devait refaire sa tenue du jour. Elle s'empressa de rejoindre sa chambre. De son côté, Jace était à la porte, attendant ses frères et sœur pour partir. Voyant l'heure tourner, il décida de s'en aller afin de ne pas être en retard, ignorant que les deux autres prenaient la voiture. Il mit ses écouteurs sur ses oreilles et quitta la maison familiale.

Dix minutes plus tard, les Lightwood entraient dans la voiture. Isabelle charriait son frère sur sa tenue qui le mettait bien plus en valeur. Elle s'extasiait sur le fait que ses amies allaient baver sur lui. Alec, les joues rouges, démarra et les conduit jusqu'au lycée. Il était joyeux et ne s'en cachait pas. Peut-être était-ce parce qu'il allait voir Magnus. Mais il essayait de ne pas y penser. Aujourd'hui il voulait être insouciant. Lui qui de prenait toujours la tête avec les détails, il avait besoin de lâcher prise un instant.

— Merci frérot, Izzy embrassa sa joue alors qu'ils étaient sur le parking de l'établissement, à ce soir.

La brune descendit et roula des hanches jusque son groupe d'amis. Alec leva les yeux au ciel devant sa tenue. Une robe moulante et des talons provoquant. Il éteignit le moteur qui tournait toujours et enleva sa ceinture. Maintenant arrivé, son courage était retombé. Était-il prêt à déambuler dans cette tenue ? Il n'avait plus le choix de toute manière. Il sortit de sa voiture, la boule au ventre.

À quelques mètres de là, Magnus recevait les plaintes de ses amis. Il avait raté une soirée avec eux en restant dîner chez Alexander. Il leva les yeux au ciel sous la remarque de Ragnor qui disait qu'il « les ignorait » depuis son énième rupture avec Camille. La belle brune le rendait de bonne humeur d'après eux. Mais samedi il avait été heureux, et cela sans Camille. Il pensait s'en être remis.

— Ce n'est pas ça, contra Magnus, son index levé au ciel, Camille et moi, c'est finis, je ne suis pas en dépression pour autant.

— Alors où étais-tu samedi soir ? Demanda Ragnor les sourcils froncés.

— Chez...

Magnus s'arrêta en pleine réponse pour regarder le beau brun entrer dans l'établissement, qui ne l'avait sans doute pas remarqué. Il ne pût s'empêcher de loucher sur son derrière - comme la majorité des personnes devant lesquelles il passa. Alec ne s'en rendait pas compte, les écouteurs vissés sur les oreilles, il était ailleurs.

— Wow, dit Ariane, la seule fille de la bande, puppy Lightwood est devenu un loup.

Magnus avala difficilement sa salive, faisant rire la fille.

— N'est-ce pas Magnus ? Se moqua-t-elle.

L'asiatique leva son index et partit sans un mot. Ragnor grogna en soulevant ses bras.

— C'est quoi son problème ? S'écria-t-il.

Les personnes du groupe marmonnèrent chacunes dans leur coin. Ariane, elle, avait un sourire en coin, comprenant ce que faisait son ami.

Dans la salle de classe, Alec avait ouvert un livre de science fiction qu'il avait emprunté à la bibliothèque quelques jours plus tôt. Lire était une occupation qu'il aimait, même s'il n'en avait pas souvent l'occasion. Avec les cours et... les cours. Il posa le livre à peine entamé, se rendant compte qu'il ne faisait pas grand chose en dehors du lycée. Il secoua la tête et replongea dans les péripéties d'un garçon qui se pensait hanté. Une ombre le fit sursauter. Magnus s'était penché sur son épaule pour lire avec lui. L'asiatique avait un sourire taquin. Il tourna sa tête vers lui et fit rougir Alec d'un regard. Amusé, Magnus s'éloigna et s'assit sur la chaise d'en face.

— Comment vas-tu ? Demanda Alec en retirant un écouteur. Prêt pour le contrôle de maths ?

— Assez, j'ai un peu peur de rater certaines questions, soupira Magnus, baissant le coin de ses lèvres. Jolie tenue, en passant.

Son sourire revint en voyant Alexander rougir. Le brun se racla la gorge.

— Hum, merci. Isabelle a voulu jouer à la poupée humaine, il mentit à moitié.

La sonnerie coupa le petit moment entre les deux garçons.

— J'aimerais qu'elle y joue plus souvent avec toi, Magnus lui lança un regard énigmatique et se rendit à sa place.